AFP World

Le Canada change de Premier ministre en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis

Le parti au pouvoir au Canada s’apprête dimanche à choisir un ancien banquier central, novice en politique, pour remplacer Justin Trudeau au poste de Premier ministre chargé de faire face aux menaces de Donald Trump. Mark Carney, 59 ans, est donné largement favori du scrutin qui se termine dimanche pour remplacer Justin Trudeau à la tête du parti libéral (centre gauche). Après près de dix ans au pouvoir, ce dernier avait annoncé sa démission en janvier en plein chaos politique.Environ 400.000 membres du parti libéral sont inscrits pour le vote, qui se termine à 15H00 (20H00 GMT) avec un résultat attendu en fin d’après-midi.Le vainqueur sera ensuite appelé à devenir Premier ministre. Mais il faudra probablement attendre quelques jours pour qu’une passation de pouvoir ait lieu entre les deux hommes, une fois le gouvernement formé.L’ancien directeur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre a largement devancé ses adversaires en termes de soutien au sein du pays et de fonds levés. Ces dernières semaines, une seule question a dominé les débats: qui est la bonne personne pour affronter Donald Trump et ses attaques? “Nous sommes confrontés à la crise la plus grave de notre vie… tout, dans ma vie, m’a préparé à ce moment”, a déclaré Mark Carney pour son dernier meeting vendredi.C’est ce message d’homme d’expérience habitué à gérer des crises, martelé tout au long de sa campagne, qui semble avoir porté ses fruits au moment où le pays est bouleversé par une crise historique avec son puissant voisin. Le président américain a lancé une guerre commerciale en imposant des droits de douane sur des produits canadiens et ne cesse de dire qu’il souhaite que le Canada devienne le “51e Etat américain”. Des attaques qui exaspèrent les Canadiens dont beaucoup renoncent à leur voyage au sud de la frontière et boycottent les produits américains.- Élections en vue -Pour cette journée d’élection qui marque la fin de la décennie Trudeau, Luciana Bordignon, membre du parti libéral, a fait le déplacement à Ottawa depuis Vancouver, dans l’ouest. “J’espère que nous allons avoir un bon chef”, glisse-t-elle à l’AFP, parlant d’un choix “important”. Dans la salle où seront annoncés les résultats, de grands drapeaux canadiens et partout du rouge, la couleur des libéraux canadiens.Luzminda Longkines veut un parti fort face aux conservateurs qui affirment que le “pays est cassé”. “Mais c’est faux et Donald Trump vient d’unir le pays, nous avons maintenant un ennemi commun.”Mark Carney séduit grâce à “son expérience économique et son sérieux”, explique Stéphanie Chouinard, professeure de sciences politiques au Collège militaire royal du Canada.”Il connaît très bien les systèmes financiers internationaux et les forces et les faiblesses de l’économie canadienne”, ajoute-t-elle.D’après les analystes, les chances sont donc très minces pour sa principale adversaire, Chrystia Freeland. L’ex-ministre des Finances de M. Trudeau a quitté le gouvernement avec fracas, affichant ses désaccords sur la façon de gérer Donald Trump.Mais quel que soit le vainqueur, tout en affrontant les assauts américains, il devra rapidement rassembler son parti en vue des prochaines élections.Celles-ci doivent se tenir au plus tard en octobre mais pourraient être déclenchées plus rapidement que cela et elles promettent d’être plus disputées qu’attendues.Très impopulaires et jugés responsables notamment de la forte inflation et de la crise du logement, les libéraux, qui affichaient plus de 20 points de retard en janvier dans les intentions de vote, sont aujourd’hui au coude-à-coude avec les conservateurs.Selon un sondage de l’institut Angus Reid publié mercredi, M. Carney est le choix préféré des Canadiens pour affronter M. Trump, avec 43% des personnes interrogées qui le plébiscitent contre 34% pour le chef de file des conservateurs, Pierre Poilievre.Ce dernier, qui avait le vent en poupe ces derniers mois, semble perdre du terrain dans ce nouveau contexte politique. “Sa rhétorique populiste”, qui rappelle celle de Donald Trump, dérange une partie des Canadiens, explique Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l’Université McGill de Montréal.A l’inverse, l’expérience internationale de M. Carney et son côté calme, “presque ennuyeux”, est rassurant pour de nombreux Canadiens. 

