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Japon: la pluie offre un répit face au pire incendie de forêt depuis 50 ans

Les autorités continuent mercredi de lutter contre le pire incendie de forêt au Japon depuis un demi-siècle, qui a fait un mort et forcé près de 4.000 personnes à évacuer, espérant que la pluie qui a commencé à tomber dans le nord du pays soulagera leur tâche.L’incendie, qui frappe la région d’Iwate (nord-est), déjà durement touchée par le tsunami meurtrier de mars 2011, a embrasé quelque 2.900 hectares, selon l’agence de gestion des incendies et des catastrophes, soit l’équivalent de plus du quart de la superficie de Paris.Plus de 2.000 pompiers sont mobilisés, pour la plupart déployés depuis d’autres régions du pays.”Nous nous efforçons (…) d’éteindre l’incendie avec la plus grande capacité possible de lutte”, a déclaré mercredi Kiyoshi Fuchigami, maire d’Ofunato, le chef-lieu local, disant avoir de “grands espoirs” que la neige et la pluie aideront à éteindre l’incendie.Des colonnes de fumée blanche s’échappaient d’une montagne sous la pluie et la neige mercredi, ont constaté des journalistes de l’AFP. Un temps encore plus humide est prévu jusqu’à jeudi.Près de 4.000 personnes vivant à proximité des zones en proie aux flammes avaient fui la zone en fin de journée mardi, sur les quelque 4.500 personnes ayant reçu l’avis d’évacuation émis par les autorités.”Je n’avais jamais vu un tel incendie. Il était gigantesque et se propageait rapidement”, raconte Mitsuo Otsubo, un habitant de 85 ans qui a fui la région pour se réfugier chez un proche.”Il n’a ni plu, ni neigé cette année. Heureusement, il a plu aujourd’hui. Je ne peux qu’espérer que cela permette de contenir la situation”, ajoute ce producteur d’algues et de coquilles Saint-Jacques dans la région.- Solidarité -Des tentes de fortune ont été installées dans une mairie où environ 270 personnes se sont réfugiées, avec des bouteilles d’eau et des réserves de nourriture étalées sur des tables.”Les incendies sont la catastrophe la plus effrayante, car ils se propagent d’un endroit à l’autre, de sorte que l’on ne sait pas où courir”, a déclaré mercredi à l’AFP Fumiko Tanaka, une évacuée de 69 ans.Dans la région, des initiatives locales de solidarité ont vu le jour face à l’ampleur de l’incendie. “En voyant tous ces gens qui fuyaient la catastrophe s’entasser dans des abris sans pouvoir se laver correctement, je me