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L’Allemagne veut investir des centaines de milliards d’euros dans la défense et l’économie

Les partis conservateur et social-démocrate allemands, qui négocient la formation du futur gouvernement, ont annoncé mardi vouloir réaliser des investissements sans précédent de plusieurs centaines de milliards d’euros pour renforcer la défense et l’économie du pays.”Compte tenu des dangers qui menacent notre liberté et la paix sur notre continent, le mot d’ordre pour notre défense doit être: quoi qu’il en coûte!”, a déclaré le futur chancelier allemand Friedrich Merz, qui avec son parti conservateur a remporté les récentes élections législatives.Cette expression fait référence à des propos tenus en 2012 par le président de la Banque centrale européenne de l’époque, Mario Draghi, pour signifier la volonté de l’institut monétaire de défendre l’euro à tout prix durant la crise de la dette.Concernant la défense, les deux formations politiques vont demander la semaine prochaine un vote à la chambre des députés pour s’affranchir des règles nationales constitutionnelles qui limitent le déficit budgétaire public.Toutes les dépenses de défense dépassant le seuil de 1 point de pourcentage du Produit intérieur brut allemand, soit 45 milliards d’euros environ, pourront être votées sans tenir compte du mécanisme dit du “frein à l’endettement”. Ce dernier limite en principe le déficit budgétaire annuel du gouvernement à 0,35% du PIB.”Les temps sérieux exigent des mesures très sérieuses”, a souligné le responsable conservateur Markus Söder.”Nous envoyons un signal aux amis et aux ennemis : l’Allemagne est là. L’Allemagne ne se retire pas. Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger, renforcer l’Allemagne. Et faire avancer l’Europe”, a-t-il ajouté.La presse allemande a fait état de projets d’investissement dans l’armée allemande de 200 à 400 milliards d’euros. A titre de comparaison, le budget fédéral allemand annuel est de 480 milliards d’euros environ.Dans le même temps, le futur chancelier conservateur a annoncé vouloir obtenir un accord pour débloquer une aide militaire supplémentaire comprise entre 3 et 3,5 milliards d’euros pour l’Ukraine, suite à la décision des Etats-Unis de suspendre la leur.”Nous partons du principe que les fonds vont être rapidement débloqués”, a-t-il dit. Ils étaient planifiés depuis l’année dernière mais avaient été gelés par le chancelier social-démocrate Olaf Scholz.Dans le même temps, conservateurs et sociaux-démocrates se sont mis d’accord sur un gigantesque plan de subventions publiques pour améliorer les infrastructures et la “compétitivité économique” du pays, le retour à la croissance, dans un pays en récession, étant perçu comme la condition pour pouvoir financer les nouvelles dépenses dans la défense. Les partis veulent faire voter par la chambre des députés la mise sur pied d’un fonds spécial de 500 milliards d’euros en ce sens.Les deux mesures nécessitent une majorité des deux-tiers à la chambre des députés, car elles requièrent une exception aux règles constitutionnelles. 

L’Autorité palestinienne prête à jouer un rôle à Gaza, les pays arabes discutent de la reconstruction

