AFP World

Ligue 1: Lille fait tomber Marseille et tient sa série

Lille s’est imposé face à Marseille (1-0) pour recoller à son adversaire du soir en Ligue 1 et s’offrir cette série de succès qu’il attendait tant depuis le début de la saison, vendredi soir lors de la quinzième journée.En apparence, cette victoire ne change rien au classement puisque le Losc est toujours quatrième et l’Olympique de Marseille un rang au-dessus, mais en réalité elle permet au club nordiste, avec 29 points, soit autant que l’OM, de combler l’écart qui le séparait d’un de ses adversaires dans la course aux tickets européens.Elle marque aussi la concrétisation d’un des vœux les plus chers à son entraîneur Bruno Genesio: enfin enchaîner les victoires. En l’occurrence quatre à la suite après celles contre le Paris FC (4-2), le Dinamo Zagreb (4-0) en Ligue Europa et au Havre (1-0) le week-end dernier.A l’inverse, il s’agit d’un coup d’arrêt pour le club phocéen, déjà freiné à Toulouse (2-2) la semaine dernière, qui donne à Lens (1er) et Paris (2e) la possibilité de créer un écart lors de la suite de cette quinzième journée.- Ethan Mbappé décisif -Ce match, globalement terne, s’est finalement joué lors de la première occasion franche, quand Ethan Mbappé, lancé en profondeur par Nabil Bentaleb, a profité d’une sortie peu inspirée de Géronimo Rulli pour ouvrir le score (10e).Surprise au coup d’envoi, le petit frère de Kylian Mbappé a confirmé sa capacité à se montrer décisif avec peu d’occasions. S’il a été plus discret par la suite, il a aussi montré une belle pointe de vitesse en débordant Nayef Aguerd (45e+1). Charge à lui désormais de ne plus laisser les blessures entraver son ascension vers le plus haut niveau.Dans la foulée de l’ouverture du score, les Nordistes ont dominé les débats, se procurant une autre occasion par Romain Perraud après un joli mouvement à trois avec Hakon Haraldsson et Hamza Igamane (13e). Puis Marseille est monté en intensité au milieu de terrain, gênant considérablement la construction du jeu lillois, sans pour autant se procurer d’occasions de but.En première période, les joueurs de Roberto De Zerbi ont dû attendre la 45e minute pour tenter leur première frappe par Emerson après un débordement de Timothy Weah.- Marseille inoffensif -Ce ne fut pas mieux avant le dernier quart d’heure, où les Marseillais ont obtenu deux occasions d’égaliser, mais Berke Özer a d’abord réussi un arrêt superbe pour stopper une chevauchée fantastique de Mason Greenwood (76e), puis un autre pour détourner une frappe de Geoffrey Kondogbia (78e).L’OM a laissé passer sa chance, plombé par une performance décevante d’Igor Paixao, et c’est ensuite Lille qui a eu des opportunités pour enfoncer le clou, sans y parvenir. Qu’importe, Lille a eu ce qu’il souhaitait. Ce match aura aussi donné à voir, une vingtaine de minutes durant, ce que pourrait être l’attaque lilloise avec Hamza Igamane plutôt qu’Olivier Giroud pour l’emmener: un jeu plus direct, avec davantage de ballons en profondeur – dont un qui a amené le but – et de situations de un contre un qui correspondent aux feux follets lillois.Mais le buteur marocain s’est blessé, semble-t-il à un adducteur, et a dû céder sa place (26e) au meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France (57 buts en 137 sélections).Parmi les satisfactions lilloises du soir, la belle performance, une nouvelle fois, du jeune défenseur central Nathan Ngoy (22 ans), qui a retrouvé son meilleur niveau après plusieurs semaines compliquées, et incarne le présent et le futur des Dogues, tout comme Ayyoub Bouaddi, dont la prolongation jusqu’en 2029 a été annoncée en amont du coup d’envoi. Signe prémonitoire d’une belle soirée pour Lille.

