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Vaste opération militaire dans l’ouest de la Syrie, 52 Alaouites exécutés selon une ONG

Une ONG a affirmé que les forces de sécurité syriennes avaient “exécuté” vendredi 52 membres de la minorité alaouite, lors d’une vaste opération dans le nord-ouest de la Syrie contre des combattants fidèles à l’ex-président Bachar al-Assad.Les autorités du pays ont envoyé vendredi des renforts et lancé d’importantes opérations de ratissage dans cette région, après des violences sans précédent qui ont fait au total 124 morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).Un couvre-feu a été prolongé jusqu’à samedi dans les régions côtières de Lattaquié, bastion de la communauté alaouite à laquelle appartient le président déchu, et celle de Tartous, plus au sud.Le rétablissement de la sécurité dans le pays profondément divisé est le défi le plus urgent pour le nouveau pouvoir, issu d’une coalition de groupes rebelles islamistes qui a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après 13 ans de guerre civile.A Jablé, à une dizaine de kilomètres au sud de Lattaquié, un habitant a raconté que des “batailles urbaines” faisaient rage.”Pendant la nuit, nous pouvions entendre des tirs et des explosions, alors qu’arrivaient des renforts massifs”, a déclaré cet homme, prénommé Ali, joint par l’AFP depuis Damas. “Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur. L’arrivée des véhicules militaires et des convois venus de partout n’a rien de rassurant”, a-t-il ajouté.Le responsable de la sécurité de Lattaquié, Moustafa Kneifati, a fait état d’une attaque “planifiée et préméditée” contre des positions gouvernementales dans cette région. L’OSDH a affirmé que 52 Alaouites avaient été “exécutés” vendredi par les forces de sécurité dans deux localités proches de Lattaquié, Al-Shir et Al-Mukhtariya, se basant sur des vidéos et des témoignages. L’ONG et des militants ont publié des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison. Dans une autre vidéo, des hommes en tenue militaire ordonnent à trois personnes de ramper l’une derrière l’autre avant de leur tirer dessus à bout portant.L’AFP n’a pas pu authentifier ces vidéos.- “Groupes hors-la-loi” -Les forces syriennes comptent dans leurs rangs de nombreux anciens combattants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), le groupe islamiste qui avait pris la tête de la coalition rebelle, après la décision des nouvelles autorités de dissoudre l’ancienne armée ainsi que les différentes factions rebelles.  L’Arabie saoudite a condamné des violences commises par des “groupes hors-la-loi” contre les forces de sécurité. La Turquie, frontalière de la Syrie, a mis en garde contre toute provocation menaçant la paix “en Syrie et dans la région”.Des images diffusées par l’agence de presse officielle Sana ont montré vendredi des combattants des nouvelles forces de sécurité à bord de pickups, armes pointées vers le ciel, entrant dans les villes de Baniyas et Tartous.D’autres images tournées par l’AFP à Al-Bab, dans le nord de la Syrie, montrent des combattants en treillis de l’Armée nationale syrienne, une faction pro-turque, se préparant à gagner Lattaquié pour soutenir les nouvelles autorités.En 24 heures, les combats ont fait 72 morts, dont 36 membres des forces de sécurité, ainsi que 32 combattants armés et quatre civils, selon l’OSDH.”De vastes opérations de ratissage ont débuté dans des villes, villages, localités et montagnes environnantes”, dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, après l’arrivée de renforts militaires, a indiqué vendredi Sana, citant une source des forces de sécurité.Cette source a indiqué que cette opération visait des membres “des milices d’Assad et ceux qui les ont soutenues et aidées”.- “Pas de pardon” -A Jablé, les forces de sécurité ont capturé jeudi Ibrahim Houweïja, ancien chef des services de renseignement de l’armée de l’air, selon Sana. Cet homme est “accusé d’avoir commis des centaines d’assassinats à l’époque du criminel Hafez al-Assad”, le père de Bachar al-Assad, a indiqué l’agence, et il est notamment soupçonné d’avoir assassiné le chef druze libanais Kamal Joumblatt en 1977. Le directeur provincial de la sécurité a également indiqué que les forces gouvernementales avaient affronté des hommes armés fidèles à un commandant des forces spéciales de l’ère Assad, Souheil al-Hassan, surnommé “le Tigre”, dans un autre village de la région, Beit Aana.Selon l’OSDH, les forces syriennes ont eu recours à des tirs d’hélicoptères dans ce secteur. Alors que des renforts quittaient jeudi soir la région d’Idleb, un ancien bastion des forces rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, des habitants s’y sont rassemblés pour manifester contre les partisans d’Assad.”Il n’y a pas de pardon ou de réconciliation avec les restes du régime, car ils n’ont pas cessé de nous tuer de sang-froid”, a lancé un manifestant, Talal Homsi. 