Face à Trump, des démocrates toujours brouillons

Quel message porter? Quel mode d’action adopter? Depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump fin janvier, les démocrates se cherchent une stratégie gagnante face au tourbillon politique et médiatique du milliardaire républicain. Sans grand succès jusqu’ici.”Mal coordonné et fragmenté”, résume Todd Belt, professeur de gestion politique à l’université George Washington, à propos du message actuel de l’opposition.Une division interne qui s’explique en partie, selon lui, par le fait que les démocrates “n’ont pas réellement fait l’autopsie” de la défaite de Kamala Harris face à Donald Trump. Et même lorsque ce travail sera réalisé, il n’est pas certain qu’un consensus émerge.Le problème de l’opposition est aggravé par le fait que “les démocrates n’ont que très peu de leviers de pouvoir”, après avoir perdu la Maison Blanche mais aussi les deux chambres du Congrès, souligne Todd Belt. Contester devant la justice les décrets exécutifs de Donald Trump reste ainsi l’un de leurs seuls moyens d’opposition.Face à la myriade de mesures du républicain, le chef des démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a embrassé une stratégie de repli. Il “veut laisser en quelque sorte les républicains faire leurs propres erreurs” et que les démocrates paraissent ainsi, en contraste, comme un “parti d’adultes”, explique Todd Belt.Alors que l’aile gauche du parti, elle, “veut adopter une posture plus agressive”.- “En désaccord” -Un constat que partage Thomas Zeitzoff, professeur de sciences politiques à l’American University.Pour Hakeem Jeffries et d’autres responsables démocrates, “l’idée est essentiellement que Trump se rendra lui-même impopulaire”.Mais ils sont nombreux “en désaccord avec cette approche, affirmant que ce que Trump fait, menace la démocratie” elle-même, explique Thomas Zeitzoff.Rester en retrait ou protester bruyamment: “c’est la tension fondamentale au sein du parti” actuellement, dit-il. Une tension qui contraste fortement avec un Parti républicain “unifié et qui file droit derrière Trump”, selon le professeur.Ce fractionnement de l’opposition a été particulièrement évident mardi, lors du discours de Donald Trump au Congrès.Alors que les chefs démocrates avaient appelé à ne pas faire de vagues, la consigne est vite passée aux oubliettes.Certains ont ainsi choisi de porter des tenues coordonnées (roses pour la cause des femmes, jaunes et bleues pour l’Ukraine), d’autres de brandir des panonceaux de protestation. Le démocrate texan Al Green s’est lui levé quelques minutes après le début de l’allocution pour fulminer contre le président en agitant sa canne. Refusant de se rasseoir, l’élu septuagénaire a finalement été expulsé de l’hémicycle.Les responsables démocrates, qui avaient appelé à écouter sagement le discours, avaient fait le “calcul que Trump se nourrit des conflits”, estime Thomas Zeitzoff, et que donc, en provoquant la controverse, “vous jouez sur son terrain”.- “Offrir une alternative” -Au-delà des divisions internes, le problème de message pour les opposants à Donald Trump réside en outre, selon Thomas Zeitzoff, dans les nouvelles manières dont les Américains s’informent, sur fond de déclin des médias traditionnels.Les démocrates n’ont pas “l’équivalent de Fox News, de podcasts de droite, et d’influenceurs”, dit-il.L’absence de leader évident de l’opposition n’aide pas non plus: Joe Biden est à la retraite; Kamala Harris s’est retirée en Californie après sa défaite; Hakeem Jeffries a adopté une posture d’attente; et Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, n’incarne pas à 74 ans le renouveau du parti.Seuls quelques responsables, comme la figure progressiste Alexandria Ocasio-Cortez, surnagent.Mais même l’élue new-yorkaise de 35 ans s’est attirée l’ire ou le ridicule de certains cette semaine après avoir tourné une vidéo avec plusieurs autres élues démocrates, intitulée “choisissez votre combattant” et reprenant des effets visuels de vieux jeux vidéo. L’équipe de communication de la Maison Blanche s’en est amusée et l’a qualifiée de “gênante”.Alors comment sortir du marasme?Au minimum, “vous devez offrir aux gens une alternative”, lance Todd Belt.”Les démocrates doivent articuler leur vision d’un futur avec eux au pouvoir, et à quel point il serait différent de la situation actuelle sous Trump”, ajoute-t-il, plutôt que de se contenter de “dire +c’est sans précédent+ ou +c’est ridicule+”.

