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Le pape est hors de danger, ouvrant la perspective d’un retour au Vatican

Le pape François, finalement déclaré hors de danger au bout de presque un mois d’hospitalisation pour une double pneumonie, s’est dédié mardi à la prière depuis sa suite d’hôpital, qu’il pourrait sauf imprévu quitter dans un futur proche.Le jésuite argentin de 88 ans, “de bonne humeur” après une “nuit tranquille”, a suivi en vidéo les prières et méditations organisées à la salle Paul VI du Vatican en cette période de Carême précédant Pâques, selon une source vaticane.François s’est aussi consacré à la prière dans la petite chapelle de son appartement situé au 10e étage de l’hôpital Gemelli de Rome. Il a également poursuivi ses séances de thérapie pour récupérer ses capacités respiratoires, fortement mises à mal par sa maladie.Selon son dernier bulletin de santé publié lundi soir, “les améliorations enregistrées les jours précédents se sont encore consolidées, comme le confirment les analyses sanguines (…) et la bonne réponse au traitement médicamenteux”.Même si son pronostic vital n’est plus réservé, ce qui signifie que sa maladie ne met plus sa vie en danger, ses médecins estiment qu’il devra rester “quelques jours supplémentaires encore” à l’hôpital. Une prudence qui ouvre toutefois la porte à un prochain retour du pape au Vatican.Autre signe de l’amélioration de la santé du pape: alors que le Saint-Siège publiait au pic de la maladie un bulletin de santé chaque soir, aucun compte-rendu médical n’est attendu mardi soir.François, qui a manqué le lancement du Carême, la période de 40 jours précédant Pâques, pourrait donc être de retour au Vatican avant le dimanche de Pâques, la fête la plus importante du calendrier catholique, qui tombe cette année le 20 avril.Après une si longue absence, la présence de François au Vatican pour Pâques serait un symbole fort pour les 1,4 milliard de catholiques, même si l’incertitude demeure totale à ce stade sur sa capacité à prendre part aux cérémonies.- Rumeurs -Alors que les rumeurs vont bon train, une source vaticane a démenti mardi que des travaux d’aménagement étaient en cours à la résidence Sainte-Marthe du Vatican, où vit le pape, pour préparer son retour. Un signe que sa sortie n’est pas imminente.Une employée de cette résidence a confié mardi à l’AFPTV attendre avec impatience son retour. “Nous l’aimons profondément et Sainte-Marthe est vide sans lui”, a affirmé Simonetta Maronge devant l’hôpital Gemelli, où elle est venue en signe d’affection, à l’unisson de nombre de religieux et fidèles.Un autre supporteur enthousiaste de François, venu lui aussi au Gemelli, se propose même de le raccompagner au Vatican: “quand le pape François a été élu, j’ai rêvé d’être son chauffeur. Et maintenant, je suis ici avec ma voiture, avec l’idée que peut-être, s’il en a besoin, je pourrai le raccompagner” chez lui, a déclaré Mimmo Laudando, un retraité italien.Lundi soir, une source vaticane s’est réjouie des “signes positifs dans l’évolution de la maladie, qui doivent cependant être accueillis avec prudence et circonspection, car la pneumonie n’est pas encore terminée (…) bien qu’il n’y ait pas de danger imminent”.Près de la place Saint-Pierre, où les pèlerins se pressent à l’occasion du Jubilée 2025 (une année sainte célébrée tous les 25 ans), la santé du pape est dans tous les esprits. “Nous prions pour le pape, pour son rétablissement et pour qu’il soit bientôt avec nous en bonne santé afin qu’il puisse tous nous bénir”, a confié à l’AFP Jose Ochoa, un fidèle mexicain de 69 ans.L’hospitalisation de François, la plus longue de son pontificat, intervient alors qu’il a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années: en surpoids, souffrant de douleurs au genou, il a entre autres subi des opérations du côlon et de l’abdomen ainsi que des infections respiratoires à répétition.François – qui arrivera jeudi à 12 ans de pontificat – souffre de fragilités respiratoires, notamment en raison d’une ablation du lobe supérieur du poumon droit à l’âge de 21 ans.Ses problèmes de santé ont relancé les interrogations sur sa capacité à assumer ses fonctions et les conjectures sur sa possible démission.

