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Argentine: au moins 6 morts dans des pluies torrentielles dans la ville de Bahia Blanca

Au moins six personnes ont péri, selon un bilan provisoire des autorités locales, dans des pluies torrentielles qui se sont abattues depuis l’aube vendredi sur la ville portuaire de Bahia Blanca, à 600 km au sud de Buenos Aires. Selon les autorités, plus de 300 millimètres de pluie sont tombés en environ six heures, inondant de nombreuses rues, forçant l’évacuation de plus d’un millier de personnes environ, et notamment d’un hôpital, dans cette ville d’environ 350.000 habitants.Cinq des six victimes sont mortes prises par les eaux sur la voie publique, a précisé en début d’après-midi dans un communiqué la municipalité, qui initialement avait fait état d’une victime. “On ne peut exclure l’existence d’un plus grand nombre de morts, en raison de l’ampleur de la catastrophe climatique”, a souligné la municipalité.A la mi-journée vendredi, elle faisait état d'”une grande partie de la ville sous l’eau” après “sept heures de pluies torrentielles ininterrompues”, qui avaient diminué à la mi-journée.Le maire de Bahia Blanca, Federico Susbielles, a indiqué dans un message vidéo sur X en milieu d’après-midi que “la pluie avait cessé”, mais que des axes inondés empêchaient encore de parvenir en divers points de l’agglomération.- “Montés sur les toits” -Il a rappelé que l’électricité avait été coupée dans la ville “pour des raisons de sécurité”.Des images de télévision ont montré des infirmières et du personnel médical, par la suite aidés par l’armée, évacuant dans leurs bras des bébés de l’unité néonatale de l’hôpital José Penna, le plus important de la ville, qui était en cours d’évacuation.La municipalité de Bahia Blanca a annulé toute activité dans la ville pour la journée de vendredi et appelé les habitants à rester chez eux jusqu’à nouvel ordre, n’autorisant “que les déplacements avec engins lourds”, en vue des opérations de secours.L’aéroport de Bahia Blanca a été fermé jusqu’à nouvel ordre.Une habitante de Bahia Blanca a été interviewée par la chaine LN+ depuis un camion, où elle s’est réfugié avec ses enfants en voyant l’eau monter dans la rue puis dans sa maison.”On a monté les chiens sur le toit, mis les enfants dans le camion et on est resté là-dedans. Il reste encore environ un mètre d’eau, et on attend que ça baisse pour aller dans un endroit plus sûr”, a raconté Flavia Viera Romero.”Les voisins, tous sont montés sur les toits”, a-t-elle ajouté.La province de Buenos Aires –distincte de la capitale– dont dépend Bahia Blanca a annoncé en début d’après-midi l’envoi de canoës semi-rigides, d’ambulances 4X4, de deux hélicoptères, de camions de vivres, d’eau potable et d’équipements vers la ville sinistrée.Les ministres argentins de la Défense Luis Petri et de la Sécurité Patricia Bullrich ont indiqué vendredi après-midi être en partance pour Bahia Blanca.La ville n’est pas étrangère aux phénomènes météorologiques extrêmes: fin 2023, une violente tempête, avec de fortes pluies et des vents atteignant 150 km/h, y avait fait treize morts, lors de l’effondrement du toit d’un club de sport.

