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Mort de Nahel: procès pour meurtre requis contre le policier auteur du tir

Le parquet de Nanterre a requis lundi un procès pour meurtre contre le policier ayant tiré sur Nahel, adolescent de 17 ans dont la mort en juin 2023 avait choqué l’opinion publique, devenant symbole des violences policières et à l’origine de plusieurs nuits d’émeutes à travers la France.Le parquet “a requis le 3 mars 2025 le renvoi du policier mis en examen (…) du chef de meurtre, et le non-lieu du chef de complicité de meurtre pour le second policier présent lors des faits”, détaille le ministère public dans un communiqué mardi.Nahel a été tué le 27 juin 2023 d’une balle tirée à bout portant par un policier qui contrôlait le véhicule qu’il conduisait.Dans la foulée, une enquête pour meurtre avait été ouverte. Celle-ci s’est achevée le 2 août dernier. Une première version policière, selon laquelle le jeune homme aurait foncé sur le motard, avait été infirmée par une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux.- Pas de “danger immédiat” -Au moment précis des faits, “alors que (le véhicule de Nahel) était bloqué dans le flot de la circulation, et même s’il tentait de redémarrer, il n’apparaît pas qu’il ait représenté un danger immédiat” pour les policiers, d’après le réquisitoire définitif consulté par l’AFP.”En réalité, selon toute vraisemblance, le déclenchement du tir s’explique essentiellement par l’état de tension extrême dans lequel la scène a eu lieu, mais précisément, en sa qualité de fonctionnaire de police expérimenté, (le policier) aurait dû conserver son sang-froid”, poursuit le même document, qualifiant le tir de “prise de risque inconsidérée”. “C’est sans surprise que nous avons pris connaissance de la position du parquet dans cette affaire, qui reste identique à celle affichée au moment des faits”, a réagi auprès de l’AFP l’avocat du policier Me Laurent-Franck Liénard, pour qui “le tir (mortel) était parfaitement conforme au cadre légal”.”Nous espérons que les juges chargés de régler le dossier sauront marquer leur indépendance”, a-t-il poursuivi en dénonçant des “erreurs juridiques et factuelles” du parquet.”Pour la mère de Nahel, c’est un soulagement. Cette femme n’avait qu’une crainte, c’est que dans le combat qu’elle menait pour établir que son fils avait été tué volontairement, on arrive par je ne sais pas quelle opération à éviter une comparution devant la cour d’assises des policiers”, a indiqué l’avocat de cette dernière, Mounia Merzouk, Me Frank Berton, à l’AFP.”Il n’y avait pas d’autre qualification envisageable dans cette affaire: le geste est volontaire et l’intention de tuer évidente”, a-t-il souligné.L’avocate d’autres membres de la famille de Nahel, Me Margot Pugliese, estime pour sa part que “la qualification de meurtre s’imposait” tout en déplorant “l’absence de réaction judiciaire” concernant le deuxième policier présent lors des faits.Pour celui-ci, placé sous le statut de témoin assisté et pour qui le parquet requiert un non-lieu, “l’accusation elle-même admet (…) que rien ne peut lui être reproché, ce qui correspond à la stricte réalité du dossier”, a commenté pour l’AFP son avocate Me Pauline Ragot. De son côté, sollicité par l’AFP, le maire DVG Raphaël Adam a rappelé que la ville de Nanterre porte “une exigence de justice et de vérité, que notre société doit à la famille de Nahel, à ses amis et à l’ensemble des Nanterriens émus par ce drame”. L’auteur du coup de feu mortel, Florian M., a été mis en examen pour meurtre et incarcéré pendant cinq mois, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire.En 2023, 36 personnes sont décédées dans le cadre d’une mission de police, selon le rapport annuel de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).- Versions contradictoires -Une reconstitution des faits avait eu lieu le 5 mai 2024. En présence de leurs avocats, Florian M., son collègue présent ce jour-là et plusieurs témoins avaient été confrontés à leurs déclarations, notamment pour établir si le policier auteur du tir était en danger de mort.Après cette reconstitution faite à partir des récits des policiers et des témoins, un expert accidentologue “confirmait qu’aucune des versions n’était en totale adéquation avec ses constatations et analyses”, selon le réquisitoire du parquet.Les analyses écartent d’un côté des coups portés à Nahel par les policiers, comme les passagers et certains témoins l’avaient affirmé, mais aussi la mise en danger de ces derniers par le redémarrage de la voiture.Le syndicat de police Alliance a lui dénoncé “une décision inacceptable” et appelé l’ensemble des policiers du pays à se réunir devant les services de police à 12H30 mercredi pour “exprimer leur colère”.Quant au syndicat Un1té, il a soulevé des “interrogations légitimes” concernant le choix du parquet et apporté “son soutien” au suspect et à ses proches.Contrairement à Alliance, ce syndicat a jugé que “tout rassemblement serait préjudiciable à la défense et à ses intérêts”. Un juge d’instruction doit désormais décider si un procès doit ou non se tenir.gd-tll-dho-js-mlf/cal/bfa/abl

