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Le verbatim de la passe d’armes entre Zelensky, Trump et Vance

Voici les propos échangés entre Donald Trump, Volodymyr Zelensky et le vice-président américain JD Vance lors d’une discussion très tendue vendredi dans le Bureau ovale de la Maison Blanche:Zelensky: “De quelle diplomatie parlez-vous, JD (Vance)? Que voulez-vous dire?”Vance: “Je parle du type de diplomatie qui va mettre fin à la destruction de votre pays. M. …

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Le verbatim de la passe d’armes entre Zelensky, Trump et Vance

Voici les propos échangés entre Donald Trump, Volodymyr Zelensky et le vice-président américain JD Vance lors d’une discussion très tendue vendredi dans le Bureau ovale de la Maison Blanche:Zelensky: “De quelle diplomatie parlez-vous, JD (Vance)? Que voulez-vous dire?”Vance: “Je parle du type de diplomatie qui va mettre fin à la destruction de votre pays. M. le président, si je peux me permettre, je trouve qu’il est irrespectueux de votre part de venir dans le Bureau ovale et d’essayer de débattre de ça devant les médias américains. En ce moment même, vous forcez des conscrits à rejoindre la ligne de front parce que vous avez des problèmes d’effectifs. Vous devriez remercier le président (Trump).”Zelensky: “Avez-vous déjà été en Ukraine pour voir nos problèmes? Venez une fois.”Vance: “J’ai vu et lu des choses et je sais ce qui se passe: vous y emmenez les gens pour une visite de propagande, monsieur le président. Est-ce que vous niez avoir des problèmes pour mobiliser dans votre armée? Et pensez-vous que c’est irrespectueux de venir dans le Bureau ovale des Etats-Unis d’Amérique et d’attaquer le gouvernement qui tente d’empêcher la destruction de votre pays?”Zelensky: “Ca fait beaucoup de questions. Commençons par le commencement. D’abord, pendant une guerre, tout le monde à des problèmes, même vous. Vous avez un bel océan (qui vous sépare de l’Europe) et vous ne le sentez pas maintenant, mais vous allez le ressentir à l’avenir. (…)”Trump: “Vous ne le savez pas. Ne nous dites pas ce que nous allons ressentir. On essaie de résoudre un problème. Ne nous dites pas ce que nous allons ressentir.”Zelensky: “Je ne vous dis pas… Je réponds…”Vance: “C’est précisément ce que vous faites.”Trump: “Vous n’êtes pas en position de nous dicter ce que nous allons ressentir. Nous allons nous sentir très bien et très forts.”Zelensky essaie de l’interrompre.Trump: “Vous vous êtes mis dans une très mauvaise position. Vous n’avez pas les cartes en main, là. Avec nous, vous commencez à les avoir.”Zelensky: “Je ne joue pas aux cartes. Je suis très sérieux, M. le président. Je suis le président d’un pays en guerre.”Trump : “(…) Vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec la troisième guerre mondiale. Vous jouez avec la troisième guerre mondiale. Et ce que vous faites est très irrespectueux envers ce pays qui vous a soutenu bien plus que ce que beaucoup disent qu’il aurait dû.”Zelensky: “Je suis très respectueux.”Vance: “Avez-vous seulement dit merci?”Zelensky: “De nombreuses fois”Vance: “Non, depuis le début de cette rencontre? (…) Dites quelques mots de remerciements aux Etats-Unis d’Amérique et au président qui essaie de sauver votre pays.”Zelensky: “Vous pensez que si vous parlez très fort…”Trump: “Il ne parle pas fort. Votre pays est en grande difficulté. Non, non, vous avez beaucoup parlé. Votre pays est en grande difficulté. Vous ne gagnez pas. Vous avez une sacrée bonne chance de pouvoir vous en sortir, grâce à nous.”Zelensky: “M. le président, nous restons forts. Depuis le tout début de la guerre, nous sommes seuls, et nous disons, j’ai dit, merci.”Trump, en colère: “Vous n’avez pas été seuls. Vous n’avez pas été seuls. On vous a déjà donné, par ce stupide président (Joe Biden), 350 milliards (de dollars) d’équipement militaire. Et vos hommes sont courageux mais ils ont eu notre équipement. Si vous ne l’aviez pas, cette guerre aurait été terminée en deux semaines.”Zelenksy: “En trois jours. C’est ce que j’ai entendu de Poutine.”