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Bangladesh: le chef du nouveau parti étudiant pour une “Deuxième République”

Son visage barbu incarne le mouvement étudiant qui a mis à bas le régime de fer de Sheikh Hasina. Sept mois après la “révolution”, Nahid Islam a créé son parti politique, avec l’ambition de promouvoir une “Deuxième République” du Bangladesh.”Nous croyons que notre Constitution est devenue inefficace et que le peuple a perdu toute confiance en elle”, explique l’ex-étudiant en sociologie lors d’un entretien accordé mercredi à l’AFP.”Nous voulons en écrire une autre pour restaurer la confiance du peuple” bangladais, poursuit-il, évoquant une assemblée constituante, “nous souhaitons une Deuxième République”.A 27 ans à peine, Nahid Islam s’apprête à quitter sa résidence officielle de “conseiller”, ou “ministre”, des Postes, des Télécommunications et des Technologies de l’information.Avec une poignée de camarades de l’université de la capitale Dacca, ce diplômé en sociologie a pris l’été dernier la tête du mouvement des étudiants contre la réforme des quotas dans l’accès à la fonction publique, promue par l’ex-Première ministre Sheikh Hasina.Quelques semaines d’émeutes violemment réprimées – et pour lui deux arrestations – plus tard, il est entré en août dans le gouvernement provisoire du prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus qui a succédé à la “bégum de fer”.Il en a claqué la porte la semaine dernière pour créer un Parti national des citoyens (NCP).”Nous constatons que les forces politiques et le mouvement étudiant se sont brouillés. Les réformes pour lesquelles des jeunes ont sacrifié leur vie ne les intéressent plus”, regrette Nahid Islam.”Comme nous avons l’obligation de mettre en œuvre les promesses faites pendant les émeutes”, justifie le “ministre” démissionnaire, “nous avons décidé de créer un parti politique”.Pour les élections promises par Muhammad Yunus d’ici au début 2026, le tout nouveau NCP affiche des ambitions électorales modestes.”Bien sûr nous aspirons au pouvoir”, assure Nahid Islam. “Mais nous sommes pragmatiques, nous sommes conscients de nos limites”, ajoute-t-il.- “Parti croupion” -“Cette élection ou les cinq ou dix prochaines années ne sont pas notre seul objectif”, décrit le patron du nouveau mouvement, ambitieux. “Nous pensons plutôt à cinquante, voire cent ans”.Principal opposant au régime de Sheikh Hasina, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) fait figure de grand favori du scrutin à venir. D’autant que la question de la participation de celui de la dirigeante en exil, la Ligue Awami, reste posée.Conscient de le concurrence que pourrait susciter le nouveau parti étudiant, le BNP l’a aussitôt qualifié de “parti croupion” du gouvernement provisoire.Une critique balayée par son chef.”Le pays ne s’est pas soulevé en masse sous la bannière d’un quelconque parti”, relève Nahid Islam. “Et le gouvernement (provisoire) n’a rien de politique, il n’a d’ailleurs pas de réelle opposition”. Et de relever, amusé, que le BNP est né en 1978 lorsque son fondateur Ziaur Rahman était le président du Bangladesh (1977-1981). “Peut-être que le BNP ne peut nous regarder qu’à travers sa propre histoire”, s’amuse-t-il.Le nouveau chef de parti doute d’ailleurs que le climat de tensions, politiques et religieuses notamment, qui persiste depuis l’été dernier permette la tenue d’un scrutin apaisé.”Il n’est pas possible d’organiser une élection dans la situation actuelle”, juge-t-il.”Nous l’avons dit (…) malheureusement cette question a été balayée par les débats politiques”, regrette Nahid Islam, en démentant toute volonté de retarder la prochaine échéance électorale.L’ancien étudiant répète toutefois que la reconstruction sur d’autres bases du pays à majorité musulmane reste sa priorité absolue.”Nous voulons proposons quelque chose de nouveau”, déroule-t-il, “une idéologie qui embrasse un islam tolérant, l’hindouisme, le bouddhisme, le christianisme et les croyances indigènes, dans une totale harmonie entre religions”.”Notre génération a été formée sous le régime fasciste (de Sheikh Hasina)”, insiste Nahid Islam. “Il est donc de notre responsabilité de construire un nouveau Bangladesh pour les générations à venir”.

Trafic interrompu à la gare du Nord après la découverte d’une bombe de la Seconde Guerre mondiale

