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Gene Hackman et sa femme sont morts de causes naturelles, selon l’enquête
L’acteur Gene Hackman est décédé de cause naturelle une semaine après sa femme, la pianiste Betsy Arakawa, ont conclu vendredi les autorités du Nouveau-Mexique, mettant ainsi un terme aux spéculations qui entouraient la mort du couple depuis une semaine.Le géant du cinéma américain, qui était âgé de 95 ans, est probablement mort une semaine après son épouse sans avoir réalisé qu’elle était décédée car il était atteint d’une forme avancée de la maladie d’Alzheimer, selon l’enquête.Leur mort avait suscité la curiosité, car le corps de M. Hackman avait été retrouvé le 26 février dans le vestiaire de sa maison du Nouveau-Mexique, en même temps que celui de Mme Arakawa, gisant dans la salle de bain à côté de pilules éparpillées et d’un radiateur d’appoint. Aucun d’entre eux ne portait de traces de coups et un de leurs chiens avait également été retrouvé mort dans une caisse.L’autopsie complète a révélé que M. Hackman est mort d'”une maladie cardiovasculaire hypertensive et athérosclérotique”, a expliqué la médecin légiste de l’Etat du Nouveau-Mexique Heather Jarrell, lors d’une conférence de presse. La maladie d’Alzheimer dont il était atteint a été “un facteur contributif significatif” à son décès.Sa femme, âgée de 65 ans, est, pour sa part, morte à cause d’un “hantavirus”, une maladie transmise par les rongeurs, a-t-elle poursuivi. Cette maladie respiratoire se contracte par une exposition prolongée aux excréments d’une espèce de souris locale. Elle peut provoquer des symptômes proches de la grippe, qui peuvent dégénérer en essoufflement, voire causer des défaillances cardiaques et pulmonaires, a précisé la légiste.La souche de la maladie qui circule dans le sud-ouest des États-Unis peut être mortelle dans 50 % des cas, a-t-elle indiqué. Mais elle n’est pas transmissible entre humains. Les pilules retrouvées près de Mme Arakawa étaient des médicaments pour la thyroïde et ne sont pas liées à son décès, a-t-elle ajouté.La piste d’un empoisonnement au monoxyde de carbone, initialement envisagée par la fille du couple, est également exclue, après des tests négatifs sur les deux corps.- Mort une semaine après sa femme -Depuis la découverte des corps, l’enquête a permis d’esquisser une chronologie des derniers jours du couple à Santa Fe.Des images de vidéosurveillance ont permis d’établir la présence de Mme Arakawa dans un commerce de la ville le 11 février, selon le shérif du comté de Santa Fe, Adan Mendoza. Elle n’a ensuite plus répondu à ses e-mails.La pianiste est donc probablement “décédée en premier, le 11 février étant la dernière date à laquelle elle devait être en vie”, a complété Mme Jarrell, la légiste.Selon elle, la dernière activité du pacemaker de M. Hackman suggère qu’il serait mort une semaine après sa femme, presque dix jours avant que leurs corps ne soient découverts.”Il est raisonnable de conclure que M. Hackman est probablement décédé autour du 18 février”, a-t-elle expliqué.Selon les enquêteurs, il se pourrait que Gene Hackman n’ait pas réalisé que sa femme était décédée dans leur salle de bain en raison de “sa forme avancée de la maladie d’Alzeihmer”.Un porte-parole du couple avait auparavant nié que l’acteur ne soit atteint de la maladie. Gene Hackman était apparu pour la dernière fois à l’écran dans le film “Bienvenue à Mooseport” (2004) et avait annoncé officiellement sa retraite en 2008.Né le 30 janvier 1930, l’acteur était devenu dans les années 70 une figure phare du “Nouvel Hollywood”, mouvement de renouveau créatif du cinéma américain entre 1960 et 1980 marqué par des films emblématiques tels qu'”Easy Rider” de Dennis Hopper, “Orange Mécanique” de Stanley Kubrick ou encore “Taxi Driver” de Martin Scorsese.Au total, il a été nommé cinq fois aux Oscars.
