AFP World

Salvini, numéro 2 du gouvernement italien, qualifie Macron de “fou”

Le dirigeant italien d’extrême-droite Matteo Salvini, numéro 2 du gouvernement ultraconservateur, a une nouvelle fois qualifié de “fou” vendredi le président français Emmanuel Macron, qu’il accuse de pousser l’Europe à la guerre avec la Russie.Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, M. Salvini s’emploie à freiner l’aide militaire de l’Italie à Kiev tout en tentant de faire oublier la proximité passée entre sa formation politique, La Ligue, et le parti de Vladimir Poutine, Russie unie.Le président français, souvent à l’initiative avec Bruxelles dans le soutien à l’Ukraine, est, avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la principale cible des attaques verbales de M. Salvini.”Zelensky demande la paix, Trump oeuvre pour la paix, Poutine veut la paix” tandis qu'”à Bruxelles et Paris, il y a un fou”, a-t-il dit vendredi en déplacement à Milan, selon ses propos rapportés par l’agence de presse Ansa.Si l’Italie “veut investir dans sa sécurité nationale”, elle n’acceptera “jamais une armée européenne commandée par ce fou de Macron qui parle de guerre nucléaire”, a-t-il ajouté.Emmanuel Macron a évoqué ces derniers jours la possibilité de faire bénéficier l’Europe du parapluie nucléaire français. Il a précisé jeudi se donner jusqu’à “la fin du semestre” pour voir “s’il y a des coopérations nouvelles qui peuvent voir le jour”, au sein de l’Union européenne sur ce sujet.Pour Matteo Salvini, M. Macron “a un besoin désespéré de donner un sens” aux derniers temps de son second et dernier mandat présidentiel. “Mais qu’il ne le fasse pas à nos dépens ni à ceux de nos enfants”.Il avait déjà traité le chef de l’Etat français de fou l’an dernier quand ce dernier avait évoqué l’envoi de troupes européennes en Ukraine, lui conseillant de “se faire soigner”.Systématiquement à contre-courant de la politique pro-Kiev de la cheffe de gouvernement Giorgia Meloni, de culture atlantiste, M. Salvini est un admirateur de longue date de Vladimir Poutine et son parti avait signé en 2017 un accord avec Russie unie, le parti du président russe.S’il a condamné l’invasion russe de l’Ukraine, il a aussi tenu des propos controversés sur la réélection de M. Poutine (“Quand un peuple vote, il a toujours raison”) ou la mort en prison d’Alexeï Navalny, principal opposant au chef du Kremlin, estimant qu’il revenait “aux médecins et aux juges” russes de faire la lumière sur les circonstances de son décès.La Ligue fait partie, aux côtés du Rassemblement national (RN) français, du groupe Identité et démocratie au Parlement européen.

Ukraine: Trump menace la Russie après de nouvelles frappes russes massives

Donald Trump a affirmé vendredi qu’il imposerait à la Russie de nouvelles sanctions si elle ne cessait de “pilonner” l’Ukraine et rechignait à la paix, après une nouvelle attaque massive de drones et de missiles russes sur des villes et infrastructures du pays ravagé par plus de trois ans de guerre.Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, malmené ces dernières semaines par son homologue américain qui a repris à son compte l’argumentaire du Kremlin et suspendu l’aide militaire à l’Ukraine, a de nouveau réclamé l’instauration dans un premier temps d’une trêve des frappes aériennes.”Compte tenu du fait que la Russie +pilonne+ actuellement l’Ukraine sur le champ de bataille, j’envisage fortement des sanctions bancaires, des sanctions et des droits de douane à grande échelle contre la Russie jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu et un accord définitif sur la paix soient conclus”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.Survenue au lendemain d’un sommet des 27 pays de l’UE qui ont affiché à Bruxelles leur volonté de renforcer à hauteur de centaines de milliards d’euros les capacités de défense du continent, la vague nocturne de bombardements sur l’Ukraine intervient aussi en pleins pourparlers sur un hypothétique cessez-le-feu.Le président ukrainien y a vu une nouvelle preuve du peu de disposition de Moscou pour la paix.”Les premières étapes pour établir une paix réelle devraient être de forcer la seule source de cette guerre, c’est-à-dire la Russie, à mettre fin à de telles attaques”, a-t-il écrit sur X, demandant une “interdiction” de l’usage “de missiles, de drones à longue portée et de bombes” aériennes.Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est un acteur incontournable du bassin de la mer Noire et la deuxième armée de l’Otan après les Etats-Unis, a dit vendredi soutenir “l’idée d’établir un cessez-le-feu le plus rapidement possible et de cesser les attaques dans les airs et en mer comme mesure de confiance entre les parties”.Une rencontre est prévue mardi en Arabie saoudite entre des délégations américaine et ukrainienne pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”, selon Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient.- “Attaque combinée” -Tôt vendredi, dans plusieurs régions d’Ukraine, les infrastructures énergétiques et gazières se sont retrouvées à nouveau sous “des bombardements massifs de missiles et de drones”, selon le ministre de l’Énergie Guerman Galouchtchenko. “Toutes les mesures nécessaires sont prises pour stabiliser l’approvisionnement en énergie et en gaz”.Lors de cette “attaque combinée”, le pays a été visé par au moins 58 missiles et 194 drones russes, selon l’armée ukrainienne. Pour les contrer, elle a notamment utilisé pour la première fois des chasseurs français Mirage 2000 livrés par la France le mois dernier.L’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu au moins 134 cibles, dont 34 missiles et 100 drones, au moment où la suspension de l’aide militaire américaine fait craindre un affaiblissement de ses capacités de défense antiaérienne.Des alertes aériennes ont été déclenchées dans tout le pays pendant la nuit, avec des dégâts et des blessés signalés dans plusieurs régions.Cinq personnes ont été blessées à Kharkiv (nord-est), selon les autorités. Dans un message sur Telegram, le maire de la ville, Igor Terekhov, a indiqué qu’une femme avait été retirée vivante des décombres. “Outre un bâtiment d’infrastructure critique et un bâtiment résidentiel, d’autres bâtiments ont également été endommagés”, selon M. Terekhov.A Ternopil (ouest), selon le gouverneur de la région, Iacheslav Negoda, “des missiles ont touché une installation industrielle critique” sans faire de victime.Plus tôt dans la nuit, des dommages à des infrastructures critiques avaient été signalés dans la région d’Odessa (sud).”L’attaque a provoqué des incendies dans trois immeubles résidentiels privés. Des infrastructures critiques ont également été endommagées. Selon les premières informations, personne n’a été blessé”, ont indiqué les services d’urgence.La veille, des frappes russes sur un hôtel de Kryvyï Rig (centre) avaient fait quatre morts et plus de 30 blessés, selon les autorités.- “Réarmer l’Europe” -Une semaine après l’altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, l’Ukraine fait face au gel de l’aide militaire américaine, y compris celui du partage de renseignements.Face au désengagement américain, les 27 dirigeants européens, réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, ont donné jeudi leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser 800 milliards d’euros pour augmenter les dépenses en matière de défense.Vendredi, l’UE a annoncé avoir informé plusieurs pays de l’Otan “partageant (ses) idées” – Royaume-Uni, Turquie, Canada, Norvège et Islande – des résultats de son sommet extraordinaire, lors d’une visioconférence en matinée.A l’issue de celle-ci, M. Erdogan, appelant à inclure la Turquie, a souligné que “la sécurité européenne n’est pas seulement l’affaire” de l’UE.Le chef du gouvernement britannique, Keir Starmer, a salué un “pas en avant historique”.Le Kremlin a de son côté dénoncé une “rhétorique de confrontation” qui s’oppose à “la recherche d’un règlement” du conflit en Ukraine, déclenché par l’invasion russe du pays fin février 2022.