Le pape est hors de danger, ouvrant la perspective d’un retour au Vatican

Le pape François, finalement déclaré hors de danger au bout de presque un mois d’hospitalisation pour une double pneumonie, s’est dédié mardi à la prière depuis sa suite d’hôpital, qu’il pourrait sauf imprévu quitter dans un futur proche.Le jésuite argentin de 88 ans, “de bonne humeur” après une “nuit tranquille”, a suivi en vidéo les prières et méditations organisées à la salle Paul VI du Vatican en cette période de Carême précédant Pâques, selon une source vaticane.François s’est aussi consacré à la prière dans la petite chapelle de son appartement situé au 10e étage de l’hôpital Gemelli de Rome. Il a également poursuivi ses séances de thérapie pour récupérer ses capacités respiratoires, fortement mises à mal par sa maladie.Selon son dernier bulletin de santé publié lundi soir, “les améliorations enregistrées les jours précédents se sont encore consolidées, comme le confirment les analyses sanguines (…) et la bonne réponse au traitement médicamenteux”.Même si son pronostic vital n’est plus réservé, ce qui signifie que sa maladie ne met plus sa vie en danger, ses médecins estiment qu’il devra rester “quelques jours supplémentaires encore” à l’hôpital. Une prudence qui ouvre toutefois la porte à un prochain retour du pape au Vatican.Autre signe de l’amélioration de la santé du pape: alors que le Saint-Siège publiait au pic de la maladie un bulletin de santé chaque soir, aucun compte-rendu médical n’est attendu mardi soir.François, qui a manqué le lancement du Carême, la période de 40 jours précédant Pâques, pourrait donc être de retour au Vatican avant le dimanche de Pâques, la fête la plus importante du calendrier catholique, qui tombe cette année le 20 avril.Après une si longue absence, la présence de François au Vatican pour Pâques serait un symbole fort pour les 1,4 milliard de catholiques, même si l’incertitude demeure totale à ce stade sur sa capacité à prendre part aux cérémonies.- Rumeurs -Alors que les rumeurs vont bon train, une source vaticane a démenti mardi que des travaux d’aménagement étaient en cours à la résidence Sainte-Marthe du Vatican, où vit le pape, pour préparer son retour. Un signe que sa sortie n’est pas imminente.Une employée de cette résidence a confié mardi à l’AFPTV attendre avec impatience son retour. “Nous l’aimons profondément et Sainte-Marthe est vide sans lui”, a affirmé Simonetta Maronge devant l’hôpital Gemelli, où elle est venue en signe d’affection, à l’unisson de nombre de religieux et fidèles.Un autre supporteur enthousiaste de François, venu lui aussi au Gemelli, se propose même de le raccompagner au Vatican: “quand le pape François a été élu, j’ai rêvé d’être son chauffeur. Et maintenant, je suis ici avec ma voiture, avec l’idée que peut-être, s’il en a besoin, je pourrai le raccompagner” chez lui, a déclaré Mimmo Laudando, un retraité italien.Lundi soir, une source vaticane s’est réjouie des “signes positifs dans l’évolution de la maladie, qui doivent cependant être accueillis avec prudence et circonspection, car la pneumonie n’est pas encore terminée (…) bien qu’il n’y ait pas de danger imminent”.Près de la place Saint-Pierre, où les pèlerins se pressent à l’occasion du Jubilée 2025 (une année sainte célébrée tous les 25 ans), la santé du pape est dans tous les esprits. “Nous prions pour le pape, pour son rétablissement et pour qu’il soit bientôt avec nous en bonne santé afin qu’il puisse tous nous bénir”, a confié à l’AFP Jose Ochoa, un fidèle mexicain de 69 ans.L’hospitalisation de François, la plus longue de son pontificat, intervient alors qu’il a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années: en surpoids, souffrant de douleurs au genou, il a entre autres subi des opérations du côlon et de l’abdomen ainsi que des infections respiratoires à répétition.François – qui arrivera jeudi à 12 ans de pontificat – souffre de fragilités respiratoires, notamment en raison d’une ablation du lobe supérieur du poumon droit à l’âge de 21 ans.Ses problèmes de santé ont relancé les interrogations sur sa capacité à assumer ses fonctions et les conjectures sur sa possible démission.