Gene Hackman et sa femme sont morts de causes naturelles, selon l’enquête
L’acteur Gene Hackman est décédé de cause naturelle une semaine après sa femme, la pianiste Betsy Arakawa, ont conclu vendredi les autorités du Nouveau-Mexique, mettant ainsi un terme aux spéculations qui entouraient la mort du couple depuis une semaine.Le géant du cinéma américain, qui était âgé de 95 ans, est probablement mort une semaine après son épouse sans avoir réalisé qu’elle était décédée car il était atteint d’une forme avancée de la maladie d’Alzheimer, selon l’enquête.Leur mort avait suscité la curiosité, car le corps de M. Hackman avait été retrouvé le 26 février dans le vestiaire de sa maison du Nouveau-Mexique, en même temps que celui de Mme Arakawa, gisant dans la salle de bain à côté de pilules éparpillées et d’un radiateur d’appoint. Aucun d’entre eux ne portait de traces de coups et un de leurs chiens avait également été retrouvé mort dans une caisse.L’autopsie complète a révélé que M. Hackman est mort d'”une maladie cardiovasculaire hypertensive et athérosclérotique”, a expliqué la médecin légiste de l’Etat du Nouveau-Mexique Heather Jarrell, lors d’une conférence de presse. La maladie d’Alzheimer dont il était atteint a été “un facteur contributif significatif” à son décès.Sa femme, âgée de 65 ans, est, pour sa part, morte à cause d’un “hantavirus”, une maladie transmise par les rongeurs, a-t-elle poursuivi. Cette maladie respiratoire se contracte par une exposition prolongée aux excréments d’une espèce de souris locale. Elle peut provoquer des symptômes proches de la grippe, qui peuvent dégénérer en essoufflement, voire causer des défaillances cardiaques et pulmonaires, a précisé la légiste.La souche de la maladie qui circule dans le sud-ouest des États-Unis peut être mortelle dans 50 % des cas, a-t-elle indiqué. Mais elle n’est pas transmissible entre humains. Les pilules retrouvées près de Mme Arakawa étaient des médicaments pour la thyroïde et ne sont pas liées à son décès, a-t-elle ajouté.La piste d’un empoisonnement au monoxyde de carbone, initialement envisagée par la fille du couple, est également exclue, après des tests négatifs sur les deux corps.- Mort une semaine après sa femme -Depuis la découverte des corps, l’enquête a permis d’esquisser une chronologie des derniers jours du couple à Santa Fe.Des images de vidéosurveillance ont permis d’établir la présence de Mme Arakawa dans un commerce de la ville le 11 février, selon le shérif du comté de Santa Fe, Adan Mendoza. Elle n’a ensuite plus répondu à ses e-mails.La pianiste est donc probablement “décédée en premier, le 11 février étant la dernière date à laquelle elle devait être en vie”, a complété Mme Jarrell, la légiste.Selon elle, la dernière activité du pacemaker de M. Hackman suggère qu’il serait mort une semaine après sa femme, presque dix jours avant que leurs corps ne soient découverts.”Il est raisonnable de conclure que M. Hackman est probablement décédé autour du 18 février”, a-t-elle expliqué.Selon les enquêteurs, il se pourrait que Gene Hackman n’ait pas réalisé que sa femme était décédée dans leur salle de bain en raison de “sa forme avancée de la maladie d’Alzeihmer”.Un porte-parole du couple avait auparavant nié que l’acteur ne soit atteint de la maladie. Gene Hackman était apparu pour la dernière fois à l’écran dans le film “Bienvenue à Mooseport” (2004) et avait annoncé officiellement sa retraite en 2008.Né le 30 janvier 1930, l’acteur était devenu dans les années 70 une figure phare du “Nouvel Hollywood”, mouvement de renouveau créatif du cinéma américain entre 1960 et 1980 marqué par des films emblématiques tels qu'”Easy Rider” de Dennis Hopper, “Orange Mécanique” de Stanley Kubrick ou encore “Taxi Driver” de Martin Scorsese.Au total, il a été nommé cinq fois aux Oscars.
