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Iran: le Parlement révoque le ministre de l’Economie

Le Parlement iranien a révoqué dimanche le ministre de l’Economie lors d’une motion de censure, dans un contexte de forte dépréciation de la monnaie nationale face au dollar et d’une inflation galopante qui étrangle les ménages.Le ministre de l’Economie et des Finances, Abdolnasser Hemmati, en poste depuis août et tenu responsable de la rapide dégradation de la conjoncture, était visé depuis mercredi par une procédure destinée à le démettre de ses fonctions.A l’issue d’un vote, “182 députés sur 273” se sont prononcés “pour la révocation” du ministre, a indiqué le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, dans une déclaration retransmise à la télévision d’Etat.C’est la seconde fois depuis 2018 qu’un ministre de l’Economie est démis de ses fonctions par le Parlement.Les députés opposés au limogeage de M. Hemmati ont  fait valoir que la décision, intervenant à la veille du Nouvel An persan (20 mars), risquait de davantage déstabiliser le marché. Les congés de Norouz, équivalent aux fêtes de Noël et du Nouvel An en Occident, mettent chaque année le pays à l’arrêt.Dans une ambiance quelque peu houleuse, des députés ont multiplié à tour de rôle leurs reproches au ministre de l’Economie.- “Plus les moyens” -“La population ne peut supporter une nouvelle vague d’inflation et la hausse du prix des devises étrangères” qui renchérit le coût des importations, a fustigé l’un d’eux, Rouhollah Motefakker-Azad. “Les gens n’ont même plus les moyens d’acheter des médicaments”, s’est emportée la députée Fatemeh Mohammadbeigi.”Le plus gros problème pour l’économie est l’inflation. Elle est chronique et touche l’économie depuis des années”, s’est défendu sans parvenir à convaincre M. Hemmati, un temps gouverneur de la Banque centrale.Depuis 2019, l’inflation en Iran est supérieure à 30% par an, selon les chiffres de la Banque mondiale (BM). Elle a atteint 44,5% en 2023, d’après la BM. Le chiffre pour l’an dernier n’est pas connu.La dépréciation du rial iranien s’est intensifiée depuis la chute en décembre du président syrien Bachar al-Assad, dont l’Iran était le principal allié.Elle s’est encore accélérée depuis le retour en janvier à la Maison Blanche du président américain Donald Trump, dont le premier mandat avait été marqué en 2018 par le retrait unilatéral d’un accord international avec Téhéran sur son programme nucléaire et le rétablissement de sanctions.Dimanche à Téhéran, un dollar s’échangeait au marché noir plus de 920.000 rials, proche d’un record absolu, selon l’un des sites de référence pour le suivi des changes AlanChand.Le taux était d’environ 600.000 rials pour un dollar en juillet lorsque le président Massoud Pezeshkian a pris ses fonctions, avec pour ambition de relancer l’économie et négocier avec les pays occidentaux la levée d’une partie des sanctions.- “En guerre” -Massoud Pezeshkian a tenté devant les députés de défendre son ministre.”Nous sommes en pleine guerre (économique) avec l’ennemi”, a-t-il dit après avoir attribué les difficultés aux “sanctions” américaines. “On ne peut pas rejeter la responsabilité (des problèmes) sur une seule personne.”Le président a par ailleurs écarté dimanche tout contact avec Washington pour relancer l’économie.”Je crois personnellement au dialogue”, a-t-il souligné, “mais nous suivrons jusqu’au bout la position du guide suprême à l’égard de l’Amérique”. L’ayatollah Ali Khamenei, plus haut personnage de l’Etat, a exhorté début février le gouvernement à “ne pas négocier” avec le président américain.Selon la Constitution iranienne, toute sanction prend effet immédiatement et une personne chargée de l’intérim doit être désignée pour remplacer le ministre déchu.Selon l’agence de presse Isna, Rahmatollah Akrami, un vice-ministre de l’Economie, a été nommé à la tête du ministère.Le gouvernement aura ensuite trois mois pour présenter un remplaçant, dont la nomination devra être entérinée par un vote du Parlement.En avril 2023, les députés s’étaient prononcés pour la destitution du ministre de l’Industrie d’alors, Reza Fatemi Amin, en raison d’une flambée des prix liée aux sanctions internationales.

