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En visite à Jérusalem, Modi se dit “fermement” au côté d’Israël

Le Premier ministre indien Narendra Modi a souligné mercredi à Jérusalem que son pays se tenait “fermement” au côté d’Israël, présentant ses condoléances pour “chaque vie perdue” dans l’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.”Nous ressentons votre douleur. Nous partageons votre chagrin. L’Inde se tient au côté d’Israël, fermement, avec une conviction …

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Brésil: deux hommes politiques condamnés à 76 ans de prison pour avoir commandité l’assassinat d’une élue de Rio

La Cour suprême du Brésil a condamné mercredi deux hommes politiques à 76 ans de prison pour avoir commandité l’assassinat en 2018 de la conseillère municipale de Rio, Marielle Franco, défenseure de la cause noire et LGBT+, mettant en lumière les liens entre des responsables politiques et les milices de cette ville.L’ex-député Chiquinho Brazao, 62 …

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Colombie: saisie à Bogota d’explosifs appartenant à une guérilla, en amont des élections

Les autorités colombiennes ont perquisitionné mercredi à Bogota une cache de la guérilla de l’ELN, destinée à la fabrication d’explosifs pouvant conduire selon elles à des “actions terroristes” lors des élections de cette année.Le pays doit élire de nouveaux parlementaires ainsi que le successeur du président de gauche Gustavo Petro, lors de scrutins marqués par …

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Taxés par Trump de “sinistres ambitions nucléaires”, les Iraniens à Genève pour les pourparlers

Les négociateurs iraniens sont arrivés mercredi soir à Genève, affichant leur optimisme à la veille de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis, malgré les propos de Donald Trump sur leurs “sinistres ambitions nucléaires”.Le président Massoud Pezeshkian parle de “perspective favorable”, disant espérer sortir de “cette situation +ni guerre ni paix”+.Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, …

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Chaos et désespoir après les pluies torrentielles au Brésil

L’espoir s’amenuise mercredi pour les proches des 21 personnes encore portées disparues après les pluies torrentielles qui ont fait 46 morts dans le sud-est du Brésil, selon un nouveau bilan officiel, tandis que de nombreux sinistrés doivent pratiquement repartir a zéro.Il est désormais peu probable de retrouver des personnes en vie sous les coulées de …

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Ligue des champions: le PSG s’en sort contre Monaco et se hisse en huitièmes

