AFP World

Frappe aérienne israélienne sur Damas contre le Jihad islamique palestinien

Israël a dit jeudi avoir mené une frappe aérienne contre un bâtiment du Jihad islamique palestinien à Damas, l’Observatoire syrien des droits de l’homme faisant état d’une frappe israélienne ayant fait un mort et l’agence de presse officielle syrienne Sana rapportant trois civils blessés.”Ce matin, nous avons attaqué un quartier général du Jihad islamique au coeur de Damas”, a affirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, dans un message vidéo diffusé par son parti, le Likoud (droite).”Nous l’avons fait car notre politique est claire: quiconque nous attaque ou prépare une attaque, nous le frappons. Et cela s’applique non seulement à la Syrie mais partout ailleurs, Liban inclus”, a-t-il expliqué.Le Jihad islamique, comme le Hamas, est considéré comme une organisation “terroriste” par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne.Une trêve fragile est en vigueur depuis le 19 janvier dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas après plus de quinze mois de guerre.L’armée israélienne a dit avoir mené une frappe “contre un centre de commandement (…) du groupe terroriste palestinien Jihad islamique à Damas” utilisé selon elle pour “planifier et perpétrer” des attaques contre Israël.Une source du groupe armé palestinien a confirmé “des morts et des blessés” dans cette frappe aérienne “sur un bâtiment appartenant au Jihad islamique dans le quartier de Doumar, dans le nord-ouest de Damas.”Selon l’OSDH, l’aviation israélienne a tiré deux missiles contre un bâtiment de ce quartier habité notamment par des dirigeants palestiniens, faisant au moins un mort.L’agence de presse officielle syrienne Sana a fait état de “trois blessés, dont une femme âgée grièvement touchée”. “Le bâtiment abritait un bureau abandonné (…) et toutes les personnes blessées sont des civils”, selon le directeur de la sécurité à Damas, Abdel Rahmane al-Dabbagh, cité par Sana.- Centaines de frappes -Le représentant du Jihad islamique en Syrie, Ismaïl al-Sindawi, a déclaré à l’AFP que “le bâtiment ciblé est le domicile du chef du mouvement Ziad Nakhalé.”Selon lui, les locaux étaient en réalité “fermés depuis cinq ans et aucune personne du mouvement ne les fréquentait”.Un photographe de l’AFP a vu la façade du bâtiment de trois étages entièrement détruite, et des flammes s’échappant de l’un des balcons. Des ambulances sont arrivées pour évacuer les blessés.”Partout où une activité terroriste sera menée contre Israël, le leader islamiste radical, al-Jolani, verra les avions de l’armée de l’air le survoler et frapper les cibles terroristes”, a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, en référence au président par intérim syrien Ahmad al-Chareh. Dès la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie, à la lisière de la partie de ce plateau occupée par Israël depuis la guerre de 1967, et annexée en 1981.Depuis, Israël a mené des centaines de frappes sur des sites militaires en Syrie, affirmant vouloir empêcher que l’arsenal du pouvoir déchu ne tombe entre les mains des nouvelles autorités considérées comme des “jihadistes”.M. Netanyahu a dit fin février vouloir “la démilitarisation totale du sud de la Syrie” voisine, affirmant que son pays ne tolèrerait pas un déploiement des forces du nouveau pouvoir syrien au sud de Damas. Le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de Ahmad al-Chareh a dirigé la coalition de factions rebelles qui a renversé Bachar al-Assad. HTS a ses racines dans la branche syrienne d’Al-Qaïda et reste désigné comme organisation terroriste par de nombreux gouvernements, dont les Etats-Unis.Jeudi soir, Israël a également dit avoir mené une frappe dans l’est du Liban, sur un site du Hezbollah utilisé selon l’armée israélienne “pour fabriquer et entreposer des armes stratégiques”.