Trump présente une vision résolument nationaliste pour l’Amérique dans le monde

L’administration Trump a publié vendredi un document présentant une “Stratégie de sécurité nationale” résolument nationaliste, anticipant l'”effacement civilisationnel” de l’Europe et prônant la lutte contre les “migrations de masse” ainsi que la “suprématie américaine” en Amérique latine.”Dans tout ce que nous faisons, nous mettons l’Amérique d’abord”, résume Donald Trump dans une préface au document de 33 pages, qui exhorte à “protéger le pays contre les invasions”.Mais il entend aussi en finir avec “l’époque où les États-Unis soutenaient l’ordre mondial tout entier, tel Atlas” et revendique de tourner la page aux décennies de l’après Seconde Guerre mondiale.”Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent (européen) sera méconnaissable dans 20 ans ou moins”, affirme-t-il, alors que les relations entre les Etats-Unis et l’Union européenne se tendent, sur fond de négociations pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine sans que le Vieux continent ne soit impliqué.Le texte confirme les grandes lignes de la politique étrangère américaine depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier.Les présidents américains publient généralement une présentation stratégique de ce type à chaque mandat. La dernière, publiée par Joe Biden en 2022, avait mis l’accent sur l’acquisition d’un avantage compétitif sur la Chine tout en limitant une Russie jugée “dangereuse”.La nouvelle, disponible sur le site de la Maison Blanche, ne donne à l’inverse “aucune évaluation” de la menace russe, souligne auprès de l’AFP Kristine Berzina, du cercle de réflexion German Marshall Fund, basé à Washington. Le document évoque “l’anxiété européenne vis-à-vis de la Russie” mais “ne précise pas si les Etats-Unis s’inquiètent d’une éventuelle agression russe, alors que cela devrait être une préoccupation pour les Etats-Unis, non seulement en Europe, mais aussi dans l’Arctique, au Moyen-Orient, en Afrique et dans le Pacifique”, dit cette chercheuse.- “Perte des identités nationales” européennes -“Il est plus que plausible que, d’ici quelques décennies au plus tard, les membres de l’Otan deviennent majoritairement non européens”, assure le texte.Washington dénonce pêle-mêle les décisions européennes qui “sapent la liberté politique et la souveraineté, les politiques migratoires qui transforment le continent et créent des tensions, la censure de la liberté d’expression et la répression de l’opposition politique, la chute des taux de natalité, ainsi que la perte des identités nationales.”L’administration Trump émet le voeu que “l’Europe reste européenne, retrouve sa confiance en elle-même sur le plan civilisationnel et abandonne son obsession infructueuse pour l’asphyxie réglementaire”. Berlin a réagi promptement via son ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, selon qui l’Allemagne n’a pas besoin de “conseils venant de l’extérieur”, sur “la liberté d’expression” ou “l’organisation des sociétés libres”.Cette stratégie “rejette des décennies de leadership américain fondé sur des valeurs au profit d’une vision du monde lâche et sans principes”, a fustigé de son côté l’élu démocrate américain Gregory Meeks.Le document, qui survole la stratégie sur l’Afrique et le Proche-Orient en seulement quelques paragraphes, vise à réorienter la politique diplomatique et militaire américaine au regard des évolutions géopolitiques planétaires, mais surtout des intérêts de Washington nouvellement définis.- “Sécurité des frontières” -Soulignant les efforts pour accroître l’approvisionnement énergétique américain, le texte estime que “la raison historique de l’Amérique de se concentrer sur le Moyen-Orient va diminuer”.Il appelle à “restaurer la suprématie américaine” en Amérique latine, et annonce un “réajustement” de la présence militaire américaine dans le monde, “pour répondre aux menaces urgentes sur notre continent”. Il recommande aussi “un éloignement des théâtres dont l’importance relative pour la sécurité nationale américaine a diminué ces dernières années ou décennies”.Concernant la Chine, la stratégie réitère les appels pour une région Asie-Pacifique “libre et ouverte”, mais met davantage l’accent sur la concurrence économique.Le Japon et la Corée du Sud sont appelés à faire davantage pour soutenir Taïwan face à Pékin.Par ailleurs, “l’ère des migrations de masse doit prendre fin. La sécurité des frontières est l’élément principal de la sécurité nationale”, affirme ce document, dans le prolongement du tour de vis du président Trump contre l’immigration.Dernières décisions en date de la politique anti-immigration de Donald Trump, la suspension des demandes de “carte verte” de résident permanent ou de naturalisation émanant de ressortissants de 19 pays. 

