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L’Ukraine se prépare à des discussions cruciales avec les Etats-Unis en Arabie saoudite mardi

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est attendu lundi en Arabie saoudite, où se tiendra le lendemain une rencontre entre une délégation de Kiev et une équipe américaine qui compte y évoquer de futures négociations de paix pour mettre fin à l’invasion russe.La réunion de mardi devrait être la première entre responsables ukrainiens et américains depuis la visite désastreuse de Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche fin février, qui avait donné lieu à une spectaculaire joute verbale.Washington a depuis suspendu son aide militaire et son partage de renseignements, et Kiev tente de recoller les morceaux avec le président Donald Trump.M. Zelensky ouvrira le bal diplomatique lundi en rencontrant le prince héritier Mohammed ben Salmane.”Après cela, mon équipe restera en Arabie saoudite pour travailler avec nos partenaires américains”, a expliqué le président ukrainien.Ces discussions, très attendues et prévues mardi à Jeddah, doivent servir à “définir un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial” entre la Russie et l’Ukraine, avait indiqué l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, qui sera présent.L’Ukraine est restée plus vague. “Nous espérons discuter et se mettre d’accord sur les décisions et étapes nécessaires”, a dit Volodymyr Zelensky, sans préciser sur quel sujet.Kiev est favorable à un “dialogue constructif” mais veut que ses intérêts soient “pris en compte”, avait insisté le président ukrainien, se disant persuadé que la réunion serait “productive”.- “Se rapprocher de la paix” -Volodymyr Zelensky a affirmé dimanche soir espérer “des résultats à la fois pour se rapprocher de la paix et poursuivre le soutien”, semblant faire référence à l’aide américaine suspendue.Les relations entre Washington et Kiev se sont profondément transformées en l’espace de quelques semaines, avec le retour à la Maison Blanche de Donald Trump en janvier.Cela se produit à l’heure où Kiev est à la peine sur le front. Durant le week-end, la Russie a revendiqué d’importantes avancées dans sa région de Koursk et même une poussée dans la région ukrainienne de Soumy, une première depuis 2022.Donald Trump a multiplié les piques contre Volodymyr Zelensky, accusé d’être un “dictateur”, de n’être pas assez reconnaissant ou de n’être pas prêt à la “paix”.La tension a culminé lors d’une altercation fin février à la Maison Blanche, où le président ukrainien devait signer un accord sur l’exploitation des minerais de son pays par les Etats-Unis.- Rapprochement -Le ton s’est depuis quelque peu apaisé, Volodymyr Zelensky jugeant l’incident “regrettable” et Donald Trump estimant que son homologue ukrainien était prêt à négocier, menaçant même Moscou de nouvelles sanctions.”Nous allons faire beaucoup de progrès. Dès cette semaine je pense”, a assuré dimanche soir Donald Trump à des journalistes bord de l’avion présidentiel Air Force One.Mais les désaccords demeurent. L’accord sur l’exploitation minière, dont Donald Trump compte tirer des revenus pour rembourser l’aide américaine fournie à Kiev, n’a toujours pas été conclu.Interrogé sur la possibilité qu’il soit signé en Arabie saoudite, M. Witkoff avait assuré que M. Zelensky avait “proposé de le signer, et nous verrons s’il le fait”.Autre point d’achoppement, le récent rapprochement entre Washington et Moscou, en rupture avec la politique occidentale d’isolement du président russe Vladimir Poutine.Le voyage en Arabie saoudite de Volodymyr Zelensky devait initialement avoir lieu en février, mais il l’avait reporté après avoir dénoncé la tenue de pourparlers russo-américains.Lors des discussions mardi, l’Ukraine devrait être représentée par le chef de l’administration présidentielle Andriï Iermak, le ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga, le ministre de la Défense Roustem Oumerov et le chef-adjoint de cabinet du président Pavlo Palissa.L’équipe américaine sera composée de hauts responsables qui avaient déjà rencontré les représentants russes en février: le chef de la diplomatie Marco Rubio, qui s’est envolé dimanche soir pour Jeddah, Steve Witkoff et le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz.M. Witkoff s’est aussi rendu à Moscou en février. Il a ensuite dit s’être entretenu longuement avec Vladimir Poutine et avoir commencé à développer une “amitié” avec lui.Marco Rubio devrait arriver à Jeddah lundi et a prévu de rencontrer Mohammed ben Salmane durant sa visite, selon le département d’Etat.L’Arabie saoudite, allié historique des Etats-Unis, consolide son influence internationale en accueillant ces rencontres.Le pays pétrolier a aussi été impliqué dans les négociations concernant l’échange de prisonniers historiques entre la Russie et l’Occident en août 2024.Ryad avait pourtant été mis au ban de la scène internationale après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie en 2018, qui avait provoqué un tollé.Mais, selon M. Witkoff, l’administration Trump a de “très bonnes relations avec les Saoudiens”.