Le pape François reçoit à l’hôpital un gâteau pour ses 12 ans de pontificat

Le pape François a reçu jeudi du personnel de l’hôpital où il se trouve toujours, sans date de sortie prévue, un gâteau avec des bougies pour ses 12 ans à la tête de l’Eglise catholique, tandis que l’incertitude persiste sur l’avenir de son pontificat.Quand François pourra-t-il quitter l’hôpital Gemelli de Rome ? Dans quel état ? Sera-t-il capable de poursuivre sa mission ? Les interrogations se multiplient autour du souverain pontife de 88 ans après sa double pneumonie, source d’inquiétudes depuis le 14 février, même si ses médecins ont écarté tout danger immédiat.S’il n’est plus dans un état “critique”, l’évêque de Rome bénéficie toujours d’une assistance respiratoire, via des canules nasales en journée et un masque à oxygène la nuit.Jeudi matin, le pape a poursuivi sa thérapie ainsi que la kinésithérapie motrice, avant de prier, a fait savoir le Vatican. D’après le dernier bulletin médical diffusé la veille au soir, son état de santé “reste stable” et “une radiographie du thorax a confirmé les améliorations”.- “Il faut du temps” -Dans la soirée de jeudi, la salle de presse du Vatican a déclaré qu’il avait continué dans l’après-midi les exercices spirituels et la physiothérapie respiratoire, évoquant en outre le gâteau qui lui avait été offert.Un nouveau bulletin médical sera rendu public vendredi soir mais il n’est pas exclu que le bulletin matinal soit supprimé prochainement, selon la même source.”Il faut du temps pour qu’un corps de 88 ans atteint d’une double pneumonie se rétablisse, y compris en termes d’énergie et de force”, a ajouté la salle de presse.Le chef des 1,4 milliard de catholiques s’est vu remettre des centaines de dessins et messages d’enfants en provenance du monde entier ces derniers jours, a souligné le Vatican.Cette hospitalisation, la quatrième et la plus longue depuis son élection le 13 mars 2013, porte néanmoins un sérieux coup d’arrêt au rythme effréné que s’était jusqu’ici imposé le jésuite argentin en dépit des avertissements de son entourage.Selon les médecins, il faut des semaines pour se relever d’une telle épreuve. Sans doute davantage pour François, qui s’était vu retirer le lobe supérieur du poumon droit à 21 ans et a connu ces dernières années une multlipication des alertes de santé, dont deux opérations sous anesthésie générale et des infections respiratoires à répétition.- “Point d’interrogation” -“La suite du pontificat reste en point d’interrogation pour l’instant, y compris pour François lui-même”, confie à l’AFP le père Michel Kubler, un ancien rédacteur en chef du quotidien catholique français La Croix.”Il ne sait pas à quoi va ressembler sa vie une fois de retour au Vatican et se réserve donc sans doute la possibilité de renoncer à sa charge s’il n’y arrivait plus”, ajoute-t-il.La récente convocation d’un consistoire (réunion de cardinaux), le format choisi par son prédécesseur Benoît XVI pour annoncer à la stupeur générale sa renonciation à ses fonctions, a ravivé les conjectures sur un possible geste identique de la part de François. Mais aucune date n’a été fixée et il a pris ses distances avec cette hypothèse ces dernières années, jugeant qu’elle ne devait pas devenir “une mode”.Pendant son absence, François, qui n’est plus apparu en public depuis le 14 février, a délégué des messes à de hauts responsables du Saint-Siège tout en maintenant certaines activités comme signer des documents et recevoir ses proches collaborateurs.Le calendrier apparaît délicat à l’approche des fêtes de Pâques, une période de l’année extrêmement chargée, et en plein Jubilé, l'”année sainte” de l’Eglise catholique avec son lot d’évènements culturels et religieux et ses quelque 30 millions de fidèles attendus.Difficile, dans les conditions actuelles, d’imaginer le pape retrouver le même rythme qu’auparavant.”C’est probablement la fin du pontificat tel qu’on l’a connu jusqu’ici” avec sa cadence riche d’audiences, de voyages à l’étranger et de multiples engagements, prévient Michel Kubler.- Réformes inachevées -Principale interrogation qui en découle : la poursuite des réformes engagées par François depuis 12 ans.Homme de terrain et de contact, Jorge Mario Bergoglio n’a pas seulement introduit un changement de style au Vatican : ses réformes ont modifié en profondeur la vie de l’Eglise.Remise en ordre des finances, place des laïcs et des femmes, décentralisation, ouverture aux divorcés remariés et aux fidèles LGBT+, évangélisation, lutte contre les violences sexuelles : nombre de décisions ont déjà été concrétisées dans des textes officiels.Cette politique a valu en interne à François une opposition farouche, qui est allée crescendo ces dernières années, à l’image de la levée de boucliers provoquée par l’ouverture des bénédictions aux couples de même sexe fin 2023.”Qu’on l’apprécie ou non, il a fait bouger les lignes mais beaucoup de choses restent encore en attente”, rappelle une source vaticane sous le couvert de l’anonymat.Dernier chantier en date, le Synode sur l’avenir de l’Eglise – une grande réunion mondiale d’évêques à laquelle le pape a associé pour la première fois des laïcs et des femmes – a voulu instaurer une horizontalité inédite, jusque dans les diocèses.Mais la question très controversée du diaconat féminin a été laissée en suspens et les thèmes les plus sensibles ont été confiés à dix groupes de travail qui doivent rendre leurs conclusions en juin.