suis dit que je voulais les aider à profiter d’un grand bain chaud”, témoigne le propriétaire de l’établissement thermale “Ofunato onsen”, Toyoshige Shida, lui-même survivant du tsunami de 2011 qui avait submergé l’une des auberges qu’il tenait à l’époque.Au lendemain du début de l’incendie, cet homme de 60 ans a décidé de venir en aide aux évacués d’un refuge à proximité des zones incendiées, et de les amener dans son établissement.Depuis, une navette a été mise en place par la ville d’Ofunato et transporte chaque jour des centaines de personnes évacuées entre le refuge et les thermes de M. Shida.”J’espère qu’elle (la pluie) empêchera le feu de se propager davantage, mais je me demande toutefois dans quelle mesure elle peut aider à l’éteindre”, a-t-il ajouté.- Sécheresse -Les feux de forêts font rage dans la région d’Iwate, alors que le Japon a connu son été le plus chaud jamais enregistré et que le changement climatique fait grimper les températures sur le globe.Il s’agit au Japon de l’incendie de forêt le plus dévastateur depuis 1975, date à laquelle 2.700 hectares avaient brûlé à Kushiro, dans le nord de l’île de Hokkaido.A Ofunato, les précipitations ont seulement atteint 2,5 millimètres en février, battant ainsi à la baisse le précédent record de 4,4 millimètres en 1967 et se situant en dessous de la moyenne habituelle de 41 millimètres.”À mesure que la planète se réchauffe, on peut s’attendre à voir apparaître des incendies dans des endroits où ils n’ont jamais posé de problème auparavant”, a expliqué mercredi à l’AFP Greg Mullins, ex-agent des services d’incendie et de secours de l’État australien de Nouvelle-Galles du Sud.Cet incendie et les récents feux de forêt de Los Angeles sont “très inhabituels” parce qu’ils se sont produits en hiver, ajoutant qu’il “s’agit là d’un effet secondaire courant du changement climatique”.Selon M. Mullins, l’un des fondateurs du groupe Urgences et action pour le climat (Emergency Leaders for Climate Action), “dans les deux cas, les incendies ont été précédés d’étés chauds, qui ont augmenté l’évaporation et le dessèchement de la végétation, suivis d’importants déficits pluviométriques qui ont desséché le paysage”.”Le fait que les équipes de pompiers soient renforcées chaque jour et que l’incendie dure depuis une semaine montre l’ampleur de la sécheresse et les difficultés auxquelles nous sommes confrontés”, a confirmé M. Fuchigami, le maire d’Ofunato.