L’Ukraine se prépare à des discussions cruciales avec les Etats-Unis en Arabie saoudite mardi

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est attendu lundi en Arabie saoudite, où se tiendra le lendemain une rencontre entre une délégation de Kiev et une équipe américaine qui compte y évoquer de futures négociations de paix pour mettre fin à l’invasion russe.La réunion de mardi devrait être la première entre responsables ukrainiens et américains depuis la visite désastreuse de Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche fin février, qui avait donné lieu à une spectaculaire joute verbale.Washington a depuis suspendu son aide militaire et son partage de renseignements, et Kiev tente de recoller les morceaux avec le président Donald Trump.M. Zelensky ouvrira le bal diplomatique lundi en rencontrant le prince héritier Mohammed ben Salmane.”Après cela, mon équipe restera en Arabie saoudite pour travailler avec nos partenaires américains”, a expliqué le président ukrainien.Ces discussions, très attendues et prévues mardi à Jeddah, doivent servir à “définir un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial” entre la Russie et l’Ukraine, avait indiqué l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, qui sera présent.L’Ukraine est restée plus vague. “Nous espérons discuter et se mettre d’accord sur les décisions et étapes nécessaires”, a dit Volodymyr Zelensky, sans préciser sur quel sujet.Kiev est favorable à un “dialogue constructif” mais veut que ses intérêts soient “pris en compte”, avait insisté le président ukrainien, se disant persuadé que la réunion serait “productive”.- “Se rapprocher de la paix” -Volodymyr Zelensky a affirmé dimanche soir espérer “des résultats à la fois pour se rapprocher de la paix et poursuivre le soutien”, semblant faire référence à l’aide américaine suspendue.Les relations entre Washington et Kiev se sont profondément transformées en l’espace de quelques semaines, avec le retour à la Maison Blanche de Donald Trump en janvier.Cela se produit à l’heure où Kiev est à la peine sur le front. Durant le week-end, la Russie a revendiqué d’importantes avancées dans sa région de Koursk et même une poussée dans la région ukrainienne de Soumy, une première depuis 2022.Donald Trump a multiplié les piques contre Volodymyr Zelensky, accusé d’être un “dictateur”, de n’être pas assez reconnaissant ou de n’être pas prêt à la “paix”.La tension a culminé lors d’une altercation fin février à la Maison Blanche, où le président ukrainien devait signer un accord sur l’exploitation des minerais de son pays par les Etats-Unis.- Rapprochement -Le ton s’est depuis quelque peu apaisé, Volodymyr Zelensky jugeant l’incident “regrettable” et Donald Trump estimant que son homologue ukrainien était prêt à négocier, menaçant même Moscou de nouvelles sanctions.”Nous allons faire beaucoup de progrès. Dès cette semaine je pense”, a assuré dimanche soir Donald Trump à des journalistes bord de l’avion présidentiel Air Force One.Mais les désaccords demeurent. L’accord sur l’exploitation minière, dont Donald Trump compte tirer des revenus pour rembourser l’aide américaine fournie à Kiev, n’a toujours pas été conclu.Interrogé sur la possibilité qu’il soit signé en Arabie saoudite, M. Witkoff avait assuré que M. Zelensky avait “proposé de le signer, et nous verrons s’il le fait”.Autre point d’achoppement, le récent rapprochement entre Washington et Moscou, en rupture avec la politique occidentale d’isolement du président russe Vladimir Poutine.Le voyage en Arabie saoudite de Volodymyr Zelensky devait initialement avoir lieu en février, mais il l’avait reporté après avoir dénoncé la tenue de pourparlers russo-américains.Lors des discussions mardi, l’Ukraine devrait être représentée par le chef de l’administration présidentielle Andriï Iermak, le ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga, le ministre de la Défense Roustem Oumerov et le chef-adjoint de cabinet du président Pavlo Palissa.L’équipe américaine sera composée de hauts responsables qui avaient déjà rencontré les représentants russes en février: le chef de la diplomatie Marco Rubio, qui s’est envolé dimanche soir pour Jeddah, Steve Witkoff et le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz.M. Witkoff s’est aussi rendu à Moscou en février. Il a ensuite dit s’être entretenu longuement avec Vladimir Poutine et avoir commencé à développer une “amitié” avec lui.Marco Rubio devrait arriver à Jeddah lundi et a prévu de rencontrer Mohammed ben Salmane durant sa visite, selon le département d’Etat.L’Arabie saoudite, allié historique des Etats-Unis, consolide son influence internationale en accueillant ces rencontres.Le pays pétrolier a aussi été impliqué dans les négociations concernant l’échange de prisonniers historiques entre la Russie et l’Occident en août 2024.Ryad avait pourtant été mis au ban de la scène internationale après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie en 2018, qui avait provoqué un tollé.Mais, selon M. Witkoff, l’administration Trump a de “très bonnes relations avec les Saoudiens”.

