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Le Hamas se dit engagé à respecter l’accord de trêve à Gaza

Le Hamas a déclaré jeudi être engagé à respecter l’accord de trêve avec Israël, après les propos du président américain Donald Trump qui a menacé de “mort” le “peuple de Gaza” si les otages n’étaient pas libérés par le mouvement islamiste palestinien.M. Trump a lancé ces menaces mercredi après la confirmation par son administration de …

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Le Hamas se dit engagé à respecter l’accord de trêve à Gaza

Le Hamas a déclaré jeudi être engagé à respecter l’accord de trêve avec Israël, après les propos du président américain Donald Trump qui a menacé de “mort” le “peuple de Gaza” si les otages n’étaient pas libérés par le mouvement islamiste palestinien.M. Trump a lancé ces menaces mercredi après la confirmation par son administration de contacts directs sans précédent avec le Hamas, considéré par les Etats-Unis comme une organisation terroriste.”Ces menaces compliquent les choses concernant l’accord de cessez-le-feu et encouragent l’occupant à ne pas en appliquer les termes”, a réagi le Hamas, appelant Washington, en sa qualité de garant de l’accord, à “faire pression” sur Israël pour qu’il respecte ses obligations.La branche armée du mouvement s’est dite jeudi toujours engagée à respecter les termes de l’accord de trêve.”Malgré toutes les tentatives de l’ennemi (de se soustraire à ses obligations), nous avons choisi, et maintenons ce choix, d’adhérer à l’accord, par souci d’épargner le sang de notre peuple et pour ne pas donner de prétextes” à Israël pour reprendre les combats, a déclaré son porte-parole, Abou Obeïda.La France de son côté a affirmé jeudi que le Hamas devait être “entièrement” exclu de la future gouvernance de Gaza, en saluant le plan de reconstruction proposé mardi par les pays arabes et prévoyant le retour de l’Autorité palestinienne.L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a estimé jeudi ce plan présentait “de nombreuses caractéristiques convaincantes”. “Nous devons en discuter davantage, mais c’est un premier pas de bonne foi de la part des Egyptiens”, a-t-il déclaré.Ce plan avait été présenté par l’Egypte comme une alternative à celui de Donald Trump, qui avait annoncé vouloir expulser les habitants de Gaza et placer le territoire sous contrôle américain.- “Libérez tous les otages” -Pour l’heure, la trêve qui a fait taire les armes depuis le 19 janvier est mise en péril par les désaccords entre le Hamas et Israël sur la suite du processus.Signe de cette fragilité, l’armée israélienne a annoncé jeudi avoir effectué une frappe aérienne dans le nord de Gaza.Israël souhaite une extension de la première phase, qui a expiré le 1er mars, jusqu’à la mi-avril. Il réclame la “démilitarisation totale” du territoire, le départ du Hamas de la bande de Gaza et le retour des derniers otages avant de passer à la deuxième phase.Mercredi, le nouveau chef d’état-major israélien, le lieutenant général Eyal Zamir, avait affirmé que la mission de vaincre le Hamas à Gaza n’était “pas encore terminée”.Le Hamas de son côté réclame la mise en oeuvre de la deuxième étape de l’accord, censée aboutir à un cessez-le-feu permanent, et insiste pour rester à Gaza, qu’il dirige depuis 2007.”Au peuple de Gaza: un bel avenir vous attend, mais pas si vous gardez des otages. Si vous le faites, vous êtes MORTS! Prenez une BONNE décision”, a écrit mercredi le président américain sur son réseau Truth Social, dans un message particulièrement virulent.Sur les 251 personnes enlevées lors de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, 58 sont encore retenues à Gaza, dont 34 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne. Cinq de ces 58 otages ont aussi la nationalité américaine, dont quatre ont été confirmés morts et un serait vivant, selon un décompte de l’AFP.”Libérez tous les otages maintenant, pas plus tard, et remettez immédiatement toutes les dépouilles des personnes que vous avez tuées, ou c’est FINI pour vous”, a averti M. Trump après avoir rencontré huit otages libérés.”Ceci est votre dernier avertissement! Pour la direction (du Hamas), c’est maintenant qu’il faut quitter Gaza, tant que vous pouvez encore le faire”, a-t-il ajouté.- Contacts directs -Quelques heures auparavant, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, avait confirmé des contacts directs avec le Hamas, en indiquant que l’envoyé spécial américain pour les otages, Adam Boehler, était “engagé dans ces négociations”.Ces contacts rompent avec une politique voulant que les Etats-Unis n’aient pas de pourparlers directs avec des groupes qu’ils considèrent comme terroristes.Mme Leavitt a argué que “des vies américaines étaient en jeu” tout en soulignant qu’Israël avait été “consulté”, ce qu’a confirmé le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.Un responsable du Hamas a fait état de “deux rencontres directes entre le Hamas et des responsables américains ces derniers jours à Doha”.En riposte à l’attaque du 7 octobre 2023, Israël a lancé une offensive dans le territoire qui a fait au moins 48.446 morts, en majorité des civils, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas jugées fiables par l’ONU.L’attaque a entraîné du côté israélien la mort de 1.218 personnes, la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.La première phase de l’accord de trêve négocié par les pays médiateurs a permis la libération de 33 otages, dont huit morts, en échange de quelque 1.800 détenus palestiniens. Israël a aussi autorisé l’entrée d’une aide humanitaire accrue dans la bande de Gaza assiégée, avant de la bloquer dimanche.

