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Gérer Trump: la méthode de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum

Comment gérer un voisin menaçant mais indispensable, sans aller au choc frontal ni courber l’échine? La présidente mexicaine de gauche, Claudia Sheinbaum, a provisoirement trouvé la méthode avec son homologue américain, le Républicain Donald Trump, son exact contraire.Scientifique de classe moyenne et au caractère réservé, la première présidente de l’histoire du Mexique est parvenue à gagner le respect du magnat de l’immobilier, qui la qualifie de femme “merveilleuse” – tout en accusant son gouvernement de collusion avec le narcotrafic.Au-delà de la relation personnelle, la dirigeante de gauche de 62 ans doit protéger les intérêts vitaux du commerce extérieur de son pays face aux menaces tarifaires de Washington (80% des exportations mexicaines vont aux Etats-Unis), tout en refusant l’ingérence des Etats-Unis dans la lutte contre le narco-trafic.Voici trois clés de sa stratégie pour gérer Trump, qui lui ont jusqu’à présent permis de conclure un accord jusqu’au 2 avril pour éviter des taxes de 25% sur les exportations mexicaines. Avec une popularité record dans son pays.- “Tête froide” et pas de “testostérone” -Physicienne de renom (comme Angela Merkel, première femme chancelière en Allemagne), Sheinbaum n’a pas besoin de forcer sa nature rationnelle et méthodique pour rester posée et pragmatique face à Trump.”Calme et tête froide”, a-t-elle demandé lorsque le président a décrété l'”urgence” le long de la frontière de 3.100 km dès son retour à la Maison Blanche en janvier.Éviter de “répondre à la rhétorique de Trump” fait partie de sa stratégie, explique Pamela Starr, spécialiste de la relation bilatérale à l’Université de Californie du Sud.En évitant le choc frontal avec Trump, Mme Sheinbaum se distingue d’autres leaders de la région (le Colombien Gustavo Petro ou l’ex-Premier ministre canadien Justin Trudeau).”Elle a retiré la testostérone de l’équation”, résume le journaliste Pedro Miguel, proche du parti au pouvoir et de ses dirigeants.Exemple de la méthode Sheinbaum: début mars, le président américain confirme l’entrée en vigueur de tarifs douaniers à 25% sur les importations en provenance du Mexique, qu’il accuse de ne pas lutter assez contre le fentanyl et l’immigration clandestine.Lors de sa conférence de presse quotidienne, Mme Sheinbaum promet des “mesures tarifaires et non tarifaires” pour ne pas donner l’impression de plier.- Prévention -Mais elle laisse de facto du temps et une chance au dialogue, en précisant qu’elle détaillera ses représailles quelques jours plus tard lors d’un événement public.Résultat: dans l’intervalle, elle a conclu un accord par téléphone avec Trump, qui a suspendu les taxes jusqu’au 2 avril par “considération” envers elle.L’événement public a été un succès populaire, avec la participation de dizaines de milliers de personnes (350.000 selon les chiffres officiels).Au Mexique, Mme Sheinbaum est populaire à plus de 80%. Et peu de voix de l’opposition osent la critiquer.Sheinbaum “a beaucoup parlé” avec son prédécesseur et mentor Andrés Manuel López Obrador pour comprendre Trump, estime Pedro Miguel, proche de l’ancien président.López Obrador a dû gérer le milliardaire entre 2019 et 2021, et le considérait comme son “ami”.Sheinbaum a aussi agi de manière “préventive” sous la pression de Trump, souligne Pamela Starr, référence aux premières saisies de fentanyl annoncées par le Mexique autour de Noël, entre l’élection du Républicain et son investiture.”Coopération, oui ; subordination, non”, répète-t-elle comme un mantra qui guide sa politique envers Trump et les Etats-Unis.La “coopération” s’est traduite par la remise aux Etats-Unis de 29 barons de la drogue présumés, et le déploiement de 10.000 forces de sécurité le long de la frontière pour lutter contre le trafic de fentanyl.- Fermeté -Dans le même temps, la présidente a rejeté “catégoriquement” les accusations selon lesquelles son gouvernement protégerait des bandes de narcotrafiquants.Elle renvoie Washington à sa propre responsabilité dans les trafics d’armes des Etats-Unis vers le Mexique, qui alimentent la violence.Trump lui-même a reconnu la fermeté de Sheinbaum, selon le New York Times. “Tu es dure”, lui aurait-il dit lors d’un appel téléphonique, selon le quotidien. Un compliment de sa part.”Elle a été ferme, forte”, juge Roberta Lajous, ambassadrice mexicaine en Autriche, Cuba et Espagne entre 1995 et 2020. “Jusqu’à présent, elle a été couronnée de succès.” Chancelier allemand sortant, Olaf Scholz a loué son “calme” et son intelligence pour négocier avec Trump.Mais le chemin est encore long et la méthode Sheinbaum pourrait de nouveau être mise à l’épreuve le 2 avril, à l’échéance de la trêve sur les tarifs douaniers. “Le Mexique a esquivé une balle, mais Trump a encore un pistolet chargé”, avertit Pamela Starr.