(…)Trump: “Ca va être très dur de négocier comme ça.”Vance: “Dites juste merci.”Zelensky: “Je l’ai dit de nombreuses fois.”(…)Trump: “Je pense que c’est bien que les Américains voient ce qu’il se passe. Je pense que c’est très important. C’est pour ça que je laisse ça se dérouler aussi longtemps. Vous devez être reconnaissant. Vous n’avez pas les cartes en main. Vous êtes enlisés. Vos citoyens meurent. Ecoutez, vous êtes à court de soldats. Et après vous nous dites +je ne veux pas de cessez-le-feu, je ne veux pas de cessez-le-feu, je veux ci et ça+. Ecoutez, si vous pouvez obtenir un cessez-le-feu maintenant, je vous le dis, vous le prenez pour arrêter les balles et le massacre de vos troupes. Zelensky: “Bien sûr que nous voulons arrêter la guerre. Avec des garanties.”Trump: “Vous dites que vous ne voulez pas de cessez-le-feu ? Moi, j’en veux un. Parce qu’on obtient un cessez-le-feu plus vite qu’un accord.”(…)Trump: Il (Poutine) veut un accord. Je ne sais pas si vous voulez un accord. Je vous ai donné le pouvoir d’être un homme fort, et je ne pense pas que vous seriez un homme fort sans les Etats-Unis. Votre peuple est très courageux. Mais soit vous concluez un accord, soit nous vous laissons tomber. (…) Vous ne vous montrez pas du tout reconnaissant. Et ce n’est pas une bonne chose. Bon, je pense que nous en avons vu assez. Ca va faire un grand moment de télévision.”

Star du ski-alpinisme, Thibault Anselmet en pleine ascension vers les JO

Un vent froid balaie la vallée de la Tarentaise. Des vacanciers descendent les pistes et croisent un skieur rangé sur le côté en train d’avancer quasiment à la même vitesse qu’eux… mais en remontant. C’est Thibault Anselmet, star du ski-alpinisme, en pleine préparation des Mondiaux en Suisse (2-8 mars).Cent ans après sa première olympique, cette discipline a été réintégrée au programme des prochains JO de Milan-Cortina et le Français de 27 ans en rêve déjà.Sur les sentiers enneigés de la station savoyarde de Sainte-Foy, le souffle saccadé de Thibault Anselmet dégage une épaisse fumée dans l’intensité de sa foulée. Chaussé de skis ultra-légers et habillé comme un biathlète, il est capable de grimper jusqu’à 1.800 mètres de dénivelé en une heure. “Cela demande énormément de caisse. La souffrance fait partie du jeu”, explique-t-il à l’AFP.Fils d’un moniteur de ski basé à Bonneval-sur-Arc (Savoie), le jeune Thibault a grandi en suivant son papa dans les grandes compétitions européennes, comme la mythique Pierra Menta.- Triathlon du ski -“Il a remporté une médaille de bronze aux Championnats d’Europe en 2007. Je le voyais aller s’entraîner, avant ou après le travail, et j’ai voulu sortir avec lui en montagne”, raconte ce jeune homme longiligne aux cheveux châtains impeccablement coiffés.Thibault développe un foncier impressionnant en même temps qu’une grande passion pour ce sport de pleine nature. Alors que la pratique du ski de rando explose en amateur, le circuit pro se structure autour d’une Coupe du monde et se hisse parmi l’élite.”J’ai trouvé du plaisir dans la variété de l’exercice. Je ne visais pas forcément la place de numéro un”, avoue-t-il presque gêné dans son appartement, à côté