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Vaste opération militaire dans l’ouest de la Syrie, 69 Alaouites exécutés selon une ONG

Une ONG a affirmé que les forces de sécurité syriennes avaient “exécuté” vendredi 69 membres de la minorité alaouite, lors d’une vaste opération dans le nord-ouest de la Syrie contre des combattants fidèles à l’ex-président Bachar al-Assad, les autorités évoquant des “exactions isolées”.Les autorités du pays ont envoyé vendredi des renforts et lancé d’importantes opérations de ratissage dans cette région, dans un contexte de violences sans précédent qui ont fait au total 147 morts depuis jeudi, selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).Un couvre-feu a été prolongé jusqu’à samedi dans les régions côtières de Lattaquié, bastion de la communauté alaouite dont est issu le président déchu, et celle de Tartous, plus au sud.Le rétablissement de la sécurité dans le pays profondément divisé est le défi le plus urgent pour le nouveau pouvoir, issu d’une coalition de groupes rebelles islamistes qui a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après plus de 13 ans de guerre civile.A Jablé, à une dizaine de kilomètres au sud de Lattaquié, un habitant a raconté que des “batailles urbaines” faisaient rage.”Pendant la nuit, nous pouvions entendre des tirs et des explosions, alors qu’arrivaient des renforts massifs”, a déclaré cet homme, prénommé Ali, joint par l’AFP depuis Damas. “Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur. L’arrivée des véhicules militaires et des convois venus de partout n’a rien de rassurant”, a-t-il ajouté.Le responsable de la sécurité de Lattaquié, Moustafa Kneifati, a fait état d’une attaque “planifiée et préméditée” contre des positions gouvernementales dans cette région. L’OSDH a affirmé que 69 Alaouites avaient été “exécutés” vendredi par les forces de sécurité dans deux localités proches de Lattaquié, al-Shir et al-Mukhtariya, se basant sur des vidéos et des témoignages.L’ONG et des militants ont publié des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison et des exécutions sommaires.L’AFP n’a pas pu vérifier ces vidéos de manière indépendante.De son côté, une source sécuritaire citée par l’agence officielle syrienne Sana a fait état d'”exactions isolées” commises par des “foules (…) non organisées qui se sont dirigées vers la côte”, en représailles à “l’assassinat de plusieurs membres des forces de police et de sécurité par les hommes fidèles à l’ancien régime”.”Nous oeuvrons à mettre un terme à ces exactions qui ne représentent pas l’ensemble du peuple syrien,”, a ajouté la source du ministère de l’Intérieur, sans plus de détails sur les faits. – “Groupes hors-la-loi” -Les forces syriennes comptent dans leurs rangs de nombreux anciens combattants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), le groupe islamiste fer de lance de la coalition qui a renversé Assad.L’Arabie saoudite a condamné des violences commises par des “groupes hors-la-loi” contre les forces de sécurité. La Turquie, frontalière de la Syrie, a mis en garde contre toute provocation menaçant la paix “en Syrie et dans la région”.Des images diffusées par Sana ont montré vendredi des membres des nouvelles forces de sécurité à bord de pickups, armes pointées vers le ciel, entrant dans Baniyas et Tartous.D’autres images tournées par l’AFP à Al-Bab (nord), montrent des combattants en treillis de l’Armée nationale syrienne, une faction pro-turque, se préparant à gagner Lattaquié en renfort aux nouvelles autorités.Jeudi, les combats ont fait 78 morts, dont 37 membres des forces de sécurité, 34 combattants armés et sept civils, selon l’OSDH.”De vastes opérations de ratissage ont débuté” dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, après l’arrivée de renforts militaires, a indiqué vendredi Sana, citant une source des forces de sécurité.Cette source a indiqué que cette opération visait des membres “des milices d’Assad et ceux qui les ont soutenues et aidées”.- “Pas de pardon” -A Jablé, les forces de sécurité ont capturé jeudi Ibrahim Houweïja, ancien chef des services de renseignement de l’armée de l’air, selon Sana. Il est “accusé d’avoir commis des centaines d’assassinats” à l’époque d’Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad.Le directeur provincial de la sécurité a également indiqué que les forces gouvernementales avaient affronté des hommes armés fidèles à un commandant des forces spéciales de l’ère Assad, Souheil al-Hassan.Selon l’OSDH, les forces syriennes ont eu recours à des tirs d’hélicoptères dans ce secteur. Alors que des renforts quittaient jeudi soir la région d’Idleb, un ancien bastion rebelle dans le nord-ouest, des habitants s’y sont rassemblés pour manifester contre les partisans d’Assad.”Il n’y a pas de pardon ou de réconciliation avec les restes du régime, car ils n’ont pas cessé de nous tuer de sang-froid”, a lancé un manifestant, Talal Homsi. 