Trump “bousille notre économie”: à la frontière, la colère des Canadiens

Exaspérés et sonnés: à la frontière avec les Etats-Unis, les habitants de Windsor, ville industrielle jusqu’ici en plein essor, sont sous le choc mardi après la confirmation de l’imposition par les Etats-Unis de droits de douane et se préparent à des “temps difficiles”.”C’est de la merde”, lance avec colère Jessica Dame. Avec les droits de douane maintenant en vigueur de 25% sur les produits canadiens, le président américain est en train “de bousiller l’économie des autres”, s’offusque auprès de l’AFP cette trentenaire énergique.Comme tous les habitants de cette ville rencontrés par l’AFP mardi matin, elle scrute l’actualité depuis plusieurs jours, inquiète de l’impact des tarifs douaniers sur la relation entre les deux pays, mais aussi sur l’économie.Lundi, Donald Trump avait douché les derniers espoirs canadiens d’éviter une guerre économique avec son premier partenaire. Dans la nuit de lundi à mardi, les droits de douane sont devenus une réalité.Robert Pikata, un employé de la commune de 250.000 habitants, installée sur la frontière à quelques encablures de Détroit aux Etats-Unis, estime qu’une guerre commerciale “va affecter notre niveau de vie ici à Windsor”.L’homme de 60 ans, en habit de travail portant le logo de la ville, est ébranlé de voir que la menace de Donald Trump est finalement devenue réalité. “Je suis à la fois déçu et effrayé par l’inconnu. Je me demande comment ça va m’affecter personnellement, mais aussi ma famille et mes amis”, dit-il.Toute la ville tourne autour de l’industrie automobile et la crainte est maintenant de voir les usines fermer, des sous-traitants mettre la clé sous la porte dans la foulée. Et donc des milliers de licenciements.”Si l’industrie automobile s’effondre”, le reste “s’effondrera avec”, craint-il, évoquant notamment une baisse possible du prix des maisons. “La valeur de ce qui nous entoure est basée sur l’industrie automobile”, explique-t-il.- “Plus de mal que de bien” -Faire ses courses sera beaucoup plus cher, redoute Zach Puget, 23 ans qui anticipent des “temps difficiles” alors que le pays a déjà connu une forte inflation ces dernières années après l’épidémie de Covid-19.”Les taxes douanières semblent faire beaucoup plus de mal que de bien, et cela vaut pour les deux côtés”, ajoute-t-il, évoquant les mesures de représailles mises en place par le gouvernement canadien.Justin Trudeau a annoncé en riposte des droits de douane de 25% sur certains produits américains notamment la viande, les oeufs, les fruits, le vin…Depuis des semaines, le Canada s’active pour éviter l’ouverture d’une guerre économique avec les Etats-Unis, pays avec lequel Ottawa a un accord de libre-échange.Selon les économistes, les dégâts pourraient être catastrophiques pour le Canada, beaucoup prévoit une récession car 75% des exportations du pays partent vers les États-Unis et deux millions d’emplois dépendent de ce secteur.Sur le long pont qui relie Windsor et Détroit, le nombre de voitures et de véhicules lourds qui traversent la frontière mardi sont moins élevés qu’à l’habitude, notent les habitants. Travis Black, lycéen de 17 ans, profite de ses vacances pour pêcher dans la rivière qui sépare les deux pays. Il est inquiet car il pensait travailler dans l’industrie automobile.”Mais je devrais finalement peut-être aller travailler aux Etats-Unis, ou ailleurs?”