Est de la RDC: rencontre surprise Tshisekedi-Kagame à Doha, un cessez-le feu évoqué

Les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame se sont rencontrés mardi dans le plus grand secret à Doha, où ils ont discuté d’un possible cessez-le-feu pour tenter de mettre fin au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette rencontre surprise a eu lieu alors que des pourparlers entre Kinshasa et le groupe armé antigouvernemental M23, qui devaient se tenir le même jour en Angola, à des milliers de kilomètres du Qatar, n’ont finalement pas eu lieu.Le conflit dans l’est de la RDC s’est intensifié ces derniers mois. Le M23 (“Mouvement du 23 mars”), piloté selon des experts de l’ONU par l’armée rwandaise, a lancé fin janvier une offensive d’envergure, s’emparant en l’espace de quelques semaines des deux grandes villes de l’est congolais, Goma et Bukavu.Médiateur de l’Union africaine dans la crise, le président angolais Joao Lourenço avait invité la RDC et le M23 à “entamer des négociations directes de paix” mardi à Luanda. Ces pourparlers devaient être les premiers entre Kinshasa et le M23 depuis la résurgence du groupe armé fin 2021. Mais dans la soirée, le ministère des Affaires étrangères angolais a déclaré dans un communiqué que les négociations prévues n’avaient finalement pas eu lieu “en raison d’événements de force majeure”.Peu après, le ministère des Affaires étrangères qatari a annoncé qu’une rencontre entre les chefs d’Etat congolais et rwandais s’était en revanche tenue dans la journée à Doha, sous la médiation de l’émir Tamim ben Hamad Al-Thani.”Les chefs d’Etat ont réaffirmé l’engagement de toutes les parties en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel”, a-t-il indiqué dans un communiqué qui ne fait aucune mention du M23. Ils ont également “convenu de la nécessité de poursuivre les discussions entamées à Doha afin d’établir des bases solides pour une paix durable”. Le ministère qatari a publié une photo sur X, montrant Félix Tshisekedi et Paul Kagame assis dans des fauteuils placés face à face, le regard tourné vers l’émir affichant un large sourire. Selon une source proche de la présidence congolaise, cette rencontre a été tenue “secrète” jusqu’à la montée de M. Tshisekedi dans un avion de retour vers Kinshasa.”Un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel vient d’être décidé entre la RDC et le Rwanda”, a avancé tard dans la soirée sur X la porte-parole du président congolais, Tina Salama.”Les modalités de l’exécution de ce qui a été convenu seront précisées dans les jours qui viennent”, a toutefois nuancé la cellule de communication de la présidence congolaise dans un communiqué. Dans la nuit, la présidence rwandaise a affirmé que les dirigeants y ont discuté “du besoin urgent d’un dialogue politique direct” pour répondre aux “causes profondes du conflit”. “Le président Kagame a fait part de sa conviction que si toutes les parties travaillent ensemble, les choses peuvent avancer plus vite”, a-t-elle ajouté sur X. – Coup de théâtre -L’annonce cette rencontre, entre deux présidents qui nourrissent ouvertement une animosité réciproque, est un coup de théâtre alors que les regards étaient tournés sur les tentatives, toutefois compromises, de Luanda pour résoudre la crise.Kinshasa, qui a jusqu’ici rejeté toute discussion avec le M23, considéré par les autorités congolaises comme “un groupe terroriste”, ne s’était cependant pas engagée à mener des négociations directes avec le groupe armé.Le M23, qui dit défendre les intérêts des population tutsi dans l’est de la RDC, avait lui déclaré qu’une délégation serait présente pour “prendre part au dialogue direct à la demande des autorités angolaises”.Mais lundi soir, le M23 a fait volte-face et annoncé qu’il ne participerait pas, estimant que “les sanctions successives imposées à nos membres, y compris celles adoptées à la veille des discussions de Luanda, compromettent gravement le dialogue direct”.L’Union européenne a pris lundi une nouvelle série de mesures contre des acteurs du conflit, visant plusieurs dirigeants du M23, dont son chef Bertrand Bisimwa, mais aussi plusieurs responsables de l’armée rwandaise.Jusqu’ici, toutes les tentatives diplomatiques pour mettre fin au conflit en RDC ont échoué. Mi-décembre, les présidents Tshisekedi et Kagame devaient se rencontrer à Luanda en vue d’un accord. Mais les deux parties n’ont jamais réussi à s’accorder sur les termes, aboutissant à l’annulation du sommet à la dernière minute.L’est de la RDC, région riche en ressources et frontalière du Rwanda, est ravagé depuis 30 ans par des violences impliquant une myriade de groupes armés ainsi que certains pays voisins de l’immense nation d’Afrique centrale, défendant leurs propres intérêts notamment économiques.Les dernières violences ont fait plusieurs milliers de morts et forcé des centaines de milliers de personnes à quitter leur foyer, selon l’ONU et le gouvernement congolais.burx-sar-cld-md/ayv/emd