Aucun train ne circule vendredi matin à la gare du Nord de Paris, l’une des premières d’Europe, après la découverte dans la nuit d’une bombe de la Seconde Guerre mondiale sur la commune de Saint-Denis et la SNCF ne sait pas quand le trafic pourra reprendre. Aucun TGV, Eurostar, RER, ni TER ne circulait et le trafic “ne pourra reprendre qu’après la fin des opérations de déminage qui sont en cours d’organisation par les services spécialisés de la préfecture de police de Paris”, précise la SNCF. Tous les trains Eurostar en provenance et à destination de Paris sont annulés, a indiqué Eurostar.Vers 10H30, la SNCF indiquait à l’AFP que l’interruption du trafic était toujours “d’une durée indéterminée”. Dans le hall de la gare du Nord, du côté du RER, les voyageurs étaient désabusés, a constaté un journaliste de l’AFP. “J’attends depuis 06H00 un RER pour Goussainville, j’ai tenté de prendre un bus de remplacement mais c’est impossible, trop de voyageurs, ils sont bondés. Je suis à mon compte, j’ai un client qui m’attend depuis 07H00 et je ne vais pas pouvoir facturer”, déplore Corinne Schiavenato, 55 ans, qui travaille dans l’administratif. Le ministre chargé des transports, Philippe Tabarot, a confirmé sur Sud Radio que le trafic sera “fortement chamboulé toute la journée” et espère une reprise de la circulation “dans un mode un peu dégradé dès l’après-midi”.La RATP affirme avoir déployé des agents supplémentaires pour orienter les voyageurs à la recherche d’un itinéraire alternatif. C’est au cours de travaux réalisés dans la nuit de jeudi à vendredi que l’engin explosif à été découvert à 2,5 kilomètres de la gare du Nord. L’interruption du trafic a été décidée “à la demande de la préfecture de police de Paris” après la découverte de la bombe “non explosée” dans la nuit de jeudi à vendredi “lors de travaux réalisés en amont de Paris gare du Nord”, explique la SNCF. Une source proche du dossier indiquait à l’AFP que l’engin explosif pesait “500 kilos”. La bombe, située environ 200 mètres au nord du périphérique parisien, n’a en revanche pas nécessité d’évacuer d’habitants à Saint-Denis, le lieu de la bombe se trouvant “assez loin des populations”, a indiqué la ville.Vers 10H, une journaliste de l’AFP présente à proximité du lieu de déminage constatait que la circulation automobile était suspendue sur l’avenue Wilson dans le sens Saint-Denis Paris, sans toutefois que les piétons ou les vélos ne soient stoppés. – Durée indéterminée -“Les agents nous conseillent de nous faire rembourser et de partir demain, on a essayé de regarder les avions, mais c’est hors de prix, et puis de toute manière, on ne peut même pas aller à l’aéroport Charles-de-Gaulle” du fait de l’arrêt de la circulation du RER B vers le Nord, se désole Marion, 43 ans, qui devait se rendre à Londres pour rendre visite à des amis. La SNCF invite les usagers et clients à “reporter leur voyage” mais indique que le RER B est reporté à la Plaine-Stade de France et à Aulnay-sous-Bois, et que les lignes K et H sont respectivement reportées à Mitry et à Saint-Denis. Le tout avec une circulation “très fortement perturbée”, précise le groupe.Des trains à destination de Lille, Dunkerque, et Valenciennes étaient reportés gare de Lyon, quelques kilomètres plus au sud de Paris, précipitant de nombreux voyageurs dans les bouches du métro.Dans l’attente de plus d’explications, certains voyageurs faisaient part de leur étonnement quant à l’incongruité de la situation. “C’est marrant, je reviens justement de Lorient où la découverte d’obus non explosés, ça arrive tout le temps”, s’amuse Chloé Ternand, qui doit prendre un Ouigo vers Bruxelles.Ce n’est pas la première fois que la découverte d’une bombe de la Seconde guerre mondiale vient paralyser le réseau ferroviaire à Paris. En 2019, un obus retrouvé dans les Hauts-de-Seine avait interrompu le trafic entre la gare de Saint-Lazare et la proche banlieue ouest de Paris.La gare du Nord est l’une des gares les plus fréquentées d’Europe, avec plus de 226 millions de voyageurs en 2023 selon les chiffres de la SNCF.

Ukraine: les infrastructures énergétiques cible d’un bombardement massif russe

L’Ukraine a essuyé vendredi sur ses infrastructures énergétiques un bombardement massif russe qu’elle a contré en utilisant pour la première fois des chasseurs français Mirage 2000, quelques jours avant la tenue d’une réunion diplomatique en Arabie saoudite entre Américains et Ukrainiens.Ces bombardements nocturnes interviennent au lendemain d’un sommet des 27 dirigeants européens qui, face au désengagement de Washington dans le conflit, ont affiché à Bruxelles leur volonté de renforcer les capacités de défense du continent.Sur le plan diplomatique, une rencontre est prévue mardi en Arabie saoudite entre des délégations américaine et ukrainienne pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”, selon Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient.M. Zelenseky a également annoncé qu’il se rendrait également en Arabie saoudite lundi pour y rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.”Mon équipe restera en Arabie saoudite pour travailler avec nos partenaires américains”, a-t-il ajouté sur X, assurant que l’Ukraine veut obtenir une “paix rapide et durable”. Son homologue américain Donald Trump a également indiqué qu’il comptait se rendre en Arabie saoudite, mais sans donner de date précise.M. Zelensky ira également le 10 avril en Afrique du Sud, une visite qui s’inscrit dans “le prolongement des engagements en cours” sur “un processus de paix inclusif” entre Kiev et Moscou, selon un porte-parole de la présidence sud-africaine.Tôt vendredi, dans plusieurs régions d’Ukraine, les infrastructures énergétiques et gazières” se sont retrouvées à nouveau sous “des bombardements massifs de missiles et de drones”, a indiqué sur Facebook le ministre de l’Energie, Guerman Galouchtchenko.- “Attaque combinée” -“Toutes les mesures nécessaires sont prises pour stabiliser l’approvisionnement en énergie et en gaz”, a-t-il précisé.Lors de cette “attaque combinée”, le pays a été visé par au moins 58 missiles et 194 drones russes, selon l’armée ukrainienne qui, pour la contrer, a notamment utilisé pour la première fois des chasseurs français Mirage 2000 livrés par la France le mois dernier.L’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu au moins 134 de ces cibles, dont 34 missiles et 100 drones, au moment où la suspension de l’aide militaire américaine fait craindre un affaiblissement de ses capacités de défense antiaérienne.Des alertes aériennes ont été déclenchées dans tout le pays pendant la nuit, avec des dégâts et des blessés signalés dans plusieurs régions.Cinq personnes ont été blessées dans la nuit de jeudi à vendredi à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités.Dans un message sur Telegram, le maire de la ville, Igor Terekhov a indiqué qu’une femme avait été retirée vivante des décombres et qu’elle recevait des soins médicaux.”Outre un bâtiment d’infrastructure critique et un bâtiment résidentiel, d’autres bâtiments ont également été endommagés”, a déclaré M. Terekhov.A Ternopil (ouest), selon le gouverneur de la région Iacheslav Negoda, “des missiles ont touché une installation industrielle critique”, sans faire de victime. Il a évoqué de possibles restrictions sur l’approvisionnement en gaz.Plus tôt dans la nuit, des dommages à des infrastructures critiques avaient été signalés dans la région d’Odessa (sud).- “Réarmer l’Europe” -“L’attaque a provoqué des incendies dans trois immeubles résidentiels privés. Des infrastructures critiques ont également été endommagées. Selon les premières informations, personne n’a été blessé”, ont indiqué les services d’urgence.La veille, des frappes russes sur un hôtel de Kryvyï Rig (centre) avaient fait quatre morts et plus de 30 blessés, selon les autorités.Une semaine après la très vive altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, l’Ukraine fait face au gel de l’aide militaire américaine, mais aussi à l’interruption du partage de renseignements avec Kiev.Face au désengagement américain, les 27 dirigeants européens, réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, ont donné jeudi leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser 800 milliards d’euros face à “la nécessité d’accroître substantiellement les dépenses en matière de défense”.Dans leurs conclusions, les membres de l’UE, à l’exception de la Hongrie, ont convenu qu'”il ne peut y avoir de négociations sur l’Ukraine sans l’Ukraine”.Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé vendredi qu’il recevrait mercredi à Paris ses homologues d’Allemagne, d’Italie, de Pologne et du Royaume-Uni, pour “coordonner leur action en soutien à Kiev”.