Iran: le Parlement révoque le ministre de l’Economie

Le Parlement iranien a révoqué dimanche le ministre de l’Economie lors d’une motion de censure, dans un contexte de forte dépréciation de la monnaie nationale face au dollar et d’une inflation galopante qui étrangle les ménages.Le ministre de l’Economie et des Finances, Abdolnasser Hemmati, en poste depuis août et tenu responsable de la rapide dégradation …

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Israël suspend l’entrée de l’aide à Gaza, le Hamas dénonce une violation de la trêve

Israël a annoncé dimanche suspendre l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza assiégée, une décision dénoncée par le Hamas palestinien comme une violation de l’accord de cessez-le-feu, désormais dans l’impasse.Dans le territoire palestinien, le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas a annoncé la mort de quatre personnes dans des attaques israéliennes, Israël faisant état d’une frappe contre des suspects manipulant un “engin explosif”. A la fin de la première phase de la trêve, négociée par l’entremise du Qatar, Egypte et Etats-Unis et entrée en vigueur le 19 janvier, Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas affichent leur profond désaccord sur la suite du processus.Un blocage qui risque de faire dérailler la trêve conclue après 15 mois d’une guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par l’attaque menée le 7 octobre 2023 par le Hamas dans le sud d’Israël à partir du territoire palestinien voisin.  Israël a indiqué avoir accepté une proposition de l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, prévoyant une extension du cessez-le-feu pendant le ramadan et la Pâque juive, soit jusqu’à la mi-avril.Elle stipule selon Israël que “la moitié des otages, morts et vivants”, seraient rapatriés au premier jour de son entrée en vigueur. Les derniers captifs seraient remis “à la fin, si un accord est trouvé sur un cessez-le-feu permanent”. Le Hamas a rejeté cette option qui reviendrait selon lui à permettre à Israël de “se soustraire” à ses engagements.Il a réaffirmé sa “volonté d’aller au bout des (deux) étapes restantes de l’accord” initial, soit “un cessez-le-feu global et permanent” et le “retrait complet” des forces israéliennes de Gaza, avant “la reconstruction et levée du siège” du territoire.Dénonçant le “refus” du Hamas d’accepter le compromis américain, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné la suspension “dès ce matin (de) toute entrée de marchandises et approvisionnements dans la bande de Gaza”.- “Bouée de sauvetage” -Le Hamas a dénoncé comme “un crime de guerre et une violation flagrante de l’accord” cette décision, qui coupe une aide humanitaire vitale au territoire exsangue et assiégé par Israël depuis octobre 2023.Au pouvoir à Gaza depuis 2007, le mouvement islamiste a appelé “les médiateurs et la communauté internationale (à) faire pression” sur Israël pour “mettre un terme à ses mesures punitives”.Israël “porte la responsabilité des conséquences du sabotage” de la trêve, a abondé le Jihad islamique, son allié. La suspension de l’entrée de marchandises prive Gaza de sa “seule bouée de sauvetage”, déplore Mohamed Al-Jaroucha, un habitant de Gaza-ville.”Ça suffit avec les guerres (…) nous avons le droit à la vie”, commente un autre, Abou Mohamed Al-Basyouni.Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a dénoncé comme un “mensonge” les avertissements répétés des organisations internationales faisant état de menaces de famine à Gaza durant la guerre. Négocié pendant des mois, l’accord de trêve, qui comprend trois phases, a fait taire les armes. Durant la première phase, le Hamas a rendu 33 otages -dont huit morts- à Israël, en échange de la libération d’environ 1.800 détenus palestiniens.Sur les 251 otages emmenés à Gaza durant l’attaque du 7-Octobre, 58 y sont toujours retenus, dont 34 déclarés morts par l’armée israélienne.Refusant pour l’heure de s’engager dans la deuxième étape, Israël exige que Gaza soit complètement démilitarisée et le Hamas éliminé, ce qu’exclut ce mouvement. Le médiateur égyptien a appelé à une “mise en oeuvre intégrale” de l’accord initial. Une réunion ministérielle arabe est prévue lundi au Caire, suivie d’un sommet arabe consacré à Gaza.- Aide militaire américaine -La Croix-Rouge a demandé “que tous les efforts soient faits pour maintenir le cessez-le-feu”.Dans ce contexte de fortes tensions, les Etats-Unis ont annoncé avoir accéléré l’envoi d’une aide militaire d’environ quatre milliards de dollars à Israël, leur allié.Territoire pauvre et exigu, la bande de Gaza a été ravagée par l’offensive israélienne, et ses 2,4 millions d’habitants sont confrontés à une crise humanitaire majeure.L’attaque du 7-Octobre a fait 1.218 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité à Gaza. La riposte de l’armée israélienne a fait au moins 48.392 morts, essentiellement des civils, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Israël suspend l’entrée de l’aide à Gaza, le Hamas dénonce une violation de la trêve

Israël a annoncé dimanche suspendre l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza assiégée, une décision dénoncée par le Hamas palestinien comme une violation de l’accord de cessez-le-feu, désormais dans l’impasse.Dans le territoire palestinien, le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas a annoncé la mort de quatre personnes dans des attaques israéliennes, Israël faisant état d’une frappe contre des suspects manipulant un “engin explosif”. A la fin de la première phase de la trêve, négociée par l’entremise du Qatar, Egypte et Etats-Unis et entrée en vigueur le 19 janvier, Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas affichent leur profond désaccord sur la suite du processus.Un blocage qui risque de faire dérailler la trêve conclue après 15 mois d’une guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par l’attaque menée le 7 octobre 2023 par le Hamas dans le sud d’Israël à partir du territoire palestinien voisin.  Israël a indiqué avoir accepté une proposition de l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, prévoyant une extension du cessez-le-feu pendant le ramadan et la Pâque juive, soit jusqu’à la mi-avril.Elle stipule selon Israël que “la moitié des otages, morts et vivants”, seraient rapatriés au premier jour de son entrée en vigueur. Les derniers captifs seraient remis “à la fin, si un accord est trouvé sur un cessez-le-feu permanent”. Le Hamas a rejeté cette option qui reviendrait selon lui à permettre à Israël de “se soustraire” à ses engagements.Il a réaffirmé sa “volonté d’aller au bout des (deux) étapes restantes de l’accord” initial, soit “un cessez-le-feu global et permanent” et le “retrait complet” des forces israéliennes de Gaza, avant “la reconstruction et levée du siège” du territoire.Dénonçant le “refus” du Hamas d’accepter le compromis américain, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné la suspension “dès ce matin (de) toute entrée de marchandises et approvisionnements dans la bande de Gaza”.- “Bouée de sauvetage” -Le Hamas a dénoncé comme “un crime de guerre et une violation flagrante de l’accord” cette décision, qui coupe une aide humanitaire vitale au territoire exsangue et assiégé par Israël depuis octobre 2023.Au pouvoir à Gaza depuis 2007, le mouvement islamiste a appelé “les médiateurs et la communauté internationale (à) faire pression” sur Israël pour “mettre un terme à ses mesures punitives”.Israël “porte la responsabilité des conséquences du sabotage” de la trêve, a abondé le Jihad islamique, son allié. La suspension de l’entrée de marchandises prive Gaza de sa “seule bouée de sauvetage”, déplore Mohamed Al-Jaroucha, un habitant de Gaza-ville.”