Turquie: arrestation du maire d’Istanbul, principal opposant à Erdogan

Le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, principal opposant au président turc Recep Tayyip Erdogan, a été interpellé mercredi matin ainsi que plusieurs dizaines de ses collaborateurs, d’élus et membres de son parti, accusés de “corruption”, selon le procureur de la ville.L’agence étatique Anadolu évoque également des accusations de “terrorisme” et “d’aide au PKK”, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (interdit), à l’encontre de sept suspects dont M. Imamoglu.Selon un de ses proches collaborateurs, le maire, pressenti par son parti pour être son candidat à la prochaine élection présidentielle, a été emmené dans les locaux de la police.Dans une vidéo postée sur X, l’édile de 53 ans, en train de s’habiller et de nouer sa cravate, dénonce la fouille de son domicile: “Des centaines de policiers sont arrivés à ma porte. La police fait irruption chez moi et frappe à ma porte. Je m’en remets à ma nation”, indique-t-il.Selon le communiqué du bureau du procureur d’Istanbul, M. Imamoglu est accusé de corruption et d’extorsion, le désignant comme le chef d’une “organisation criminelle à but lucratif”.Tous les rassemblement et manifestations ont été interdits jusqu’à dimanche par le gouverneur d’Istanbul et, selon la chaine de télévision privée NTV, la station de métro de l’emblématique place Taksim au centre d’Istanbul, est fermée.Avant son interpellation, M. Imamoglu avait prévu de rassembler mercredi ses partisans sur la rive asiatique d’Istanbul.En outre, l’accès aux réseaux sociaux est ralenti.- Harcèlement judiciaire-Le président du parti CHP (Parti républicain du peuple, social-démocrate) de M. Imamgoglu, Özgur Özel, a dénoncé “un coup de force pour entraver la volonté du peuple” et “contre le prochain président” de la Turquie.M. Imamoglu est seul en lice pour représenter son parti à la prochaine présidentielle prévue en 2028 et devait être officiellement désigné dimanche au cours d’une primaire au sein du CHP.L’université d’Istanbul avait annulé mardi son diplôme, ajoutant un obstacle supplémentaire à son éventuelle candidature.L’édile avait dénoncé une décision “illégale” et annoncé son intention de la contester en justice, estimant que le conseil d’administration de l’université stambouliote n’était pas habilité à agir ainsi.En vertu de la Constitution, un diplôme de l’enseignement supérieur est exigé pour toute candidature aux fonctions de chef de l’Etat.”Les droits acquis de chacun dans ce pays sont menacés”, avait-il accusé.Figure du CHP, principal parti d’opposition parlementaire, Ekrem Imamoglu est visé par cinq autres procédures judiciaires, dont deux ont été ouvertes en janvier.En 2023, M. Imamoglu avait déjà été empêché de facto de se présenter à la présidence, en raison d’une condamnation en suspens pour “insulte” à des responsables du comité électoral turc.Opposant véhément au président Erdogan, M. Imamoglu a dénoncé fin janvier le “harcèlement” de la justice à son encontre. Il sortait alors d’un tribunal d’Istanbul où il était entendu dans le cadre d’une enquête ouverte après des critiques contre le procureur général de cette ville.

