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Procès libyen: une peine “dissuasive” de sept ans de prison requise contre Nicolas Sarkozy
Une peine “ferme”, “juste”, et “dissuasive”, au regard de la “gravité des faits”: le parquet financier a requis jeudi sept ans de prison à l’encontre de l’ex-chef de l’Etat Nicolas Sarkozy, accusé d’avoir noué un pacte de corruption avec l'”infréquentable” dictateur libyen Mouammar Kadhafi pour satisfaire ses “ambitions politiques dévorantes”.Au terme de trois mois de procès et de 10 ans d’enquête, “c’est un tableau très sombre d’une partie de notre République qui s’est dessiné”, a déclaré à la fin d’un réquisitoire fleuve à trois voix le procureur financier Sébastien de la Touanne.”Un tableau marqué par une corruption de haute intensité, attisée par l’ambition, la soif de pouvoir, la cupidité et qui a tissé sa toile jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat”, a-t-il ajouté.L’accusation n’avait pas mâché ses mots contre l’ancien président pendant les deux premiers jours des réquisitions, et est resté sur la même ligne, devant un Nicolas Sarkozy à la mine grave, et à l’air pétrifié au moment de l’annonce de la peine demandée contre lui.Alors qu’il était ministre de l’Intérieur en 2005, Nicolas Sarkozy s’est engagé, avec ses “plus proches collaborateurs” Claude Guéant et Brice Hortefeux, dans une “quête effrénée” de financements pour satisfaire ses “ambitions politiques dévorantes”, poursuit le magistrat.Il n’a “pas hésité” à conclure “un pacte de corruption faustien avec un des dictateurs les plus infréquentables de ces 30 dernières années”, pour pouvoir “accéder à la magistrature suprême”, ajoute-t-il.- “Devoir d’exemplarité” -L’accusation a également réclamé une peine d’inéligibilité de cinq ans contre Nicolas Sarkozy, et 300.000 euros d’amende.Il est un “homme public” qui a exercé des multiples fonctions mais a fait fi de son “devoir d’exemplarité”, a “méprisé” les règles encadrant la vie politique, continue le procureur d’un ton sobre.Depuis le début de cette affaire, Nicolas Sarkozy “a contesté les faits dans leur intégralité, et ne semble pas prendre la mesure de la gravité des atteintes à la probité qui lui sont reprochées”, martèle le procureur, rappelant qu’il a déjà été condamné. C’est son cinquième procès en cinq ans.Quelques minutes après la fin des réquisitions, l’ex-président a dénoncé “la fausseté et la violence des accusations et l’outrance de la peine réclamée”, qui ne visent selon lui qu’à “masquer la faiblesse des charges alléguées”. Il a ajouté vouloir “croire dans la sagesse du tribunal”, qui ne rendra sa décision que dans plusieurs mois.Contre Claude Guéant (absent pour des raisons de santé) accusé d’être impliqué dans toutes les étapes du “pacte de corruption” et de s’être “personnellement enrichi”, le parquet a requis six ans de prison et 100.000 euros d’amende.Ce serviteur de l’Etat était “tout comme Nicolas Sarkozy tenu à un devoir d’exemplarité et d’intégrité”, a souligné le procureur.Trois ans de prison et 150.000 euros d’amende ont aussi été requis contre Brice Hortefeux.Contre le trésorier de la campagne Eric Woerth, qui selon le procureur a “recueilli et accepté des fonds” libyens, un an de prison (aménagé d’office) et 3.750 euros d’amende ont été requis. – “Agents de corruption” -Le PNF a également requis contre les “agents de corruption” et intermédiaires Ziad Takieddine (en fuite) et Alexandre Djouhri des peines de respectivement six ans de prison et trois millions d’euros d’amende, et de cinq ans et quatre millions, pour avoir mis en place selon l’accusation les canaux de financement libyen vers la campagne.Tout au long du réquisitoire, les procureurs ont dépeint Nicolas Sarkozy en “véritable décisionnaire” et “commanditaire” d’un pacte de corruption “inconcevable, inouï, indécent”, noué avec l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi pour qu’il finance sa campagne présidentielle de 2007.Ils ont aussi détaillé les “contreparties” diplomatiques, juridiques et économiques promises selon eux au régime libyen et ont affirmé que des “traces” d’argent liquide dans la campagne victorieuse alimentaient le “faisceau d’indices” du dossier.Pour les procureurs, tous les délits pour lesquels il est jugé depuis le 6 janvier sont constitués: ils ont demandé au tribunal de le reconnaître coupable de corruption, recel de détournement de fonds publics, financement illégal de campagne et association de malfaiteurs.Nicolas Sarkozy, qui clame vigoureusement son innocence depuis l’origine, et dont la défense plaidera au dernier jour du procès le 8 avril, avait enragé en silence, genoux agités, souriant parfois jaune ou ne pouvant réprimer une remarque outrée, indéchiffrable depuis les bancs de la presse.Définitivement condamné à un an de prison ferme pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite des écoutes ou Bismuth, il porte depuis le 7 février un bracelet électronique à la cheville.