Ça suffit avec les guerres (…) nous avons le droit à la vie”, commente un autre, Abou Mohamed Al-Basyouni.Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a dénoncé comme un “mensonge” les avertissements répétés des organisations internationales faisant état de menaces de famine à Gaza durant la guerre. Négocié pendant des mois, l’accord de trêve, qui comprend trois phases, a fait taire les armes. Durant la première phase, le Hamas a rendu 33 otages -dont huit morts- à Israël, en échange de la libération d’environ 1.800 détenus palestiniens.Sur les 251 otages emmenés à Gaza durant l’attaque du 7-Octobre, 58 y sont toujours retenus, dont 34 déclarés morts par l’armée israélienne.Refusant pour l’heure de s’engager dans la deuxième étape, Israël exige que Gaza soit complètement démilitarisée et le Hamas éliminé, ce qu’exclut ce mouvement. Le médiateur égyptien a appelé à une “mise en oeuvre intégrale” de l’accord initial. Une réunion ministérielle arabe est prévue lundi au Caire, suivie d’un sommet arabe consacré à Gaza.- Aide militaire américaine -La Croix-Rouge a demandé “que tous les efforts soient faits pour maintenir le cessez-le-feu”.Dans ce contexte de fortes tensions, les Etats-Unis ont annoncé avoir accéléré l’envoi d’une aide militaire d’environ quatre milliards de dollars à Israël, leur allié.Territoire pauvre et exigu, la bande de Gaza a été ravagée par l’offensive israélienne, et ses 2,4 millions d’habitants sont confrontés à une crise humanitaire majeure.L’attaque du 7-Octobre a fait 1.218 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité à Gaza. La riposte de l’armée israélienne a fait au moins 48.392 morts, essentiellement des civils, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Un air de “fin du monde”: La Réunion en partie dévastée par le cyclone Garance

“On aurait dit que c’était la fin du monde”: comme cette habitante de Saint-Denis, les Réunionnais restent dimanche sous le choc, deux jours après le passage dévastateur sur l’île du cyclone Garance, tuant quatre personnes.L’heure est dimanche aux travaux de nettoyage et de déblaiement après le passage du cyclone et de ses vents à plus de 200 km/h.Les réseaux électriques continuent d’être progressivement remis en route mais 90.000 personnes (21% des abonnés) restent privées d’alimentation, a indiqué dimanche en fin de journée la préfecture, précisant que l’alimentation était “entravée par la perte de 21 pylônes, détruits” par le vent.L’accès à l’eau reste aussi perturbé, avec 65.000 personnes encore privées d’eau courante, selon la préfecture, qui a mis en place une cellule pour résoudre ce problème et déployé 60 citernes sur l’île. Téléphonie et internet sont aussi perturbés, obligeant la préfecture à disposer huit kits Starlink (kits satellitaires pour l’internet haut débit) sur le territoire.- “Tout est perdu !” -La route du littoral reliant l’ouest au nord de l’île a été rouverte à la circulation dimanche à la mi-journée. Construite en partie sur la mer, cet axe majeur de circulation était fermé depuis jeudi soir. “Même si nous étions préparés, le cyclone a été très puissant”, a souligné le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dans Le Figaro dimanche.Il a redit que “deux vagues de renforts nationaux sont prévues pour venir en aide à la population”, avec une centaine de pompiers en provenance de Mayotte, acheminant cinq tonnes de matériel, ainsi qu’un escadron