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Renforts dans l’ouest de la Syrie après des combats meurtriers

Les forces de sécurité ont envoyé vendredi des renforts et lancé d’importantes opérations de ratissage dans l’ouest de la Syrie après des affrontements sans précédent avec des combattants fidèles à l’ex-président Bachar al-Assad, qui ont fait plus de 70 morts, selon une ONG.Le rétablissement de la sécurité est le défi le plus urgent pour les nouvelles autorités syriennes, au pouvoir depuis qu’une coalition de groupes rebelles islamistes a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après 13 ans de guerre civile.Des combats ont éclaté ces derniers jours dans la région de Lattaquié, bastion de la minorité alaouite du président déchu, dans le nord-ouest du pays.A Jablé, une ville située à une dizaine de kilomètres de Lattaquié, un habitant a raconté que des “batailles urbaines” faisaient rage.”Pendant la nuit, nous pouvions entendre des tirs et des explosions, alors qu’arrivaient des renforts massifs”, a déclaré cet homme, prénommé Ali, joint par l’AFP depuis Damas. “Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur. L’arrivée des véhicules militaires et des convois venus de partout n’a rien de rassurant”, a-t-il ajouté.En 24 heures, les affrontements ont fait 71 morts, dont “35 membres des forces de sécurité et du ministère de la Défense tués par des forces loyales à Assad, ainsi que 32 combattants armés et quatre civils tués par les forces de sécurité”, a déclaré l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).L’OSDH a fait état de “dizaines de blessés” et de prisonniers des deux côtés.- Couvre-feu -“De vastes opérations de ratissage ont débuté dans des villes, villages, localités et montagnes environnantes”, dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, après l’arrivée de renforts militaires, a indiqué vendredi l’agence officielle Sana, citant une source des forces de sécurité.Cette source a indiqué que cette opération visait des membres “des milices d’Assad et ceux qui les ont soutenues et aidées” et appelé les civils à “rester chez eux”.Le ministère de la Défense a confirmé le déploiement de renforts dans les villes de Lattaquié et de Tartous, plus au sud, “pour rétablir la sécurité”.Le responsable de la sécurité de Lattaquié, Moustafa Kneifati, a affirmé qu’un “grand nombre de patrouilles” et de positions gouvernementales dans la région de Jablé avaient été visées au cours d'”une attaque bien planifiée et préméditée”. Les autorités ont imposé jeudi un couvre-feu à Lattaquié, à Tartous et dans la province de Homs, dans le centre du pays.A Jablé, les forces de sécurité ont capturé un ancien chef des services de renseignement de l’armée de l’air, l’une des agences de sécurité les plus proches de la famille Assad, selon Sana. Il s’agit d’Ibrahim Houweïja, “accusé d’avoir commis des centaines d’assassinats à l’époque du criminel Hafez al-Assad”, le père et prédécesseur de Bachar al-Assad, a indiqué l’agence. M. Houweïja, qui a dirigé les services de renseignement de l’armée de l’air de 1987 à 2002, est notamment soupçonné d’avoir assassiné le chef druze libanais Kamal Joumblatt en 1977. – “Pas de pardon” -Le directeur provincial de la sécurité a également indiqué que les forces gouvernementales avaient affronté des hommes armés fidèles à un commandant des forces spéciales de l’ère Assad dans un autre village de la région, Beit Aana. Surnommé “Le Tigre”, Souheil al-Hassan a été à l’origine d’avancées majeures des forces gouvernementales en 2015, durant la guerre civile.Après ces affrontements, les dirigeants alaouites ont appelé à des “manifestations pacifiques” en réponse à des frappes d’hélicoptères qui, selon eux, ont visé des “maisons de civils”.Alors que des renforts quittaient jeudi soir la région d’Idleb, un ancien bastion des forces rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, des habitants s’y sont rassemblés pour manifester contre les groupes fidèles à l’ancien pouvoir.”Il n’y a pas de pardon ou de réconciliation avec les restes du régime, car ils n’ont pas cessé de nous tuer de sang-froid”, a lancé un manifestant, Talal Homsi. 

Royaume-Uni: seize militants écologistes emprisonnés fixés sur leur peine en appel