La Russie visée par une attaque massive de drones ukrainiens, trois morts

La Russie a subi dans la nuit de lundi à mardi une attaque massive de drones ukrainiens, la plus grande depuis l’assaut contre l’Ukraine, qui a ciblé en particulier la région de Moscou, faisant au moins trois morts.Cette attaque d’ampleur est intervenue à quelques heures d’une rencontre entre des responsables ukrainiens et américains en Arabie saoudite pour discuter notamment d’une proposition de Kiev en vue d’un cessez-le-feu “dans les airs” et “en mer” avec la Russie, en réponse aux pressions de l’administration de Donald Trump.Selon les autorités russes, ces frappes ont fait trois morts et 18 blessés, dont un enfant. Les villes de Vidnoïe, Domodedovo, Ramenskoïe et le village de Sapronovo, tous situés au sud de la capitale, ont été touchés.Kiev a affirmé que des infrastructures de l’oléoduc Droujba, qui relie la Russie à l’Europe centrale et orientale, avaient été atteintes. Le Premier ministre hongrois Peter Szijjarto a confirmé que les livraisons de pétrole russe avaient été “provisoirement” interrompues mais assuré qu’elles devaient reprendre mardi.Le ministère russe de la Défense a quant à lui affirmé que 343 drones avaient été abattus au cours de cette attaque, dont 91 dans la région de Moscou, située à plus de 400 kilomètres de la frontière ukrainienne, et 126 au-dessus de la région de Koursk, frontalière de l’Ukraine.A Ramenskoïe, où se trouve notamment un aérodrome militaire, des personnes interrogées par l’AFP ont évoqué un “terrible grondement”.Jusqu’à mardi matin, “nous savions qu’il y avait la guerre mais nous n’en avions pas conscience. Maintenant elle est là”, a constaté Svetlana, une vendeuse de 59 ans.Dans cette ville à 40 km au sud-est de la capitale russe, un immeuble résidentiel de 22 étages a été touché. Au moins deux appartements ont été endommagés et des éclats de verre et d’autres débris jonchaient le sol sur des dizaines de mètres.- “Les enfants ont crié” -L’agence de l’aviation russe a fait savoir que les quatre principaux aéroports desservant Moscou avaient été fermés par précaution pendant plus de quatre heures dans la matinée et que 83 avions avaient dû être redirigés vers d’autres aéroports.Dans le village de Sapronovo, à environ 10 kilomètres de la capitale, un drone a touché le 21e étage d’un immeuble d’habitation de 25 étages, détruisant des fenêtres et un balcon, selon les journalistes de l’AFP.”Cela s’est passé à cinq heures du matin. Nous dormions, une explosion s’est produite. Les enfants ont crié”, a raconté à l’AFP Evguenia Bakatouïeva, 38 ans, qui était avec ses trois enfants au moment de l’attaque. La fenêtre de sa cuisine a été brisée.”Cela fait peur, très peur”, a ajouté cette employée d’un salon de beauté.”Jusqu’ici, je n’avais vu ça qu’à la télé”, a dit Artiom, 34 ans, qui travaille chez un concessionnaire automobile et dont l’appartement a subi des dégâts.Les autorités russes ont assuré que l’attaque ukrainienne avait été un échec. “La plus grande attaque de drones ennemis contre Moscou a été repoussée”, s’est félicité son maire, Sergueï Sobianine.Les habitants de la capitale et de ses environs n’ont pas été prévenus de l’attaque en cours, les sirènes d’alerte n’ayant pas été déclenchées.- “Signal à Poutine” -L’armée ukrainienne envoie régulièrement des drones contre la Russie, en réponse aux frappes russes qui visent quasi-quotidiennement l’Ukraine depuis trois ans. Un responsable ukrainien a expliqué que l’attaque nocturne devait pousser la Russie à se saisir d’une proposition de trêve. “Il s’agit là d’un signal supplémentaire adressé à (Vladimir) Poutine pour l’inciter à s’intéresser à une trêve aérienne”, a déclaré Andriï Kovalenko, le porte-parole du Centre gouvernemental ukrainien contre la désinformation.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a quant à lui dénoncé une attaque ayant frappé “des infrastructures sociales, des immeubles d’habitation”.L’attaque intervient également le jour où le secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Feridun Hadi Sinirlioglu, était à Moscou pour s’entretenir avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.L’Ukraine a aussi subi de nouveaux bombardements russes, comme presque toutes les nuits. Selon l’armée de l’air, 126 drones et un missile balistique ont visé le territoire ukrainien. Les dégâts, assurent les autorités, sont limités.bur-gmo-pop-rco/bds

La Russie visée par une attaque massive de drones ukrainiens, trois morts

La Russie a subi dans la nuit de lundi à mardi une attaque massive de drones ukrainiens, la plus grande depuis l’assaut contre l’Ukraine, qui a ciblé en particulier la région de Moscou, faisant au moins trois morts.Cette attaque d’ampleur est intervenue à quelques heures d’une rencontre entre des responsables ukrainiens et américains en Arabie …

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La Russie visée par une attaque massive de drones ukrainiens, trois morts