Guerre commerciale: la dernière riposte chinoise entre en vigueur

Décidés en représailles à un dernier décret de Donald Trump visant Pékin, de nouveaux droits de douane chinois s’appliquent à partir de lundi sur tout un éventail de produits agricoles américains.Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, le président des Etats-Unis a annoncé une série de droits de douane à l’égard de ses principaux partenaires commerciaux, parmi lesquels la Chine, le Canada et le Mexique, pays selon lui inefficaces dans leur réponse à l’immigration illégale et aux flux de fentanyl.La Chine est par ailleurs le pays présentant le plus important excédent commercial avec les Etats-Unis pour les biens.Après avoir imposé des droits de douane supplémentaires de 10% à l’encontre de tous les produits chinois, Donald Trump a décidé le 3 mars de les porter à 20%.”Fortement mécontente”, la Chine avait riposté dans la foulée, en annonçant des taxes du même type contre des produits issus de l’agriculture américaine, et ce à compter de ce lundi.Poulet, blé, maïs et coton entrant en Chine seront davantage taxés (15%) que sorgho, soja, porc, boeuf, produits de la mer, fruits, légumes et produits laitiers (10%).Des experts estiment que cette réaction chinoise vise la base électorale du milliardaire républicain, tout en restant suffisamment modérée pour rendre encore possible un accord commercial.Les tensions commerciales sino-américaines s’ajoutent aux difficultés rencontrées par les autorités chinoises dans leur tentative de stabiliser l’économie du pays, marquée par une consommation morose, une crise persistante du secteur immobilier ou encore un taux de chômage élevé chez les jeunes.- “Environnement externe de plus en plus complexe” -Les taxes décidées par Washington pourraient porter un coup sévère aux exportations chinoises, qui ont largement contribué l’an dernier à la croissance du géant asiatique.Des experts estiment que les conséquences des mesures américaines pourraient ne pas être visibles immédiatement. Mais ne serait-ce que du côté des exportations chinoises, celles-ci ont déjà ralenti en janvier et février à un niveau plus marqué que prévu, à 2,3% sur un an, contre 10,7% en décembre.”Comme les exportations sont confrontées à un risque de diminution en raison de la guerre commerciale qui se dessine, la politique fiscale doit devenir plus proactive”, juge Zhiwei Zhang, président et économiste en chef chez Pinpoint Asset Management.Alors que le bras de fer commercial se poursuit entre Pékin et Washington, la Chine organise ces jours-ci les “Deux Sessions”, son principal événement politique de l’année, agrégeant dans la capitale des milliers de délégués venus de tout le pays.Lors d’un discours face à eux mercredi, le Premier ministre Li Qiang a dévoilé la stratégie du gouvernement en matière économique pour 2025, mentionnant un “environnement externe de plus en plus complexe”.M. Li a également dévoilé un objectif de croissance d'”environ 5%”, le même qu’en 2024.De nombreux économistes considèrent toutefois que cet horizon reste ambitieux au regard des difficultés que connaît la Chine sur le plan économique.”Si les dépenses fiscales recommencent bientôt à augmenter, alors cela pourrait plus que compenser l’impact à court terme des droits de douane sur la croissance”, estime Julian Evans-Pritchard de Capital Economics.”Toutefois, étant donné les vents contraires” à l’oeuvre de manière générale, “nous ne sommes pas encore convaincus qu’un soutien fiscal sera suffisant pour aboutir à davantage qu’un coup de pouce de courte durée”, ajoute-t-il.