Le PSG a encore eu du mal contre Monaco (2-2 après sa victoire 3-2 à l’aller) mais a assuré la qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions, mercredi au Parc des Princes.Le tirage au sort de vendredi dira si au prochain tour Paris défiera une nouvelle fois le FC Barcelone ou s’il retrouvera Chelsea, qui l’avait défait en finale du Mondial des clubs en juillet.Contre Monaco, le PSG pensait peut-être avoir fait le plus dur au match aller, quand il avait renversé son adversaire après avoir été mené 2-0. Mais, alourdi par le contexte du renvoi en procès d’Achraf Hakimi pour viol, annoncé mardi, le match retour fut tout aussi compliqué et ce, dès les premières minutes.Le coach belge Sébastien Pocognoli avait blagué sur “la pression” que ses joueurs devaient “boire”, et prévenu que Monaco croyait pouvoir faire un beau match mercredi, et il n’avait pas tort.D’emblée, le PSG a vu Monaco presser tout aussi fort que lui voire davantage, et ce sont les visiteurs qui se sont procuré des occasions les premiers. Mamadou Coulibaly était tout proche d’ouvrir le score avec sa reprise au-dessus de la barre, sur un service parfait de Maghnes Akliouche, incandescent (9e).Et c’est l’international français qui a fini par trouver la faille, servi en retour par Coulibaly (45e). Quelques instants plus tôt, Denis Zakaria en capitaine avait héroïquement remonté le ballon depuis la défense jusqu’à la surface parisienne. Et les Parisiens l’avaient laissé passer un à un, comme un symbole de leur coup de moins bien depuis quelques semaines.Le scénario était un peu cruel pour Paris qui venait de toucher la barre par Bradley Barcola après un une-deux avec Joao Neves (40e).- Paris en survie -Le même Joao Neves a failli refaire le coup de la tête depuis le second poteau sur un coup franc tiré par Vitinha, au retour des vestiaires, mais Philip Köhn était attentif (50e).Piqué au vif face à la perspective qu’un champion en titre sorte dès les barrages, qui plus est à cause d’une vieille connaissance hexagonale, le PSG est entré en mode survie. Il a accéléré les courses en attaque et en défense, appliquant un pressing plus acéré, probablement après des remontrances de l’entraîneur Luis Enrique à la mi-temps.Et cela s’est traduit par deux cartons jaunes en quelques minutes pour Coulibaly, qui a laissé ses partenaires se dépêtrer d’une situation devenue compliquée. Sur le coup franc qui a suivi sa sortie, Marquinhos a surgi aux six mètres pour égaliser (60e). Le match venait de tourner.Six minutes plus tard, c’était au tour de Khvicha Kvaratskhelia de prendre de vitesse l’arrière-garde monégasque pour reprendre le ballon repoussé par Köhn après une frappe tendue d’Achraf Hakimi. Le Marocain a-t-il été boosté par les ovations de la tribune Auteuil, en première période, à grand renfort de banderole “Achraf, total soutien”, par rapport à sa mise en cause pour viol d’une femme de 24 ans en 2023 ? Sa deuxième mi-temps, avec notamment une belle frappe en bout de course (77), était en tout cas bien plus aboutie que sa première, hésitante et maladroite.Philip Köhn s’est ensuite employé à stopper un tir de Désiré Doué qui tentait de le prendre à contre-pied (78).Sauf que… le PSG a pris un deuxième but dans les arrêts de jeu, à 11 contre 10, avec à la conclusion Jordan Teze, en défenseur volant (90+1).Et la fébrilité a gagné les rangs parisiens qui ont ensuite concédé un coup franc à faire trembler le Parc des Princes. Même l’arbitre en est tombé à la renverse. Un coup franc qui est passé devant toute la défense parisienne, apathique. Heureusement pour le PSG, Wout Faes n’a pu qu’effleurer le ballon du crâne. Paris s’est fait peur jusqu’au bout.Luis Enrique avait dit avant la fin de la phase de ligue que les barrages pouvaient faire du bien à son équipe, en besoin de rodage. Mais il se serait peut-être passé du scénario éreintant de ces deux matches.

RDC: attaques des forces de Kinshasa sur plusieurs fronts contre le groupe armé M23

Les forces de Kinshasa mènent mercredi des attaques sur plusieurs fronts contre le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), avec l’appui de drones qui ont frappé le groupe armé à proximité de l’un des principaux gisements de coltan au monde. La cité minière de Rubaya, située dans la province troublée du Nord-Kivu …

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Taxés par Trump de “sinistres ambitions nucléaires”, les Iraniens à Genève pour les pourparlers

