AFP World

Bétharram: la congrégation reconnaît sa “responsabilité” et annonce des mesures

La congrégation des pères de Bétharram, qui a longtemps dirigé l’établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques au cœur d’une vaste affaire de violences physiques et de viols, reconnaît mardi sa “responsabilité” en annonçant des mesures, alors que de nombreux plaignants fustigeaient son “mutisme”.”Je prends la parole au nom de la congrégation pour dire que nous sommes toujours très affectés par ce qui s’est passé (…) par les souffrances de ces enfants qui étaient venus ici pour être protégés, éduqués” mais auxquels “le contraire” est arrivé: “ils ont été anéantis”, a déclaré le prêtre Laurent Bacho, 75 ans et ancien vicaire régional des bétharramites, qui a accordé une interview à l’AFP.”Pour aboutir à une position commune irrévocable, il nous a fallu du temps”, admet le religieux, dont le large sourire semble vouloir compenser une appréhension palpable pour cette prise de parole officielle.Depuis un an, d’anciens religieux et personnels laïcs de Notre-Dame-de-Bétharram sont visés par plus de 150 plaintes déposées pour violences physiques, agressions sexuelles et viols.Laurent Bacho, responsable de la cellule d’écoute au sein de la congrégation, a déjà rencontré huit victimes. “Je n’ai pas douté” de leur parole, assure-t-il. Mais il murmure aussi sa “douloureuse” prise de conscience, comparable à un coup “d’épée”: les personnes accusées sont “des frères (qu’il a) appréciés”. “Ce n’est pas moi en tant que tel mais je fais partie de ce corps. Sans être coupable, je suis responsable.”En mai dernier, la congrégation s’est tournée vers l’Institut francophone pour la justice et la démocratie (IFJD) afin de trouver la “sérénité” nécessaire aux décisions “douloureuses”, résume Laurent Bacho.Cette ONG doit “les accompagner” pour satisfaire “le plus possible les droits des victimes” et prévenir de nouvelles violences, explique à l’AFP sa directrice, Magalie Besse.- “Toutes les victimes” -De premières mesures ont été décidées.Jusqu’à présent, la congrégation avait indemnisé à hauteur de “700.000 euros”, soit 60% de ses finances, les 19 victimes de violences sexuelles prescrites perpétrées par des religieux, reconnues par la Commission de reconnaissance et réparation (CRR) mise en place par l’Église depuis 2021.Mais elle ne prenait pas en compte les victimes de laïcs. Les pères de Bétharram veulent indemniser désormais ces dernières, grâce à “la vente des quelques biens immobiliers” qu’ils possèdent à Lestelle-Bétharram, à l’exception du sanctuaire emblématique, selon Laurent Bacho.”Nous allons nous dépouiller (…) et c’est d’autant plus douloureux que ces biens ont été acquis par notre fondateur Michel Garicoïts”, ajoute-t-il. Le montant des réparations dépendra notamment des fonds récoltés lors de ces ventes, et de la teneur des dénonciations.”Jésus prit la place de toutes les victimes, lui qui était innocent”: M. Bacho déclame le “texte fondateur” de la congrégation, en menant l’AFP à un lieu baptisé “le calvaire”, près de l’école de Bétharram.”Que nous soyons montés ici est un grand symbole, c’est comme un ordre qui m’est fait”, dit le prêtre: la congrégation doit “prendre en compte toutes les victimes”.Y compris pour les violences physiques, non concernées par l’indemnisation ? “Il y a des questions techniques complexes” liées au nombre important des victimes, répond Magalie Besse, mais “il va falloir proposer des solutions” pour ces violences physiques “extrêmement graves”.