Japon: la pluie offre un répit face au pire incendie de forêt depuis 50 ans

Les autorités continuent mercredi de lutter contre le pire incendie de forêt au Japon depuis un demi-siècle, qui a fait un mort et forcé près de 4.000 personnes à évacuer, espérant que la pluie qui a commencé à tomber dans le nord du pays soulagera leur tâche.L’incendie, qui frappe la région d’Iwate (nord-est), déjà durement touchée par le tsunami meurtrier de mars 2011, a embrasé quelque 2.900 hectares, selon l’agence de gestion des incendies et des catastrophes, soit l’équivalent de plus du quart de la superficie de Paris.Plus de 2.000 pompiers sont mobilisés, pour la plupart déployés depuis d’autres régions du pays.”Nous nous efforçons (…) d’éteindre l’incendie avec la plus grande capacité possible de lutte”, a déclaré mercredi Kiyoshi Fuchigami, maire d’Ofunato, le chef-lieu local, disant avoir de “grands espoirs” que la neige et la pluie aideront à éteindre l’incendie.Des colonnes de fumée blanche s’échappaient d’une montagne sous la pluie et la neige mercredi, ont constaté des journalistes de l’AFP. Un temps encore plus humide est prévu jusqu’à jeudi.Près de 4.000 personnes vivant à proximité des zones en proie aux flammes avaient fui la zone en fin de journée mardi, sur les quelque 4.500 personnes ayant reçu l’avis d’évacuation émis par les autorités.”Je n’avais jamais vu un tel incendie. Il était gigantesque et se propageait rapidement”, raconte Mitsuo Otsubo, un habitant de 85 ans qui a fui la région pour se réfugier chez un proche.”Il n’a ni plu, ni neigé cette année. Heureusement, il a plu aujourd’hui. Je ne peux qu’espérer que cela permette de contenir la situation”, ajoute ce producteur d’algues et de coquilles Saint-Jacques dans la région.- Solidarité -Des tentes de fortune ont été installées dans une mairie où environ 270 personnes se sont réfugiées, avec des bouteilles d’eau et des réserves de nourriture étalées sur des tables.”Les incendies sont la catastrophe la plus effrayante, car ils se propagent d’un endroit à l’autre, de sorte que l’on ne sait pas où courir”, a déclaré mercredi à l’AFP Fumiko Tanaka, une évacuée de 69 ans.Dans la région, des initiatives locales de solidarité ont vu le jour face à l’ampleur de l’incendie. “En voyant tous ces gens qui fuyaient la catastrophe s’entasser dans des abris sans pouvoir se laver correctement, je me suis dit que je voulais les aider à profiter d’un grand bain chaud”, témoigne le propriétaire de l’établissement thermale “Ofunato onsen”, Toyoshige Shida, lui-même survivant du tsunami de 2011 qui avait submergé l’une des auberges qu’il tenait à l’époque.Au lendemain du début de l’incendie, cet homme de 60 ans a décidé de venir en aide aux évacués d’un refuge à proximité des zones incendiées, et de les amener dans son établissement.Depuis, une navette a été mise en place par la ville d’Ofunato et transporte chaque jour des centaines de personnes évacuées entre le refuge et les thermes de M. Shida.”J’espère qu’elle (la pluie) empêchera le feu de se propager davantage, mais je me demande toutefois dans quelle mesure elle peut aider à l’éteindre”, a-t-il ajouté.- Sécheresse -Les feux de forêts font rage dans la région d’Iwate, alors que le Japon a connu son été le plus chaud jamais enregistré et que le changement climatique fait grimper les températures sur le globe.Il s’agit au Japon de l’incendie de forêt le plus dévastateur depuis 1975, date à laquelle 2.700 hectares avaient brûlé à Kushiro, dans le nord de l’île de Hokkaido.A Ofunato, les précipitations ont seulement atteint 2,5 millimètres en février, battant ainsi à la baisse le précédent record de 4,4 millimètres en 1967 et se situant en dessous de la moyenne habituelle de 41 millimètres.”À mesure que la planète se réchauffe, on peut s’attendre à voir apparaître des incendies dans des endroits où ils n’ont jamais posé de problème auparavant”, a expliqué mercredi à l’AFP Greg Mullins, ex-agent des services d’incendie et de secours de l’État australien de Nouvelle-Galles du Sud.Cet incendie et les récents feux de forêt de Los Angeles sont “très inhabituels” parce qu’ils se sont produits en hiver, ajoutant qu’il “s’agit là d’un effet secondaire courant du changement climatique”.Selon M. Mullins, l’un des fondateurs du groupe Urgences et action pour le climat (Emergency Leaders for Climate Action), “dans les deux cas, les incendies ont été précédés d’étés chauds, qui ont augmenté l’évaporation et le dessèchement de la végétation, suivis d’importants déficits pluviométriques qui ont desséché le paysage”.”Le fait que les équipes de pompiers soient renforcées chaque jour et que l’incendie dure depuis une semaine montre l’ampleur de la sécheresse et les difficultés auxquelles nous sommes confrontés”, a confirmé M. Fuchigami, le maire d’Ofunato.

