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Nouvelles frappes russes sur l’Ukraine après l’accord Trump-Poutine sur une trêve limitée

La Russie a lancé de nouvelles frappes nocturnes sur l’Ukraine, suscitant les condamnations des alliés européens de Kiev, au lendemain de l’accord pour une trêve limitée conclu entre Moscou et Washington.Le président américain Donald Trump a convenu avec son homologue russe Vladimir Poutine, lors d’un échange téléphonique mardi,  d’une trêve limitée aux frappes sur les infrastructures énergétiques (centrales électriques, transformateurs, gazoducs, etc…).Interrogé mardi soir sur la chaîne américaine Fox News, l’émissaire américain Steve Witkoff a indiqué que Washington souhaitait que cette trêve de 30 jours, qui doit encore être acceptée par Kiev, concerne aussi “l’infrastructure en général”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, non associé aux pourparlers américano-russes, a estimé que “Poutine a en réalité refusé la proposition d’un cessez-le-feu complet”.Envahie depuis fin février 2022 par la Russie, l’Ukraine avait accepté, sous la pression de Washington, l’idée d’un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours, rejeté par Moscou.Mais pendant la nuit, la Russie a tiré six missiles et 145 drones de combat sur le pays, a indiqué l’armée ukrainienne. La défense aérienne a pu abattre 72 drones, selon l’armée, laissant entendre qu’aucun des six missiles n’avait pu être détruit. Volodymyr Zelensky a fait état de frappes “contre des infrastructures civiles”, notamment à Kiev et Soumy, dans le nord du pays, où un hôpital a été ciblé par une “frappe directe” de drone mardi soir, selon lui.Un homme de 29 ans a été tué et trois autres personnes blessées dans une autre attaque russe dans la région de Soumy, contre un immeuble résidentiel, selon le parquet général ukrainien. Un autre hôpital a été également “largement endommagé” dans une autre frappe, provoquant un incendie.Les chemins de fer ukrainiens ont, pour leur part, affirmé qu’une infrastructure énergétique ferroviaire, sans plus de précision, avait été frappée par des drones dans la région centrale de Dnipropetrovsk.Côté russe, les autorités ont rapporté une attaque ukrainienne ayant visé un dépôt pétrolier de la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie. “Un incendie a éclaté près du village (de Kavkazskaïa) après la chute de débris” de drones abattus par la défense antiaérienne, ont indiqué les services de secours.Tout comme la Russie s’acharne sur ses infrastructures énergétiques, Kiev cible régulièrement les dépôts pétroliers russes.- “La Russie a l’avantage” -La vice-Première ministre ukrainienne, Ioulia Svyrydenko, a dénoncé “une attaque à grande échelle” contre “les infrastructures civiles, les habitations et les établissements de santé, terrorisant les villes”.”Ce sont précisément ces attaques nocturnes de la Russie qui détruisent notre énergie, nos infrastructures et la vie normale des Ukrainiens. Et le fait que cette nuit n’ait pas été une exception montre que nous devons continuer à faire pression sur la Russie”, a souligné Volodymyr Zelensky.”Poutine joue à un jeu”, a fustigé mercredi matin le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius. “Les attaques contre les infrastructures civiles n’ont absolument pas diminué durant la première nuit suivant cet appel téléphonique soi-disant révolutionnaire et formidable”.Quant à la Chine, elle a “salué” mercredi “tous les efforts” allant en direction d’un cessez-le-feu en Ukraine.La Russie a de son côté affirmé avoir repoussé plusieurs tentatives d’incursion terrestre de l’armée ukrainienne dans la région russe frontalière de Belgorod.Selon M. Witkoff, les négociations américano-russes sur le cessez-le-feu commenceront dimanche à Jeddah, en Arabie saoudite, et porteront aussi sur les opérations en mer Noire.Dans une interview sur Fox News, Donald Trump a reconnu que les négociations avec son homologue russe mardi avaient été “difficiles”. “La Russie a l’avantage, comme vous le savez”, a-t-il dit.Moscou a de son côté évoqué un échange “détaillé et franc”.M. Poutine, sans s’engager à un cessez-le-feu total, avait exigé avant l’entretien la fin du “réarmement” de l’Ukraine et l’arrêt de l’aide occidentale à Kiev.Ces conditions visent à “affaiblir” l’Ukraine et montrent qu’il n’est pas prêt “à mettre fin” à la guerre, a accusé Volodymyr Zelensky.”Il est clair que la Russie ne veut pas vraiment faire de concessions”, a estimé mercredi la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, jugeant inacceptable la demande russe d’un arrêt du soutien militaire occidental à Kiev.Donald Trump a toutefois assuré que son homologue russe n’avait pas exigé lors de leur entretien un arrêt de l’aide occidentale: “Nous n’avons pas parlé de l’aide du tout”.M. Poutine a par ailleurs accepté que 175 prisonniers de guerre soient échangés mercredi avec l’Ukraine.- L’UE se réarme -Les comptes-rendus publiés par les deux capitales ne mentionnent pas d’éventuels redécoupages territoriaux, après que le président américain a dit être prêt à parler de “partage” entre l’Ukraine et la Russie, qui réclame cinq régions ukrainiennes dont la Crimée.Dans un communiqué, l’exécutif américain a vanté l'”immense avantage” d’une “meilleure relation bilatérale” entre les Etats-Unis et la Russie, avec à la clé de potentiels “énormes accords économiques”.Le président américain, qui a engagé un spectaculaire rapprochement avec Moscou, a d’ores et déjà validé plusieurs revendications russes, en jugeant impossibles le maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son adhésion à l’Otan.A l’inverse, il a soumis les autorités ukrainiennes à une pression extrême, qui a culminé lorsque Donald Trump a publiquement rabroué M. Zelensky à la Maison Blanche.Il a ensuite suspendu l’aide militaire et en renseignements à Kiev, ne les rétablissant que lorsque l’Ukraine a entériné son projet de trêve.La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont assuré mardi l’Ukraine de la poursuite de leur aide militaire.Côté UE, face à la menace russe et au risque de désengagement américain, la Commission européenne présente mercredi un “livre blanc” de la défense à destination des Etats membres, pour les aider à renforcer les capacités militaires de l’Union.

