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Guatemala: près d’un millier d’évacuations après l’éruption d’un volcan

Près d’un millier de personnes ont été évacuées lundi matin au Guatemala après une nouvelle éruption du volcan de Fuego, ont indiqué les services de protection civile.Situé à environ 35 kilomètres au sud-ouest de la ville de Guatemala, la capitale, le volcan a intensifié la veille son activité avec des jets de lave, de cendres et de roches.”Par mesure de prévention, environ 125 familles, soit quelque 900 personnes, ont commencé à être évacuées” du hameau El Porvenir, dans la municipalité d’Alotenango, a déclaré aux journalistes Juan Laureano, le porte-parole de la Conred, l’organisme national de gestion des catastrophes.Un photographe de l’AFP a observé l’arrivée de bus transportant les personnes évacuées à la salle municipale d’Alotenango, qui servira de refuge temporaire.L’état d’alerte a été déclaré par les autorités dimanche soir afin de maintenir “une communication constante avec les maires et les gouverneurs” des zones proches du volcan et de “coordonner les actions de prévention” face à l’éruption, selon un communiqué de la Conred.Le gouvernement a également suspendu les activités scolaires à Alotenango et fermé une route qui traverse le village et relie le sud du pays à la ville coloniale d’Antigua, principal site touristique du Guatemala et classée Patrimoine Culturel de l’Humanité par l’Unesco depuis 1979.Le 3 juin 2018, le volcan de Fuego, haut de 3.763 mètres, avait déjà provoqué une coulée de matériaux en fusion qui avait dévasté la communauté de San Miguel Los Lotes et une partie de la route à Alotenango, faisant 215 morts et un nombre similaire de disparus.

Le pape poursuit ses thérapies, “encore trop tôt” pour envisager son retour

Le pape François, hospitalisé depuis plus de trois semaines à l’âge de 88 ans pour une double pneumonie, poursuit lundi ses traitements sous aide respiratoire, mais “il est encore trop tôt pour parler de son retour”, a indiqué une source vaticane.L’état de santé du chef de l’Eglise catholique, qui a commencé à bien réagir à son traitement, a montré “de légères améliorations”, avait indiqué le Vatican samedi.La journée de lundi est consacrée à la physiothérapie respiratoire et motrice, a indiqué le service de presse du Saint-Siège.Comme les jours précédents, le souverain pontife argentin a passé une “nuit calme” avec un masque à oxygène avant de reprendre, en journée, l’oxygénation à haut débit via des canules nasales.Dans la matinée, François a suivi, depuis son fauteuil via une connexion vidéo, les exercices spirituels de la Curie romaine, une tradition qui se tient chaque année au début du Carême.Le pape a également été informé des inondations meurtrières en Argentine et “exprime sa proximité avec les personnes touchées”, a fait savoir le Vatican.Malgré un état stable ces derniers jours, les médecins maintiennent un pronostic vital “réservé”. Par conséquent, “il est trop tôt pour parler d’un retour à la Résidence Sainte-Marthe”, où le pape vit dans la Cité du Vatican, a indiqué une source vaticane.L’équipe médicale ne s’est pas exprimée sur la durée de l’hospitalisation du pape, la plus longue depuis son élection en 2013, qui fait planer l’incertitude sur l’avenir du chef de l’Eglise catholique.Le prochain bulletin de santé est attendu lundi vers 18H00 GMT tandis que la prière quotidienne du rosaire, consacrée à la guérison du pape, se tiendra désormais en fin d’après-midi au Vatican. Dimanche, le souverain pontife avait communiqué un texte écrit pour la prière de l’Angélus dans laquelle il avait remercié ceux qui se portent volontaires pour aider les personnes dans le besoin, louant leur “proximité et leur tendresse”.”Je fais moi aussi l’expérience de la prévenance du service et de la tendresse de l’attention, en particulier de la part des médecins et du personnel soignant, que je remercie du fond du coeur”, avait-il souligné. Ces dernières années, Jorge Bergoglio a souffert d’une série de problèmes de santé, allant d’une opération du colon en 2021 à une hernie en 2023. Il a également frôlé la mort à l’âge de 21 ans et s’est vu retirer le lobe supérieur du poumon droit.