La Russie a subi dans la nuit de lundi à mardi une attaque massive de drones ukrainiens, la plus grande depuis l’assaut contre l’Ukraine, qui a ciblé en particulier la région de Moscou, faisant au moins trois morts.Cette attaque d’ampleur est intervenue à quelques heures d’une rencontre entre des responsables ukrainiens et américains en Arabie saoudite pour discuter notamment d’une proposition de Kiev en vue d’un cessez-le-feu “dans les airs” et “en mer” avec la Russie, en réponse aux pressions de l’administration de Donald Trump.Selon les autorités russes, ces frappes ont fait trois morts et 18 blessés, dont un enfant. Les villes de Vidnoïe, Domodedovo, Ramenskoïe et le village de Sapronovo, tous situés au sud de la capitale, ont été touchés.Kiev a affirmé que des infrastructures de l’oléoduc Droujba, qui relie la Russie à l’Europe centrale et orientale, avaient été atteintes. Le Premier ministre hongrois Peter Szijjarto a confirmé que les livraisons de pétrole russe avaient été “provisoirement” interrompues mais assuré qu’elles devaient reprendre mardi.Le ministère russe de la Défense a quant à lui affirmé que 343 drones avaient été abattus au cours de cette attaque, dont 91 dans la région de Moscou, située à plus de 400 kilomètres de la frontière ukrainienne, et 126 au-dessus de la région de Koursk, frontalière de l’Ukraine.A Ramenskoïe, où se trouve notamment un aérodrome militaire, des personnes interrogées par l’AFP ont évoqué un “terrible grondement”.Jusqu’à mardi matin, “nous savions qu’il y avait la guerre mais nous n’en avions pas conscience. Maintenant elle est là”, a constaté Svetlana, une vendeuse de 59 ans.Dans cette ville à 40 km au sud-est de la capitale russe, un immeuble résidentiel de 22 étages a été touché. Au moins deux appartements ont été endommagés et des éclats de verre et d’autres débris jonchaient le sol sur des dizaines de mètres.- “Les enfants ont crié” -L’agence de l’aviation russe a fait savoir que les quatre principaux aéroports desservant Moscou avaient été fermés par précaution pendant plus de quatre heures dans la matinée et que 83 avions avaient dû être redirigés vers d’autres aéroports.Dans le village de Sapronovo, à environ 10 kilomètres de la capitale, un drone a touché le 21e étage d’un immeuble d’habitation de 25 étages, détruisant des fenêtres et un balcon, selon les journalistes de l’AFP.”Cela s’est passé à cinq heures du matin. Nous dormions, une explosion s’est produite. Les enfants ont crié”, a raconté à l’AFP Evguenia Bakatouïeva, 38 ans, qui était avec ses trois enfants au moment de l’attaque. La fenêtre de sa cuisine a été brisée.”Cela fait peur, très peur”, a ajouté cette employée d’un salon de beauté.”Jusqu’ici, je n’avais vu ça qu’à la télé”, a dit Artiom, 34 ans, qui travaille chez un concessionnaire automobile et dont l’appartement a subi des dégâts.Les autorités russes ont assuré que l’attaque ukrainienne avait été un échec. “La plus grande attaque de drones ennemis contre Moscou a été repoussée”, s’est félicité son maire, Sergueï Sobianine.Les habitants de la capitale et de ses environs n’ont pas été prévenus de l’attaque en cours, les sirènes d’alerte n’ayant pas été déclenchées.- “Signal à Poutine” -L’armée ukrainienne envoie régulièrement des drones contre la Russie, en réponse aux frappes russes qui visent quasi-quotidiennement l’Ukraine depuis trois ans. Un responsable ukrainien a expliqué que l’attaque nocturne devait pousser la Russie à se saisir d’une proposition de trêve. “Il s’agit là d’un signal supplémentaire adressé à (Vladimir) Poutine pour l’inciter à s’intéresser à une trêve aérienne”, a déclaré Andriï Kovalenko, le porte-parole du Centre gouvernemental ukrainien contre la désinformation.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a quant à lui dénoncé une attaque ayant frappé “des infrastructures sociales, des immeubles d’habitation”.L’attaque intervient également le jour où le secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Feridun Hadi Sinirlioglu, était à Moscou pour s’entretenir avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.L’Ukraine a aussi subi de nouveaux bombardements russes, comme presque toutes les nuits. Selon l’armée de l’air, 126 drones et un missile balistique ont visé le territoire ukrainien. Les dégâts, assurent les autorités, sont limités.bur-gmo-pop-rco/bds

Maradona: quatre ans après s’ouvre le procès de la mort du “Dieu”