Nouvelles frappes russes sur l’Ukraine après l’accord Trump-Poutine sur une trêve limitée

La Russie a lancé de nouvelles frappes nocturnes sur l’Ukraine, suscitant les condamnations des alliés européens de Kiev, au lendemain de l’accord pour une trêve limitée conclu entre Moscou et Washington.Le président américain Donald Trump a convenu avec son homologue russe Vladimir Poutine, lors d’un échange téléphonique mardi,  d’une trêve limitée aux frappes sur les infrastructures énergétiques (centrales électriques, transformateurs, gazoducs, etc…).Interrogé mardi soir sur la chaîne américaine Fox News, l’émissaire américain Steve Witkoff a indiqué que Washington souhaitait que cette trêve de 30 jours, qui doit encore être acceptée par Kiev, concerne aussi “l’infrastructure en général”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, non associé aux pourparlers américano-russes, a estimé que “Poutine a en réalité refusé la proposition d’un cessez-le-feu complet”.Envahie depuis fin février 2022 par la Russie, l’Ukraine avait accepté, sous la pression de Washington, l’idée d’un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours, rejeté par Moscou.Mais pendant la nuit, la Russie a tiré six missiles et 145 drones de combat sur le pays, a indiqué l’armée ukrainienne. La défense aérienne a pu abattre 72 drones, selon l’armée, laissant entendre qu’aucun des six missiles n’avait pu être détruit. Volodymyr Zelensky a fait état de frappes “contre des infrastructures civiles”, notamment à Kiev et Soumy, dans le nord du pays, où un hôpital a été ciblé par une “frappe directe” de drone mardi soir, selon lui.Un homme de 29 ans a été tué et trois autres personnes blessées dans une autre attaque russe dans la région de Soumy, contre un immeuble résidentiel, selon le parquet général ukrainien. Un autre hôpital a été également “largement endommagé” dans une autre frappe, provoquant un incendie.Les chemins de fer ukrainiens ont, pour leur part, affirmé qu’une infrastructure énergétique ferroviaire, sans plus de précision, avait été frappée par des drones dans la région centrale de Dnipropetrovsk.Côté russe, les autorités ont rapporté une attaque ukrainienne ayant visé un dépôt pétrolier de la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie. “Un incendie a éclaté près du village (de Kavkazskaïa) après la chute de débris” de drones abattus par la défense antiaérienne, ont indiqué les services de secours.Tout comme la Russie s’acharne sur ses infrastructures énergétiques, Kiev cible régulièrement les dépôts pétroliers russes.- “La Russie a l’avantage” -La vice-Première ministre ukrainienne, Ioulia Svyrydenko, a dénoncé “une attaque à grande échelle” contre “les infrastructures civiles, les habitations et les établissements de santé, terrorisant les villes”.”Ce sont précisément ces attaques nocturnes de la Russie qui détruisent notre énergie, nos infrastructures et la vie normale des Ukrainiens. Et le fait que cette nuit n’ait pas été une exception montre que nous devons continuer à faire pression sur la Russie”, a souligné Volodymyr Zelensky.”Poutine joue à un jeu”, a fustigé mercredi matin le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius. “Les attaques contre les infrastructures civiles n’ont absolument pas diminué durant la première nuit suivant cet appel téléphonique soi-disant révolutionnaire et formidable”.Quant à la Chine, elle a “salué” mercredi “tous les efforts” allant en direction d’un cessez-le-feu en Ukraine.La Russie a de son côté affirmé avoir repoussé plusieurs tentatives d’incursion terrestre de l’armée ukrainienne dans la région russe frontalière de Belgorod.Selon M. Witkoff, les négociations américano-russes sur le cessez-le-feu commenceront dimanche à Jeddah, en Arabie saoudite, et porteront aussi sur les opérations en mer Noire.Dans une interview sur Fox News, Donald Trump a reconnu que les négociations avec son homologue russe mardi avaient été “difficiles”. “La Russie a l’avantage, comme vous le savez”, a-t-il dit.Moscou a de son côté évoqué un échange “détaillé et franc”.M. Poutine, sans s’engager à un cessez-le-feu total, avait exigé avant l’entretien la fin du “réarmement” de l’Ukraine et l’arrêt de l’aide occidentale à Kiev.Ces conditions visent à “affaiblir” l’Ukraine et montrent qu’il n’est pas prêt “à mettre fin” à la guerre, a accusé Volodymyr Zelensky.”Il est clair que la Russie ne veut pas vraiment faire de concessions”, a estimé mercredi la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, jugeant inacceptable la demande russe d’un arrêt du soutien militaire occidental à Kiev.Donald Trump a toutefois assuré que son homologue russe n’avait pas exigé lors de leur entretien un arrêt de l’aide occidentale: “Nous n’avons pas parlé de l’aide du tout”.M. Poutine a par ailleurs accepté que 175 prisonniers de guerre soient échangés mercredi avec l’Ukraine.