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Soudan du Sud: deux proches alliés du vice-président arrêtés, l’accord de paix menacé

Deux proches alliés du premier vice-président du Soudan du Sud Riek Machar ont été arrêtés mardi et mercredi par l’armée, loyale à son rival historique le président Salva Kiir, dans un contexte de tensions croissantes entre ces deux camps qui menacent le fragile accord de paix du pays.Ce plan de partage de pouvoir, signé en 2018 mais dont de nombreuses modalités n’ont pas été mises en œuvre, a mis fin à une guerre civile qui a fait près de 400.000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018.La guerre a opposé les partisans de M. Kiir à ceux de M. Machar, respectivement dinka et nuer – les deux plus importants groupes de la mosaïque ethnique sud-soudanaise.Ces dernières semaines, un regain de tensions a été observé notamment dans l’Etat du Haut-Nil (nord-est), où l’armée dit avoir été attaquée par une milice liée au vice-président, ancien chef rebelle, faisant craindre la montée d’une “violence généralisée”.Mercredi, le ministre du Pétrole Puot Kang Chol, proche de M. Machar, a été interpellé selon son porte-parole.”À 2 heures du matin, l’honorable Puot Kang Chol, plusieurs membres de sa famille et ses gardes du corps ont été arrêtés dans sa résidence à Juba”, a écrit Sirir Gabriel Yiei Ruot sur Facebook, dénonçant une opération “sans explication ou base légale”.Cette arrestation a été confirmée dans un communiqué diffusé mercredi soir par le parti du vice-président, le SPLM-IO.Mardi, le général Gabriel Duop Lam, un autre allié de M. Machar et jusqu’ici n°2 de l’armée régulière (SSPDF), avait déjà été arrêté.”Cet acte met tout l’accord (de paix) en danger”, a affirmé dans un communiqué Pal Mai Deng, porte-parole du SPLM-IO.Le général Lam est aussi un haut responsable du SPLA-IO, la branche armée du SPLM-IO. – “Violence à grande échelle” -Ces deux arrestations font suite à plusieurs mouvements récents au sein de l’exécutif, qui visaient pour M. Kiir à consolider son pouvoir et à mettre sur la touche M. Machar, selon des analystes.En février, M. Kiir a révoqué deux des cinq vice-présidents du gouvernement d’unité, ainsi que le gouverneur de l’Etat d’Equatoria-Occidentale, un membre du SPLM-IO.La résidence de M. Machar lui-même a été cernée par les SSPDF mardi, selon le parti de l’ancien chef rebelle. Les forces de l’ordre n’y étaient plus visibles dans la soirée mercredi, a constaté un journaliste de l’AFP.Le communiqué du SPLM-IO appelle “tous les garants de l’accord et les partenaires à intervenir afin d’éviter un retour de la violence à grande échelle”, évoquant en particulier les affrontements dans le Haut-Nil.Mi-février, des combats y ont éclaté entre l’armée et des “jeunes armés” dans le comté Nasir, tuant des civils et blessant un casque bleu, selon la Mission des Nations unies dans le pays (Minuss). A propos de ces affrontements, Human Rights Watch (HRW) a souligné que l’armée était engagée dans un conflit permanent avec le SPLA-IO dans cette région. Mercredi, le ministre de l’Information Michael Makuei Lueth a accusé devant la presse le SPLM-IO de collaborer avec l'”Armée blanche”, un groupe armé aux contours flous réunissant des jeunes d’ethnie nuer. Le ministre a également déclaré qu’une garnison de l’armée y a été prise et que les combats se poursuivaient.- Attiser la violence -Fin février, plusieurs organisations multilatérales et non-gouvernementales avaient averti d’une montée de tensions dans le nord, s’inquiétant d’un risque de “violence généralisée”. Le bloc régional Igad a exprimé sa “profonde inquiétude” mercredi. Les combats “menacent de saper les gains obtenus de haute-lutte (dans le cadre de l’accord de paix) et exacerbent la situation humanitaire déjà extrême dans la région”, déplore-t-il dans un communiqué.Mercredi soir, plusieurs ambassades dont les Etats-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont appelé dans un communiqué à “la cessation immédiate des hostilités” et à “la retenue maximale”.”Les leaders basés à Juba doivent montrer leur engagement dans un dialogue pacifique et placer l’intérêt du peuple sud-soudanais en premier”, écrivent-elles.  Depuis son indépendance en 2011, l’Etat le plus jeune de la planète, riche en pétrole mais extrêmement pauvre, est en proie aux violences.L’accord de paix de 2018 prévoit notamment la rédaction d’une constitution, la tenue d’élections – plusieurs fois reportées – ainsi qu’une unification de l’armée, censée réunir les forces qui se sont combattues durant la guerre civile.Abraham Kuol Nyuon, professeur à l’université de Juba, s’est inquiété lui aussi de “l’effondrement” de l’accord de paix auprès de l’AFP, comparant l’environnement politique actuel à une “pollution”.”Et à ce moment précis, si elle n’est pas maîtrisée (…) cela pourrait déboucher sur quelque chose de désastreux”, développe-t-il.Un rapport des Nations unies déplorait fin février le fait que les dirigeants du Soudan du Sud attisent la violence et l’instabilité dans la jeune nation.