Mondial-2026: groupes piégeux pour l’Argentine et la France, Trump héros de la Fifa

L’Argentine et la France ont hérité de groupes piégeux au contraire de l’Espagne et de l’Angleterre, mieux loties par le tirage au sort du Mondial-2026 effectué vendredi à Washington en présence de Donald Trump, guest-star récipiendaire du premier Prix de la Paix de la Fifa.”C’est un grand jour et c’est un sport formidable”, a clamé le président américain sur le tapis rouge du Kennedy Center, qui accueillait l’événement sous la haute surveillance de la police et des agents du Secret Service.Sur scène, le président de la Fifa Gianni Infantino a fait applaudir Donald Trump, dont il est proche, ainsi que le Premier ministre canadien Mark Carney et la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, co-organisateurs de la compétition qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet prochain.Cette Coupe du monde nouvelle formule, à 48 équipes et sur trois pays, “est le plus grand événement que l’humanité ait jamais vu (…), cela va être stratosphérique”, a déclaré Gianni Infantino avec emphase.- Trump décoré -Il a ensuite attribué à Trump le premier “Prix de la Paix de la Fifa”, un lot de consolation pour le chef d’Etat américain qui a brigué en vain le Prix Nobel 2025. Trump a reçu sur scène un trophée, bien plus imposant que la Coupe du monde elle-même, ainsi qu’une médaille. “L’un des plus grands honneurs de ma vie”, a déclaré le milliardaire républicain.Cette distinction était une manière de rejouer en mondovision l’alliance conclue entre Infantino et Trump, revenu à la Maison Blanche en janvier et qui a fait de la Coupe du monde 2026 un événement central de son second mandat. Et ce en dépit des inquiétudes que font peser sur le déroulement de l’épreuve ses prises de position tous azimuts contre ses co-organisateurs, sa politique migratoire ou ses menaces de priver de rencontres certaines villes dirigées par les démocrates.Dans la deuxième partie de ce show de plus de deux heures, animé par des artistes comme Andrea Bocelli et conclu par les Village People, le sportif a repris ses droits.Le tirage au sort a livré les 12 groupes de quatre et les affiches du premier tour. L’Argentine devra se méfier d’un groupe J où l’attendent l’Algérie, l’Autriche et la Jordanie, qui prépare le premier Mondial de son histoire. Pas de match “facile”, a réagi le sélectionneur argentin Lionel Scaloni.- Mbappé contre Haaland -Les Bleus de Didier Deschamps, dans le groupe I, n’ont clairement pas été gâtés, puisqu’ils ferrailleront contre le Sénégal, qui leur avait joué à un mauvais tour en ouverture du Mondial 2002 (1-0), la Norvège d’Erling Haaland – rival de Kylian Mbappé et tout aussi performant en ce début de saison – et un vainqueur des barrages intercontinentaux (Surinam, Irak ou Bolivie). “Ce groupe fait partie des plus difficiles, si ce n’est le plus difficile”, a glissé Didier Deschamps.Le sélectionneur français de l’Arabie saoudite Hervé Renard, qui a dirigé plusieurs sélections africaines, a dit aux Français de “faire très attention”: “J’ai la chance d’aller souvent au Sénégal, ils ne parlent que de ce match (de 2002) depuis 20 ans et plus.”Quant à Haaland et Mbappé, “les deux hommes sont en feu en ce moment, ils sont peut-être les deux meilleurs joueurs en Europe”, a estimé le sélectionneur norvégien Ståle Solbakken.L’Espagne, autre grande favorite après avoir remporté l’Euro-2024, a pour sa part vécu un tirage plus tranquille avec l’Uruguay, l’Arabie saoudite et le Cap-Vert, lui aussi novice (groupe H). Quant à l’Angleterre, qui vient compléter le carré d’équipes qui ne peuvent pas s’affronter avant les demi-finales sous réserve de finir premières de leurs groupes, elle a hérité de la Croatie, de Panama et du Ghana (groupe L).Parmi les autres poids lourds, l’Allemagne dans le groupe E affrontera l’Equateur, la Côte d’Ivoire et le minuscule Curaçao. Le Portugal (groupe K) est avec un autre débutant, l’Ouzbékistan, ainsi qu’avec la Colombie et l’autre vainqueur des barrages intercontinentaux. Le Brésil, cornaqué par l’Italien Carlo Ancelotti, aura le Maroc, demi-finaliste de la dernière édition, pour adversaire à ne pas mésestimer, ainsi que l’Ecosse et Haïti.    Les pays organisateurs, eux, ont été gâtés. Le Mexique (groupe A) jouera le match d’ouverture de la compétition contre l’Afrique du Sud le 11 juin dans l’emblématique stade Azteca de Mexico avant de croiser la Corée du Sud et un vainqueur des barrages européens.Les Etats-Unis se frotteront à l’Australie, au Paraguay et à un barragiste européen. Ce groupe D est l’un des plus abordables du Mondial.Autre curiosité de ce tirage, l’Iran, ennemi déclaré des Etats-Unis avec lesquels les relations diplomatiques sont rompues depuis 1980, va bel et bien jouer sur le sol américain, sur la côte Ouest.