Les Européens unis derrière Zelensky, Washington reprend langue avec Kiev

Réunis jeudi en sommet de crise à Bruxelles, les dirigeants européens ont affiché leur soutien à l’Ukraine et leur détermination à booster leur défense, au moment où Washington annonçait une nouvelle réunion avec Kiev en Arabie saoudite.Dans un contexte géopolitique totalement chamboulé, les échanges et les initiatives se multiplient à une vitesse vertigineuse.L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé qu’il rencontrerait une délégation ukrainienne la semaine prochaine, à Ryad ou à Jeddah, pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”. La rencontre est prévue mardi, a précisé un responsable ukrainien à l’AFP.Près d’une semaine après la violente altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale, les deux parties manifestent leur volonté de reprendre le dialogue. Selon M. Witkoff, le locataire de la Maison Blanche a estimé que la lettre rédigée par le chef de l’Etat ukrainien comportait “des excuses” et était “un premier pas très positif”.Londres a de son côté annoncé discuter avec une vingtaine de pays “intéressés” à contribuer à un maintien de la paix dans le cadre d’un éventuel accord avec la Russie. Paris réunira mardi des chefs d’état-major des armées des nations européennes prêtes à garantir un futur arrêt des combats sur le sol ukrainien.”Nous sommes très reconnaissants de ne pas être seuls. Et ce ne sont pas seulement des mots. Nous le ressentons”, a lancé le président ukrainien lors du sommet exceptionnel des 27 dirigeants des pays de l’UE destiné d’abord à muscler la défense européenne.Dans un contraste saisissant avec l’image d’un président américain menaçant à la Maison Blanche, M. Zelensky était entouré du président du Conseil européen Antonio Costa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui ont insisté sur leur détermination à soutenir Kiev.L’Europe et l’Ukraine sont à un “moment décisif”, a martelé cette dernière, promettant de donner aux Ukrainiens “les moyens de se protéger et d’œuvrer en faveur d’une paix juste et durable”. En écho, le chancelier allemand Olaf Scholz a refusé toute paix qui serait “imposée”.- “Réarmer l’Europe” -Face à la menace russe et à celle du désengagement américain, les lignes bougent: effectuant un virage longtemps inimaginable, l’Allemagne envisage désormais des investissements massifs pour renforcer son armée. Jusqu’ici apôtre d’une stricte orthodoxie budgétaire, elle vient même – à la stupéfaction de nombreux diplomates – de plaider pour une réforme du “corset budgétaire” de l’UE.Jeudi en début de soirée, les 27 ont donné leur feu vert au plan présenté par la Commission européenne pour “réarmer” le continent. Le texte vise à mobiliser, à terme, quelque 800 milliards d’euros. Parmi les pistes, la possibilité pour les Etats membres d’accroître sensiblement leurs dépenses militaires sans que cela soit pris en compte dans leur déficit”.”Je veux croire que les Etats-Unis resteront à nos côtés. Mais il nous faut être prêts si tel n’était pas le cas”, avait expliqué le président français Emmanuel Macron dans d’une allocution télévisée mercredi, à la tonalité sombre.La façon dont l’Europe doit se mettre en ordre de marche sur l’Ukraine ne fait toutefois pas l’unanimité.Le Premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban, ardent soutien de Donald Trump, a mis en garde contre l’adoption de conclusions écrites sur l’Ukraine à l’issue du sommet, faisant courir le risque de voir les divisions éclater au grand jour.- “Pari dangereux” -Washington, qui s’est ouvertement rapproché du Kremlin depuis une conversation téléphonique entre M. Trump et son homologue russe Vladimir Poutine le 12 février, a gelé lundi son aide militaire à l’Ukraine.  Un “pari dangereux”, a commenté la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.M. Zelensky demande par ailleurs de solides garanties de sécurité à ses alliés occidentaux dans le cadre de potentiels pourparlers afin de s’assurer que l’armée russe n’envahisse pas à nouveau son pays après une hypothétique cessation des hostilités.La Turquie, qui dispose de la deuxième armée au sein de l’Otan en nombre d’hommes, a quant à elle souligné être prête à déployer des forces “si nécessaire” en vue de faire respecter un arrêt des combats.Pour Emmanuel Macron, la Russie a “déjà fait du conflit ukrainien un conflit mondial”, et, dans ce contexte, “rester spectateur serait une folie”.Sa proposition d’ouvrir un débat sur la protection de l’Europe par l’arsenal nucléaire français fait d’ailleurs son chemin. C’est “très prometteur”, a réagi le chef du gouvernement polonais Donald Tusk.