Face à Trump, des démocrates toujours brouillons

Quel message porter? Quel mode d’action adopter? Depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump fin janvier, les démocrates se cherchent une stratégie gagnante face au tourbillon politique et médiatique du milliardaire républicain. Sans grand succès jusqu’ici.”Mal coordonné et fragmenté”, résume Todd Belt, professeur de gestion politique à l’université George Washington, à propos …

Face à Trump, des démocrates toujours brouillons Read More »

“Bien sûr que les Etats-Unis sont des alliés” de l’UE, martèle von der Leyen

“Bien sûr que les Etats-Unis sont des alliés” de l’Union européenne en dépit des récentes attaques verbales de Donald Trump, a martelé dimanche Ursula von der Leyen, estimant que l’Europe devait désormais augmenter son effort de défense.Interrogée sur la nécessité de transformer profondément la nature du lien avec les Etats-Unis comme l’UE le fait avec la Chine, elle a répondu “clairement non”.”La relation que nous avons avec les Etats-Unis est complètement différente de celle que nous avons avec la Chine”, a souligné la dirigeante allemande, réputée très atlantiste.Donald Trump a récemment menacé l’Europe de droits de douane, a engagé un rapprochement avec le président russe Vladimir Poutine qui inquiète l’Ukraine et l’UE, et a questionné la protection américaine des Européens dans le cadre de l’Otan.”Nous sommes alliés (avec les Américains) mais cela signifie que tous les alliés doivent prendre leurs responsabilités”, a souligné la présidente de la Commission européenne, lors d’une conférence de presse sur les 100 premiers jours de son deuxième mandat.Interrogée sur un éventuel face-à-face avec Donald Trump, elle est restée évasive: “Nous nous rencontrerons quand le moment sera venu”, a-t-elle simplement répondu.Elle s’est félicitée du soutien accordé cette semaine par les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’UE à son plan “Réarmer l’Europe” qui doit permettre de mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros pour investir dans la défense européenne, comme le réclament les Etats-Unis. – “Compréhension approfondie des menaces” -“C’est historique. Cela peut être la base d’une Union européenne de la défense”, a-t-elle affirmé. “Nous avons besoin d’action commune, d’achat commun”, a-t-elle dit.Mais évoquant les nombreuses options sur la table pour augmenter l’effort de défense, elle a évité d’évoquer la possibilité d’un nouveau grand emprunt commun, souhaité par la France, mais rejeté par plusieurs Etats membres.Afin de préparer les esprits aux menaces auxquelles l’Europe est confrontée dans le contexte des tensions avec la Russie, la présidente de l’exécutif européen a annoncé qu’elle organiserait des réunions sur la sécurité avec l’ensemble du collège des commissaires européens. “Dans les prochaines semaines, je convoquerai le tout premier +collège de la sécurité+. Cela garantira que les membres du collège reçoivent des mises à jour régulières sur l’évolution de la sécurité, (y compris) sur l’énergie, la défense et la recherche. Du cyber aux ingérences étrangères, en passant par le commerce”, a-t-elle dit. “Ce n’est que si nous avons une compréhension claire et approfondie des menaces, y compris les menaces hybrides, que nous pourrons contribuer efficacement à la sécurité collective”, a expliqué Mme von der Leyen.