de gendarmerie avant lundi, “100 personnels de la Sécurité civile” arrivant de métropole.Mais en attendant chez les habitants, le traumatisme est très présent.A La Colline, un quartier excentré de Saint-Denis difficilement accessible autrement qu’en véhicule tout terrain, une Réunionnaise confie, sous couvert de l’anonymat, avoir cru “ne plus jamais voir un autre jour”.”On aurait dit que c’était la fin du monde, la rivière était en crue, la pluie tombait sans arrêt et le vent soufflait très fort”, décrit-elle. “Regardez tout ça, nous n’avons plus rien, tout est perdu !”, lance-t-elle en montrant un amoncellement de tôles tordues, d’arbres arrachés et de détritus recouvert de boue qui s’étalent sur quelques centaines de mètres.Son voisin, qui requiert aussi l’anonymat -“parce que je ne parle pas en mon nom propre, mais au nom de tout le monde”-, abonde dans son sens: “Des habitants ont dû se sauver eux-mêmes. Certains ont nagé pour survivre et se sont accrochés aux toits. Des bébés ont été placés dans des seaux et dans des paniers pour les protéger des eaux en furie”.Après le cyclone, un épisode météorologique “brutal et puissant”, l’île, qui compte plus de 880.000 personnes, reste “défigurée”, selon les termes du préfet.De nombreuses localités, en plus des vents violents, ont été traversées par des coulées de boue provenant des rivières en crue ou des ravines se jetant dans l’océan.”Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés”, a prévenu dès vendredi le préfet de l’île, Patrice Latron.- Agriculture dévastée -Nombre d’habitants expriment leur colère. “Regardez tout ça, nous n’avons plus rien, tout est perdu !”, lance une habitante de La Colline en montrant un amoncellement de tôles tordues, d’arbres arrachés et de détritus recouvert de boue qui s’étalent sur quelques centaines de mètres.Contactée par l’AFP, la mairie de Saint-Denis a assuré dimanche qu’un détachement de militaires des forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) et l’élue municipale du secteur s’étaient rendus sur place à la mi-journée.Les militaires procèdent au déblayage, au nettoyage et à la sécurisation du quartier.Alimenté par le ronronnement des tronçonneuses et le raclement de pelleteuses sur les chaussées, un bruit de fond est audible dans plusieurs quartiers de Saint-Denis.Dans le centre-ville de la préfecture de l’île, Marjorie Bénard, sabre en main, hache en morceaux une grosse branche qui obstrue l’entrée de son jardin. “Avec mon mari et les enfants nous n’arrêtons de tailler, hacher et balayer depuis samedi matin”, raconte-t-elle à l’AFP.Elle se dit “un peu fatiguée” et “surtout préoccupée”: chez elle, deux baies vitrées ont volé en éclats sous la force des vents. “Maintenant on peut entrer dans la maison comme dans un moulin.”Le cyclone a aussi eu des conséquences dévastatrices pour l’agriculture réunionnaise.”Ça fait bientôt 17 ans que j’habite ici. Et j’ai jamais vu mon jardin comme ça un lendemain de cyclone”, se désole Jean-Christophe Hoarau, qui cultive à L’Etang-Salé (sud-ouest) melons et concombres en serre.Tous ses arbres fruitiers ont été détruits. Il ne lui reste que ses cultures sous serres pour subvenir à ses besoins. Au total, il estime avoir perdu 75% de sa production.

Jean-Michel Othoniel, ses oeuvres de verre et la beauté pour “mission”