Turquie: arrestation du maire d’Istanbul, principal opposant à Erdogan

Le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, principal opposant au président turc Recep Tayyip Erdogan, a été interpellé mercredi matin ainsi que plusieurs dizaines de ses collaborateurs, d’élus et membres de son parti, accusés de “corruption”, selon le procureur de la ville.L’agence étatique Anadolu évoque également des accusations de “terrorisme” et “d’aide au PKK”, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (interdit), à l’encontre de sept suspects dont M. Imamoglu.Selon un de ses proches collaborateurs, le maire, pressenti par son parti pour être son candidat à la prochaine élection présidentielle, a été emmené dans les locaux de la police.Dans une vidéo postée sur X, l’édile de 53 ans, en train de s’habiller et de nouer sa cravate, dénonce la fouille de son domicile: “Des centaines de policiers sont arrivés à ma porte. La police fait irruption chez moi et frappe à ma porte. Je m’en remets à ma nation”, indique-t-il.Selon le communiqué du bureau du procureur d’Istanbul, M. Imamoglu est accusé de corruption et d’extorsion, le désignant comme le chef d’une “organisation criminelle à but lucratif”.Tous les rassemblement et manifestations ont été interdits jusqu’à dimanche par le gouverneur d’Istanbul et, selon la chaine de télévision privée NTV, la station de métro de l’emblématique place Taksim au centre d’Istanbul, est fermée.Avant son interpellation, M. Imamoglu avait prévu de rassembler mercredi ses partisans sur la rive asiatique d’Istanbul.En outre, l’accès aux réseaux sociaux est ralenti.- Harcèlement judiciaire-Le président du parti CHP (Parti républicain du peuple, social-démocrate) de M. Imamgoglu, Özgur Özel, a dénoncé “un coup de force pour entraver la volonté du peuple” et “contre le prochain président” de la Turquie.M. Imamoglu est seul en lice pour représenter son parti à la prochaine présidentielle prévue en 2028 et devait être officiellement désigné dimanche au cours d’une primaire au sein du CHP.L’université d’Istanbul avait annulé mardi son diplôme, ajoutant un obstacle supplémentaire à son éventuelle candidature.L’édile avait dénoncé une décision “illégale” et annoncé son intention de la contester en justice, estimant que le conseil d’administration de l’université stambouliote n’était pas habilité à agir ainsi.En vertu de la Constitution, un diplôme de l’enseignement supérieur est exigé pour toute candidature aux fonctions de chef de l’Etat.”Les droits acquis de chacun dans ce pays sont menacés”, avait-il accusé.Figure du CHP, principal parti d’opposition parlementaire, Ekrem Imamoglu est visé par cinq autres procédures judiciaires, dont deux ont été ouvertes en janvier.En 2023, M. Imamoglu avait déjà été empêché de facto de se présenter à la présidence, en raison d’une condamnation en suspens pour “insulte” à des responsables du comité électoral turc.Opposant véhément au président Erdogan, M. Imamoglu a dénoncé fin janvier le “harcèlement” de la justice à son encontre. Il sortait alors d’un tribunal d’Istanbul où il était entendu dans le cadre d’une enquête ouverte après des critiques contre le procureur général de cette ville.

Zelensky fait état de nouvelles frappes après l’accord Trump-Poutine sur une trève limitée