Le pape poursuit ses thérapies, “encore trop tôt” pour envisager son retour

Le pape François, hospitalisé depuis plus de trois semaines à l’âge de 88 ans pour une double pneumonie, poursuit lundi ses traitements sous aide respiratoire, mais “il est encore trop tôt pour parler de son retour”, a indiqué une source vaticane.L’état de santé du chef de l’Eglise catholique, qui a commencé à bien réagir à son traitement, a montré “de légères améliorations”, avait indiqué le Vatican samedi.La journée de lundi est consacrée à la physiothérapie respiratoire et motrice, a indiqué le service de presse du Saint-Siège.Comme les jours précédents, le souverain pontife argentin a passé une “nuit calme” avec un masque à oxygène avant de reprendre, en journée, l’oxygénation à haut débit via des canules nasales.Dans la matinée, François a suivi, depuis son fauteuil via une connexion vidéo, les exercices spirituels de la Curie romaine, une tradition qui se tient chaque année au début du Carême.Le pape a également été informé des inondations meurtrières en Argentine et “exprime sa proximité avec les personnes touchées”, a fait savoir le Vatican.Malgré un état stable ces derniers jours, les médecins maintiennent un pronostic vital “réservé”. Par conséquent, “il est trop tôt pour parler d’un retour à la Résidence Sainte-Marthe”, où le pape vit dans la Cité du Vatican, a indiqué une source vaticane.L’équipe médicale ne s’est pas exprimée sur la durée de l’hospitalisation du pape, la plus longue depuis son élection en 2013, qui fait planer l’incertitude sur l’avenir du chef de l’Eglise catholique.Le prochain bulletin de santé est attendu lundi vers 18H00 GMT tandis que la prière quotidienne du rosaire, consacrée à la guérison du pape, se tiendra désormais en fin d’après-midi au Vatican. Dimanche, le souverain pontife avait communiqué un texte écrit pour la prière de l’Angélus dans laquelle il avait remercié ceux qui se portent volontaires pour aider les personnes dans le besoin, louant leur “proximité et leur tendresse”.”Je fais moi aussi l’expérience de la prévenance du service et de la tendresse de l’attention, en particulier de la part des médecins et du personnel soignant, que je remercie du fond du coeur”, avait-il souligné. Ces dernières années, Jorge Bergoglio a souffert d’une série de problèmes de santé, allant d’une opération du colon en 2021 à une hernie en 2023. Il a également frôlé la mort à l’âge de 21 ans et s’est vu retirer le lobe supérieur du poumon droit.

Zelensky en Arabie saoudite à la veille d’une rencontre entre des délégations de Kiev et de Washington