Ukraine: les infrastructures énergétiques cible d’un bombardement massif russe

L’Ukraine a essuyé vendredi sur ses infrastructures énergétiques un bombardement massif russe qu’elle a contré en utilisant pour la première fois des chasseurs français Mirage 2000, quelques jours avant la tenue d’une réunion diplomatique en Arabie saoudite entre Américains et Ukrainiens.Ces bombardements nocturnes interviennent au lendemain d’un sommet des 27 dirigeants européens qui, face au désengagement de Washington dans le conflit, ont affiché à Bruxelles leur volonté de renforcer les capacités de défense du continent.Sur le plan diplomatique, une rencontre est prévue mardi en Arabie saoudite entre des délégations américaine et ukrainienne pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”, selon Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient.M. Zelenseky a également annoncé qu’il se rendrait également en Arabie saoudite lundi pour y rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.”Mon équipe restera en Arabie saoudite pour travailler avec nos partenaires américains”, a-t-il ajouté sur X, assurant que l’Ukraine veut obtenir une “paix rapide et durable”. Son homologue américain Donald Trump a également indiqué qu’il comptait se rendre en Arabie saoudite, mais sans donner de date précise.M. Zelensky ira également le 10 avril en Afrique du Sud, une visite qui s’inscrit dans “le prolongement des engagements en cours” sur “un processus de paix inclusif” entre Kiev et Moscou, selon un porte-parole de la présidence sud-africaine.Tôt vendredi, dans plusieurs régions d’Ukraine, les infrastructures énergétiques et gazières” se sont retrouvées à nouveau sous “des bombardements massifs de missiles et de drones”, a indiqué sur Facebook le ministre de l’Energie, Guerman Galouchtchenko.- “Attaque combinée” -“Toutes les mesures nécessaires sont prises pour stabiliser l’approvisionnement en énergie et en gaz”, a-t-il précisé.Lors de cette “attaque combinée”, le pays a été visé par au moins 58 missiles et 194 drones russes, selon l’armée ukrainienne qui, pour la contrer, a notamment utilisé pour la première fois des chasseurs français Mirage 2000 livrés par la France le mois dernier.L’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu au moins 134 de ces cibles, dont 34 missiles et 100 drones, au moment où la suspension de l’aide militaire américaine fait craindre un affaiblissement de ses capacités de défense antiaérienne.Des alertes aériennes ont été déclenchées dans tout le pays pendant la nuit, avec des dégâts et des blessés signalés dans plusieurs régions.Cinq personnes ont été blessées dans la nuit de jeudi à vendredi à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités.Dans un message sur Telegram, le maire de la ville, Igor Terekhov a indiqué qu’une femme avait été retirée vivante des décombres et qu’elle recevait des soins médicaux.”Outre un bâtiment d’infrastructure critique et un bâtiment résidentiel, d’autres bâtiments ont également été endommagés”, a déclaré M. Terekhov.A Ternopil (ouest), selon le gouverneur de la région Iacheslav Negoda, “des missiles ont touché une installation industrielle critique”, sans faire de victime. Il a évoqué de possibles restrictions sur l’approvisionnement en gaz.Plus tôt dans la nuit, des dommages à des infrastructures critiques avaient été signalés dans la région d’Odessa (sud).- “Réarmer l’Europe” -“L’attaque a provoqué des incendies dans trois immeubles résidentiels privés. Des infrastructures critiques ont également été endommagées. Selon les premières informations, personne n’a été blessé”, ont indiqué les services d’urgence.La veille, des frappes russes sur un hôtel de Kryvyï Rig (centre) avaient fait quatre morts et plus de 30 blessés, selon les autorités.Une semaine après la très vive altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, l’Ukraine fait face au gel de l’aide militaire américaine, mais aussi à l’interruption du partage de renseignements avec Kiev.Face au désengagement américain, les 27 dirigeants européens, réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, ont donné jeudi leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser 800 milliards d’euros face à “la nécessité d’accroître substantiellement les dépenses en matière de défense”.Dans leurs conclusions, les membres de l’UE, à l’exception de la Hongrie, ont convenu qu'”il ne peut y avoir de négociations sur l’Ukraine sans l’Ukraine”.Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé vendredi qu’il recevrait mercredi à Paris ses homologues d’Allemagne, d’Italie, de Pologne et du Royaume-Uni, pour “coordonner leur action en soutien à Kiev”.