Groenland: l’indépendance au coeur d’élections dans l’ombre de Trump
L’indépendance, oui mais quand? Les Groenlandais votent mardi lors de législatives dont l’un des enjeux est de déterminer à quel moment rompre les amarres avec le Danemark, l’actuelle puissance tutélaire, sans tomber dans l’escarcelle de Donald Trump.L’insistance parfois menaçante du président américain à prendre possession du Groenland a donné un coup de fouet aux aspirations indépendantistes parmi les 57.000 habitants du territoire, nombreux à dire ne vouloir être ni danois ni américains, mais groenlandais.”Donald Trump a en quelque sorte relancé la question de l’indépendance”, décrypte la politologue Maria Ackrén à l’université du Groenland.”Ce n’est pas nouveau pour les Groenlandais, (…) mais cela donne maintenant aux décideurs et aux politiciens groenlandais un élan pour peut-être atteindre des objectifs qui n’étaient pas possibles jusqu’à présent”, dit-elle à l’AFP.La question a donc pris une grande place dans la campagne électorale, au milieu de thèmes comme l’éducation, les affaires sociales, la pêche – 90% des exportations de l’île – et le tourisme.La quasi-totalité des partis politiques souhaitent que l’immense territoire glacé, 50 fois plus grand que le Danemark mais 100 fois moins habité, vole de ses propres ailes.Les nombreuses grues hérissées au-dessus de Nuuk, la capitale, témoignent d’une modernisation rapide qui a rendu vulnérable une partie de la population très majoritairement inuite, tournée vers la chasse et la pêche. Visible à l’oeil nu, la misère sociale se retrouve aussi dans les statistiques: un taux de suicide parmi les plus élevés au monde, un nombre d’avortements supérieur à celui des naissances, une espérance de vie de moins de 70 ans chez les hommes… – Fast track? -Si l’envie d’indépendance est largement partagée, les formations politiques en lice pour se disputer les 31 sièges du Parlement divergent sur le calendrier: “fast track” (voie rapide) ou plus long terme?Parmi les plus impatients, le parti nationaliste Naleraq (opposition), très visible pendant la campagne, réclame d’entamer rapidement le processus d’indépendance. Au précédent scrutin en 2021, il avait recueilli 12% des voix.”L’intérêt que nous constatons, non seulement de la part des Etats-Unis mais aussi du monde entier, (…) joue en notre faveur”, déclare à l’AFP Juno Berthelsen, l’un de ses candidats les plus en vue. L’indépendance? “On peut se hasarder à prédire que cela se fera dans un ou deux cycles électoraux” de quatre ans chacun, dit-il. Mais “cela dépendra de la façon dont les négociations se dérouleront entre le Groenland et le Danemark”.Colonisée par les Danois il y a plus de trois siècles, l’île de l’Arctique a gagné son autonomie en 1979, mais les fonctions régaliennes (affaires étrangères, défense…) lui échappent encore.Depuis une loi de 2009, les Groenlandais peuvent déclencher eux-mêmes le processus d’indépendance qui suppose de négocier un accord avec Copenhague, lequel doit ensuite être approuvé par référendum au Groenland et par un vote au Parlement danois.- “Prison” -Les deux composantes de la coalition sortante, Inuit Ataqatigiit (IA, formation gauche-verte du Premier ministre Mute Egede) et Siumut (parti social-démocrate), sont globalement moins pressées, même si des divisions internes peuvent exister.Le territoire, selon elles, doit avant tout atteindre une certaine viabilité économique alors que l’aide annuelle d’environ 530 millions d’euros versée par Copenhague représente un cinquième de son PIB.”Les discussions sur l’indépendance sont toujours sur la table. C’est l’objectif final pour beaucoup d’entre nous au Groenland, mais ce sera dans 10, 20 ans ou plus”, affirme Aaja Chemnitz, membre d’IA et l’une des deux représentantes du Groenland au Parlement danois. “Il est important de parler du développement économique du Groenland et de voir comment nous le faisons de manière beaucoup plus durable”, dit-elle.Le chef de Siumut, Erik Jensen, ministre des Finances sortant, s’agace, lui, que la question de l’indépendance ait éclipsé, en tout cas dans les médias étrangers et danois, celles liées au quotidien des gens. L’indépendance, “c’est aussi un aspect important de notre programme, mais tout le monde ici au Groenland parle de santé, des écoles et des crèches”, a-t-il dit à l’AFP.Dans les rues venteuses de Nuuk, les habitants balancent entre envie de prendre le large et réalisme économique. “Bien sûr, nous voulons être indépendants du Danemark, car nous sommes considérés comme des citoyens de seconde zone”, lâche Peter Jensen, un entrepreneur. Mais, avec ses subventions, la métropole “nous a gardés dans cette +prison+”.L’exploitation des ressources minérales de l’île, souvent présentée comme un nouveau tremplin financier, reste à ce stade embryonnaire.”On doit d’abord réfléchir à la manière dont on peut devenir autosuffisant en matière de nourriture et de carburant parce que tout ce qu’on a provient de l’étranger”, juge Ole Moeller, cadre dans une entreprise de transport. “Or, comme on peut le voir, le monde n’est pas très sûr en ce moment.”