“Bien sûr que les Etats-Unis sont des alliés” de l’UE, martèle von der Leyen

“Bien sûr que les Etats-Unis sont des alliés” de l’Union européenne en dépit des récentes attaques verbales de Donald Trump, a martelé dimanche Ursula von der Leyen, estimant que l’Europe devait désormais augmenter son effort de défense.Interrogée sur la nécessité de transformer profondément la nature du lien avec les Etats-Unis comme l’UE le fait avec …

“Bien sûr que les Etats-Unis sont des alliés” de l’UE, martèle von der Leyen Read More »

Le dirigeant syrien appelle à la paix civile après des tueries

Le président par intérim de la Syrie, Ahmad al-Chareh, a appelé dimanche à l’unité nationale et à la paix après des tueries de civils dans des violences sans précédent depuis la chute de Bachar al-Assad, qui suscitent inquiétudes et condamnations internationales. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio a condamné les “terroristes islamistes radicaux” pour ces “massacres”, et appelé les autorités syriennes à en poursuivre les auteurs, après un appel de l’ONU à la fin immédiate des “tueries de civils”. Les violences, dans l’ouest du pays, ont été déclenchées par une attaque sanglante jeudi de partisans du président déchu contre les forces de sécurité à Jablé, près de la ville de Lattaquié, berceau de la minorité alaouite, branche de l’islam dont est issu le clan Assad.Les autorités ont ensuite envoyé des renforts dans les provinces voisines de Lattaquié et Tartous, pour soutenir des opérations des forces de sécurité contre les pro-Assad.D’après l’Observatoire des droits de l’homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, “745 civils alaouites ont été tués dans les régions de la côte et les montagnes de Lattaquié par les forces de sécurité et des groupes alliés” depuis jeudi. Au moins 273 membres des forces de sécurité et des combattants pro-Assad ont aussi péri, a précisé l’OSDH. Les autorités n’ont pas fourni de bilan.”Nous devons préserver l’unité nationale, la paix civile autant que possible, et, si Dieu le veut, nous serons capables de vivre ensemble dans ce pays”, a déclaré M. Chareh lors d’un discours dans une mosquée de Damas.Il a annoncé la formation d’une “commission d’enquête indépendante” sur cette flambée de violence dans un pays multiethnique et multiconfessionnel, morcelé par plus de 13 ans de guerre civile. Elle sera notamment chargée d’enquêter sur “les exactions contre les civils” pour “traduire en justice” les responsables.Dans la capitale, les forces de sécurité sont intervenues pour disperser un sit-in de protestation contre les tueries, après l’irruption d’une contre-manifestation réclamant un “État sunnite”, émaillée de slogans hostiles aux alaouites.M. Chareh, alors à la tête du groupe islamiste sunnite radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS) – classé comme terroriste par plusieurs pays dont les Etats-Unis – a dirigé la coalition rebelle qui a renversé le 8 décembre M. Assad. Ce dernier a fui à Moscou.