Colombie: la “paix totale” de Petro s’est transformée en “guerre totale”, selon l’ELN

Des commandants de la guérilla colombienne de l’ELN dans la région de Catatumbo (nord-est) affirment que “la confrontation se poursuivra” face à toute action militaire de Bogota qui, selon eux, est passé d’une politique de paix à une “guerre totale”.Lors d’une rare interview, réalisée dans un lieu secret dans la montagne près de la frontière vénézuélienne, deux hauts commandants de la guérilla, “Ricardo” et “Silvana Guerrero”, déclarent à l’AFP qu’ils n’hésiteront pas à combattre les 10.000 soldats de l’armée régulière colombienne rassemblés dans les environs.Une récente escalade de la violence a mis en échec la tentative du président Gustavo Petro de démobiliser tous les groupes armés afin de désamorcer un conflit qui dure depuis un demi-siècle et qui a fait près de 1,1 million de morts, une politique baptisée “paix totale”. “En fin de compte, il s’agit d’une guerre totale”, ironise le commandant Ricardo, qui prévient: “si d’autres soldats continuent d’arriver sur le territoire, il est certain que la confrontation se poursuivra, car nous allons nous défendre et nous allons nous défendre en tant que force insurgée”.- “Dernière carte” -“La politique de paix de Petro a été un échec”, ajoute la commandante Silvana.Dans “les quelques mois qui restent” à son gouvernement, le président “a comme dernière carte dans sa manche” un processus de démobilisation d’une centaine de combattants du 33e Front des FARC qui opèrent dans la région et à qui l’ELN a déclaré la guerre.Gustavo Petro “doit montrer quelque chose (…) Peut-être, dans peu de temps, verrons-nous une contre-offensive sur le territoire d’une autre dimension”, avertit Silvana.Il s’agit de la première interview que le “Front de guerre du Nord-Est” de l’ELN accorde aux médias depuis le début des affrontements dans la région, qui ont plongé la Colombie dans sa plus grave crise de violence de la dernière décennie.Gardés par une trentaine de combattants lourdement armés, les deux commandants, assis, fusils à la main, se disent ouverts au dialogue mais prêts à la guerre.Le gouvernement a inscrit Silvana, de son vrai nom Luz Amanda Payares, sur sa liste des cibles les plus recherchées par l’ELN et offre une récompense d’environ 25.000 dollars pour toute information permettant de la capturer.- Guérilla et cocaïne -L’ELN, d’inspiration guévariste et dont les effectifs sont évalués à 5.800 combattants, mène une guerre contre l’Etat colombien depuis 1964 et prend pour cible depuis la mi-janvier dans le Catatumbo des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).Ces violences ont entraîné le déplacement de près de 56.000 personnes et fait au moins 76 morts, selon les chiffres du gouvernement.Les analystes estiment que les récents affrontements entre l’ELN et le 33e Front découlent d’une guerre de territoire pour le contrôle des routes lucratives du trafic de cocaïne vers le Venezuela.Le territoire de l’ELN dans le Catatumbo est une porte d’entrée vers la côte caraïbe, où la cocaïne colombienne commence son voyage vers le reste du monde. Le gouvernement affirme que l’ELN entretient des liens étroits avec le cartel mexicain de Sinaloa. Mais la commandante Silvana nie l’implication directe de la guérilla dans le trafic de drogue, bien qu’elle admette que le groupe perçoit des taxes sur la cocaïne produite dans la région.”Nous taxons (sic) le kilo sur le territoire parce que nous avons besoin d’une économie”, dit-elle, en suggérant que le gouvernement les “stigmatise” en les associant “directement au trafic de drogue”.Des chercheurs spécialisés dans les conflits estiment que l’ELN est devenue ces dernières années une guérilla binationale qui se déplace constamment des deux côtés de la frontière entre la Colombie et le Venezuela.Les commandants du Front nord-est balaient cette affirmation. “Il n’y a pas de positions (de l’ELN) de l’autre côté de la frontière”, insiste Ricardo.- “Transformation” ou armement -Les opposants à Gustavo Petro arguent que les groupes rebelles ont profité des cessez-le-feu du gouvernement pour se regrouper et se renforcer. Une myriade de groupes armés se disputent le contrôle du territoire et des routes du trafic de drogue à travers le pays. En conséquence, la superficie des terres utilisées pour la production de cocaïne a bondi de 420% depuis 2012, selon les estimations de l’ONU.Le président Petro estime que l’esprit révolutionnaire de l’ELN s’est estompé et qu’il n’a laissé place qu’à l'”avidité” pour la coca. Mais pour les commandants du Front du Nord-Est, l’idéologie, historiquement influencée par la théologie de la libération, n’a pas été perdue. “Nos fusils ne sont jamais dirigés contre le peuple. Ces armes que nous portons sont précisément destinées à défendre le peuple”, affirmé Silvana. Ricardo abonde: “ce sont les transformations sociales (…) qui réduiront l’effervescence des armes.”