Soudan du Sud: deux proches alliés du vice-président arrêtés, l’accord de paix menacé

Deux proches alliés du premier vice-président du Soudan du Sud Riek Machar ont été arrêtés mardi et mercredi par l’armée, loyale à son rival historique le président Salva Kiir, dans un contexte de tensions croissantes entre ces deux camps qui menacent le fragile accord de paix du pays.Ce plan de partage de pouvoir, signé en 2018 …

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Après les annonces de Merz, le principal taux d’emprunt allemand s’envole comme jamais depuis la réunification

Le taux d’intérêt de l’emprunt de référence en Allemagne a connu mercredi sa plus forte hausse quotidienne depuis la réunification du pays en octobre 1990, après l’annonce d’un plan massif d’investissement par le futur chancelier Friedrich Merz pour renforcer l’armée et l’économie allemandes.Le rendement de l’obligation à dix ans a atteint 2,79%, soit une hausse de 0,29 point de pourcentage par rapport à la veille, du jamais vu depuis mars 1990. Il a entraîné une forte tension des rendements obligataires également sur l’ensemble du continent, avec une hausse de 0,26 point en France, de 0,15 point au Royaume-Uni et 0,27 point en Italie.De telles variations de pourcentage sont rarement observées sur une séance. Elles “reflètent une hausse des perspectives de croissance et d’inflation” en Europe, après les “annonces historiques de l’Allemagne”, explique à l’AFP François Rimeu, stratégiste sénior chez Crédit Mutuel Asset Management. La première économie européenne, en récession depuis deux ans, va lancer un fonds spécial de 500 milliards d’euros sur 10 ans pour rénover les infrastructures et gagner en compétitivité. Surtout, les dépenses de défense dépassant le seuil de 1% du Produit intérieur brut (PIB) allemand, soit au-dessus de 45 milliards d’euros environ, ne seront plus décomptées dans le dispositif du pays du “frein à l’endettement”. Cette règle constitutionnelle allemande, qui empêche l’État fédéral de s’endetter de plus de 0,35% de son PIB chaque année, est accusée de freiner le développement économique et les investissements dont a besoin le pays.Ce virage, encore impensable il y a peu, a été annoncé mardi soir par Friedrich Merz, en pleine négociation avec les sociaux-démocrates (SPD) pour constituer une coalition après la victoire de son parti CDU aux législatives, dans un contexte de tempête provoquée par le rapprochement du président américain Donald Trump avec la Russie.Les dépenses militaires de l’Allemagne pourraient atteindre au moins 100 milliards d’euros par an, selon l’une des négociatrices du SPD, soit deux fois plus qu’actuellement – en plus du fonds spécial de 500 milliards d’euros prévu.Ce fonds “apporterait un soutien économique à court terme et augmenterait le potentiel de croissance à long terme” de l’Allemagne, qui a connu deux années consécutives de chute de son PIB, analyse Carsten Brzeski, de la banque ING.Si les marchés obligataires ont fortement baissé, ces annonces ont été bien perçues mercredi par les marchés boursiers, qui attendaient eux depuis longtemps un tel infléchissement pour relancer l’économie de l’Allemagne et de la zone euro. L’indice vedette de la Bourse de Francfort, le DAX, s’est ainsi envolé de 3,37%, signant sa meilleure progression depuis novembre 2022.Un tel investissement massif en centaines de milliards d’euros “marque une rupture significative, alimentant ainsi l’optimisme quant à une reprise économique plus large dans toute l’Europe”, estime Kathleen Brooks, analyste chez XTB.”L’Allemagne n’avait d’autre choix” que de réformer sa politique, commente Jochen Stanzl, chez CMC Markets.