Seize militants de l’organisation écologiste Just Stop Oil, qui ont fait appel en janvier de leurs lourdes peines de prison, doivent être fixés sur leur sort vendredi lors d’une audience considérée comme déterminante pour l’avenir de ces actions au Royaume-Uni.La juge Sue Carr, la plus haute magistrate d’Angleterre et du Pays de Galles, doit commencer à rendre son jugement à la Cour d’appel de Londres, dans le centre de la capitale, vers 10H GMT.Ces 16 militants ont tous été condamnés en première instance en 2024 à des peines comprises entre 15 mois et cinq ans de prison ferme, “les plus élevées de leur genre dans l’histoire moderne du Royaume-Uni”, avait affirmé l’un de leurs avocats Danny Friedman.Certains ont organisé le blocage d’une autoroute autour de Londres, d’autres ont jeté de la soupe sur “Les Tournesols” de Van Gogh – protégés derrière une vitre – à la National Gallery, pour dénoncer l’inaction climatique et l’impact de l’industrie du pétrole et du gaz.Les ONG Greenpeace et Friends of the Earth, qui dénoncent une répression croissante à l’encontre des militants écologistes, se sont associées à ce recours.Il aura, selon elles, “des répercussions considérables sur l’avenir des manifestations pacifiques”, et sur le sort des activistes qui attendent leur jugement.C’est le cas des membres de Just Stop Oil accusés d’avoir “endommagé” les monolithes protégés de Stonehenge, dans le sud de l’Angleterre, en les aspergeant de peinture, ou d’avoir dégradé la tombe de Charles Darwin dans l’abbaye de Westminster.Cette organisation britannique est connue pour ses actions aussi spectaculaires que critiquées dans des musées, lors de compétitions sportives ou de spectacles. Elle exhorte le gouvernement à cesser l’exploitation des énergies fossiles d’ici à 2030.- “Complot” -Ce que ces militants “ont fait dans le cadre d’une action collective, non-violente, que cela plaise ou non, était dans l’intérêt de la population, de la planète et des générations futures”, et “ils l’ont fait par esprit de sacrifice”, avait déclaré leur avocat en janvier.Au lendemain de l’audience, Gaie Delap, âgée de 78 ans, avait été autorisée à sortir de prison après 43 jours, afin d’être assignée à résidence avec un bracelet électronique.Cette militante à la santé fragile avait notamment été victime d’un AVC en juillet 2024, peu avant son procès.Le parquet britannique avait lui défendu la sévérité des peines, estimant que les membres de Just Stop Oil avaient “dépassé les limites du raisonnable”, et soulignant le caractère “dangereux” de leurs actions.Cinq de ces 16 activistes, dont le fondateur de Just Stop Oil Roger Hallam, ont été condamnés à des peines allant de quatre à cinq ans d’emprisonnement pour avoir planifié, lors d’une réunion en ligne, une action de blocage de l’autoroute M25 autour de Londres.”Chacun d’entre vous a franchi, il y a quelques temps, la ligne qui sépare le militant du fanatique”, avait affirmé à l’époque le juge Christopher Hehir.Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l’environnement, avait lui estimé qu’il s’agissait d’un “jour sombre pour les manifestations pacifiques” en faveur du climat et l’exercice des “libertés fondamentales”.Ces dernières années, ONG et militants ont dénoncé un recul de la liberté de manifester au Royaume-Uni.En 2022 et 2023, les précédents gouvernements conservateurs ont voté une série de lois pour dissuader et punir plus sévèrement les actions coup de poing des militants écologistes. Ils ont notamment créé une infraction prévoyant jusqu’à dix ans de prison pour “complot en vue de causer des nuisances publiques”.

Les Européens s’engagent à renforcer leur défense, Washington et Kiev reprennent langue