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé mardi que l’Autorité palestinienne était prête à jouer un rôle à Gaza après la guerre, en vertu d’un plan égyptien présenté comme une alternative à celui de Donald Trump prévoyant de placer le territoire sous contrôle américain.Les dirigeants de la Ligue arabe se sont réunis mardi au Caire pour discuter de la reconstruction de la bande de Gaza, détruite par 15 mois de guerre, où Israël a promis d’éliminer le Hamas mais exclu aussi tout rôle futur pour l’Autorité palestinienne.Lors de ce sommet, l’Egypte a présenté un plan d’un montant de 53 milliards de dollars sur cinq ans, une estimation équivalente à celle de l’ONU, pour reconstruire le territoire palestinien, selon un projet que l’AFP a pu consulter.  Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré que ce plan garantirait le maintien des 2,4 millions d’habitants de Gaza sur leur terre, une réponse au projet du président américain qui prévoit leur expulsion vers l’Egypte et la Jordanie pour faire du territoire la “Riviera du Moyen-Orient”.Le sommet arabe s’est réuni dans un contexte de blocage sur la suite du cessez-le-feu en place depuis le 19 janvier. La deuxième phase de l’accord de trêve négocié par les pays médiateurs n’a toujours pas fait l’objet d’un accord entre Israël, qui réclame la “démilitarisation totale” de Gaza, et le Hamas, qui insiste pour y rester.Le mouvement islamiste s’était emparé du pouvoir dans le territoire en 2007, après en avoir chassé l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, qui n’exerce qu’une autorité limitée en Cisjordanie occupée.”L’Etat de Palestine assumera ses responsabilités dans la bande de Gaza par le biais de ses institutions gouvernementales et un comité de travail a été formé à cet effet”, a affirmé devant le sommet arabe Mahmoud Abbas, âgé de 89 ans.- “Rester sur leur terre” -Le président palestinien, en poste depuis 2005, s’est dit prêt à organiser “l’année prochaine” des élections présidentielle et législatives dans les Territoires palestiniens, “à condition que les conditions appropriées soient réunies”. Il n’a pas donné de calendrier ni expliqué comment de telles élections pourraient avoir lieu dans la bande de Gaza en ruines.Devant le sommet, M. Sissi a expliqué que, selon le plan proposé par l’Egypte, les Palestiniens “resteraient sur leur terre” et que Gaza serait administrée dans un premier temps par un comité de technocrates palestiniens, avant que l’Autorité palestinienne n’en prenne le contrôle.Il n’a toutefois pas critiqué le plan de Donald Trump, qui avait soulevé un tollé international début février, et affirmé que le président américain était “capable de parvenir à la paix” dans la région.Le plan égyptien propose la création d’un fonds supervisé au niveau international pour garantir “la durabilité du financement” ainsi que sa “transparence”, selon le projet.La première étape, de six mois, doit être consacrée au déblaiement des débris, à l’enlèvement des mines et explosifs, et à la fourniture de logements temporaires pour abriter plus de 1,5 million de personnes.Suivront deux phases de reconstruction, la première comprenant des infrastructures essentielles et des logements permanents, la seconde des infrastructures incluant un port commercial et un aéroport.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lui aussi présent au Caire, a affirmé que l’ONU “soutenait fermement” le plan arabe.”Nous espérons un rôle arabe efficace qui mette fin à la tragédie humanitaire créée par l’occupation dans la bande de Gaza” et qui “contrecarre” tout projet de déplacement forcé des Palestiniens, avait déclaré plus tôt le Hamas.- “Démilitarisation totale” -Une première phase de la trêve, d’une durée de 42 jours, a pris fin le 1er mars, après avoir permis le retour de 33 otages retenus à Gaza en échange de la libération de 1.800 détenus palestiniens.Les deux camps s’opposent à présent sur la suite du processus, avec pour première conséquence le blocage imposé depuis dimanche par Israël à l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza assiégée. Le gouvernement israélien est en faveur d’une extension de la première phase de la trêve jusqu’à la mi-avril et d’une accélération des libérations d’otages.Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a de nouveau exigé mardi une “démilitarisation totale” de Gaza, le départ du Hamas et le retour des otages enlevés lors de l’attaque du 7 octobre 2023.Le Hamas a rejeté ces conditions et insiste sur la mise en oeuvre des deux étapes restantes de l’accord initial, prévoyant la fin définitive de la guerre. “Les armes de la résistance sont une ligne rouge (…) une question non négociable”, a affirmé mardi à l’AFP un de ses chefs, Sami Abou Zouhri, ajoutant que “toute discussion sur la déportation des combattants de la résistance ou de notre peuple est rejetée” d’avance. L’attaque du 7 octobre 2023 a fait 1.218 morts du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité. La riposte de l’armée israélienne a fait au moins 48.397 morts à Gaza, en majorité des civils, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

L’Autorité palestinienne prête à jouer un rôle à Gaza, les pays arabes discutent de la reconstruction