Royaume-Uni: la justice allège les peines les plus lourdes contre des écologistes emprisonnés

La justice britannique a allégé vendredi en appel les peines de prison de six activistes de l’organisation Just Stop Oil, dont son fondateur, parmi les plus lourdes jamais infligées à des militants écologistes au Royaume-Uni, confirmant en revanche celles de dix d’entre eux.La juge Sue Carr a notamment décidé de réduire les peines de cinq militants condamnés de quatre à cinq ans de prison en juillet 2024 pour “conspiration”, après avoir planifié lors d’une réunion en ligne une action de blocage de l’autoroute M25 autour de Londres.Ces peines, qui avaient choqué ONG et défenseurs de l’environnement, étaient “les plus élevées de leur genre dans l’histoire moderne du Royaume-Uni”, avait affirmé l’un des avocats des plaignants, Danny Friedman, lors de l’audience fin janvier. Parmi eux figure le cofondateur de Just Stop Oil, Roger Hallam, qui a vu sa peine réduite de cinq à quatre ans de prison par la Cour d’appel de Londres.Au total, ces 16 militants avaient tous été condamnés en première instance à des peines comprises entre 15 mois et cinq ans de prison ferme en 2024.Dès le début de la lecture de la décision, une vingtaine de militants se sont levés des bancs de la salle d’audience en silence, et ont tourné le dos à la juge, vêtus de tee-shirt “Corruption au tribunal”.L’avocate de l’ONG Friends of the Earth Katie de Kauwe, associée à ce recours, a salué après le jugement une “évolution positive pour le mouvement climat”, après que la juge a estimé que certaines des peines étaient “manifestement excessives”.”Nous saluons le principe de l’arrêt d’aujourd’hui selon lequel la condamnation pour une manifestation pacifique doit tenir compte des motivations de l’accusé et des protections offertes par la Convention européenne des droits de l’homme”, a ajouté l’avocate.Gaie Delap, militante de 78 ans condamnée à 20 mois de prison pour avoir escaladé les portiques de l’autoroute M25, a elle vu sa peine réduite à 18 mois.Cette femme à la santé fragile, victime d’un AVC en juillet, avait déjà été autorisée à sortir de prison fin janvier après 43 jours, pour être assignée à résidence avec un bracelet électronique.- “Sans précédent” -Phoebe Plummer et Anna Holland, respectivement condamnées à deux ans et 20 mois de prison pour avoir jeté une conserve de soupe sur les “Tournesols” de Van Gogh – protégés derrière une vitre – à la National Gallery, ont elles vu leur requête rejetée.C’est aussi le cas des quatre militants qui avaient escaladé les portiques de l’autoroute M25 avec des bannières Just Stop Oil, et de quatre autres qui avaient occupé pendant 13 jours un tunnel sous une route dans l’Essex, pour dénoncer l’impact de l’industrie des énergies fossiles.Le parquet avait défendu la sévérité des peines infligées, accusant les membres de Just Stop Oil d’avoir “dépassé les limites du raisonnable”, et soulignant le caractère “dangereux” de leurs actions.”Aucun pays en Europe ne prononce de peines aussi draconiennes pour des manifestations pacifiques, ce qui prouve que nous sommes en décalage avec le reste du monde civilisé”, a déclaré l’avocat de plusieurs de ces militants, Raj Chada, qui a dit envisager un “appel devant la Cour suprême britannique”.Cet arrêt de la Cour d’appel aura, selon les ONG, “des répercussions considérables sur l’avenir des manifestations pacifiques” et sur le sort des militants écologistes en attente de leur jugement.C’est le cas des membres de Just Stop Oil accusés d’avoir “endommagé” les monolithes protégés de Stonehenge, dans le sud de l’Angleterre, en les aspergeant de peinture, ou d’avoir dégradé la tombe de Charles Darwin dans l’abbaye de Westminster.Cette organisation britannique est connue pour ses actions aussi spectaculaires que critiquées dans des musées, lors de compétitions sportives ou de spectacles. Elle exhorte le gouvernement à cesser l’exploitation des énergies fossiles d’ici à 2030.Ces dernières années, ONG et militants ont dénoncé un recul de la liberté de manifester au Royaume-Uni, et une répression grandissante des militants écologistes.En 2022 et 2023, les précédents gouvernements conservateurs ont voté une série de lois pour dissuader et punir plus sévèrement les actions coup de poing des militants écologistes.