Sommet Ukraine : unité sur les sanctions contre la Russie, questions sur les garanties de sécurité
Les alliés européens de l’Ukraine réunis jeudi à Paris se sont prononcés à l’unanimité contre toute levée des sanctions imposées à la Russie, mais nombre de questions demeurent sur les futures garanties de sécurité pour Kiev.Au cours de ce sommet d’une trentaine de pays européens, le Royaume-Uni et la France, au coeur du projet de déploiement futur d’une “force de réassurance” en Ukraine, se sont affirmés en tant que “pilotes” de la mobilisation.Une mission franco-britannique se rendra d’ailleurs “dans les prochains jours en Ukraine”, a annoncé le président français Emmanuel Macron, pour préparer notamment “ce que sera le format de l’armée ukrainienne”, qui reste, a-t-il souligné, “la principale garantie de sécurité” du pays.Ces “garanties” étaient au coeur de la réunion, au moment où Washington, qui veut obtenir à tout prix un cessez-le-feu en Ukraine, a effectué un rapprochement spectaculaire avec Moscou, faisant craindre aux Ukrainiens et aux Européens un accord sur leur dos.Pour autant, la proposition franco-britannique, discutée depuis plusieurs semaines, de déployer un contingent européen en Ukraine “ne fait pas l’unanimité”, a reconnu M. Macron, assurant toutefois qu’il y aurait “une force de réassurance de plusieurs pays européens” en cas de paix.”Il y a encore beaucoup de questions” et “peu de réponses”, concernant le mandat, les responsabilités et la composition cette force, a résumé le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky au cours d’une conférence de presse à l’issue du sommet.Il a toutefois salué “le soutien infaillible” de ses alliés et “beaucoup de propositions” sur la défense antiaérienne, l’engagement en mer Noire ou les investissements dans l’industrie de défense ukrainienne.Ces troupes n’auraient “pas vocation à être des forces de maintien de la paix, à être présentes le long de la ligne de contact ou à se substituer aux forces ukrainiennes”, a de son côté répété Emmanuel Macron. Elles seraient envoyées dans “certains endroits stratégiques préidentifiés avec les Ukrainiens” et auraient un “caractère de dissuasion”, a-t-il dit.Sur le volet économique, les Etats soutenant l’Ukraine ont unanimement acté qu’il ne fallait pas abandonner les sanctions contre Moscou, alors que Washington l’envisage.- “Consensus” -“Il y a un consensus sur le fait que ce n’est pas le moment de lever les sanctions”, a martelé le Premier ministre britannique Keith Starmer. “Au contraire, nous avons discuté de la façon de les renforcer”, a-t-il ajouté, se réjouissant par ailleurs de voir l’Europe “se mobiliser” pour la paix en Ukraine “à une échelle inédite depuis des décennies”.Ce serait “une grave erreur” de les supprimer, a renchéri le chancelier allemand Olaf Scholz. “Cela n’a aucun sens tant que la paix n’est pas réellement rétablie et nous en sommes malheureusement encore loin”.Les participants au sommet parisien se sont en effet montrés très méfiants quant à la volonté de Moscou de mettre fin au conflit.Le président français a décrit ainsi la stratégie du Kremlin : “Faire semblant d’ouvrir des négociations pour décourager l’adversaire et intensifier les attaques”.Sous pression américaine, Kiev avait accepté le 11 mars une cessation de 30 jours des combats. Mardi, à l’issue de pourparlers en Arabie saoudite par l’intermédiaire de Washington, un accord a été annoncé pour déboucher, sous conditions, sur une trêve en mer Noire et un moratoire sur les frappes contre les sites énergétiques.Mais Moscou a réclamé la levée des restrictions sur les exportations agricoles russes, une idée soutenue par la Maison Blanche.Volodymyr Zelensky s’est à cet égard inquiété de certains “signaux” donnés par les Etats-Unis, en particulier sur le sort des territoires conquis par la Russie, qui occupe 20% de l’Ukraine. “On ne va pas offrir nos terres à Poutine”, a-t-il lancé.