Les Européens unis derrière Zelensky, Washington reprend langue avec Kiev

Réunis jeudi en sommet de crise à Bruxelles, les dirigeants européens ont affiché leur soutien à l’Ukraine et leur détermination à booster leur défense, au moment où Washington annonçait une nouvelle réunion avec Kiev en Arabie saoudite.Dans un contexte géopolitique totalement chamboulé, les échanges et les initiatives se multiplient à une vitesse vertigineuse.L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé qu’il rencontrerait une délégation ukrainienne la semaine prochaine, à Ryad ou à Jeddah, pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”. La rencontre est prévue mardi, a précisé un responsable ukrainien à l’AFP.Près d’une semaine après la violente altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale, les deux parties manifestent leur volonté de reprendre le dialogue. Selon M. Witkoff, le locataire de la Maison Blanche a estimé que la lettre rédigée par le chef de l’Etat ukrainien comportait “des excuses” et était “un premier pas très positif”.Londres a de son côté annoncé discuter avec une vingtaine de pays “intéressés” à contribuer à un maintien de la paix dans le cadre d’un éventuel accord avec la Russie. Paris réunira mardi des chefs d’état-major des armées des nations européennes prêtes à garantir un futur arrêt des combats sur le sol ukrainien.”Nous sommes très reconnaissants de ne pas être seuls. Et ce ne sont pas seulement des mots. Nous le ressentons”, a lancé le président ukrainien lors du sommet exceptionnel des 27 dirigeants des pays de l’UE destiné d’abord à muscler la défense européenne.Dans un contraste saisissant avec l’image d’un président américain menaçant à la Maison Blanche, M. Zelensky était entouré du président du Conseil européen Antonio Costa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui ont insisté sur leur détermination à soutenir Kiev.L’Europe et l’Ukraine sont à un “moment décisif”, a martelé cette dernière, promettant de donner aux Ukrainiens “les moyens de se protéger et d’œuvrer en faveur d’une paix juste et durable”. En écho, le chancelier allemand Olaf Scholz a refusé toute paix qui serait “imposée”.- “Réarmer l’Europe” -Face à la menace russe et à celle du désengagement américain, les lignes bougent: effectuant un virage longtemps inimaginable, l’Allemagne envisage désormais des investissements massifs pour renforcer son armée. Jusqu’ici apôtre d’une stricte orthodoxie budgétaire, elle vient même – à la stupéfaction de nombreux diplomates – de plaider pour une réforme du “corset budgétaire” de l’UE.Jeudi en début de soirée, les 27 ont donné leur feu vert au plan présenté par la Commission européenne pour “réarmer” le continent. Le texte vise à mobiliser, à terme, quelque 800 milliards d’euros. Parmi les pistes, la possibilité pour les Etats membres d’accroître sensiblement leurs dépenses militaires sans que cela soit pris en compte dans leur déficit”.”Je veux croire que les Etats-Unis resteront à nos côtés. Mais il nous faut être prêts si tel n’était pas le cas”, avait expliqué le président français Emmanuel Macron dans d’une allocution télévisée mercredi, à la tonalité sombre.La façon dont l’Europe doit se mettre en ordre de marche sur l’Ukraine ne fait toutefois pas l’unanimité.Le Premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban, ardent soutien de Donald Trump, a mis en garde contre l’adoption de conclusions écrites sur l’Ukraine à l’issue du sommet, faisant courir le risque de voir les divisions éclater au grand jour.- “Pari dangereux” -Washington, qui s’est ouvertement rapproché du Kremlin depuis une conversation téléphonique entre M. Trump et son homologue russe Vladimir Poutine le 12 février, a gelé lundi son aide militaire à l’Ukraine.  Un “pari dangereux”, a commenté la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.M. Zelensky demande par ailleurs de solides garanties de sécurité à ses alliés occidentaux dans le cadre de potentiels pourparlers afin de s’assurer que l’armée russe n’envahisse pas à nouveau son pays après une hypothétique cessation des hostilités.La Turquie, qui dispose de la deuxième armée au sein de l’Otan en nombre d’hommes, a quant à elle souligné être prête à déployer des forces “si nécessaire” en vue de faire respecter un arrêt des combats.Pour Emmanuel Macron, la Russie a “déjà fait du conflit ukrainien un conflit mondial”, et, dans ce contexte, “rester spectateur serait une folie”.Sa proposition d’ouvrir un débat sur la protection de l’Europe par l’arsenal nucléaire français fait d’ailleurs son chemin. C’est “très prometteur”, a réagi le chef du gouvernement polonais Donald Tusk.