Ses sculptures en perles de verre géantes ont essaimé partout dans l’espace public avec une “mission” : cultiver la beauté “comme un acte presque politique”, dit l’artiste plasticien français Jean-Michel Othoniel en ouvrant à l’AFP son atelier à Montreuil, en banlieue parisienne.Parisiens et touristes sont nombreux à connaître son “Kiosque des Noctambules”, sculpture composée de ses fameuses “perles” ou boules de verre rouges, bleues et argentées, qui coiffe depuis 2000 la station de métro parisienne du Palais Royal, place Colette.Cette première commande publique a lancé sa carrière et une multitude d’autres ont suivi d’Amsterdam au Qatar, de La Nouvelle-Orléans à San Francisco, en passant par Singapour, Tokyo ou le Château de Versailles. “Elle amène du merveilleux dans la cité. Je crois beaucoup à ça aujourd’hui, cette idée de la beauté comme un acte presque politique pour ramener de l’espoir”, poursuit l’artiste en arpentant d’un pas léger l’ancien entrepôt industriel qu’il a investi avec ses équipes en 2020.”C’est un peu la mission que je me suis donnée depuis longtemps et aujourd’hui, avec l’actualité, elle prend un sens encore plus fort”, ajoute d’une voix douce cet adepte des bâtisseurs comme le facteur Cheval et Antoni Gaudi, ainsi que des poèmes de Pétrarque.- Tsunami -Au coeur de ce vaste espace, le visiteur est d’abord saisi par “La Grande Vague”, une sculpture de 15 mètres de long sur six mètres de haut, constituée de 10.000 briques de verre sombre et mordoré, qui semble vouloir s’abattre à tout moment et rappelle celle du maître japonais de l’estampe, Hokusai. Jean-Michel Othoniel l’a réalisée en 2017, après le tsunami qui a frappé le Japon en mars 2011 et l’a beaucoup “choqué”. Il raconte avoir voulu “figer ce désastre”, en commençant par dessiner des vagues en aquarelle, “comme pour chacun de (ses)projets”, avant d’en faire une sculpture. Il s’est ensuite lancé dans “une aventure humaine de près de deux années” avec “des ingénieurs et des maîtres verriers indiens”, avec lesquels il travaille régulièrement depuis, ainsi que d’autres à Murano, en Italie, et en Suisse.Vingt-cinq années se sont écoulées depuis “Le Kiosque des Noctambules” et nombre d’expositions à New York, Tokyo, Séoul ou bien sûr Paris, dont une rétrospective au Centre Pompidou en 2011.En 2019, six de ses peintures, une pratique plus rare pour lui inspirée des fleurs et des perles – qu’il a immortalisées plus récemment à l’encre sur feuilles d’or blanc -, sont entrées dans les collections du musée parisien du Louvre.- Festival de Cannes -Dès la fin du mois d’avril, l’enfant de Saint-Etienne (est de la France), où il est né en 1964 avant de faire ses études à l’Ecole nationale supérieure d’art de Paris-Cergy, partira à la conquête de nouveaux publics en Chine, au Festival de Cannes et en Avignon.En témoignent les séries de perles alignées sur le sol de l’atelier, telles des billes tombées de la poche d’un géant. Étiquetées par projet, elles attendent leur assemblage.Colorées dans toutes les nuances de bleu, vert ou rouge, elles renvoient d’alchimiques reflets et deviendront peut-être d’immenses colliers, fleurs, spirales d’atomes, croix ou nœuds célestes qui ont fait la renommée du sculpteur.”C’est dans la nature que les hommes ont vu les premières images, j’essaie de les retrouver comme les histoires cachées dans les fleurs, dans une sorte de quête”, dit-il.Le 26 avril débutera sa “première grande exposition dans un musée en Chine”, une rétrospective des dix dernières années au Long Museum de Shanghai.A partir du 17 mai, il partira à la rencontre des stars et du public du Festival de Cannes en installant ses oeuvres pour la toute première exposition d’un nouveau musée d’art contemporain installé à La Malmaison, sur la Croisette.Mais c’est Avignon qui lui réserve sans doute le plus gros défi à partir du 28 juin : “ma plus grande exposition avec 240 œuvres, pour la plupart inédites, dans dix lieux dont le Palais des papes, le pont d’Avignon ou le musée du Louvre en Avignon”, dit l’artiste.”Je l’ai construite comme une sorte de voyage dans la ville, de chasse au trésor”.