Vaste opération militaire dans l’ouest de la Syrie, 52 Alaouites exécutés selon une ONG

Une ONG a affirmé que les forces de sécurité syriennes avaient “exécuté” vendredi 52 membres de la minorité alaouite, lors d’une vaste opération dans le nord-ouest de la Syrie contre des combattants fidèles à l’ex-président Bachar al-Assad.Les autorités du pays ont envoyé vendredi des renforts et lancé d’importantes opérations de ratissage dans cette région, après des violences sans précédent qui ont fait au total 124 morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).Un couvre-feu a été prolongé jusqu’à samedi dans les régions côtières de Lattaquié, bastion de la communauté alaouite à laquelle appartient le président déchu, et celle de Tartous, plus au sud.Le rétablissement de la sécurité dans le pays profondément divisé est le défi le plus urgent pour le nouveau pouvoir, issu d’une coalition de groupes rebelles islamistes qui a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après 13 ans de guerre civile.A Jablé, à une dizaine de kilomètres au sud de Lattaquié, un habitant a raconté que des “batailles urbaines” faisaient rage.”Pendant la nuit, nous pouvions entendre des tirs et des explosions, alors qu’arrivaient des renforts massifs”, a déclaré cet homme, prénommé Ali, joint par l’AFP depuis Damas. “Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur. L’arrivée des véhicules militaires et des convois venus de partout n’a rien de rassurant”, a-t-il ajouté.Le responsable de la sécurité de Lattaquié, Moustafa Kneifati, a fait état d’une attaque “planifiée et préméditée” contre des positions gouvernementales dans cette région. L’OSDH a affirmé que 52 Alaouites avaient été “exécutés” vendredi par les forces de sécurité dans deux localités proches de Lattaquié, Al-Shir et Al-Mukhtariya, se basant sur des vidéos et des témoignages. L’ONG et des militants ont publié des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison. Dans une autre vidéo, des hommes en tenue militaire ordonnent à trois personnes de ramper l’une derrière l’autre avant de leur tirer dessus à bout portant.L’AFP n’a pas pu authentifier ces vidéos.- “Groupes hors-la-loi” -Les forces syriennes comptent dans leurs rangs de nombreux anciens combattants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), le groupe islamiste qui avait pris la tête de la coalition rebelle, après la décision des nouvelles autorités de dissoudre l’ancienne armée ainsi que les différentes factions rebelles.  L’Arabie saoudite a condamné des violences commises par des “groupes hors-la-loi” contre les forces de sécurité. La Turquie, frontalière de la Syrie, a mis en garde contre toute provocation menaçant la paix “en Syrie et dans la région”.Des images diffusées par l’agence de presse officielle Sana ont montré vendredi des combattants des nouvelles forces de sécurité à bord de pickups, armes pointées vers le ciel, entrant dans les villes de Baniyas et Tartous.D’autres images tournées par l’AFP à Al-Bab, dans le nord de la Syrie, montrent des combattants en treillis de l’Armée nationale syrienne, une faction pro-turque, se préparant à gagner Lattaquié pour soutenir les nouvelles autorités.En 24 heures, les combats ont fait 72 morts, dont 36 membres des forces de sécurité, ainsi que 32 combattants armés et quatre civils, selon l’OSDH.”De vastes opérations de ratissage ont débuté dans des villes, villages, localités et montagnes environnantes”, dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, après l’arrivée de renforts militaires, a indiqué vendredi Sana, citant une source des forces de sécurité.Cette source a indiqué que cette opération visait des membres “des milices d’Assad et ceux qui les ont soutenues et aidées”.