Après les annonces de Merz, le principal taux d’emprunt allemand s’envole comme jamais depuis la réunification

Le taux d’intérêt de l’emprunt de référence en Allemagne a connu mercredi sa plus forte hausse quotidienne depuis la réunification du pays en octobre 1990, après l’annonce d’un plan massif d’investissement par le futur chancelier Friedrich Merz pour renforcer l’armée et l’économie allemandes.Le rendement de l’obligation à dix ans a atteint 2,79%, soit une hausse …

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La mission contre le Hamas “pas terminée”, dit le chef de l’armée israélienne

Le nouveau chef d’état-major en Israël, Eyal Zamir, a affirmé mercredi que la mission de vaincre le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza n’était pas terminée, à l’heure où la trêve dans le territoire palestinien semble menacée.”Ce n’est pas une relève comme les autres, c’est un moment historique (…) Le Hamas a subi un coup dur, mais il n’est pas encore vaincu”, a affirmé le lieutenant-général Zamir, 59 ans, en marge de sa prise de fonctions.”La mission n’est pas encore terminée”, a ajouté le chef de l’armée qui s’est forgé une réputation d’homme à poigne sur le champ de bataille.”Une très lourde responsabilité repose sur vos épaules”, a dit à ses côtés le Premier ministre Benjamin Netanyahu. “Nous sommes déterminés à (remporter) la victoire.”Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une offensive dévastatrice à Gaza après une attaque d’une violence et d’une ampleur sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés de Gaza dans le sud d’Israël voisin.L’offensive israélienne a fait au moins 48.405 morts en majorité des civils à Gaza, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas jugées fiables par l’ONU, et provoqué un désastre humanitaire dans le territoire palestinien où Israël assiège quelque 2,4 millions d’habitants depuis 17 mois.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.218 personnes la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité après leur enlèvement ce jour-là.- “Démilitarisation totale” -Après 15 mois de guerre qui a détruit une grande partie du territoire palestinien, un accord de trêve conclu via les médiateurs -Qatar, Egypte, Etats-Unis- est entré en vigueur le 19 janvier.Mais le maintien du cessez-le-feu semble incertain, Israël et le Hamas s’opposant sur la façon de le prolonger après l’expiration de sa première phase. Pendant cette phase, le Hamas a remis 33 otages et Israël a libéré quelque 1.800 Palestiniens. Israël a aussi autorisé l’entrée d’une aide humanitaire accrue à Gaza avant de la bloquer dimanche sur fond de désaccord avec le Hamas sur la suite de la trêve.  Israël souhaite une extension de la première phase jusqu’à la mi-avril et réclame la “démilitarisation totale” du territoire, le départ du Hamas de Gaza et le retour des otages avant de passer à la deuxième phase.Refus catégorique du Hamas qui réclame l’application de la deuxième étape censée aboutir à un cessez-le-feu permanent, et insiste pour rester dans la bande de Gaza où il a pris le pouvoir en 2007. Une troisième phase devrait être consacrée à la reconstruction de Gaza.- “Famine, arme de guerre” -En bloquant l’aide humanitaire à Gaza, Israël “utilise la famine comme arme de guerre”, a protesté l’Afrique du Sud, à l’origine d’une plainte pour génocide visant Israël devant la Cour internationale de justice.Berlin, Paris et Londres ont ensemble appelé Israël à laisser entrer l’aide et le Hamas à libérer les otages. “La fourniture de l’aide humanitaire ne saurait être (…) instrumentalisée à des fins politiques.” Sur les 251 personnes enlevées le 7 octobre 2023, 58 sont encore détenues à Gaza dont 34 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.Mercredi, les obsèques de l’otage Franco-Israélien Ohad Yahalomi dont le corps a été rendu le 27 février par le Hamas ont eu lieu au kibboutz Nir Oz.”Seize ans de joie et de lumière, et cette lumière est maintenant éteinte”, a dit en larmes, sa veuve, Bat-Sheva Yahalomi.- “Aucune chance” -Réunis au Caire mardi, les dirigeants arabes ont adopté un plan pour la reconstruction de Gaza qui met de fait à l’écart le Hamas et prévoit un retour de l’Autorité palestinienne, chassée du territoire en 2007 par le mouvement islamiste.Mais Israël, qui exclut aussi tout rôle futur à Gaza pour l’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie occupée, l’a rejeté.Le plan garantit, selon l’Egypte, le maintien des habitants de Gaza sur leur terre, une réponse au projet du président américain Donald Trump qui prévoit leur expulsion vers l’Egypte et la Jordanie pour faire du territoire la “Riviera du Moyen-Orient”.Le sommet arabe a mis en garde contre “toute tentative odieuse de déplacer le peuple palestinien” et appelé à unifier les Palestiniens sous le parapluie de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont le Hamas ne fait pas partie.Ghassan Khatib, analyste politique palestinien, s’est dit sceptique. “Les deux seuls acteurs à Gaza, les deux seules parties qui ont de l’influence à Gaza sont Israël et le Hamas, et leurs positions face à ce plan” divergent. “Il n’est pas logique de s’attendre à ce qu’Israël abandonne le plan Trump et adopte le plan des Arabes. Il n’y a aucune chance.”Même si le Hamas a accueilli favorablement le plan arabe, on ignore dans quelle mesure il serait disposé à abandonner le contrôle de Gaza.