Paris: la découverte d’une bombe de la Seconde guerre mondiale bloque la gare du Nord

Aucun train ne circule vendredi matin depuis la gare du Nord de Paris, l’une des premières d’Europe, après la découverte dans la nuit d’une bombe de 500 kg de la Seconde guerre mondiale sur la commune de Saint-Denis, le ministre des Transports suggérant une possible reprise du trafic à 16H00.Aucun TGV, Eurostar, RER ni TER ne circule et le trafic “ne pourra reprendre qu’après la fin des opérations de déminage”, précise la SNCF. Tous les trains Eurostar en provenance et à destination de Paris sont annulés, a indiqué l’entreprise ferroviaire franco-britannique, qui prévoit, en revanche, un trafic normal samedi.”Si les choses se sécurisent et si on a le feu vert du préfet de police dans les heures qui viennent, c’est à partir de 16H00 qu’une partie du service pourrait, et je dis bien pourrait, être rétablie”, a déclaré le ministre des Transports, Philippe Tabarot, lors d’un point de presse en fin de matinée.Dans le hall de la gare du Nord, du côté du RER, les voyageurs sont désabusés, a constaté un journaliste de l’AFP. “C’est pas de chance si cela vous arrive, mais je ne veux pas monter dans un train qui passe sur une bombe de la Seconde Guerre mondiale qui n’a pas explosé”, a jugé auprès de l’AFP Owen Pritchard, touriste qui tente de rentrer au Royaume-Uni, mais dont l’Eurostar a été annulé.C’est au cours de travaux réalisés dans la nuit de jeudi à vendredi que l’engin explosif de 500 kg à été découvert, à 2,5 km de la gare du Nord. La bombe est située à environ 200 m au nord du boulevard périphérique parisien. Deux cents riverains ont été évacués par la police, a indiqué le préfet de Seine-Saint-Denis, qui a demandé aux habitants de Saint-Denis et Saint-Ouen qui habitent à moins de 500 m du lieu de la bombe de se confiner.Une partie du boulevard périphérique et de l’autoroute A1 sont également fermées pendant l’opération de déminage, a indiqué la préfecture de police de Paris.Vers 14H00, le site de la direction des routes de la région Sytadin a recensé plus de 200 km de bouchon sur les routes d’Ile-de-France, un niveau “exceptionnel” par rapport à la normale.- Les cars “pris d’assaut” -“On a essayé de regarder les avions, mais c’est hors de prix, et puis de toute manière, on ne peut même pas aller à l’aéroport Charles-de-Gaulle” du fait de l’arrêt de la circulation du RER B vers le Nord, se désole Marion, 43 ans, qui devait se rendre à Londres pour rendre visite à des amis.La SNCF invite les usagers à “reporter leur voyage”. Le RER B est reporté à la Plaine-Stade de France et à Aulnay-sous-Bois, tandis que les lignes K et H sont respectivement reportées à Mitry et à Saint-Denis.Des trains à destination de Lille, Dunkerque et Valenciennes sont reportés gare de Lyon à Paris, précipitant de nombreux voyageurs dans les bouches du métro.Certains voyageurs se sont également redirigés vers les cars longue distance : l’opérateur Flixbus s’est dit “pris d’assaut” depuis l’interruption du trafic, affichant complet sur ses lignes de car entre Paris et Bruxelles, Londres et Amsterdam.Dans l’attente de plus d’explications, certains voyageurs ont fait part de leur étonnement quant à l’incongruité de la situation. “C’est marrant, je reviens justement de Lorient où la découverte d’obus non explosés, ça arrive tout le temps”, s’amuse Chloé Ternand, qui devait prendre un Ouigo vers Bruxelles.A Saint-Denis, à proximité de l’endroit où a été découvert l’engin, Marcello, 85 ans, tient en main un magazine qui relate le bombardement qui a ravagé le quartier de La Plaine le 21 avril 1944.”J’habitais à côté, ça m’a rappelé des souvenirs. Quand il y a eu le bombardement, on n’a même pas eu le temps d’aller à l’abri parce que ça a été soudain”, témoigne-t-il à l’AFP.Ce n’est pas la première fois que la découverte d’une bombe de la Seconde guerre mondiale vient paralyser le réseau ferroviaire à Paris. En 2019, un obus retrouvé dans les Hauts-de-Seine avait interrompu le trafic entre la gare de Saint-Lazare et la proche banlieue ouest de Paris.La gare du Nord est l’une des gares les plus fréquentées d’Europe, avec plus de 226 millions de voyageurs en 2023, selon les chiffres de la SNCF.