- Frappes -Parallèlement, la Russie et l’Ukraine se sont mutuellement accusées d’avoir violé le fragile moratoire concernant les infrastructures énergétiques. Le ministère russe de la Défense a ainsi affirmé que les Ukrainiens avaient visé trois de ces installations sur le sol russe et en Crimée, une péninsule ukrainienne annexée, ce que Kiev a démenti.L’artillerie russe a tiré jeudi sur la ville de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, privant d’électricité la plupart de ses habitants et faisant deux morts, a pour sa part dénoncé un haut responsable ukrainien auprès de l’AFP.De Paris, M. Zelensky a appelé les Etats-Unis à “réagir” après ces nouvelles frappes.Egalement présente au sommet dans la capitale française, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, tiraillée entre son soutien à Kiev et ses bonnes relations avec l’administration Trump, a de son côté espéré qu’une délégation américaine serait présente la prochaine fois, soulignant “l’importance de continuer à travailler avec les Etats-Unis pour arrêter le conflit”.Parmi les dirigeants des pays de l’Union européenne et/ou de l’Otan ayant participé à cette réunion de la “coalition des volontaires”, pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron, figurait aussi le vice-président turc Cevdet Yilmaz.
Sommet Ukraine : unité sur les sanctions contre la Russie, questions sur les garanties de sécurité
Les alliés européens de l’Ukraine réunis jeudi à Paris se sont prononcés à l’unanimité contre toute levée des sanctions imposées à la Russie, mais nombre de questions demeurent sur les futures garanties de sécurité pour Kiev.Au cours de ce sommet d’une trentaine de pays européens, le Royaume-Uni et la France, au coeur du projet de …
Sommet Ukraine : unité sur les sanctions contre la Russie, questions sur les garanties de sécurité
Les alliés européens de l’Ukraine réunis jeudi à Paris se sont prononcés à l’unanimité contre toute levée des sanctions imposées à la Russie, mais nombre de questions demeurent sur les futures garanties de sécurité pour Kiev.Au cours de ce sommet d’une trentaine de pays européens, le Royaume-Uni et la France, au coeur du projet de déploiement futur d’une “force de réassurance” en Ukraine, se sont affirmés en tant que “pilotes” de la mobilisation.Une mission franco-britannique se rendra d’ailleurs “dans les prochains jours en Ukraine”, a annoncé le président français Emmanuel Macron, pour préparer notamment “ce que sera le format de l’armée ukrainienne”, qui reste, a-t-il souligné, “la principale garantie de sécurité” du pays.Ces “garanties” étaient au coeur de la réunion, au moment où Washington, qui veut obtenir à tout prix un cessez-le-feu en Ukraine, a effectué un rapprochement spectaculaire avec Moscou, faisant craindre aux Ukrainiens et aux Européens un accord sur leur dos.Pour autant, la proposition franco-britannique, discutée depuis plusieurs semaines, de déployer un contingent européen en Ukraine “ne fait pas l’unanimité”, a reconnu M. Macron, assurant toutefois qu’il y aurait “une force de réassurance de plusieurs pays européens” en cas de paix.”Il y a encore beaucoup de questions” et “peu de réponses”, concernant le mandat, les responsabilités et la composition cette force, a résumé le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky au cours d’une conférence de