L’UE inflige une amende de 120 millions d’euros à X, vive réaction américaine

L’UE a infligé vendredi une amende de 120 millions d’euros à X, le réseau social d’Elon Musk, provoquant, comme attendu, une très vive réaction de l’équipe du président américain Donald Trump qui a dénoncé une “censure”.Il s’agit de la première amende imposée à une plateforme dans le cadre du règlement européen sur les services numériques, …

L’UE inflige une amende de 120 millions d’euros à X, vive réaction américaine Read More »

Le Liban assure ne pas vouloir de guerre avec Israël, après de premières discussions directes

Le Liban ne veut pas d’une nouvelle guerre avec Israël, a assuré vendredi son président, Joseph Aoun, deux jours après de premières discussions directes, depuis plusieurs décennies, entre des représentants des deux pays. Le Hezbollah pro-iranien a de son côté assuré soutenir l’approche diplomatique de Beyrouth “pour faire cesser l’agression” israélienne. Mais il a  qualifié d’”erreur” …

Le Liban assure ne pas vouloir de guerre avec Israël, après de premières discussions directes Read More »

Malgré les pressions américaines, Poutine entend bien continuer à livrer du pétrole à l’Inde

Le président russe Vladimir Poutine a assuré vendredi qu’il continuerait à livrer du pétrole à l’Inde, malgré les sanctions imposées à New Delhi par les États-Unis au motif que ces importations financent la guerre russe en Ukraine.”La Russie est un fournisseur fiable de pétrole, de gaz, de charbon et de tout ce qui est nécessaire …

Malgré les pressions américaines, Poutine entend bien continuer à livrer du pétrole à l’Inde Read More »