Pakistan: le bilan des attaques à la voiture bélier grimpe à 13 civils et cinq soldats tués, selon l’armée

Les attaques à la voiture bélier menées mardi soir par un groupe pro-taliban contre une caserne dans le nord-ouest du Pakistan ont causé la mort de 13 civils et de cinq soldats, indique mercredi l’armée, qui affirme que 16 “terroristes” ont été abattus.”Les explosions ont également endommagé cinq maisons et une mosquée, faisant 32 blessés”, notamment touchés par l’effondrement de murs ou de plafonds, a de son côté rapporté à l’AFP Pakhtoun Yar Khan, ministre du gouvernement provincial.Parmi les morts de cette attaque menée peu après le repas de rupture du jeûne du ramadan, se trouvent “quatre enfants et trois femmes”, a-t-il ajouté.L’armée ajoute que “16 terroristes, dont quatre kamikazes” ont mené l’attaque avant d’être tous abattus.”Les terroristes sont entrés dans le complexe de la caserne de Bannu depuis deux directions et il a fallu une opération intense qui a duré jusqu’au matin pour tous les éliminer”, a précisé le ministre Khan.Mardi, plusieurs kamikazes du groupe Hafiz Gul Bahadur, une organisation qui soutient les talibans au pouvoir en Afghanistan voisin et partage leur idéologie, avaient lancé deux voitures béliers sur la caserne de Bannu.Le Premier ministre Shehbaz Sharif avait dénoncé des “terroristes lâches qui ciblent des civils innocents pendant le mois sacré du ramadan” et “ne méritent aucune clémence” après ce nouvel attentat dans la province montagneuse du Khyber-Pakhtunkhwa, frontalière de l’Afghanistan.Quelques jours plus tôt, six personnes avaient été tuées dans l’école coranique historique des talibans, dans la même province. Le Centre pour la recherche et les études sur la sécurité d’Islamabad estime que l’année 2024 a été la plus meurtrière en près d’une décennie au Pakistan avec plus de 1.600 morts dans des attaques, dont 685 membres des forces de sécurité.Les attaques se sont multipliées au Pakistan depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021.Islamabad accuse les nouveaux maîtres de Kaboul de ne pas éliminer les militants se réfugiant sur le sol afghan pour préparer des attaques contre le Pakistan.Le gouvernement taliban nie ces accusations et accuse en retour le Pakistan d’héberger des cellules “terroristes” sur son sol, pointant notamment du doigt la branche régionale du groupe Etat islamique, l’EI-K.De nouveau mercredi, l’armée a évoqué des “rapports du renseignement qui confirment sans aucune équivoque l’implication physique de ressortissants afghans” et des “commanditaires qui opèrent depuis l’Afghanistan”. “Le Pakistan attend du gouvernement afghan qu’il prenne ses responsabilités”, ajoute l’armée qui dit se “réserver le droit de prendre les mesures nécessaires pour répondre à ces menaces venant de l’autre côté de la frontière”.Le gouvernement taliban n’a pas commenté dans l’immédiat.