Colombie: la “paix totale” de Petro s’est transformée en “guerre totale”, selon l’ELN

Des commandants de la guérilla colombienne de l’ELN dans la région de Catatumbo (nord-est) affirment que “la confrontation se poursuivra” face à toute action militaire de Bogota qui, selon eux, est passé d’une politique de paix à une “guerre totale”.Lors d’une rare interview, réalisée dans un lieu secret dans la montagne près de la frontière vénézuélienne, deux hauts commandants de la guérilla, “Ricardo” et “Silvana Guerrero”, déclarent à l’AFP qu’ils n’hésiteront pas à combattre les 10.000 soldats de l’armée régulière colombienne rassemblés dans les environs.Une récente escalade de la violence a mis en échec la tentative du président Gustavo Petro de démobiliser tous les groupes armés afin de désamorcer un conflit qui dure depuis un demi-siècle et qui a fait près de 1,1 million de morts, une politique baptisée “paix totale”. “En fin de compte, il s’agit d’une guerre totale”, ironise le commandant Ricardo, qui prévient: “si d’autres soldats continuent d’arriver sur le territoire, il est certain que la confrontation se poursuivra, car nous allons nous défendre et nous allons nous défendre en tant que force insurgée”.- “Dernière carte” -“La politique de paix de Petro a été un échec”, ajoute la commandante Silvana.Dans “les quelques mois qui restent” à son gouvernement, le président “a comme dernière carte dans sa manche” un processus de démobilisation d’une centaine de combattants du 33e Front des FARC qui opèrent dans la région et à qui l’ELN a déclaré la guerre.Gustavo Petro “doit montrer quelque chose (…) Peut-être, dans peu de temps, verrons-nous une contre-offensive sur le territoire d’une autre dimension”, avertit Silvana.Il s’agit de la première interview que le “Front de guerre du Nord-Est” de l’ELN accorde aux médias depuis le début des affrontements dans la région, qui ont plongé la Colombie dans sa plus grave crise de violence de la dernière décennie.Gardés par une trentaine de combattants lourdement armés, les deux commandants, assis, fusils à la main, se disent ouverts au dialogue mais prêts à la guerre.Le gouvernement a inscrit Silvana, de son vrai nom Luz Amanda Payares, sur sa liste des cibles les plus recherchées par l’ELN et offre une récompense d’environ 25.000 dollars pour toute information permettant de la capturer.- Guérilla et cocaïne -L’ELN, d’inspiration guévariste et dont les effectifs sont évalués à 5.800 combattants, mène une guerre contre l’Etat colombien depuis 1964 et prend pour cible depuis la mi-janvier dans le Catatumbo des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).Ces violences ont entraîné le déplacement de près de 56.000 personnes et fait au moins 76 morts, selon les chiffres du gouvernement.Les analystes estiment que les récents affrontements entre l’ELN et le 33e Front découlent d’une guerre de territoire pour le contrôle des routes lucratives du trafic de cocaïne vers le Venezuela.Le territoire de l’ELN dans le Catatumbo est une porte d’entrée vers la côte caraïbe, où la cocaïne colombienne commence son voyage vers le reste du monde. Le gouvernement affirme que l’ELN entretient des liens étroits avec le cartel mexicain de Sinaloa. Mais la commandante Silvana nie l’implication directe de la guérilla dans le trafic de drogue, bien qu’elle admette que le groupe perçoit des taxes sur la cocaïne produite dans la région.”Nous taxons (sic) le kilo sur le territoire parce que nous avons besoin d’une économie”, dit-elle, en suggérant que le gouvernement les “stigmatise” en les associant “directement au trafic de drogue”.Des chercheurs spécialisés dans les conflits estiment que l’ELN est devenue ces dernières années une guérilla binationale qui se déplace constamment des deux côtés de la frontière entre la Colombie et le Venezuela.Les commandants du Front nord-est balaient cette affirmation. “Il n’y a pas de positions (de l’ELN) de l’autre côté de la frontière”, insiste Ricardo.- “Transformation” ou armement -Les opposants à Gustavo Petro arguent que les groupes rebelles ont profité des cessez-le-feu du gouvernement pour se regrouper et se renforcer. Une myriade de groupes armés se disputent le contrôle du territoire et des routes du trafic de drogue à travers le pays. En conséquence, la superficie des terres utilisées pour la production de cocaïne a bondi de 420% depuis 2012, selon les estimations de l’ONU.Le président Petro estime que l’esprit révolutionnaire de l’ELN s’est estompé et qu’il n’a laissé place qu’à l'”avidité” pour la coca. Mais pour les commandants du Front du Nord-Est, l’idéologie, historiquement influencée par la théologie de la libération, n’a pas été perdue. “Nos fusils ne sont jamais dirigés contre le peuple. Ces armes que nous portons sont précisément destinées à défendre le peuple”, affirmé Silvana. Ricardo abonde: “ce sont les transformations sociales (…) qui réduiront l’effervescence des armes.”