Ukraine: Trump menace la Russie après de nouvelles frappes russes massives

Donald Trump a affirmé vendredi qu’il imposerait à la Russie de nouvelles sanctions si elle ne cessait de “pilonner” l’Ukraine et rechignait à la paix, après une nouvelle attaque massive de drones et de missiles russes sur des villes et infrastructures du pays ravagé par plus de trois ans de guerre.Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, malmené ces dernières semaines par son homologue américain qui a repris à son compte l’argumentaire du Kremlin et suspendu l’aide militaire à l’Ukraine, a de nouveau réclamé l’instauration dans un premier temps d’une trêve des frappes aériennes.”Compte tenu du fait que la Russie +pilonne+ actuellement l’Ukraine sur le champ de bataille, j’envisage fortement des sanctions bancaires, des sanctions et des droits de douane à grande échelle contre la Russie jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu et un accord définitif sur la paix soient conclus”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.Survenue au lendemain d’un sommet des 27 pays de l’UE qui ont affiché à Bruxelles leur volonté de renforcer à hauteur de centaines de milliards d’euros les capacités de défense du continent, la vague nocturne de bombardements sur l’Ukraine intervient aussi en pleins pourparlers sur un hypothétique cessez-le-feu.Le président ukrainien y a vu une nouvelle preuve du peu de disposition de Moscou pour la paix.”Les premières étapes pour établir une paix réelle devraient être de forcer la seule source de cette guerre, c’est-à-dire la Russie, à mettre fin à de telles attaques”, a-t-il écrit sur X, demandant une “interdiction” de l’usage “de missiles, de drones à longue portée et de bombes” aériennes.Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est un acteur incontournable du bassin de la mer Noire et la deuxième armée de l’Otan après les Etats-Unis, a dit vendredi soutenir “l’idée d’établir un cessez-le-feu le plus rapidement possible et de cesser les attaques dans les airs et en mer comme mesure de confiance entre les parties”.Une rencontre est prévue mardi en Arabie saoudite entre des délégations américaine et ukrainienne pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”, selon Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient.- “Attaque combinée” -Tôt vendredi, dans plusieurs régions d’Ukraine, les infrastructures énergétiques et gazières se sont retrouvées à nouveau sous “des bombardements massifs de missiles et de drones”, selon le ministre de l’Énergie Guerman Galouchtchenko. “Toutes les mesures nécessaires sont prises pour stabiliser l’approvisionnement en énergie et en gaz”.Lors de cette “attaque combinée”, le pays a été visé par au moins 58 missiles et 194 drones russes, selon l’armée ukrainienne. Pour les contrer, elle a notamment utilisé pour la première fois des chasseurs français Mirage 2000 livrés par la France le mois dernier.L’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu au moins 134 cibles, dont 34 missiles et 100 drones, au moment où la suspension de l’aide militaire américaine fait craindre un affaiblissement de ses capacités de défense antiaérienne.Des alertes aériennes ont été déclenchées dans tout le pays pendant la nuit, avec des dégâts et des blessés signalés dans plusieurs régions.Cinq personnes ont été blessées à Kharkiv (nord-est), selon les autorités. Dans un message sur Telegram, le maire de la ville, Igor Terekhov, a indiqué qu’une femme avait été retirée vivante des décombres. “Outre un bâtiment d’infrastructure critique et un bâtiment résidentiel, d’autres bâtiments ont également été endommagés”, selon M. Terekhov.A Ternopil (ouest), selon le gouverneur de la région, Iacheslav Negoda, “des missiles ont touché une installation industrielle critique” sans faire de victime.Plus tôt dans la nuit, des dommages à des infrastructures critiques avaient été signalés dans la région d’Odessa (sud).”L’attaque a provoqué des incendies dans trois immeubles résidentiels privés. Des infrastructures critiques ont également été endommagées. Selon les premières informations, personne n’a été blessé”, ont indiqué les services d’urgence.La veille, des frappes russes sur un hôtel de Kryvyï Rig (centre) avaient fait quatre morts et plus de 30 blessés, selon les autorités.- “Réarmer l’Europe” -Une semaine après l’altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, l’Ukraine fait face au gel de l’aide militaire américaine, y compris celui du partage de renseignements.Face au désengagement américain, les 27 dirigeants européens, réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, ont donné jeudi leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser 800 milliards d’euros pour augmenter les dépenses en matière de défense.Vendredi, l’UE a annoncé avoir informé plusieurs pays de l’Otan “partageant (ses) idées” – Royaume-Uni, Turquie, Canada, Norvège et Islande – des résultats de son sommet extraordinaire, lors d’une visioconférence en matinée.A l’issue de celle-ci, M. Erdogan, appelant à inclure la Turquie, a souligné que “la sécurité européenne n’est pas seulement l’affaire” de l’UE.Le chef du gouvernement britannique, Keir Starmer, a salué un “pas en avant historique”.Le Kremlin a de son côté dénoncé une “rhétorique de confrontation” qui s’oppose à “la recherche d’un règlement” du conflit en Ukraine, déclenché par l’invasion russe du pays fin février 2022.