- “Pas de pardon” -A Jablé, les forces de sécurité ont capturé jeudi Ibrahim Houweïja, ancien chef des services de renseignement de l’armée de l’air, selon Sana. Cet homme est “accusé d’avoir commis des centaines d’assassinats à l’époque du criminel Hafez al-Assad”, le père de Bachar al-Assad, a indiqué l’agence, et il est notamment soupçonné d’avoir assassiné le chef druze libanais Kamal Joumblatt en 1977. Le directeur provincial de la sécurité a également indiqué que les forces gouvernementales avaient affronté des hommes armés fidèles à un commandant des forces spéciales de l’ère Assad, Souheil al-Hassan, surnommé “le Tigre”, dans un autre village de la région, Beit Aana.Selon l’OSDH, les forces syriennes ont eu recours à des tirs d’hélicoptères dans ce secteur. Alors que des renforts quittaient jeudi soir la région d’Idleb, un ancien bastion des forces rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, des habitants s’y sont rassemblés pour manifester contre les partisans d’Assad.”Il n’y a pas de pardon ou de réconciliation avec les restes du régime, car ils n’ont pas cessé de nous tuer de sang-froid”, a lancé un manifestant, Talal Homsi. 

Le pape, très affaibli, entre dans sa quatrième semaine d’hospitalisation

Le pape François entre vendredi dans sa quatrième semaine d’hospitalisation pour une double pneumonie, au lendemain de la publication d’un message sonore dans lequel sa voix très affaiblie a rappelé la fragilité de son état de santé.Le souverain pontife de 88 ans se trouve dans un état “stable” mais son pronostic vital reste “réservé”, selon son dernier bulletin de santé. Il alterne oxygénation à haut débit via des canules nasales en journée, et “ventilation non invasive” avec un masque à oxygène la nuit.Jeudi soir, pour la première fois depuis son entrée à l’hôpital Gemelli de Rome le 14 février, le Vatican a publié un court enregistrement audio du pape dans lequel il remercie les fidèles pour leurs prières, la voix très affaiblie.”Je vous remercie de tout coeur pour les prières que vous faites pour ma santé depuis la place” Saint-Pierre de Rome, a dit le jésuite argentin dans ce message en espagnol – sa langue maternelle – enregistré plus tôt dans la journée et à sa propre demande, selon le Vatican.”Je vous accompagne d’ici. Que Dieu vous bénisse et que la Vierge prenne soin de vous”, a-t-il poursuivi, marquant plusieurs pauses pour reprendre son souffle, avant d’ajouter: “Merci”.L’enregistrement d’environ 25 secondes et de médiocre qualité a été diffusé jeudi soir lors de la prière quotidienne du rosaire pour la guérison du pape sur la place Saint-Pierre, accueilli par les applaudissements des centaines de fidèles dont beaucoup semblaient émus.Cette publication intervient alors que le Saint-Siège faisait face ces derniers jours à une demande croissante de preuve de vie du pape, renforcée par la multiplication de fausses informations sur les réseaux sociaux annonçant sa mort.L’usage de l’espagnol a toutefois intrigué et soulevé des questions sur la capacité du pape à faire l’effort de parler en italien, langue dans laquelle il s’exprime habituellement. Mais ce choix visait à toucher “une audience plus large” dans le monde, a voulu rassurer vendredi le Vatican.”J’ai été choquée de l’entendre aussi fatigué”, a confié à l’AFP Claudia Bianchi, une Italienne de 50 ans. “Mais c’est un signe positif. Cela nous donne de l’espoir qu’il ait encore la force de parler et qu’il semble vouloir toujours être avec nous”, a ajouté Alessandra Dalboni, 53 ans.