de ses globes de vainqueur du classement général de la Coupe du monde en 2023 et 2024.Lors d’une montée en course, on souffle, on souffre et “parfois on profite un peu du paysage”, apprécie le champion. A la descente, les peaux de phoques sont rapidement enlevées et le sport se transforme en ski alpin chargé d’adrénaline.Les transitions entre les différentes phases — ôter les skis, mettre les peaux, les enlever… — sont cruciales pour faire la différence face aux meilleurs mondiaux, pour la plupart Italiens, Suisses, Espagnols et Français.- Sprint vers les JO -Présent lors des premiers Jeux d’hiver en 1924 avant d’être abandonné en 1948, le ski-alpinisme revient au programme des Jeux en Italie l’année prochaine. Et c’est le sprint, l’épreuve la plus courte, qui a été choisi en premier par le CIO.”Environ trois minutes d’efforts très violents avec 80 mètres à monter, à ski et même en courant, puis une descente en alpin”, détaille Thibault Anselmet. Six skieurs affrontent la piste aménagée en même temps.”C’est plus aseptisé que les autres courses de notre sport, mais l’idée était de concentrer ce que l’on trouve sur l’individuelle (format roi d’1h30 le plus souvent en milieu naturel, ndlr): il y a beaucoup de changements de direction, des transitions et de la tactique pour dépasser”, estime-t-il.A l’issue d’une manche, les trois premiers sont qualifiés, jusqu’à la finale. Le relais mixte, deuxième épreuve olympique, se joue sur un format un peu plus long. Un homme et une femme alternent sur le même parcours, chacun deux fois, pendant environ 30 minutes.”Les JO en Italie, c’est un rêve. C’est une chance pour nous d’être exposés à un public plus large”, espère Anselmet, dont l’ambition est claire: décrocher l’or. “J’y vais pour gagner. Je ferai tout pour être à mon plein potentiel”, avance-t-il. Sur son calendrier, les dates du 19 au 21 février 2026 sont déjà cochées.

Après le passage du cyclone Garance, La Réunion prend la mesure des dégâts

Arbres arrachés, voitures emportées par les flots, routes et électricité coupées: l’île de La Réunion, sous alerte rouge jusqu’à samedi matin, s’apprête à mesurer l’ampleur des dégâts au lendemain du passage du cyclone Garance, qui a provoqué la mort de quatre personnes.L’alerte rouge, ordonnant le confinement de la population, a été levée samedi à 10H00 locales (07H00 à Paris). Le phénomène météorologique Garance a été déclassé au stade de forte tempête tropicale.L’aéroport Roland-Garros, à l’est de Saint-Denis (nord), sera rouvert samedi partir de 18H30 (15H30 à Paris).Le bilan “nous montre combien il faut être prudent alors que le danger n’est pas terminé”, a souligné vendredi soir le préfet de l’île, Patrice Latron.Le passage de ce cyclone, “brutal et violent” selon les termes du représentant de l’État, s’est en effet soldé par le décès de quatre personnes. – Une île “défigurée” -Une femme a été emportée par les eaux à Saint-Denis et un homme tué, également dans la commune chef-lieu de La Réunion, dans un incendie d’origine électrique. Une femme a elle été ensevelie par une coulée de boue à Trois Bassins, commune de l’ouest de l’île.La préfecture a annoncé samedi matin le décès d’une quatrième personne, “un homme coincé sous un arbre” à Saint-Denis.Samedi matin, quelque 953 personnes étaient réparties dans des centres d’hébergement et 160.000 restaient privées d’électricité, selon un point de la préfecture à 11H00 locales. Plus de 310.000 habitants sont toujours privés d’eau potable et 139.000 de réseau internet.”Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés”, décrit le préfet de l’île.Le préfet continue d’appeler à la “prudence” et prévient les plus de 880.000 habitants que compte l’île que le “monde” que “nous redécouvrirons” samedi sera “encore défiguré par Garance”.”Ce phénomène a été plus violent que Belal”, en 2024, a affirmé le préfet de La Réunion. Le cyclone Belal, qui s’était abattu sur La Réunion le 15 janvier 2024, avait provoqué la mort de quatre personnes et fait 100 millions d’euros de dégâts, selon les chiffres de France assureurs.Pendant le passage du cyclone vendredi, Météo-France a relevé des rafales de vent soufflant à 214 km/h à l’aéroport situé au nord de l’île et de 230 km/h sur le piton Sainte-Rose à l’extrême est. De très fortes pluies orageuses ont également balayé l’île. A Saint-Gilles-les-Bains, une ville balnéaire de la côte ouest de l’île, la ravine est sortie de son lit.Les flots déchaînés ont submergé la route, la faisant s’effondrer sur plusieurs mètres. “Nous n’avons plus d’électricité depuis ce moment-là, les lignes à haute tension ont été déterrées par les flots, je ne sais pas quand ça va pouvoir être réparé”, déplore Louis Fontaine, 66 ans, habitant de la commune.Une fois sorti de son lit, le cours d’eau boueux a envahi tout le centre-ville de Saint-Gilles. Depuis 06H00 samedi matin, bien avant la levée de l’alerte rouge, les employés des services communaux ont commencé à déblayer la boue des rues.”On y va à la pelle, les habitants nous aident mais il y a beaucoup trop de boue, nous avons été obligés de faire intervenir des pelleteuses”, commente Jean, un employé communal, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.- Renforts attendus -Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des rues totalement inondées avec parfois des torrents d’eau dévalant les pentes, notamment à Saint-Denis et à Saint-André (est de La Réunion). D’autres vidéos montrent des voitures emportées.”Nos armées se tiennent prêtes à assister les services de l’État et soutenir la population”, a posté sur X le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, précisant que le pont aérien toujours en place entre La Réunion et Mayotte, frappé par le cyclone Chido mi-décembre, “sera maintenu afin d’acheminer pompiers, gendarmerie, véhicules et fret réunionnais actuellement déployés sur l’archipel mahorais”. “Deux vagues de renforts nationaux sont prévues pour venir en aide à la population”, a annoncé vendredi soir sur X Bruno Retailleau.Samedi matin, “103 sapeurs-pompiers de la sécurité civile, accompagnés de cinq tonnes de matériel actuellement à Mayotte, arriveront à La Réunion”, a détaillé le ministre de l’Intérieur, ajoutant qu’un escadron de gendarmerie partirait aussi de Mayotte “en renfort pour la sécurisation”.Et dimanche, “100 personnels de la sécurité civile (50 pompiers et 50 militaires) partiront de métropole”, a assuré M. Retailleau.Des habitants de cette île habituée aux événements climatiques ont confié à l’AFP leur “peur” face à la “puissance” de ce cyclone.Floris Carpaye de la FDSEA, syndicat agricole majoritaire à La Reunion, se désole: “toutes les filières agricoles ont été impactées, mais le maraîchage est peut être le secteur qui a été le plus touché, les serres ont volé, les plants de légumes ont été noyés, c’est une véritable catastrophe”.”Ca va se chiffrer en dizaines de millions d’euros”, redoute M. Carpaye.Le groupement hospitalier Est Réunion a lui aussi annoncé avoir “subi des dégâts majeurs”.”Sous la pression des vents violents, des vitres ont cédé et 61 patients ont dû être déplacés à l’intérieur de l’établissement pour garantir leur sécurité. Aucune évacuation extérieure n’a été nécessaire”, précise le groupement hospitalier.