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est arrivé lundi en Arabie Saoudite pour rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane, à la veille d’une rencontre de délégations de Kiev et Washington, a indiqué à l’AFP un membre de l’équipe ukrainienne.”Nous avons atterri à Jeddah”, a indiqué cette source, alors que des responsables ukrainiens et américains doivent se retrouver mardi en Arabie Saoudite pour discuter des moyens de mettre fin à la guerre entre l’Ukraine et la Russie, qui a envahi sa voisine il y a plus de trois ans.L’Ukraine va proposer une “trêve dans les airs” et “en mer” avec la Russie, a indiqué lundi à l’AFP un haut responsable ukrainien, à la veille des négociations. “Nous avons une proposition d’une trêve dans les airs et d’une trêve en mer, car ce sont les options de cessez-le-feu qui sont faciles à mettre en place et à surveiller et il est possible de commencer par elles”, a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.La réunion de mardi devrait être la première entre responsables ukrainiens et américains depuis la visite désastreuse de Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche fin février, qui avait donné lieu à une spectaculaire joute verbale.Washington a depuis suspendu son aide militaire et son partage de renseignements, et Kiev tente de recoller les morceaux avec le président Donald Trump.”L’Ukraine cherche la paix depuis la toute première seconde de la guerre, et nous avons toujours dit que la seule raison pour laquelle la guerre se poursuit est la Russie”, a-t-il dit sur Telegram. Son équipe rencontrera les représentants américains dans la ville saoudienne de Jeddah, sur la mer Rouge, où des drapeaux ukrainiens flottaient lundi aux abords des principaux axes.Les pourparlers doivent servir à “définir un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial” entre la Russie et l’Ukraine, avait indiqué l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. – Soutien américain -Le Royaume-Uni a annoncé lundi qu’une réunion virtuelle sera organisée samedi avec les dirigeants des pays prêts à aider à maintenir la paix en Ukraine en cas de trêve, après le sommet réuni à Londres le 2 mars. Selon Londres, une vingtaine de pays sont prêts à contribuer à une “coalition de volontaires”, même si les modalités n’ont pas été précisées.  Selon le Financial Times, qui cite des sources proches des négociations en Arabie saoudite, l’Ukraine devrait proposer un cessez-le-feu partiel dans l’espoir de convaincre Washington de faire marche arrière sur sa décision de geler l’aide militaire et le partage de renseignements. Un gel prolongé du partage de renseignements donnera “un avantage significatif” à la Russie sur le champ de bataille, a prévenu lundi un haut responsable ukrainien, en soulignant que le gel affectait déjà sa capacité à frapper des cibles sur le territoire russe. Les relations entre Washington et Kiev se sont profondément transformées en l’espace de quelques semaines, avec le retour à la Maison Blanche de Donald Trump en janvier.Cette tension, sur fond de rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine, se produit à l’heure où Kiev est à la peine sur le front. Durant le week-end, la Russie a revendiqué d’importantes avancées dans sa région de Koursk et même une poussée dans la région ukrainienne de Soumy, une première depuis 2022. Donald Trump a multiplié les piques contre Volodymyr Zelensky, accusé d’être un “dictateur”, de n’être pas assez reconnaissant ou de n’être pas prêt à la “paix”.- Rapprochement -Le ton s’est depuis quelque peu apaisé après la vive altercation de février, Volodymyr Zelensky jugeant l’incident “regrettable” et Donald Trump estimant que son homologue ukrainien était prêt à négocier, menaçant même Moscou de nouvelles sanctions.”Nous allons faire beaucoup de progrès. Dès cette semaine je pense”, a assuré dimanche soir Donald Trump à des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One.Mais les désaccords demeurent. L’accord sur l’exploitation minière, dont Donald Trump compte tirer des revenus pour rembourser l’aide américaine fournie à Kiev, n’a toujours pas été conclu.Interrogé sur la possibilité qu’il soit signé en Arabie saoudite, M. Witkoff avait assuré que M. Zelensky avait “proposé de le signer, et nous verrons s’il le fait”.Le voyage en Arabie saoudite de Volodymyr Zelensky devait initialement avoir lieu en février, mais il l’avait reporté après avoir dénoncé la tenue de pourparlers russo-américains.Lors des discussions mardi, l’Ukraine devrait être représentée par le chef de l’administration présidentielle Andriï Iermak, le ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga, le ministre de la Défense Roustem Oumerov et le chef-adjoint de cabinet du président Pavlo Palissa.L’équipe américaine sera composée de hauts responsables qui avaient déjà rencontré les représentants russes en février, notamment le chef de la diplomatie Marco Rubio, qui s’est envolé dimanche soir pour Jeddah, et le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz.Marco Rubio devrait arriver à Jeddah lundi et a prévu de rencontrer Mohammed ben Salmane durant sa visite, selon le département d’Etat.L’Arabie saoudite, allié historique des Etats-Unis, consolide son influence internationale en accueillant ces rencontres.Le pays pétrolier a aussi été impliqué dans les négociations concernant l’échange de prisonniers historiques entre la Russie et l’Occident en août 2024.Ryad avait pourtant été mis au ban de la scène internationale après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie en 2018, qui avait provoqué un tollé.Mais, selon M. Witkoff, l’administration Trump a de “très bonnes relations avec les Saoudiens”.

Zelensky en Arabie saoudite à la veille d’une rencontre entre des délégations de Kiev et de Washington