presse à l’issue du sommet.Il a toutefois salué “le soutien infaillible” de ses alliés et “beaucoup de propositions” sur la défense antiaérienne, l’engagement en mer Noire ou les investissements dans l’industrie de défense ukrainienne.Ces troupes n’auraient “pas vocation à être des forces de maintien de la paix, à être présentes le long de la ligne de contact ou à se substituer aux forces ukrainiennes”, a de son côté répété Emmanuel Macron. Elles seraient envoyées dans “certains endroits stratégiques préidentifiés avec les Ukrainiens” et auraient un “caractère de dissuasion”, a-t-il dit.Sur le volet économique, les Etats soutenant l’Ukraine ont unanimement acté qu’il ne fallait pas abandonner les sanctions contre Moscou, alors que Washington l’envisage.- “Consensus” -“Il y a un consensus sur le fait que ce n’est pas le moment de lever les sanctions”, a martelé le Premier ministre britannique Keith Starmer. “Au contraire, nous avons discuté de la façon de les renforcer”, a-t-il ajouté, se réjouissant par ailleurs de voir l’Europe “se mobiliser” pour la paix en Ukraine “à une échelle inédite depuis des décennies”.Ce serait “une grave erreur” de les supprimer, a renchéri le chancelier allemand Olaf Scholz. “Cela n’a aucun sens tant que la paix n’est pas réellement rétablie et nous en sommes malheureusement encore loin”.Les participants au sommet parisien se sont en effet montrés très méfiants quant à la volonté de Moscou de mettre fin au conflit.Le président français a décrit ainsi la stratégie du Kremlin : “Faire semblant d’ouvrir des négociations pour décourager l’adversaire et intensifier les attaques”.Sous pression américaine, Kiev avait accepté le 11 mars une cessation de 30 jours des combats. Mardi, à l’issue de pourparlers en Arabie saoudite par l’intermédiaire de Washington, un accord a été annoncé pour déboucher, sous conditions, sur une trêve en mer Noire et un moratoire sur les frappes contre les sites énergétiques.Mais Moscou a réclamé la levée des restrictions sur les exportations agricoles russes, une idée soutenue par la Maison Blanche.Volodymyr Zelensky s’est à cet égard inquiété de certains “signaux” donnés par les Etats-Unis, en particulier sur le sort des territoires conquis par la Russie, qui occupe 20% de l’Ukraine. “On ne va pas offrir nos terres à Poutine”, a-t-il lancé.- Frappes -Parallèlement, la Russie et l’Ukraine se sont mutuellement accusées d’avoir violé le fragile moratoire concernant les infrastructures énergétiques. Le ministère russe de la Défense a ainsi affirmé que les Ukrainiens avaient visé trois de ces installations sur le sol russe et en Crimée, une péninsule ukrainienne annexée, ce que Kiev a démenti.L’artillerie russe a tiré jeudi sur la ville de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, privant d’électricité la plupart de ses habitants et faisant deux morts, a pour sa part dénoncé un haut responsable ukrainien auprès de l’AFP.De Paris, M. Zelensky a appelé les Etats-Unis à “réagir” après ces nouvelles frappes.Egalement présente au sommet dans la capitale française, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, tiraillée entre son soutien à Kiev et ses bonnes relations avec l’administration Trump, a de son côté espéré qu’une délégation américaine serait présente la prochaine fois, soulignant “l’importance de continuer à travailler avec les Etats-Unis pour arrêter le conflit”.Parmi les dirigeants des pays de l’Union européenne et/ou de l’Otan ayant participé à cette réunion de la “coalition des volontaires”, pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron, figurait aussi le vice-président turc Cevdet Yilmaz.