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que son pays avait fait mardi soir l’objet de nouvelles frappes russes, qui ont notamment visé un hôpital, quelques heures après l’annonce par Washington et Moscou d’un accord en vue d’une trêve limitée.Les dirigeants américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine ont convenu lors d’un échange téléphonique très attendu mardi d’une trêve limitée aux frappes sur les infrastructures énergétiques, dans la perspective d’un cessez-le-feu total.Interrogé dans la soirée sur Fox News, l’émissaire américain Steve Witkoff a indiqué que Washington souhaitait que cette trêve de 30 jours, qui doit encore être acceptée par Kiev, concerne aussi “l’infrastructure en général”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui n’est pas associé aux pourparlers américano-russes, a estimé que “Poutine a en réalité refusé (mardi) la proposition d’un cessez-le-feu complet”.L’Ukraine avait accepté, sous la pression de Washington, l’idée d’un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours, rejeté par Moscou.Les hostilités déclenchées en février 2022 par la Russie se sont poursuivies dans la nuit.Volodymyr Zelensky a fait état de nouvelles frappes russes “contre des infrastructures civiles”, notamment à Kiev et Soumy, dans le nord du pays, où un hôpital a été ciblé par une “frappe directe” de drone selon lui.Les autorités russes ont pour leur part fait état tôt mercredi d’un incendie dans un dépôt pétrolier de la région de Krasnodar, à l’est de la frontière avec l’Ukraine, à la suite d’une attaque de drones ukrainiens.M. Zelensky n’a de son côté mentionné aucune attaque directe contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes.- “La Russie a l’avantage” -Mais “ce sont précisément ces attaques nocturnes de la Russie qui détruisent notre énergie, nos infrastructures et la vie normale des Ukrainiens. Et le fait que cette nuit n’ait pas été une exception montre que nous devons continuer à faire pression sur la Russie pour le bien de la paix”, a-t-il souligné.La Russie a de son côté affirmé avoir repoussé plusieurs tentatives d’incursion terrestre de l’armée ukrainienne dans la région russe frontalière de Belgorod.M. Witkoff a indiqué que les négociations américano-russes sur le cessez-le-feu commenceraient dimanche à Jeddah, en Arabie saoudite, et porteraient aussi sur les opérations en mer Noire.Dans une interview sur Fox News, Donald Trump a reconnu que les négociations avec son homologue russe mardi avaient été “difficiles”. “La Russie a l’avantage, comme vous le savez”, a-t-il dit.Moscou a de son côté évoqué un échange “détaillé et franc”.M. Zelensky a demandé à connaître “les détails de ce que les Russes ont offert aux Américains ou de ce que les Américains ont offert aux Russes” dans le cadre de l’accord de mardi.M. Poutine, sans s’engager à un cessez-le-feu total, avait exigé avant l’entretien la fin du “réarmement” de l’Ukraine et l’arrêt de l’aide occidentale à Kiev.Ces conditions visent à “affaiblir” l’Ukraine et montrent qu’il n’est pas prêt “à mettre fin” à la guerre, a accusé Volodymyr Zelensky.M. Trump a toutefois assuré sur Fox News que son homologue russe n’avait pas exigé lors de leur entretien un arrêt immédiat de l’aide occidentale à l’Ukraine: “Nous n’avons pas parlé de l’aide, en fait. Nous n’avons pas parlé de l’aide du tout”.M. Poutine a par ailleurs accepté que 175 prisonniers de guerre soient échangés mercredi avec l’Ukraine.- “Invasion illégale” -Les comptes-rendus publiés par les deux capitales ne mentionnent pas d’éventuels redécoupages territoriaux, après que le président américain a dit être prêt à parler de “partage” entre l’Ukraine et la Russie, qui réclame cinq régions ukrainiennes dont la Crimée.Dans un communiqué, l’exécutif américain a vanté l'”immense avantage” d’une “meilleure relation bilatérale” entre les Etats-Unis et la Russie, avec à la clé de potentiels “énormes accords économiques”.Le président américain, qui a engagé un spectaculaire rapprochement avec Moscou, a d’ores et déjà validé plusieurs revendications russes, en jugeant impossibles le maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son adhésion à l’Otan.A l’inverse, il a soumis les autorités ukrainiennes à une pression extrême, qui a culminé lorsque Donald Trump a publiquement rabroué le président Volodymyr Zelensky à la Maison Banche.Il a ensuite suspendu l’aide militaire et en renseignements à Kiev, ne les rétablissant que lorsque l’Ukraine a entériné son projet de trêve.Le chancelier allemand Olaf Scholz, le président français Emmanuel Macron et leur homologue britannique Keir Starmer ont de leur côté assuré mardi l’Ukraine de la poursuite de l’aide militaire assurée par leurs pays.