- Commission d’enquête indépendante -Une “réparation mémorielle” sera aussi proposée à toutes les victimes, souligne Laurent Bacho. Le 15 mars à Bayonne, l’IFJD organise un forum pour ouvrir “un dialogue” entre celles qui le souhaitent et des membres de la congrégation. L’idée d’installer une plaque ou d’édifier un monument y sera évoquée.Ce rendez-vous sera aussi l’occasion d’expliciter le fonctionnement d’une nouvelle commission d’enquête indépendante, financée par la congrégation.Composée de membres externes qui restent à définir, elle devra investiguer “pendant au moins six mois” sur “les causes” des “abus massifs”, assure Laurent Bacho: les commissaires entendront des victimes, des membres de la congrégation, ils pourront “étudier les archives” de Bétharram, creuseront son fonctionnement dans les “différents pays” où elle est présente…”Pourquoi nous n’avons rien vu, rien su ?”, répète Laurent Bacho, circonscrivant les violences à “des personnalités déviantes” et rejetant l’idée d’un “système” ayant permis cinquante ans de violences.”La congrégation a beaucoup avancé dans sa prise de conscience” ces derniers mois “mais le travail de la commission sera aussi d’accompagner pour achever ce travail de réflexion”, estime Magalie Besse. Qui suggère d’interroger aussi “les acteurs de l’Éducation nationale”, les “politiques”, “une partie des élites”… qui ont pu contribuer “au déni”. “L’Etat n’a pas été au rendez-vous” dans cette affaire, avait regretté le 21 février la ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne, au sujet de cet établissement presque jamais inspecté en trente ans à part un contrôle en 1996 n’ayant rien relevé d’anormal malgré déjà des signalements de violences. Mme Borne avait toutefois déploré “l’exploitation politique” de cette affaire qui éclabousse le chef du gouvernement François Bayrou. Ministre de l’Education entre 1993 et 1997, à l’époque de certains des faits incriminés, il répète n’avoir “jamais été informé” dans le passé des violences sexuelles dans cet établissement qu’ont fréquenté plusieurs de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme, malgré des témoignages affirmant le contraire.

Mort de Nahel: le parquet de Nanterre requiert un procès pour meurtre contre le policier auteur du tir

Le parquet de Nanterre a requis un procès pour meurtre contre le policier ayant tiré sur Nahel en juin 2023, une mort devenue symbole des violences policières et qui est à l’origine de plusieurs nuits d’émeutes à travers la France, a annoncé le ministère public mardi.Le parquet “a requis le 3 mars 2025 le renvoi du policier mis en examen (…) du chef de meurtre, et le non-lieu du chef de complicité de meurtre pour le second policier présent lors des faits”, détaille la même source dans un communiqué.Le jeune homme a été tué le 27 juin 2023 d’une balle tirée à bout portant par un policier motocycliste qui contrôlait le véhicule qu’il conduisait. Dans la foulée, une enquête pour meurtre avait été ouverte. Celle-ci s’est achevée le 2 août. Une première version policière, selon laquelle le jeune homme aurait foncé sur le motard, avait été infirmée par une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux.La mère de Nahel, Mounia Merzouk, est “soulagée” par l’annonce des réquisitions pour meurtre, a indiqué à l’AFP son avocat Me Frank Berton, sollicité par l’AFP.”Il n’y avait pas d’autre qualification envisageable dans cette affaire, le geste est volontaire et l’intention de tuer évidente”, a-t-il souligné.L’auteur du coup de feu mortel, Florian M., a été mis en examen pour meurtre et incarcéré pendant cinq mois, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire.L’autre policier présent était lui sous le statut de témoin assisté.Une reconstitution des faits avait eu lieu le 5 mai 2024. En présence de leurs avocats, Florian M., son collègue présent ce jour-là et plusieurs témoins ont été confrontés à leurs déclarations, notamment pour établir si le policier auteur du tir était en danger de mort. Après cette reconstitution, “deux confrontations” ont été “organisées les 15 et 16 juillet 2024”, précise le parquet.Etaient présents les policiers, la mère de Nahel et les deux passagers du véhicule conduit par l’adolescent au moment des faits, selon une source proche du dossier.Contacté, l’avocat du policier auteur du tir, Me Laurent-Franck Liénard, n’était pas joignable dans l’immédiat.gd-dho-mlf-js/cal/pta

Un procès exceptionnel d’opposants au président Saied s’ouvre à Tunis