La mission contre le Hamas “pas terminée”, dit le chef de l’armée israélienne

Le nouveau chef d’état-major en Israël, Eyal Zamir, a affirmé mercredi que la mission de vaincre le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza n’était pas terminée, à l’heure où la trêve dans le territoire palestinien semble menacée.”Ce n’est pas une relève comme les autres, c’est un moment historique (…) Le Hamas a subi un coup dur, mais il n’est pas encore vaincu”, a affirmé le lieutenant-général Zamir, 59 ans, en marge de sa prise de fonctions.”La mission n’est pas encore terminée”, a ajouté le chef de l’armée qui s’est forgé une réputation d’homme à poigne sur le champ de bataille.”Une très lourde responsabilité repose sur vos épaules”, a dit à ses côtés le Premier ministre Benjamin Netanyahu. “Nous sommes déterminés à (remporter) la victoire.”Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une offensive dévastatrice à Gaza après une attaque d’une violence et d’une ampleur sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés de Gaza dans le sud d’Israël voisin.L’offensive israélienne a fait au moins 48.405 morts en majorité des civils à Gaza, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas jugées fiables par l’ONU, et provoqué un désastre humanitaire dans le territoire palestinien où Israël assiège quelque 2,4 millions d’habitants depuis 17 mois.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.218 personnes la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité après leur enlèvement ce jour-là.- “Démilitarisation totale” -Après 15 mois de guerre qui a détruit une grande partie du territoire palestinien, un accord de trêve conclu via les médiateurs -Qatar, Egypte, Etats-Unis- est entré en vigueur le 19 janvier.Mais le maintien du cessez-le-feu semble incertain, Israël et le Hamas s’opposant sur la façon de le prolonger après l’expiration de sa première phase. Pendant cette phase, le Hamas a remis 33 otages et Israël a libéré quelque 1.800 Palestiniens. Israël a aussi autorisé l’entrée d’une aide humanitaire accrue à Gaza avant de la bloquer dimanche sur fond de désaccord avec le Hamas sur la suite de la trêve.  Israël souhaite une extension de la première phase jusqu’à la mi-avril et réclame la “démilitarisation totale” du territoire, le départ du Hamas de Gaza et le retour des otages avant de passer à la deuxième phase.Refus catégorique du Hamas qui réclame l’application de la deuxième étape censée aboutir à un cessez-le-feu permanent, et insiste pour rester dans la bande de Gaza où il a pris le pouvoir en 2007. Une troisième phase devrait être consacrée à la reconstruction de Gaza.