Bientôt hospitalisé depuis trois semaines, le pape dans un état “stable”

Le pape François, hospitalisé à Rome depuis près de trois semaines pour une pneumonie, se trouve dans un état “stable” et n’a pas subi jeudi de nouvelle crise respiratoire, a indiqué le Vatican.”Le Saint-Père s’est consacré à quelques activités de travail au cours de la matinée et de l’après-midi, alternant le repos et la prière”, a précisé le Vatican dans un communiqué.Hospitalisé depuis le 14 février à l’hôpital Gemelli de Rome, le souverain pontife de 88 ans reste fragile et “les médecins continuent de réserver leur pronostic” sur l’évolution du cadre clinique.Les analyses de sang sont également “stables” et le pape n’a pas de fièvre.Le Vatican publie deux fois par jour des informations sur l’état de santé du pape, mais il a fait savoir jeudi que le prochain bulletin médical, diffusé chaque soir, serait publié samedi et non vendredi, “compte-tenu de la stabilité” de l’état de santé du souverain pontife.Le chef des quelque 1,4 milliard de catholiques dans le monde n’a pas été vu en public depuis son hospitalisation, la plus longue de son pontificat. Et le Vatican n’a pas plus publié de photos, bien que François ait signé plusieurs textes.Mercredi, François a suivi depuis sa chambre d’hôpital le jour des Cendres qui marque le début du Carême à 40 jours de Pâques, la fête la plus importante du calendrier catholique.Lors de ses précédentes hospitalisations, il est apparu sur le balcon de l’hôpital pour la prière hebdomadaire de l’Angélus, le dimanche à midi.- Un quatrième Angélus sans pape ? -Mais il a manqué les trois derniers Angélus et aucune annonce n’a encore été faite quant à une éventuelle apparition ce week-end.Le Vatican a confirmé jeudi que le cardinal Michael Czerny remplacerait le pape pour diriger la messe du premier dimanche de Carême.La messe faisait également partie des célébrations du Jubilé 2025, une année sainte dirigée par le pape et consacrée ce week-end aux volontaires et au volontariat.Le Saint-Siège a estimé jeudi que l’événement “prend une signification encore plus profonde, avec les pensées et les prières de tous les frères et sœurs tournées vers le Saint-Père et l’expérience qu’il est en train de vivre”.A l’hôpital Gemelli, le jésuite argentin alterne repos, prière, travail et physiothérapie pour venir à bout d’une pneumonie qui touche ses deux poumons et occasionne des épisodes de détresse respiratoire.Lundi, il a été en proie à “deux épisodes d’insuffisance respiratoire aiguë” et ces nouvelles crises ont rappelé la fragilité de l’état de santé du pape, dont le tableau clinique reste “complexe”, ravivant l’inquiétude des fidèles.Son équipe médicale ne s’est toujours pas prononcée sur la durée de son hospitalisation, ni sur celle de sa convalescence, s’il parvient à surmonter cette épreuve.Cette situation plonge le Vatican dans l’incertitude, ses fonctionnaires poursuivant leur travail tout en étant suspendus aux bulletins médicaux.L’hospitalisation du souverain pontife intervient après qu’il a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années : en surpoids, souffrant de douleurs au genou, il a, entre autres, subi des opérations du côlon et de l’abdomen et des infections respiratoires à répétition.Ces problèmes de santé ont relancé les interrogations sur la capacité de François à assumer ses fonctions, et les conjectures sur sa possible démission.