- Traquer les partisans d’Assad -Dimanche, le ministère de l’Intérieur a annoncé l’envoi de “renforts supplémentaires” pour “rétablir le calme” à Qadmous, dans la province de Tartous où les forces de sécurité “traquent les derniers fidèles à l’ancien régime”.L’agence de presse officielle Sana, a rapporté de “violents affrontements” à Taanita, un village de montagne du même secteur, où ont fui “de nombreux criminels de guerre affiliés au régime renversé et des fidèles à Assad qui les protègent”.Un convoi de 12 véhicules militaires est entré dans le village de Bisnada, dans la province de Lattaquié, où les forces de sécurité fouillent des habitations, selon un photographe de l’AFP.”Plus de cinquante personnes, des membres de ma famille et des amis, ont été tués”, a affirmé à l’AFP un habitant alaouite de Jablé sous couvert de l’anonymat. Les forces de sécurité et des miliciens alliés “ont ramassé les corps avec des bulldozers et les ont enterrés dans des fosses communes. Ils en ont même jeté à la mer”.Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a évoqué des informations “extrêmement inquiétantes” faisant état de familles entières tuées.L’OSDH et des militants ont publié vendredi des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison, des femmes pleurant à proximité. Une autre séquence montre des hommes en tenue militaire forçant trois personnes à ramper, avant de leur tirer dessus à bout portant. L’AFP n’a pas pu vérifier ces images.Le même jour, une source sécuritaire citée par Sana a fait état d'”exactions isolées”, les imputant à des “foules” réagissant à “l’assassinat de membres des forces de sécurité par des fidèles de l’ex-régime”.- “Civils innocents et désarmés” – Depuis son arrivée au pouvoir, M. Chareh, s’efforce d’obtenir le soutien de la communauté internationale, et de rassurer les minorités. Il a appelé ses forces à faire preuve de retenue et à éviter toute dérive confessionnelle.Lors d’un sermon dimanche, le patriarche orthodoxe d’Antioche, Jean X, l’a appelé à “mettre fin aux massacres” dans l’ouest du pays, relevant qu’aux côtés des alaouites, “de nombreux chrétiens innocents” en avaient aussi été victimes. “Ceux qui ont été tués n’étaient pas tous des hommes fidèles au régime, la majorité étaient des civils innocents et désarmés dont des femmes et des enfants”, a affirmé Jean X.L’Allemagne a dit être “choquée” et demandé “instamment à toutes les parties de mettre fin aux violences”.Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a lui exhorté l’Europe à “cesser d’accorder une légitimité” au pouvoir de transition syrien “au passé terroriste bien connu”. Selon Aron Lund, du centre de réflexion Century International, la flambée de violence témoigne de la “fragilité du gouvernement”, dont une grande partie de l’autorité “repose sur des jihadistes radicaux qui considèrent les alaouites comme des ennemis de Dieu”.