Le pape François reçoit à l’hôpital un gâteau pour ses 12 ans de pontificat

Le pape François a reçu jeudi du personnel de l’hôpital où il se trouve toujours, sans date de sortie prévue, un gâteau avec des bougies pour ses 12 ans à la tête de l’Eglise catholique, tandis que l’incertitude persiste sur l’avenir de son pontificat.Quand François pourra-t-il quitter l’hôpital Gemelli de Rome ? Dans quel état ? Sera-t-il capable de poursuivre sa mission ? Les interrogations se multiplient autour du souverain pontife de 88 ans après sa double pneumonie, source d’inquiétudes depuis le 14 février, même si ses médecins ont écarté tout danger immédiat.S’il n’est plus dans un état “critique”, l’évêque de Rome bénéficie toujours d’une assistance respiratoire, via des canules nasales en journée et un masque à oxygène la nuit.Jeudi matin, le pape a poursuivi sa thérapie ainsi que la kinésithérapie motrice, avant de prier, a fait savoir le Vatican. D’après le dernier bulletin médical diffusé la veille au soir, son état de santé “reste stable” et “une radiographie du thorax a confirmé les améliorations”.- “Il faut du temps” -Dans la soirée de jeudi, la salle de presse du Vatican a déclaré qu’il avait continué dans l’après-midi les exercices spirituels et la physiothérapie respiratoire, évoquant en outre le gâteau qui lui avait été offert.Un nouveau bulletin médical sera rendu public vendredi soir mais il n’est pas exclu que le bulletin matinal soit supprimé prochainement, selon la même source.”Il faut du temps pour qu’un corps de 88 ans atteint d’une double pneumonie se rétablisse, y compris en termes d’énergie et de force”, a ajouté la salle de presse.Le chef des 1,4 milliard de catholiques s’est vu remettre des centaines de dessins et messages d’enfants en provenance du monde entier ces derniers jours, a souligné le Vatican.Cette hospitalisation, la quatrième et la plus longue depuis son élection le 13 mars 2013, porte néanmoins un sérieux coup d’arrêt au rythme effréné que s’était jusqu’ici imposé le jésuite argentin en dépit des avertissements de son entourage.Selon les médecins, il faut des semaines pour se relever d’une telle épreuve. Sans doute davantage pour François, qui s’était vu retirer le lobe supérieur du poumon droit à 21 ans et a connu ces dernières années une multlipication des alertes de santé, dont deux opérations sous anesthésie générale et des infections respiratoires à répétition.- “Point d’interrogation” -“La suite du pontificat reste en point d’interrogation pour l’instant, y compris pour François lui-même”, confie à l’AFP le père Michel Kubler, un ancien rédacteur en chef du quotidien catholique français La Croix.”Il ne sait pas à quoi va ressembler sa vie une fois de retour au Vatican et se réserve donc sans doute la possibilité de renoncer à sa charge s’il n’y arrivait plus”, ajoute-t-il.La récente convocation d’un consistoire (réunion de cardinaux), le format choisi par son prédécesseur Benoît XVI pour annoncer à la stupeur générale sa renonciation à ses fonctions, a ravivé les conjectures sur un possible geste identique de la part de François. Mais aucune date n’a été fixée et il a pris ses distances avec cette hypothèse ces dernières années, jugeant qu’elle ne devait pas