Une page se tourne pour Lille, Martine Aubry quitte la mairie et désigne son successeur

“Le temps est venu de passer la main”: à un an des municipales, Martine Aubry, emblématique maire socialiste de Lille depuis 2001, a annoncé jeudi sa démission “mi-mars” en faveur de son premier adjoint Arnaud Deslandes, 42 ans.”Je suis élue à Lille depuis 30 ans, je suis maire depuis 24 ans (…) mais le temps est venu de passer la main à une nouvelle génération”, a déclaré l’élue de 74 ans, lors d’une conférence de presse dans la capitale nordiste.”Je le fais vraiment avec une très grande sérénité (…) même si le cœur est pincé, bien évidemment”, a-t-elle ajouté, essuyant quelques larmes.L’ancienne ministre socialiste, connue notamment pour les emplois-jeunes et la réforme des 35 heures sous le gouvernement de Lionel Jospin à la fin des années 1990, a déclaré vouloir démissionner de son poste “mi-mars”. Elle a souhaité que son premier adjoint, Arnaud Deslandes, soit élu maire lors d’un prochain conseil municipal extraordinaire, “qui pourrait se tenir le 21 mars”.Arnaud Deslandes, encore peu connu du grand public, a fait toute sa carrière dans l’ombre de Martine Aubry, dont il est un fidèle.Il “a porté auprès de moi de grandes transformations dans la ville” et partage “les mêmes priorités”, la “solidarité et l’accompagnement de tous”, a loué Mme Aubry. “Nous avons les mêmes colères devant les inégalités et la même envie de les combattre”.Diplômé de Science Po Lille et arrivé à la mairie comme stagiaire en 2005, Arnaud Deslandes a ensuite gravi tous les échelons: collaborateur de cabinet de 2006 à 2013, puis directeur de cabinet de 2013 à 2020, adjoint chargé de la solidarité et de la cohésion des territoires, puis premier adjoint depuis 2023.- “maire d’exception” -Martine Aubry “est un maire d’exception”, lui succéder impose “beaucoup d’humilité”, a déclaré Arnaud Deslandes, reconnaissant avoir “tout appris” à ses côtés, “le sens du travail, la rigueur”. L’édile a estimé que la sénatrice PS Audrey Linkenheld, un temps pressentie comme sa dauphine, et le député PS Roger Vicot, candidat déclaré à la mairie, avaient plutôt un rôle à jouer “au niveau national”.Elle a précisé quitter toutes ses fonctions politiques, tout en affirmant ne pas prendre sa “retraite politique”, souhaitant “participer au renouveau des idées de gauche”.Avant ses annonces, Martine Aubry a longuement défendu son bilan à la tête de Lille, devenue selon elle “une capitale culturelle, rayonnante, entreprenante”. Sa plus grande fierté reste sa décision “prise dès le départ de garder les quartiers populaires dans la ville, et de garder ce vivre-ensemble dans nos différences”, a confié jeudi l’élue, qui a beaucoup misé sur la culture et une rénovation urbaine qui préserve la mixité sociale.Ce passage de témoin intervient après des mois de suspense, donnant  l’impression d’une succession mal anticipée, alors que les écologistes notamment sont en embuscade pour conquérir la ville en 2026.- “entre-soi socialiste” -M. Vicot, ex-maire de Lomme, commune associée de Lille, a pris les devant sans attendre les consignes de Mme Aubry et sillonne activement le terrain depuis des mois.Dès septembre 2023, il a affiché son ambition de conquérir la mairie, devenant le premier socialiste à se déclarer ouvertement. “Une démarche solitaire un peu contraire à tout ce qu’on s’était dit”, a regretté Mme Aubry. Le candidat socialiste pour les municipales de 2026 doit être désigné dans l’année par les militants du parti.Le candidat écologiste Stéphane Baly, battu d’un cheveu (227 voix) par Mme Aubry lors des précédentes municipales en 2020, a lui aussi officialisé sa candidature pour EELV. Dans l’opposition, la députée macroniste Violette Spillebout, ex-proche de Martine Aubry, et Louis Delemer, candidat LR, sont également en lice.”Un immense merci pour tout ce que tu as fait pour Lille, pour l’énergie incroyable que tu as déployée pour la transformation de cette ville (…)  si chère à ton coeur”, a réagi la maire de Paris Anne Hidalgo (PS).Martine Aubry “est une figure de la gauche qui a toujours courageusement défendu ses positions au péril de la calomnie”, a souligné Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. Le groupe des élus écologistes à la mairie a rendu hommage à une maire dont les mandats “ont façonné la ville”, mais déploré qu’elle ait “préféré défendre son bastion socialiste plutôt que d’assumer une transformation de la ville en phase avec les enjeux de ce siècle”, notamment sur le plan environnemental.Mme Aubry tente “d’imposer un successeur (…) jamais élu sur son nom, destiné à gérer les affaires courantes avant l’élection”, a dénoncé Violette Spillebout. Les Insoumis lillois, eux, ont évoqué la fin d’un “entre-soi socialiste à bout de souffle”.