Ukraine: Trump juge “plus facile” de traiter avec la Russie, 4 morts dans de nouvelles frappes
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il trouvait “plus facile” de traiter avec la Russie qu’avec l’Ukraine dans le cadre des efforts pour mettre fin à la guerre, quelques jours avant des pourparlers prévus en Arabie saoudite entre négociateurs américains et ukrainiens alors que de nouvelles frappes russes ont fait quatre morts en Ukraine dans la nuit de vendredi à samedi.”Je trouve franchement qu’il est plus difficile de traiter avec l’Ukraine, qui n’a pas les cartes en main”. “Il est peut-être plus facile de traiter avec la Russie”, a indiqué vendredi Donald Trump.Le président américain avait affirmé plus tôt qu’il imposerait à la Russie de nouvelles sanctions si elle ne cessait de frapper l’Ukraine et rechignait à la paix.”Compte tenu du fait que la Russie +pilonne+ actuellement l’Ukraine sur le champ de bataille, j’envisage fortement des sanctions bancaires, des sanctions et des droits de douane à grande échelle contre la Russie jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu et un accord définitif sur la paix soient conclus”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.Mais dans la nuit de vendredi à samedi, de nouvelles frappes russes ont fait quatre morts dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités régionales, au lendemain d’une attaque massive de drones et de missiles sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine.”A ce stade, il y a quatre morts et 18 blessés”. “Les Russes ont frappé la ville à trois reprises au cours de la nuit. Selon les premières informations, 4 bâtiments à plusieurs étages ont été endommagés”, a écrit samedi Vadim Filachkine le chef de l’administration civile et militaire de la région de Donetsk sur la messagerie Telegram samedi.Après le gel de la transmission de renseignements américains à l’Ukraine, confirmé mercredi par la CIA, Washington a aussi “temporairement suspendu” l’accès de Kiev à son imagerie spatiale, a annoncé vendredi un porte-parole de la National Geospatial-Intelligence Agency (NGI).Donald Trump avait ordonné lundi une pause dans l’aide militaire des Etats-Unis à l’Ukraine, après sa spectaculaire altercation la semaine dernière avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.Le secrétaire d’État Marco Rubio “a souligné que le président Trump est déterminé à mettre fin à la guerre dès que possible et a insisté sur le fait que toutes les parties doivent prendre des mesures pour garantir une paix durable”, au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue ukrainien Andriï Sybiga, a indiqué la porte-parole américaine Tammy Bruce.- “La paix dès que possible” -Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, malmené ces dernières semaines par son homologue américain qui a repris à son compte l’argumentaire du Kremlin, a de son côté de nouveau réclamé l’instauration dans un premier temps d’une trêve des frappes aériennes, voyant dans la dernière salve une nouvelle preuve du peu de disposition de Moscou pour la paix.”Les premières étapes pour établir une paix réelle devraient être de forcer la seule source de cette guerre, c’est-à-dire la Russie, à mettre fin à de telles attaques”, a-t-il écrit sur X, demandant une “interdiction” de l’usage “de missiles, de drones à longue portée et de bombes” aériennes.De son côté, l’Ukraine s’est engagée dans “un travail très intensif avec l’équipe du président Trump” avec un objectif: “la paix dès que possible”, a ajouté dans la soirée M. Zelensky, dans son adresse quotidienne à ses concitoyens.Le président ukrainien doit se rendre lundi en Arabie saoudite pour rencontrer le prince héritier saoudien, la veille d’une rencontre prévue dans ce pays entre les délégations américaine et ukrainienne.Cette rencontre entre des délégations américaine et ukrainienne doit définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”, selon Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient.Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est un acteur incontournable du bassin de la mer Noire et la deuxième armée de l’Otan après les Etats-Unis, a appelé à “cesser les attaques dans les airs et en mer comme mesure de confiance entre les parties”.- “Attaque combinée” -Tôt vendredi, l’Ukraine a été visée dans une attaque combinée par au moins 58 missiles et 194 drones russes, selon l’armée ukrainienne. Pour les contrer, elle a notamment utilisé des chasseurs français Mirage 2000 livrés par la France le mois dernier, qui “ont très bien travaillé”, a souligné Volodymyr Zelensky.L’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu au moins 134 cibles, dont 34 missiles et 100 drones, au moment où la suspension de l’aide militaire américaine fait craindre un affaiblissement de ses capacités de défense antiaérienne.Selon des médias et des observateurs, la situation s’est dégradée pour les forces ukrainiennes occupant une partie de la région russe de Koursk dont Kiev compte se servir comme d’une monnaie d’échange, mais où elles ont subi une “percée” des forces russes menaçant leurs voies de ravitaillement.- “Réarmer l’Europe” -Pour faire face au désengagement américain sur le continent, les 27 dirigeants européens ont donné jeudi leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser 800 milliards d’euros pour augmenter les capacités de défense.L’UE a annoncé avoir informé plusieurs pays de l’Otan – Royaume-Uni, Turquie, Canada, Norvège et Islande – des résultats de son sommet extraordinaire, lors d’une visioconférence en matinée.Le Premier ministre britannique Keir Starmer a salué vendredi les “progrès” réalisés par l’UE lors de ce sommet, estimant qu’ils constituaient un “pas en avant historique”, selon une porte-parole de Downing Street.Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, doit recevoir mercredi ses homologues des quatre autres poids lourds militaires européens – Allemagne, Italie, Pologne, Royaume-Uni – pour “coordonner leur action en soutien à Kiev”.
Ukraine: Trump juge “plus facile” de traiter avec la Russie, 4 morts dans de nouvelles frappes
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il trouvait “plus facile” de traiter avec la Russie qu’avec l’Ukraine dans le cadre des efforts pour mettre fin à la guerre, quelques jours avant des pourparlers prévus en Arabie saoudite entre négociateurs américains et ukrainiens alors que de nouvelles frappes russes ont fait quatre morts en Ukraine dans la nuit de vendredi à samedi.”Je trouve franchement qu’il est plus difficile de traiter avec l’Ukraine, qui n’a pas les cartes en main”. “Il est peut-être plus facile de traiter avec la Russie”, a indiqué vendredi Donald Trump.Le président américain avait affirmé plus tôt qu’il imposerait à la Russie de nouvelles sanctions si elle ne cessait de frapper l’Ukraine et rechignait à la paix.”Compte tenu du fait que la Russie +pilonne+ actuellement l’Ukraine sur le champ de bataille, j’envisage fortement des sanctions bancaires, des sanctions et des droits de douane à grande échelle contre la Russie jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu et un accord définitif sur la paix soient conclus”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.Mais dans la nuit de vendredi à samedi, de nouvelles frappes russes ont fait quatre morts dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités régionales, au lendemain d’une attaque massive de drones et de missiles sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine.”A ce stade, il y a quatre morts et 18 blessés”. “Les Russes ont frappé la ville à trois reprises au cours de la nuit. Selon les premières informations, 4 bâtiments à plusieurs étages ont été endommagés”, a écrit samedi Vadim Filachkine le chef de l’administration civile et militaire de la région de Donetsk sur la messagerie Telegram samedi.Après le gel de la transmission de renseignements américains à l’Ukraine, confirmé mercredi par la CIA, Washington a aussi “temporairement suspendu” l’accès de Kiev à son imagerie spatiale, a