Trump “bousille notre économie”: à la frontière, la colère des Canadiens

Exaspérés et sonnés: à la frontière avec les Etats-Unis, les habitants de Windsor, ville industrielle jusqu’ici en plein essor, sont sous le choc mardi après la confirmation de l’imposition par les Etats-Unis de droits de douane et se préparent à des “temps difficiles”.”C’est de la merde”, lance avec colère Jessica Dame. Avec les droits de …

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Taxes aux frontières: la guerre commerciale de Trump franchit un nouveau palier

La guerre commerciale initiée par Donald Trump est entrée mardi dans une nouvelle dimension, Pékin, Ottawa et Mexico ayant enclenché des représailles aux droits de douane punitifs mis en place par Washington.Ces nouvelles barrières douanières renchérissent fortement les prix des biens traversant les frontières, que ce soit des avocats, des t-shirts ou des voitures.Leur entrée en vigueur a fait chuter les marchés financiers de l’Asie à l’Amérique en passant par l’Europe. Les investisseurs espéraient jusqu’au bout que Washington accorde un sursis à ses voisins, selon les analystes.Les importations en provenance du Canada et du Mexique sont désormais taxées à hauteur de 25%, et 10% pour les hydrocarbures canadiens.Les produits chinois sont quant à eux frappés par des droits de douane additionnels de 20%.Pékin a répliqué mardi en annonçant des taxes de 10 et 15% sur une série de produits agricoles en provenance des États-Unis, allant du poulet au soja, et déploré une décision “unilatérale” de Washington.Cette riposte reste toutefois un cran en dessous de l’offensive américaine, qui concerne l’ensemble des produits chinois entrant aux Etats-Unis.Estimant que “rien ne justifiait ces mesures” américaines, le Canada a mis en place mardi des droits de douane de 25% sur certains produits américains, pour un montant total de 155 milliards de dollars canadiens (102 milliards d’euros).La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a promis quant à elle des représailles “douanières et non douanières” à la décision de Donald Trump.Elle prévoit d’en préciser la teneur dimanche lors d’une réunion publique à Mexico et de s’entretenir avant cela avec le président américain, “probablement jeudi”.Donald Trump -qui ne peut justifier l’imposition par décrets de nouveaux droits de douane que par une urgence liée à la sécurité nationale- reproche aux trois pays de ne pas lutter suffisamment contre le trafic de fentanyl, une drogue aux effets dévastateurs aux Etats-Unis.- “Terrifiés” -“Nous sommes tous terrifiés”, a confié à l’AFP Joel Soleski, 26 ans, ouvrier pour le géant de l’automobile Stellantis au Canada. “Je viens d’acheter ma première maison”, a dit le jeune homme qui craint désormais de perdre son emploi et de ne plus pouvoir compter que sur le salaire de sa compagne.Stellantis est l’un des constructeurs les plus exposés aux droits de douane sur les produits du Canada et du Mexique, selon un rapport de l’agence Moody’s: 40% de ses voitures vendues aux États-Unis (sous les marques Ram, Fiat, Dodge ou Chrysler) sont fabriquées dans les deux pays frontaliers.”Si les entreprises s’installent aux Etats-Unis, elles n’auront pas de droits de douane !!!”, a lancé mardi Donald Trump sur son réseau Truth Social.Le locataire de la Maison Blanche n’a pour l’heure aucune intention d’en rester là, en dépit des craintes qui augmentent aux Etats-Unis concernant l’impact sur les entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.D’autres taxes sur les importations américaines sont dans les tuyaux, notamment sur l’acier et l’aluminium. Doivent venir ensuite l’automobile, les médicaments, les semi-conducteurs, les produits issus de l’exploitation forestière et de l’agriculture…”Comme le président l’avait indiqué pendant la campagne, il y aura peut-être des variations de prix à court terme mais à long terme, ce sera complétement différent”, a déclaré mardi le ministre américain du Commerce, Howard Lutnick, sur la chaîne CNBC.”On aura la meilleure Amérique possible, un budget équilibré, les taux d’intérêt plongeront”, a-t-il assuré.Donald Trump prévoit aussi de frapper les exportations de l’Union européenne (UE) de 25% de droits de douane additionnels.Mardi, l’UE a dit “regrette(r) profondément” la décision des Etats-Unis d’imposer des droits de douane au Mexique et au Canada, qui “risquent de perturber le commerce mondial” et “menacent la stabilité économique de part et d’autre de l’Atlantique”.