Le procès de dizaines de personnes accusées de “complot” contre l’Etat, dont de grands noms de l’opposition au président Kais Saied, s’est ouvert mardi à Tunis, une affaire d’exception dénoncée comme visant à étouffer toute contestation par les militants des droits humains.”Libertés, libertés, Ô justice aux ordres”, ont scandé des proches des accusés dans la salle comble en brandissant leurs portraits, selon une journaliste de l’AFP sur place.L’audience s’est ouverte en l’absence des accusés en détention, dont les autorités judiciaires ont décidé qu’ils comparaîtraient par visioconférence. Une mesure vivement dénoncée par la défense.Responsables de partis, avocats, figures des affaires et des médias: une quarantaine de personnes en tout sont poursuivies pour “complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat” et “adhésion à un groupe terroriste”.Ces accusations sont passibles de lourdes peines de prison et jusqu’à la peine capitale.Il est reproché à un certain nombre de mis en cause, selon la défense, d’avoir eu des contacts jugés suspects avec des diplomates.  Le procès est hors norme par son ampleur et par l’identité des personnes poursuivies, dont beaucoup sont des visages familiers en Tunisie, vétérans du militantisme et habitués des plateaux télévisés.L’un d’eux, le juriste Jawhar Ben Mbarek, actuellement en détention, a fustigé un “harcèlement judiciaire” ayant pour but “l’élimination méthodique des voix critiques” en Tunisie.Depuis le coup de force du président Saied à l’été 2021, par lequel il s’est octroyé les pleins pouvoirs, défenseurs des droits humains et opposants dénoncent la régression des droits et libertés dans le pays qui avait lancé le “Printemps arabe” en 2011.- “Injuste” -“C’est un procès injuste de personnalités en vue en Tunisie, connues pour leur pacifisme et leur respect de la loi”, a dit à l’AFP l’opposant historique Ahmed Néjib Chebbi, chef du Front du salut national, principale coalition d’opposition au président Kais Saied.Lui-même est mis en cause dans ce procès mais en liberté, contrairement à son frère Issam Chebbi, un chef de parti en détention.Pour l’avocat Samir Dilou, il y a bien complot dans cette affaire, mais “un complot du pouvoir contre l’opposition”, affirme-t-il à l’AFP.Parmi les accusés les plus connus figurent un ancien haut responsable du parti islamiste Ennahdha, Abdelhamid Jelassi, les militants Khayam Turki et Chaïma Issa et l’homme d’affaires Kamel Eltaïef.L’ex-députée et militante féministe Bochra Belhaj Hmida, qui se trouve en France, en fait aussi partie.L’avocat français Christian Charrière-Bournazel, qui défend certains des accusés, évoque un “dossier surprenant”.”Il n’y a pas d’élément qui justifie un complot contre la sûreté de l’Etat”, affirme-t-il à l’AFP.La défense assure en effet que le dossier est “vide” et repose notamment sur des témoignages anonymisés.- “Terroristes” -Plusieurs des accusés ont été interpellés lors d’un coup de filet dans les rangs de l’opposition en 2023.  Le président Saied les avait alors qualifiés de “terroristes”.Dimanche, en visite dans les rues de la capitale, il a affirmé à une Tunisienne qui l’interpellait sur ses fils emprisonnés – sans lien avec le procès des opposants – qu’il n’intervenait “jamais” dans les affaires de justice.”Que cela soit clair pour tout le monde”, a-t-il lancé. Plusieurs des accusés sont en détention, une partie en liberté et les autres en fuite à l’étranger. D’autres opposants et personnalités politiques ont récemment été condamnés à de lourdes peines de prison, comme Rached Ghannouchi, chef d’Ennahdha et ancien président du Parlement, qui a écopé de 22 ans pour “atteinte à la sûreté de l’Etat”.Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a dénoncé la “persécution des opposants” en Tunisie, estimant que nombre d’entre eux faisaient “l’objet d’accusations vagues et larges après avoir vraisemblablement exercé leurs droits et libertés”.La Tunisie a dit sa “profonde stupéfaction” après ces critiques, assurant que les mis en cause l’avaient été pour “des crimes de droit commun qui n’ont aucun lien avec leur activité partisane, politique ou médiatique”.