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé mardi que l’Autorité palestinienne était prête à jouer un rôle à Gaza après la guerre, en vertu d’un plan égyptien présenté comme une alternative à celui de Donald Trump prévoyant de placer le territoire sous contrôle américain.Les dirigeants de la Ligue arabe se sont réunis mardi au Caire pour discuter de la reconstruction de la bande de Gaza, détruite par 15 mois de guerre, où Israël a promis d’éliminer le Hamas mais exclu aussi tout rôle futur pour l’Autorité palestinienne.Lors de ce sommet, l’Egypte a présenté un plan d’un montant de 53 milliards de dollars sur cinq ans, une estimation équivalente à celle de l’ONU, pour reconstruire le territoire palestinien, selon un projet que l’AFP a pu consulter.  Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré que ce plan garantirait le maintien des 2,4 millions d’habitants de Gaza sur leur terre, une réponse au projet du président américain qui prévoit leur expulsion vers l’Egypte et la Jordanie pour faire du territoire la “Riviera du Moyen-Orient”.Le sommet arabe s’est réuni dans un contexte de blocage sur la suite du cessez-le-feu en place depuis le 19 janvier. La deuxième phase de l’accord de trêve négocié par les pays médiateurs n’a toujours pas fait l’objet d’un accord entre Israël, qui réclame la “démilitarisation totale” de Gaza, et le Hamas, qui insiste pour y rester.Le mouvement islamiste s’était emparé du pouvoir dans le territoire en 2007, après en avoir chassé l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, qui n’exerce qu’une autorité limitée en Cisjordanie occupée.”L’Etat de Palestine assumera ses responsabilités dans la bande de Gaza par le biais de ses institutions gouvernementales et un comité de travail a été formé à cet effet”, a affirmé devant le sommet arabe Mahmoud Abbas, âgé de 89 ans.- “Rester sur leur terre” -Le président palestinien, en poste depuis 2005, s’est dit prêt à organiser “l’année prochaine” des élections présidentielle et législatives dans les Territoires palestiniens, “à condition que les conditions appropriées soient réunies”. Il n’a pas donné de calendrier ni expliqué comment de telles élections pourraient avoir lieu dans la bande de Gaza en ruines.Devant le sommet, M. Sissi a expliqué que, selon le plan proposé par l’Egypte, les Palestiniens “resteraient sur leur terre” et que Gaza serait administrée dans un premier temps par un comité de technocrates palestiniens, avant que l’Autorité palestinienne n’en prenne le contrôle.Il n’a toutefois pas critiqué le plan de Donald Trump, qui avait soulevé un tollé international début février, et affirmé que le président américain était “capable de parvenir à la paix” dans la région.Le plan égyptien propose la création d’un fonds supervisé au niveau international pour garantir “la durabilité du financement” ainsi que sa “transparence”, selon le projet.La première étape, de six mois, doit être consacrée au déblaiement des débris, à l’enlèvement des mines et explosifs, et à la fourniture de logements temporaires pour abriter plus de 1,5 million de personnes.Suivront deux phases de reconstruction, la première comprenant des infrastructures essentielles et des logements permanents, la seconde des infrastructures incluant un port commercial et un aéroport.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lui aussi présent au Caire, a affirmé que l’ONU “soutenait fermement” le plan arabe.”Nous espérons un rôle arabe efficace qui mette fin à la tragédie humanitaire créée par l’occupation dans la bande de Gaza” et qui “contrecarre” tout projet de déplacement forcé des Palestiniens, avait déclaré plus tôt le Hamas.- “Démilitarisation totale” -Une première phase de la trêve, d’une durée de 42 jours, a pris fin le 1er mars, après avoir permis le retour de 33 otages retenus à Gaza en échange de la libération de 1.800 détenus palestiniens.Les deux camps s’opposent à présent sur la suite du processus, avec pour première conséquence le blocage imposé depuis dimanche par Israël à l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza assiégée. Le gouvernement israélien est en faveur d’une extension de la première phase de la trêve jusqu’à la mi-avril et d’une accélération des libérations d’otages.Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a de nouveau exigé mardi une “démilitarisation totale” de Gaza, le départ du Hamas et le retour des otages enlevés lors de l’attaque du 7 octobre 2023.Le Hamas a rejeté ces conditions et insiste sur la mise en oeuvre des deux étapes restantes de l’accord initial, prévoyant la fin définitive de la guerre. “Les armes de la résistance sont une ligne rouge (…) une question non négociable”, a affirmé mardi à l’AFP un de ses chefs, Sami Abou Zouhri, ajoutant que “toute discussion sur la déportation des combattants de la résistance ou de notre peuple est rejetée” d’avance. L’attaque du 7 octobre 2023 a fait 1.218 morts du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité. La riposte de l’armée israélienne a fait au moins 48.397 morts à Gaza, en majorité des civils, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Le pape a passé la journée de mardi sans crise respiratoire