annoncé vendredi un porte-parole de la National Geospatial-Intelligence Agency (NGI).Donald Trump avait ordonné lundi une pause dans l’aide militaire des Etats-Unis à l’Ukraine, après sa spectaculaire altercation la semaine dernière avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.Le secrétaire d’État Marco Rubio “a souligné que le président Trump est déterminé à mettre fin à la guerre dès que possible et a insisté sur le fait que toutes les parties doivent prendre des mesures pour garantir une paix durable”, au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue ukrainien Andriï Sybiga, a indiqué la porte-parole américaine Tammy Bruce.- “La paix dès que possible” -Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, malmené ces dernières semaines par son homologue américain qui a repris à son compte l’argumentaire du Kremlin, a de son côté de nouveau réclamé l’instauration dans un premier temps d’une trêve des frappes aériennes, voyant dans la dernière salve une nouvelle preuve du peu de disposition de Moscou pour la paix.”Les premières étapes pour établir une paix réelle devraient être de forcer la seule source de cette guerre, c’est-à-dire la Russie, à mettre fin à de telles attaques”, a-t-il écrit sur X, demandant une “interdiction” de l’usage “de missiles, de drones à longue portée et de bombes” aériennes.De son côté, l’Ukraine s’est engagée dans “un travail très intensif avec l’équipe du président Trump” avec un objectif: “la paix dès que possible”, a ajouté dans la soirée M. Zelensky, dans son adresse quotidienne à ses concitoyens.Le président ukrainien doit se rendre lundi en Arabie saoudite pour rencontrer le prince héritier saoudien, la veille d’une rencontre prévue dans ce pays entre les délégations américaine et ukrainienne.Cette rencontre entre des délégations américaine et ukrainienne doit définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”, selon Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient.Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est un acteur incontournable du bassin de la mer Noire et la deuxième armée de l’Otan après les Etats-Unis, a appelé à “cesser les attaques dans les airs et en mer comme mesure de confiance entre les parties”.- “Attaque combinée” -Tôt vendredi, l’Ukraine a été visée dans une attaque combinée par au moins 58 missiles et 194 drones russes, selon l’armée ukrainienne. Pour les contrer, elle a notamment utilisé des chasseurs français Mirage 2000 livrés par la France le mois dernier, qui “ont très bien travaillé”, a souligné Volodymyr Zelensky.L’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu au moins 134 cibles, dont 34 missiles et 100 drones, au moment où la suspension de l’aide militaire américaine fait craindre un affaiblissement de ses capacités de défense antiaérienne.Selon des médias et des observateurs, la situation s’est dégradée pour les forces ukrainiennes occupant une partie de la région russe de Koursk dont Kiev compte se servir comme d’une monnaie d’échange, mais où elles ont subi une “percée” des forces russes menaçant leurs voies de ravitaillement.- “Réarmer l’Europe” -Pour faire face au désengagement américain sur le continent, les 27 dirigeants européens ont donné jeudi leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé “Réarmer l’Europe”, qui vise à mobiliser 800 milliards d’euros pour augmenter les capacités de défense.L’UE a annoncé avoir informé plusieurs pays de l’Otan – Royaume-Uni, Turquie, Canada, Norvège et Islande – des résultats de son sommet extraordinaire, lors d’une visioconférence en matinée.Le Premier ministre britannique Keir Starmer a salué vendredi les “progrès” réalisés par l’UE lors de ce sommet, estimant qu’ils constituaient un “pas en avant historique”, selon une porte-parole de Downing Street.Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, doit recevoir mercredi ses homologues des quatre autres poids lourds militaires européens – Allemagne, Italie, Pologne, Royaume-Uni – pour “coordonner leur action en soutien à Kiev”.