- L’UE se réarme -Les comptes-rendus publiés par les deux capitales ne mentionnent pas d’éventuels redécoupages territoriaux, après que le président américain a dit être prêt à parler de “partage” entre l’Ukraine et la Russie, qui réclame cinq régions ukrainiennes dont la Crimée.Dans un communiqué, l’exécutif américain a vanté l'”immense avantage” d’une “meilleure relation bilatérale” entre les Etats-Unis et la Russie, avec à la clé de potentiels “énormes accords économiques”.Le président américain, qui a engagé un spectaculaire rapprochement avec Moscou, a d’ores et déjà validé plusieurs revendications russes, en jugeant impossibles le maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son adhésion à l’Otan.A l’inverse, il a soumis les autorités ukrainiennes à une pression extrême, qui a culminé lorsque Donald Trump a publiquement rabroué M. Zelensky à la Maison Blanche.Il a ensuite suspendu l’aide militaire et en renseignements à Kiev, ne les rétablissant que lorsque l’Ukraine a entériné son projet de trêve.La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont assuré mardi l’Ukraine de la poursuite de leur aide militaire.Côté UE, face à la menace russe et au risque de désengagement américain, la Commission européenne présente mercredi un “livre blanc” de la défense à destination des Etats membres, pour les aider à renforcer les capacités militaires de l’Union.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le Hamas dit rester ouvert aux négociations, nouvelles frappes israéliennes sur Gaza

Le Hamas a affirmé mercredi rester ouvert aux négociations tout en exigeant le respect de l’accord de trêve, après les bombardements massifs menés par Israël sur la bande de Gaza et les menaces d’escalade du gouvernement israélien.Israël a mené pendant la nuit de nouvelles frappes sur le territoire palestinien qui ont fait 13 morts, a annoncé mercredi la Défense civile.Mardi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait averti que les frappes de la nuit précédente n’étaient “que le début” et que la pression militaire était indispensable pour assurer la libération des otages encore aux mains du Hamas.Ces bombardements, de loin les plus violents depuis le début de la trêve le 19 janvier, ont fait 413 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas, alors que les négociations indirectes sur la suite du processus sont au point mort. Ce bilan a fait de mardi l’une des journées les plus meurtrières depuis le début de la guerre, déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien dans le sud d’Israël.Le Hamas “n’a pas refermé la porte des négociations, mais nous insistons sur le fait qu’il n’y a aucun besoin de nouveaux accords”, a déclaré mercredi à l’AFP un de ses dirigeants, Taher al-Nounou, joint par téléphone à partir du Caire.”Nous n’avons pas de conditions préalables mais nous exigeons (qu’Israël) soit contraint à cesser immédiatement (les hostilités) et à commencer la seconde phase des négociations” prévues par l’accord de trêve, a-t-il ajouté.- “Sous le feu” -La reprise mardi des bombardements a fait craindre un retour de la guerre à grande échelle. Les frappes israéliennes “brisent les espoirs” de paix, a averti l’Allemagne mercredi.”Désormais”, les négociations sur la libération des otages “ne se dérouleront que sous le feu”, a affirmé mardi M. Netanyahu, ajoutant que la pression militaire était “indispensable” pour assurer leur retour.Le Hamas “a déjà ressenti notre force ces dernières 24 heures. Et je veux vous assurer, à vous et à eux: ce n’est que le début”, a déclaré le Premier ministre dans une allocution télévisée, s’adressant notamment aux familles d’otages.Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque du Hamas, 58 restent retenues à Gaza dont 34 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.Mercredi, la Défense civile de Gaza a annoncé qu’Israël avait mené pendant la nuit “plusieurs frappes aériennes”, qui ont fait 13 morts “et des dizaines de blessés, y compris des femmes et des enfants”, à Khan Younès, dans le sud, et à Gaza-ville, dans le nord du territoire.L’armée a lancé un nouvel appel aux civils pour évacuer des zones de combat. La veille déjà, des familles palestiniennes avaient commencé à fuir au milieu des ruines, sacs et couvertures empilés sur leurs têtes ou dans des charrettes.”Où est la sécurité? Où devrions-nous aller? Qu’ils lâchent une bombe nucléaire sur nous et qu’on en finisse. Nous sommes fatigués de cette vie”, a témoigné en pleurant Ahlam Abed, une déplacée dans le camp d’Al-Mawasi, dans le sud de Gaza.En Israël, des familles d’otages ont accusé le gouvernement de “sacrifier” leurs proches en reprenant les bombardements.”La pression militaire ne va pas les ramener, nous le savons d’expérience”, a affirmé à Tel-Aviv Yaïr Horn, un ex-otage.Benjamin Netanyahu se trouve sous forte pression de ses alliés d’extrême droite, hostiles à un cessez-le-feu. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, figure de l’extrême droite qui avait démissionné en janvier pour protester contre la trêve, a annoncé mardi son retour au gouvernement.