Taxes aux frontières: la guerre commerciale de Trump franchit un nouveau palier

La guerre commerciale initiée par Donald Trump est entrée mardi dans une nouvelle dimension, Pékin, Ottawa et Mexico ayant enclenché des représailles aux droits de douane punitifs mis en place par Washington.Ces nouvelles barrières douanières renchérissent fortement les prix des biens traversant les frontières, que ce soit des avocats, des t-shirts ou des voitures.Leur entrée en vigueur a fait chuter les marchés financiers de l’Asie à l’Amérique en passant par l’Europe. Les investisseurs espéraient jusqu’au bout que Washington accorde un sursis à ses voisins, selon les analystes.Les importations en provenance du Canada et du Mexique sont désormais taxées à hauteur de 25%, et 10% pour les hydrocarbures canadiens.Les produits chinois sont quant à eux frappés par des droits de douane additionnels de 20%.Pékin a répliqué mardi en annonçant des taxes de 10 et 15% sur une série de produits agricoles en provenance des États-Unis, allant du poulet au soja, et déploré une décision “unilatérale” de Washington.Cette riposte reste toutefois un cran en dessous de l’offensive américaine, qui concerne l’ensemble des produits chinois entrant aux Etats-Unis.Estimant que “rien ne justifiait ces mesures” américaines, le Canada a mis en place mardi des droits de douane de 25% sur certains produits américains, pour un montant total de 155 milliards de dollars canadiens (102 milliards d’euros).La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a promis quant à elle des représailles “douanières et non douanières” à la décision de Donald Trump.Elle prévoit d’en préciser la teneur dimanche lors d’une réunion publique à Mexico et de s’entretenir avant cela avec le président américain, “probablement jeudi”.Donald Trump -qui ne peut justifier l’imposition par décrets de nouveaux droits de douane que par une urgence liée à la sécurité nationale- reproche aux trois pays de ne pas lutter suffisamment contre le trafic de fentanyl, une drogue aux effets dévastateurs aux Etats-Unis.- “Terrifiés” -“Nous sommes tous terrifiés”, a confié à l’AFP Joel Soleski, 26 ans, ouvrier pour le géant de l’automobile Stellantis au Canada. “Je viens d’acheter ma première maison”, a dit le jeune homme qui craint désormais de perdre son emploi et de ne plus pouvoir compter que sur le salaire de sa compagne.Stellantis est l’un des constructeurs les plus exposés aux droits de douane sur les produits du Canada et du Mexique, selon un rapport de l’agence Moody’s: 40% de ses voitures vendues aux États-Unis (sous les marques Ram, Fiat, Dodge ou Chrysler) sont fabriquées dans les deux pays frontaliers.”Si les entreprises s’installent aux Etats-Unis, elles n’auront pas de droits de douane !!!”, a lancé mardi Donald Trump sur son réseau Truth Social.Le locataire de la Maison Blanche n’a pour l’heure aucune intention d’en rester là, en dépit des craintes qui augmentent aux Etats-Unis concernant l’impact sur les entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.D’autres taxes sur les importations américaines sont dans les tuyaux, notamment sur l’acier et l’aluminium. Doivent venir ensuite l’automobile, les médicaments, les semi-conducteurs, les produits issus de l’exploitation forestière et de l’agriculture…”Comme le président l’avait indiqué pendant la campagne, il y aura peut-être des variations de prix à court terme mais à long terme, ce sera complétement différent”, a déclaré mardi le ministre américain du Commerce, Howard Lutnick, sur la chaîne CNBC.”On aura la meilleure Amérique possible, un budget équilibré, les taux d’intérêt plongeront”, a-t-il assuré.Donald Trump prévoit aussi de frapper les exportations de l’Union européenne (UE) de 25% de droits de douane additionnels.Mardi, l’UE a dit “regrette(r) profondément” la décision des Etats-Unis d’imposer des droits de douane au Mexique et au Canada, qui “risquent de perturber le commerce mondial” et “menacent la stabilité économique de part et d’autre de l’Atlantique”.