Shein sera-t-il suspendu en France? Décision le 19 décembre

La justice française tranchera le 19 décembre sur la demande de l’Etat français d’une suspension de trois mois de la plateforme du géant asiatique du commerce en ligne Shein, en raison des produits illicites qu’elle vendait, a décidé un tribunal à Paris vendredi.Pour Shein, les demandes du gouvernement sont “hors sujet”, “pas recevables, pas proportionnées et pas légales” car le “dommage a disparu”.L’entreprise a en effet retiré les produits incriminés et ceux issus des vendeurs tiers et hors habillement, après la découverte de poupées sexuelles d’apparence enfantine fin octobre.Le blocage total du site apparaît disproportionné aux yeux du parquet. L’avocat de l’Etat a lui proposé de maintenir la suspension de la “marketplace” de Shein jusqu’à la mise en place d’un certain nombre de mesures pour éviter la répétition des nuisances. L’Etat ne veut pas “interdire” Shein de “faire du commerce”, a notamment plaidé l’avocat de l’Etat Renaud Le Gunehec.Cependant, il réclame un “cadre contraignant pour s’assurer qu'(…) on ne trouvera plus des poupées sexuelles d’1,20 m avec des visages de fillette de 10 ans et des orifices sexuels (…) ou des machettes à double lame”, a-t-il précisé.La vente de “dizaines” de poupées (quatre selon Shein) en forme de “gamines ultra-réalistes” parfois avec “un nounours” n’était “pas un accident” mais “une offre massive ouvertement pédophile”, a-t-il estimé lors de cette audience initialement prévue le 26 novembre mais renvoyée sur demande de l’Etat.- “Offre pédophile” -Le gouvernement fonde sa demande sur la loi sur la confiance dans l’économie numérique, qui permet de faire cesser un dommage occasionné par un contenu en ligne.L’entreprise fondée en Chine en 2012 et basée désormais à Singapour estime, via ses avocats Julia Bombardier et Kami Haeri, que ce fondement juridique n’est pas applicable.Représentée en Europe par la société irlandaise ISSL (Infinite styles services co. Limited), la marque de mode ultra-éphémère assure renforcer ses contrôles “en continu”, a expliqué Mme Bombardier.Pointant des difficultés notamment pour mettre en place des filtres d’âge pour des contenus à caractère pornographique, les avocats de Shein ne sont “pas en mesure” de donner un délai avant la réouverture par leurs soins de la “marketplace,”sa place de marché sur laquelle les produits sont commercialisés par des vendeurs tiers.Le ministère de l’Economie a en outre indiqué vendredi soir qu'”un courrier commun de plusieurs Etats membres appelant à des actions collectives pour combattre les effets pervers des plateformes d’e-commerce sera envoyé à la Commission européenne en amont du Conseil +Compétitivité+ du lundi 8 décembre”.- “Risques systémiques” -Le 5 novembre, le gouvernement français avait donné 48 heures à Shein pour se mettre en conformité avec la loi après la découverte sur son site de poupées sexuelles d’apparence enfantine, notamment.Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait constaté ensuite le retrait des produits illicites, mais confirmé le “maintien des procédures judiciaires aux fins d’obtenir la suspension de la plateforme”.Si le blocage total n’est pas décidé, l’Etat se contenterait d’un statu quo avec le maintient du site tel qu’il existe depuis début novembre en France, avec seulement des articles d’habillement. Et conditionnerait la levée de la suspension à la mise en place d’un certain nombre de mesures et de contrôles.Les avocats de Shein ont regretté le flou sur ces mesures demandées et rappelé que seule la Commission européenne a la compétence pour lutter “contre les risques systémiques” des très grandes plateformes. La Commission a déjà adressé des demandes d’informations à la plateforme, une procédure pouvant aboutir à l’ouverture d’une enquête.Les fournisseurs d’accès à internet (Bouygues, Free, Orange, SFR) étaient également assignés afin de garantir in fine le blocage potentiel de Shein. Relevant le flou de l’Etat quant aux domaines internet à bloquer, ils se sont dits incompétents pour bloquer l’application mobile le cas échéant.Lors de l’audience, une dizaine de militants de l’association Mouv’enfants étaient devant le tribunal, des messages comme “Les poupées sexuelles alimentent le fantasme pédocriminel” affichés sur des pancartes. 