Plan arabe pour Gaza: réunion des pays musulmans en Arabie saoudite

Les pays musulmans se sont réunis vendredi en Arabie saoudite pour discuter du plan arabe pour la reconstruction de Gaza, adopté en réponse à la proposition du président américain Donald Trump de prendre le contrôle du territoire palestinien.Les ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), se sont réunis au siège de l’organisation à Jeddah, pour soutenir le plan, approuvé par les dirigeants arabes mardi lors d’un sommet au Caire. Elaboré par l’Egypte, il prévoit de reconstruire la bande de Gaza, détruite par 15 mois de guerre entre Israël et le Hamas, sans déplacer ses 2,4 millions d’habitants. A l’ouverture des discussions, le secrétaire général de l’OCI, Hissein Brahim Taha, a “affirmé son soutien au plan de reconstruction de la bande de Gaza, adopté par le sommet arabe, tout en réaffirmant le droit du peuple palestinien à rester sur sa terre”, selon un communiqué officiel.M. Trump avait suscité un tollé international en proposant de déplacer les Palestiniens de Gaza vers l’Egypte et la Jordanie, pour faire du territoire la “Riviera du Moyen-Orient”. Le plan alternatif adopté par les dirigeants arabes met de fait à l’écart le Hamas et prévoit un retour de l’Autorité palestinienne, chassée du territoire en 2007 par le mouvement islamiste palestinien.Mais il a été rejeté par Israël et critiqué par les Etats-Unis, qui ont affirmé jeudi qu’il était un “premier pas” mais qu’il ne “répond (ait) pas aux attentes” de M. Trump. Le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty, avait affirmé mardi que son pays allait chercher à faire adopter son plan par l’OIC, pour “qu’il devienne à la fois un plan arabe et un plan islamique”. “L’Egypte a besoin d’un large soutien”, souligne Rabha Seif Allam, du Centre d’études politiques et stratégiques d’al-Ahram au Caire, l’objectif étant de bâtir une “large coalition refusant le déplacement des Palestiniens de Gaza”. La réunion de Jeddah est un signal d'”unité au sein du monde musulman”, affirme pour sa part Umar Karim, spécialiste de l’Arabie saoudite, à l’université de Birmingham, au Royaume-Uni. Les pays arabes ont convenu de créer un fonds pour financer la reconstruction de Gaza, et appelé à une contribution internationale pour accélérer le processus.L’OCI doit également examiner la réintégration de la Syrie, suspendue en 2012 après la répression contre un soulèvement prodémocratie menée par l’ex-président Bachar al-Assad, chassé du pouvoir en décembre dernier par une coalition rebelle.

Evasion de Mohamed Amra: nouvelles mises en examen vendredi dans une enquête “hors normes”