devenir “une mode”.Pendant son absence, François, qui n’est plus apparu en public depuis le 14 février, a délégué des messes à de hauts responsables du Saint-Siège tout en maintenant certaines activités comme signer des documents et recevoir ses proches collaborateurs.Le calendrier apparaît délicat à l’approche des fêtes de Pâques, une période de l’année extrêmement chargée, et en plein Jubilé, l'”année sainte” de l’Eglise catholique avec son lot d’évènements culturels et religieux et ses quelque 30 millions de fidèles attendus.Difficile, dans les conditions actuelles, d’imaginer le pape retrouver le même rythme qu’auparavant.”C’est probablement la fin du pontificat tel qu’on l’a connu jusqu’ici” avec sa cadence riche d’audiences, de voyages à l’étranger et de multiples engagements, prévient Michel Kubler.- Réformes inachevées -Principale interrogation qui en découle : la poursuite des réformes engagées par François depuis 12 ans.Homme de terrain et de contact, Jorge Mario Bergoglio n’a pas seulement introduit un changement de style au Vatican : ses réformes ont modifié en profondeur la vie de l’Eglise.Remise en ordre des finances, place des laïcs et des femmes, décentralisation, ouverture aux divorcés remariés et aux fidèles LGBT+, évangélisation, lutte contre les violences sexuelles : nombre de décisions ont déjà été concrétisées dans des textes officiels.Cette politique a valu en interne à François une opposition farouche, qui est allée crescendo ces dernières années, à l’image de la levée de boucliers provoquée par l’ouverture des bénédictions aux couples de même sexe fin 2023.”Qu’on l’apprécie ou non, il a fait bouger les lignes mais beaucoup de choses restent encore en attente”, rappelle une source vaticane sous le couvert de l’anonymat.Dernier chantier en date, le Synode sur l’avenir de l’Eglise – une grande réunion mondiale d’évêques à laquelle le pape a associé pour la première fois des laïcs et des femmes – a voulu instaurer une horizontalité inédite, jusque dans les diocèses.Mais la question très controversée du diaconat féminin a été laissée en suspens et les thèmes les plus sensibles ont été confiés à dix groupes de travail qui doivent rendre leurs conclusions en juin.

Le pape François reçoit à l’hôpital un gâteau pour ses 12 ans de pontificat

Le pape François a reçu jeudi du personnel de l’hôpital où il se trouve toujours, sans date de sortie prévue, un gâteau avec des bougies pour ses 12 ans à la tête de l’Eglise catholique, tandis que l’incertitude persiste sur l’avenir de son pontificat.Quand François pourra-t-il quitter l’hôpital Gemelli de Rome ? Dans quel état …

Le pape François reçoit à l’hôpital un gâteau pour ses 12 ans de pontificat Read More »

Impasse au Sénat américain à la veille d’une paralysie budgétaire

Les Etats-Unis font face jeudi à la perspective d’une paralysie de l’administration fédérale, déjà ébranlée par le limogeage massif de fonctionnaires entrepris par Donald Trump, en l’absence d’accord budgétaire au Congrès.Alors que la date limite de vendredi soir minuit (04H00 GMT) approche à grands pas, les démocrates au Sénat doivent décider s’ils souhaitent apporter leurs …

Impasse au Sénat américain à la veille d’une paralysie budgétaire Read More »