Frank Gehry, l’une des rares superstars de l’architecture

L’architecte américano-canadien Frank Gehry, décédé vendredi à l’âge de 96 ans, est l’un des rares de sa profession à s’être hissé au rang de superstar, grâce à des bâtiments tels que le musée Guggenheim de Bilbao en Espagne ou le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles. Les oeuvres phares de Gehry témoignent de son audace et de son génie artistique, qui ont marqué, voire révolutionné, l’histoire de l’architecture.Avec ses projets, Frank Gehry brouille la frontière entre architecture et art. Novateur, il ébranle le monde de l’architecture contemporaine et popularise la profession.Frank Owen Goldberg, de son vrai nom, naît à Toronto le 28 février 1929 dans une famille d’origine juive, qui déménage aux États-Unis à la fin des années 40.Bien avant qu’il n’ait son propre personnage dans un épisode de la série “Les Simpson”, il se lance à Los Angeles dans des études d’architecture à l’Université de Californie du Sud. Il obtient son diplôme en 1954 et change vers la même époque son nom en Gehry pour se protéger de l’antisémitisme. Par la suite, il s’enrôle dans l’armée américaine, tout en étudiant l’urbanisme à l’université Harvard.Sa carrière commence notamment dans les bureaux de l’architecte Victor Gruen, l’inventeur des galeries commerciales à Los Angeles. Puis se poursuit par un séjour à Paris pour travailler chez André Remondet. De retour en Californie, il ouvre au début des années 1960 son propre cabinet.Les années 70 et 80 marquent pour lui le début d’une longue série de réalisations architecturales audacieuses et innovantes. Très proche de l’avant-garde californienne, il invente de nouveaux principes d’écriture architecturale et explore les techniques de modélisation par ordinateur qui vont occuper une grande place dans son travail.L’oeuvre la plus célèbre de cette époque est sans doute sa propre maison à Santa Monica (Californie). Sa demeure incarne bien la créativité de Gehry: les matériaux y sont détournés de leur usage traditionnel pour être sublimés. Comme par exemple des clôtures grillagées en fer trônant sur le toit de la maison.- Bilbao, toujours plus haut -En 1989, il reçoit la plus haute distinction architecturale, le prix Pritzker.Trois ans avant la fin du siècle, le révolutionnaire musée Guggenheim Bilbao est inauguré en Espagne, lui apportant une consécration mondiale.L’oeuvre à la forme ondulée telle un poisson, signature de l’architecte, est faite de roche calcaire, de verre et de courbes en titane qui reflètent la lumière et l’avant-gardisme de Gehry. Pour son confrère américain Philip Johnson, il s’agit du “plus important édifice de notre temps”. Ce monument insufflera un vent de renouveau dans la ville espagnole en crise, attirant les touristes du monde entier. Si bien que l’expression “effet Bilbao” désigne maintenant les oeuvres architecturales qui contribuent à la revitalisation urbaine. S’enchaînent ensuite des projets toujours plus spectaculaires et audacieux pour Gehry: le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles (2003), le gratte-ciel 8 Spruce Street à New York (2011), la Fondation Louis Vuitton à Paris (2014)…En 2018, il termine la construction des nouveaux quartiers généraux de Facebook dans la Silicon Valley.- Architecte numérique -Les conceptions de Frank Gehry sont d’une complexité sans précédent, rendues possibles par une utilisation massive du calcul informatique.Longtemps, les formes arrondies, incurvées, les ellipses et les cercles ont été taxés d’hérésie en architecture, accusés de briser l’harmonie, d’augmenter les coûts de construction, de poser des problèmes sans fin aux ingénieurs.Frank Gehry utilise la flexibilité de la simulation numérique, jusqu’à remettre en cause les repères classiques d’un édifice comme la façade ou la couverture.Il atteint sans doute les limites de sa démarche avec la clinique Lou Ruvo (2010) de Cleveland, aux Etats-Unis, où façades et fenêtres semblent s’effondrer en de multiples circonvolutions.Un projet qui ne manque pas d’humour – très présent dans son oeuvre – pour une clinique spécialisée dans les maladies neurovégétatives.

Budget de la Sécu: l’Assemblée adopte les recettes et poursuit les débats, nouveau vote décisif en vue mardi