Pérou : début du procès pour “rébellion” de l’ancien président Pedro Castillo

Le procès de l’ancien président péruvien Pedro Castillo, accusé de “rébellion” pour sa tentative avortée de dissolution du Parlement en 2022, qui avait été suivie de vastes manifestations, s’est ouvert mardi, a constaté l’AFP.Le 7 décembre 2022, M. Castillo avait annoncé dans un message à la Nation la dissolution du Parlement et la convocation d’une …

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Pérou : début du procès pour “rébellion” de l’ancien président Pedro Castillo

Le procès de l’ancien président péruvien Pedro Castillo, accusé de “rébellion” pour sa tentative avortée de dissolution du Parlement en 2022, qui avait été suivie de vastes manifestations, s’est ouvert mardi, a constaté l’AFP.Le 7 décembre 2022, M. Castillo avait annoncé dans un message à la Nation la dissolution du Parlement et la convocation d’une Assemblée constituante. Mais lâché par les institutions et l’armée, il avait été démis de ses fonctions et immédiatement incarcéré.Le procès de l’ancien instituteur rural âgé de 55 ans, élu en juin 2021 à la tête d’un parti de la gauche radicale, s’est ouvert en sa présence devant un tribunal de la Cour suprême à Lima, jouxtant la prison où il est détenu depuis son arrestation. Un parquet spécialisé a réclamé en janvier une peine de 34 ans de prison à son encontre. Son procès pourrait durer plusieurs mois. Trois anciens ministres, un ancien conseiller présidentiel et trois officiers de police sont également jugés pour rébellion. M. Castillo a toujours clamé son innocence lors de multiples audiences : “Je n’ai jamais pris les armes”, a-t-il répété, rappelant que son ordre de dissoudre le Parlement n’avait pas été exécuté.Selon lui, il a été destitué à la faveur d’une prétendue conspiration politique entre les élus de droite majoritaires au Parlement et le parquet qui enquêtait sur lui sur des affaires de corruption présumée.Il s’agit d’un “cas clair de tentative de coup d’Etat, qui doit être puni avec toute sa rigueur pour qu’il soit clair pour les aspirants dictateurs que cela est fortement sanctionné”, a déclaré à l’AFP l’analyste politique Augusto Alvarez Rodrich.M. Castillo avait été arrêté par la police alors qu’il se rendait avec sa famille à l’ambassade du Mexique à Lima. Depuis, sa femme et ses deux enfants y résident et demandent l’asile.Destitué après seulement 17 mois à la tête du pays, M. Castillo a été remplacé par sa vice-présidente Dina Boluarte, dont le mandat a été contesté dans la rue par des manifestants pro-Castillo. La répression policière a fait plus de 50 morts, selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH).M. Castillo est le quatrième ancien président péruvien à se retrouver sur le banc des accusés au cours du dernier quart de siècle pour des délits allant de la corruption aux violations des droits de l’homme. En seulement huit ans, le Pérou a connu six présidents différents, dans la pire vague d’instabilité politique de son histoire moderne.

Quel matériel militaire américain serait difficile à remplacer par les Européens?