Impasse au Sénat américain à la veille d’une paralysie budgétaire

Les Etats-Unis font face jeudi à la perspective d’une paralysie de l’administration fédérale, déjà ébranlée par le limogeage massif de fonctionnaires entrepris par Donald Trump, en l’absence d’accord budgétaire au Congrès.Alors que la date limite de vendredi soir minuit (04H00 GMT) approche à grands pas, les démocrates au Sénat doivent décider s’ils souhaitent apporter leurs voix à un texte républicain, et octroyer ainsi une victoire à Donald Trump, ou s’y opposer et voir les Etats-Unis plonger dans ce fameux “shutdown”.Une situation qui représenterait un véritable coup dur pour les fonctionnaires fédéraux, déjà décimés par les coupes claires d’Elon Musk dans leurs effectifs. Des centaines de milliers d’entre eux seraient en effet mis au chômage technique, tandis que d’autres devraient continuer de travailler. Dans tous les cas, aucun ne recevrait de paie jusqu’à la résolution de cette paralysie. Depuis qu’il a été placé à la tête d’une commission à l’efficacité gouvernementale (Doge) par Donald Trump, le patron de SpaceX et Tesla s’attache à démanteler certaines agences fédérales, qu’il accuse de fraude ou de gestion dispendieuse.- “De leur faute” -La proposition des républicains, déjà adoptée à la Chambre des représentants mardi, financerait l’Etat fédéral jusqu’en septembre. Une mesure temporaire qui donnerait une plus grande marge de manoeuvre en vue de l’adoption d’un budget plus conséquent dans les mois à venir — avec notamment des fonds pour certaines des mesures phares de Donald Trump, comme son programme d’expulsions de migrants.Malgré leur majorité de 53 sénateurs sur 100, les républicains auraient besoin de l’appui de plusieurs démocrates pour passer la barre des 60 voix nécessaires en vertu des règles de la chambre haute américaine.Le dilemme est donc cornélien pour les sénateurs démocrates: s’ils s’opposent sur le fond au texte en raison des importantes coupes prévues dans certaines dépenses publiques, ils s’inquiètent aussi des conséquences d’un “shutdown” pour l’économie américaine.Donald Trump, qui a usé de son influence ces derniers jours pour convaincre les élus républicains réfractaires de voter en faveur du texte, a rejeté jeudi la responsabilité de l’impasse actuelle sur les démocrates, affirmant que si paralysie il y avait vendredi soir, ce serait “de leur faute”.Avec des indices boursiers en chute et des craintes grandissantes de récession, le milliardaire républicain fait face aux premiers vents contraires de son second mandat en matière économique. Et il sait qu’une paralysie de l’Etat fédéral n’arrangerait rien.- “Retour de bâton” -Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a affirmé mercredi que son camp était uni contre le texte et a regretté le fait que les républicains aient choisi un “chemin partisan”, en élaborant leur proposition budgétaire “sans aucune contribution démocrate”.Le sénateur Mark Warner, réputé pour ses positions modérées, a affirmé qu’il voterait “non”, se disant contre cette “idée de donner les clés à Trump et Musk sans contrainte”.L’aile gauche du Parti démocrate fait en outre pression sur les sénateurs et les appelle à voter contre, pour s’opposer clairement à Donald Trump.L’élue progressiste Pramila Jayapal a prévenu sur la chaîne CNN que les sénateurs démocrates qui voteraient en faveur feraient face à un “énorme retour de bâton”.Pour sa collègue new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez, si les républicains veulent passer leur proposition de budget et ainsi “entuber les Américains”, “ils peuvent le faire avec leurs voix et leur parti”, puisqu’ils disposent du contrôle de la Maison Blanche et des deux chambres du Congrès.Certains sénateurs démocrates ont cependant exprimé leur hésitation voire dit qu’ils voteraient à contrecoeur en faveur du texte.”Voter pour paralyser le gouvernement punira des millions de gens”, a déclaré le sénateur John Fetterman, tout en notant son “désaccord avec de nombreux points” de la proposition républicaine.