Motion de censure contre le gouvernement après la pire catastrophe ferroviaire en Grèce

Le Parlement se prononce vendredi sur une motion de censure soumise par l’opposition de gauche contre le gouvernement conservateur pour sa gestion de la pire catastrophe ferroviaire en Grèce, qui continue, deux ans après, de susciter l’émoi du pays.Le parti de droite Nouvelle Démocratie du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis reconduit au pouvoir quelques mois après ce drame pour un nouveau mandat de quatre ans, dispose de 156 députés sur 300 sièges du Parlement, une majorité suffisante pour survivre à cette motion.Depuis trois jours les élus de la majorité gouvernementale et ceux de l’opposition ont croisé le fer lors de débats houleux. Les partis de gauche accusent le gouvernement de “dissimulation” des véritables causes de l’accident ferroviaire du 28 février 2023 qui continue de provoquer une vive émotion dans le pays.Le vote de la motion de censure est attendu vendredi soir.Plus de 3.000 élèves et étudiants, selon la police, ont commencé à manifester vendredi en début d’après-midi dans le centre d’Athènes, bouclé à la circulation. “Aucune dissimulation”, “Pour respirer, on va les renverser”, était inscrit sur une banderole. Le syndicat communiste Pame a également appelé à un rassemblement en fin d’après-midi.Il y a une semaine, plus de 300.000 personnes avaient manifesté à travers le pays, à l’occasion du deuxième anniversaire du pire accident ferroviaire en Grèce, l’une de plus grande mobilisation vue dans le pays ces dernières années.La collision frontale des deux trains a été suivie d’un énorme incendie dont les causes n’ont pas été éclaircies, ce qui alimente la controverse. “Un carburant inconnu” serait à l’origine de “l’énorme boule de feu” qui a tué plusieurs survivants après la collision, selon un rapport d’expetrs publié récemment.- Polémique -Une commission parlementaire, constituée mercredi, doit enquêter sur les responsabilités pénales éventuelles d’un ancien secrétaire d’Etat accusé d’avoir autorisé le nettoyage rapide du site de l’accident, entraînant la perte de preuves essentielles pour la justice.  Quarante personnes au total ont été poursuivies jusqu’ici, mais aucune n’a encore été jugée.L’accident a été imputé à la vétusté du réseau ferroviaire et à “l’erreur” du chef de gare de Larissa, inculpé pour “homicides par négligence”. Selon des médias, il avait été muté à ce poste sans avoir les compétences requises.Selon un sondage récent, la majorité des Grecs impute des “responsabilités pénales” à la classe politique.”Face à un gouvernement arrogant et corrompu, la société a perdu sa confiance dans la Nouvelle Démocratie”, a martelé au Parlement mercredi Nikos Androulakis, chef des socialistes du Pasok, principal parti d’opposition à l’origine de la motion de censure.Jeudi, il a encore accusé le gouvernement “de mentir pour une tragédie qui a bouleversé la Grèce”.Le ministre adjoint au ministère de l’Economie, Nikos Papathanasis a accusé l’opposition “d’instumentaliser” l’affaire de Tempé dans le but de “renverser le gouvernement”.Pour sa part le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a reconnu “les lacunes chroniques de l’Etat”, qui avec “des erreurs humaines fatales”, ont provoqué ce drame.”La tâche ardue de la modernisation des trains a effectivement été en retard”, a-t-il souligné mercredi au Parlement.C’est surtout la compagnie publique grecque OSE, chargée du réseau ferroviaire, qui est mise en cause. L’entreprise d’exploitation du réseau Hellenic Train – achetée en 2017 par le groupe italien Ferrovie dello Stato Italiane (FS) dans le cadre d’un vaste programme de privatisations – se défend de ne gérer que le transport des passagers et du fret.- Traumatisme -Faisant allusion aux manifestations, M. Mitsotakis a appelé les Grecs à se méfier “des tribunaux populaires” et à avoir confiance dans la justice.”Nous vivons deux ans après le traumatisme de Tempé un deuil commun que certains cercles cherchent à transformer en un sujet de division”, a-t-il indiqué.Il s’est dit confiant dans le rejet de la motion de censure grâce à son “groupe parlementaire solidement uni”.Une motion de censure similaire avait été rejetée l’année dernière.