- “Doutes” -François n’a plus fait d’apparition publique et aucune photo ou vidéo de lui n’a été publiée depuis le début de son hospitalisation, la plus longue depuis son élection en 2013.Il a manqué les trois dernières prières dominicales de l’Angélus et le Vatican ne s’est pas prononcé quant à une éventuelle apparition ce week-end, indiquant seulement que le cardinal Michael Czerny le remplacerait pour présider la messe du premier dimanche de Carême.”Nous espérons tous qu’il va bien parce que c’est une personnalité importante pour nous, mais nous avons des doutes. Nous ne voudrions pas avoir ces doutes”, a pour sa part déclaré Angelo Belcastro, un Italien de 60 ans en vacances à Rome.John Maloney, 76 ans, ne s’attendait pas à “recevoir un signe (de vie) aussi rapide” compte tenu des nouvelles préoccupantes sur son état de santé. “C’est un bon signe qu’il soit enfin capable de parler”, a ajouté ce Britannique, en pèlerinage à Rome pour le Jubilé, “Année sainte” de l’Eglise catholique.Le prochain bulletin médical sera publié samedi et non vendredi soir, “compte tenu de la stabilité” de l’état de santé du souverain pontife, a indiqué le Vatican.A l’hôpital Gemelli, le jésuite argentin alterne repos, prière, travail et physiothérapie pour venir à bout d’une pneumonie qui touche ses deux poumons et occasionne des épisodes de détresse respiratoire.Lundi, il a été en proie à “deux épisodes d’insuffisance respiratoire aiguë”, et son tableau clinique restait “complexe” vendredi.Son équipe médicale ne s’est toujours pas prononcée sur la durée de son hospitalisation, ni sur celle de sa convalescence s’il parvient à surmonter cette épreuve. Une incertitude qui a relancé les spéculations sur la capacité de François à assurer sa charge et les rumeurs sur une éventuelle démission.L’hospitalisation du souverain pontife intervient après qu’il a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années : en surpoids, souffrant de douleurs au genou, il a, entre autres, subi des opérations du côlon et de l’abdomen et des infections respiratoires à répétition.François souffre de fragilités respiratoires, notamment en raison d’une ablation du lobe supérieur du poumon droit à l’âge de 21 ans.

Ukraine: frappes russes massives contre les infrastructures énergétiques, Zelensky appelle à une trêve aérienne

La Russie a lancé vendredi une attaque massive de drones et de missiles sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine dont le président Volodymyr Zelensky a, une nouvelle fois, appelé à une trêve dans les airs et en mer.Ces bombardements nocturnes interviennent au lendemain d’un sommet des 27 dirigeants des pays membres de l’UE qui, face au désengagement de Washington dans le conflit, ont affiché à Bruxelles leur volonté de renforcer les capacités de défense du continent.”Les premières étapes pour établir une paix réelle devraient être de forcer la seule source de cette guerre, c’est-à-dire la Russie, à mettre fin à de telles attaques”, a écrit M. Zelensky vendredi dans un message sur X, en demandant une “interdiction” de l’usage “de missiles, de drones à longue portée et de bombes” aériennes.Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit vendredi soutenir “l’idée d’établir un cessez-le-feu le plus rapidement possible et de cesser les attaques dans les airs et en mer comme mesure de confiance entre les parties”, plaidant pour “une paix juste, durable et honorable en Ukraine”.Sur le plan diplomatique, une rencontre est prévue mardi en Arabie saoudite entre des délégations américaine et ukrainienne pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”, selon Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient.M. Zelensky a annoncé qu’il irait en Arabie saoudite lundi pour y rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Son homologue américain Donald Trump a indiqué qu’il comptait lui aussi s’y rendre, mais sans donner de date précise.M. Zelensky ira également le 10 avril en Afrique du Sud, une visite qui s’inscrit dans “le prolongement des engagements en cours” sur “un processus de paix inclusif” entre Kiev et Moscou, selon un porte-parole de la présidence sud-africaine.