Sites porno: les géants PornHub ou YouPorn désormais soumis à l’obligation de vérifier l’âge

Les sites pornographiques établis dans d’autres pays de l’Union européenne (UE) que la France, comme les géants PornHub ou YouPorn, ont désormais l’obligation de vérifier la majorité de leurs utilisateurs sous peine de sanctions.Selon un arrêté ministériel publié jeudi, ils sont inclus dans une disposition légale mise en place en janvier, qui ne s’appliquait jusqu’à présent qu’aux éditeurs de sites établis en France et en dehors de l’UE.Ce délai s’expliquait par le temps nécessaire à la mise en place de la procédure permettant à l’Arcom, le gendarme français du numérique, de notifier les pays concernés en cas de non-respect de la loi française.Hébergé à Chypre, le groupe Aylo (maison mère de YouPorn et PornHub), tout comme Jacquie et Michel, installé en Hongrie et en Espagne, ont trois mois pour mettre en oeuvre un système de vérification de l’âge “respectueux de la vie privée” et “efficace”, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à leur blocage, a précisé le ministère de la Culture.Selon l’Arcom, dix-sept premiers sites européens font partie des plateformes qu’elle va contrôler.Cet arrêté “va enfin permettre de bloquer l’accès aux mineurs aux sites pornographiques les plus fréquentés en France”, se félicite le ministère, évoquant une “avancée majeure dans la protection de nos enfants et adolescents en ligne”. D’ici à trois mois, ces sites devront eux aussi exiger l’envoi d’une photo ou d’un document d’identité par exemple, en proposant au moins une méthode respectant le principe de double anonymat qui permet de prouver sa majorité sans divulguer son identité.Sans cela, ils s’exposent à une sanction de l’Arcom qui peut, depuis l’adoption en mai 2024 de la loi dite Sren visant à sécuriser internet, ordonner un blocage par les opérateurs télécoms et le déréférencement des sites incriminés.Dans un communiqué publié jeudi, le gendarme du numérique indique que, depuis janvier, il a procédé à des vérifications “sur six services parmi les plus fréquentés”.”Aucun de ces services n’avait mis en œuvre un système de vérification de l’âge, bien qu’ils y soient tenus”, note l’Arcom, qui va les en notifier par courrier, “première étape à un éventuel blocage”.- “Long dossier” -Ce système de vérification de l’âge est réclamé de longue date par les associations de protection de l’enfance. “On est forcément satisfait de toutes les avancées dans ce très long, trop long dossier”, a réagi auprès de l’AFP Justine Atlan, de e-Enfance.La directrice générale de l’association se félicite que “ces géants” de la pornographie n’échappent plus à la loi française “pour des raisons techniques”, alors que plusieurs collectifs ont multiplié ces dernières années les procédures devant la justice pour tenter de faire bloquer certains sites X.Selon une étude de l’Arcom menée sur le premier semestre 2024, près de 40% des enfants accèdent à des sites pornographiques chaque mois.En décembre, le groupe Aylo avait affirmé à l’AFP être “conscient de la nouvelle règle et s’engage(r) à toujours respecter la loi”, tout en jugeant ces mesures “inefficaces” et “dangereuses” pour la sécurité et la vie privée des utilisateurs.”Aylo défend depuis des années publiquement la vérification de l’âge des utilisateurs”, a affirmé jeudi le groupe, interrogé par l’AFP.”Malheureusement, la manière dont nombre de législations dans le monde ont mis en oeuvre cette vérification est inefficace, hasardeuse et dangereuse”, relève-t-il, en évoquant “les centaines de milliers de données personnelles sensibles collectées” à cette fin, ce qui “met en danger la sécurité des utilisateurs”.”La meilleure solution (…) consiste à vérifier l’âge à la source : sur l’appareil”, ajoute le groupe, renvoyant au “contrôle parental”.Contacté par l’AFP, le site français Tukif, qui applique déjà le système de vérification d’âge, s’est dit “pas entièrement convaincu par la procédure”.Il craint “un effet contre-productif” qui verrait le trafic “se reporter vers des plateformes moins modérées” et, “in fine, aggraver la situation pour les mineurs qui chercheraient à consulter des sites pornographiques”.Malgré l’arsenal déployé par l’Arcom, des moyens de contournement existent, via l’installation d’un VPN (un réseau privé virtuel) ou des sites miroirs, qui répliquent à l’identique une page sous un nom de domaine différent.D’autres pays, comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne, imposent aussi des restrictions d’accès aux sites X liées à l’âge.