Du répit pour le gouvernement : l’Assemblée a adopté vendredi dans un scrutin à suspense la partie recettes du budget de la Sécurité sociale, malgré la division du camp gouvernemental, une issue qui permet aux débats de se poursuivre, avec pour horizon un vote sur l’ensemble du texte mardi.”On peut trébucher à chaque instant”, prévenait toutefois vendredi Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement. Et pour cause, les députés devront par exemple voter entre vendredi soir et dimanche, sur la partie “dépenses” du texte, qui contient la cruciale “suspension” de la réforme des retraites.Son rejet n’empêcherait pas le projet de loi d’être soumis au vote mardi, mais il serait amputé d’une mesure tellement importante dans le compromis politique avec le PS qu’il serait selon toute vraisemblance invotable en l’état.Vendredi la chambre basse avait adopté la partie recettes par 166 voix contre 140 et 32 abstentions, avec le soutien de Renaissance, du MoDem, du PS et des indépendants de Liot. L’alliance RN-UDR, LFI et les écologistes ont voté contre, quand LR et Horizons, membres du camp gouvernemental, se sont majoritairement abstenus.Le scrutin a été marqué par une faible affluence pour un vote crucial, et surtout les groupes les plus fermement opposés au texte (RN, UDR, LFI) avaient un nombre conséquent d’absents.- Résultat “pas reconductible” -“Ca passe parce que le RN avait seulement 69 présents (sur 123 députés, NDLR), le vote d’aujourd’hui n’est pas reconductible” mardi, alerte un cadre macroniste. “Arithmétiquement, si on considère les positions politiques des groupes aujourd’hui, ça ne passerait pas mardi”, abonde un député socialiste.Le résultat serré est donc un avertissement pour le gouvernement. Même s’il est aussi une forme de succès, quoique temporaire, après avoir multiplié les gestes d’ouverture en espérant faire passer le texte sans 49.3.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui salué “le travail de concertation” avec les forces politiques. Vendredi les députés ont aussi rétabli la création d’un réseau de maisons “France Santé” pour améliorer l’accès aux soins, promesse de M. Lecornu.Le gouvernement a aussi annoncé qu’il appelait en priorité certains débats, dont cette suspension et le sensible gel des pensions de retraites et des minima sociaux. Ils devraient donc avoir lieu à partir de 21h30 vendredi, et samedi matin si besoin.Jeudi, l’exécutif avait tenté de trouver un chemin entre le PS et la droite, faisant voter une réécriture d’une hausse de CSG sur le capital voulue par la gauche, mais en réduisant son périmètre. Au prix d’un rendement en nette baisse, attendu autour de 1,5 milliard d’euros, au lieu de 2,8 dans la version initiale.- Quel déficit ? -Les Républicains et Horizons, échaudés par les concessions faites au PS sur la CSG et la réforme des retraites, prennent aussi appui sur le niveau de déficit pour expliquer leurs abstentions majoritaires sur le texte.Paul Christophe (Horizons) a fustigé un “déficit de la sécurité sociale artificiellement réduit”, en référence notamment à un transfert prévu de fonds des caisses de l’Etat vers celles de la Sécu pour lui donner de l’air, mais sans alléger le déficit global du pays.Le gouvernement espère ramener le déficit de la Sécu à 20 milliards, et Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a estimé qu’il se trouvait théoriquement autour de 16 milliards d’euros à la fin de l’examen des “recettes”.Mais les députés sont par exemple très opposés au gel des pensions et minima sociaux initialement censé rapporter 3,6 milliards, et devraient donc supprimer des mesures qui alourdiront mécaniquement le déficit.La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a également assuré vendredi qu’il n’y aurait aucune augmentation – ni dans le budget ni par décret – des franchises médicales.L’exécutif envisage aussi de remonter l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (l’Ondam) “jusqu’à +2,5%” (contre +2% jusqu’ici).Si des cadres du camp gouvernemental espéraient voir les écologistes s’abstenir, ceux-ci ont largement voté contre les recettes. “C’est un budget décliniste (…) Nous allons dégrader les conditions de travail des soignants”, a fustigé leur patronne Cyrielle Chatelain.Jeudi, Sébastien Lecornu a martelé qu’en l’absence de budget de la Sécu, le déficit filerait à “29 ou 30 milliards” d’euros sur l’ensemble de 2026. Mais le Parlement peut aussi adopter un budget en début d’année comme il y a quelques mois après la censure de Michel Barnier.Pressé par ailleurs par plusieurs ténors de son camp d’activer l’article 49.3 de la Constitution pour éviter un vote à haut risque, Sébastien Lecornu l’a de nouveau exclu.sac-are-la-sl/jmt/dsa