Vaste opération militaire dans l’ouest de la Syrie, 69 Alaouites exécutés selon une ONG

Une ONG a affirmé que les forces de sécurité syriennes avaient “exécuté” vendredi 69 membres de la minorité alaouite, lors d’une vaste opération dans le nord-ouest de la Syrie contre des combattants fidèles à l’ex-président Bachar al-Assad, les autorités évoquant des “exactions isolées”.Les autorités du pays ont envoyé vendredi des renforts et lancé d’importantes opérations de ratissage dans cette région, dans un contexte de violences sans précédent qui ont fait au total 147 morts depuis jeudi, selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).Un couvre-feu a été prolongé jusqu’à samedi dans les régions côtières de Lattaquié, bastion de la communauté alaouite dont est issu le président déchu, et celle de Tartous, plus au sud.Le rétablissement de la sécurité dans le pays profondément divisé est le défi le plus urgent pour le nouveau pouvoir, issu d’une coalition de groupes rebelles islamistes qui a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après plus de 13 ans de guerre civile.A Jablé, à une dizaine de kilomètres au sud de Lattaquié, un habitant a raconté que des “batailles urbaines” faisaient rage.”Pendant la nuit, nous pouvions entendre des tirs et des explosions, alors qu’arrivaient des renforts massifs”, a déclaré cet homme, prénommé Ali, joint par l’AFP depuis Damas. “Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur. L’arrivée des véhicules militaires et des convois venus de partout n’a rien de rassurant”, a-t-il ajouté.Le responsable de la sécurité de Lattaquié, Moustafa Kneifati, a fait état d’une attaque “planifiée et préméditée” contre des positions gouvernementales dans cette région. L’OSDH a affirmé que 69 Alaouites avaient été “exécutés” vendredi par les forces de sécurité dans deux localités proches de Lattaquié, al-Shir et al-Mukhtariya, se basant sur des vidéos et des témoignages.L’ONG et des militants ont publié des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison et des exécutions sommaires.L’AFP n’a pas pu vérifier ces vidéos de manière indépendante.De son côté, une source sécuritaire citée par l’agence officielle syrienne Sana a fait état d'”exactions isolées” commises par des “foules (…) non organisées qui se sont dirigées vers la côte”, en représailles à “l’assassinat de plusieurs membres des forces de police et de sécurité par les hommes fidèles à l’ancien régime”.”Nous oeuvrons à mettre un terme à ces exactions qui ne représentent pas l’ensemble du peuple syrien,”, a ajouté la source du ministère de l’Intérieur, sans plus de détails sur les faits. – “Groupes hors-la-loi” -Les forces syriennes comptent dans leurs rangs de nombreux anciens combattants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), le groupe islamiste fer de lance de la coalition qui a renversé Assad.L’Arabie saoudite a condamné des violences commises par des “groupes hors-la-loi” contre les forces de sécurité. La Turquie, frontalière de la Syrie, a mis en garde contre toute provocation menaçant la paix “en Syrie et dans la région”.Des images diffusées par Sana ont montré vendredi des membres des nouvelles forces de sécurité à bord de pickups, armes pointées vers le ciel, entrant dans