Après le passage du cyclone Garance, La Réunion mesure l’ampleur des dégâts

Arbres arrachés, voitures emportées par les flots, routes et électricité coupées: l’île de La Réunion, sous alerte rouge jusqu’à samedi matin, s’apprête à mesurer l’ampleur des dégâts au lendemain du passage du cyclone Garance, qui a provoqué la mort de quatre personnes.L’alerte rouge, ordonnant le confinement de la population, a été maintenue jusqu’à samedi 10H00 locales (07H00 à Paris).L’aéroport Roland-Garros, à l’est de Saint-Denis (nord), “sera rouvert samedi 1er mars à partir de 18H30 (15H30 à Paris) mais pas avant” afin de pouvoir laisser les équipes opérationnelles effectuer “les dernières vérifications”, a annoncé la direction de l’aéroport dans un communiqué publié vendredi soir. Un premier vol est prévu à 21H00 (18H00 à Paris), précise-t-elle.Le bilan “nous montre combien il faut être prudent alors que le danger n’est pas terminé”, a souligné vendredi soir le préfet de l’île, Patrice Latron.Le passage de ce cyclone, “brutal et violent” selon les termes du représentant de l’État, s’est en effet soldé par le décès de quatre personnes. – Une île “défigurée” -Une femme a été emportée par les eaux à Saint-Denis et un homme tué, également dans la commune chef-lieu de La Réunion, dans un incendie d’origine électrique. Une femme a elle été ensevelie par une coulée de boue à Trois Bassins, commune de l’ouest de l’île.La préfecture a annoncé samedi matin le décès d’une quatrième personne, “un homme coincé sous un arbre” à Saint-Denis.À 18H30 locales vendredi soir, 847 personnes étaient accueillies dans des centres d’hébergement d’urgence, 182.000 se trouvaient sans électricité, 171.000 sans eau et 134.000 sans internet, selon la préfecture. “Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés”, décrit le préfet de l’île.Le préfet continue d’appeler à la “prudence” et prévient les plus de 880.000 habitants que compte l’île que le “monde” que “nous redécouvrirons” samedi sera “encore défiguré par Garance”.”Ce phénomène a été plus violent que Belal”, en 2024, a affirmé le préfet de La Réunion. Le cyclone Belal, qui s’était abattu sur La Réunion le 15 janvier 2024, avait provoqué la mort de quatre personnes et fait 100 millions d’euros de dégâts, selon les chiffres de France assureurs.Pendant le passage du cyclone vendredi, Météo-France a relevé des rafales de vent soufflant à 214 km/h à l’aéroport situé au nord de l’île et de 230 km/h sur le piton Sainte-Rose à l’extrême est. De très fortes pluies orageuses ont également balayé l’île. – Renforts attendus -Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des rues totalement inondées avec parfois des torrents d’eau dévalant les pentes, notamment à Saint-Denis et à Saint-André (est de La Réunion). D’autres vidéos montrent des voitures emportées.”Nos armées se tiennent prêtes à assister les services de l’État et soutenir la population”, a posté le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, précisant que le pont aérien toujours en place entre La Réunion et Mayotte, frappé par le cyclone Chido mi-décembre, “sera maintenu afin d’acheminer pompiers, gendarmerie, véhicules et fret réunionnais actuellement déployés sur l’archipel mahorais”. “Deux vagues de renforts nationaux sont prévues pour venir en aide à la population”, a annoncé vendredi soir sur X Bruno Retailleau.Samedi matin, “103 sapeurs-pompiers de la sécurité civile, accompagnés de cinq tonnes de matériel actuellement à Mayotte, arriveront à La Réunion”, a détaillé le ministre de l’Intérieur, ajoutant qu’un escadron de gendarmerie partirait aussi de Mayotte “en renfort pour la sécurisation”.Et dimanche, “100 personnels de la sécurité civile (50 pompiers et 50 militaires) partiront de métropole”, a assuré M. Retailleau.Des habitants de cette île habituée aux événements climatiques ont confié à l’AFP leur “peur” face à la “puissance” de ce cyclone.Olivier Fontaine, président de la chambre d’agriculture de La Réunion, a lui fait état de “destructions et dégâts sans précédent”. Selon lui, “à ce stade, ce sont plusieurs milliers d’exploitations qui ont été anéanties”.Le groupement hospitalier Est Réunion a lui aussi annoncé avoir “subi des dégâts majeurs”.”Sous la pression des vents violents, des vitres ont cédé et 61 patients ont dû être déplacés à l’intérieur de l’établissement pour garantir leur sécurité. Aucune évacuation extérieure n’a été nécessaire”, précise le groupement hospitalier.