- “Totale coordination” -Le gouvernement israélien a souligné mardi que les frappes avaient été menées “en totale coordination” avec les Etats-Unis, son principal allié.Le Hamas a appelé de son côté “les pays amis” à “faire pression” sur les Etats-Unis afin qu’ils poussent Israël à mettre fin à ses frappes. La première phase de la trêve, qui a expiré le 1er mars, a permis le retour en Israël de 33 otages, dont huit morts, et la libération d’environ 1.800 détenus palestiniens.Depuis, les négociations indirectes menée par l’intermédiaire du Qatar, des Etats-Unis et de l’Egypte, sont au point mort.Le Hamas veut passer à la deuxième phase de l’accord, qui prévoit un cessez-le-feu permanent, le retrait israélien de Gaza, la réouverture des points de passage pour l’aide humanitaire et la libération des derniers otages.Israël souhaite une extension de la première phase jusqu’à mi-avril et réclame, pour passer à la deuxième, la “démilitarisation” de Gaza et le départ du Hamas, qui dirige le territoire depuis 2007.L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné du côté israélien la mort de 1.218 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.En riposte, Israël a lancé une offensive à Gaza qui avait fait au moins 48.572 morts, majoritairement des civils, avant ces nouvelles frappes, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Le Hamas dit rester ouvert aux négociations, nouvelles frappes israéliennes sur Gaza

Le Hamas a affirmé mercredi rester ouvert aux négociations tout en exigeant le respect de l’accord de trêve, après les bombardements massifs menés par Israël sur la bande de Gaza et les menaces d’escalade du gouvernement israélien.Israël a mené pendant la nuit de nouvelles frappes sur le territoire palestinien qui ont fait 13 morts, a annoncé mercredi la Défense civile.Mardi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait averti que les frappes de la nuit précédente n’étaient “que le début” et que la pression militaire était indispensable pour assurer la libération des otages encore aux mains du Hamas.Ces bombardements, de loin les plus violents depuis le début de la trêve le 19 janvier, ont fait 413 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas, alors que les négociations indirectes sur la suite du processus sont au point mort. Ce bilan a fait de mardi l’une des journées les plus meurtrières depuis le début de la guerre, déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien dans le sud d’Israël.Le Hamas “n’a pas refermé la porte des négociations, mais nous insistons sur le fait qu’il n’y a aucun besoin de nouveaux accords”, a déclaré mercredi à l’AFP un de ses dirigeants, Taher al-Nounou, joint par téléphone à partir du Caire.”Nous n’avons pas de conditions préalables mais nous exigeons (qu’Israël) soit contraint à cesser immédiatement (les hostilités) et à commencer la seconde phase des négociations” prévues par l’accord de trêve, a-t-il ajouté.- “Sous le feu” -La reprise mardi des bombardements a fait craindre un retour de la guerre à grande échelle. Les frappes israéliennes “brisent les espoirs” de paix, a averti l’Allemagne mercredi.”Désormais”, les négociations sur la libération des otages “ne se dérouleront que sous le feu”, a affirmé mardi M. Netanyahu, ajoutant que la pression militaire était “indispensable” pour assurer leur retour.Le Hamas “a déjà ressenti notre force ces dernières 24 heures. Et je veux vous assurer, à vous et à eux: ce n’est que le début”, a déclaré le Premier ministre dans une allocution télévisée, s’adressant notamment aux familles d’otages.Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque du Hamas, 58 restent retenues à Gaza dont 34 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.Mercredi, la Défense civile de Gaza a annoncé qu’Israël avait mené pendant la nuit “plusieurs frappes aériennes”, qui ont fait 13 morts “et des dizaines de blessés, y compris des femmes et des enfants”, à Khan Younès, dans le sud, et à Gaza-ville, dans le nord du territoire.L’armée a lancé un nouvel appel aux civils pour évacuer des zones de combat. La veille déjà, des familles palestiniennes avaient commencé à fuir au milieu des ruines, sacs et couvertures empilés sur leurs têtes ou dans des charrettes.”Où est la sécurité? Où devrions-nous aller? Qu’ils lâchent une bombe nucléaire sur nous et qu’on en finisse. Nous sommes fatigués de cette vie”, a témoigné en pleurant Ahlam Abed, une déplacée dans le camp d’Al-Mawasi, dans le sud de Gaza.En Israël, des familles d’otages ont accusé le gouvernement de “sacrifier” leurs proches en reprenant les bombardements.”La pression militaire ne va pas les ramener, nous le savons d’expérience”, a affirmé à Tel-Aviv Yaïr Horn, un ex-otage.Benjamin Netanyahu se trouve sous forte pression de ses alliés d’extrême droite, hostiles à un cessez-le-feu. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, figure de l’extrême droite qui avait démissionné en janvier pour protester contre la trêve, a annoncé mardi son retour au gouvernement.- “Totale coordination” -Le gouvernement israélien a souligné mardi que les frappes avaient été menées “en totale coordination” avec les Etats-Unis, son principal allié.Le Hamas a appelé de son côté “les pays amis” à “faire pression” sur les Etats-Unis afin qu’ils poussent Israël à mettre fin à ses frappes. La première phase de la trêve, qui a expiré le 1er mars, a permis le retour en Israël de 33 otages, dont huit morts, et la libération d’environ 1.800 détenus palestiniens.Depuis, les négociations indirectes menée par l’intermédiaire du Qatar, des Etats-Unis et de l’Egypte, sont au point mort.Le Hamas veut passer à la deuxième phase de l’accord, qui prévoit un cessez-le-feu permanent, le retrait israélien de Gaza, la réouverture des points de passage pour l’aide humanitaire et la libération des derniers otages.Israël souhaite une extension de la première phase jusqu’à mi-avril et réclame, pour passer à la deuxième, la “démilitarisation” de Gaza et le départ du Hamas, qui dirige le territoire depuis 2007.L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné du côté israélien la mort de 1.218 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.En riposte, Israël a lancé une offensive à Gaza qui avait fait au moins 48.572 morts, majoritairement des civils, avant ces nouvelles frappes, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Turquie : arrestation du maire d’Istanbul, principal opposant à Erdogan

Le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, principal opposant au président turc Recep Tayyip Erdogan, a été interpellé mercredi matin ainsi que plus d’une centaine de ses collaborateurs, d’élus et membres de son parti qui dénonce “un coup d’état” contre l’opposition.Populaire et charismatique, le maire qui croule sous les procédures judiciaires à son encontre, est accusé cette fois de “corruption” et, selon l’agence officielle Anadolu, de “terrorisme”.Son arrestation a provoqué une chute immédiate de la livre turque qui a atteint le record de 40 livres pour un dollar et de 42 livres pour un euro (après avoir plongé jusqu’à 44,7 pour un euro).La bourse d’Istanbul  – dont le site est inaccessible – a également dû suspendre temporairement ses opérations après une chute de 6,87 % de son indice, selon les médias turcs, avant de rouvrir à 10H30 (7H30 GMT).Selon un de ses proches collaborateurs, le maire, pressenti par son parti pour être son candidat à la prochaine élection présidentielle, a été emmené dans les locaux de la police.Dans une vidéo postée sur X, l’édile de 53 ans, en train de s’habiller et de nouer sa cravate, dénonce la fouille de son domicile: “Des centaines de policiers sont arrivés à ma porte. La police fait irruption chez moi et frappe à ma porte. Je m’en remets à ma nation”, indique-t-il.- Avant l’aube -“Les policiers sont arrivés juste après le sahur (le repas avant le lever du jour en cette période de ramadan, ndlr). Ekrem Bey a commencé à se préparer.(…) Ils ont quitté la maison vers 7h30” a témoigné l’épouse du maire, Dilek Imamoglu, sur la chaine privée NTV. Selon le communiqué du bureau du procureur d’Istanbul, M. Imamoglu est accusé de corruption et d’extorsion, le désignant comme le chef d’une “organisation criminelle à but lucratif”.L’agence étatique Anadolu évoque également des accusations de “terrorisme” et “d’aide au PKK”, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (interdit), à l’encontre de sept suspects dont le maire.Tous les rassemblements et manifestations ont été interdits jusqu’à dimanche par le gouverneur d’Istanbul mais de nombeux partisans du maire, qui avait initialement prévu de les rassembler mercredi, convergeaient vers la municipalité cernée de barrières, selon un photographe de l’AFP.L’emblématique place Taksim, au centre d’Istanbul, haut lieu traditionnel des manifestations, a été également complètement fermée et les passants sont réticents à s’exprimer ont constaté les correspoecndats de l’AFP.”On est dans une dictature” lâche un commerçant identifié par son seul prénom, Kuzey. “Ce gars et sa sale bande nous haïssent. Dès qu’il ont affaire à quelqu’un de fort ils font quelque chose d’illégal, ils paniquent” crache-t-il à propos du chef de l’Etat. “Ce sont des diables, mais des amateurs, on va les battre”.Le président du parti CHP (Parti républicain du peuple, social-démocrate) de M. Imamgoglu, Özgur Özel, a dénoncé “un coup de force pour entraver la volonté du peuple” et “contre le prochain président” de la Turquie.