Baniyas et Tartous.D’autres images tournées par l’AFP à Al-Bab (nord), montrent des combattants en treillis de l’Armée nationale syrienne, une faction pro-turque, se préparant à gagner Lattaquié en renfort aux nouvelles autorités.Jeudi, les combats ont fait 78 morts, dont 37 membres des forces de sécurité, 34 combattants armés et sept civils, selon l’OSDH.”De vastes opérations de ratissage ont débuté” dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, après l’arrivée de renforts militaires, a indiqué vendredi Sana, citant une source des forces de sécurité.Cette source a indiqué que cette opération visait des membres “des milices d’Assad et ceux qui les ont soutenues et aidées”.- “Pas de pardon” -A Jablé, les forces de sécurité ont capturé jeudi Ibrahim Houweïja, ancien chef des services de renseignement de l’armée de l’air, selon Sana. Il est “accusé d’avoir commis des centaines d’assassinats” à l’époque d’Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad.Le directeur provincial de la sécurité a également indiqué que les forces gouvernementales avaient affronté des hommes armés fidèles à un commandant des forces spéciales de l’ère Assad, Souheil al-Hassan.Selon l’OSDH, les forces syriennes ont eu recours à des tirs d’hélicoptères dans ce secteur. Alors que des renforts quittaient jeudi soir la région d’Idleb, un ancien bastion rebelle dans le nord-ouest, des habitants s’y sont rassemblés pour manifester contre les partisans d’Assad.”Il n’y a pas de pardon ou de réconciliation avec les restes du régime, car ils n’ont pas cessé de nous tuer de sang-froid”, a lancé un manifestant, Talal Homsi. 

Vaste opération militaire dans l’ouest de la Syrie, 69 Alaouites exécutés selon une ONG

Une ONG a affirmé que les forces de sécurité syriennes avaient “exécuté” vendredi 69 membres de la minorité alaouite, lors d’une vaste opération dans le nord-ouest de la Syrie contre des combattants fidèles à l’ex-président Bachar al-Assad, les autorités évoquant des “exactions isolées”.Les autorités du pays ont envoyé vendredi des renforts et lancé d’importantes opérations de ratissage dans cette région, dans un contexte de violences sans précédent qui ont fait au total 147 morts depuis jeudi, selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).Un couvre-feu a été prolongé jusqu’à samedi dans les régions côtières de Lattaquié, bastion de la communauté alaouite dont est issu le président déchu, et celle de Tartous, plus au sud.Le rétablissement de la sécurité dans le pays profondément divisé est le défi le plus urgent pour le nouveau pouvoir, issu d’une coalition de groupes rebelles islamistes qui a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après plus de 13 ans de guerre civile.A Jablé, à une dizaine de kilomètres au sud de Lattaquié, un habitant a raconté que des “batailles urbaines” faisaient rage.”Pendant la nuit, nous pouvions entendre des tirs et des explosions, alors qu’arrivaient des renforts massifs”, a déclaré cet homme, prénommé Ali, joint par l’AFP depuis Damas. “Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur. L’arrivée des véhicules militaires et des convois venus de partout n’a rien de rassurant”, a-t-il ajouté.Le responsable de la sécurité de Lattaquié, Moustafa Kneifati, a