Les négociateurs iraniens sont arrivés mercredi soir à Genève, affichant leur optimisme à la veille de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis, malgré les propos de Donald Trump sur leurs “sinistres ambitions nucléaires”.Le président Massoud Pezeshkian parle de “perspective favorable”, disant espérer sortir de “cette situation +ni guerre ni paix”+.Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, qui conduit la délégation iranienne, a rencontré dans la soirée son homologue omanais Badr al-Busaidi afin de “lui exposer la position de l’Iran sur la levée des sanctions et le dossier nucléaire”.Il avait estimé la veille qu’un accord était “à portée de main”, invoquant une “opportunité historique”.Téhéran a rejeté en bloc les allégations du président américain, mardi dans son discours de politique générale devant le Congrès.”Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges”, a déclaré sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.- “Guerre inévitable” -Donald Trump a accusé l’Iran d’avoir “développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases” militaires et de chercher à en concevoir des plus puissants encore, capables “d’atteindre bientôt les Etats-Unis”. “Ils (…) poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires”, a fustigé M. Trump, qui tente d’arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique.Mais “le président a de nombreux autres outils à sa disposition”, a averti mercredi le vice-président JD Vance, conseillant à Téhéran de “prendre au sérieux” les menaces américaines alors que les Etats-Unis ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe.A Washington, le ministère des Finances a adopté de nouvelles sanctions contre quatre Iraniens, des sociétés et douze navires, destinées à affaiblir la République islamique.Les deux pays ennemis ont renoué le dialogue le 6 février via une médiation omanaise. Leurs précédents pourparlers avaient été stoppés net par la guerre déclenchée en juin 2025 par une attaque israélienne, à laquelle Washington s’était joint en bombardant des sites nucléaires iraniens.Téhéran se défend d’ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.A Téhéran, les avis sont partagés sur l’issue des tractations.  Pour Habib, un commerçant de 47 ans qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, “la guerre est inévitable à 100%”, l’Iran ne pouvant “en aucun cas” accepter les exigences américaines.A l’inverse Mehdi, un vendeur de 58 ans, juge qu’il “n’y aura pas de guerre et que les négociations aboutiront”. “Les Américains bluffent. Parce qu’ils ne peuvent rien faire”, tranche-t-il.- La “crédibilité” de Trump en jeu -Pour l’analyste Emile Hokayem, de l’Institut international d’études stratégiques (IISS), Donald Trump “semble s’être acculé lui-même”. “A ce stade, la posture des forces est telle que si les Etats‑Unis se repliaient sans (accord), cela pourrait se faire au détriment de sa crédibilité”, estime-t-il. Dans son discours, le président a par ailleurs accusé le pouvoir iranien d’avoir tué 32.000 personnes dans la répression début janvier d’une vague inédite de contestation. L’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a elle recensé plus de 7.000 morts, des manifestants pour la plupart, précisant que le bilan réel est probablement plus élevé.En Iran, des étudiants ont recommencé à protester après la reprise des cours samedi à Téhéran. Le gouvernement leur a reconnu “le droit de manifester” mais les a avertis de ne pas franchir des “lignes rouges”. 