Le chinois, “langue du futur” enseignée au collège en Arabie saoudite

Une carte de la Chine accrochée au mur derrière lui, Yasser al-Shaalan, 14 ans, apprend des noms de métiers dans un manuel de mandarin, langue désormais enseignée dans les collèges publics saoudiens, dernier signe en date du renforcement des relations entre Ryad et Pékin.”Les élèves des autres écoles maîtrisent l’anglais. Moi, je connais l’arabe, l’anglais et le chinois, ce qui représente un grand atout pour mon avenir”, explique l’adolescent vêtu d’une tunique grise et coiffé d’un châle rouge, l’uniforme de son collège.Depuis août, la puissante monarchie du Golfe a décidé d’introduire l’enseignement du mandarin, la langue la plus parlée en Chine, dans six régions du royaume. Il sera désormais enseigné comme deuxième langue étrangère après l’anglais dès la première année du collège et sera progressivement étendu jusqu’au lycée.Dans leur établissement du nord de Ryad, Yasser al-Shaalan et ses camarades ont trois cours hebdomadaires de mandarin, dispensés par leur professeur chinois et musulman Ma Shuaïb.”Au début, c’était difficile, mais maintenant, c’est devenu facile et amusant”, confie l’écolier à l’AFP. Le chinois, l’une des langues les plus parlées dans le monde, compte plus d’un milliard de locuteurs. Contrairement à l’anglais, il est la langue maternelle de l’écrasante majorité de ceux qui la parlent.Après une visite en Chine en 2019, le prince héritier et dirigeant de facto saoudien, Mohammed ben Salmane, a annoncé un plan visant à introduire le chinois dans tout le système éducatif saoudien.Depuis, plusieurs universités saoudiennes ont ouvert des programmes en chinois et en 2023, l’université Prince Sultan de Ryad a inauguré la première antenne de l’Institut Confucius du pays.- Langue “difficile” -Depuis l’émergence de la Chine en tant que puissance économique majeure, l’enseignement du chinois a gagné en popularité dans le monde entier. En 2022, l’Allemagne a toutefois averti que les centres linguistiques de l’Institut Confucius étaient “utilisés par le parti communiste à des fins politiques”.Des dizaines de centres ont été fermés ces dernières années, notamment aux Etats-Unis, en Suède et en France, à la suite d’accusations similaires.  En attendant en Arabie saoudite, M. Ma reconnaît que “le chinois est l’une des langues les plus difficiles”, ce qui l’incite à adopter “des méthodes modernes”. “J’utilise un tableau numérique, des gestes et des jeux interactifs pour motiver les élèves.”Bien que l’enseignement du chinois soit obligatoire, les notes ne seront pas comptabilisées dans la moyenne générale des élèves.”D’abord nous nous concentrons sur l’écoute, l’expression orale et la lecture, puis nous abordons l’écriture”, un des principaux défis, ajoute-t-il.Ma Shuaïb, en costume cravate, enseigne le chinois dans cinq classes de l’établissement, soit 15 heures de cours par semaine.”Le chinois est la langue du futur pour la communication économique. Le monde dépend de la Chine pour de nombreuses industries”, estime le directeur du collège, Sattam al-Otaibi.Des milliers de Chinois travaillent en Arabie saoudite, notamment à Ryad, où l’aéroport affiche des panneaux trilingues en arabe, anglais et mandarin.Partenaire historique des Etats-Unis, Ryad diversifie ses alliances en renforçant ses relations avec la Chine et la Russie. L’Arabie saoudite est le premier exportateur mondial de brut, et Pékin absorbe près du quart de ses exportations.La Chine, grande concurrente de Washington, est aussi le premier partenaire commercial du pays, avec des échanges dépassant les 100 milliards de dollars en 2023, selon des responsables saoudiens.