Depuis 38 ans, la folle expédition souterraine d’un facteur

“C’est l’aventure qui me pousse”: dans les profondeurs d’une caverne, armé d’une simple pioche, un ex-facteur aujourd’hui septuagénaire explore depuis 38 ans un gouffre découvert par hasard dans son pré en Bourgogne.En ce 5 janvier 1987, dans le village de Péronne (Saône-et-Loire), la jument Uriane grattait le sol enneigé quand la terre s’est dérobée sous ses sabots, révélant un fossé béant. Appelés par le propriétaire de la prairie, Robert Brunet, des spéléologues évaluent la profondeur de la cavité à plus de 50 mètres, avec 200 mètres d’étroits boyaux. “Ils étaient impressionnés!”, se souvient Robert.Facteur de métier, il ne connaît rien à la spéléologie mais se fait explorateur, vite rejoint par un ami, Alain Musy, qui se dit amateur de “découvertes et de mystères”.Au fil des décennies, les deux forçats du tréfonds ont découvert plusieurs salles, une rivière souterraine, de multiples stalactites et des centaines d’ossements préhistoriques.”On a enlevé la terre qui recouvrait la roche sur 5-6 mètres”, raconte Robert à l’AFP. “On a élargi les galeries là où, avant, on ne pouvait passer qu’en rampant”. Et “plus de 400 marches” de béton ont été coulées pour remplacer les échelles de bois des premières expéditions.Le postier n’a que les moyens du bord. Dans les supermarchés, il récupère des sacs pour remonter à la seule force de ses bras jusqu’à 25 tonnes de glaise par an. A la déchetterie, il trouve des tuyaux pour l’aération, tenus par des mètres de ruban adhésif. Et avec des pots de confiture, il protège de l’humidité les ampoules de son système d’éclairage. Aujourd’hui retraité, Robert Brunet est souvent surnommé le “facteur Cheval de la spéléologie”, en référence à Ferdinand Cheval, un autre postier qui a bâti seul dans la Drôme, pendant des décennies, son “palais idéal”, un monument d’architecture naïve. Sauf que, Robert, lui, ne construit pas: il creuse.- “On est fous” -L’étroite brèche est ainsi devenue une gigantesque caverne accessible sur 51 m de profondeur grâce à 300 m de galeries.Passée l’entrée, un escalier en colimaçon ouvre sur un monde de merveilles remontant jusqu’à 450.000 ans. Des stalactites aux formes incongrues scintillent. Des parois rocheuses brillent de fossiles, de quartz ou de manganèse. Des crevettes aveugles nagent dans de minuscules piscines…Au détour de ce labyrinthe féérique, Robert attaque au piolet de maçon une paroi de glaise, détachant centimètre par centimètre des pâtés de boue dégoulinante. Et quand piocher ne suffit plus, le marteau piqueur est appelé à la rescousse. “J’en use trois, quatre par an”, rit Robert, faisant fi du danger. “Ben oui, un effondrement peut arriver”, reconnaît-il. “Mais ça serait vraiment de la malchance”.”C’est l’aventure qui me pousse. On creuse parce que peut-être qu’il y a une salle derrière, ou un passage, ou une maxillaire d’Homo sapiens”, comme celle fièrement exhibée dans le gouffre.Dans sa folle épopée, l’infatigable retraité reçoit l’aide, tous les deux à trois mois, d’amateurs spéléologues.Mais d’autres aides, en particulier financières, Robert n’en a pas. Et n’en cherche pas non plus. Le gouffre lui appartenant – comme tout sous-sol sous un terrain dont on est propriétaire -, il préfère réserver les visites à des amis et amateurs (une cinquantaine par an seulement). Toujours gratuitement.Cinq jours par semaine, lui et Alain revêtent toujours leur bleu de chauffe recouvert d’une épaisse couche de glaise.”Parfois, on se regarde et on se dit: on est fous”, raille Alain: “je me vois couché dans la boue (…) sous des tonnes de roches. Mais on a 66 et 75 ans!””Je suis en pleine forme”, répond Robert. “Je descendrai tant que je n’aurai pas besoin de déambulateur”.