Aide à mourir: au Canada, le choix de sa fin et la célébration de sa vie

“Est‑ce que je suis lâche de demander l’aide médicale à mourir?”La question, le Canadien Jacques Poissant l’a posée à sa fille quand à 93 ans les souffrances provoquées par son cancer de la prostate sont devenues insupportables.”Il dépérissait, il n’avait plus de joie de vivre”, se souvient Josée Poissant, 61 ans. Quand cet ancien courtier d’assurances a su qu’il était autorisé à partir “il a cessé de souffrir”. Ensuite, il n’a jamais douté, raconte cette femme au large sourire et aux lunettes aux couleurs acidulées.Cinq années plus tard, en 2025, sa mère a fait le même choix, à 96 ans, lorsqu’après un séjour à l’hôpital elle a compris qu’elle ne pourrait plus rentrer vivre chez elle.Pour le jour J, elle a tenu à ce que cela se fasse en musique, entourée de ses enfants et de leurs conjoints. “Elle était sereine. Elle a chanté jusqu’à ce qu’elle s’endorme.” Josée Poissant se souvient d’un moment à la fois bouleversant et beau. “Il n’y a pas de bonne façon de mourir, mais c’est pour moi la meilleure.” Et c’est “un privilège d’avoir le temps de se dire adieu”.- Un Canadien sur vingt – En 2023, un Canadien sur vingt est décédé après avoir bénéficié de l’aide médicale à mourir, ce qui fait du Canada l’un des pays où cette pratique, qui fait partie de la catégorie des soins, est le plus souvent utilisée.L’aide à mourir y est légale depuis 2016 pour les personnes en fin de vie. En 2021, elle a été étendue aux personnes atteintes d’une maladie grave et incurable, même lorsque la mort n’est pas “raisonnablement prévisible”. Un élargissement précipité par des décisions de justice.Alors que les parlementaires français et britanniques s’approchent d’une réforme en ce sens, le Canada s’apprête à aller encore plus loin. Une commission parlementaire doit commencer ses travaux le mois prochain pour décider si ce droit doit être élargi aux personnes dont la seule pathologie est un trouble mental.C’est le combat, ultime, espère-t-elle, de Claire Brosseau qui l’a porté devant les tribunaux. Après des décennies de lutte contre sa bipolarité, cette Canadienne de 49 ans réclame le droit de demander l’aide médicale à mourir.Antidépresseurs, antipsychotiques, stabilisateurs de l’humeur, électrochocs… elle a tout essayé. Elle a connu des hospitalisations à Montréal, New York, Toronto ou Los Angeles. “Tout ça, c’est trop et depuis trop longtemps.”Aujourd’hui, chaque jour est une épreuve, raconte l’ex-actrice qui vit seule avec sa chienne dans un petit appartement d’un quartier résidentiel de Toronto: “J’ai peut‑être dix à trente minutes par jour où je me sens à peu près bien. Le reste du temps, c’est terrible.”Elle ne sort plus que pour promener Olive quand les rues sont désertes, a des liens très limités avec sa famille, ne voit plus ses amis, se fait livrer ses courses. Même les rendez-vous avec ses psychiatres se font en visio depuis son appartement minimaliste et ordonné.L’aide à mourir étendue aux pathologies mentales lui permettrait de partir “en paix et en sécurité, entourée d’amour”, dit-elle déterminée. – Banalisation – Le Canada avait prévu que l’aide à mourir soit dès 2024 accessible quelle que soit la pathologie. Cela a été finalement repoussé de trois ans, le gouvernement ayant dit vouloir s’assurer que le système de santé mentale, déjà débordé, soit prêt.La loi bénéficie d’un large consensus: quelque 80% des Canadiens la soutiennent, mais certains s’inquiètent du nouvel élargissement.”On a déjà eu une augmentation du nombre de cas à travers le Canada plus forte que dans d’autres pays”, comme les Pays-Bas ou la Belgique pionniers en la matière, regrette Trudo Lemmens, professeur en droit de la santé à l’Université de Toronto. L’aide à mourir, poursuit-il, a déjà été trop banalisée dans le pays, jusqu’à en être presque “présentée comme une thérapie”.Il se dit particulièrement préoccupé par l’idée de l’autoriser quand la seule pathologie est une maladie mentale: “La volonté de se suicider fait souvent partie intégrante d’un trouble psychiatrique” et il est extrêmement difficile de prévoir l’évolution d’une maladie mentale, rappelle-t-il.Mais Mona Gupta, psychiatre qui a présidé le groupe d’experts chargé il y a quelques années de conseiller le gouvernement en la matière, dénonce ce qu’elle appelle des incohérences.”Il n’y a pas de raison clinique de tracer une ligne pour séparer les personnes souffrant de troubles mentaux des personnes souffrant de maladies physiques chroniques”, estime celle qui est aussi professeure.Pour cette psychiatre à la voix posée, il y a confusion entre problèmes de santé mentale et troubles mentaux sévères. “Il nous faut reconnaître qu’il existe des gens malades depuis des décennies, qui ont reçu toutes sortes de traitements” et que la souffrance engendrée par certaines maladies mentales est parfois aussi inapaisable que la souffrance physique.Et au final, puisque cela ne concernerait que les personnes ayant un trouble mental chronique, sévère et réfractaire aux traitements, “on parle d’un très petit nombre de personnes”, dit-elle.