Enchaînement de négligences coupables, ou fin inéluctable d’un corps usé ? Quatre ans après la mort de Diego Maradona, le procès de sept professionnels de santé, pour manquements ayant potentiellement contribué à la mort de l’idole en 2020, s’est ouvert mardi a San Isidro, en banlieue de Buenos Aires, a constaté l’AFP.Sept praticiens sont jugés lors du procès à San Isidro, en banlieue de Buenos Aires, pour “homicide avec dol éventuel”, caractérisé lorsqu’une personne commet une négligence tout en sachant qu’elle peut entraîner la mort de quelqu’un. Ils encourent entre 8 et 25 ans de prison. Le procès devrait durer jusqu’à mi-juillet, à raison de trois jours d’audience par semaine, avec près de 120 témoins entendus entre experts, famille, proches, médecins de Maradona au fil des ans.Légende du football mondial, icône en Argentine, Diego Armando Maradona est décédé à 60 ans d’une crise cardio-respiratoire, le 25 novembre 2020, seul sur un lit médicalisé d’une résidence privée de Tigre, au nord de Buenos Aires, où il était en convalescence, après une neurochirurgie pour un hématome à la tête.- “Personne n’a fait ce qui fallait” -Dans sa déclaration préliminaire mardi, l’accusation a indiqué qu’elle démontrera avec des preuves “solides et sans fissures” qu’au sein de l’équipe médicale “personne n’a fait ce qu’il devait faire” dans le “théâtre d’horreur” qu’était devenu le lieu de convalescence de Maradona, où il est décédé.A l’extérieur, plusieurs dizaines de fans de l’astre du football argentin étaient réunis mardi depuis le petit matin, agitant des drapeaux, entonnant des chants à sa gloire, a constaté l’AFP.”Merci à tout le monde d’être venu, je ne peux pas parler”, leur a glissé, réprimant des sanglots, Veronica Ojeda, l’ex-compagne de Maradona et mère d’un de ses fils, Dieguito (12 ans), dialoguant quelques instants avec eux, et leur distribuant des tee-shirts blancs à l’effigie de l’idole, avec la mention “Justice pour Diego”.Les filles aînées de Maradona, les trentenaires Dalma et Gianinna, sont entrées pour leur part sans faire de déclaration.En 2020, le décès de “El Diez” (le 10) avait plongé l’Argentine dans un abîme de tristesse, trois jours de deuil national et des scènes d’affliction, larmes et gratitude mêlées, frisant parfois l’hystérie, autour de la veillée au palais présidentiel, ou derrière le cortège funèbre.”Ainsi est mort Maradona”, a lancé le procureur Patricio Ferrari au tribunal, en montrant une photo de Maradona peu après sa mort, sur le dos, le ventre gonflé.Selon l’autopsie, l’ancienne gloire de Boca Juniors et de Naples, héros du Mondial 1986 avec l’Albiceleste, est décédé “d’un œdème pulmonaire aigu secondaire et d’une insuffisance cardiaque chronique exacerbée”.Mais selon l’expertise médicale, il souffrait de multiples pathologies: problèmes rénaux, au foie, insuffisance cardiaque, détérioration neurologique et dépendance à l’alcool et aux psychotropes.Pour le parquet, l’équipe médicale a été “protagoniste d’une hospitalisation à domicile sans précédent, totalement déficiente et imprudente”, et a commis une “série d’improvisations, de fautes de gestion et de manquements”.Outre les sept jugés mardi, l’infirmière Dahiana Gisela Madrid a obtenu d’être jugée séparément du procès principal, a priori en juillet.Les stratégies de défense semblent se dessiner, illustrées par les auditions des acteurs lors de l’enquête: soit se retranchant derrière leur spécialité, leur rôle segmenté, soit rejetant la responsabilité sur d’autres, soit plaidant que l’accident cardiaque fatal était inéluctable.Ainsi le coordinateur infirmier, qui assura n’avoir “jamais été dans la maison, ni en contact” avec Maradona, seulement chargé des tableaux de service. Et dépendant “des décisions des médecins qui s’occupaient de lui”.Vadim Mischanchuk, avocat de la psychiatre, s’est dit confiant mardi à son arrivée au tribunal, disant n’attendre rien d’autre qu'”un acquittement, sur la base des nouvelles preuves qui se sont ajoutées au dossier postérieurement à l’accusation initiale”.”Il est impossible d’attribuer une responsabilité pénale à aucun” des accusés, a-t-il affirmé. Le décès “fut une question de minutes, et il n’a pas été possible de prouver ce qui a provoqué cette arythmie ventriculaire”, a-t-il insisté.- Messages compromettants ? -Mais le procès devrait aussi entendre des échanges de messages audio et écrits, qui selon Mario Baudry, avocat de Dieguito, un des fils de Maradona, montre qu'”ils (l’équipe médicale) savaient que si Diego continuait ainsi, il mourrait”. Maradona, qui refusait les médicaments des mains des infirmiers, selon des témoignages, était-il soignable? Qui décida d’une convalescence dans un lieu manifestement inapte, sans défibrillateur? Quel rôle ou accès avait sa famille? Qui, au final, décidait?Autant de questions qui ont amené une partie de la presse à s’interroger: “Y aura-t-il des coupables pour la mort de Maradona?”, demande le quotidien Pagina 12.Mais pour les Argentins vénérant “el Pibe de oro”, il en faudra. “Toute la société, on a besoin de savoir (…) ce qui s’est vraiment passé, qui l’a abandonné, et que ceux qui doivent payer payent!”, lâchait à l’AFP à la veille du procès Hilda Pereira, à Buenos Aires dans le quartier El Paternal, qui le vit “naître” footballistiquement, à 15 ans, au club d’Argentinos Juniors.

Maradona: quatre ans après s’ouvre le procès de la mort du “Dieu”