Renforts dans l’ouest de la Syrie après des combats meurtriers

Les forces de sécurité ont envoyé vendredi des renforts et lancé d’importantes opérations de ratissage dans l’ouest de la Syrie après des affrontements sans précédent avec des combattants fidèles à l’ex-président Bachar al-Assad, qui ont fait plus de 70 morts, selon une ONG.Le rétablissement de la sécurité est le défi le plus urgent pour les nouvelles autorités syriennes, au pouvoir depuis qu’une coalition de groupes rebelles islamistes a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après 13 ans de guerre civile.Des combats ont éclaté ces derniers jours dans la région de Lattaquié, bastion de la minorité alaouite du président déchu, dans le nord-ouest du pays.A Jablé, une ville située à une dizaine de kilomètres de Lattaquié, un habitant a raconté que des “batailles urbaines” faisaient rage.”Pendant la nuit, nous pouvions entendre des tirs et des explosions, alors qu’arrivaient des renforts massifs”, a déclaré cet homme, prénommé Ali, joint par l’AFP depuis Damas. “Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur. L’arrivée des véhicules militaires et des convois venus de partout n’a rien de rassurant”, a-t-il ajouté.En 24 heures, les affrontements ont fait 71 morts, dont “35 membres des forces de sécurité et du ministère de la Défense tués par des forces loyales à Assad, ainsi que 32 combattants armés et quatre civils tués par les forces de sécurité”, a déclaré l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).L’OSDH a fait état de “dizaines de blessés” et de prisonniers des deux côtés.- Couvre-feu -“De vastes opérations de ratissage ont débuté dans des villes, villages, localités et montagnes environnantes”, dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, après l’arrivée de renforts militaires, a indiqué vendredi l’agence officielle Sana, citant une source des forces de sécurité.Cette source a indiqué que cette opération visait des membres “des milices d’Assad et ceux qui les ont soutenues et aidées” et appelé les civils à “rester chez eux”.Le ministère de la Défense a confirmé le déploiement de renforts dans les villes de Lattaquié et de Tartous, plus au sud, “pour rétablir la sécurité”.Le responsable de la sécurité de Lattaquié, Moustafa Kneifati, a affirmé qu’un “grand nombre de patrouilles” et de positions gouvernementales dans la région de Jablé avaient été visées au cours d'”une attaque bien planifiée et préméditée”. Les autorités ont imposé jeudi un couvre-feu à Lattaquié, à Tartous et dans la province de Homs, dans le centre du pays.A Jablé, les forces de sécurité ont capturé un ancien chef des services de renseignement de l’armée de l’air, l’une des agences de sécurité les plus proches de la famille Assad, selon Sana. Il s’agit d’Ibrahim Houweïja, “accusé d’avoir commis des centaines d’assassinats à l’époque du criminel Hafez al-Assad”, le père et prédécesseur de Bachar al-Assad, a indiqué l’agence. M. Houweïja, qui a dirigé les services de renseignement de l’armée de l’air de 1987 à 2002, est notamment soupçonné d’avoir assassiné le chef druze libanais Kamal Joumblatt en 1977. – “Pas de pardon” -Le directeur provincial de la sécurité a également indiqué que les forces gouvernementales avaient affronté des hommes armés fidèles à un commandant des forces spéciales de l’ère Assad dans un autre village de la région, Beit Aana. Surnommé “Le Tigre”, Souheil al-Hassan a été à l’origine d’avancées majeures des forces gouvernementales en 2015, durant la guerre civile.Après ces affrontements, les dirigeants alaouites ont appelé à des “manifestations pacifiques” en réponse à des frappes d’hélicoptères qui, selon eux, ont visé des “maisons de civils”.Alors que des renforts quittaient jeudi soir la région d’Idleb, un ancien bastion des forces rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, des habitants s’y sont rassemblés pour manifester contre les groupes fidèles à l’ancien pouvoir.”Il n’y a pas de pardon ou de réconciliation avec les restes du régime, car ils n’ont pas cessé de nous tuer de sang-froid”, a lancé un manifestant, Talal Homsi. 