- “Garder le contrôle” -Atteinte d’un cancer du cerveau, Rachel Fournier, 71 ans, vient d’apprendre que sa demande d’aide médicale à mourir a été approuvée. “Quand on souffre, on a l’impression que ça ne s’arrêtera jamais. Le fait de savoir qu’il y aura une fin et que je peux décider du moment est un soulagement immense”, explique cette Québecoise au regard clair et déterminé en évoquant sa mort prochaine.”Je garde le contrôle sur ma vie puisque je ne peux pas contrôler ce qui se passe dans mon corps”, poursuit cette mère de deux filles et grand-mère de quatre petits-enfants dans sa chambre en maison de soins palliatifs où elle admire la neige accumulée dans le jardin sous un soleil hivernal. Comme pour chaque cas, deux médecins ont instruit sa demande en s’assurant que tous les critères requis par la loi étaient satisfaits. Le demandeur doit être majeur, “apte” à consentir aux soins, être atteint d’une maladie grave ou incurable et “éprouver des souffrances physiques ou psychiques constantes, insupportables, qui ne peuvent être apaisées dans des conditions jugées tolérables”.Ensuite, seul un docteur en médecine est habilité à injecter les produits létaux à la date et à l’heure que le malade a choisies.Rachel Fournier se dit fière et heureuse de vivre dans un pays qui autorise les patients à décider, elle qui a vu sa mère s’enfoncer dans la démence sans avoir pu demander à partir “dignement” comme elle le souhaitait car la loi n’était pas encore en vigueur.”Je ne veux qu’à aucun moment, mes filles aient à répondre à la question: +Est-ce qu’on déconnecte?+”- “Célébrer ma vie” -Alors depuis des semaines, cette ancienne galeriste passe une partie de ses journées à “revisiter sa vie”. Elle admire ses vieux albums photos, un sourire aux lèvres, heureuse de voir tout ce qu’elle a “eu la chance de vivre”. Elle juge dommage que “la société veuille cacher la vieillesse, la mort”.Avec le développement de l’aide médicale à mourir au fil des années cependant, de plus en plus de familles choisissent justement de transformer le jour J en un moment de célébration avec musique, chants, discours, buffet… “Venez célébrer ma vie”: l’invitation envoyée à ses proches par un homme sur le point de mourir ainsi résume la tendance. Des médecins habitués à suivre ces patients jusqu’au bout se souviennent de cérémonies émouvantes dans un jardin au milieu des arbres, dans un chalet de vacances familiales au bord d’un lac, sur un bateau.Des lieux dédiés sont désormais proposés aux familles.”On avait constaté que des gens se retrouvaient à aller à l’hôtel ou à louer des Airbnb”, explique Mathieu Baker dont le complexe funéraire québécois loue une salle débordant de plantes et de tableaux aux murs. Les patients qui ont pu choisir la date de leur mort peuvent bénéficier d’un programme sur mesure. M. Baker se souvient de cette femme qui avait demandé à voir un dernier film d’horreur avant. Ou de celle qui a opté pour quelques dernières bières et cigarettes pour profiter jusqu’au bout des plaisirs qu’elle avait rayés de sa vie. “Ce sont de très beaux moments, très forts”, dit-il. – “Humanité” -“C’est souvent une célébration en effet”, confirme Georges L’Espérance, médecin qui pratique depuis les débuts l’aide à mourir, au cours de laquelle dit-il les proches comprennent que le patient va cesser de souffrir et tiennent à rendre hommage à la vie qu’il a eue. “Grâce à la médecine, on a ajouté des années à la vie, mais pas toujours de la vie aux années”, philosophe-t-il. Donc la “décision d’en finir doit revenir au patient”, ajoute cet homme à l’empathie débordante selon qui, au Canada, il y a longtemps que le paternalisme médical a été mis de côté.Pour Claire Brosseau, l’enjeu est là. Elle s’insurge contre l’idée que les personnes atteintes de maladie mentale seraient incapables de prendre des décisions éclairées. “On peut se marier, écrire un testament, prendre des décisions qui engagent toute notre vie. Mais pas celle‑là?”Elle veut être reconnue comme une personne à part entière, capable de décider, digne de compassion et de respect: “Me refuser ce droit, c’est nier mon humanité.”