Le pape François, hospitalisé à Rome depuis le 14 février pour une pneumonie, a passé la journée de mardi sans connaître de nouvelle crise respiratoire comme la veille, et son état de santé est “stable”, a indiqué le Vatican. Chef de l’Eglise catholique depuis 2013, le pape argentin de 88 ans “n’a pas présenté d’épisodes d’insuffisance respiratoire, ni de bronchospasme” qui l’avaient affecté lundi, indique un bulletin médical publié en début de soirée.Il n’a pas de fièvre et demeure “alerte et orienté”, ajoute le bref document selon la terminologie désormais habituelle, précisant néanmoins qu’il porterait un masque à oxygène dans la nuit de mardi à mercredi et que son pronostic vital reste “réservé”.Le jésuite argentin est hospitalisé à l’hôpital Gemelli de Rome depuis le 14 février pour une pneumonie qui touche les deux poumons et lui occasionne des épisodes de détresse respiratoire sévères.Il a été en proie lundi à “deux épisodes d’insuffisance respiratoire aiguë, causés par une accumulation importante de mucus endobronchique et un bronchospasme consécutif”, nécessitant l’aspiration d’abondantes sécrétions.François avait déjà subi le 22 février “une crise asthmatique prolongée” puis le 28 février “une crise isolée de bronchospasme ayant entraîné un épisode de vomissement avec inhalation et une soudaine aggravation de son état respiratoire”.- “Très mauvais signe” -Interrogé par l’AFP, Hervé Pegliasco, responsable de la pneumologie à l’hôpital européen de Marseille, souligne qu'”une infection bronchopulmonaire bilatérale à 88 ans, c’est grave”. “Il y a un phénomène d’épuisement, parce qu’il est obligé de faire des efforts beaucoup plus importants pour respirer”, explique-t-il.Un diagnostic confirmé par Bruno Crestani, chef du service de pneumologie de l’hôpital Bichat à Paris : “à 88 ans, être à l’hôpital depuis deux semaines et avoir des épisodes de gêne respiratoire à répétition, c’est très mauvais signe”.Le pape n’a pas fait d’apparition publique depuis son hospitalisation. Il n’a pas célébré la prière de l’Angélus sur la place Saint-Pierre ces trois derniers dimanches et n’assistera pas mercredi au jour des “Cendres” qui marque le lancement du Carême catholique à 40 jours de Pâques.Depuis son appartement médicalisé, situé au 10e étage de l’hôpital Gemelli, le pape reçoit malgré tout ses plus proches collaborateurs et poursuit son travail les jours où son état le permet.Il a notamment reçu à deux reprises la visite de son secrétaire d’État, le cardinal italien Pietro Parolin, et d’Edgar Peña Parra, respectivement n°2 et n°3 du Saint-Siège.L’hospitalisation du souverain pontife intervient alors qu’il a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années: il a, entre autres, subi des opérations du côlon et de l’abdomen et connu des difficultés à marcher. En surpoids, il souffre de douleurs au genou qui le contraignent à se déplacer en fauteuil roulant depuis 2022.En outre, à l’âge de 21 ans, François a frôlé la mort à cause d’une pleurésie, et le lobe supérieur de son poumon droit a dû lui être retiré.Le grand âge du pape, ses antécédents, son état “polypathologique”, son “excès pondéral”, “sont des éléments qui aggravent le pronostic”, souligne le Dr Pegliasco.Ces graves problèmes de santé ont relancé les interrogations sur la capacité de François à assumer ses fonctions et les conjectures sur sa possible démission. Le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altérerait sa lucidité.  