Impasse au Sénat américain à la veille d’une paralysie budgétaire

Les Etats-Unis font face jeudi à la perspective d’une paralysie de l’administration fédérale, déjà ébranlée par le limogeage massif de fonctionnaires entrepris par Donald Trump, en l’absence d’accord budgétaire au Congrès.Alors que la date limite de vendredi soir minuit (04H00 GMT) approche à grands pas, les démocrates au Sénat doivent décider s’ils souhaitent apporter leurs voix à un texte républicain, et octroyer ainsi une victoire à Donald Trump, ou s’y opposer et voir les Etats-Unis plonger dans ce fameux “shutdown”.Une situation qui représenterait un véritable coup dur pour les fonctionnaires fédéraux, déjà décimés par les coupes claires d’Elon Musk dans leurs effectifs. Des centaines de milliers d’entre eux seraient en effet mis au chômage technique, tandis que d’autres devraient continuer de travailler. Dans tous les cas, aucun ne recevrait de paie jusqu’à la résolution de cette paralysie. Depuis qu’il a été placé à la tête d’une commission à l’efficacité gouvernementale (Doge) par Donald Trump, le patron de SpaceX et Tesla s’attache à démanteler certaines agences fédérales, qu’il accuse de fraude ou de gestion dispendieuse.- “De leur faute” -La proposition des républicains, déjà adoptée à la Chambre des représentants mardi, financerait l’Etat fédéral jusqu’en septembre. Une mesure temporaire qui donnerait une plus grande marge de manoeuvre en vue de l’adoption d’un budget plus conséquent dans les mois à venir — avec notamment des fonds pour certaines des mesures phares de Donald Trump, comme son programme d’expulsions de migrants.Malgré leur majorité de 53 sénateurs sur 100, les républicains auraient besoin de l’appui de plusieurs démocrates pour passer la barre des 60 voix nécessaires en vertu des règles de la chambre haute américaine.Le dilemme est donc cornélien pour les sénateurs démocrates: s’ils s’opposent sur le fond au texte en raison des importantes coupes prévues dans certaines dépenses publiques, ils s’inquiètent aussi des conséquences d’un “shutdown” pour l’économie américaine.Donald Trump, qui a usé de son influence ces derniers jours pour convaincre les élus républicains réfractaires de voter en faveur du texte, a rejeté jeudi la responsabilité de l’impasse actuelle sur les démocrates, affirmant que si paralysie il y avait vendredi soir, ce serait “de leur faute”.Avec des indices boursiers en chute et des craintes grandissantes de récession, le milliardaire républicain fait face aux premiers vents contraires de son second mandat en matière économique. Et il sait qu’une paralysie de l’Etat fédéral n’arrangerait rien.- “Retour de bâton” -Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a affirmé mercredi que son camp était uni contre le texte et a regretté le fait que les républicains aient choisi un “chemin partisan”, en élaborant leur proposition budgétaire “sans aucune contribution démocrate”.Le sénateur Mark Warner, réputé pour ses positions modérées, a affirmé qu’il voterait “non”, se disant contre cette “idée de donner les clés à Trump et Musk sans contrainte”.L’aile gauche du Parti démocrate fait en outre pression sur les sénateurs et les appelle à voter contre, pour s’opposer clairement à Donald Trump.L’élue progressiste Pramila Jayapal a prévenu sur la chaîne CNN que les sénateurs démocrates qui voteraient en faveur feraient face à un “énorme retour de bâton”.Pour sa collègue new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez, si les républicains veulent passer leur proposition de budget et ainsi “entuber les Américains”, “ils peuvent le faire avec leurs voix et leur parti”, puisqu’ils disposent du contrôle de la Maison Blanche et des deux chambres du Congrès.Certains sénateurs démocrates ont cependant exprimé leur hésitation voire dit qu’ils voteraient à contrecoeur en faveur du texte.”Voter pour paralyser le gouvernement punira des millions de gens”, a déclaré le sénateur John Fetterman, tout en notant son “désaccord avec de nombreux points” de la proposition républicaine.