Motion de censure contre le gouvernement après la pire catastrophe ferroviaire en Grèce

Le Parlement se prononce vendredi sur une motion de censure soumise par l’opposition de gauche contre le gouvernement conservateur pour sa gestion de la pire catastrophe ferroviaire en Grèce, qui continue, deux ans après, de susciter l’émoi du pays.Le parti de droite Nouvelle Démocratie du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis reconduit au pouvoir quelques mois après ce drame pour un nouveau mandat de quatre ans, dispose de 156 députés sur 300 sièges du Parlement, une majorité suffisante pour survivre à cette motion.Depuis trois jours les élus de la majorité gouvernementale et ceux de l’opposition ont croisé le fer lors de débats houleux. Les partis de gauche accusent le gouvernement de “dissimulation” des véritables causes de l’accident ferroviaire du 28 février 2023 qui continue de provoquer une vive émotion dans le pays.Le vote de la motion de censure est attendu vendredi soir.Plus de 3.000 élèves et étudiants, selon la police, ont commencé à manifester vendredi en début d’après-midi dans le centre d’Athènes, bouclé à la circulation. “Aucune dissimulation”, “Pour respirer, on va les renverser”, était inscrit sur une banderole. Le syndicat communiste Pame a également appelé à un rassemblement en fin d’après-midi.Il y a une semaine, plus de 300.000 personnes avaient manifesté à travers le pays, à l’occasion du deuxième anniversaire du pire accident ferroviaire en Grèce, l’une de plus grande mobilisation vue dans le pays ces dernières années.La collision frontale des deux trains a été suivie d’un énorme incendie dont les causes n’ont pas été éclaircies, ce qui alimente la controverse. “Un carburant inconnu” serait à l’origine de “l’énorme boule de feu” qui a tué plusieurs survivants après la collision, selon un rapport d’expetrs publié récemment.- Polémique -Une commission parlementaire, constituée mercredi, doit enquêter sur les responsabilités pénales éventuelles d’un ancien secrétaire d’Etat accusé d’avoir autorisé le nettoyage rapide du site de l’accident, entraînant la perte de preuves essentielles pour la justice.  Quarante personnes au total ont été poursuivies jusqu’ici, mais aucune n’a encore été jugée.L’accident a été imputé à la vétusté du réseau ferroviaire et à “l’erreur” du chef de gare de Larissa, inculpé pour “homicides par négligence”. Selon des médias, il avait été muté à ce poste sans avoir les compétences requises.Selon un sondage récent, la majorité des Grecs impute des “responsabilités pénales” à la classe politique.”Face à un gouvernement arrogant et corrompu, la société a perdu sa confiance dans la Nouvelle Démocratie”, a martelé au Parlement mercredi Nikos Androulakis, chef des socialistes du Pasok, principal parti d’opposition à l’origine de la motion de censure.Jeudi, il a encore accusé le gouvernement “de mentir pour une tragédie qui a bouleversé la Grèce”.Le ministre adjoint au ministère de l’Economie, Nikos Papathanasis a accusé l’opposition “d’instumentaliser” l’affaire de Tempé dans le but de “renverser le gouvernement”.Pour sa part le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a reconnu “les lacunes chroniques de l’Etat”, qui avec “des erreurs humaines fatales”, ont provoqué ce drame.”La tâche ardue de la modernisation des trains a effectivement été en retard”, a-t-il souligné mercredi au Parlement.C’est surtout la compagnie publique grecque OSE, chargée du réseau ferroviaire, qui est mise en cause. L’entreprise d’exploitation du réseau Hellenic Train – achetée en 2017 par le groupe italien Ferrovie dello Stato Italiane (FS) dans le cadre d’un vaste programme de privatisations – se défend de ne gérer que le transport des passagers et du fret.- Traumatisme -Faisant allusion aux manifestations, M. Mitsotakis a appelé les Grecs à se méfier “des tribunaux populaires” et à avoir confiance dans la justice.”Nous vivons deux ans après le traumatisme de Tempé un deuil commun que certains cercles cherchent à transformer en un sujet de division”, a-t-il indiqué.Il s’est dit confiant dans le rejet de la motion de censure grâce à son “groupe parlementaire solidement uni”.Une motion de censure similaire avait été rejetée l’année dernière.