- “Famine, arme de guerre” -En bloquant l’aide humanitaire à Gaza, Israël “utilise la famine comme arme de guerre”, a protesté l’Afrique du Sud, à l’origine d’une plainte pour génocide visant Israël devant la Cour internationale de justice.Berlin, Paris et Londres ont ensemble appelé Israël à laisser entrer l’aide et le Hamas à libérer les otages. “La fourniture de l’aide humanitaire ne saurait être (…) instrumentalisée à des fins politiques.” Sur les 251 personnes enlevées le 7 octobre 2023, 58 sont encore détenues à Gaza dont 34 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.Mercredi, les obsèques de l’otage Franco-Israélien Ohad Yahalomi dont le corps a été rendu le 27 février par le Hamas ont eu lieu au kibboutz Nir Oz.”Seize ans de joie et de lumière, et cette lumière est maintenant éteinte”, a dit en larmes, sa veuve, Bat-Sheva Yahalomi.- “Aucune chance” -Réunis au Caire mardi, les dirigeants arabes ont adopté un plan pour la reconstruction de Gaza qui met de fait à l’écart le Hamas et prévoit un retour de l’Autorité palestinienne, chassée du territoire en 2007 par le mouvement islamiste.Mais Israël, qui exclut aussi tout rôle futur à Gaza pour l’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie occupée, l’a rejeté.Le plan garantit, selon l’Egypte, le maintien des habitants de Gaza sur leur terre, une réponse au projet du président américain Donald Trump qui prévoit leur expulsion vers l’Egypte et la Jordanie pour faire du territoire la “Riviera du Moyen-Orient”.Le sommet arabe a mis en garde contre “toute tentative odieuse de déplacer le peuple palestinien” et appelé à unifier les Palestiniens sous le parapluie de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont le Hamas ne fait pas partie.Ghassan Khatib, analyste politique palestinien, s’est dit sceptique. “Les deux seuls acteurs à Gaza, les deux seules parties qui ont de l’influence à Gaza sont Israël et le Hamas, et leurs positions face à ce plan” divergent. “Il n’est pas logique de s’attendre à ce qu’Israël abandonne le plan Trump et adopte le plan des Arabes. Il n’y a aucune chance.”Même si le Hamas a accueilli favorablement le plan arabe, on ignore dans quelle mesure il serait disposé à abandonner le contrôle de Gaza.

Eyal Zamir, tankiste à poigne d’acier pour armée israélienne en guerre

Eyal Zamir, nouveau généralissime d’Israël à la réputation de meneur à poigne choisi pour mener le pays à la victoire contre le Hamas, hérite aussi du défi de restaurer la confiance de la population dans son armée après l’échec du 7-Octobre.Agé de 59 ans, il est le premier chef d’état-major issu du corps des blindés. …

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Eyal Zamir, tankiste à poigne d’acier pour armée israélienne en guerre