Guerre commerciale: qu’est-ce que s’échangent la France et les Etats-Unis ?

Aéronautique, alcool, pharmacie… Les plus de 47 milliards d’euros d’exportations françaises de biens vers les Etats-Unis sont sous la menace de la guerre commerciale lancée par Donald Trump envers ses principaux partenaires. En miroir, les importations en provenance des Etats-Unis, de l’ordre de 52,5 milliards d’euros, selon les douanes françaises, pourraient diminuer ou devenir plus onéreuses avec les représailles annoncées par l’Union européenne.Des échanges réciproquesTous deux spécialistes de l’aéronautique et du pharmaceutique, la France et les Etats-Unis s’échangent de nombreux biens dans ces secteurs. En 2024, Paris exportait vers Washington pour plus de 9 milliards d’euros de bien de la catégorie “aéronefs et engins spatiaux”. Une performance surpassée par les Américains, qui vendent à la France presque 11 milliards d’euros de biens du même secteur. Même phénomène du côté des préparations pharmaceutiques qui occupent le deuxième poste d’exportations françaises vers les Etats-Unis (3,6 milliards d’euros en 2024) et le troisième poste d’importation des Etats-Unis vers la France (4,16 milliards). Des énergies fossiles américainesDépourvue d’or noir, la France importe près de 7 milliards d’euros de pétrole brut en provenance des Etats-Unis, premier producteur mondial, un chiffre en forte hausse entre 2023 et 2024 (+1,25 milliard). A cela s’ajoute les “produits de raffinage du pétrole” américains, qui pèsent plus de 3,2 milliards d’euros dans la facture énergétique française.Autre ressource fossile très prisée par la France: le gaz naturel, liquéfié ou gazeux, importé à hauteur de plus de 3,5 milliards d’euros depuis les Etats-Unis. “On adore les Etats-Unis car vous avez le gaz le moins cher au monde”, a récemment déclaré le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, depuis Houston au Texas. Vins et alcools françaisRéputée mondialement pour ses vins de Bordeaux, de Bourgogne ou de Champagne, la France exporte massivement ces produits. En 2024, quelque 2,4 milliards d’euros de “vins de raisin” ont traversé l’Atlantique pour les Etats-Unis, ce à quoi il faut ajouter plus d’1,5 milliard d’euros de “boissons alcoolisés distillées. Le secteur pourrait particulièrement souffrir des annonces de Donald Trump jeudi. Le président américain a menacé de taxer à 200% le champagne et les vins français. Parfums et maroquinerieParfums Chanel ou Dior, sacs de voyages Louis Vuitton… Le luxe français s’exporte bien aux Etats-Unis. Le numéro un mondial LVMH effectue par exemple 25% de son chiffre d’affaires dans le pays.Les “parfums et produits pour la toilette” et les “articles de voyage, de maroquinerie, (…)” représentent respectivement 2,9 milliards et 1,7 milliard d’euros de produits vendus en 2024. La clientèle du luxe, souvent aisée, est toutefois moins sensible au prix, et donc à une éventuelle hausse des droits de douane. “La maison a presque 190 ans, on en a connu des droits de douane…”, relativisait aussi mi-février le gérant du groupe de luxe Hermès Axel Dumas. “Si les droits de douane augmentent, on va augmenter nos prix pour compenser”, selon lui.La France, moins exposée que d’autresBien que culminant à près de 50 milliards d’euros en 2024, les exportations de biens de la France vers les Etats-Unis représentent une part moins importante du PIB que la moyenne des autres pays européens. A titre de comparaison, les exportations allemandes vers les Etats-Unis équivalent à 3,8% de son PIB, contre 1,6% pour la France, et 2,8% en moyenne pour l’UE, selon la Banque de France.Des données qui lui ont fait dire mercredi que l’impact de la guerre commerciale, si Donald Trump en venait à mettre toutes ses menaces à exécution, serait “quantativement plus faible” en France que sur le reste du Vieux continent.