Déterminés à réagir face au désengagement américain, les dirigeants européens ont affiché jeudi leur volonté de renforcer les capacités de défense du continent, au moment où Washington annonçait une nouvelle réunion avec Kiev en Arabie saoudite.”Nous allons de l’avant de façon décisive vers une Europe de la défense forte et plus souveraine”, s’est félicité Antonio Costa, président du Conseil européen.Réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, les 27 ont donné leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser quelque 800 milliards d’euros, soulignant “la nécessité d’accroître substantiellement les dépenses en matière de défense”.Appelant la Commission à transcrire rapidement ces idées en propositions concrètes, ils se sont engagés à examiner en priorité la proposition de mettre à disposition quelque 150 milliards d’euros sous forme de prêts.Parmi les autres pistes, la possibilité pour les Etats membres d’accroître sensiblement leurs dépenses militaires sans que cela soit pris en compte dans le calcul de leur déficit public, en principe limité à 3% de leur produit intérieur brut (PIB).Dans une illustration frappante des doutes croissants des Européens sur l’attitude des Etats-Unis, Donald Trump a une nouvelle fois jeudi remis en cause l’engagement américain au sein de l’Otan. Estimant que son pays ne devait pas venir au secours de ceux qui, à ses yeux, ne dépensent pas assez pour leur propre défense, il s’est aussi ouvertement interrogé sur le fait de savoir si la France par exemple viendrait en aide aux Etats-Unis.”Nous avons toujours été là l’un pour l’autre. Nous sommes des alliés loyaux et fidèles”, a rétorqué Emmanuel Macron, soulignant que la France éprouvait “respect et amitié” pour les Etats-Unis et leurs dirigeants et était “en droit de réclamer la même chose”.- “Pas seuls” -“Nous sommes très reconnaissants de ne pas être seuls. Et ce ne sont pas seulement des mots. Nous le ressentons”, avait lancé le président ukrainien à son arrivée à Bruxelles.Dans un contraste saisissant avec l’image d’un Donald Trump menaçant dans le Bureau ovale, il était entouré du président du Conseil européen Antonio Costa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui ont insisté sur leur détermination à soutenir Kiev.L’Europe et l’Ukraine sont à un “moment décisif”, a martelé cette dernière, promettant de donner aux Ukrainiens “les moyens de se protéger et d’œuvrer en faveur d’une paix juste et durable”. En écho, le chancelier allemand Olaf Scholz a refusé toute paix qui serait “imposée”.Sans surprise, le Premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban, ardent soutien de Donald Trump, n’a pas donné son aval aux conclusions écrites sur l’Ukraine, qui ont dont été validées par 26 Etats membres, et non 27. “Un pays isolé ne crée pas une division”, a commenté Antonio Costa.Ce texte souligne notamment qu'”il ne peut y avoir de négociations sur l’Ukraine sans l’Ukraine”.- “Un pas positif” pour Washington -Dans un contexte géopolitique totalement chamboulé, les initiatives se multiplient.L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé qu’il rencontrerait une délégation ukrainienne la semaine prochaine, à Ryad ou à Jeddah, pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”. La rencontre est prévue mardi, a précisé un responsable ukrainien à l’AFP.Près d’une semaine après la très vive altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, les deux parties manifestent leur volonté de reprendre le dialogue. Selon M. Witkoff, le locataire de la Maison Blanche a estimé que la lettre rédigée par le chef de l’Etat ukrainien comportait “des excuses” et était “un premier pas très positif”.Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte s’est dit “prudemment optimiste” sur la tournure que prenait la séquence mouvementée entre l’Ukraine et les Etats-Unis, avant de recevoir chez lui à Bruxelles le président ukrainien.Londres a de son côté annoncé discuter avec une vingtaine de pays “intéressés” à contribuer à un maintien de la paix dans le cadre d’un éventuel accord avec la Russie. Paris réunira mardi des chefs d’état-major des armées des nations européennes prêtes à garantir un futur arrêt des combats sur le sol ukrainien.Au sein de l’UE, nombre de lignes bougent aussi. Effectuant un virage longtemps inimaginable, l’Allemagne envisage désormais des investissements massifs pour renforcer son armée. Jusqu’ici apôtre d’une stricte orthodoxie budgétaire, elle vient même – à la stupéfaction de nombreux diplomates – de plaider pour une réforme du “corset budgétaire” de l’UE. La proposition d’Emmanuel Macron d’ouvrir un débat sur la protection de l’Europe par l’arsenal nucléaire français fait également son chemin. Le président français a assuré que “plusieurs” dirigeants étaient venus le voir jeudi pour lui parler de ce sujet, évoquant un “dialogue à la fois stratégique et technique” dans les mois à venir.

Les Européens s’engagent à renforcer leur défense, Washington et Kiev reprennent langue