Altercation Trump/Zelensky: la plupart des Européens font bloc derrière l’Ukraine

La grande majorité des dirigeants européens ont fait bloc derrière l’Ukraine après la vive altercation ayant opposé à la Maison Blanche le président américain Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, Moscou se félicitant toutefois de ce moment “historique”.Une quinzaine de dirigeants européens doivent par ailleurs se retrouver lors d’un sommet dimanche à Londres, auquel devrait participer le président ukrainien, pour “faire avancer” leurs actions concernant l’Ukraine et la sécurité. La cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas a d’ores et déjà estimé que “le monde libre a besoin d’un nouveau leader”.Voici les principales réactions:- UNION EUROPÉENNE: “Jamais seul” -L’Union européenne a assuré le président Zelensky de son soutien indéfectible en lui disant: “Vous ne serez jamais seul.””Soyez forts, soyez courageux, n’ayez pas peur”, ont écrit les présidents de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du Conseil Antonio Costa, disant à M. Zelensky: “Nous continuerons à travailler avec vous pour une paix juste et durable.””Aujourd’hui, il est devenu clair que le monde libre a besoin d’un nouveau leader. C’est à nous, Européens, de relever ce défi”, a exhorté de son côté la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas.- RUSSIE: “Historique” et “retenue” de Trump -“Historique”, a réagi Kirill Dmitriev, le patron du Fonds russe d’investissement direct et un des négociateurs russes dans les pourparlers russo-américains qui se sont tenus le 18 février en Arabie saoudite. La porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a estimé que le président américain avait fait preuve de “retenue” face à “l’ordure” Zelensky. La porte-parole a accusé le président ukrainien d’être “désagréable avec tout le monde”. “Il mord la main qui l’a nourri”, a-t-elle encore raillé.”Pour la première fois, Trump a dit la vérité en face au clown cocaïné”, a pour sa part affirmé l’ex-président Dmitri Medvedev, actuel numéro deux du Conseil de sécurité russe, faisant référence à M. Zelensky. “Le porc insolent a finalement reçu une bonne correction dans le Bureau ovale”, a-t-il poursuivi.- FRANCE: “Agresseur” russe -“Il y a un agresseur qui est la Russie, il y a un peuple agressé qui est l’Ukraine”, a déclaré le président français Emmanuel Macron.”Il faut respecter ceux qui depuis le début se battent parce qu’ils se battent pour leur dignité, leur indépendance, pour leurs enfants et pour la sécurité de l’Europe”, a poursuivi M. Macron. Et “si quelqu’un joue à la troisième guerre mondiale, il s’appelle Vladimir Poutine”, le président russe. Le président français, à la tête d’une des deux puissances nucléaires en Europe avec le Royaume-Uni, s’est dit prêt à “ouvrir la discussion” sur la dissuasion nucléaire européenne, après une demande en ce sens du futur chancelier allemand Friedrich Merz.”Si les collègues veulent avancer vers une plus grande autonomie et des capacités de dissuasion, alors nous devrons ouvrir cette discussion très profondément stratégique. Elle a des composantes très sensibles et très confidentielles mais je suis disponible pour que cette discussion s’ouvre”, a-t-il ajouté.- ROYAUME-UNI: “Soutien indéfectible” et discussions -Le Premier ministre britannique Keir Starmer a fait savoir qu’il s’était entretenu avec MM. Trump et Zelensky. “Il garde un soutien indéfectible à l’Ukraine et fait tout ce qu’il peut pour trouver la voie vers une paix durable fondée sur la souveraineté et la sécurité de l’Ukraine”, a indiqué une porte-parole.Il “se réjouit d’accueillir dimanche des dirigeants internationaux, dont le président Zelensky”, au sommet consacré à la guerre en Ukraine qu’il va organiser à Londres, a-t-elle ajouté.