Algérie: cinq ans de prison ferme pour l’écrivain Sansal, au coeur de la crise avec Paris
Un tribunal algérien a condamné jeudi à cinq ans de prison ferme l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné en Algérie depuis novembre et au coeur de la plus grave crise diplomatique entre Paris et Alger depuis des décennies.Le tribunal correctionnel de Dar El Beida, près d’Alger, a décidé “en présence de l’accusé, une peine de cinq ans de réclusion ferme”, soit la moitié de la peine requise par le Parquet, selon un correspondant de l’AFP présent dans la salle.L’écrivain, reconnaissable jusqu’alors à son catogan, est apparu à la barre, les cheveux rasés (comme tout détenu en Algérie), en veste verte, sans menottes, semblant plutôt en forme alors qu’il souffre d’un cancer, selon la même source.M. Sansal, 80 ans selon son éditeur Gallimard, était accusé notamment d’atteinte à l’intégrité du territoire pour avoir repris à son compte, dans le média français d’extrême droite “Frontières”, la position du Maroc selon laquelle d’amples portions du pays auraient été amputées au profit de l’Algérie, sous la colonisation française. Son arrestation, le 16 novembre à Alger, avait aggravé de fortes tensions bilatérales provoquées, l’été dernier, par un revirement français en faveur de la position marocaine sur l’épineux dossier du Sahara occidental.- “un homme libre” -Avant son incarcération, M. Sansal, un ancien haut fonctionnaire algérien, voix critique du pouvoir, faisait des allers-retours fréquents en Algérie, où ses livres sont vendus librement.Peu connu en France auparavant, M. Sansal y bénéficie d’un vaste élan de soutien. Son avocat français François Zimeray a appelé le président algérien Abdelmadjid Tebboune à le gracier compte tenu de “son âge et état de santé”. M. Sansal, qui risquait au démarrage des poursuites à son encontre une peine de réclusion à perpétuité, dispose de 10 jours pour faire appel.Le président français Emmanuel Macron a dit “souhaiter vivement” qu’il puisse “redevenir un homme libre”. “Je sais pouvoir compter sur à la fois le bon sens et l’humanité des autorités algériennes pour prendre une telle décision”, a-t-il ajouté.Après le sévère réquisitoire, M. Macron avait dit sa confiance dans “la clairvoyance” de son homologue Tebboune, qui sait “que tout ça (les accusations) n’est pas sérieux”.Lors de son procès où il s’est défendu sans avocat, M. Sansal a nié toute intention de porter atteinte à son pays, expliquant avoir exercé sa “liberté d’expression”, tout en admettant avoir sous-estimé la portée de ses déclarations, selon un média algérien assistant à l’audience. – Un “apaisement” -Samedi dernier, M. Tebboune avait lancé des signaux d’apaisement en direction de Paris, estimant que le contentieux était “entre de bonnes mains”, avec comme “unique point de repère” Emmanuel Macron ou toute personne déléguée sur l’affaire, comme son chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot.Selon le site algérien TSA, citant “deux sources”, une visite de M. Barrot à Alger est “en préparation” en vue d’un “apaisement”. Sur le Sahara occidental, déclencheur de la brouille bilatérale, M. Tebboune avait tenu des propos mesurés dénonçant surtout des visites de responsables français dans ce territoire au statut non défini à l’ONU et évoquant un “moment d’incompréhension” avec Paris.L’Algérie a retiré son ambassadeur à Paris depuis fin juillet quand Paris a apporté son soutien à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour ce territoire contrôlé de facto à 80% par Rabat mais revendiqué depuis un demi-siècle par les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger.M. Tebboune souhaite une “issue rapide et honorable” à la crise avec Paris, selon l’expert Hasni Abidi, évoquant une possible grâce présidentielle. Régler le cas Sansal permettrait à M. Macron de reprendre la main sur un dossier “monopolisé par son ministre de l’Intérieur” Bruno Retailleau, selon M. Abidi.Alger a accusé d'”algérophobie” la droite et l’extrême droite françaises, qui ont multiplié les appels à sévir, voire rompre avec l’Algérie. M. Retailleau, en campagne pour la présidence des Républicains (droite) est à la pointe de cette bataille.Ce ministre a menacé d’une “riposte graduée”, après le refoulement par l’Algérie d’influenceurs algériens expulsés de France et suite à un attentat meurtrier, commis en février en France par un Algérien, objet d’obligations de quitter le territoire rejetées par Alger.