- “Premier marché énergétique” -La Chine a même supervisé en 2023 la réconciliation entre l’Arabie saoudite et l’Iran, grands rivaux dans la région.”La relation avec la Chine est devenue l’une des plus importantes pour l’Arabie saoudite”, analyse Omar Karim, expert à l’Université de Birmingham.”Etant donné que la Chine est le premier marché énergétique de l’Arabie saoudite et que l’économie du royaume dépend toujours largement des revenus pétroliers, cette relation est directement liée à la sécurité économique saoudienne”, explique-t-il.Ces dernières années, le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre Li Qiang ont visité Ryad. Et en juin 2023, une conférence économique arabo-chinoise a conduit à la signature d’accords d’investissements de plus de dix milliards de dollars.Pour faire vivre cette coopération, des centaines d’enseignants chinois sont déjà arrivés dans le royaume, qui prévoit d’envoyer des professeurs en Chine pour se former à l’enseignement du mandarin.Selon M. Karim, “enseigner le chinois aux enfants s’inscrit (…) dans l’évolution de la dynamique de l’ordre mondial, où la Chine s’est imposée comme la puissance économique”.”Pour faciliter une coopération et des investissements chinois plus importants, l’Arabie saoudite a besoin d’une main-d’oeuvre et de citoyens parlant le chinois.”

Trump suspend l’aide militaire à l’Ukraine, l’Europe réagit

Le président Donald Trump a ordonné une “pause” dans l’aide militaire des Etats-Unis à l’Ukraine en guerre contre la Russie, trois jours après l’altercation à la Maison Blanche avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, poussant mardi l’Europe à réagir.L’Union européenne a ainsi dévoilé un plan, “pour réarmer l’Europe” de 800 milliards d’euros, tandis que Londres assurait rester “concentré” sur l’obtention d’une paix, que Paris toutefois s’inquiétait de voir s’éloigner. Le Kremlin de son côté s’est félicité de la suspension de l’aide militaire américaine, la “meilleure contribution” pour la paix, à laquelle Kiev n’avait pas encore réagi en matinée.”Nous faisons une pause et réexaminons notre aide pour nous assurer qu’elle contribue à la recherche d’une solution” au conflit entre l’Ukraine et la Russie, a déclaré lundi un responsable de la Maison Blanche sous couvert d’anonymat.”Le président a clairement indiqué qu’il se concentrait sur la paix. Nous avons besoin que nos partenaires s’engagent eux aussi à atteindre cet objectif”, a-t-il ajouté.Il s’agit essentiellement de l’aide militaire déjà approuvée sous l’ancienne administration de Joe Biden et très largement soldée mais dont il reste encore des équipements et armes à livrer.Donald Trump ne décolère pas contre M. Zelensky depuis leur rencontre vendredi à la Maison Blanche qui a tourné à l’affrontement verbal. Il a accentué lundi ses menaces contre le dirigeant ukrainien, qu’il suspecte de ne “pas vouloir la paix” avec la Russie.Le président américain a aussi jugé dans la journée que son homologue ukrainien devrait être davantage “reconnaissant” pour l’aide des Etats-Unis. Mais il a aussi estimé que l’accord sur l’accès aux minerais ukrainiens, que M. Zelensky était censé signer à Washington vendredi dernier, pouvait encore être conclu.Dans un entretien à la chaîne Fox News, le vice-président américain JD Vance a estimé pour sa part que le président ukrainien avait “montré un refus clair de s’engager dans le processus de paix”.A Bruxelles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dévoilé un plan baptisé “réarmer l’Europe” qui va permettre de fournir “une aide “militaire immédiate” à l’Ukraine.Ce plan aura la capacité “de mobiliser près de 800 milliards d’euros en dépenses d’armement pour une Europe sûre et résiliente”, a-t-elle déclaré devant la presse.Le premier “pilier” de ce plan prévoit de mettre quelque 150 milliards de prêts à disposition des 27 pays de l’UE pour financer le renforcement des capacités de défense en Europe.Un sommet européen à Bruxelles jeudi sera consacré à l’Ukraine, aux questions de sécurité européenne, et examinera le nouveau plan.