- ALLEMAGNE: “Ne jamais confondre agresseur et victime” -“Cher Volodymyr Zelensky, nous soutenons l’Ukraine dans les bons comme dans les moments difficiles”, a écrit le futur chancelier allemand Friedrich Merz. “Nous ne devons jamais confondre l’agresseur et la victime dans cette terrible guerre”, a-t-il insisté.”Personne ne souhaite plus la paix que les citoyens et citoyennes d’Ukraine!”, a réagi le chancelier sortant Olaf Scholz. “C’est pourquoi nous cherchons ensemble la voie vers une paix durable et juste. L’Ukraine peut compter sur l’Allemagne et sur l’Europe”.- ITALIE: un “sommet” pour “parler franchement” -La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a appelé à la convocation “sans délai” d’un “sommet” entre les États-Unis, l’Europe et leurs alliés sur l’Ukraine “pour parler franchement de la façon dont nous entendons affronter les grands défis d’aujourd’hui, en commençant par l’Ukraine, qu’ensemble nous avons défendue ces dernières années”.- POLOGNE: les Ukrainiens “pas seuls” -Le Premier ministre polonais Donald Tusk a assuré le président ukrainien et ses compatriotes qu’ils n’étaient “pas seuls”. “Chers @ZelenskyyUa, chers amis ukrainiens, vous n’êtes pas seuls”, a écrit Donald Tusk.- ESPAGNE: “Avec” l’Ukraine -“Ukraine, l’Espagne est avec toi”, a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.Le dirigeant socialiste espagnol, qui a toujours activement soutenu l’Ukraine depuis l’invasion de ce pays par la Russie il y a trois ans, a promis lundi de débloquer cette année un nouveau plan de soutien militaire à Kiev, d’un montant d’un milliard d’euros.- SUISSE: “engagée pour la paix””La Suisse reste fermement engagée en faveur d’une paix juste et durable, tout en condamnant l’agression de la Russie contre un État souverain.” (Karin Keller-Sutter, présidente de la Confédération helvétique, sur X)- PAYS-BAS: soutien “intact” -“Le soutien des Pays-Bas à l’Ukraine reste intact. Surtout maintenant”, a déclaré le Premier ministre Dick Schoof. “Nous voulons une paix durable et la fin de la guerre d’agression que la Russie a déclenchée.”- HONGRIE: “Merci” Trump! -Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a remercié vendredi Donald Trump pour avoir “défendu courageusement la paix”, après sa vive altercation avec Volodymyr Zelensky.”Les hommes forts font la paix, les hommes faibles font la guerre. Aujourd’hui le président Donald Trump a défendu courageusement la paix. Même si c’est dur à digérer pour beaucoup. Merci, M. le président!”, a écrit M. Orban.- UKRAINE: “Paix sans garanties” impossible -“La paix sans garanties n’est pas possible”, a martelé le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal. “Le président Zelensky a raison (…) Un cessez-le-feu sans garanties est la voie vers l’occupation russe de tout le continent européen”, a ajouté M. Chmygal.- CANADA, AUSTRALIE, IRLANDE… -D’autres pays occidentaux ont fait part de leur soutien à Kiev, le Canada soulignant que l’Ukraine se battait pour sa liberté mais aussi pour “la nôtre”.L’Australie et la Nouvelle-Zélande, proches alliés de Washington, ont fait part de leur solidarité avec l’Ukraine.Le Premier ministre australien Anthony Albanese a affirmé que son pays “se tiendra aux côtés de l’Ukraine” aussi longtemps que nécessaire et dénoncé les “visées impérialistes” de Vladimir Poutine.La Nouvelle-Zélande restera “inébranlable dans son soutien à l’Ukraine”, pour défendre une “nation fière, démocratique et souveraine mais aussi le droit international”, a souligné le Premier ministre néo-zélandais, Christopher Luxon. Le Danemark s’est dit “fier d’être aux côtés de l’Ukraine et du peuple ukrainien, tandis que l’Irlande, par la voix de son Premier ministre Micheal Martin a souligné que “l’Ukraine méritait une paix durable et juste” dans l'”intérêt de tous”.”Une Suède unie est derrière nos amis en Ukraine”, a également écrit le Premier ministre suédois Ulf Kristersson. “Slava Ukraini!” (“Gloire à l’Ukraine!”).