Enchaînement de négligences coupables, ou fin inéluctable d’un corps usé ? Quatre ans après la mort de Diego Maradona, le procès de sept professionnels de santé, pour manquements ayant potentiellement contribué à la mort de l’idole en 2020, s’est ouvert mardi a San Isidro, en banlieue de Buenos Aires, a constaté l’AFP.Sept praticiens sont jugés lors du procès à San Isidro, en banlieue de Buenos Aires, pour “homicide avec dol éventuel”, caractérisé lorsqu’une personne commet une négligence tout en sachant qu’elle peut entraîner la mort de quelqu’un. Ils encourent entre 8 et 25 ans de prison. Le procès devrait durer jusqu’à mi-juillet, à raison de trois jours d’audience par semaine, avec près de 120 témoins entendus entre experts, famille, proches, médecins de Maradona au fil des ans.Légende du football mondial, icône en Argentine, Diego Armando Maradona est décédé à 60 ans d’une crise cardio-respiratoire, le 25 novembre 2020, seul sur un lit médicalisé d’une résidence privée de Tigre, au nord de Buenos Aires, où il était en convalescence, après une neurochirurgie pour un hématome à la tête.- “Personne n’a fait ce qui fallait” -Dans sa déclaration préliminaire mardi, l’accusation a indiqué qu’elle démontrera avec des preuves “solides et sans fissures” qu’au sein de l’équipe médicale “personne n’a fait ce qu’il devait faire” dans le “théâtre d’horreur” qu’était devenu le lieu de convalescence de Maradona, où il est décédé.A l’extérieur, plusieurs dizaines de fans de l’astre du football argentin étaient réunis mardi depuis le petit matin, agitant des drapeaux, entonnant des chants à sa gloire, a constaté l’AFP.”Merci à tout le monde d’être venu, je ne peux pas parler”, leur a glissé, réprimant des sanglots, Veronica Ojeda, l’ex-compagne de Maradona et mère d’un de ses fils, Dieguito (12 ans), dialoguant quelques instants avec eux, et leur distribuant des tee-shirts blancs à l’effigie de l’idole, avec la mention “Justice pour Diego”.Les filles aînées de Maradona, les trentenaires Dalma et Gianinna, sont entrées pour leur part sans faire de déclaration.En 2020, le décès de “El Diez” (le 10) avait plongé l’Argentine dans un abîme de tristesse, trois jours de deuil national et des scènes d’affliction, larmes et gratitude mêlées, frisant parfois l’hystérie, autour de la veillée au palais présidentiel, ou derrière le cortège funèbre.”Ainsi est mort Maradona”, a lancé le procureur Patricio Ferrari au tribunal, en montrant une photo de Maradona peu après sa mort, sur le dos, le ventre gonflé.Selon l’autopsie, l’ancienne gloire de Boca Juniors et de Naples, héros du Mondial 1986 avec l’Albiceleste, est décédé “d’un œdème pulmonaire aigu secondaire et d’une insuffisance cardiaque chronique exacerbée”.Mais selon l’expertise médicale, il souffrait de multiples pathologies: problèmes rénaux, au foie, insuffisance cardiaque, détérioration neurologique et dépendance à l’alcool et aux psychotropes.Pour le parquet, l’équipe médicale a été “protagoniste d’une hospitalisation à domicile sans précédent, totalement déficiente et imprudente”, et a commis une “série d’improvisations, de fautes de gestion et de manquements”.Outre les sept jugés mardi, l’infirmière Dahiana Gisela Madrid a obtenu d’être jugée séparément du procès principal, a priori en juillet.Les stratégies de défense semblent se dessiner, illustrées par les auditions des acteurs lors de l’enquête: soit se retranchant derrière leur spécialité, leur rôle segmenté, soit rejetant la responsabilité sur d’autres, soit plaidant que l’accident cardiaque fatal était inéluctable.Ainsi le coordinateur infirmier, qui assura n’avoir “jamais été dans la maison, ni en contact” avec Maradona, seulement chargé des tableaux de service. Et dépendant “des décisions des médecins qui s’occupaient de lui”.Vadim Mischanchuk, avocat de la psychiatre, s’est dit confiant mardi à son arrivée au tribunal, disant n’attendre rien d’autre qu'”un acquittement, sur la base des nouvelles preuves qui se sont ajoutées au dossier postérieurement à l’accusation initiale”.”Il est impossible d’attribuer une responsabilité pénale à aucun” des accusés, a-t-il affirmé. Le décès “fut une question de minutes, et il n’a pas été possible de prouver ce qui a provoqué cette arythmie ventriculaire”, a-t-il insisté.- Messages compromettants ? -Mais le procès devrait aussi entendre des échanges de messages audio et écrits, qui selon Mario Baudry, avocat de Dieguito, un des fils de Maradona, montre qu'”ils (l’équipe médicale) savaient que si Diego continuait ainsi, il mourrait”. Maradona, qui refusait les médicaments des mains des infirmiers, selon des témoignages, était-il soignable? Qui décida d’une convalescence dans un lieu manifestement inapte, sans défibrillateur? Quel rôle ou accès avait sa famille? Qui, au final, décidait?Autant de questions qui ont amené une partie de la presse à s’interroger: “Y aura-t-il des coupables pour la mort de Maradona?”, demande le quotidien Pagina 12.Mais pour les Argentins vénérant “el Pibe de oro”, il en faudra. “Toute la société, on a besoin de savoir (…) ce qui s’est vraiment passé, qui l’a abandonné, et que ceux qui doivent payer payent!”, lâchait à l’AFP à la veille du procès Hilda Pereira, à Buenos Aires dans le quartier El Paternal, qui le vit “naître” footballistiquement, à 15 ans, au club d’Argentinos Juniors.