fait état d’une attaque “planifiée et préméditée” contre des positions gouvernementales dans cette région. L’OSDH a affirmé que 69 Alaouites avaient été “exécutés” vendredi par les forces de sécurité dans deux localités proches de Lattaquié, al-Shir et al-Mukhtariya, se basant sur des vidéos et des témoignages.L’ONG et des militants ont publié des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison et des exécutions sommaires.L’AFP n’a pas pu vérifier ces vidéos de manière indépendante.De son côté, une source sécuritaire citée par l’agence officielle syrienne Sana a fait état d'”exactions isolées” commises par des “foules (…) non organisées qui se sont dirigées vers la côte”, en représailles à “l’assassinat de plusieurs membres des forces de police et de sécurité par les hommes fidèles à l’ancien régime”.”Nous oeuvrons à mettre un terme à ces exactions qui ne représentent pas l’ensemble du peuple syrien,”, a ajouté la source du ministère de l’Intérieur, sans plus de détails sur les faits. – “Groupes hors-la-loi” -Les forces syriennes comptent dans leurs rangs de nombreux anciens combattants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), le groupe islamiste fer de lance de la coalition qui a renversé Assad.L’Arabie saoudite a condamné des violences commises par des “groupes hors-la-loi” contre les forces de sécurité. La Turquie, frontalière de la Syrie, a mis en garde contre toute provocation menaçant la paix “en Syrie et dans la région”.Des images diffusées par Sana ont montré vendredi des membres des nouvelles forces de sécurité à bord de pickups, armes pointées vers le ciel, entrant dans Baniyas et Tartous.D’autres images tournées par l’AFP à Al-Bab (nord), montrent des combattants en treillis de l’Armée nationale syrienne, une faction pro-turque, se préparant à gagner Lattaquié en renfort aux nouvelles autorités.Jeudi, les combats ont fait 78 morts, dont 37 membres des forces de sécurité, 34 combattants armés et sept civils, selon l’OSDH.”De vastes opérations de ratissage ont débuté” dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, après l’arrivée de renforts militaires, a indiqué vendredi Sana, citant une source des forces de sécurité.Cette source a indiqué que cette opération visait des membres “des milices d’Assad et ceux qui les ont soutenues et aidées”.- “Pas de pardon” -A Jablé, les forces de sécurité ont capturé jeudi Ibrahim Houweïja, ancien chef des services de renseignement de l’armée de l’air, selon Sana. Il est “accusé d’avoir commis des centaines d’assassinats” à l’époque d’Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad.Le directeur provincial de la sécurité a également indiqué que les forces gouvernementales avaient affronté des hommes armés fidèles à un commandant des forces spéciales de l’ère Assad, Souheil al-Hassan.Selon l’OSDH, les forces syriennes ont eu recours à des tirs d’hélicoptères dans ce secteur. Alors que des renforts quittaient jeudi soir la région d’Idleb, un ancien bastion rebelle dans le nord-ouest, des habitants s’y sont rassemblés pour manifester contre les partisans d’Assad.”Il n’y a pas de pardon ou de réconciliation avec les restes du régime, car ils n’ont pas cessé de nous tuer de sang-froid”, a lancé un manifestant, Talal Homsi. 