- Harcèlement judiciaire-“Ce qui s’est passé ce matin n’est rien d’autre qu’un coup d’Etat contre le principal parti d’opposition, avec des conséquences considérables pour l’avenir politique du pays” a estimé Berk Esen, politiste de l’université Sabanci d’Istanbul, joint par l’AFP. “Cette décision pousse la Turquie plus loin sur la voie de l’autocratie, à l’instar du Venezuela, de la Russie et de la Biélorussie”.M. Imamoglu est seul en lice pour représenter son parti à la prochaine présidentielle prévue en 2028 et devait être officiellement désigné dimanche au cours d’une primaire au sein du CHP.L’université d’Istanbul avait annulé mardi son diplôme, ajoutant un obstacle supplémentaire à son éventuelle candidature : la Constitution exige un diplôme de l’enseignement supérieur  pour toute candidature aux fonctions de chef de l’Etat.L’édile avait dénoncé une décision “illégale” et annoncé son intention de la contester en justice, estimant que le conseil d’administration de l’université stambouliote n’était pas habilité à agir ainsi.”Les droits acquis de chacun dans ce pays sont menacés”, avait-il accusé.Figure du CHP, principal parti d’opposition parlementaire, Ekrem Imamoglu est visé par cinq autres procédures judiciaires, dont deux ont été ouvertes en janvier.En 2023, M. Imamoglu avait déjà été empêché de facto de se présenter à la présidence, en raison d’une condamnation en suspens pour “insulte” à des responsables du comité électoral turc.Opposant véhément au président Erdogan, M. Imamoglu a dénoncé fin janvier le “harcèlement” de la justice à son encontre. Il sortait alors d’un tribunal d’Istanbul où il était entendu dans le cadre d’une enquête ouverte après des critiques contre le procureur général de cette ville.

Turquie : arrestation du maire d’Istanbul, principal opposant à Erdogan

Le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, principal opposant au président turc Recep Tayyip Erdogan, a été interpellé mercredi matin ainsi que plus d’une centaine de ses collaborateurs, d’élus et membres de son parti qui dénonce “un coup d’état” contre l’opposition.Populaire et charismatique, le qui croule sous les procédures judiciaires à son encontre, est accusé cette fois de “corruption” et, selon l’agence officielle Anadolu, de “terrorisme”.Son arrestation a provoqué une chute immédiate de la livre turque qui a atteint le record de 40 livres pour un dollar et de 42 livres pour un euro (après avoir plongé jusqu’à 44,7 pour un euro).La bourse d’Istanbul  – dont le site est inaccessible – a également dû suspendre temporairement ses opérations après une chute de 6,87 % de son indice, selon les médias turcs, avant de rouvrir à 10H30 (7H30 GMT).Selon un de ses proches collaborateurs, le maire, pressenti par son parti pour être son candidat à la prochaine élection présidentielle, a été emmené dans les locaux de la police.Dans une vidéo postée sur X, l’édile de 53 ans, en train de s’habiller et de nouer sa cravate, dénonce la fouille de son domicile: “Des centaines de policiers sont arrivés à ma porte. La police fait irruption chez moi et frappe à ma porte. Je m’en remets à ma nation”, indique-t-il.- Avant l’aube -“Les policiers sont arrivés juste après le sahur (le repas avant le lever du jour en cette période de ramadan, ndlr). Ekrem Bey a commencé à se préparer.(…) Ils ont quitté la maison vers 7h30” a témoigné l’épouse du maire, Dilek Imamoglu, sur la chaine privée NTV. Selon le communiqué du bureau du procureur d’Istanbul, M. Imamoglu est accusé de corruption et d’extorsion, le désignant comme le chef d’une “organisation criminelle à but lucratif”.L’agence étatique Anadolu évoque également des accusations de “terrorisme” et “d’aide au PKK”, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (interdit), à l’encontre de sept suspects dont le maire.Tous les rassemblements et manifestations ont été interdits jusqu’à dimanche par le gouverneur d’Istanbul mais de nombeux partisans du maire, qui avait initialement prévu de les rassembler mercredi, convergeaient vers la municipalité cernée de barrières, selon un photographe de l’AFP.L’emblématique place Taksim, au centre d’Istanbul, haut lieu traditionnel des manifestations, a été également complètement fermée et les passants sont réticents à s’exprimer ont constaté les correspoecndats de l’AFP.”On est dans une dictature” lâche un commerçant identifié par son seul prénom, Kuzey. “Ce gars et sa sale bande nous haïssent. Dès qu’il ont affaire à quelqu’un de fort ils font quelque chose d’illégal, ils paniquent” crache-t-il à propos du chef de l’Etat. “Ce sont des diables, mais des amateurs, on va les battre”.Le président du parti CHP (Parti républicain du peuple, social-démocrate) de M. Imamgoglu, Özgur Özel, a dénoncé “un coup de force pour entraver la volonté du peuple” et “contre le prochain président” de la Turquie.