Taxes ou non? Une semaine d’atermoiements de Trump tend les acteurs économiques
Deux pas en avant, un pas en arrière. Donald Trump a soufflé le chaud et le froid durant une semaine où les retournements ont été nombreux sur les droits de douane visant le Canada et le Mexique, pour finalement en suspendre une part importante.En trois jours, les droits de douane de 25%, imposés début février et retardés un mois dans la foulée, sont devenus effectifs, avant d’être largement abandonnés, a priori jusqu’au 2 avril, date d’entrée en vigueur des droits de douane dits “réciproques”.Ces derniers visent à taxer les produits provenant d’un pays lorsqu’ils entrent aux Etats-Unis au même niveau que le sont les produits américains arrivant dans cet autre pays.Les droits de douane devaient mettre la pression sur le Canada et le Mexique, auxquels Donald Trump reproche de n’en faire pas assez contre le trafic de fentanyl, un puissant opioïde à l’origine d’une grave crise sanitaire aux Etats-Unis.Une politique “surprenante” car “incroyablement autodestructrice”, estime cependant le directeur des programmes économiques du CSIS, Philip Luck.”Imposer 25% de droits de douane sur tous les produits provenant du Canada et du Mexique, c’est comme de la kryptonite pour l’économie”, a-t-il ajouté.Et pour cause: les flux commerciaux entre les trois pays nord-américains sont essentiels pour les Etats-Unis.Les importations comme les exportations de biens et services depuis et vers le Canada et le Mexique représentent près de 25% du total, selon les données du département américain du Commerce.- La Chine pas épargnée -Pour justifier son recul, le président américain a expliqué vendredi vouloir “aider” ses voisins qui “commercent beaucoup avec nous”, alors que “dans notre cas, c’est moins significatif”.Il a relancé dans la foulée les tensions avec le Canada, se disant prêt à imposer “dès aujourd’hui (vendredi, NDLR), ou attendre jusque lundi ou mardi”, des taxes sur les produits laitiers et le bois d’oeuvre.”Le Canada nous escroque depuis des années avec des taxes de 250% sur les produits laitiers et le bois d’œuvre, cela ne se reproduira plus. Nous allons leur imposer exactement le même tarif, à moins qu’ils ne l’abandonnent. C’est ce que la réciprocité”, a-t-il ajouté.Une constante se dégage malgré tout: alors que la situation relative aux pays nord-américains ne cesse de fluctuer, elle est restée particulièrement stable concernant la Chine.Pékin a en effet subi deux hausses de dix points de pourcentage (pp) de droits de douane qui sont appliqués à ses produits entrant aux Etats-Unis, sans qu’aucune pause ni exemption n’ait été annoncée.Cette politique représente “un taux effectif moyen de 30% sur les produits chinois”, selon le président de l’Alliance industrielle américaine, Scott Paul.La Maison Blanche a également mis fin à l’exemption de taxes profitant aux petits envois, dont ont largement profité ces dernières années les groupes chinois Shein et Temu.- Tensions sur l’économie -Pékin a aussitôt répondu, imposant des droits de douane sur une série de produits américains, ciblant particulièrement les produits agricoles provenant d’Etats ayant largement voté en faveur de Donald Trump.La semaine à venir devrait ouvrir un nouveau front, avec l’entrée en vigueur mercredi de droits de douane de 25% sur toutes les importations américaines d’acier et d’aluminium, dont celles venant du Canada et du Mexique, deux importants fournisseurs.A l’heure actuelle, les Etats-Unis appliquent des droits de douane sur “un peu moins de la moitié de leurs importations d’acier et d’aluminium”, estime Scott Paul.Sachant que des produits d’aciérie ou à base d’aluminium ne sont plus fabriqués aux Etats-Unis, l’inquiétude grandit du côté des entreprises et des industriels américains.”Certains industriels reporteront leurs commandes” alors que d’autres “ont déjà commencé à augmenter leurs stocks”, comme l’a mis en lumière la forte hausse du déficit commercial au mois de janvier.Le déficit commercial au mois de janvier a en effet atteint son plus haut niveau depuis 1992, sous l’effet combiné d’importants achats d’or et d’anticipation des droits de douane.Les atermoiements du président américain ont renforcé l’incertitude sur les marchés boursiers, Wall Street effaçant dans la semaine la plupart de ses gains depuis l’élection présidentielle, le 5 novembre, alors que la confiance des consommateurs et des entreprises pique du nez.