Une enquête “hors normes” a permis d’interpeller à ce stade 27 suspects impliqués dans l’évasion du narcotrafiquant Mohamed Amra, qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires le 14 mai 2024 au péage d’Incarville (Eure).Plusieurs vagues de mises en examen ont eu lieu depuis l’arrestation en Roumanie de Mohamed Amra, le 22 février. Vendredi, huit suspects ont encore été interrogés par les trois juges d’instruction chargés des investigations. Vers 21H00, au moins six étaient mis en examen, selon des sources proches du dossier. Des débats étaient en cours devant les juges des libertés et de la détention pour décider de leur détention provisoire ou non.Parmi ces suspects figurent “les acteurs principaux” de l”‘étape de la cavale” de Mohamed Amra, qui a duré neuf mois, a précisé plus tôt dans la soirée la procureure de Paris Laure Beccuau. Un appartement a été “loué à Compiègne (Oise) à partir de mai 2024”, avant que le fugitif ne le quitte “en octobre”.Quand les enquêteurs “établissent ce lieu de dissimulation, les services de police vont employer tous les moyens utiles pour vérifier la présence de Mohamed Amra” mais “il n’y est plus”, relate la magistrate. “On va poursuivre sa recherche, comprendre petit à petit qu’il a pu revenir à Rouen” jusqu’à “apprendre qu’il est parti en Roumanie” début février.Il y est arrêté le 22 février, remis à la France le 25. Mis en examen, il est incarcéré dans la prison ultra sécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne).Deux autres suspects dans ce dossier aux “dimensions tentaculaires” sont “en attente d’extradition” depuis le Maroc, a annoncé Mme Beccuau et un autre “fait l’objet d’une notice Interpol”.- Disproportion ? -Dans cette enquête “hors normes”, les chefs de mise en examen – meurtres, tentatives de meurtre, évasion, le tout en bande organisée, et association de malfaiteurs – font encourir la réclusion criminelle à perpétuité “pour les plus élevés d’entre eux”, a détaillé la procureure.A ce stade, sept personnes sont suspectées d’avoir fait partie du commando : Amra, deux guetteurs – dont l’un a aussi conduit un véhicule – deux autres conducteurs de véhicule et deux passagers. Quatre d’entre eux ont été “vus armés”.”Notre raisonnement” est “de considérer que feront partie de ce commando mortel, et en tout cas, en porteront la responsabilité tous ceux qui auront participé à cette action, tous ceux sans lesquels l’action n’aurait pu aboutir à ses conséquences tragiques”, a déclaré Laure Beccuau.Les “petites mains” aussi “font partie de ce rouage criminel car sans elles, tout aurait été plus difficile” à réaliser, a-t-elle insisté.Plusieurs sources proches du dossier ont pourtant fait part de leurs craintes, auprès de l’AFP, d’un emballement judiciaire, craignant que les mesures de sûreté ne soient pas proportionnées aux profils des suspects.Deux jeunes hommes, âgés d’une vingtaine d’années et vivant à Compiègne, sont soupçonnés d’avoir loué le logement qu’occupait Amra dans la même ville, a appris l’AFP de source proche du dossier. Mais ces deux amis, sans casier judiciaire, assurent ne pas avoir su qu’il y serait caché. Ils ont été placés en détention provisoire. “Il est important de mesurer si ces jeunes ont pu intentionnellement être impliqué dans la location. Ce n’est pas le cas de mon client, et la vérité se manifestera dans les prochaines semaines”, a déclaré à l’AFP Mani Ayadi, avocat de l’un d’eux.Face au silence de la majorité des suspects, les investigations vont se poursuivre avec de nouvelles auditions et sur le plan technique.Ce sont déjà les “moyens d’enquêtes extraordinaires” mis en oeuvre qui ont permis de les identifier, notamment “440 interceptions téléphoniques et géolocalisations, de véhicules, de captations de données, d’images”, a énuméré la procureure.Mohamed Amra, 30 ans, s’était évadé le 14 mai 2024 alors qu’il avait été extrait de sa cellule en Normandie pour être interrogé par un juge d’instruction à Rouen.Un commando avait alors attaqué, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut, le fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville (Eure) pour le libérer, tuant deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Moello, et en blessant trois autres.- “Pas surpris” -L’enquête doit notamment déterminer le rôle d’Amra: a-t-il orchestré son évasion? Ou d’autres ont-t-ils voulu le faire sortir?C’est une “opération montée, concertée, organisée, minutée même”, qui “induit qu’il y ait plusieurs participants à l’élaboration du projet”, a répondu Christian Sainte, chef de la police judiciaire, également présent à la conférence de presse, sans donner plus de détails.Interrogés plusieurs fois sur l’implication éventuelle de membres de la “Black Manjak Family”, présentée comme une organisation criminelle basée en Normandie et spécialisée dans les stupéfiants, Christian Sainte a simplement indiqué que certains suspects avaient “des liens de proximité” entre eux.La procureure a elle souligné que Mohamed Amra n’avait “pas été surpris” par l’attaque. Les auditions des agents pénitentiaires ont démontré qu'”il s’y attendait au contraire”, qu’il connaissait l’équipe “qui ne l’a jamais menacé” et qu’il avait eu une “participation active pour s’extraire du fourgon”.Il avait d’ailleurs déjà été “aux manettes” d’une première tentative d’évasion, le 7 mai, qui a échoué grâce au concours “précieux” de “concitoyens”, ayant signalé des véhicules et des individus aux tenues suspectes.

Le trafic reprend progressivement à la gare du Nord, après la paralysie due à la découverte d’un vieil obus