Le pape a passé la journée de mardi sans crise respiratoire

Le pape François, hospitalisé à Rome depuis le 14 février pour une pneumonie, a passé la journée de mardi sans connaître de nouvelle crise respiratoire comme la veille, et son état de santé est “stable”, a indiqué le Vatican. Chef de l’Eglise catholique depuis 2013, le pape argentin de 88 ans “n’a pas présenté d’épisodes d’insuffisance respiratoire, ni de bronchospasme” qui l’avaient affecté lundi, indique un bulletin médical publié en début de soirée.Il n’a pas de fièvre et demeure “alerte et orienté”, ajoute le bref document selon la terminologie désormais habituelle, précisant néanmoins qu’il porterait un masque à oxygène dans la nuit de mardi à mercredi et que son pronostic vital reste “réservé”.Le jésuite argentin est hospitalisé à l’hôpital Gemelli de Rome depuis le 14 février pour une pneumonie qui touche les deux poumons et lui occasionne des épisodes de détresse respiratoire sévères.Il a été en proie lundi à “deux épisodes d’insuffisance respiratoire aiguë, causés par une accumulation importante de mucus endobronchique et un bronchospasme consécutif”, nécessitant l’aspiration d’abondantes sécrétions.François avait déjà subi le 22 février “une crise asthmatique prolongée” puis le 28 février “une crise isolée de bronchospasme ayant entraîné un épisode de vomissement avec inhalation et une soudaine aggravation de son état respiratoire”.- “Très mauvais signe” -Interrogé par l’AFP, Hervé Pegliasco, responsable de la pneumologie à l’hôpital européen de Marseille, souligne qu'”une infection bronchopulmonaire bilatérale à 88 ans, c’est grave”. “Il y a un phénomène d’épuisement, parce qu’il est obligé de faire des efforts beaucoup plus importants pour respirer”, explique-t-il.Un diagnostic confirmé par Bruno Crestani, chef du service de pneumologie de l’hôpital Bichat à Paris : “à 88 ans, être à l’hôpital depuis deux semaines et avoir des épisodes de gêne respiratoire à répétition, c’est très mauvais signe”.Le pape n’a pas fait d’apparition publique depuis son hospitalisation. Il n’a pas célébré la prière de l’Angélus sur la place Saint-Pierre ces trois derniers dimanches et n’assistera pas mercredi au jour des “Cendres” qui marque le lancement du Carême catholique à 40 jours de Pâques.Depuis son appartement médicalisé, situé au 10e étage de l’hôpital Gemelli, le pape reçoit malgré tout ses plus proches collaborateurs et poursuit son travail les jours où son état le permet.Il a notamment reçu à deux reprises la visite de son secrétaire d’État, le cardinal italien Pietro Parolin, et d’Edgar Peña Parra, respectivement n°2 et n°3 du Saint-Siège.L’hospitalisation du souverain pontife intervient alors qu’il a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années: il a, entre autres, subi des opérations du côlon et de l’abdomen et connu des difficultés à marcher. En surpoids, il souffre de douleurs au genou qui le contraignent à se déplacer en fauteuil roulant depuis 2022.En outre, à l’âge de 21 ans, François a frôlé la mort à cause d’une pleurésie, et le lobe supérieur de son poumon droit a dû lui être retiré.Le grand âge du pape, ses antécédents, son état “polypathologique”, son “excès pondéral”, “sont des éléments qui aggravent le pronostic”, souligne le Dr Pegliasco.Ces graves problèmes de santé ont relancé les interrogations sur la capacité de François à assumer ses fonctions et les conjectures sur sa possible démission. Le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altérerait sa lucidité.  

Le pape a passé la journée de mardi sans crise respiratoire

Le pape François, hospitalisé à Rome depuis le 14 février pour une pneumonie, a passé la journée de mardi sans connaître de nouvelle crise respiratoire comme la veille, et son état de santé est “stable”, a indiqué le Vatican. Chef de l’Eglise catholique depuis 2013, le pape argentin de 88 ans “n’a pas présenté d’épisodes d’insuffisance …

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Bétharram: la congrégation admet sa “responsabilité”, “soulagement” mitigé des victimes