- “La pire chose” -A Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer reste “concentré sur l’obtention de la paix” en Ukraine et ne se laissera pas “distraire par des annonces”, a assuré mardi la numéro 2 du gouvernement Angela Rayner.”Il va continuer à dialoguer avec notre allié le plus ancien et le plus puissant, les États-Unis, et avec les partenaires européens, ainsi qu’avec l’Ukraine”, a ajouté la vice-Première ministre.Mais à Paris, le ministre français chargé de l’Europe Benjamin Haddad a estimé que la décision de Donald Trump “éloigne (la paix) parce qu’elle ne (fera) que renforcer la main de l’agresseur sur le terrain qui est la Russie”.Lundi, Volodomyr Zelensky a estimé sur X qu’il était “très important que nous essayions de “mettre fin à cette guerre le plus vite possible.” Et, dans une vidéo, il a réitéré son appel à fournir à l’Ukraine des garanties de sécurité.Réagissant plus tôt à une déclaration faite dimanche à Londres, dans laquelle M. Zelensky estimait “qu’un accord mettant fin à la guerre (était) très très lointain”, Donald Trump l’avait menacé de “ne plus tolérer très longtemps” cette position. “C’est la pire chose que Zelensky pouvait dire et l’Amérique ne va plus tolérer ça très longtemps”, a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social. “Ce gars ne veut pas de paix tant qu’il a le soutien de l’Amérique”, a déclaré Donald Trump, qui avait menacé vendredi de “laisser tomber” l’Ukraine.- L’avancée des Russes ralentit -Sur le terrain, la guerre continue de semer la mort et la dévastation.Le commandant en chef des armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, a indiqué lundi qu'”un missile balistique Iskander-M avec munitions à fragmentation” avait frappé samedi un centre d’entraînement de l’armée de terre dans la région de Dnipropetrovsk, à plus de 100 km de la ligne de front, faisant “des morts et des blessés”.Selon un blogueur militaire ukrainien, entre 30 et 40 soldats ont été tués et jusqu’à 90 ont été blessés.Par ailleurs, une infrastructure pétrolière a pris feu lundi soir dans la région russe de Rostov, frontalière de l’Ukraine, après une attaque de drones, a indiqué le gouverneur régional par intérim, Iouri Slioussar.Mais, selon l’analyse par l’AFP des données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), l’avancée russe dans l’est de l’Ukraine a de nouveau ralenti, avec un gain de seulement 389 km2 en février, après 431 km2 en janvier, 476 km2 en décembre et un pic à 725 km2 en novembre.

Trump suspend l’aide militaire à l’Ukraine, l’Europe réagit

Le président Donald Trump a ordonné une “pause” dans l’aide militaire des Etats-Unis à l’Ukraine en guerre contre la Russie, trois jours après l’altercation à la Maison Blanche avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, poussant mardi l’Europe à réagir.L’Union européenne a ainsi dévoilé un plan, “pour réarmer l’Europe” de 800 milliards d’euros, tandis que Londres assurait rester “concentré” sur l’obtention d’une paix, que Paris toutefois s’inquiétait de voir s’éloigner. Le Kremlin de son côté s’est félicité de la suspension de l’aide militaire américaine, la “meilleure contribution” pour la paix, à laquelle Kiev n’avait pas encore réagi en matinée.”Nous faisons une pause et réexaminons notre aide pour nous assurer qu’elle contribue à la recherche d’une solution” au conflit entre l’Ukraine et la Russie, a déclaré lundi un responsable de la Maison Blanche sous couvert d’anonymat.”Le président a clairement indiqué qu’il se concentrait sur la paix. Nous avons besoin que nos partenaires s’engagent eux aussi à atteindre cet objectif”, a-t-il ajouté.Il s’agit essentiellement de l’aide militaire déjà approuvée sous l’ancienne administration de Joe Biden et très largement soldée mais dont il reste encore des équipements et armes à livrer.Donald Trump ne décolère pas contre M. Zelensky