Algérie: cinq ans de prison ferme pour l’écrivain Sansal, au coeur de la crise avec Paris
Un tribunal algérien a condamné jeudi à cinq ans de prison ferme l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné en Algérie depuis novembre et au coeur de la plus grave crise diplomatique entre Paris et Alger depuis des décennies.Le tribunal correctionnel de Dar El Beida, près d’Alger, a décidé “en présence de l’accusé, une peine de cinq ans de réclusion ferme”, soit la moitié de la peine requise par le Parquet, selon un correspondant de l’AFP présent dans la salle.L’écrivain, reconnaissable jusqu’alors à son catogan, est apparu à la barre, les cheveux rasés (comme tout détenu en Algérie), en veste verte, sans menottes, semblant plutôt en forme alors qu’il souffre d’un cancer, selon la même source.M. Sansal, 80 ans selon son éditeur Gallimard, était accusé notamment d’atteinte à l’intégrité du territoire pour avoir repris à son compte, dans le média français d’extrême droite “Frontières”, la position du Maroc selon laquelle d’amples portions du pays auraient été amputées au profit de l’Algérie, sous la colonisation française. Son arrestation, le 16 novembre à Alger, avait aggravé de fortes tensions bilatérales provoquées, l’été dernier, par un revirement français en faveur de la position marocaine sur l’épineux dossier du Sahara occidental.- “un homme libre” -Avant son incarcération, M. Sansal, un ancien haut fonctionnaire algérien, voix critique du pouvoir, faisait des allers-retours fréquents en Algérie, où ses livres sont vendus librement.Peu connu en France auparavant, M. Sansal y bénéficie d’un vaste élan de soutien. Son avocat français François Zimeray a appelé le président algérien Abdelmadjid Tebboune à le gracier compte tenu de “son âge et état de santé”. M. Sansal, qui risquait au démarrage des poursuites à son encontre une peine de réclusion à perpétuité, dispose de 10 jours pour faire appel.Le président français Emmanuel Macron a dit “souhaiter vivement” qu’il puisse “redevenir un homme libre”. “Je sais pouvoir compter sur à la fois le bon sens et l’humanité des autorités algériennes pour prendre une telle décision”, a-t-il ajouté.Après le sévère réquisitoire, M. Macron avait dit sa confiance dans “la clairvoyance” de son homologue Tebboune, qui sait “que tout ça (les accusations) n’est pas sérieux”.Lors de son procès où il s’est défendu sans avocat, M. Sansal a nié toute intention de porter atteinte à son pays, expliquant avoir exercé sa “liberté d’expression”, tout en admettant avoir sous-estimé la portée de ses déclarations, selon un média algérien assistant à l’audience. – Un “apaisement” -Samedi dernier, M. Tebboune avait lancé des signaux d’apaisement en direction de Paris, estimant que le contentieux était “entre de bonnes mains”, avec comme “unique point de repère” Emmanuel Macron ou toute personne déléguée sur l’affaire, comme son chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot.Selon le site algérien TSA, citant “deux sources”, une visite de M. Barrot à Alger est “en préparation” en vue d’un “apaisement”. Sur le Sahara occidental, déclencheur de la brouille bilatérale, M. Tebboune avait tenu des propos mesurés dénonçant surtout des visites de responsables français dans ce territoire au statut non défini à l’ONU et évoquant un “moment d’incompréhension” avec Paris.L’Algérie a retiré son ambassadeur à Paris depuis fin juillet quand Paris a apporté son soutien à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour ce territoire contrôlé de facto à 80% par Rabat mais revendiqué depuis un demi-siècle par les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger.M. Tebboune souhaite une “issue rapide et honorable” à la crise avec Paris, selon l’expert Hasni Abidi, évoquant une possible grâce présidentielle. Régler le cas Sansal permettrait à M. Macron de reprendre la main sur un dossier “monopolisé par son ministre de l’Intérieur” Bruno Retailleau, selon M. Abidi.Alger a accusé d'”algérophobie” la droite et l’extrême droite françaises, qui ont multiplié les appels à sévir, voire rompre avec l’Algérie. M. Retailleau, en campagne pour la présidence des Républicains (droite) est à la pointe de cette bataille.Ce ministre a menacé d’une “riposte graduée”, après le refoulement par l’Algérie d’influenceurs algériens expulsés de France et suite à un attentat meurtrier, commis en février en France par un Algérien, objet d’obligations de quitter le territoire rejetées par Alger.