La congrégation des pères de Bétharram, qui a longtemps dirigé l’établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques au cœur d’un scandale de violences physiques et sexuelles, a reconnu mardi sa “responsabilité” en annonçant des mesures saluées avec nuance par les victimes.”Je prends la parole au nom de la congrégation pour dire que nous sommes toujours très affectés par ce qui s’est passé (…), par les souffrances de ces enfants qui étaient venus ici pour être protégés, éduqués” mais auxquels “le contraire” est arrivé: “ils ont été anéantis”, a déclaré le prêtre Laurent Bacho, 75 ans et ancien vicaire régional des bétharramites, dans un entretien avec l’AFP.”Pour aboutir à une position commune irrévocable, il nous a fallu du temps”, a concédé le religieux face aux critiques sur son “mutisme”.”C’est un immense soulagement”, a réagi Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes, regrettant toutefois un positionnement “contraint” et tardif d’une “congrégation acculée” qui “aurait dû reconnaître” ses responsabilités “depuis des décennies” selon lui.D’anciens religieux et personnels laïcs de Notre-Dame-de-Bétharram sont visés par plus de 150 plaintes déposées depuis un an pour violences physiques, agressions sexuelles et viols. Le parquet de Pau a ouvert une information judiciaire le 21 février, un ancien surveillant étant mis en examen et écroué.Mardi, l’avocat d’une des premières victimes déclarées a annoncé le dépot d’ici vendredi d’une plainte pour “recel de crime” et “complicité de crime par dissimulation” à l’encontre de la congrégation des pères de Bétharram.Laurent Bacho, responsable de la cellule d’écoute au sein de la congrégation, a rencontré huit victimes. “Je n’ai pas douté” de leur parole, assure-t-il. Mais il murmure aussi sa “douloureuse” prise de conscience: les personnes accusées sont “des frères (qu’il a) appréciés”. “Ce n’est pas moi en tant que tel mais je fais partie de ce corps. Sans être coupable, je suis responsable.”En mai dernier, après l’ouverture d’une enquête judiciaire, la congrégation s’est tournée vers l’Institut francophone pour la justice et la démocratie (IFJD), qui doit “les accompagner” pour satisfaire “le plus possible les droits des victimes” et prévenir de nouvelles violences, explique à l’AFP sa directrice, Magalie Besse.- “Toutes les victimes” -De premières mesures ont été décidées.Jusqu’à présent, la congrégation avait indemnisé à hauteur de “700.000 euros”, soit 60% de ses finances, les 19 victimes de violences sexuelles prescrites perpétrées par des religieux, reconnues par la Commission de reconnaissance et réparation (CRR) mise en place par l’Église depuis 2021.Elle ne prenait pas en compte cependant les victimes de laïcs, que les pères de Bétharram veulent indemniser désormais, grâce à “la vente des quelques biens immobiliers” qu’ils possèdent à Lestelle-Bétharram.Le montant des réparations dépendra notamment des fonds récoltés lors de ces ventes, et de la teneur des dénonciations.”Nous allons nous dépouiller (…) et c’est d’autant plus douloureux que ces biens ont été acquis par notre fondateur Michel Garicoïts”, a souligné Laurent Bacho.”De quoi parle-t-on ? On parle de biens immobiliers qui sont complètement à l’abandon depuis des décennies”, a rétorqué Alain Esquerre.”C’est une évolution effectivement très importante que la congrégation reconnaisse ses responsabilités sur le volet sexuel du dossier” mais “ce n’est toujours pas suffisant”, a-t-il ajouté, réclamant que soient aussi prises en compte les victimes de violences physiques.Pour Magalie Besse, “il y a des questions techniques complexes” liées au nombre important des victimes mais “il va falloir proposer des solutions”, également, pour ces faits “extrêmement graves”.- Commission d’enquête indépendante -Une “réparation mémorielle” sera aussi proposée, souligne Laurent Bacho. Le 15 mars à Bayonne, l’IFJD organise un forum pour ouvrir “un dialogue” entre les victimes qui le souhaitent et la congrégation. L’idée d’installer une plaque ou d’édifier un monument devrait y être évoquée.Ce rendez-vous sera aussi l’occasion d’expliciter le fonctionnement d’une nouvelle commission d’enquête indépendante, financée par la congrégation.Composée de membres externes qui restent à définir, elle devra investiguer “pendant au moins six mois” sur “les causes” des “abus massifs”, assure Laurent Bacho: examen des archives, audition des victimes, de membres de la congrégation, étude de son fonctionnement dans les “différents pays” où elle est présente…”Pourquoi nous n’avons rien vu, rien su ?”, répète le prêtre, circonscrivant les violences à “des personnalités déviantes” et rejetant l’idée d’un “système” ayant permis cinquante ans de violences.Pour parachever ce “travail de réflexion”, Magalie Besse suggère d’interroger aussi “les acteurs de l’Éducation nationale”, les “politiques”, “une partie des élites”… qui ont pu contribuer “au déni”. clw-cac-cas-kal-jed/ppy/swi