Eyal Zamir, nouveau généralissime d’Israël à la réputation de meneur à poigne choisi pour mener le pays à la victoire contre le Hamas, hérite aussi du défi de restaurer la confiance de la population dans son armée après l’échec du 7-Octobre.Agé de 59 ans, il est le premier chef d’état-major issu du corps des blindés. Néanmoins, comme nombre de ses prédécesseurs, il a été commandant de la région militaire Sud supervisant les activités de l’armée dans la bande de Gaza, entre 2015 et 2018.La fin de son commandement est marquée par la répression meurtrière des premières manifestations dites de la “marche du retour”, organisées par des Gazaouis près de la barrière de sécurité avec Israël.Durant ses années à la tête de la région Sud, le désormais lieutenant général Zamir – promu mercredi au sommet de la hiérarchie militaire israélienne – avait mis au point un “plan très détaillé de conquête de toute la bande de Gaza”, indique à l’AFP Amir Avivi, ex-général à la tête d’un cercle de réflexion israélien conservateur.”Il sait très bien qu’il a été choisi pour une chose: apporter la victoire totale à Israël sur tous les fronts”, ajoute M. Avivi, en référence à l’objectif que lui a assigné le Premier ministre Benjamin Netanyahu.Le Hamas “a subi un coup dur, mais il n’est pas encore vaincu”, a déclaré mercredi le général Zamir avant de prendre officiellement ses fonctions. “La mission n’est pas encore terminée.”- Bataille de Jénine -Le général Zamir (“Rossignol” en hébreu) arrive à la tête de l’armée alors que la trêve entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 19 janvier, est menacée, les deux parties étant en désaccord sur la façon de la prolonger.Il succède au général Herzi Halevi, qui avait démissionné deux jours après l’entrée en vigueur de la trêve, en “reconnaissant (sa) responsabilité dans l’échec de l’armée le 7 octobre 2023”, date de l’attaque du Hamas ayant déclenché la guerre.Son arrivée à la tête de l’armée coïncide aussi avec des tensions accrues en Cisjordanie, où Israël a lancé le 21 janvier une opération massive dans le nord de ce territoire palestinien occupé depuis 1967.Ce théâtre d’opérations ne lui est pas étranger: il a commandé en 2002 la brigade de chars engagée dans la bataille du camp de réfugiés de Jénine, point culminant de la Seconde Intifada (le soulèvement palestinien de 2000-2005), lors de laquelle 52 Palestiniens et 23 soldats israéliens avaient été tués en un mois de combats.Le général Zamir prend également ses fonctions sur fond de tensions accrues avec l’Iran.En 2024, Téhéran a mené deux attaques directes contre le territoire israélien, tirant des centaines de missiles et drones. En avril, ripostant à une attaque – imputée à Israël – contre son consulat à Damas, et en octobre, faisait suite à l’assassinat par Israël du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh à Téhéran, et de celui du Hezbollah Hassan Nasrallah, dans le sud de Beyrouth.- “Défis stratégiques” -M. Netanyahu, que le général Zamir connaît bien pour avoir été son conseiller militaire il y a une dizaine d’années, agite régulièrement le spectre d’une attaque contre le programme nucléaire iranien, qu’il perçoit comme une menace contre son pays.Dans un article publié en 2022, Eyal Zamir préconisait une approche plus offensive pour empêcher l’Iran d’acquérir la bombe atomique (but que la République islamique a toujours démenti poursuivre) et appelait à la formation d’une “coalition entre les Etats-Unis, Israël et leurs partenaires arabes”.Le nouveau chef d’état-major va aussi devoir “tracer la voie à suivre dans un environnement de défis stratégiques” majeurs en plus de s’atteler à restaurer la confiance du public dans l’armée, dit à l’AFP Jonathan Conricus, un ancien porte-parole militaire.Chef d’état-major adjoint de 2018 à 2021, Eyal Zamir était directeur général du ministère de la Défense depuis 2023 lorsqu’il a été nommé au commandement suprême. A ce poste, il a coordonné les commandes d’armes et d’équipements militaires auprès de Washington.Né à Eilat, dans le sud d’Israël, le général Zamir, marié et père de trois enfants, a des origines yéménites par son grand-père paternel, et syriennes du côté de sa mère.