Fin de vie: l’Assemblée adopte de nouveau le texte créant un droit à l’aide à mourir

Les députés ont adopté mercredi pour la deuxième fois, par 299 voix contre 226, la proposition de loi créant un nouveau droit à l’aide à mourir, réforme sociétale majeure en discussion depuis des années, qui doit maintenant être à nouveau examinée au Sénat.Le rapporteur général du texte, Olivier Falorni (groupe MoDem), a immédiatement eu des mots pour les malades et leurs proches: “Aujourd’hui, nous leur disons que nous les avons entendus et qu’ils auront enfin, dans notre pays, le droit de pouvoir partir en paix, en liberté et par humanité”, a-t-il déclaré dans l’hémicycle, très ému et la voix tremblante.Ce scrutin en deuxième lecture s’est tenu après plus d’une semaine de discussions graves et minutieuses, saluées comme “respectueu(ses)” par Emmanuel Macron, selon son entourage. Le président s’est aussi félicité qu’elles aient permis “d’avancer dans le sens d’un modèle humaniste”.La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet a elle redit sa détermination à permettre une adoption définitive d’ici l’été, bien que certains jugent ce calendrier très serré.Les députés soutenant la réforme ont défendu un texte d'”équilibre”, pour un droit “encadré”. Ses opposants ont jugé qu’il ne s’agissait pas d’une loi “d’ultime recours”. Elle “concernera aussi des personnes ayant plusieurs années à vivre”, a lancé Philippe Juvin (LR), dans un réquisitoire enflammé à la tribune.”Trois ans que nous débattons, trois ans que la société française mûrit cette question”, a rétorqué Julie Laernoes (groupe écologiste). “Aujourd’hui, il est temps.”Aucun groupe n’avait imposé de consigne de vote sur un sujet jugé intime.En première lecture, en mai, le texte avait été adopté par 305 voix contre 199. Les nouveaux votes contre viennent notamment des groupes LR, Horizons et MoDem. Cette progression “témoigne d’une prise de conscience croissante des conséquences graves que ce texte pourrait avoir”, ont réagi les Associations familiales catholiques (AFC). – Mode d’administration -Tous les groupes politiques ont toutefois convenu de la nécessité de développer les soins palliatifs. Un premier texte sur le sujet a été adopté à l’unanimité mercredi, prévoyant notamment la création de “maisons d’accompagnement et de soins palliatifs”, intermédiaires entre le domicile et l’hôpital. Le “droit opposable” à disposer de soins palliatifs a toutefois été supprimé, ses contempteurs invoquant des risques de contentieux qu’il entraînerait.Avant le scrutin sur le deuxième texte, concernant l’aide à mourir, certains points clivants ont fait l’objet d’un nouveau vote. L’Assemblée est revenue sur des amendements adoptés parfois d’un fil, qui prévoyaient le libre choix du mode d’administration de la substance létale.Plusieurs élus avaient déclaré ne plus pouvoir soutenir le texte si ce changement était maintenu.L’Assemblée a ainsi décidé de refaire de l’auto-administration du produit la règle et l’administration par un soignant l’exception. Le texte prévoit ainsi que le malade s’administre lui-même le produit sauf s’il n’est “physiquement pas en mesure de le faire”, auquel cas un médecin ou un infirmier s’en chargera. Ce “rétablissement est une bonne nouvelle”, a salué Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons). “Mais je veux dire que cet équilibre reste fragile. Il a failli basculer dans cet hémicycle et il pourrait basculer à nouveau.”L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) a au contraire regretté la suppression de cette “avancée” qui permettait “la liberté individuelle”.- Délit d’incitation -Les députés se sont également à nouveau prononcés sur la caractérisation de la “souffrance” ouvrant la possibilité de demander une aide à mourir.Le texte prévoyait que le patient doive présenter une souffrance “physique ou psychologique”, mais, à l’initiative du gouvernement, les députés ont supprimé cette notion, précisant qu’une “souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir”.M. Falorni a regretté “une hiérarchie des souffrances”.La proposition de loi n’a finalement que peu évolué par rapport à la première lecture.La procédure collégiale d’instruction de la demande et la clause de conscience pour les soignants ont été validées.Certains ont tenté, en vain, de remplacer le terme d’aide à mourir par ceux de suicide assisté et d’euthanasie ou de supprimer le délit d’entrave prévu. Un délit d’incitation a toutefois été ajouté.Le parcours législatif du texte est loin d’être fini. Il doit retourner en avril au Sénat, qui l’avait rejeté en bloc en première lecture. Le gouvernement devra ensuite vraisemblablement donner le dernier mot à l’Assemblée.Ce qui supposerait une réunion pour tenter de concilier sénateurs et députés, et, après un probable échec, un nouvel examen dans chaque chambre puis une lecture définitive à l’Assemblée.