L’UE inflige une amende de 120 millions d’euros à X, vive réaction américaine

L’UE a infligé vendredi une amende de 120 millions d’euros à X, le réseau social d’Elon Musk, provoquant, comme attendu, une très vive réaction de l’équipe du président américain Donald Trump qui a dénoncé une “censure”.Il s’agit de la première amende imposée à une plateforme dans le cadre du règlement européen sur les services numériques, ou DSA.Cette décision est “une attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines et le peuple américain par des gouvernements étrangers”, a fustigé, sur X, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio.Cela “n’a rien à voir avec de la censure”, avait martelé quelques heures plus tôt la vice-présidente de la Commission européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen, mettant en avant la stricte application des textes européens.Cette loi est entrée en vigueur il y a deux ans pour lutter contre les contenus illégaux et dangereux en ligne, et impose des obligations renforcées aux plus grandes plateformes actives dans l’UE.La sanction annoncée vendredi ne porte que sur les seules infractions notifiées en juillet 2024 à X, lorsque l’UE avait accusé simultanément la plateforme de tromperie des utilisateurs avec les coches bleues censées certifier les sources d’informations, de transparence insuffisante autour des publicités, et de non-respect de l’obligation d’accès aux données internes par des chercheurs agréés.Les coches bleues étaient à l’origine attribuées par l’ex-Twitter à des utilisateurs au terme d’un processus de vérification de leur identité, afin d’aider à déjouer les impostures.Mais après avoir racheté la plateforme de microblogage, Elon Musk a réservé ces badges aux abonnés payants, au risque selon Bruxelles d’induire en erreur les utilisateurs.L’UE a élargi entre-temps son enquête sur X à des soupçons de non-respect de ses obligations en matière de contenus illégaux et de désinformation, des sujets sur lesquels elle continue d’enquêter.- Les investigations se poursuivent -Ce dossier a pris une connotation très politique en raison de la forte proximité entre Elon Musk et le président américain Donald Trump, jusqu’à leur rupture fracassante en juin.Ces dernières semaines, les relations entre les deux milliardaires se sont quelque peu réchauffées, sans être revenues au beau fixe.Mais quoi qu’il en soit, Washington n’a cessé cette année de critiquer les lois européennes contre les abus des géants de la tech, les accusant de cibler les champions américains.Fin novembre, des responsables américains en visite à Bruxelles ont appelé l’Europe à assouplir ces lois, en échange d’une baisse des droits de douane américains sur l’acier européen.Cette forme de marchandage a aussitôt rejetée par les responsables européens.”Cette décision est historique”, a salué la ministre française du Numérique Anne Le Hénanff. “En sanctionnant X, l’Europe prouve qu’elle peut passer de la parole aux actes”. “Avec cette première sanction, la Commission européenne adresse un signal déterminé à X, comme à l’ensemble des plateformes susceptibles d’enfreindre le règlement sur les services numériques”, a abondé Martin Ajdari, président du régulateur français, l’Arcom.L’ONG de lutte contre les propos haineux en ligne CCDH, qui avait été poursuivie en justice par Elon Musk pour ses enquêtes sur X, a quant à elle estimé que cette décision “montrait aux plateformes qu’aucune n’est au-dessus des lois”.”Le DSA permet un contrôle modeste, mais essentiel face au pouvoir écrasant des plus grandes entreprises technologiques”, a estimé également Marietje Schaake, experte du secteur à l’université de Stanford et ancienne eurodéputée.Par ailleurs, la Commission a défendu le montant de la sanction contre X, alors qu’elle pouvait théoriquement, pour chaque infraction constatée, frapper le fournisseur de la plateforme à hauteur de 6% de son chiffre d’affaires mondial annuel. “Nous avons estimé que c’était proportionné”, et “cela prend en compte la nature, la gravité et la durée” des infractions commises, a expliqué Mme Virkkunen.Mais elle a rappelé que les investigations concernant la désinformation et les contenus illégaux sur X se poursuivaient et a dit s’attendre à ce qu’elles soient bouclées “plus vite” que cette première sanction.Parallèlement, Bruxelles a annoncé avoir accepté des engagements de la plateforme d’origine chinoise TikTok qui répondaient à des griefs qu’elle lui avait adressés, concernant ses obligations de transparence en matière de publicité.