- Harcèlement judiciaire-“Ce qui s’est passé ce matin n’est rien d’autre qu’un coup d’Etat contre le principal parti d’opposition, avec des conséquences considérables pour l’avenir politique du pays” a estimé Berk Esen, politiste de l’université Sabanci d’Istanbul, joint par l’AFP. “Cette décision pousse la Turquie plus loin sur la voie de l’autocratie, à l’instar du Venezuela, de la Russie et de la Biélorussie”.M. Imamoglu est seul en lice pour représenter son parti à la prochaine présidentielle prévue en 2028 et devait être officiellement désigné dimanche au cours d’une primaire au sein du CHP.L’université d’Istanbul avait annulé mardi son diplôme, ajoutant un obstacle supplémentaire à son éventuelle candidature : la Constitution exige un diplôme de l’enseignement supérieur  pour toute candidature aux fonctions de chef de l’Etat.L’édile avait dénoncé une décision “illégale” et annoncé son intention de la contester en justice, estimant que le conseil d’administration de l’université stambouliote n’était pas habilité à agir ainsi.”Les droits acquis de chacun dans ce pays sont menacés”, avait-il accusé.Figure du CHP, principal parti d’opposition parlementaire, Ekrem Imamoglu est visé par cinq autres procédures judiciaires, dont deux ont été ouvertes en janvier.En 2023, M. Imamoglu avait déjà été empêché de facto de se présenter à la présidence, en raison d’une condamnation en suspens pour “insulte” à des responsables du comité électoral turc.Opposant véhément au président Erdogan, M. Imamoglu a dénoncé fin janvier le “harcèlement” de la justice à son encontre. Il sortait alors d’un tribunal d’Istanbul où il était entendu dans le cadre d’une enquête ouverte après des critiques contre le procureur général de cette ville.

Imamoglu, maire d’Istanbul et bête noire du président Erdogan

Champion de l’opposition turque, le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu arrêté mercredi à l’aube est plus que jamais dans le viseur du président Recep Tayyip Erdogan qu’il rêve de détrôner.Le véhément opposant au chef de l’Etat, lui-même maire dans les années 90 de cette ville, la capitale économique de la Turquie, croule sous les procédures lancées qui contrecarrent son éventuelle candidature à la magistrature suprême.L’édile qui avait fait une entrée fracassante sur la scène politique nationale en 2019 en infligeant une humiliante défaite électorale au chef de l’Etat, est visé par six procédures, dont l’une, qui avait débouché sur une peine de prison dont il a fait appel, l’avait déjà mis hors jeu pour la présidentielle de 2023.Largement réélu l’an passé à la tête de la plus grande ville de Turquie, il devait être désigné dimanche comme le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) à la présidence pour les élections de 2028.Arrêté mercredi pour “corruption” et “terrorisme”, il avait vu mardi son diplôme universitaire annulé ce qui, en vertu de la Constitution, risque de barrer sa  candidature à l’élection présidentielle.Son parti a dénoncé un “coup contre notre prochain président”.Ekrem Imamoglu a plusieurs fois accusé les autorités de harcèlement à son encontre.”Nous subissons un harcèlement judiciaire au plus haut niveau mais nous n’abandonnons et n’abandonnerons pas”, avait-il lancé fin janvier à la foule massée pour le soutenir devant un tribunal d’Istanbul où il comparaissait pour des propos contre le procureur général de cette ville.- “Plaire à tous” -En ravissant Istanbul en 2019, après 25 années de domination locale du camp de M. Erdogan, et en conservant haut la main cette mégapole en 2024 malgré les efforts déployés par le chef de l’Etat pour lui faire barrage, Ekrem Imamoglu est devenu l’homme à abattre.Régulièrement classé parmi les personnalités politiques préférées des Turcs, celui qui était un quasi inconnu jusqu’en 2019 ne cesse de se poser en rival direct de Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, d’abord comme Premier ministre puis en tant que président.Musulman pratiquant mais membre d’un parti laïque, cet ex-homme d’affaires originaire des côtes de la mer Noire, qui a fait fortune dans le bâtiment avant d’entrer en politique, séduit au-delà de sa formation.”Il peut plaire à tous les segments de l’électorat d’opposition, qu’il s’agisse d’électeurs turcs, kurdes, sunnites, alévis, jeunes ou âgés”, estime Berk Esen, de l’université Sabanci d’Istanbul. “Ses mots résonnent (…) Il répond avec sincérité. Il gagne facilement le coeur des gens”, explique à l’AFP l’ancien journaliste Sükrü Küçüksahin, un de ses proches.- “Fourmi atomique” -Le maire ne fait toutefois pas l’unanimité dans son camp, où il est parfois accusé de se soucier davantage de son avenir que de ses administrés.Certains redoutent déjà qu’il ne devienne un “Erdogan bis”, concentrant les pouvoirs à la tête du pays.Ses adversaires affirment qu’il investit davantage dans la communication que dans la prévention du risque sismique, très élevé à Istanbul, ce que les chiffres de la mairie démentent.”C’est quelqu’un qui depuis cinq ans ne s’intéresse qu’à des questions sans lien avec Istanbul”, avait lancé pendant les élections municipales de 2024 son principal adversaire, un protégé du président Erdogan.Ekrem Imamoglu assure quant à lui travailler “comme une fourmi atomique” -une référence à un dessin animé populaire- et se vante d’avoir largement féminisé la municipalité.