Pakistan: le bilan des attaques à la voiture bélier grimpe à 13 civils et cinq soldats tués, selon l’armée

Les attaques à la voiture bélier menées mardi soir par un groupe pro-taliban contre une caserne dans le nord-ouest du Pakistan ont causé la mort de 13 civils et de cinq soldats, indique mercredi l’armée, qui affirme que 16 “terroristes” ont été abattus.”Les explosions ont également endommagé cinq maisons et une mosquée, faisant 32 blessés”, …

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Salvador: une rivière polluée témoin des craintes des opposants à la relance de l’exploitation minière

Au bord d’une rivière sans poissons, à l’eau trouble et malodorante en contrebas d’une mine d’or fermée en 2006, des défenseurs de l’environnement affirment que la relance de l’exploitation minière de métaux approuvée par le Parlement du Salvador génèrera de nouvelles pollutions.”Voilà le résultat”, dit à l’AFP Graciela Funes, une responsable de communauté locale en brandissant une bouteille d’eau de couleur cuivrée tirée de la rivière San Sebastian, à Santa Rosa de Lima, dans l’est de ce petit pays d’Amérique centrale.”On ne peut pas se permettre encore ça. Nous avons tous besoin de ce liquide vital” qu’est l’eau, affirme cette femme de 67 ans.Sur proposition du président Nayib Bukele, le Parlement a abrogé fin décembre l’interdiction de l’extraction minière de métaux en vigueur depuis 2017.Le Salvador avait alors été le premier pays au monde à interdire toute licence ou concession de mines de métaux que ce soit à ciel ouvert ou souterraines, ainsi que l’usage de produits chimiques toxiques comme le cyanure ou le mercure.Mais M. Bukele, arrivé au pouvoir en 2019 et triomphalement réélu en 2024, a fait valoir que, selon une étude dont il n’a pas révélé l’auteur, le sous-sol salvadorien regorgeait de gisements aurifères estimés à 131 milliards de dollars, soit “380% du PIB”.Comme de nombreux opposants, le président de l’ONG “Centro Salvadoreño de Tecnologia Apropiada”, Ricardo Navarro, affirme à l’AFP que ce chiffre est “surestimé”.Selon lui, “la concentration d’or dans le sol salvadorien est d’un gramme par tonne de roche, soit peu d’or et beaucoup de dégâts”.L’économiste Julia Martinez souligne également l’absence d’étude “où est expliqué si cet or existe vraiment”, et estime que M. Bukele “a été trompé”. Selon elle, les compagnies minières qui obtiendront des concessions s’arrangeront pour “payer des miettes” en redevances fiscales.Les futures zones d’exploitation minières mettront en danger, selon les défenseurs de l’environnement et l’Eglise catholique, la rivière Lempa qui approvisionne en eau 70% des habitants de la capitale et de ses environs.L’analyste Nelson Flores à l’inverse rejette ce “scénario apocalyptique”, et estime qu’il serait “absurde” de se passer de l’exploitation de ces filons d’or, “opportunité de développement économique” et “source d’emploi” qui offrirait “de meilleures conditions de vie pour la population”.”L’exploitation minière a progressé et il y a des méthodes d’extraction plus modernes, respectueuses de l’environnement et protégeant les ressources naturelles”, affirme-t-il.Le texte approuvé par les parlementaires interdit l’utilisation de mercure dans les opérations minières. Celles-ci ne pourront être effectuées ni dans les zones naturelles protégées ni dans les sites de captage d’eau.- “Dette en suspend” -Pendant une bonne partie du XXe siècle, la mine de San Sebastian était considérée comme “la plus productive d’Amérique centrale”, explique à l’AFP la biologiste Cidia Cortés, auteure d’une étude sur l’exploitation minière.Entre 1904 et 1953, au moins 32 tonnes d’or ont été extraites mais l’exploitation “a laissé un héritage de misère, des maladies et de dommages environnementaux”, souligne son étude.La licence accordée en 1987 à l’entreprise américaine Commerce Group avait été révoquée en 2006. En 2016, le Bureau du Défenseur des Droits de l’Homme avait indiqué dans un rapport que cette mine avait “gravement affecté la qualité et la disponibilité” de l’eau dans cette zone agricole du département de La Union.Selon Mme Cortés, “il y a une dette en suspens de l’Etat pour les dégâts environnementaux et à la santé” causés par l’exploitation de cette mine. Et “cette dette va s’aggraver avec de nouveau de l’exploitation minière” au Salvador, s’alarme-t-elle.”D’autres rivières au Salvador peuvent aussi être polluées, et c’est pour cette raison que nous essayons de sensibiliser la population sur l’impact de l’exploitation minière”, renchérit Luis Gonzales, défenseur de l’environnement sur les bords de la rivière San Sebastian.L’exploitation minière “peut générer du développement et des profits, mais seulement à l’oligarchie du pays et aux sociétés transnationales, mais pas aux communautés, à la société, ni au peuple” auxquel elle n’apporte que “destruction et mort”, affirme-t-il.