Le trafic reprenait progressivement mais restait encore perturbé vendredi en début de soirée à la gare du Nord de Paris, paralysée toute la journée après la découverte dans la nuit à Saint-Denis d’une bombe de 500 kg datant de la Seconde guerre mondiale.”Le trafic a repris”, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la SNCF peu avant 19H. Selon les sites internet de la SNCF et de la RATP, des trains ont notamment recommencé à circuler sur les lignes H ou K, ou encore RER B, mais le trafic reste “très perturbé” ou “fortement perturbé”.Après avoir annoncé qu’aucun de ses trains ne circulerait, Eurostar a finalement indiqué à l’AFP avoir “ajouté quatre trains” vendredi soir, soit un aller-retour Paris-Londres et un aller-retour Paris-Bruxelles, et confirmé que le trafic reprendrait normalement samedi matin. “Deux trains supplémentaires ont été rajoutés” au plan de transport initial de samedi, a ajouté l’entreprise ferroviaire franco-britannique.- “Evénement exceptionnel” -Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait annoncé vers 16H un reprise du trafic “à partir de 18H”. “L’objectif est de pouvoir être le plus près possible, à partir de 18H, et plus sûrement à partir de 20H, du plan de transport habituel”.Depuis le centre national des opérations ferroviaires, il avait indiqué que “les opérations” de déminage étaient “enfin terminées” et avaient mobilisé près de 300 policiers pour pouvoir sécuriser le périmètre, des écoles ont été évacuées, des personnes ont été confinées. […] Nous ne pouvions pas faire autrement”, avait-il ajouté.M. Tabarot avait également souligné que “ce n’était pas une opération anodine”. “Une bombe de 500 kilos avec 200 kilos d’explosifs à l’intérieur, c’est assez rare”.”Demain matin (samedi, NDLR), l’objectif c’est qu’on soit sur un plan de transport tout à fait normal”, a aussi assuré le PDG de SNCF Réseau Matthieu Chabanel.Aucun TGV, Eurostar, RER ni TER ne circulait depuis vendredi matin à la gare du Nord, l’une des premières d’Europe.A la mi-journée, dans le hall de la gare du Nord, les voyageurs étaient désabusés. “C’est pas de chance si cela vous arrive, mais je ne veux pas monter dans un train qui passe sur une bombe de la Seconde Guerre mondiale qui n’a pas explosé”, a jugé auprès de l’AFP Owen Pritchard, touriste qui tente de rentrer au Royaume-Uni, mais dont l’Eurostar a été annulé.C’est au cours de travaux réalisés dans la nuit de jeudi à vendredi que l’engin explosif a été découvert, à 2,5 km de la gare du Nord. La bombe était située à environ 200 m au nord du boulevard périphérique parisien. Deux cents riverains ont été évacués par la police, a indiqué le préfet de Seine-Saint-Denis, qui avait demandé aux habitants de Saint-Denis et Saint-Ouen qui habitent à moins de 500 m du lieu de la bombe de se confiner.Une partie du boulevard périphérique et de l’autoroute A1 avait également été fermée pendant l’opération de déminage, selon la préfecture de police de Paris.- Raid d’avril 1944 -Marion, 43 ans, qui devait se rendre à Londres pour rendre visite à des amis, raconte avoir essayé de se rabattre sur un vol. “Mais c’est hors de prix, et puis de toute manière, on ne peut même pas aller à l’aéroport Charles-de-Gaulle” du fait de l’arrêt de la circulation du RER B vers le Nord, se désole-t-elle.La gare du Nord est l’une des plus fréquentées d’Europe, avec plus de 226 millions de voyageurs en 2023, selon les chiffres de la SNCF.Ce n’est pas la première fois que la découverte d’une bombe de la Seconde guerre mondiale vient paralyser le réseau ferroviaire à Paris. En 2019, un obus retrouvé dans les Hauts-de-Seine avait interrompu le trafic entre la gare de Saint-Lazare et la proche banlieue ouest de Paris.Vendredi, aucune information n’avait filtré sur la provenance de cette bombe. Le site des Archives de Paris fait cependant référence au fait que la gare de triage de La Chapelle, qui occupait pendant la Seconde guerre mondiale “une bonne partie du 18e arrondissement et de la plaine Saint-Denis”, avait été prise pour cible en avril 1944 par des raids des Alliés qui cherchaient à “limiter les déplacements de troupes allemandes”.hrc-amb-max-tq-kd/abb/cbn