Royaume-Uni: la justice allège les peines les plus lourdes contre des écologistes emprisonnés

La justice britannique a allégé vendredi en appel les peines de prison de six activistes de l’organisation Just Stop Oil, dont son fondateur, parmi les plus lourdes jamais infligées à des militants écologistes au Royaume-Uni, confirmant en revanche celles de dix d’entre eux.La juge Sue Carr a notamment décidé de réduire les peines de cinq militants condamnés de quatre à cinq ans de prison en juillet 2024 pour “conspiration”, après avoir planifié lors d’une réunion en ligne une action de blocage de l’autoroute M25 autour de Londres.Ces peines, qui avaient choqué ONG et défenseurs de l’environnement, étaient “les plus élevées de leur genre dans l’histoire moderne du Royaume-Uni”, avait affirmé l’un des avocats des plaignants, Danny Friedman, lors de l’audience fin janvier. Parmi eux figure le cofondateur de Just Stop Oil, Roger Hallam, qui a vu sa peine réduite de cinq à quatre ans de prison par la Cour d’appel de Londres.Au total, ces 16 militants avaient tous été condamnés en première instance à des peines comprises entre 15 mois et cinq ans de prison ferme en 2024.Dès le début de la lecture de la décision, une vingtaine de militants se sont levés des bancs de la salle d’audience en silence, et ont tourné le dos à la juge, vêtus de tee-shirt “Corruption au tribunal”.L’avocate de l’ONG Friends of the Earth Katie de Kauwe, associée à ce recours, a salué après le jugement une “évolution positive pour le mouvement climat”, après que la juge a estimé que certaines des peines étaient “manifestement excessives”.”Nous saluons le principe de l’arrêt d’aujourd’hui selon lequel la condamnation pour une manifestation pacifique doit tenir compte des motivations de l’accusé et des protections offertes par la Convention européenne des droits de l’homme”, a ajouté l’avocate.Gaie Delap, militante de 78 ans condamnée à 20 mois de prison pour avoir escaladé les portiques de l’autoroute M25, a elle vu sa peine réduite à 18 mois.Cette femme à la santé fragile, victime d’un AVC en juillet, avait déjà été autorisée à sortir de prison fin janvier après 43 jours, pour être assignée à résidence avec un bracelet électronique.- “Sans précédent” -Phoebe Plummer et Anna Holland, respectivement condamnées à deux ans et 20 mois de prison pour avoir jeté une conserve de soupe sur les “Tournesols” de Van Gogh – protégés derrière une vitre – à la National Gallery, ont elles vu leur requête rejetée.C’est aussi le cas des quatre militants qui avaient escaladé les portiques de l’autoroute M25 avec des bannières Just Stop Oil, et de quatre autres qui avaient occupé pendant 13 jours un tunnel sous une route dans l’Essex, pour dénoncer l’impact de l’industrie des énergies fossiles.Le parquet avait défendu la sévérité des peines infligées, accusant les membres de Just Stop Oil d’avoir “dépassé les limites du raisonnable”, et soulignant le caractère “dangereux” de leurs actions.”Aucun pays en Europe ne prononce de peines aussi draconiennes pour des manifestations pacifiques, ce qui prouve que nous sommes en décalage avec le reste du monde civilisé”, a déclaré l’avocat de plusieurs de ces militants, Raj Chada, qui a dit envisager un “appel devant la Cour suprême britannique”.Cet arrêt de la Cour d’appel aura, selon les ONG, “des répercussions considérables sur l’avenir des manifestations pacifiques” et sur le sort des militants écologistes en attente de leur jugement.C’est le cas des membres de Just Stop Oil accusés d’avoir “endommagé” les monolithes protégés de Stonehenge, dans le sud de l’Angleterre, en les aspergeant de peinture, ou d’avoir dégradé la tombe de Charles Darwin dans l’abbaye de Westminster.Cette organisation britannique est connue pour ses actions aussi spectaculaires que critiquées dans des musées, lors de compétitions sportives ou de spectacles. Elle exhorte le gouvernement à cesser l’exploitation des énergies fossiles d’ici à 2030.Ces dernières années, ONG et militants ont dénoncé un recul de la liberté de manifester au Royaume-Uni, et une répression grandissante des militants écologistes.En 2022 et 2023, les précédents gouvernements conservateurs ont voté une série de lois pour dissuader et punir plus sévèrement les actions coup de poing des militants écologistes.