Le dirigeant syrien appelle à la paix civile après des tueries

Le président par intérim de la Syrie, Ahmad al-Chareh, a appelé dimanche à l’unité nationale et à la paix après des tueries de civils dans des violences sans précédent depuis la chute de Bachar al-Assad, qui suscitent inquiétudes et condamnations internationales. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio a condamné les “terroristes islamistes radicaux” pour ces “massacres”, et appelé les autorités syriennes à en poursuivre les auteurs, après un appel de l’ONU à la fin immédiate des “tueries de civils”. Les violences, dans l’ouest du pays, ont été déclenchées par une attaque sanglante jeudi de partisans du président déchu contre les forces de sécurité à Jablé, près de la ville de Lattaquié, berceau de la minorité alaouite, branche de l’islam dont est issu le clan Assad.Les autorités ont ensuite envoyé des renforts dans les provinces voisines de Lattaquié et Tartous, pour soutenir des opérations des forces de sécurité contre les pro-Assad.D’après l’Observatoire des droits de l’homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, “745 civils alaouites ont été tués dans les régions de la côte et les montagnes de Lattaquié par les forces de sécurité et des groupes alliés” depuis jeudi. Au moins 273 membres des forces de sécurité et des combattants pro-Assad ont aussi péri, a précisé l’OSDH. Les autorités n’ont pas fourni de bilan.”Nous devons préserver l’unité nationale, la paix civile autant que possible, et, si Dieu le veut, nous serons capables de vivre ensemble dans ce pays”, a déclaré M. Chareh lors d’un discours dans une mosquée de Damas.Il a annoncé la formation d’une “commission d’enquête indépendante” sur cette flambée de violence dans un pays multiethnique et multiconfessionnel, morcelé par plus de 13 ans de guerre civile. Elle sera notamment chargée d’enquêter sur “les exactions contre les civils” pour “traduire en justice” les responsables.Dans la capitale, les forces de sécurité sont intervenues pour disperser un sit-in de protestation contre les tueries, après l’irruption d’une contre-manifestation réclamant un “État sunnite”, émaillée de slogans hostiles aux alaouites.M. Chareh, alors à la tête du groupe islamiste sunnite radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS) – classé comme terroriste par plusieurs pays dont les Etats-Unis – a dirigé la coalition rebelle qui a renversé le 8 décembre M. Assad. Ce dernier a fui à Moscou.- Traquer les partisans d’Assad -Dimanche, le ministère de l’Intérieur a annoncé l’envoi de “renforts supplémentaires” pour “rétablir le calme” à Qadmous, dans la province de Tartous où les forces de sécurité “traquent les derniers fidèles à l’ancien régime”.L’agence de presse officielle Sana, a rapporté de “violents affrontements” à Taanita, un village de montagne du même secteur, où ont fui “de nombreux criminels de guerre affiliés au régime renversé et des fidèles à Assad qui les protègent”.Un convoi de 12 véhicules militaires est entré dans le village de Bisnada, dans la province de Lattaquié, où les forces de sécurité fouillent des habitations, selon un photographe de l’AFP.”Plus de cinquante personnes, des membres de ma famille et des amis, ont été tués”, a affirmé à l’AFP un habitant alaouite de Jablé sous couvert de l’anonymat. Les forces de sécurité et des miliciens alliés “ont ramassé les corps avec des bulldozers et les ont enterrés dans des fosses communes. Ils en ont même jeté à la mer”.Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a évoqué des informations “extrêmement inquiétantes” faisant état de familles entières tuées.L’OSDH et des militants ont publié vendredi des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison, des femmes pleurant à proximité. Une autre séquence montre des hommes en tenue militaire forçant trois personnes à ramper, avant de leur tirer dessus à bout portant. L’AFP n’a pas pu vérifier ces images.Le même jour, une source sécuritaire citée par Sana a fait état d'”exactions isolées”, les imputant à des “foules” réagissant à “l’assassinat de membres des forces de sécurité par des fidèles de l’ex-régime”.- “Civils innocents et désarmés” – Depuis son arrivée au pouvoir, M. Chareh, s’efforce d’obtenir le soutien de la communauté internationale, et de rassurer les minorités. Il a appelé ses forces à faire preuve de retenue et à éviter toute dérive confessionnelle.Lors d’un sermon dimanche, le patriarche orthodoxe d’Antioche, Jean X, l’a appelé à “mettre fin aux massacres” dans l’ouest du pays, relevant qu’aux côtés des alaouites, “de nombreux chrétiens innocents” en avaient aussi été victimes. “Ceux qui ont été tués n’étaient pas tous des hommes fidèles au régime, la majorité étaient des civils innocents et désarmés dont des femmes et des enfants”, a affirmé Jean X.L’Allemagne a dit être “choquée” et demandé “instamment à toutes les parties de mettre fin aux violences”.Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a lui exhorté l’Europe à “cesser d’accorder une légitimité” au pouvoir de transition syrien “au passé terroriste bien connu”. Selon Aron Lund, du centre de réflexion Century International, la flambée de violence témoigne de la “fragilité du gouvernement”, dont une grande partie de l’autorité “repose sur des jihadistes radicaux qui considèrent les alaouites comme des ennemis de Dieu”.

XV de France: en vue de l’Ecosse, la vie sans Dupont, gravement blessé à un genou