Royaume-Uni: seize militants écologistes emprisonnés fixés sur leur peine en appel

Seize militants de l’organisation écologiste Just Stop Oil, qui ont fait appel en janvier de leurs lourdes peines de prison, doivent être fixés sur leur sort vendredi lors d’une audience considérée comme déterminante pour l’avenir de ces actions au Royaume-Uni.La juge Sue Carr, la plus haute magistrate d’Angleterre et du Pays de Galles, doit commencer à rendre son jugement à la Cour d’appel de Londres, dans le centre de la capitale, vers 10H GMT.Ces 16 militants ont tous été condamnés en première instance en 2024 à des peines comprises entre 15 mois et cinq ans de prison ferme, “les plus élevées de leur genre dans l’histoire moderne du Royaume-Uni”, avait affirmé l’un de leurs avocats Danny Friedman.Certains ont organisé le blocage d’une autoroute autour de Londres, d’autres ont jeté de la soupe sur “Les Tournesols” de Van Gogh – protégés derrière une vitre – à la National Gallery, pour dénoncer l’inaction climatique et l’impact de l’industrie du pétrole et du gaz.Les ONG Greenpeace et Friends of the Earth, qui dénoncent une répression croissante à l’encontre des militants écologistes, se sont associées à ce recours.Il aura, selon elles, “des répercussions considérables sur l’avenir des manifestations pacifiques”, et sur le sort des activistes qui attendent leur jugement.C’est le cas des membres de Just Stop Oil accusés d’avoir “endommagé” les monolithes protégés de Stonehenge, dans le sud de l’Angleterre, en les aspergeant de peinture, ou d’avoir dégradé la tombe de Charles Darwin dans l’abbaye de Westminster.Cette organisation britannique est connue pour ses actions aussi spectaculaires que critiquées dans des musées, lors de compétitions sportives ou de spectacles. Elle exhorte le gouvernement à cesser l’exploitation des énergies fossiles d’ici à 2030.- “Complot” -Ce que ces militants “ont fait dans le cadre d’une action collective, non-violente, que cela plaise ou non, était dans l’intérêt de la population, de la planète et des générations futures”, et “ils l’ont fait par esprit de sacrifice”, avait déclaré leur avocat en janvier.Au lendemain de l’audience, Gaie Delap, âgée de 78 ans, avait été autorisée à sortir de prison après 43 jours, afin d’être assignée à résidence avec un bracelet électronique.Cette militante à la santé fragile avait notamment été victime d’un AVC en juillet 2024, peu avant son procès.Le parquet britannique avait lui défendu la sévérité des peines, estimant que les membres de Just Stop Oil avaient “dépassé les limites du raisonnable”, et soulignant le caractère “dangereux” de leurs actions.Cinq de ces 16 activistes, dont le fondateur de Just Stop Oil Roger Hallam, ont été condamnés à des peines allant de quatre à cinq ans d’emprisonnement pour avoir planifié, lors d’une réunion en ligne, une action de blocage de l’autoroute M25 autour de Londres.”Chacun d’entre vous a franchi, il y a quelques temps, la ligne qui sépare le militant du fanatique”, avait affirmé à l’époque le juge Christopher Hehir.Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l’environnement, avait lui estimé qu’il s’agissait d’un “jour sombre pour les manifestations pacifiques” en faveur du climat et l’exercice des “libertés fondamentales”.Ces dernières années, ONG et militants ont dénoncé un recul de la liberté de manifester au Royaume-Uni.En 2022 et 2023, les précédents gouvernements conservateurs ont voté une série de lois pour dissuader et punir plus sévèrement les actions coup de poing des militants écologistes. Ils ont notamment créé une infraction prévoyant jusqu’à dix ans de prison pour “complot en vue de causer des nuisances publiques”.

Les Européens s’engagent à renforcer leur défense, Washington et Kiev reprennent langue