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est arrivé lundi en Arabie Saoudite pour rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane, à la veille d’une rencontre de délégations de Kiev et Washington, a indiqué à l’AFP un membre de l’équipe ukrainienne.”Nous avons atterri à Jeddah”, a indiqué cette source, alors que des responsables ukrainiens et américains doivent se retrouver mardi en Arabie Saoudite pour discuter des moyens de mettre fin à la guerre entre l’Ukraine et la Russie, qui a envahi sa voisine il y a plus de trois ans.L’Ukraine va proposer une “trêve dans les airs” et “en mer” avec la Russie, a indiqué lundi à l’AFP un haut responsable ukrainien, à la veille des négociations. “Nous avons une proposition d’une trêve dans les airs et d’une trêve en mer, car ce sont les options de cessez-le-feu qui sont faciles à mettre en place et à surveiller et il est possible de commencer par elles”, a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.La réunion de mardi devrait être la première entre responsables ukrainiens et américains depuis la visite désastreuse de Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche fin février, qui avait donné lieu à une spectaculaire joute verbale.Washington a depuis suspendu son aide militaire et son partage de renseignements, et Kiev tente de recoller les morceaux avec le président Donald Trump.”L’Ukraine cherche la paix depuis la toute première seconde de la guerre, et nous avons toujours dit que la seule raison pour laquelle la guerre se poursuit est la Russie”, a-t-il dit sur Telegram. Son équipe rencontrera les représentants américains dans la ville saoudienne de Jeddah, sur la mer Rouge, où des drapeaux ukrainiens flottaient lundi aux abords des principaux axes.Les pourparlers doivent servir à “définir un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial” entre la Russie et l’Ukraine, avait indiqué l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. – Soutien américain -Le Royaume-Uni a annoncé lundi qu’une réunion virtuelle sera organisée samedi avec les dirigeants des pays prêts à aider à maintenir la paix en Ukraine en cas de trêve, après le sommet réuni à Londres le 2 mars. Selon Londres, une vingtaine de pays sont prêts à contribuer à une “coalition de volontaires”, même si les modalités n’ont pas été précisées.  Selon le Financial Times, qui cite des sources proches des négociations en Arabie saoudite, l’Ukraine devrait proposer un cessez-le-feu partiel dans l’espoir de convaincre Washington de faire marche arrière sur sa décision de geler l’aide militaire et le partage de renseignements. Un gel prolongé du partage de renseignements donnera “un avantage significatif” à la Russie sur le champ de bataille, a prévenu lundi un haut responsable ukrainien, en soulignant que le gel affectait déjà sa capacité à frapper des cibles sur le territoire russe. Les relations entre Washington et Kiev se sont profondément transformées en l’espace de quelques semaines, avec le retour à la Maison Blanche de Donald Trump en janvier.Cette tension, sur fond de rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine, se produit à l’heure où Kiev est à la peine sur le front. Durant le week-end, la Russie a revendiqué d’importantes avancées dans sa région de Koursk et même une poussée dans la région ukrainienne de Soumy, une première depuis 2022. Donald Trump a multiplié les piques contre Volodymyr Zelensky, accusé d’être un “dictateur”, de n’être pas assez reconnaissant ou de n’être pas prêt à la “paix”.- Rapprochement -Le ton s’est depuis quelque peu apaisé après la vive altercation de février, Volodymyr Zelensky jugeant l’incident “regrettable” et Donald Trump estimant que son homologue ukrainien était prêt à négocier, menaçant même Moscou de nouvelles sanctions.”Nous allons faire beaucoup de progrès. Dès cette semaine je pense”, a assuré dimanche soir Donald Trump à des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One.Mais les désaccords demeurent. L’accord sur l’exploitation minière, dont Donald Trump compte tirer des revenus pour rembourser l’aide américaine fournie à Kiev, n’a toujours pas été conclu.Interrogé sur la possibilité qu’il soit signé en Arabie saoudite, M. Witkoff avait assuré que M. Zelensky avait “proposé de le signer, et nous verrons s’il le fait”.Le voyage en Arabie saoudite de Volodymyr Zelensky devait initialement avoir lieu en février, mais il l’avait reporté après avoir dénoncé la tenue de pourparlers russo-américains.Lors des discussions mardi, l’Ukraine devrait être représentée par le chef de l’administration présidentielle Andriï Iermak, le ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga, le ministre de la Défense Roustem Oumerov et le chef-adjoint de cabinet du président Pavlo Palissa.L’équipe américaine sera composée de hauts responsables qui avaient déjà rencontré les représentants russes en février, notamment le chef de la diplomatie Marco Rubio, qui s’est envolé dimanche soir pour Jeddah, et le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz.Marco Rubio devrait arriver à Jeddah lundi et a prévu de rencontrer Mohammed ben Salmane durant sa visite, selon le département d’Etat.L’Arabie saoudite, allié historique des Etats-Unis, consolide son influence internationale en accueillant ces rencontres.Le pays pétrolier a aussi été impliqué dans les négociations concernant l’échange de prisonniers historiques entre la Russie et l’Occident en août 2024.Ryad avait pourtant été mis au ban de la scène internationale après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie en 2018, qui avait provoqué un tollé.Mais, selon M. Witkoff, l’administration Trump a de “très bonnes relations avec les Saoudiens”.