Guerre commerciale de Washington: Pékin se battra “jusqu’au bout”

La Chine a promis jeudi qu’elle se battra “jusqu’au bout” si les Etats-Unis poursuivent leur guerre commerciale, critiquant un bras de fer qui “déstabilise” l’économie mondiale.Des milliers de délégués venus de toute la Chine sont réunis cette semaine à Pékin pour un conclave politique annuel très orchestré, au moment où le président américain Donald Trump intensifie son offensive tarifaire contre les produits chinois.Ce nouvel acte de la guerre commerciale “perturbe” l’économie mondiale, a affirmé jeudi le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, lors d’une conférence de presse en marge de la session parlementaire.Cela perturbe également “la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales, freinant ainsi le développement de l’économie mondiale”, a-t-il dénoncé.La Chine “se battra jusqu’au bout”, a ajouté le ministre.Les autorités ont annoncé mercredi un objectif de croissance ambitieux “d’environ 5%” pour 2025, un objectif conforme aux prévisions d’analystes interrogés par l’AFP. Mais nombre d’experts estiment qu’il est ambitieux compte tenu de l’ampleur des défis économiques auxquels la Chine est confrontée.L'”incertitude de l’environnement extérieur s’accroît”, a reconnu jeudi Zheng Shanjie, président de la Commission nationale du développement et de la réforme, lors de la même conférence de presse.”Nous sommes également confrontés à des problèmes tels qu’une demande intérieure insuffisante, des difficultés de production et de fonctionnement dans certains secteurs et certaines entreprises”, a-t-il ajouté.- “Jusqu’au bout” -La Chine a officiellement atteint de justesse son objectif de croissance “d’environ 5%” en 2024, notamment grâce à un niveau record d’exportations.Mais la guerre commerciale lancée par la nouvelle administration de Donald Trump pourrait porter un coup dur à ce pilier de la croissance chinoise.Pour faire face à ces défis internes et externes, les autorités ont annoncé mercredi vouloir faire de la consommation interne une “force motrice” de la croissance.Jeudi, les responsables économiques du pays ont également annoncé une augmentation des dépenses budgétaires, une décision “importante” selon le ministre chinois des Finances, Lan Fo’an.”Les dépenses publiques continueront d’augmenter (en 2025), ce qui contribuera fortement à promouvoir un développement économique et social durable et sain”, a déclaré le ministre lors du même point de presse.Les taux d’intérêt seront également abaissés “en fonction de la situation économique et financière”. Le chef de la planification économique, Zheng Shanjie, s’est dit “pleinement confiant” quant à l’atteinte de l’objectif de croissance “d’environ 5%” pour 2025.”Nous avons toutes les bases et garanties” pour cela, a-t-il assuré.Le géant asiatique peine à assurer pleinement sa relance économique depuis la pandémie, lesté par une crise du secteur immobilier, une consommation atone et un taux de chômage élevé chez les jeunes.A cela s’ajoute la guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump, qui a imposé cette semaine de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises.Ces taxes américaines devraient avoir des répercussions sur des centaines de milliards d’euros d’échanges commerciaux entre les deux plus grandes économies mondiales.L’Etat-parti chinois a déjà répliqué en annonçant des taxes allant jusqu’à 15% sur une gamme de produits agricoles américains, notamment le soja, le porc et le blé, effectives à partir du 10 mars.Cette riposte ciblée reste toutefois plus modérée que les taxes imposées par Donald Trump, qui visent l’ensemble des produits chinois.