Déterminés à réagir face au désengagement américain, les dirigeants européens ont affiché jeudi leur volonté de renforcer les capacités de défense du continent, au moment où Washington annonçait une nouvelle réunion avec Kiev en Arabie saoudite.”Nous allons de l’avant de façon décisive vers une Europe de la défense forte et plus souveraine”, s’est félicité Antonio Costa, président du Conseil européen.Réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, les 27 ont donné leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser quelque 800 milliards d’euros, soulignant “la nécessité d’accroître substantiellement les dépenses en matière de défense”.Appelant la Commission à transcrire rapidement ces idées en propositions concrètes, ils se sont engagés à examiner en priorité la proposition de mettre à disposition quelque 150 milliards d’euros sous forme de prêts.Parmi les autres pistes, la possibilité pour les Etats membres d’accroître sensiblement leurs dépenses militaires sans que cela soit pris en compte dans le calcul de leur déficit public, en principe limité à 3% de leur produit intérieur brut (PIB).Dans une illustration frappante des doutes croissants des Européens sur l’attitude des Etats-Unis, Donald Trump a une nouvelle fois jeudi remis en cause l’engagement américain au sein de l’Otan. Estimant que son pays ne devait pas venir au secours de ceux qui, à ses yeux, ne dépensent pas assez pour leur propre défense, il s’est aussi ouvertement interrogé sur le fait de savoir si la France par exemple viendrait en aide aux Etats-Unis.”Nous avons toujours été là l’un pour l’autre. Nous sommes des alliés loyaux et fidèles”, a rétorqué Emmanuel Macron, soulignant que la France éprouvait “respect et amitié” pour les Etats-Unis et leurs dirigeants et était “en droit de réclamer la même chose”.- “Pas seuls” -“Nous sommes très reconnaissants de ne pas être seuls. Et ce ne sont pas seulement des mots. Nous le ressentons”, avait lancé le président ukrainien à son arrivée à Bruxelles.Dans un contraste saisissant avec l’image d’un Donald Trump menaçant dans le Bureau ovale, il était entouré du président du Conseil européen Antonio Costa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui ont insisté sur leur détermination à soutenir Kiev.L’Europe et l’Ukraine sont à un “moment décisif”, a martelé cette dernière, promettant de donner aux Ukrainiens “les moyens de se protéger et d’œuvrer en faveur d’une paix juste et durable”. En écho, le chancelier allemand Olaf Scholz a refusé toute paix qui serait “imposée”.Sans surprise, le Premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban, ardent soutien de Donald Trump, n’a pas donné son aval aux conclusions écrites sur l’Ukraine, qui ont dont été validées par 26 Etats membres, et non 27. “Un pays isolé ne crée pas une division”, a commenté Antonio Costa.Ce texte souligne notamment qu'”il ne peut y avoir de négociations sur l’Ukraine sans l’Ukraine”.- “Un pas positif” pour Washington -Dans un contexte géopolitique totalement chamboulé, les initiatives se multiplient.L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé qu’il rencontrerait une délégation ukrainienne la semaine prochaine, à Ryad ou à Jeddah, pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”. La rencontre est prévue mardi, a précisé un responsable ukrainien à l’AFP.Près d’une semaine après la très vive altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, les deux parties manifestent leur volonté de reprendre le dialogue. Selon M. Witkoff, le locataire de la Maison Blanche a estimé que la lettre rédigée par le chef de l’Etat ukrainien comportait “des excuses” et était “un premier pas très positif”.Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte s’est dit “prudemment optimiste” sur la tournure que prenait la séquence mouvementée entre l’Ukraine et les Etats-Unis, avant de recevoir chez lui à Bruxelles le président ukrainien.Londres a de son côté annoncé discuter avec une vingtaine de pays “intéressés” à contribuer à un maintien de la paix dans le cadre d’un éventuel accord avec la Russie. Paris réunira mardi des chefs d’état-major des armées des nations européennes prêtes à garantir un futur arrêt des combats sur le sol ukrainien.Au sein de l’UE, nombre de lignes bougent aussi. Effectuant un virage longtemps inimaginable, l’Allemagne envisage désormais des investissements massifs pour renforcer son armée. Jusqu’ici apôtre d’une stricte orthodoxie budgétaire, elle vient même – à la stupéfaction de nombreux diplomates – de plaider pour une réforme du “corset budgétaire” de l’UE. La proposition d’Emmanuel Macron d’ouvrir un débat sur la protection de l’Europe par l’arsenal nucléaire français fait également son chemin. Le président français a assuré que “plusieurs” dirigeants étaient venus le voir jeudi pour lui parler de ce sujet, évoquant un “dialogue à la fois stratégique et technique” dans les mois à venir.

Les Européens s’engagent à renforcer leur défense, Washington et Kiev reprennent langue

Déterminés à réagir face au désengagement américain, les dirigeants européens ont affiché jeudi leur volonté de renforcer les capacités de défense du continent, au moment où Washington annonçait une nouvelle réunion avec Kiev en Arabie saoudite.”Nous allons de l’avant de façon décisive vers une Europe de la défense forte et plus souveraine”, s’est félicité Antonio Costa, président du Conseil européen.Réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, les 27 ont donné leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser quelque 800 milliards d’euros, soulignant “la nécessité d’accroître substantiellement les dépenses en matière de défense”.Appelant la Commission à transcrire rapidement ces idées en propositions concrètes, ils se sont engagés à examiner en priorité la proposition de mettre à disposition quelque 150 milliards d’euros sous forme de prêts.Parmi les autres pistes, la possibilité pour les Etats membres d’accroître sensiblement leurs dépenses militaires sans que cela soit pris en compte dans le calcul de leur déficit public, en principe limité à 3% de leur produit intérieur brut (PIB).Dans une illustration frappante des doutes croissants des Européens sur l’attitude des Etats-Unis, Donald Trump a une nouvelle fois jeudi remis en cause l’engagement américain au sein de l’Otan. Estimant que son pays ne devait pas venir au secours de ceux qui, à ses yeux, ne dépensent pas assez pour leur propre défense, il s’est aussi ouvertement interrogé sur le fait de savoir si la France par exemple viendrait en aide aux Etats-Unis.”Nous avons toujours été là l’un pour l’autre. Nous sommes des alliés loyaux et fidèles”, a rétorqué Emmanuel Macron, soulignant que la France éprouvait “respect et amitié” pour les Etats-Unis et leurs dirigeants et était “en droit de réclamer la même chose”.- “Pas seuls” -“Nous sommes très reconnaissants de ne pas être seuls. Et ce ne sont pas seulement des mots. Nous le ressentons”, avait lancé le président ukrainien à son arrivée à Bruxelles.Dans un contraste saisissant avec l’image d’un Donald Trump menaçant dans le Bureau ovale, il était entouré du président du Conseil européen Antonio Costa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui ont insisté sur leur détermination à soutenir Kiev.L’Europe et l’Ukraine sont à un “moment décisif”, a martelé cette dernière, promettant de donner aux Ukrainiens “les moyens de se protéger et d’œuvrer en faveur d’une paix juste et durable”. En écho, le chancelier allemand Olaf Scholz a refusé toute paix qui serait “imposée”.Sans surprise, le Premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban, ardent soutien de Donald Trump, n’a pas donné son aval aux conclusions écrites sur l’Ukraine, qui ont dont été validées par 26 Etats membres, et non 27. “Un pays isolé ne crée pas une division”, a commenté Antonio Costa.Ce texte souligne notamment qu'”il ne peut y avoir de négociations sur l’Ukraine sans l’Ukraine”.- “Un pas positif” pour Washington -Dans un contexte géopolitique totalement chamboulé, les initiatives se multiplient.L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé qu’il rencontrerait une délégation ukrainienne la semaine prochaine, à Ryad ou à Jeddah, pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”. La rencontre est prévue mardi, a précisé un responsable ukrainien à l’AFP.Près d’une semaine après la très vive altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, les deux parties manifestent leur volonté de reprendre le dialogue. Selon M. Witkoff, le locataire de la Maison Blanche a estimé que la lettre rédigée par le chef de l’Etat ukrainien comportait “des excuses” et était “un premier pas très positif”.Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte s’est dit “prudemment optimiste” sur la tournure que prenait la séquence mouvementée entre l’Ukraine et les Etats-Unis, avant de recevoir chez lui à Bruxelles le président ukrainien.Londres a de son côté annoncé discuter avec une vingtaine de pays “intéressés” à contribuer à un maintien de la paix dans le cadre d’un éventuel accord avec la Russie. Paris réunira mardi des chefs d’état-major des armées des nations européennes prêtes à garantir un futur arrêt des combats sur le sol ukrainien.Au sein de l’UE, nombre de lignes bougent aussi. Effectuant un virage longtemps inimaginable, l’Allemagne envisage désormais des investissements massifs pour renforcer son armée. Jusqu’ici apôtre d’une stricte orthodoxie budgétaire, elle vient même – à la stupéfaction de nombreux diplomates – de plaider pour une réforme du “corset budgétaire” de l’UE. La proposition d’Emmanuel Macron d’ouvrir un débat sur la protection de l’Europe par l’arsenal nucléaire français fait également son chemin. Le président français a assuré que “plusieurs” dirigeants étaient venus le voir jeudi pour lui parler de ce sujet, évoquant un “dialogue à la fois stratégique et technique” dans les mois à venir.