Canada: Mark Carney élu pour remplacer le Premier ministre Justin Trudeau

Le parti au pouvoir au Canada a élu dimanche Mark Carney comme nouveau chef et futur Premier ministre, au moment où le pays fait face à “des jours sombres” en raison des menaces de son puissant voisin, les Etats-Unis de Donald Trump.Après avoir été longuement ovationné par les militants, Mark Carney n’a pas perdu de temps pour dénoncer les attaques du président républicain. “Les Américains veulent nos ressources, notre eau, notre terre, notre pays”, a prévenu Mark Carney, lors de son discours de victoire.Le président américain a lancé une guerre commerciale avec son voisin en imposant des droits de douane sur des produits canadiens et ne cesse de dire qu’il souhaite que le Canada devienne le “51e Etat américain”. “Ce sont des jours sombres, des jours sombres provoqués par un pays (les États-Unis) auquel nous ne pouvons plus faire confiance”, a poursuivi le nouveau dirigeant, estimant qu’il ne fallait “pas laisser Trump gagner”.L’ancien banquier central de 59 ans, novice en politique, a promis de “bâtir une nouvelle économie et de créer de nouvelles relations commerciales”.Il deviendra officiellement Premier ministre dans les jours qui viennent après une passation de pouvoir avec Justin Trudeau, qui avait annoncé sa démission début janvier, après près de dix ans au pouvoir.M. Carney pourrait cependant ne pas rester en poste très longtemps, puisque le Canada doit organiser des élections au plus tard en octobre. Mais elles pourraient être déclenchées plus tôt.- “Nouveau visage” -Dimanche, Mark Carney a obtenu 85,9% du vote des militants du parti libéral, loin devant l’ancienne ministre des Finances Chrystia Freeland qui a recueilli 8% des voix.Tout au long de sa campagne, il n’a cessé de marteler qu’il était la personne idoine pour affronter le président américain jugeant que “toute sa carrière l’avait préparé à cela”.Dans le centre des congrès de la capitale Ottawa, où de grands drapeaux canadiens ont été installés sous des spots rouges, la couleur du parti, les militants ont exulté à l’annonce des résultats.Pour Sean Cruz, militant, ce vote est synonyme d’espoir “c’est un bon résultat. Nous avons besoin d’un nouveau visage au gouvernement et d’un nouveau visage au sein du parti libéral”.Luzminda Longkines, toute de rouge vêtue, se réjouit d’avoir un parti fort face aux conservateurs qui affirment que le “pays est cassé”. “Mais c’est faux et Donald Trump vient d’unir le pays, nous avons maintenant un ennemi commun!”Dans son discours d’adieu, Justin Trudeau a lui aussi mis en garde le pays estimant que les attaques de Donald Trump représentaient un “défi existentiel” pour le pays. “La liberté n’est pas un acquis, même le Canada n’est pas un acquis”, a-t-il lancé.- Elections en ligne de mire -Tout en affrontant les assauts américains, Mark Carney, originaire de l’ouest canadien, devra rapidement rassembler son parti en vue des prochaines élections.”Il est considéré comme le seul candidat qui donne aux libéraux une chance de remporter les prochaines élections”, estime Cameron D. Anderson de l’Université Western Ontario. Jusqu’ici les électeurs canadiens semblaient rejeter des libéraux usés et impopulaires et jugés responsables de la forte inflation, de la crise du logement et des services publics. Mais l’arrivée de Donald Trump a rebattu les cartes politiques.Mark Carney, qui se définit comme un centriste, était jusqu’à tout récemment envoyé spécial des Nations Unies pour le financement de l’action climatique.Économiste sorti à la fois de Harvard aux Etats-Unis et d’Oxford au Royaume-Uni, il a fait fortune en tant que banquier d’affaires chez Goldman Sachs avant de diriger la Banque du Canada puis la Banque d’Angleterre.Selon un sondage de l’institut Angus Reid publié mercredi, M. Carney est le choix préféré des Canadiens pour affronter M. Trump, avec 43% des personnes interrogées qui le plébiscitent contre 34% pour le chef de file des conservateurs, Pierre Poilievre.Ce dernier, qui avait le vent en poupe ces derniers mois, semble perdre du terrain dans ce nouveau contexte politique même si le parti conservateur reste légèrement en tête des intentions de vote.