Le petit Emile probablement tué, la piste familiale toujours ouverte
L’hypothèse de l'”intervention d’un tiers” se dessine dans la disparition et la mort du petit Emile, selon le procureur d’Aix-en-Provence, qui n’écarte pas totalement la piste familiale même si les grands-parents, l’oncle et la tante de l’enfant sont ressortis libres de garde à vue.Le procureur de la République Jean-Luc Blachon a distillé jeudi matin des éléments factuels, un an après la découverte fortuite du crâne et des restes du garçonnet, âgé de deux ans et demi lors de sa disparition en juillet 2023.”Les vêtements et les ossements retrouvés ont été transportés et déposés peu de temps avant leur découverte, a déclaré M. Blachon devant des dizaines de journalistes, ajoutant que selon les expertises, “le corps de l’enfant ne s’est pas décomposé dans les vêtements retrouvés dans la forêt” et que des “stigmates anatomiques, évocateurs d’un traumatisme facial violent” ont été retrouvés sur son crâne. Les expertises introduisent donc “la probabilité d’intervention d’un tiers dans la disparition et la mort d’Emile Soleil”, a ajouté le procureur.Quelques heures auparavant, quatre membres de la famille du garçonnet, interrogés par les enquêteurs depuis mardi, sont ressortis de leurs gardes à vue libres et sans poursuites.La piste de l’implication d’un ou plusieurs membres de la famille “n’est pas fermée” et “les personnes qui ont été placées en garde à vue ont été remises en liberté” car “les charges n’étaient pas suffisantes pour conduire à une mise en examen quelconque dans ce dossier”, a toutefois insisté M. Blachon.La piste familiale semblait effectivement se préciser depuis mardi matin, avec le rebondissement spectaculaire qu’a constitué l’interpellation à l’aube de Philippe et Anne Vedovini, parents de Marie, la mère d’Emile, ainsi que de deux enfants majeurs du couple. Ils avaient été placés en garde à vue pour “homicide volontaire” et “recel de cadavre”.- Calme absolu -Un séisme de plus dans cette famille discrète de fervents catholiques qui compte 10 enfants au total, dominée par le patriarche rigoriste du clan, le grand-père, 59 ans.”Je suis catholique mais quand même eux, c’est un peu comme une secte, c’est bizarre de ne mettre aucun enfant à l’école. Ici les gens parlent, on entend de vieilles histoires. Beaucoup disent sur les pages Facebook que c’est le père (Philippe Vedovini, NDLR), moi je leur dis qu’on n’en sait rien !”, a témoigné auprès de l’AFP une commerçante de La Bouilladisse (Bouches-du-Rhône), qui n’a pas souhaité donner son nom.Un calme absolu régnait jeudi autour de la maison familiale des Vedovini, cossu mas provençal entouré d’un paysage bucolique dans cette commune située entre Aix-en-Provence et Aubagne, dont plusieurs volets restaient fermés.Les parents d’Emile, Colomban et Marie, y ont été vus arriver en voiture peu après 08H00. Après la remise en liberté de leurs clients dans la nuit de mercredi à jeudi, les avocats des grands-parents avaient fait part de leur soulagement.”Au bout de 17 heures d’auditions aujourd’hui (jeudi), la garde à vue est levée”, avait annoncé vers 05H00 Me Isabelle Colombani, avocate du grand-père, en sortant de la gendarmerie.”Il est parfaitement normal que les enquêteurs étudient toutes les hypothèses, afin de ne laisser aucune zone d’ombre”, a de son côté estimé Me Julien Pinelli, l’avocat de la grand-mère d’Emile, dans un message transmis à l’AFP après la conférence de presse du procureur.- 287 auditions -Jean-Luc Blachon avait précisé mardi que ces gardes à vue devaient permettre de vérifier et confronter “des éléments et informations recueillis lors des investigations réalisées ces derniers mois”.En la matière, les chiffres sont impressionnants: les enquêteurs de la Section de recherches de la gendarmerie de Marseille ont depuis presque 21 mois épluché 3.141 signalements, procédé à 287 auditions, analysé 27 véhicules, ratissé 285 hectares. Sans parler des 50 perquisitions et millions de données de communication à analyser, a détaillé le colonel Christophe Berthelin, patron de la section de recherches, lors du point presse de jeudi.Emile a disparu le 8 juillet 2023, alors qu’il venait d’arriver chez ses grands-parents, dans leur résidence secondaire du hameau du Haut-Vernet, perché à 1.200 mètres d’altitude dans les Alpes-de-Haute-Provence.Malgré plusieurs jours de battues citoyennes et de ratissages judiciaires, aucune trace de l’enfant n’avait été retrouvée dans cette zone escarpée et isolée.Pendant neuf mois, l’enquête n’avait rien donné de concret, jusqu’à la découverte fortuite, fin mars 2024 par une promeneuse, du crâne et de dents de l’enfant, à environ 1,7 km du hameau, à 25 minutes de marche pour un adulte. Des vêtements et un petit bout d’os avaient également été retrouvés dans la même zone.Début février, les obsèques du garçonnet s’étaient tenues en la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var), parents et grands-parents d’Emile affichant une certaine distance. Le soir même, les grands-parents publiaient un communiqué estimant que “le temps du silence doit laisser place à celui de la vérité”.stt-alc-san-jra/so/gvy