Suicide d’Evaëlle: “sérieuse” ou “cassante”, l’enseignante jugée pour harcèlement

“Sérieuse et dynamique” selon l’administration, “cassante” et “tranchante” d’après d’anciens collègues. Le procès d’une enseignante jugée pour le harcèlement moral d’Evaëlle qui s’est suicidée à 11 ans en 2019 a débuté lundi au tribunal judiciaire de Pontoise. La matinée a été consacrée à sa carrière et l’audition de témoins.Elle devient professeure en 1987, à 25 ans. “J’ai choisi d’exercer cette profession par choix” après des études de lettres classiques, dit-elle, droite dans son tailleur bleu marine, avec un ton maîtrisé, difficilement audible depuis les bancs fournis de la presse.Après différents établissements dans le Val-d’Oise, elle arrive en 2016 au collège Isabelle-Autissier d’Herblay, avec la “motivation”. “C’était un tout nouveau collège, il y avait tout à construire, un projet d’établissement”.Si son dossier académique brosse le portrait d’une enseignante “expérimentée, sérieuse et dynamique”, d’autres éléments décrivent une “professeure autoritaire et cassante”, d’après le proviseur du collège arrivé la rentrée suivant le suicide d’Evaëlle.Durant l’enquête, il avait rapporté des propos d’une collégienne. Dans un échange avec cette dernière, l’enseignante lui aurait dit “tu nous soûles” et qu’elle préférait avoir un chien que des élèves.”Il vaut mieux qu’elle reste à la vie scolaire sinon il y aura un mort”, aurait encore lancé l’enseignante, selon un assistant d’éducation scolaire.”On est quelques mois après le suicide d’Evaëlle”, s’alarme Me Delphine Meillet, qui représente la famille d’Evaëlle.Avant l’ouverture du procès, elle a déclaré que la famille d’Evaëlle souhaitait “que cette enseignante réalise qu’elle a commis des erreurs vis-à-vis d’Evaëlle”.- “Dégradation très importante” -Le 21 juin 2019, le père d’Evaëlle a retrouvé sa fille de 11 ans pendue à son lit dans leur pavillon à Herblay (Val-d’Oise), la veille de leur départ en vacances. Dans la journée, elle avait eu un conflit avec un collégien. Six mois plus tôt, l’adolescente avait tenté de mettre le feu à une poutre de la maison après une rupture amicale.Depuis l’entrée d’Evaëlle en sixième au collège Isabelle-Autissier d’Herblay, les problèmes s’étaient multipliés pour la jeune fille, déjà victime de brimades en primaire.Au-delà du comportement insultant et violent de camarades, elle faisait face à des tensions avec son enseignante de français au sujet de la mise en place d’un protocole médical relatif à des problèmes de dos. Dans un premier temps, la situation avait été réglée en interne et Evaëlle, décrite comme précoce, joyeuse mais ayant des difficultés dans les relations sociales, n’appréhendait plus de se rendre en cours de français.Pourtant, quelques mois plus tard, durant une session consacrée au harcèlement scolaire, l’enseignante avait demandé aux élèves d’exprimer leurs reproches à Evaëlle qui devait ensuite s’expliquer. Face à ses pleurs, l’enseignante s’était énervée et lui avait intimé de répondre aux questions, d’après les récits des élèves.Ses parents portent plainte contre des élèves et la changent de collège en février 2019. L’ensemble des comportements de l’enseignante ont eu “pour effet une dégradation très importante des conditions de vie de la jeune fille qui s’isolait de plus en plus”, a écrit la juge qui a décidé de son renvoi pour harcèlement moral sur mineure et du non-lieu pour homicide involontaire.Lors de l’instruction, l’enseignante a dit qu’elle avait pu être trop sévère voire “cash” mais qu’elle s’était investie pour les élèves. Au sujet d’Evaëlle, elle n’avait pas réussi à créer un lien avec elle.A la barre, une ancienne collègue de mathématiques a relaté des “remarques tranchantes” et une difficulté par les élèves à comprendre le second degré dont elle pouvait faire preuve.Lundi après-midi, trois assistantes de vie scolaire qui ont travaillé avec la prévenue ont évoqué une enseignante “bienveillante”, “gentille” et “aidante”.”Parfois il y avait des situations complexes en classe, elle mettait un petit peu d’humour. Ce n’est pas quelqu’un qui criait. C’était quelqu’un de souriant, qui pouvait s’inquiéter de ces élèves en classe”, a raconté l’une d’elles qui a travaillé à ses côtés de 2004 à 2010, relevant “la prestance” de l’enseignante.Cette dernière est également jugée pour avoir harcelé deux autres collégiens. Le procès doit s’achever mardi.