La fusée européenne Ariane 6 décolle pour son premier vol commercial

La fusée Ariane 6 a décollé jeudi depuis la Guyane française, pour son premier vol commercial, lourd d’enjeux pour la souveraineté spatiale européenne.Après avoir vu son décollage plusieurs fois repoussé, dont lundi au dernier moment, le lanceur européen s’est élancé depuis Kourou, sous une météo pluvieuse, à l’heure annoncée, avec à son bord le satellite militaire d’observation de la Terre CSO-3 embarqué pour le compte de la France.”Les investigations menées sur un équipement sol en interface avec le lanceur” à la suite de “la tentative du 3 mars, permettent désormais à Arianespace d’envisager un lancement le 6 mars 2025 à 13h24 heure locale à Kourou”, soit 16h24 GMT et 17h24 heure de Paris, avait annoncé Arianespace dans la nuit de mardi à mercredi.”Ariane 6 et son passager, le satellite CSO-3, sont dans des conditions stabilisées et en sécurité”, avait alors assuré le groupe chargé de l’exploitation et de la commercialisation du lanceur.Le lancement avait été avorté lundi, trente minutes avant l’heure prévue, en raison du dysfonctionnement d’une vanne sur un des tuyaux d’avitaillement. Le lanceur était pourtant sur son pas de tir et le portique mobile qui protège la fusée avait été retiré.Cette vanne est un “dispositif lourd” de 150 kg, a expliqué lundi le président exécutif d’Arianespace, David Cavaillolès. Or, les tests effectués avant le tir “montraient qu’on avait un comportement anormal”. Par conséquent, “la seule bonne décision était d’interrompre la chronologie jusqu’à permettre de comprendre le dysfonctionnement et le traiter”. Initialement prévue en décembre, la mission avait déjà été reportée au 26 février, puis au 3 mars, une pratique courante dans le secteur spatial. Cette mission, hautement symbolique, vise à sceller la souveraineté retrouvée de l’Europe spatiale, en plein contexte de rapprochement entre les Etats-Unis et la Russie.Le satellite CSO-3 (pour “composante spatiale optique”), qu’Ariane 6 doit placer sur une orbite à 800 kilomètres, va compléter la mini-constellation de surveillance de la Terre pour le ministère français de la Défense et améliorera ses capacités de renseignement.Pour cette mission, la fenêtre de tir est à la seconde près, l’armée française souhaitant une orbite précise pour optimiser la qualité des prises de vues. – “Garder notre place” -En Europe, seules la France et l’Italie disposent de satellites militaires, respectivement cinq avec celui lancé jeudi et deux, alors que les Etats-Unis comme la Chine comptent “des centaines” de satellites militaires ou civils et militaires, selon Philippe Steininger, auteur du livre “Révolutions spatiales” et consultant du Cnes, l’agence spatiale française.Le satellite CSO-3 attend depuis 2022 d’être lancé; ses deux prédécesseurs, CSO-1 et CSO-2, ont été envoyés en 2018 et 2020 par des vaisseaux russes Soyouz.Après le dernier vol d’Ariane 5 en 2023, Ariane 6 a décollé pour la première fois en juillet 2024. Son premier vol embarquant un satellite commercial doit sécuriser l’accès autonome des Européens à l’espace, dont ils ont été privés pendant plusieurs mois puisqu’ils n’utilisent plus de Soyouz depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.L’autre fusée européenne légère, Vega-C, n’a repris les vols qu’en décembre 2024, après avoir été immobilisée pendant deux ans dans la foulée d’un accident ayant entraîné la perte de satellites.Le secteur est aussi bousculé par la montée en puissance de SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, qui a renforcé son influence en devenant un membre éminent de l’administration de Donald Trump.”L’Europe doit assurer sa propre sécurité”, avait défendu lundi le directeur du transport spatial de l’Agence spatiale européenne, Toni Tolker-Nielsen, en insistant sur la nécessité de viser plus de lancements annuels avec Ariane 6, jusqu’à 12, contre cinq prévus en 2025.