Prison pour les plus gros narcotrafiquants: Darmanin annoncera son choix jeudi

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin annoncera jeudi soir quelle prison accueillera d’ici à fin juillet les cent narcotrafiquants les plus dangereux, auxquels il veut appliquer un nouveau régime carcéral d’isolement extrêmement strict.Le garde des Sceaux dévoilera son choix pour cette future prison de haute sécurité spécialisée au journal télévisé de 20H00 de France 2 jeudi, une annonce décalée de 24 heures en raison de l’allocution du président Emmanuel Macron mercredi soir sur la situation internationale.Quatre prisons sont en lice: Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), la maison centrale de Saint-Maur (Indre), le centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Sarthe) et la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône).M. Darmanin a visité les quatre établissements ces dernières semaines. Lors de sa dernière visite vendredi, à la maison centrale de Saint-Maur (Indre), il a présenté un calendrier prévisionnel d’ici à son ouverture prévue le 31 juillet: “un mois, un mois et demi de travaux, notamment de travaux technologiques pour ne pas qu’on communique vers l’extérieur, d’y revoir les services informatiques, et l’intégralité du site”.Cette période devra être utilisée pour “former les agents, faire les recrutements qu’il faut”, renforcer les hôpitaux, “la police et la gendarmerie”, mais aussi “le tribunal et la cour d’appel” de la zone concernée.”Puis, l’arrivée des prisonniers” est prévue “entre mai et juin, pour que le 31 juillet, de façon définitive (…) les 100 premiers narcotrafiquants” soient accueillis.En attendant, le narcotrafiquant Mohamed Amra, qui était l’homme le plus recherché de France et a été arrêté en Roumanie, a été incarcéré dans le centre déjà ultra-sécurisé de Condé-sur-Sarthe après sa remise à la France.Son cas, après son évasion sanglante qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires en mai 2024, a plusieurs fois été invoqué par M. Darmanin pour justifier la création d’une nouvelle prison destinée aux trafiquants de stupéfiants et fondée sur un nouveau régime carcéral d’isolement inspiré de la lutte anti-mafia en Italie.Dans un amendement à la proposition de loi sur la lutte contre le narcotrafic qui vient d’être déposé, le gouvernement propose des mesures telles que des fouilles intégrales après tout contact avec l’extérieur, des parloirs équipés d’hygiaphone ou encore un accès limité au téléphone. Les détenus pourraient y être affectés sur décision du garde des Sceaux pour une durée de quatre ans, renouvelable.Ces dispositions ont été dénoncées par l’Observatoire international des prisons, qui les juge “attentatoires aux droits fondamentaux”.Le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) a décliné une invitation à déjeuner mercredi avec Gérald Darmanin, déplorant dans une lettre ouverte l’absence de “consultation préalable des organisations représentatives” pour son plan “narcoprison”.Le SM avait été invité “avec l’ensemble des organisations syndicales pénitentiaires et de magistrats, sans ordre du jour, ni autre élément de contexte”, écrit dans une lettre ouverte Judith Allenbach, présidente du Syndicat de la magistrature.Et ce, “pour le lendemain de votre présentation du plan +narcoprison+ devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, pour lequel vos services n’ont initié aucune consultation préalable des organisations représentatives”, regrette le syndicat. 

Situation internationale: Macron s’adressera aux Français à 20h

Emmanuel Macron s’adressera aux Français à 20h dans une allocution en rapport avec l’Ukraine et la situation internationale, a annoncé le président mercredi matin sur X.”Mes chers compatriotes, dans ce moment de grande incertitude où le monde est confronté à ses plus grands défis, je m’adresserai à vous ce soir à 20h”, écrit-il.Mardi soir, le chef de l’Etat avait salué la volonté de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky “de réengager le dialogue avec les États-Unis” et redit “la détermination de la France à travailler avec toutes les parties prenantes à la mise en œuvre d’une paix solide et durable en Ukraine”.Après l’annonce dans la nuit de Donald Trump indiquant avoir reçu une lettre de Volodymyr Zelensky, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas, a salué mercredi sur LCI “une reprise du dialogue”. “C’est heureux car personne n’a intérêt à couper les liens avec les États-Unis. Dans ce cadre-là, et dans le cadre de l’accord sur les minerais qui semble arriver, nous aurons peut-être des conditions qui nous permettront d’avoir une paix durable et robuste. C’est ce que veulent les Européens”, a-t-elle ajouté. 

Trump au Capitole : “nous ne faisons que commencer”