Face à Trump, Bayrou virulent, Macron en diplomatie

Deux partitions françaises vis-à-vis de Donald Trump ou chacun dans son rôle ? Le ton offensif de François Bayrou contraste avec celui plus modéré d’Emmanuel Macron, qui négocie tous azimuts sur l’Ukraine pendant que son Premier ministre prépare l’opinion à un budget très ardu, orienté défense.Dans son allocution télévisée mercredi soir, le chef de l’Etat a visé nommément son homologue russe Vladimir Poutine mais n’a pas cité Donald Trump. Et s’il a alerté sur la “menace russe”, il ne s’est pas attardé sur les risques créés par une administration américaine en plein rapprochement avec Moscou.Jeudi soir, à l’issue d’un sommet extraordinaire de l’Union européenne à Bruxelles sur la défense et l’Ukraine, Emmanuel Macron a même assuré que la France était un “allié loyal et fidèle” de Washington, et qu’elle avait “respect et amitié” pour Donald Trump – une manière aussi de “réclamer la même chose” en retour.Son Premier ministre s’est lui montré beaucoup plus pugnace, devant le Parlement puis vendredi sur Europe 1 et CNews, en accusant le milliardaire républicain d’opérer un “renversement des alliances”.Sans aller jusqu’à le qualifier d’ennemi, François Bayrou lui a “donné tort” de “renverser les lois qui faisaient que nous vivions en paix” et de “faire de ses alliés des adversaires et des ennemis”.Il s’est aussi demandé si on pouvait encore qualifier le président américain d’allié, dès lors qu’il a décidé “de passer dans le camp” des “adversaires” de l’Europe, en provoquant une “destruction de l’ordre international”.- “Plus mollo” -Chacun joue sa partition naturelle, plus diplomatique pour le chef de l’Etat, plus tournée vers l’opinion française pour le Premier ministre.”La parole qui fait foi sur l’international c’est celle du président”, rappelle l’entourage d’Emmanuel Macron.Pour l’Elysée, la priorité est de mettre en accusation la Russie, réelle “menace existentielle” pour les Européens à ses yeux, tandis que les États-Unis, eux, “n’attaquent pas la France” malgré les bouleversements géopolitiques en cours.Surtout, Emmanuel Macron doit garder le contact et l’oreille de Donald Trump pour arracher une place à la table des négociations entre le président américain et Vladimir Poutine, et un accord de paix “durable” que les Européens et l’Ukraine veulent assorti de solides “garanties de sécurité”. Après le sommet extraordinaire de l’Union européenne sur la défense et l’Ukraine, le président français a encore téléphoné à son homologue américain. Le chef de l’Etat “a une obligation d’y aller plus mollo parce c’est son domaine réservé”, explique l’entourage de François Bayrou, qui défend une relation de “co-responsabilité” avec le président dont il respecte les prérogatives sur la politique étrangère et la défense.”Un certain nombre de gens aimeraient qu’il y ait une querelle, une guerre” au sommet de l’État, mais “c’est impossible (…) parce que la situation du pays est trop grave”, a assuré le chef du gouvernement vendredi.- “Bad cop” -Le Premier ministre joue au “bad cop”, le rôle du méchant, pour “établir un rapport de force”, avance le spécialiste en communication politique Philippe Moreau-Chevrolet.Il a aussi “besoin de maximiser” la menace géopolitique “pour faire passer l’agenda budgétaire, arriver à contenir le Rassemblement national et plus marginalement le Parti socialiste”, ajoute-t-il.Or, de l’aveu même de François Bayrou, le prochain budget pour 2026 relève de la “quadrature du cercle” car il devra intégrer une hausse importante des dépenses militaires tout en réduisant le déficit public. Et sans augmenter les impôts, a martelé mercredi Emmanuel Macron.Le chef du gouvernement veut “garder son équilibre politique” pour rester en place et “faire en sorte que l’Ukraine ne soit plus un sujet de discussion, afin qu’on soit tous embarqués contre nos adversaires”, explique M. Moreau-Chevrolet.La patronne du Rassemblement national Marine Le Pen, dont la base électorale est divisée sur Donald Trump, a jugé, elle, vendredi que “la première des menaces” pour la France n’était pas la Russie mais “le fondamentalisme islamiste”, saluant un président américain qui “tient ses promesses”.

Syrie: vaste opération militaire dans l’ouest, 136 civils alaouites exécutés selon une ONG