L’Allemagne de Merz fait le pari du “No limit” pour se réarmer

L’Allemagne prend un virage encore impensable il y a peu en préparant des investissements sans précédent pour se réarmer, un pari politique du futur chancelier Friedrich Merz amorcé sous la pression du désengagement de Donald Trump vis-à-vis des Européens.L’annonce, mardi soir, du chef des conservateurs allemands, dix jours après sa victoire aux législatives, envoie un signal fort en pleine tempête provoquée par le rapprochement de Donald Trump avec la Russie.Pour les Vingt-Sept dirigeants de l’UE, qui participeront jeudi à un sommet crucial sur la sécurité du continent et l’aide à l’Ukraine, cet électrochoc allemand s’ajoute au projet de la Commission européenne, annoncé le même jour, de mobiliser près de 800 milliards d’euros pour des projets de défense.Si c’est bien le chancelier sortant Olaf Scholz qui représentera l’Allemagne au sommet, Friedrich Merz fait également le déplacement et a déjà rencontré mercredi à Bruxelles le Secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.Les sommes annoncées par Berlin “sont une surprise, tout comme la rapidité avec laquelle cela s’est fait”, souligne Jacob Ross, politologue au centre de réflexion DGAP, alors que le camp conservateur CDU/CSU et ses partenaires sociaux-démocrates (SPD) ont à peine entamé les discussions pour former une coalition gouvernementale.”Certaines décisions changent le pays pour longtemps”, commente l’hebdomadaire Die Zeit. L’accord de mardi “sur des prêts jusqu’alors inimaginables pourrait en faire partie”.Les partenaires européens, et notamment Paris “vont se demander quelles seront les conséquences pour leurs propres économies, pour la zone euro, pour les rapports de force en Europe”, ajoute M. Ross, politologue au centre de réflexion DGAP.- Plafond levé -Première économie de la zone euro, en récession depuis deux ans, et sous pression du retournement d’alliance des Etats-Unis, son allié historique, l’Allemagne veut renforcer son armée et relancer la croissance.Dans le domaine de la défense, le plafond national que s’est fixé constitutionnellement le pays pour limiter son endettement va de facto être levé. Pour le futur chancelier, la seule règle qui vaille est désormais celle du “quoi qu’il en coûte”.L’objectif est d’atteindre un volume d'”au moins cent milliards d’euros par an” de dépenses militaires, a dit une responsable du SPD, Manuela Schwesig, soit deux fois plus que ce qui est prévu actuellement. Cela rapprocherait l’Allemagne du seuil annuel de 3% du PIB correspondant au nouvel objectif que pourraient bientôt retenir les pays de l’Otan. Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, a parlé d'”un jour historique” pour l’Allemagne”, qui va pouvoir assumer “un rôle moteur” pour renforcer l’Otan et l’Europe.Le deuxième volet des annonces porte sur les infrastructures du pays, longtemps négligées : les rails, les routes, les écoles, les réseaux de communication vont bénéficier d’un fonds spécial de 500 milliards d’euros sur dix ans.L’ensemble du plan d’investissements “bazooka” pourrait être présenté à la chambre des députés sortante le 13 mars, selon la presse allemande, pour un vote le 17 mars, avant même que ne se réunisse la nouvelle assemblée issue des récentes législatives.- Confiance ébranlée -“Pour la sécurité, ce sera +No limit+”, a promis Markus Söder, dirigeant conservateur bavarois qui a négocié l’accord avec les sociaux-démocrates.”Pour beaucoup d’entre nous, la confiance fondamentale en l’Amérique est au moins profondément ébranlée”, a reconnu M. Söder.L’Allemagne voit dans la douleur Washington se détourner de l’Europe et menacer de refermer le parapluie militaire sous la protection duquel elle s’est placée depuis la Seconde guerre mondiale.Un nouveau séisme géopolitique après le choc de l’invasion russe de l’Ukraine depuis février 2022. En réaction, Berlin avait déjà annoncé un “changement d’époque” pour sa défense et sa diplomatie. Mais l’enveloppe exceptionnelle de cent milliards d’euros alors décidée pour moderniser l’armée s’est vite révélée insuffisante.Le pari politique de Friedrich Merz n’est toutefois pas sans risque pour ce défenseur de la rigueur budgétaire et des baisses d’impôt.”A peine élu, le futur chancelier allemand prend un virage à 180 degrés”, s’émeut le tabloïd Bild mercredi rappelant que le chef de l’opposition “avait promis de ne pas s’endetter davantage (…). Maintenant, il veut des dettes gigantesques (…)”.Le parti d’extrême droite AfD, devenu la seconde force politique à la chambre des députés, après avoir doublé son score aux législatives, l’a accusé d’avoir “menti aux électeurs”.