Canada: Mark Carney élu pour remplacer le Premier ministre Justin Trudeau

Le parti au pouvoir au Canada a élu dimanche Mark Carney comme nouveau chef et futur Premier ministre, au moment où le pays fait face à “des jours sombres” en raison des menaces de son puissant voisin, les Etats-Unis de Donald Trump.Après avoir été longuement ovationné par les militants, Mark Carney n’a pas perdu de temps pour dénoncer les attaques du président républicain. “Les Américains veulent nos ressources, notre eau, notre terre, notre pays”, a prévenu Mark Carney, lors de son discours de victoire.Le président américain a lancé une guerre commerciale avec son voisin en imposant des droits de douane sur des produits canadiens et ne cesse de dire qu’il souhaite que le Canada devienne le “51e Etat américain”. “Ce sont des jours sombres, des jours sombres provoqués par un pays (les États-Unis) auquel nous ne pouvons plus faire confiance”, a poursuivi le nouveau dirigeant, estimant qu’il ne fallait “pas laisser Trump gagner”.L’ancien banquier central de 59 ans, novice en politique, a promis de “bâtir une nouvelle économie et de créer de nouvelles relations commerciales”.Il deviendra officiellement Premier ministre dans les jours qui viennent après une passation de pouvoir avec Justin Trudeau, qui avait annoncé sa démission début janvier, après près de dix ans au pouvoir.M. Carney pourrait cependant ne pas rester en poste très longtemps, puisque le Canada doit organiser des élections au plus tard en octobre. Mais elles pourraient être déclenchées plus tôt.- “Nouveau visage” -Dimanche, Mark Carney a obtenu 85,9% du vote des militants du parti libéral, loin devant l’ancienne ministre des Finances Chrystia Freeland qui a recueilli 8% des voix.Tout au long de sa campagne, il n’a cessé de marteler qu’il était la personne idoine pour affronter le président américain jugeant que “toute sa carrière l’avait préparé à cela”.Dans le centre des congrès de la capitale Ottawa, où de grands drapeaux canadiens ont été installés sous des spots rouges, la couleur du parti, les militants ont exulté à l’annonce des résultats.Pour Sean Cruz, militant, ce vote est synonyme d’espoir “c’est un bon résultat. Nous avons besoin d’un nouveau visage au gouvernement et d’un nouveau visage au sein du parti libéral”.Luzminda Longkines, toute de rouge vêtue, se réjouit d’avoir un parti fort face aux conservateurs qui affirment que le “pays est cassé”. “Mais c’est faux et Donald Trump vient d’unir le pays, nous avons maintenant un ennemi commun!”Dans son discours d’adieu, Justin Trudeau a lui aussi mis en garde le pays estimant que les attaques de Donald Trump représentaient un “défi existentiel” pour le pays. “La liberté n’est pas un acquis, même le Canada n’est pas un acquis”, a-t-il lancé.- Elections en ligne de mire -Tout en affrontant les assauts américains, Mark Carney, originaire de l’ouest canadien, devra rapidement rassembler son parti en vue des prochaines élections.”Il est considéré comme le seul candidat qui donne aux libéraux une chance de remporter les prochaines élections”, estime Cameron D. Anderson de l’Université Western Ontario. Jusqu’ici les électeurs canadiens semblaient rejeter des libéraux usés et impopulaires et jugés responsables de la forte inflation, de la crise du logement et des services publics. Mais l’arrivée de Donald Trump a rebattu les cartes politiques.Mark Carney, qui se définit comme un centriste, était jusqu’à tout récemment envoyé spécial des Nations Unies pour le financement de l’action climatique.Économiste sorti à la fois de Harvard aux Etats-Unis et d’Oxford au Royaume-Uni, il a fait fortune en tant que banquier d’affaires chez Goldman Sachs avant de diriger la Banque du Canada puis la Banque d’Angleterre.Selon un sondage de l’institut Angus Reid publié mercredi, M. Carney est le choix préféré des Canadiens pour affronter M. Trump, avec 43% des personnes interrogées qui le plébiscitent contre 34% pour le chef de file des conservateurs, Pierre Poilievre.Ce dernier, qui avait le vent en poupe ces derniers mois, semble perdre du terrain dans ce nouveau contexte politique même si le parti conservateur reste légèrement en tête des intentions de vote.