Une ONG a affirmé que les forces de sécurité syriennes avaient “exécuté” vendredi 136 civils de la minorité alaouite, lors d’une vaste opération dans le nord-ouest de la Syrie contre des combattants fidèles à l’ex-président Bachar al-Assad, les autorités évoquant des “exactions isolées”.Après plusieurs jours d’affrontements dans la région de Lattaquié et Tartous – bastions de la minorité alaouite dont est issu le président déchu – dans le nord-ouest du pays, la violence est montée d’un cran quand des fidèles d’Assad ont mené une attaque sanglante contre des forces de sécurité dans la ville côtière de Jablé dans la nuit de jeudi à vendredi, selon les autorités. Elles ont envoyé vendredi des renforts et lancé d’importantes opérations de ratissage dans la région, notamment à Qardaha, berceau du clan Assad. Les violences, sans précédent depuis la chute de l’ex-président, ont fait au total 231 morts depuis jeudi, selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).Un couvre-feu a été décrété jusqu’à samedi dans les régions de Lattaquié et Tartous. Le rétablissement de la sécurité dans le pays est le principal défi pour le nouveau pouvoir, issu d’une coalition de groupes rebelles islamistes qui a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après plus de 13 ans de guerre civile.- “Tout le monde a peur” -“Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur”, a témoigné Ali, un habitant de Jablé, joint par l’AFP depuis Damas.L’OSDH a affirmé que 136 civils alaouites, dont au moins 13 femmes et cinq enfants avaient été “exécutés” par les forces de sécurité vendredi, certains à leur domicile, dans les régions de Banyas, Lattaquié et Jablé.L’ONG et des militants ont publié des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison, des femmes pleurant à proximité.Dans une autre vidéo, des hommes en tenue militaire ordonnent à trois personnes de ramper en file, avant de leur tirer dessus à bout portant.Une troisième séquence montre un homme armé tirant à plusieurs reprises à bout portant sur un jeune homme en civil à l’entrée d’un bâtiment, avant de l’abattre.L’AFP n’a pas pu vérifier ces vidéos de manière indépendante.De son côté, une source sécuritaire citée par l’agence officielle syrienne Sana a fait état d'”exactions isolées” commises par des “foules (…) non organisées” en représailles à “l’assassinat de plusieurs membres des forces de police et de sécurité par les hommes fidèles à l’ancien régime”.”Nous œuvrons à mettre un terme à ces exactions qui ne représentent pas l’ensemble du peuple syrien,”, a ajouté la source du ministère de l’Intérieur. – “Bain de sang” -Aron Lund, du centre de réflexion Century International dit s’inquiéter d’une situation qu’il assimile à une “bombe à retardement”. “Les deux camps ont l’impression d’être pris pour cible, les deux camps ont subi d’horribles exactions de la part de l’autre, et les deux camps sont armés”, déclare-t-il à l’AFP.Jeudi soir, alors que des rassemblements avaient lieu dans plusieurs villes en soutien aux autorités, selon Sana, des messages diffusés par les haut-parleurs des mosquées appelaient au “jihad” (guerre sainte), a indiqué l’OSDH.L’administration autonome kurde qui contrôle une grande partie du nord-est syrien, a appelé “toutes les forces politiques impliquées à s’engager dans un dialogue national” pour “une solution politique globale”.L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, s’est dit “profondément alarmé”, appelant toutes les parties à “la retenue”.Moscou, où Bachar al-Assad a fui, a appelé les dirigeants syriens à la “désescalade” pour “stopper le bain de sang”.L’Arabie saoudite a dénoncé l’action de “groupes hors-la-loi” contre les forces de sécurité. La Turquie et la Jordanie, frontalières de la Syrie ont également condamné ces violences.L’Iran, ancien allié de Bachar al-Assad, a affirmé s’opposer au meurtre de “Syriens innocents”.Les forces syriennes comptent dans leurs rangs de nombreux anciens combattants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), le groupe islamiste fer de lance de la coalition qui a renversé Assad.Des images diffusées par Sana ont montré vendredi des membres des nouvelles forces de sécurité entrant en pickup dans Banyas et Tartous.Sur d’autres images, prises par l’AFP à Al-Bab (nord), des combattants en treillis de l’Armée nationale syrienne, une faction pro-turque, se préparent à gagner Lattaquié en renfort aux nouvelles autorités.Le courant électrique a été coupé dans une grande partie de la province de Lattaquié, ont indiqué les autorités, évoquant des “actes de sabotage”.Depuis jeudi, 50 membres des forces de sécurité et 45 combattants fidèles à Assad ont été tués dans des combats, selon l’OSDH.A Jablé, les forces de sécurité ont capturé jeudi Ibrahim Houweïja, ancien chef des services de renseignement de l’armée de l’air, accusé de “centaines d’assassinats” à l’époque d’Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, selon Sana.