Déterminés à réagir face au désengagement américain, les dirigeants européens ont affiché jeudi leur volonté de renforcer les capacités de défense du continent, au moment où Washington annonçait une nouvelle réunion avec Kiev en Arabie saoudite.”Nous allons de l’avant de façon décisive vers une Europe de la défense forte et plus souveraine”, s’est félicité Antonio Costa, président du Conseil européen.Réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, les 27 ont donné leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser quelque 800 milliards d’euros, soulignant “la nécessité d’accroître substantiellement les dépenses en matière de défense”.Appelant la Commission à transcrire rapidement ces idées en propositions concrètes, ils se sont engagés à examiner en priorité la proposition de mettre à disposition quelque 150 milliards d’euros sous forme de prêts.Parmi les autres pistes, la possibilité pour les Etats membres d’accroître sensiblement leurs dépenses militaires sans que cela soit pris en compte dans le calcul de leur déficit public, en principe limité à 3% de leur produit intérieur brut (PIB).Dans une illustration frappante des doutes croissants des Européens sur l’attitude des Etats-Unis, Donald Trump a une nouvelle fois jeudi remis en cause l’engagement américain au sein de l’Otan. Estimant que son pays ne devait pas venir au secours de ceux qui, à ses yeux, ne dépensent pas assez pour leur propre défense, il s’est aussi ouvertement interrogé sur le fait de savoir si la France par exemple viendrait en aide aux Etats-Unis.”Nous avons toujours été là l’un pour l’autre. Nous sommes des alliés loyaux et fidèles”, a rétorqué Emmanuel Macron, soulignant que la France éprouvait “respect et amitié” pour les Etats-Unis et leurs dirigeants et était “en droit de réclamer la même chose”.- “Pas seuls” -“Nous sommes très reconnaissants de ne pas être seuls. Et ce ne sont pas seulement des mots. Nous le ressentons”, avait lancé le président ukrainien à son arrivée à Bruxelles.Dans un contraste saisissant avec l’image d’un Donald Trump menaçant dans le Bureau ovale, il était entouré du président du Conseil européen Antonio Costa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui ont insisté sur leur détermination à soutenir Kiev.L’Europe et l’Ukraine sont à un “moment décisif”, a martelé cette dernière, promettant de donner aux Ukrainiens “les moyens de se protéger et d’œuvrer en faveur d’une paix juste et durable”. En écho, le chancelier allemand Olaf Scholz a refusé toute paix qui serait “imposée”.Sans surprise, le Premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban, ardent soutien de Donald Trump, n’a pas donné son aval aux conclusions écrites sur l’Ukraine, qui ont dont été validées par 26 Etats membres, et non 27. “Un pays isolé ne crée pas une division”, a commenté Antonio Costa.Ce texte souligne notamment qu'”il ne peut y avoir de négociations sur l’Ukraine sans l’Ukraine”.- “Un pas positif” pour Washington -Dans un contexte géopolitique totalement chamboulé, les initiatives se multiplient.L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé qu’il rencontrerait une délégation ukrainienne la semaine prochaine, à Ryad ou à Jeddah, pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”. La rencontre est prévue mardi, a précisé un responsable ukrainien à l’AFP.Près d’une semaine après la très vive altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, les deux parties manifestent leur volonté de reprendre le dialogue. Selon M. Witkoff, le locataire de la Maison Blanche a estimé que la lettre rédigée par le chef de l’Etat ukrainien comportait “des excuses” et était “un premier pas très positif”.Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte s’est dit “prudemment optimiste” sur la tournure que prenait la séquence mouvementée entre l’Ukraine et les Etats-Unis, avant de recevoir chez lui à Bruxelles le président ukrainien.Londres a de son côté annoncé discuter avec une vingtaine de pays “intéressés” à contribuer à un maintien de la paix dans le cadre d’un éventuel accord avec la Russie. Paris réunira mardi des chefs d’état-major des armées des nations européennes prêtes à garantir un futur arrêt des combats sur le sol ukrainien.Au sein de l’UE, nombre de lignes bougent aussi. Effectuant un virage longtemps inimaginable, l’Allemagne envisage désormais des investissements massifs pour renforcer son armée. Jusqu’ici apôtre d’une stricte orthodoxie budgétaire, elle vient même – à la stupéfaction de nombreux diplomates – de plaider pour une réforme du “corset budgétaire” de l’UE. La proposition d’Emmanuel Macron d’ouvrir un débat sur la protection de l’Europe par l’arsenal nucléaire français fait également son chemin. Le président français a assuré que “plusieurs” dirigeants étaient venus le voir jeudi pour lui parler de ce sujet, évoquant un “dialogue à la fois stratégique et technique” dans les mois à venir.

Deux armées, un seul but: stopper l’immigration clandestine à la frontière Mexique/Etats-Unis

Du côté américain, les militaires installent des barbelés sur le mur-frontière. Du côté mexicain, les soldats ont mis sur pied un campement le long d’une montagne. L’objectif est le même à Tijuana: colmater la moindre brèche pour éviter l’immigration clandestine.La présence militaire s’est intensifiée le long des 3.100 km de frontière depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. Le président américain a déclaré l'”urgence” dans cette zone. Sous la pression de ses menaces de droits de douane, le Mexique a déployé 10.000 soldats supplémentaires.En janvier, les États-Unis ont enregistré 65% moins d’interceptions de migrants qu’à pareille date l’année précédente, selon les données du Service des douanes et de la protection des frontières (CBP).”Si avant il y avait une centaine de passages par jour, maintenant il n’y en a pas plus de cinq. Hier, il n’y en n’a pas eu”, a déclaré à l’AFP  un officier de la Garde nationale mexicaine, sous le couvert de l’anonymat.Ces résultats sont dus à la “coordination” entre le CBP et la Garde nationale mexicaine, selon cet officier qui patrouille près de Nido de las Águilas, un secteur pauvre et montagneux bordé par une clôture métallique, comme une grande partie de la ville de Tijuana. Les deux forces armées ont lancé un groupe Whatsapp pour partager des informations, des photos et des vidéos des opérations.Trump a menacé de taxer les exportations mexicaines à 25% en accusant le Mexique de ne pas en faire assez dans la lutte contre les migrants sans papiers et le trafic de fentanyl.Le président américain a de nouveau repoussé jeudi au 2 avril sa menace après un entretien téléphonique avec la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.”Nous travaillons fort, ensemble”, pour “empêcher que les immigrants illégaux entrent” et “arrêter le fentanyl”, a déclaré M. Trump.- Campements -Armés de fusils d’assaut mexicains FX Xiuhcoatl, les membres de la Garde nationale mexicaine montent et descendent à bord de camionnettes sur les pentes abruptes de Nido de las Águilas. Ce village est un passage bien connu où traversent les migrants qui fuient la pauvreté, la violence et les gouvernements autoritaires, sous l’emprise des “coyotes” (passeurs) qui les maltraitent. À quelques heures de marche vers le nord-ouest, de l’autre côté de la frontière, la ville promise : San Diego.Sur une colline encerclée de maisons délabrées, de chemins de terre, de poulaillers et d’ordures, une trentaine de soldats mexicains ont désormais leur propre base depuis le 20 février.”C’est un passage important en raison de la hauteur du mur”, explique l’officier de la Garde nationale.Malgré la présence militaire accrue, certains migrants se risquent à traverser. C’est le cas d’un couple pakistanais intercepté avec un jeune enfant dans les bras le 26 février dernier.Ils ont été livrés aux autorités migratoires mexicaines, après que la Garde mexicaine a demandé au CBP de vérifier les antécédents criminels des deux adultes.”De ce côté-ci, c’est à nous; de ce côté-là, c’est à eux”, lance l’officier, pendant que ses collègues filment les vols des hélicoptères américains, pour les diffuser sur la conversation Whatsapp.L’un deux a collé sur son casque un écusson du CBP, un geste courant entre les forces de l’ordre, qui s’échangent leurs insignes en signe d’amitié. Du côté américain, les militaires installent en hauteur un grand rouleau de barbelés, pour renforcer les barreaux les plus élevés.L’un des soldats observe quelque chose qui attire son attention sur le territoire mexicain à l’aide de jumelles, pendant que son collègue prend des images avec un téléphone cellulaire.