L’ex-président des Philippines Duterte arrêté pour crimes contre l’humanité

L’ancien président des Philippines Rodrigo Duterte a été arrêté mardi par la police à Manille en application d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l’humanité pour sa guerre meurtrière contre les stupéfiants.Les organisations de défense des droits humains estiment que des dizaines de milliers d’hommes, pour la plupart pauvres, ont alors été tués par des policiers et des groupes d’autodéfense, souvent sans qu’il soit prouvé qu’ils étaient liés à la drogue.La CPI, dont le siège est à La Haye, a ouvert une enquête sur cette campagne entamée en 2016.Selon son parti politique, Rodrigo Duterte, aujourd’hui âgé de 79 ans, était toujours détenu dans la soirée sur la base aérienne de Villamor, située près de l’aéroport international de la capitale philippine, tandis qu’une de ses filles, la vice-présidente des Philippines Sara Duterte, affirmait qu’il était en cours de transfèrement aux Pays-Bas.”Au moment où j’écris ce mot, il est en train d’être emmené de force à La Haye ce soir”, a raconté cette dernière. “Ce n’est pas de la justice, c’est de l’oppression et de la persécution”, a-t-elle poursuivi, assurant que son père n’avait pu faire valoir ses droits devant les autorités judiciaires locales.Rodrigo Duterte avait auparavant dit en direct sur Instagram qu’il pensait que la Cour suprême des Philippines interviendrait et empêcherait qu’il ne soit conduit à la CPI. “La Cour suprême n’acceptera pas cela. Nous n’avons pas de traité d’extradition”, avait-il martelé après que ses avocats eurent déposé une requête auprès de cette juridiction.- “Mandat d’arrêt” -M. Duterte, qui a exercé les fonctions de chef de l’Etat de 2016 à 2022, a été interpellé juste après l’atterrissage de son avion à son retour d’un bref voyage à Hong Kong. “Tôt ce matin, Interpol Manille a reçu la copie officielle d’un mandat d’arrêt émis par la CPI”, a à cet égard expliqué la présidence philippine. Il est “en détention” et “en bonne santé”, a-t-elle ajouté.Dans une vidéo diffusée sur le compte Instagram de sa plus jeune fille, Veronica, Rodrigo Duterte exige toutefois de connaître les raisons de son arrestation. “Quelle est la loi (sur le fondement de laquelle j’ai été arrêté) et quel est le crime que j’ai commis ? Prouvez-moi maintenant la base légale de ma présence ici”, y lance-t-il. “J’ai été amené ici non pas de mon plein gré mais par une volonté extérieure (…), vous devez maintenant répondre de ma privation de liberté”.S’exprimant devant des milliers de travailleurs philippins dimanche à Hong Kong, Rodrigo Duterte avait traité les enquêteurs de la CPI de “fils de putes”.Les Philippines ont quitté en 2019 à son initiative la Cour pénale internationale mais celle-ci a maintenu sa compétence en ce qui concerne les meurtres qui se sont produits avant ce retrait, ainsi que pour ceux commis dans la ville de Davao, à l’époque où M. Duterte en était le maire avant d’être élu à la tête de son pays. – “Mon fils a obtenu justice” -Plus de 6.000 personnes ont été tuées dans les opérations antidrogue qu’il a ordonnées, selon les données officielles nationales. Les procureurs de la CPI évaluent de leur côté ce nombre à entre 12.000 et 30.000.Se définissant lui-même comme un tueur, Rodrigo Duterte avait demandé aux policiers de tirer mortellement sur les personnes soupçonnées de trafic de stupéfiants si leur vie était en danger.Il a insisté sur le fait que la répression avait permis de sauver des familles et d’éviter que les Philippines ne se transforment en un “Etat narco-politique”.Rodrigo Duterte a fermement défendu sa guerre meurtrière contre la drogue en octobre dans le cadre de son audition au Sénat qui enquête sur les meurtres à grande échelle pendant cette période.”J’ai fait ce que j’avais à faire et, que vous le croyiez ou non, je l’ai fait pour mon pays”, s’était-il exclamé.L’ancien chef de l’Etat reste extrêmement populaire aux Philippines où beaucoup ont soutenu ses solutions expéditives face à la criminalité. Il est en lice pour retrouver son poste de maire.Un temps pressentie pour succéder à son père, sa fille Sara Duterte s’est retirée en faveur de Ferdinand Marcos, fils de l’autocrate du même nom, auquel elle s’est alliée, avant d’être nommée à la vice-présidence.Mais l’alliance entre les deux dynasties a récemment implosé, à l’approche des élections de mi-mandat prévues pour l’année prochaine.”Mon fils a maintenant obtenu justice”, s’est félicitée auprès de l’AFP, à propos de l’arrestation de Rodrigo Duterte, Luzviminda Dela Cruz, dont le fils de 19 ans a été abattu par la police en 2017. “Les mères dont les maris et les enfants ont été tués à cause de la guerre contre la drogue sont très heureuses car elles attendaient cela depuis très longtemps”, a aussi commenté Rubilyn Litao, la coordinatrice de l’association Rise Up for Life and for Rights.C’est une “étape cruciale dans l’obligation de rendre des comptes aux Philippines”, a pour sa part réagi Human Rights Watch.La Chine a quant à elle appelé la CPI à “éviter les deux poids, deux mesures”, l’exhortant à “exercer ses pouvoirs avec prudence, conformément à la loi et à “éviter toute politisation”.