Imamoglu, maire d’Istanbul et bête noire du président Erdogan

Champion de l’opposition turque, le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu arrêté mercredi à l’aube est plus que jamais dans le viseur du président Recep Tayyip Erdogan qu’il rêve de détrôner.Le véhément opposant au chef de l’Etat, lui-même maire dans les années 90 de cette ville, la capitale économique de la Turquie, croule sous les procédures lancées qui contrecarrent son éventuelle candidature à la magistrature suprême.L’édile qui avait fait une entrée fracassante sur la scène politique nationale en 2019 en infligeant une humiliante défaite électorale au chef de l’Etat, est visé par six procédures, dont l’une, qui avait débouché sur une peine de prison dont il a fait appel, l’avait déjà mis hors jeu pour la présidentielle de 2023.Largement réélu l’an passé à la tête de la plus grande ville de Turquie, il devait être désigné dimanche comme le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) à la présidence pour les élections de 2028.Arrêté mercredi pour “corruption” et “terrorisme”, il avait vu mardi son diplôme universitaire annulé ce qui, en vertu de la Constitution, risque de barrer sa  candidature à l’élection présidentielle.Son parti a dénoncé un “coup contre notre prochain président”.Ekrem Imamoglu a plusieurs fois accusé les autorités de harcèlement à son encontre.”Nous subissons un harcèlement judiciaire au plus haut niveau mais nous n’abandonnons et n’abandonnerons pas”, avait-il lancé fin janvier à la foule massée pour le soutenir devant un tribunal d’Istanbul où il comparaissait pour des propos contre le procureur général de cette ville.- “Plaire à tous” -En ravissant Istanbul en 2019, après 25 années de domination locale du camp de M. Erdogan, et en conservant haut la main cette mégapole en 2024 malgré les efforts déployés par le chef de l’Etat pour lui faire barrage, Ekrem Imamoglu est devenu l’homme à abattre.Régulièrement classé parmi les personnalités politiques préférées des Turcs, celui qui était un quasi inconnu jusqu’en 2019 ne cesse de se poser en rival direct de Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, d’abord comme Premier ministre puis en tant que président.Musulman pratiquant mais membre d’un parti laïque, cet ex-homme d’affaires originaire des côtes de la mer Noire, qui a fait fortune dans le bâtiment avant d’entrer en politique, séduit au-delà de sa formation.”Il peut plaire à tous les segments de l’électorat d’opposition, qu’il s’agisse d’électeurs turcs, kurdes, sunnites, alévis, jeunes ou âgés”, estime Berk Esen, de l’université Sabanci d’Istanbul. “Ses mots résonnent (…) Il répond avec sincérité. Il gagne facilement le coeur des gens”, explique à l’AFP l’ancien journaliste Sükrü Küçüksahin, un de ses proches.- “Fourmi atomique” -Le maire ne fait toutefois pas l’unanimité dans son camp, où il est parfois accusé de se soucier davantage de son avenir que de ses administrés.Certains redoutent déjà qu’il ne devienne un “Erdogan bis”, concentrant les pouvoirs à la tête du pays.Ses adversaires affirment qu’il investit davantage dans la communication que dans la prévention du risque sismique, très élevé à Istanbul, ce que les chiffres de la mairie démentent.”C’est quelqu’un qui depuis cinq ans ne s’intéresse qu’à des questions sans lien avec Istanbul”, avait lancé pendant les élections municipales de 2024 son principal adversaire, un protégé du président Erdogan.Ekrem Imamoglu assure quant à lui travailler “comme une fourmi atomique” -une référence à un dessin animé populaire- et se vante d’avoir largement féminisé la municipalité.