Deux armées, un seul but: stopper l’immigration clandestine à la frontière Mexique/Etats-Unis

Du côté américain, les militaires installent des barbelés sur le mur-frontière. Du côté mexicain, les soldats ont mis sur pied un campement le long d’une montagne. L’objectif est le même à Tijuana: colmater la moindre brèche pour éviter l’immigration clandestine.La présence militaire s’est intensifiée le long des 3.100 km de frontière depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. Le président américain a déclaré l'”urgence” dans cette zone. Sous la pression de ses menaces de droits de douane, le Mexique a déployé 10.000 soldats supplémentaires.En janvier, les États-Unis ont enregistré 65% moins d’interceptions de migrants qu’à pareille date l’année précédente, selon les données du Service des douanes et de la protection des frontières (CBP).”Si avant il y avait une centaine de passages par jour, maintenant il n’y en a pas plus de cinq. Hier, il n’y en n’a pas eu”, a déclaré à l’AFP  un officier de la Garde nationale mexicaine, sous le couvert de l’anonymat.Ces résultats sont dus à la “coordination” entre le CBP et la Garde nationale mexicaine, selon cet officier qui patrouille près de Nido de las Águilas, un secteur pauvre et montagneux bordé par une clôture métallique, comme une grande partie de la ville de Tijuana. Les deux forces armées ont lancé un groupe Whatsapp pour partager des informations, des photos et des vidéos des opérations.Trump a menacé de taxer les exportations mexicaines à 25% en accusant le Mexique de ne pas en faire assez dans la lutte contre les migrants sans papiers et le trafic de fentanyl.Le président américain a de nouveau repoussé jeudi au 2 avril sa menace après un entretien téléphonique avec la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.”Nous travaillons fort, ensemble”, pour “empêcher que les immigrants illégaux entrent” et “arrêter le fentanyl”, a déclaré M. Trump.- Campements -Armés de fusils d’assaut mexicains FX Xiuhcoatl, les membres de la Garde nationale mexicaine montent et descendent à bord de camionnettes sur les pentes abruptes de Nido de las Águilas. Ce village est un passage bien connu où traversent les migrants qui fuient la pauvreté, la violence et les gouvernements autoritaires, sous l’emprise des “coyotes” (passeurs) qui les maltraitent. À quelques heures de marche vers le nord-ouest, de l’autre côté de la frontière, la ville promise : San Diego.Sur une colline encerclée de maisons délabrées, de chemins de terre, de poulaillers et d’ordures, une trentaine de soldats mexicains ont désormais leur propre base depuis le 20 février.”C’est un passage important en raison de la hauteur du mur”, explique l’officier de la Garde nationale.Malgré la présence militaire accrue, certains migrants se risquent à traverser. C’est le cas d’un couple pakistanais intercepté avec un jeune enfant dans les bras le 26 février dernier.Ils ont été livrés aux autorités migratoires mexicaines, après que la Garde mexicaine a demandé au CBP de vérifier les antécédents criminels des deux adultes.”De ce côté-ci, c’est à nous; de ce côté-là, c’est à eux”, lance l’officier, pendant que ses collègues filment les vols des hélicoptères américains, pour les diffuser sur la conversation Whatsapp.L’un deux a collé sur son casque un écusson du CBP, un geste courant entre les forces de l’ordre, qui s’échangent leurs insignes en signe d’amitié. Du côté américain, les militaires installent en hauteur un grand rouleau de barbelés, pour renforcer les barreaux les plus élevés.L’un des soldats observe quelque chose qui attire son attention sur le territoire mexicain à l’aide de jumelles, pendant que son collègue prend des images avec un téléphone cellulaire.