Zelensky fait état de nouvelles frappes après l’accord Trump-Poutine sur une trève limitée

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que son pays avait fait mardi soir l’objet de nouvelles frappes russes, qui ont notamment visé un hôpital, quelques heures après l’annonce par Washington et Moscou d’un accord en vue d’une trêve limitée.Les dirigeants américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine ont convenu lors d’un échange téléphonique très attendu mardi d’une trêve limitée aux frappes sur les infrastructures énergétiques, dans la perspective d’un cessez-le-feu total.Interrogé dans la soirée sur Fox News, l’émissaire américain Steve Witkoff a indiqué que Washington souhaitait que cette trêve de 30 jours, qui doit encore être acceptée par Kiev, concerne aussi “l’infrastructure en général”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui n’est pas associé aux pourparlers américano-russes, a estimé que “Poutine a en réalité refusé (mardi) la proposition d’un cessez-le-feu complet”.L’Ukraine avait accepté, sous la pression de Washington, l’idée d’un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours, rejeté par Moscou.Les hostilités déclenchées en février 2022 par la Russie se sont poursuivies dans la nuit.Volodymyr Zelensky a fait état de nouvelles frappes russes “contre des infrastructures civiles”, notamment à Kiev et Soumy, dans le nord du pays, où un hôpital a été ciblé par une “frappe directe” de drone selon lui.Les autorités russes ont pour leur part fait état tôt mercredi d’un incendie dans un dépôt pétrolier de la région de Krasnodar, à l’est de la frontière avec l’Ukraine, à la suite d’une attaque de drones ukrainiens.M. Zelensky n’a de son côté mentionné aucune attaque directe contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes.- “La Russie a l’avantage” -Mais “ce sont précisément ces attaques nocturnes de la Russie qui détruisent notre énergie, nos infrastructures et la vie normale des Ukrainiens. Et le fait que cette nuit n’ait pas été une exception montre que nous devons continuer à faire pression sur la Russie pour le bien de la paix”, a-t-il souligné.La Russie a de son côté affirmé avoir repoussé plusieurs tentatives d’incursion terrestre de l’armée ukrainienne dans la région russe frontalière de Belgorod.M. Witkoff a indiqué que les négociations américano-russes sur le cessez-le-feu commenceraient dimanche à Jeddah, en Arabie saoudite, et porteraient aussi sur les opérations en mer Noire.Dans une interview sur Fox News, Donald Trump a reconnu que les négociations avec son homologue russe mardi avaient été “difficiles”. “La Russie a l’avantage, comme vous le savez”, a-t-il dit.Moscou a de son côté évoqué un échange “détaillé et franc”.M. Zelensky a demandé à connaître “les détails de ce que les Russes ont offert aux Américains ou de ce que les Américains ont offert aux Russes” dans le cadre de l’accord de mardi.M. Poutine, sans s’engager à un cessez-le-feu total, avait exigé avant l’entretien la fin du “réarmement” de l’Ukraine et l’arrêt de l’aide occidentale à Kiev.Ces conditions visent à “affaiblir” l’Ukraine et montrent qu’il n’est pas prêt “à mettre fin” à la guerre, a accusé Volodymyr Zelensky.M. Trump a toutefois assuré sur Fox News que son homologue russe n’avait pas exigé lors de leur entretien un arrêt immédiat de l’aide occidentale à l’Ukraine: “Nous n’avons pas parlé de l’aide, en fait. Nous n’avons pas parlé de l’aide du tout”.M. Poutine a par ailleurs accepté que 175 prisonniers de guerre soient échangés mercredi avec l’Ukraine.- “Invasion illégale” -Les comptes-rendus publiés par les deux capitales ne mentionnent pas d’éventuels redécoupages territoriaux, après que le président américain a dit être prêt à parler de “partage” entre l’Ukraine et la Russie, qui réclame cinq régions ukrainiennes dont la Crimée.Dans un communiqué, l’exécutif américain a vanté l'”immense avantage” d’une “meilleure relation bilatérale” entre les Etats-Unis et la Russie, avec à la clé de potentiels “énormes accords économiques”.Le président américain, qui a engagé un spectaculaire rapprochement avec Moscou, a d’ores et déjà validé plusieurs revendications russes, en jugeant impossibles le maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son adhésion à l’Otan.A l’inverse, il a soumis les autorités ukrainiennes à une pression extrême, qui a culminé lorsque Donald Trump a publiquement rabroué le président Volodymyr Zelensky à la Maison Banche.Il a ensuite suspendu l’aide militaire et en renseignements à Kiev, ne les rétablissant que lorsque l’Ukraine a entériné son projet de trêve.Le chancelier allemand Olaf Scholz, le président français Emmanuel Macron et leur homologue britannique Keir Starmer ont de leur côté assuré mardi l’Ukraine de la poursuite de l’aide militaire assurée par leurs pays.