Paris: la découverte d’une bombe de la Seconde guerre mondiale bloque la gare du Nord

Aucun train ne circule vendredi matin depuis la gare du Nord de Paris, l’une des premières d’Europe, après la découverte dans la nuit d’une bombe de 500 kg de la Seconde guerre mondiale sur la commune de Saint-Denis, le ministre des Transports suggérant une possible reprise du trafic à 16H00.Aucun TGV, Eurostar, RER ni TER ne circule et le trafic “ne pourra reprendre qu’après la fin des opérations de déminage”, précise la SNCF. Tous les trains Eurostar en provenance et à destination de Paris sont annulés, a indiqué l’entreprise ferroviaire franco-britannique, qui prévoit, en revanche, un trafic normal samedi.”Si les choses se sécurisent et si on a le feu vert du préfet de police dans les heures qui viennent, c’est à partir de 16H00 qu’une partie du service pourrait, et je dis bien pourrait, être rétablie”, a déclaré le ministre des Transports, Philippe Tabarot, lors d’un point de presse en fin de matinée.Dans le hall de la gare du Nord, du côté du RER, les voyageurs sont désabusés, a constaté un journaliste de l’AFP. “C’est pas de chance si cela vous arrive, mais je ne veux pas monter dans un train qui passe sur une bombe de la Seconde Guerre mondiale qui n’a pas explosé”, a jugé auprès de l’AFP Owen Pritchard, touriste qui tente de rentrer au Royaume-Uni, mais dont l’Eurostar a été annulé.C’est au cours de travaux réalisés dans la nuit de jeudi à vendredi que l’engin explosif de 500 kg à été découvert, à 2,5 km de la gare du Nord. La bombe est située à environ 200 m au nord du boulevard périphérique parisien. Deux cents riverains ont été évacués par la police, a indiqué le préfet de Seine-Saint-Denis, qui a demandé aux habitants de Saint-Denis et Saint-Ouen qui habitent à moins de 500 m du lieu de la bombe de se confiner.Une partie du boulevard périphérique et de l’autoroute A1 sont également fermées pendant l’opération de déminage, a indiqué la préfecture de police de Paris.Vers 14H00, le site de la direction des routes de la région Sytadin a recensé plus de 200 km de bouchon sur les routes d’Ile-de-France, un niveau “exceptionnel” par rapport à la normale.- Les cars “pris d’assaut” -“On a essayé de regarder les avions, mais c’est hors de prix, et puis de toute manière, on ne peut même pas aller à l’aéroport Charles-de-Gaulle” du fait de l’arrêt de la circulation du RER B vers le Nord, se désole Marion, 43 ans, qui devait se rendre à Londres pour rendre visite à des amis.La SNCF invite les usagers à “reporter leur voyage”. Le RER B est reporté à la Plaine-Stade de France et à Aulnay-sous-Bois, tandis que les lignes K et H sont respectivement reportées à Mitry et à Saint-Denis.Des trains à destination de Lille, Dunkerque et Valenciennes sont reportés gare de Lyon à Paris, précipitant de nombreux voyageurs dans les bouches du métro.Certains voyageurs se sont également redirigés vers les cars longue distance : l’opérateur Flixbus s’est dit “pris d’assaut” depuis l’interruption du trafic, affichant complet sur ses lignes de car entre Paris et Bruxelles, Londres et Amsterdam.Dans l’attente de plus d’explications, certains voyageurs ont fait part de leur étonnement quant à l’incongruité de la situation. “C’est marrant, je reviens justement de Lorient où la découverte d’obus non explosés, ça arrive tout le temps”, s’amuse Chloé Ternand, qui devait prendre un Ouigo vers Bruxelles.A Saint-Denis, à proximité de l’endroit où a été découvert l’engin, Marcello, 85 ans, tient en main un magazine qui relate le bombardement qui a ravagé le quartier de La Plaine le 21 avril 1944.”J’habitais à côté, ça m’a rappelé des souvenirs. Quand il y a eu le bombardement, on n’a même pas eu le temps d’aller à l’abri parce que ça a été soudain”, témoigne-t-il à l’AFP.Ce n’est pas la première fois que la découverte d’une bombe de la Seconde guerre mondiale vient paralyser le réseau ferroviaire à Paris. En 2019, un obus retrouvé dans les Hauts-de-Seine avait interrompu le trafic entre la gare de Saint-Lazare et la proche banlieue ouest de Paris.La gare du Nord est l’une des gares les plus fréquentées d’Europe, avec plus de 226 millions de voyageurs en 2023, selon les chiffres de la SNCF.