Les alliés de Kiev réunis face à un “moment unique” pour la “sécurité de l’Europe”

L’Europe traverse un “moment unique” pour sa “sécurité”, a déclaré dimanche le Premier ministre britannique en ouvrant une rencontre cruciale d’une quinzaine d’alliés de l’Ukraine en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, deux jours après sa vive altercation avec Donald Trump. Les dirigeants européens se trouvent face à “un moment unique pour la sécurité de l’Europe”, a lancé Keir Starmer.Ce sommet vise à imaginer de nouvelles garanties de sécurité en Europe face aux craintes de lâchage par Washington, accentuées après le clash de vendredi entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.Il réunit une quinzaine d’alliés européens de Kiev, dont le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz ou la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni et précède un sommet européen extraordinaire sur l’Ukraine prévu jeudi à Bruxelles.Quelques heures avant l’ouverture du sommet, Keir Starmer a annoncé travailler avec la France sur “un plan pour faire cesser les combats” entre l’Ukraine et la Russie.”Nous nous sommes mis d’accord pour que le Royaume-Uni, avec la France, et peut-être un ou deux autres (pays), travaillent avec l’Ukraine à un plan pour cesser les combats, puis nous discuterons de ce plan avec les Etats-Unis”, a-t-il déclaré sur la BBC. Selon Londres, qui a signé samedi un accord de prêt de 2,26 milliards de livres (près de 2,74 milliards d’euros) pour soutenir les capacités de défense de l’Ukraine, les discussions vont porter lors de ce sommet sur “un soutien militaire continu” à Kiev et sur “une pression économique accrue sur la Russie”.”Tout le monde en Europe va devoir donner plus” pour soutenir l’Ukraine, a dit sur X le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, qui participe au sommet.Les participants doivent également discuter de “la nécessité pour l’Europe de jouer son rôle en matière de défense” et des “prochaines étapes de la planification de garanties de sécurité solides” sur le continent, face au risque de retrait du parapluie militaire et nucléaire américain.Ukraine et Europe suivent avec une profonde inquiétude le revirement opéré par Donald Trump et son rapprochement avec son homologue russe Vladimir Poutine.- Entretien Meloni-Zelensky -Giorgia Meloni a rencontré Volodymyr Zelensky en marge du sommet. “La rencontre a permis de réaffirmer le soutien de l’Italie à l’Ukraine et à son peuple ainsi que l’engagement, avec les partenaires européens, occidentaux et les Etats-Unis, à construire une paix juste et durable, garantissant un avenir de souveraineté, de sécurité et de liberté à l’Ukraine”, a détaillé le gouvernement italien.La Première ministre italienne a par ailleurs affirmé qu’il était “très important d’éviter” que l’Occident ne “se divise” et assuré qu’Italie et Royaume-Uni pouvaient “construire des ponts” avec Washington.Son homologue polonais Donald Tusk est allé dans le même sens en déclarant que Varsovie pourrait faire jouer ses “très bonnes relations avec les Américains” pour les persuader de soutenir davantage l’Ukraine.Moscou, qui se réjouit du changement radical de politique des Etats-Unis, et Washington ont lancé, sans inviter l’Ukraine ni les Européens, des négociations pour mettre fin à la guerre, dont le président américain refuse de considérer Moscou comme responsable.Les craintes européennes ont été encore renforcées depuis la violente altercation publique dans le Bureau ovale entre MM. Zelensky, Trump et le vice-président américain JD Vance vendredi.Pendant de longues minutes, M. Trump a reproché à M. Zelensky de “s’être mis en très mauvaise posture” et lui a ordonné de faire la paix avec la Russie en menaçant: “concluez un accord ou nous vous laissons tomber” avant de le chasser de la Maison Blanche.- “Nouvelle ère d’infamie” -“Une nouvelle ère d’infamie a commencé (…) dans laquelle nous devons plus que jamais défendre l’ordre international fondé sur des règles et la force du droit contre la loi du plus fort”, a réagi samedi la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.”Il est devenu clair que le monde libre a besoin d’un nouveau leader. C’est à nous, Européens, de relever ce défi”, avait exhorté la veille la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas.Emmanuel Macron s’est dit pour sa part prêt à “ouvrir la discussion” sur une éventuelle future dissuasion nucléaire européenne, après une demande en ce sens du futur chancelier allemand Friedrich Merz, qui a jugé nécessaire que l’Europe se prépare “au pire scénario” d’une Otan lâchée par Washington.Dans un entretien à plusieurs journaux français, M. Macron a dit espérer que les pays de l’Union européenne avanceront rapidement vers “un financement massif et commun” représentant “des centaines de milliards d’euros” pour bâtir une défense commune.”Je crois qu’aujourd’hui, c’est le moment d’un réveil stratégique, parce que dans tous les pays il y a un trouble, une incertitude, sur le soutien américain dans la durée”, a-t-il expliqué.