Tokyo commémore les 80 ans d’un raid aérien américain meurtrier de la Seconde guerre mondiale

Il y a 80 ans, Shizuko Nishio, qui avait à peine six ans, s’est accrochée à sa mère dans une cave, au moment où des bombardiers américains B29 larguaient leurs bombes incendiaires sur Tokyo, réduisant ses habitants en cendres et la capitale en un vaste champ de ruines.Cinq mois avant les bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, les raids aériens nocturnes dans la nuit du 9 au 10 mars 1945 ont été les plus meurtriers de la Seconde guerre mondiale menés avec des bombes conventionnelles. Au moins 80.000 personnes – et probablement plus de 100.000 selon des historiens japonais et américains – auraient alors perdu la vie.Mme Nishio, qui s’apprête à célébrer ses 86 ans, est la seule survivante parmi les vingt enfants de sa classe de maternelle.Elle se souvient de son excitation à l’idée de fêter son sixième anniversaire mais aussi de sa joie car elle allait “commencer à aller à l’école primaire à partir du mois d’avril”.”Puis la nuit, alors que nous étions couchés, mon père nous a dit de nous réfugier dans l’école primaire située en face de notre maison”, raconte à l’AFP cette vétérinaire à la retraite.Mais l’abri était plein déjà bondé, avec plus de 400 personnes à l’intérieur. Le cousin de Mme Nishio, alors âgé de 19 ans, et une infirmière sont restés sur place, tandis que le reste du groupe s’est réfugié dans le sous-sol d’une autre école. Vague après vague, les bombardiers B29 ont alors largué des bombes incendiaires, déclenchant un immense brasier, qui a ravagé 4.145 hectares de la ville.”Nous pensions que mon cousin et l’infirmière allaient s’en sortir”, déclare Mme Nishio.Mais quelques heures plus tard, ils faisaient partie des 200 personnes “retrouvées mortes carbonisées”, brûlées vives par la chaleur du brasier à l’extérieur.- “Corps carbonisés” -Le matin de son sixième anniversaire, Shizuko Nishio et sa famille sont sortis de leur maison avant l’aube, et ont découvert des “corps carbonisés” qui ressemblaient à des “bûches humaines”, a-t-elle raconté.”Il n’y avait plus rien… C’était comme la surface de la Lune.”L’historien britannique Richard Overy, auteur de “Pluie de ruines: Tokyo, Hiroshima et la capitulation du Japon”, raconte à l’AFP que mener une “explosion imparable” était “délibérée”.”Jusqu’au raid sur Tokyo, l’armée de l’air américaine avait tenté de détruire des usines japonaises ou d’attaquer des ports au Japon. Mais ils n’ont pas réussi”, explique-t-il.Le général Curtis LeMay, commandant de la force de bombardement de l’armée de l’air, “a donc décidé que la meilleure chose à faire était d’attaquer à basse altitude, avec des bombes incendiaires, et de brûler les villes”, ajoute-t-il.”Et en les incendiant, les travailleurs seraient tués, délogés. (…) Et cela permettait d’une certaine manière de miner l’économie de guerre japonaise”, estime l’historien. En raison des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945, suivis de la capitulation du Japon en septembre, le bombardement de Tokyo est largement tombé dans l’oubli.Même les attaques similaires menées par les Américains et les Britanniques à Hambourg et à Dresde en Allemagne, qui ont fait beaucoup moins de victimes, sont “plus connues”, selon Richard Overy.Tokyo a été “le pire bombardement conventionnel de la Seconde Guerre mondiale. Nous devons en être plus conscients”, assure l’historien. “Il ne fait aucun doute que la population civile était une cible délibérée”, ajoute-t-il. – “Rouge sinistre” -Alors qu’elle n’avait que huit ans, Yoko Kitamura, une autre survivante du bombardement aérien, se souvient que le ciel s’était teinté d’un “rouge sinistre”.”Le feu prenait de l’ampleur tandis que j’observais le ciel avec effroi (…) et dans notre secteur, il faisait clair comme en plein jour”, raconte à l’AFP Mme. Kitamura, aujourd’hui âgée de 88 ans.Deux mois plus tard, le 24 mai 1945, le quartier de Tokyo où elle se trouvait a également été la cible de frappes aériennes incendiaires. L’une d’entre elles est tombée près d’elle, cela ressemblait à “un petit bâton qui faisait des étincelles”.”Il s’est divisé en trente-huit étincelles. (…) L’une (de ces étincelles) est tombée sur une personne en face de moi et ses vêtements ont brûlé”, raconte Mme. Kitamura. “J’ai pensé, +Il prend feu+. Mais je n’ai pas pu demander à cette personne si elle allait bien… J’étais en train de fuir pour sauver ma propre vie”, ajoute-t-elle. Par la suite, Yoko Kitamura est devenue docteure, et a toujours détesté” le son des sirènes d’ambulance, qui lui rappelle le cri des alertes de raids aériens en temps de guerre. Interrogée sur les conflits actuels, notamment la guerre en Ukraine, Yoko Kitamura a déclaré que “l’humanité est stupide de s’entretuer”. L’autre survivante, Shizuko Nishio, partage son avis.”Quand je regardais la télévision sur la situation en Ukraine, il y avait une petite fille qui pleurait dans un abri humide…J’ai pensé +C’est moi!+”