L’ex-président des Philippines Duterte arrêté pour crimes contre l’humanité

L’ancien président des Philippines Rodrigo Duterte a été arrêté mardi par la police à Manille en application d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l’humanité pour sa guerre meurtrière contre les stupéfiants.Les organisations de défense des droits humains estiment que des dizaines de milliers d’hommes, pour la plupart pauvres, ont alors été tués par des policiers et des groupes d’autodéfense, souvent sans qu’il soit prouvé qu’ils étaient liés à la drogue.La CPI, dont le siège est à La Haye, a ouvert une enquête sur cette campagne entamée en 2016.Selon son parti politique, Rodrigo Duterte, aujourd’hui âgé de 79 ans, était toujours détenu dans la soirée sur la base aérienne de Villamor, située près de l’aéroport international de la capitale philippine, tandis qu’une de ses filles, la vice-présidente des Philippines Sara Duterte, affirmait qu’il était en cours de transfèrement aux Pays-Bas.”Au moment où j’écris ce mot, il est en train d’être emmené de force à La Haye ce soir”, a raconté cette dernière. “Ce n’est pas de la justice, c’est de l’oppression et de la persécution”, a-t-elle poursuivi, assurant que son père n’avait pu faire valoir ses droits devant les autorités judiciaires locales.Rodrigo Duterte avait auparavant dit en direct sur Instagram qu’il pensait que la Cour suprême des Philippines interviendrait et empêcherait qu’il ne soit conduit à la CPI. “La Cour suprême n’acceptera pas cela. Nous n’avons pas de traité d’extradition”, avait-il martelé après que ses avocats eurent déposé une requête auprès de cette juridiction.- “Mandat d’arrêt” -M. Duterte, qui a exercé les fonctions de chef de l’Etat de 2016 à 2022, a été interpellé juste après l’atterrissage de son avion à son retour d’un bref voyage à Hong Kong. “Tôt ce matin, Interpol Manille a reçu la copie officielle d’un mandat d’arrêt émis par la CPI”, a à cet égard expliqué la présidence philippine. Il est “en détention” et “en bonne santé”, a-t-elle ajouté.Dans une vidéo diffusée sur le compte Instagram de sa plus jeune fille, Veronica, Rodrigo Duterte exige toutefois de connaître les raisons de son arrestation. “Quelle est la loi (sur le fondement de laquelle j’ai été arrêté) et quel est le crime que j’ai commis ? Prouvez-moi maintenant la base légale de ma présence ici”, y lance-t-il. “J’ai été amené ici non pas de mon plein gré mais par une volonté extérieure (…), vous devez maintenant répondre de ma privation de liberté”.S’exprimant devant des milliers de travailleurs philippins dimanche à Hong Kong, Rodrigo Duterte avait traité les enquêteurs de la CPI de “fils de putes”.Les Philippines ont quitté en 2019 à son initiative la Cour pénale internationale mais celle-ci a maintenu sa compétence en ce qui concerne les meurtres qui se sont produits avant ce retrait, ainsi que pour ceux commis dans la ville de Davao, à l’époque où M. Duterte en était le maire avant d’être élu à la tête de son pays. – “Mon fils a obtenu justice” -Plus de 6.000 personnes ont été tuées dans les opérations antidrogue qu’il a ordonnées, selon les données officielles nationales. Les procureurs de la CPI évaluent de leur côté ce nombre à entre 12.000 et 30.000.Se définissant lui-même comme un tueur, Rodrigo Duterte avait demandé aux policiers de tirer mortellement sur les personnes soupçonnées de trafic de stupéfiants si leur vie était en danger.Il a insisté sur le fait que la répression avait permis de sauver des familles et d’éviter que les Philippines ne se transforment en un “Etat narco-politique”.Rodrigo Duterte a fermement défendu sa guerre meurtrière contre la drogue en octobre dans le cadre de son audition au Sénat qui enquête sur les meurtres à grande échelle pendant cette période.”J’ai fait ce que j’avais à faire et, que vous le croyiez ou non, je l’ai fait pour mon pays”, s’était-il exclamé.L’ancien chef de l’Etat reste extrêmement populaire aux Philippines où beaucoup ont soutenu ses solutions expéditives face à la criminalité. Il est en lice pour retrouver son poste de maire.Un temps pressentie pour succéder à son père, sa fille Sara Duterte s’est retirée en faveur de Ferdinand Marcos, fils de l’autocrate du même nom, auquel elle s’est alliée, avant d’être nommée à la vice-présidence.Mais l’alliance entre les deux dynasties a récemment implosé, à l’approche des élections de mi-mandat prévues pour l’année prochaine.”Mon fils a maintenant obtenu justice”, s’est félicitée auprès de l’AFP, à propos de l’arrestation de Rodrigo Duterte, Luzviminda Dela Cruz, dont le fils de 19 ans a été abattu par la police en 2017. “Les mères dont les maris et les enfants ont été tués à cause de la guerre contre la drogue sont très heureuses car elles attendaient cela depuis très longtemps”, a aussi commenté Rubilyn Litao, la coordinatrice de l’association Rise Up for Life and for Rights.C’est une “étape cruciale dans l’obligation de rendre des comptes aux Philippines”, a pour sa part réagi Human Rights Watch.La Chine a quant à elle appelé la CPI à “éviter les deux poids, deux mesures”, l’exhortant à “exercer ses pouvoirs avec prudence, conformément à la loi et à “éviter toute politisation”.