La Syrie promet de poursuivre les responsables des tueries de civils

Le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, a promis dimanche de poursuivre les responsables de “l’effusion de sang de civils”, dont au moins 973 ont été tués dans l’ouest du pays selon une ONG, dans une flambée de violences sans précédent depuis la chute de Bachar al-Assad. L’ONU, Washington et d’autres capitales ont condamné ces tueries, appelant les autorités syriennes à y mettre fin.D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, “le nombre total de martyrs civils liquidés s’élève à 973, y compris des femmes et des enfants”, évoquant des “meurtres, des exécutions sommaires et des opérations de nettoyage ethnique”.Les violences ont été déclenchées par une attaque sanglante le 6 mars de partisans du président déchu contre des forces de sécurité à Jablé, près de la ville de Lattaquié, berceau de la minorité alaouite, branche de l’islam chiite dont est issu le clan Assad.Les autorités ont ensuite envoyé des renforts dans les provinces voisines de Lattaquié et Tartous, pour soutenir des opérations des forces de sécurité contre les pro-Assad.Au moins 481 membres des forces de sécurité et combattants pro-Assad ont aussi péri, selon l’OSDH. Les autorités n’ont pas fourni de bilan.Appelant lors d’un discours dans une mosquée de Damas à “préserver l’unité nationale et la paix civile”, M. Chareh a annoncé la formation d’une “commission d’enquête indépendante” sur “les exactions contre les civils”, afin d’en identifier les responsables et de les “traduire en justice”. “Nous demanderons des comptes (…) sans indulgence, à toute personne impliquée dans l’effusion de sang des civils”, a-t-il ensuite assuré, dans une vidéo diffusée par l’agence de presse officielle syrienne Sana, indiquant qu’un comité serait formé pour “protéger la paix civile”.M. Chareh, alors à la tête du groupe islamiste sunnite radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS) – classé comme terroriste par plusieurs pays dont les Etats-Unis – a dirigé la coalition rebelle qui a fait fuir le 8 décembre M. Assad à Moscou.”Aujourd’hui, nous nous portons garants de tout le peuple syrien et de toutes les confessions, et nous protégeons tout le monde de la même manière”, a de son côté assuré le chef de la diplomatie syrienne, Assaad Al-Chaibani, en déplacement à Amman.- Condamnations internationales – Depuis son arrivée à la tête d’un pays multiethnique et multiconfessionnel, déchiré par plus de 13 ans de guerre civile, M. Chareh, s’efforce d’obtenir le soutien de la communauté internationale, et de rassurer les minorités. Lors d’un sermon dimanche, le patriarche orthodoxe d’Antioche, Jean X, a relevé que les “massacres avaient aussi visé “de nombreux chrétiens innocents”. La majorité des victimes “étaient des civils innocents et désarmés dont des femmes et des enfants”, a-t-il affirmé. L’administration autonome kurde de Syrie, qui contrôle de grands pans de l’est et du nord du pays, a condamné des “pratiques (qui) nous ramènent à une époque noire que le peuple syrien ne veut pas revivre”. Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a lui exhorté l’Europe à “cesser d’accorder une légitimité” au pouvoir de transition syrien “au passé terroriste bien connu”.- Les pro-Assad traqués – Dimanche, le ministère de l’Intérieur a annoncé l’envoi de “renforts supplémentaires” à Qadmous, dans la province de Tartous où les forces de sécurité “traquent les derniers fidèles à l’ancien régime”.Sana a rapporté de “violents affrontements” à Taanita, un village de montagne du même secteur, où ont fui “de nombreux criminels de guerre” du précédent pouvoir, protégés par des “fidèles d’Assad”. Dans le village de Bisnada, dans la province de Lattaquié, les forces de sécurité fouillaient des habitations, selon un photographe de l’AFP.”Plus de cinquante personnes, des membres de ma famille et des amis, ont été tués”, a affirmé à l’AFP un habitant alaouite de Jablé sous couvert de l’anonymat, affirmant que les corps ont été  enterrés dans des fosses communes voire “jetés à la mer”.L’OSDH et des militants ont publié vendredi des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d’une maison, des femmes pleurant à proximité. Une autre séquence montre des hommes en tenue militaire forçant trois personnes à ramper, avant de leur tirer dessus à bout portant. L’AFP n’a pas pu vérifier ces images.Selon Aron Lund, du centre de réflexion Century International, la flambée de violence témoigne de la “fragilité du gouvernement”, qui s’appuie “sur des jihadistes radicaux qui considèrent les alaouites comme des ennemis de Dieu”.A Damas, les forces de sécurité sont intervenues pour disperser un sit-in de protestation contre les tueries, après l’irruption d’une contre-manifestation réclamant un “État sunnite”, émaillée de slogans hostiles aux alaouites.