“Nous ne faisons que commencer”, a asséné Donald Trump mardi au Capitole devant des républicains exaltés et des démocrates abasourdis, lui qui bouleverse autant les institutions américaines que l’ordre mondial.Les Etats-Unis sont “sur le point de connaître un retour en force comme le monde n’en a jamais connu et n’en connaîtra peut-être jamais plus”, a affirmé le président américain, dans le discours le plus long jamais prononcé devant le Congrès.Soit une heure et 40 minutes émaillées de superlatifs et d’affirmations aussi frappantes qu’impossibles à vérifier, que le milliardaire de 78 ans a conclues en répétant qu’il avait été “sauvé par Dieu pour rendre sa grandeur à l’Amérique”, après une tentative d’assassinat en Pennsylvanie l’été dernier.Les élus démocrates, minoritaires au Sénat comme à la Chambre des représentants, ont cherché à exprimer leur désaccord.A l’arrivée de Donald Trump, une élue démocrate a été vue avec une pancarte disant “ceci n’est pas normal”. Les rangs du parti se sont progressivement vidés pendant l’allocution.- “Faux” -Un élu démocrate a été expulsé après avoir protesté à haute voix, d’autres ont brandi de petites pancartes portant des inscriptions telles que “Faux” et “Musk vole”.Donald Trump, aucunement impressionné, a fait applaudir l’homme le plus riche du monde, qui a entrepris à sa demande de démanteler le gouvernement fédéral et de sabrer dans les dépenses publiques.”Beaucoup d’arnaques ont été trouvées et dénoncées et on y a mis un terme grâce à un groupe de personnes très intelligentes, plutôt jeunes, et dirigées par Elon. (…) Merci Elon, il travaille énormément”, a-t-il déclaré, tandis que le patron de Tesla et SpaceX se levait.Le président américain a énuméré des dépenses selon lui inutiles voire frauduleuses, affirmant, sans qu’il soit possible de le vérifier, qu’une personne âgée de 360 ans était, par exemple, enregistrée comme bénéficiaire d’aides sociales.Donald Trump s’est moqué d’aides internationales versées notamment au Lesotho, un pays dont “personne n’a jamais entendu parler”, a-t-il affirmé à propos de la nation d’Afrique australe. Les républicains, emmenés par le patron de la Chambre des représentants Mike Johnson et par le vice-président JD Vance, également chef du Sénat, se sont plusieurs fois levés pour applaudir. L’on a entendu des “U-S-A! U-S-A!” ou “Trump! Trump! Trump!”.”Le +wokisme+ c’est fini”, a lancé le républicain, qui démantèle au nom du “bon sens” des programmes de transition énergétique ou des initiatives visant à réduire les inégalités raciales et sexuelles.Donald Trump a promis à la fois de ramener le budget américain à l’équilibre et de baisser les impôts à tour de bras.- “Quelques perturbations” -Alors que les marchés sont de plus en plus nerveux, il a reconnu que les offensives commerciales sans précédent lancées contre de nombreux pays, Canada et Mexique au premier rang, allaient causer “quelques perturbations”.Attaquant à la moindre occasion son prédécesseur Joe Biden, rendu seul responsable de l’inflation persistante, l’ancien animateur de télévision a ménagé des moments forts en émotion.Il a par exemple annoncé en direct à un petit garçon atteint d’un cancer qu’il le faisait agent du Secret service, un service de police spécialisé dans la protection des personnalités.Donald Trump a aussi fait applaudir les mères d’une jeune fille et d’une petite fille tuées par des migrants sans papiers. Il a promis de “faire la guerre aux cartels” mexicains et de poursuivre son programme d’expulsions à marche forcée.Décidé à affirmer une sphère d’influence régionale, le président américain a redit à propos du Groenland qu’il rejoindrait les Etats-Unis “d’une manière ou d’une autre”, et à nouveau promis de “reprendre” le canal de Panama.Il ne s’est guère attardé sur l’Ukraine, après son altercation inouïe vendredi avec le président ukrainien, sous les yeux du monde entier.Donald Trump, qui se targue d’avoir une relation privilégiée avec le président russe Vladimir Poutine, a seulement assuré avoir reçu une lettre de Volodymyr Zelensky, selon lui prêt à signer immédiatement un accord sur les minerais, et à négocier avec la Russie.”Il est temps d’arranger les choses” avec Washington avait auparavant affirmé sur le réseau social X M. Zelensky. “Mon équipe et moi-même sommes prêts à travailler sous le leadership du président Trump pour obtenir une paix durable”.Figure démocrate et ex-présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi a dénoncé un discours pétri de “contrevérités”. “Le président Trump a promis de réduire l’inflation. Il ne l’a pas fait. Le président Trump a promis de réduire le coût de la vie. Il ne l’a pas fait. Au lieu de cela, le plan budgétaire du président Trump augmente les coûts pour des millions d’Américains en procédant à d’énormes coupes dans Medicaid – tout en accordant des allégements fiscaux aux milliardaires”, a-t-elle dit.