Australie: 80.000 foyers sans électricité alors que le cyclone Alfred se dirige vers la côte

Plus de 80.000 foyers australiens étaient privés d’électricité vendredi, au moment où le cyclone tropical Alfred et ses vents destructeurs se rapprochent de la côte orientale densément peuplée du pays.Vendredi après-midi, le cyclone se trouvait à 125 kilomètres à l’est de la ville de Brisbane, selon le gouvernement.Le département météorologique australien estime de son côté que le typhon, premier à frapper la zone depuis 1974, touchera la côte australienne samedi.Plus de 4 millions de personnes se trouvent sur la trajectoire du cyclone, sur une bande côtière densément peuplée de 300 kilomètres, à cheval sur la frontière entre l’Etat du Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud.Vendredi matin, 80.000 foyers sont privés d’électricité à travers les deux Etats alors que des  vents déjà dévastateurs ont emporté des arbres qui sont tombés sur des pylônes électriques, ont annoncé les autorités.- “Peur” -Le Premier ministre de l’Etat du Queensland, David Crisafulli, a assuré que la tempête “était déjà forte” et a prévenu que les conditions allaient empirer à mesure que le cyclone s’approchait des terres.Des images de l’AFP montrent un yacht projeté sur les rochers après s’être détaché à Point Danger, à l’extrémité sud de la Gold Coast.Deux personnes ont eu “de la chance s’en sortir” après qu’un arbre se soit abattu sur le toit d’une maison dans la banlieue côtière de la ville de Gold Coast, dans le Queensland, a aussi déclaré le service ambulancier de l’Etat.Au total, 10.000 habitants de zones de la Nouvelle-Galles du Sud sujette aux inondations ont été évacués en urgence, ont indiqué les responsables de ces opérations.La ville de Lismore, déjà frappée par des inondations record de 14 mètres après des pluies torrentielles en 2022, suscite également l’inquiétude des autorités.Ces trois derniers jours, de nombreux Australiens des zones menacées se sont préparés, bloquant les entrées de leur maison avec des sacs de sable et mettant de côté des réserves de nourriture et d’eau.”Beaucoup de gens ont peur, car on ne sait pas du tout ce qui va se passer”, a déclaré à l’AFP Paul Farrow, un habitant de la ville côtière de Coolangatta, à la frontière entre Nouvelle-Galles du Sud et Queensland.”Nous pourrions tous perdre nos maisons”, s’est inquiété l’homme de 62 ans.- “Se préparer au pire” -Le Premier ministre australien Anthony Albanese a assuré que la région devait “espérer le meilleur, mais se préparer au pire”.”C’est lorsque la nature fait des ravages que les Australiens sont les meilleurs. Nous sommes unis. Nous faisons attention les uns aux autres. Nous veillons sur nos voisins”, a-t-il déclaré devant la presse.Le cyclone Alfred va probablement toucher la côte samedi, a assuré le bureau de météorologie australien, même s’il assure que sa trajectoire est de plus en plus difficile à suivre. Les pluies torrentielles, des vents destructeurs et des vagues violentes vont s’abattre sur la côte à mesure que la tempête approche, a indiqué le bureau.Plus de 900 écoles de l’État du Queensland et des régions voisines du nord de la Nouvelle-Galles du Sud ont été fermées vendredi, ont indiqué des responsables du ministère de l’Education.Si les cyclones sont fréquents dans les eaux tropicales chaudes qui baignent le flanc nord de l’Australie, il est plus rare qu’ils se forment dans les eaux plus froides plus au sud.Les chercheurs ont à plusieurs reprises mis en garde contre le fait que le changement climatique amplifie le risque de catastrophes naturelles telles que les feux de brousse, les inondations et les cyclones.