Un gel prolongé de l’aide militaire américaine à l’Ukraine impacterait lourdement des domaines où les Européens compensent mal le manque, mais la situation est moins tendue dans d’autres, comme les obus, selon plusieurs experts interrogés par l’AFP.Les Etats-Unis ont fourni à eux seuls près de la moitié de la valeur de l’aide militaire à l’Ukraine de 2022 à 2024, selon l’institut allemand Kiel Institute. Une partie a déjà été livrée, mais face aux Russes, si rien ne bouge, “en mai-juin, sans aide nouvelle, ça va être compliqué” pour les Ukrainiens, estime une source militaire européenne à l’AFP.”Compte tenu de ce qui a été livré, de ce que nous avons et de ce que nous produisons, nous pouvons soutenir l’effort pendant au moins six mois sans changer significativement la nature de la guerre”, estime pour l’AFP l’analyste ukrainien Volodymyr Fesenko.”Dans l’équation d’un conflit d’attrition (guerre d’usure, ndlr), vous sacrifiez soit des hommes, soit du terrain, soit des munitions. Si on vous coupe les munitions, soit vous reculez, soit vous sacrifiez des hommes”, résume Yohann Michel, chercheur à l’université Lyon-3.Voici quatre domaines militaires qui pourraient être affectés par la suspension de l’aide américaine.- Défense anti-aérienne -L’Ukraine est régulièrement la cible de volées de missiles et drones contre ses centres urbains ou ses infrastructures. Ces attaques massives saturent les défenses ukrainiennes et les forcent à utiliser de nombreuses munitions.Pour la défense loin de la ligne de front, l’Ukraine dispose notamment de sept systèmes Patriot américains (fournis par les Etats-Unis, l’Allemagne, la Roumanie) et de deux SAMP/T européens fourni par Rome et Paris pour réaliser les interceptions à haute altitude. Kiev a aussi des capacités propres et a reçu d’autres systèmes pour les portées inférieures.”Les Patriot sont très importants pour protéger nos villes, pas nos troupes. Donc Trump va aider Poutine à tuer des civils”, dénonce le chercheur ukrainien Mykhailo Samus, directeur du New Geopolitics Research Network, un groupe de réflexion à Kiev.”Pour les Patriot, comme pour tous les systèmes américains, il y a deux problèmes, celui des munitions et celui des pièces pour les maintenir”, résume Léo Péria-Peigné de centre de recherche français Ifri. “Pour les pièces, est-ce qu’on pourra en acheter aux Américains et les donner aux Ukrainiens ou est-ce que les Américains s’y opposeront? On ne sait pas”.Pour les munitions de Patriot, l’Allemagne est en train de construire la première usine hors des Etats-Unis, mais la production ne devrait pas commencer avant 2027.L’Europe peinerait à compenser toute baisse de régime des Patriot. “L’Europe a vraiment des lacunes dans ce domaine. Les SAMP/T sont très bons mais peu mobiles, et produits en trop petit nombre, il faudrait augmenter la production, quitte à le faire ailleurs qu’en France et en Italie”, juge M. Michel. Mais cela prendra du temps: “il aurait fallu lancer le processus il y a deux ans!”, assène M. Péria-Peigné.”Une des manières de compenser serait la fourniture de plus d’avions de chasse pour faire de l’interception Air-Air, et repousser les bombardiers russes qui frappent l’Ukraine”, ajoute Yohann Michel. Les Européens ont déjà donné des F16 et des Mirage 2000-5, et ils ont de la marge pour augmenter leur effort de ce côté, selon lui.- Frappes dans la profondeur -Pouvoir frapper loin derrière la ligne de front, les matériels américains sont cruciaux avec les missiles sol-sol ATACMS tirés par les Himars. Washington en a donnés une quarantaine.”C’est une des seules plateformes en Europe”, relève M. Michel. “Ceux qui en ont semblent peu disposés à les céder, comme les Grecs”, souligne M. Péria-Peigné.”Il y a des systèmes tchèques, mais ils sont inférieurs. Il faudrait que les Européens développent rapidement un système propre, ou à défaut achètent des systèmes aux Sud-Coréens”, suggère M. Michel.Il y a aussi la possibilité de frappes dans la profondeur depuis les airs, là “il y a essentiellement des moyens européens et ukrainiens”, relève M. Samus. Comme avec les missiles Scalp français, Storm Shadow britannique. “Le problème c’est qu’on n’est pas du tout certain qu’il y ait eu d’autres commandes lancées après ceux qui ont déjà été donnés”, prévient M. Péria-Peigné.- Obus d’artillerie et système anti-tanks -Là, les Européens sont mieux positionnés. “Pour l’anti-char, c’est peut-être là que les Ukrainiens ont le plus développé de solutions propres. Les missiles, comme les célèbres Javelin donnés par les Etats-Unis se complètent bien avec les systèmes de drones FPV”, relève M. Michel.Pour l’artillerie, “l’Europe a fait une vraie remontée de capacité de production, et l’Ukraine est dans une moins mauvaise position”, pointe M. Péria-Peigné.En Europe, la production et les livraisons d’obus à l’Ukraine se sont accélérées, et l’UE prévoit une production d’obus de 155 mm de 1,5 million d’unités en 2025, plus que les 1,2 million produits aux Etats-Unis.- Renseignement -Les Etats-Unis sont incontournables dans ce domaine essentiel, avec leurs satellites, avions ou drones collecteurs d’informations, ainsi que pour leur traitement.”Il est très important pour nous de continuer à recevoir des images satellites”, prévient M. Fesenko. “Les Européens ont des outils, mais pas du tout de la même ampleur, et beaucoup dépendent complètement des Etats-Unis dans ce domaine”, relève M. Michel.