depuis leur rencontre vendredi à la Maison Blanche qui a tourné à l’affrontement verbal. Il a accentué lundi ses menaces contre le dirigeant ukrainien, qu’il suspecte de ne “pas vouloir la paix” avec la Russie.Le président américain a aussi jugé dans la journée que son homologue ukrainien devrait être davantage “reconnaissant” pour l’aide des Etats-Unis. Mais il a aussi estimé que l’accord sur l’accès aux minerais ukrainiens, que M. Zelensky était censé signer à Washington vendredi dernier, pouvait encore être conclu.Dans un entretien à la chaîne Fox News, le vice-président américain JD Vance a estimé pour sa part que le président ukrainien avait “montré un refus clair de s’engager dans le processus de paix”.A Bruxelles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dévoilé un plan baptisé “réarmer l’Europe” qui va permettre de fournir “une aide “militaire immédiate” à l’Ukraine.Ce plan aura la capacité “de mobiliser près de 800 milliards d’euros en dépenses d’armement pour une Europe sûre et résiliente”, a-t-elle déclaré devant la presse.Le premier “pilier” de ce plan prévoit de mettre quelque 150 milliards de prêts à disposition des 27 pays de l’UE pour financer le renforcement des capacités de défense en Europe.Un sommet européen à Bruxelles jeudi sera consacré à l’Ukraine, aux questions de sécurité européenne, et examinera le nouveau plan.- “La pire chose” -A Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer reste “concentré sur l’obtention de la paix” en Ukraine et ne se laissera pas “distraire par des annonces”, a assuré mardi la numéro 2 du gouvernement Angela Rayner.”Il va continuer à dialoguer avec notre allié le plus ancien et le plus puissant, les États-Unis, et avec les partenaires européens, ainsi qu’avec l’Ukraine”, a ajouté la vice-Première ministre.Mais à Paris, le ministre français chargé de l’Europe Benjamin Haddad a estimé que la décision de Donald Trump “éloigne (la paix) parce qu’elle ne (fera) que renforcer la main de l’agresseur sur le terrain qui est la Russie”.Lundi, Volodomyr Zelensky a estimé sur X qu’il était “très important que nous essayions de “mettre fin à cette guerre le plus vite possible.” Et, dans une vidéo, il a réitéré son appel à fournir à l’Ukraine des garanties de sécurité.Réagissant plus tôt à une déclaration faite dimanche à Londres, dans laquelle M. Zelensky estimait “qu’un accord mettant fin à la guerre (était) très très lointain”, Donald Trump l’avait menacé de “ne plus tolérer très longtemps” cette position. “C’est la pire chose que Zelensky pouvait dire et l’Amérique ne va plus tolérer ça très longtemps”, a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social. “Ce gars ne veut pas de paix tant qu’il a le soutien de l’Amérique”, a déclaré Donald Trump, qui avait menacé vendredi de “laisser tomber” l’Ukraine.- L’avancée des Russes ralentit -Sur le terrain, la guerre continue de semer la mort et la dévastation.Le commandant en chef des armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, a indiqué lundi qu'”un missile balistique Iskander-M avec munitions à fragmentation” avait frappé samedi un centre d’entraînement de l’armée de terre dans la région de Dnipropetrovsk, à plus de 100 km de la ligne de front, faisant “des morts et des blessés”.Selon un blogueur militaire ukrainien, entre 30 et 40 soldats ont été tués et jusqu’à 90 ont été blessés.Par ailleurs, une infrastructure pétrolière a pris feu lundi soir dans la région russe de Rostov, frontalière de l’Ukraine, après une attaque de drones, a indiqué le gouverneur régional par intérim, Iouri Slioussar.Mais, selon l’analyse par l’AFP des données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), l’avancée russe dans l’est de l’Ukraine a de nouveau ralenti, avec un gain de seulement 389 km2 en février, après 431 km2 en janvier, 476 km2 en décembre et un pic à 725 km2 en novembre.