Corée du Sud: annulation du mandat d’arrêt contre le président Yoon, qui reste toutefois en prison

Un tribunal sud-coréen a annulé vendredi pour vice de procédure le mandat d’arrêt en vertu duquel le président suspendu Yoon Suk Yeol est incarcéré depuis janvier pour sa tentative ratée d’imposer la loi martiale, une décision qui n’entraîne toutefois pas sa remise en liberté immédiate.”Même si le tribunal décide d’annuler la détention, l’accusé n’est pas immédiatement libéré”, a déclaré l’un des avocats du président, Seok Dong-hyeon.Selon le code de procédure pénale sud-coréen, le parquet a sept jours pour faire appel, et le suspect “n’est libéré que si le procureur renonce à son droit de faire appel ou ne fait pas appel dans les délais prescrits”. Sollicité par l’AFP, le parquet n’a pas immédiatement répondu.L’équipe juridique de M. Yoon avait intenté le mois dernier un recours contre le maintien en détention de leur client, soutenant que les procureurs l’avaient inculpé un jour après l’expiration du mandat en vertu duquel il était détenu après sa tentative ratée de suspendre le régime civil en décembre.”Pour garantir la clarté de la procédure et éliminer tout doute quant à la légalité du processus d’enquête, il est approprié d’émettre une décision d’annulation de la détention”, a écrit le Tribunal du district central de Séoul dans sa décision.Le président conservateur avait plongé la Corée du Sud dans le chaos politique dans la nuit du 3 au 4 décembre en décrétant la loi martiale et en envoyant l’armée au Parlement pour tenter de le museler. Il avait dû faire marche arrière six heures plus tard, les députés étant parvenus à se réunir en urgence et à voter une motion exigeant le retour au régime civil.Yoon Suk Yeol, 64 ans, avait justifié son coup de force par le fait que le Parlement, dominé par l’opposition, bloquait l’adoption du budget de l’Etat. Dans une allocution télévisée surprise, il avait dit vouloir “protéger la Corée du Sud libérale des menaces posées par les forces communistes nord-coréennes” et “éliminer les éléments hostiles à l’Etat”.- Procès en destitution -L’Assemblée nationale sud-coréenne avait voté la destitution de M. Yoon le 14 décembre. Le président n’est pour l’instant que suspendu de ses fonctions en attendant que la Cour constitutionnelle confirme ou infirme le vote des députés.La Cour a achevé ses audiences publiques la semaine dernière et, selon les médias sud-coréens, pourrait rendre sa décision dès la semaine prochaine. Si elle confirme la destitution, M. Yoon sera définitivement déchu et une élection présidentielle sera organisée dans les 60 jours. Dans le cas contraire, il sera réinstallé dans ses fonctions.La majeure partie du procès en destitution de M. Yoon s’est penchée sur la question de savoir s’il a violé la Constitution en déclarant la loi martiale, une mesure qui ne peut être prise que lorsqu’une intervention militaire est nécessaire pour préserver la sécurité et l’ordre public “en cas de conflit armé ou d’une urgence nationale similaire”.L’opposition l’a accusé d’avoir pris cette mesure extraordinaire sans motif valable. Les avocats de M. Yoon ont au contraire affirmé qu’il avait décrété la loi martiale pour alerter le pays sur les dangers d’une “dictature législative” exercée selon lui par le Parlement.Sous le coup d’une enquête pour “insurrection”, un crime passible de la peine de mort ou de la prison à vie et qui n’est pas couvert par l’immunité présidentielle, M. Yoon avait été rrêté le 15 janvier après s’être retranché plusieurs semaines dans sa résidence de Séoul. Il avait été inculpé le 26 janvier et placé en détention provisoire pour six mois.Son procès pénal, le premier contre un président en exercice dans l’histoire de la Corée du Sud, a démarré le 20 février devant le Tribunal du district central de Séoul par une audience préliminaire consacrée aux questions de procédure. La prochaine audience est prévue le 24 mars.Dès l’annulation du mandat d’arrêt connue, une foule de partisans de M. Yoon s’est rassemblée devant le Centre de détention de Séoul, où est incarcéré le président, laissant éclater sa joie et brandissant des drapeaux sud-coréens et américains.”Bien qu’elle se soit longtemps fait attendre, cette décision est la bienvenue”, a déclaré Kwon Young-se, député du Parti du pouvoir au peuple (PPP) de M. Yoon. “Il s’agit d’un moment crucial qui réaffirme l’État de droit et la justice en Corée du Sud”, s’est-il félicité.