Tokyo commémore les 80 ans d’un raid aérien américain meurtrier de la Seconde guerre mondiale

Il y a 80 ans, Shizuko Nishio, qui avait à peine six ans, s’est accrochée à sa mère dans une cave, au moment où des bombardiers américains B29 larguaient leurs bombes incendiaires sur Tokyo, réduisant ses habitants en cendres et la capitale en un vaste champ de ruines.Cinq mois avant les bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, les raids aériens nocturnes dans la nuit du 9 au 10 mars 1945 ont été les plus meurtriers de la Seconde guerre mondiale menés avec des bombes conventionnelles. Au moins 80.000 personnes – et probablement plus de 100.000 selon des historiens japonais et américains – auraient alors perdu la vie.Mme Nishio, qui s’apprête à célébrer ses 86 ans, est la seule survivante parmi les vingt enfants de sa classe de maternelle.Elle se souvient de son excitation à l’idée de fêter son sixième anniversaire mais aussi de sa joie car elle allait “commencer à aller à l’école primaire à partir du mois d’avril”.”Puis la nuit, alors que nous étions couchés, mon père nous a dit de nous réfugier dans l’école primaire située en face de notre maison”, raconte à l’AFP cette vétérinaire à la retraite.Mais l’abri était plein déjà bondé, avec plus de 400 personnes à l’intérieur. Le cousin de Mme Nishio, alors âgé de 19 ans, et une infirmière sont restés sur place, tandis que le reste du groupe s’est réfugié dans le sous-sol d’une autre école. Vague après vague, les bombardiers B29 ont alors largué des bombes incendiaires, déclenchant un immense brasier, qui a ravagé 4.145 hectares de la ville.”Nous pensions que mon cousin et l’infirmière allaient s’en sortir”, déclare Mme Nishio.Mais quelques heures plus tard, ils faisaient partie des 200 personnes “retrouvées mortes carbonisées”, brûlées vives par la chaleur du brasier à l’extérieur.- “Corps carbonisés” -Le matin de son sixième anniversaire, Shizuko Nishio et sa famille sont sortis de leur maison avant l’aube, et ont découvert des “corps carbonisés” qui ressemblaient à des “bûches humaines”, a-t-elle raconté.”Il n’y avait plus rien… C’était comme la surface de la Lune.”L’historien britannique Richard Overy, auteur de “Pluie de ruines: Tokyo, Hiroshima et la capitulation du Japon”, raconte à l’AFP que mener une “explosion imparable” était “délibérée”.”Jusqu’au raid sur Tokyo, l’armée de l’air américaine avait tenté de détruire des usines japonaises ou d’attaquer des ports au Japon. Mais ils n’ont pas réussi”, explique-t-il.Le général Curtis LeMay, commandant de la force de bombardement de l’armée de l’air, “a donc décidé que la meilleure chose à faire était d’attaquer à basse altitude, avec des bombes incendiaires, et de brûler les villes”, ajoute-t-il.”Et en les incendiant, les travailleurs seraient tués, délogés. (…) Et cela permettait d’une certaine manière de miner l’économie de guerre japonaise”, estime l’historien. En raison des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945, suivis de la capitulation du Japon en septembre, le bombardement de Tokyo est largement tombé dans l’oubli.Même les attaques similaires menées par les Américains et les Britanniques à Hambourg et à Dresde en Allemagne, qui ont fait beaucoup moins de victimes, sont “plus connues”, selon Richard Overy.Tokyo a été “le pire bombardement conventionnel de la Seconde Guerre mondiale. Nous devons en être plus conscients”, assure l’historien. “Il ne fait aucun doute que la population civile était une cible délibérée”, ajoute-t-il. – “Rouge sinistre” -Alors qu’elle n’avait que huit ans, Yoko Kitamura, une autre survivante du bombardement aérien, se souvient que le ciel s’était teinté d’un “rouge sinistre”.”Le feu prenait de l’ampleur tandis que j’observais le ciel avec effroi (…) et dans notre secteur, il faisait clair comme en plein jour”, raconte à l’AFP Mme. Kitamura, aujourd’hui âgée de 88 ans.Deux mois plus tard, le 24 mai 1945, le quartier de Tokyo où elle se trouvait a également été la cible de frappes aériennes incendiaires. L’une d’entre elles est tombée près d’elle, cela ressemblait à “un petit bâton qui faisait des étincelles”.”Il s’est divisé en trente-huit étincelles. (…) L’une (de ces étincelles) est tombée sur une personne en face de moi et ses vêtements ont brûlé”, raconte Mme. Kitamura. “J’ai pensé, +Il prend feu+. Mais je n’ai pas pu demander à cette personne si elle allait bien… J’étais en train de fuir pour sauver ma propre vie”, ajoute-t-elle. Par la suite, Yoko Kitamura est devenue docteure, et a toujours détesté” le son des sirènes d’ambulance, qui lui rappelle le cri des alertes de raids aériens en temps de guerre. Interrogée sur les conflits actuels, notamment la guerre en Ukraine, Yoko Kitamura a déclaré que “l’humanité est stupide de s’entretuer”. L’autre survivante, Shizuko Nishio, partage son avis.”Quand je regardais la télévision sur la situation en Ukraine, il y avait une petite fille qui pleurait dans un abri humide…J’ai pensé +C’est moi!+”