- “Attaque combinée” -Tôt vendredi, dans plusieurs régions d’Ukraine, les infrastructures énergétiques et gazières se sont retrouvées à nouveau sous “des bombardements massifs de missiles et de drones”, selon le ministre de l’Énergie Guerman Galouchtchenko. “Toutes les mesures nécessaires sont prises pour stabiliser l’approvisionnement en énergie et en gaz”, a-t-il précisé sur Facebook.Lors de cette “attaque combinée”, le pays a été visé par au moins 58 missiles et 194 drones russes, selon l’armée ukrainienne. Pour les contrer, elle a notamment utilisé pour la première fois des chasseurs français Mirage 2000 livrés par la France le mois dernier.L’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu au moins 134 cibles, dont 34 missiles et 100 drones, au moment où la suspension de l’aide militaire américaine fait craindre un affaiblissement de ses capacités de défense antiaérienne.Des alertes aériennes ont été déclenchées dans tout le pays pendant la nuit, avec des dégâts et des blessés signalés dans plusieurs régions.Cinq personnes ont été blessées dans la nuit de jeudi à vendredi à Kharkiv (nord-est), selon les autorités. Dans un message sur Telegram, le maire de la ville, Igor Terekhov a indiqué qu’une femme avait été retirée vivante des décombres. “Outre un bâtiment d’infrastructure critique et un bâtiment résidentiel, d’autres bâtiments ont également été endommagés”, a déclaré M. Terekhov.A Ternopil (ouest), selon le gouverneur de la région Iacheslav Negoda, “des missiles ont touché une installation industrielle critique”, sans faire de victime. Il a évoqué de possibles restrictions sur l’approvisionnement en gaz.Plus tôt dans la nuit, des dommages à des infrastructures critiques avaient été signalés dans la région d’Odessa (sud).”L’attaque a provoqué des incendies dans trois immeubles résidentiels privés. Des infrastructures critiques ont également été endommagées. Selon les premières informations, personne n’a été blessé”, ont indiqué les services d’urgence.La veille, des frappes russes sur un hôtel de Kryvyï Rig (centre) avaient fait quatre morts et plus de 30 blessés, selon les autorités.- “Réarmer l’Europe” -Une semaine après la vive altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, l’Ukraine fait face au gel de l’aide militaire américaine, dont l’interruption du partage de renseignements.Face au désengagement américain, les 27 dirigeants européens, réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, ont donné jeudi leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser 800 milliards d’euros face à “la nécessité d’accroître substantiellement les dépenses en matière de défense”.Dans leurs conclusions, les membres de l’UE, à l’exception de la Hongrie, ont convenu qu'”il ne peut y avoir de négociations sur l’Ukraine sans l’Ukraine”.”Nous voyons que l’UE discute activement de militarisation, nous suivons ce processus de près car l’UE positionne la Russie comme ennemi principal”, a réagi vendredi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Il a dénoncé une “rhétorique de confrontation” qui s’oppose à “la recherche d’un règlement” du conflit en Ukraine, déclenché par l’invasion russe du pays fin février 2022.Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé qu’il recevrait mercredi prochain à Paris ses homologues d’Allemagne, d’Italie, de Pologne et du Royaume-Uni, pour “coordonner leur action en soutien à Kiev”.