Passée l’émotion autour de la blessure au genou de leur capitaine Antoine Dupont, victime d’une rupture des ligaments croisés samedi en Irlande, le XV de France se prépare à composer sans lui de nombreux mois, et dès le final du Tournoi samedi prochain contre l’Ecosse.Sorti en grimaçant et en boitant à la 29e minute de l’écrasante victoire à Dublin (42-27), après un virulent déblayage irlandais dans un regroupement, Dupont a officialisé le diagnostic d’une “rupture des ligaments croisés” dimanche sur instagram.”Le coeur est encore plus douloureux que le genou au moment de devoir abandonner les copains avant la dernière marche. Je suis fier de ce que nous avons accompli hier et de toutes mes forces avec vous, vous allez le faire”, a déclaré Dupont, qui “donne rendez-vous dans quelques mois sur les terrains”.”Nous t’accompagnerons dans cette épreuve pour que tu reviennes plus fort, capitaine”, a aussitôt réagi son club du Stade toulousain, qui devra évoluer sans lui en phases finales de Champions Cup et de Top 14. “Courage mon ami, tous avec toi”, a écrit son coéquipier à Toulouse et en Bleu, Romain Ntamack.C’est la deuxième fois qu’Antoine Dupont se blesse à ce genou: en 2018, face à ces mêmes Irlandais, il avait été victime d’une rupture du ligament croisé antérieur, foudroyé après avoir réalisé un crochet, et avait été absent huit mois.L’incident rappelle évidemment aussi la fracture de la pommette du demi de mêlée contre la Namibie lors du Mondial-2023. Opéré, puis revenu sur le terrain en trois semaines, Dupont avait réussi à jouer le quart de finale contre l’Afrique du Sud, mais la France avait été éliminée.Malgré la joie du large succès à Dublin, le sélectionneur comme les joueurs ont témoigné samedi leur “colère” à propos de cette blessure, causée selon Galthié par un déblayage illicite irlandais.- Joueurs cités -Les Bleus ont demandé à faire “comparaître devant la commission” de discipline du Tournoi le deuxième ligne irlandais Tadhg Beirne et le pilier gauche Andrew Porter, a annoncé Fabien Galthié, son homologue irlandais Simon Easterby n’y voyant lui qu’un “incident de jeu”.De ce coup du sort, les Bleus ont fait un carburant pour renverser la partie après avoir été asphyxiés 20 bonne minutes par les Irlandais, leur infligeant un retentissant 34-0 entre la 47e et la 75e.”Quand je rentre et que je vois un de mes meilleurs potes dans le vestiaire comme ça, ça prend aux tripes”, a témoigné Grégory Alldritt, très proche de Dupont depuis leurs années communes à Auch et qui a pris le capitanat en l’absence de son ami. “C’est compliqué d’en parler”, a ajouté Alldritt, visiblement ému en conférence de presse.”C’est vrai qu’il y avait de la colère à la mi-temps”, a abondé le troisième ligne toulousain Anthony Jelonch, autre camarade des années auscitaines. “Ce soir, on a tout donné pour Antoine”.”Il fallait s’envoyer à 200% pour lui”, a renchéri le talonneur Peato Mauvaka, lui aussi coéquipier de Dupont à Toulouse.- Lucu au rendez-vous -Mais une fois cette émotion digérée, les Français devront finir le travail pour aller décrocher le titre dans le Tournoi samedi prochain au Stade de France (21h00) contre l’Ecosse, sans “Toto”.Pour le remplacer à la mêlée, un nom émerge après le succès en Irlande: Maxime Lucu, entré à sa place dans un match à l’intensité impressionnante et qui a été exemplaire.”Dans des matches comme ça, il ne faut pas se poser de questions”, a expliqué le Basque après la rencontre.Sa prestation efficace dans les rucks et dans le jeu au pied a été remarquée par Galthié, élogieux à son égard après l’avoir relégué dans la hiérarchie lors de la précédente édition du Tournoi.”Je suis content pour +Max+ parce qu’il a eu un tournoi difficile l’année dernière, on ne lui a pas fait de cadeau et il a fait un match énorme aujourd’hui, dans un contexte extrêmement hostile”, a apprécié le sélectionneur.Le Bordelo-Béglais est passé pendant ce Tournoi devant Nolann Le Garrec, et a l’avantage de bien connaître une ligne arrière où évoluent ses coéquipiers de l’UBB Louis Bielle-Biarrey et Damian Penaud aux ailes, ainsi que Yoram Moefana au centre.Il devrait également avoir une longueur d’avance sur le toulonnais Baptiste Serin (30 ans, 46 sélections), appelé dimanche à Marcoussis en remplacement de Dupont, mais qui n’a plus joué en Bleu depuis la dernière tournée d’été.