Syrie: vaste opération militaire dans l’ouest, 136 civils alaouites exécutés selon une ONG

Une ONG a affirmé que les forces de sécurité syriennes avaient “exécuté” vendredi 136 civils de la minorité alaouite, lors d’une vaste opération dans le nord-ouest de la Syrie contre des combattants fidèles à l’ex-président Bachar al-Assad, les autorités évoquant des “exactions isolées”.Après plusieurs jours d’affrontements dans la région de Lattaquié et Tartous – bastions de la minorité alaouite dont est issu le président déchu – dans le nord-ouest du pays, la violence est montée d’un cran quand des fidèles d’Assad ont mené une attaque sanglante contre des forces de sécurité dans la ville côtière de Jablé dans la nuit de jeudi à vendredi, selon les autorités. Elles ont envoyé vendredi des renforts et lancé d’importantes opérations de ratissage dans la région, notamment à Qardaha, berceau du clan Assad. Les violences, sans précédent depuis la chute de l’ex-président, ont fait au total 231 morts depuis jeudi, selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).Un couvre-feu a été décrété jusqu’à samedi dans les régions de Lattaquié et Tartous. Le rétablissement de la sécurité dans le pays est le principal défi pour le nouveau pouvoir, issu d’une coalition de groupes rebelles islamistes qui a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après plus de 13 ans de guerre civile.- “Tout le monde a peur” -“Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur”, a témoigné Ali, un habitant de Jablé, joint par l’AFP depuis Damas.L’OSDH a affirmé que 136 civils alaouites, dont au moins 13 femmes et cinq enfants avaient été “exécutés” par les forces de sécurité vendredi, certains à leur domicile, dans les régions de Banyas, Lattaquié et Jablé.L’ONG et des militants ont publié des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison, des femmes pleurant à proximité.Dans une autre vidéo, des hommes en tenue militaire ordonnent à trois personnes de ramper en file, avant de leur tirer dessus à bout portant.Une troisième séquence montre un homme armé tirant à plusieurs reprises à bout portant sur un jeune homme en civil à l’entrée d’un bâtiment, avant de l’abattre.L’AFP n’a pas pu vérifier ces vidéos de manière indépendante.De son côté, une source sécuritaire citée par l’agence officielle syrienne Sana a fait état d'”exactions isolées” commises par des “foules (…) non organisées” en représailles à “l’assassinat de plusieurs membres des forces de police et de sécurité par les hommes fidèles à l’ancien régime”.”Nous œuvrons à mettre un terme à ces exactions qui ne représentent pas l’ensemble du peuple syrien,”, a ajouté la source du ministère de l’Intérieur. – “Bain de sang” -Aron Lund, du centre de réflexion Century International dit s’inquiéter d’une situation qu’il assimile à une “bombe à retardement”. “Les deux camps ont l’impression d’être pris pour cible, les deux camps ont subi d’horribles exactions de la part de l’autre, et les deux camps sont armés”, déclare-t-il à l’AFP.Jeudi soir, alors que des rassemblements avaient lieu dans plusieurs villes en soutien aux autorités, selon Sana, des messages diffusés par les haut-parleurs des mosquées appelaient au “jihad” (guerre sainte), a indiqué l’OSDH.L’administration autonome kurde qui contrôle une grande partie du nord-est syrien, a appelé “toutes les forces politiques impliquées à s’engager dans un dialogue national” pour “une solution politique globale”.L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, s’est dit “profondément alarmé”, appelant toutes les parties à “la retenue”.Moscou, où Bachar al-Assad a fui, a appelé les dirigeants syriens à la “désescalade” pour “stopper le bain de sang”.L’Arabie saoudite a dénoncé l’action de “groupes hors-la-loi” contre les forces de sécurité. La Turquie et la Jordanie, frontalières de la Syrie ont également condamné ces violences.L’Iran, ancien allié de Bachar al-Assad, a affirmé s’opposer au meurtre de “Syriens innocents”.Les forces syriennes comptent dans leurs rangs de nombreux anciens combattants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), le groupe islamiste fer de lance de la coalition qui a renversé Assad.Des images diffusées par Sana ont montré vendredi des membres des nouvelles forces de sécurité entrant en pickup dans Banyas et Tartous.Sur d’autres images, prises par l’AFP à Al-Bab (nord), des combattants en treillis de l’Armée nationale syrienne, une faction pro-turque, se préparent à gagner Lattaquié en renfort aux nouvelles autorités.Le courant électrique a été coupé dans une grande partie de la province de Lattaquié, ont indiqué les autorités, évoquant des “actes de sabotage”.Depuis jeudi, 50 membres des forces de sécurité et 45 combattants fidèles à Assad ont été tués dans des combats, selon l’OSDH.A Jablé, les forces de sécurité ont capturé jeudi Ibrahim Houweïja, ancien chef des services de renseignement de l’armée de l’air, accusé de “centaines d’assassinats” à l’époque d’Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, selon Sana.