Ukraine: frappes russes massives contre les infrastructures énergétiques, Zelensky appelle à une trêve aérienne

La Russie a lancé vendredi une attaque massive de drones et de missiles sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine dont le président Volodymyr Zelensky a, une nouvelle fois, appelé à une trêve dans les airs et en mer.Ces bombardements nocturnes interviennent au lendemain d’un sommet des 27 dirigeants des pays membres de l’UE qui, face au désengagement de Washington dans le conflit, ont affiché à Bruxelles leur volonté de renforcer les capacités de défense du continent.”Les premières étapes pour établir une paix réelle devraient être de forcer la seule source de cette guerre, c’est-à-dire la Russie, à mettre fin à de telles attaques”, a écrit M. Zelensky vendredi dans un message sur X, en demandant une “interdiction” de l’usage “de missiles, de drones à longue portée et de bombes” aériennes.Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit vendredi soutenir “l’idée d’établir un cessez-le-feu le plus rapidement possible et de cesser les attaques dans les airs et en mer comme mesure de confiance entre les parties”, plaidant pour “une paix juste, durable et honorable en Ukraine”.Sur le plan diplomatique, une rencontre est prévue mardi en Arabie saoudite entre des délégations américaine et ukrainienne pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”, selon Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient.M. Zelensky a annoncé qu’il irait en Arabie saoudite lundi pour y rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Son homologue américain Donald Trump a indiqué qu’il comptait lui aussi s’y rendre, mais sans donner de date précise.M. Zelensky ira également le 10 avril en Afrique du Sud, une visite qui s’inscrit dans “le prolongement des engagements en cours” sur “un processus de paix inclusif” entre Kiev et Moscou, selon un porte-parole de la présidence sud-africaine.- “Attaque combinée” -Tôt vendredi, dans plusieurs régions d’Ukraine, les infrastructures énergétiques et gazières se sont retrouvées à nouveau sous “des bombardements massifs de missiles et de drones”, selon le ministre de l’Énergie Guerman Galouchtchenko. “Toutes les mesures nécessaires sont prises pour stabiliser l’approvisionnement en énergie et en gaz”, a-t-il précisé sur Facebook.Lors de cette “attaque combinée”, le pays a été visé par au moins 58 missiles et 194 drones russes, selon l’armée ukrainienne. Pour les contrer, elle a notamment utilisé pour la première fois des chasseurs français Mirage 2000 livrés par la France le mois dernier.L’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu au moins 134 cibles, dont 34 missiles et 100 drones, au moment où la suspension de l’aide militaire américaine fait craindre un affaiblissement de ses capacités de défense antiaérienne.Des alertes aériennes ont été déclenchées dans tout le pays pendant la nuit, avec des dégâts et des blessés signalés dans plusieurs régions.Cinq personnes ont été blessées dans la nuit de jeudi à vendredi à Kharkiv (nord-est), selon les autorités. Dans un message sur Telegram, le maire de la ville, Igor Terekhov a indiqué qu’une femme avait été retirée vivante des décombres. “Outre un bâtiment d’infrastructure critique et un bâtiment résidentiel, d’autres bâtiments ont également été endommagés”, a déclaré M. Terekhov.A Ternopil (ouest), selon le gouverneur de la région Iacheslav Negoda, “des missiles ont touché une installation industrielle critique”, sans faire de victime. Il a évoqué de possibles restrictions sur l’approvisionnement en gaz.Plus tôt dans la nuit, des dommages à des infrastructures critiques avaient été signalés dans la région d’Odessa (sud).”L’attaque a provoqué des incendies dans trois immeubles résidentiels privés. Des infrastructures critiques ont également été endommagées. Selon les premières informations, personne n’a été blessé”, ont indiqué les services d’urgence.La veille, des frappes russes sur un hôtel de Kryvyï Rig (centre) avaient fait quatre morts et plus de 30 blessés, selon les autorités.- “Réarmer l’Europe” -Une semaine après la vive altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, l’Ukraine fait face au gel de l’aide militaire américaine, dont l’interruption du partage de renseignements.Face au désengagement américain, les 27 dirigeants européens, réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, ont donné jeudi leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser 800 milliards d’euros face à “la nécessité d’accroître substantiellement les dépenses en matière de défense”.Dans leurs conclusions, les membres de l’UE, à l’exception de la Hongrie, ont convenu qu'”il ne peut y avoir de négociations sur l’Ukraine sans l’Ukraine”.”Nous voyons que l’UE discute activement de militarisation, nous suivons ce processus de près car l’UE positionne la Russie comme ennemi principal”, a réagi vendredi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Il a dénoncé une “rhétorique de confrontation” qui s’oppose à “la recherche d’un règlement” du conflit en Ukraine, déclenché par l’invasion russe du pays fin février 2022.Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé qu’il recevrait mercredi prochain à Paris ses homologues d’Allemagne, d’Italie, de Pologne et du Royaume-Uni, pour “coordonner leur action en soutien à Kiev”.