Corée du Sud: annulation du mandat d’arrêt contre le président Yoon, qui reste toutefois en prison

Un tribunal sud-coréen a annulé vendredi pour vice de procédure le mandat d’arrêt en vertu duquel le président suspendu Yoon Suk Yeol est incarcéré depuis janvier pour sa tentative ratée d’imposer la loi martiale, une décision qui n’entraîne toutefois pas sa remise en liberté immédiate.”Même si le tribunal décide d’annuler la détention, l’accusé n’est pas immédiatement libéré”, a déclaré l’un des avocats du président, Seok Dong-hyeon.Selon le code de procédure pénale sud-coréen, le parquet a sept jours pour faire appel, et le suspect “n’est libéré que si le procureur renonce à son droit de faire appel ou ne fait pas appel dans les délais prescrits”. Sollicité par l’AFP, le parquet n’a pas immédiatement répondu.L’équipe juridique de M. Yoon avait intenté le mois dernier un recours contre le maintien en détention de leur client, soutenant que les procureurs l’avaient inculpé un jour après l’expiration du mandat en vertu duquel il était détenu après sa tentative ratée de suspendre le régime civil en décembre.”Pour garantir la clarté de la procédure et éliminer tout doute quant à la légalité du processus d’enquête, il est approprié d’émettre une décision d’annulation de la détention”, a écrit le Tribunal du district central de Séoul dans sa décision.Le président conservateur avait plongé la Corée du Sud dans le chaos politique dans la nuit du 3 au 4 décembre en décrétant la loi martiale et en envoyant l’armée au Parlement pour tenter de le museler. Il avait dû faire marche arrière six heures plus tard, les députés étant parvenus à se réunir en urgence et à voter une motion exigeant le retour au régime civil.Yoon Suk Yeol, 64 ans, avait justifié son coup de force par le fait que le Parlement, dominé par l’opposition, bloquait l’adoption du budget de l’Etat. Dans une allocution télévisée surprise, il avait dit vouloir “protéger la Corée du Sud libérale des menaces posées par les forces communistes nord-coréennes” et “éliminer les éléments hostiles à l’Etat”.- Procès en destitution -L’Assemblée nationale sud-coréenne avait voté la destitution de M. Yoon le 14 décembre. Le président n’est pour l’instant que suspendu de ses fonctions en attendant que la Cour constitutionnelle confirme ou infirme le vote des députés.La Cour a achevé ses audiences publiques la semaine dernière et, selon les médias sud-coréens, pourrait rendre sa décision dès la semaine prochaine. Si elle confirme la destitution, M. Yoon sera définitivement déchu et une élection présidentielle sera organisée dans les 60 jours. Dans le cas contraire, il sera réinstallé dans ses fonctions.La majeure partie du procès en destitution de M. Yoon s’est penchée sur la question de savoir s’il a violé la Constitution en déclarant la loi martiale, une mesure qui ne peut être prise que lorsqu’une intervention militaire est nécessaire pour préserver la sécurité et l’ordre public “en cas de conflit armé ou d’une urgence nationale similaire”.L’opposition l’a accusé d’avoir pris cette mesure extraordinaire sans motif valable. Les avocats de M. Yoon ont au contraire affirmé qu’il avait décrété la loi martiale pour alerter le pays sur les dangers d’une “dictature législative” exercée selon lui par le Parlement.Sous le coup d’une enquête pour “insurrection”, un crime passible de la peine de mort ou de la prison à vie et qui n’est pas couvert par l’immunité présidentielle, M. Yoon avait été rrêté le 15 janvier après s’être retranché plusieurs semaines dans sa résidence de Séoul. Il avait été inculpé le 26 janvier et placé en détention provisoire pour six mois.Son procès pénal, le premier contre un président en exercice dans l’histoire de la Corée du Sud, a démarré le 20 février devant le Tribunal du district central de Séoul par une audience préliminaire consacrée aux questions de procédure. La prochaine audience est prévue le 24 mars.Dès l’annulation du mandat d’arrêt connue, une foule de partisans de M. Yoon s’est rassemblée devant le Centre de détention de Séoul, où est incarcéré le président, laissant éclater sa joie et brandissant des drapeaux sud-coréens et américains.”Bien qu’elle se soit longtemps fait attendre, cette décision est la bienvenue”, a déclaré Kwon Young-se, député du Parti du pouvoir au peuple (PPP) de M. Yoon. “Il s’agit d’un moment crucial qui réaffirme l’État de droit et la justice en Corée du Sud”, s’est-il félicité.