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Entretien téléphonique Trump-Zelensky, Kiev et Moscou échangent des prisonniers de guerre

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’entretenait mercredi au téléphone avec son homologue américain Donald Trump, après l’annonce faite par Moscou et Kiev sur un échange de 175 prisonniers de guerre de chaque camp.”Le président de l’Ukraine mène une conversation téléphonique avec le président américain Donald Trump”, a indiqué aux journalistes le porte-parole de M. Zelensky, Serguiï Nykyforov. Le président Zelensky avait déclaré auparavant qu’il allait discuter avec M. Trump des “prochaines étapes”, demandant notamment que “les Etats-Unis (soient) la principale entité de contrôle” du cessez-le-feu partiel.Il a assuré que Kiev respectera ce cessez-le-feu partiel sur les infrastructures énergétiques si Moscou fait de même: “Si les Russes ne frappent pas nos installations, nous ne frapperons certainement pas les leurs”.Sa conversation avec le président américain a lieu au lendemain de l’entretien Trump-Poutine alors que Moscou et Kiev s’accusaient mutuellement mercredi de ne pas vouloir régler le conflit après une nuit d’attaques menées par les deux camps.Moscou et Kiev ont cependant annoncé mercredi avoir récupéré 175 prisonniers de guerre de chaque camp ainsi que 22 prisonniers ukrainiens “gravement blessés”, comme convenu la veille après l’appel entre MM. Poutine et Trump.Il s’agit, selon le président Zelensky, d’un des “plus grands échanges” organisés par les deux pays, qui s’affrontent depuis le début de l’invasion russe en février 2022.Donald Trump et Vladimir Poutine ont convenu mardi d’un cessez-le-feu limité aux frappes sur les infrastructures énergétiques pour un mois.Pour le président Zelensky, non associé aux pourparlers américano-russes, “Poutine a en réalité refusé la proposition d’un cessez-le-feu complet”. L’Ukraine avait accepté, sous la pression de Washington, l’idée d’un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours, rejeté par Moscou.- “Cessez-le feu total”-L’émissaire américain Steve Witkoff a déclaré mercredi sur Bloomberg TV s’attendre à un cessez-le-feu total en Ukraine “d’ici deux semaines”, précisant que des pourparlers américano-russes auront lieu en Arabie saoudite en début de semaine prochaine.Selon le ministère russe de la Défense, une frappe ukrainienne “délibérée” a visé pendant la nuit un dépôt pétrolier de la région de Krasnodar (sud de la Russie). Tout comme la Russie s’acharne sur ses infrastructures énergétiques, l’Ukraine cible régulièrement les dépôts pétroliers russes.Cette dernière a été visée pendant la nuit par six missiles et 145 drones de combat russes, a indiqué l’armée ukrainienne. La défense aérienne a abattu 72 drones, selon l’armée, laissant entendre qu’aucun des six missiles n’avait pu être détruit.Les chemins de fer ukrainiens ont affirmé qu’une infrastructure énergétique ferroviaire avait été frappée par des drones dans la région centrale de Dnipropetrovsk.Volodymyr Zelensky a fait état de frappes contre des infrastructures civiles et énergétiques, notamment à Kiev et Soumy, dans le nord du pays, où un hôpital a été ciblé par une “frappe directe” de drone mardi soir.”Moins d’une heure après que Poutine a soi-disant accepté de ne pas frapper l’infrastructure ukrainienne (…), il a attaqué l’infrastructure énergétique dans l’est de l’Ukraine”, a dénoncé mercredi sur X le conseiller présidentiel ukrainien Mykhaïlo Podoliak.Un homme de 29 ans a été tué et trois autres personnes blessées dans une autre frappe dans la région de Soumy, contre un immeuble résidentiel, selon les autorités. Et mercredi matin, un bombardement russe a tué un civil à Kherson (sud), selon les autorités locales.- Européens déçus -Les Européens se sont montrés déçu de la conversation Trump-Poutine. Pour Berlin, “Poutine joue à un jeu”, et Paris a estimé qu’un accord de cessez-le-feu ne peut être trouvé tant qu’Ukrainiens et Européens “ne sont pas dans la discussion”. Londres a pour sa part jugé “décevant” que le président “Poutine n’ait pas accepté un cessez-le-feu complet” et “sans conditions” avec l’Ukraine.La Chine en revanche a “salué” mercredi “tous les efforts” allant en direction d’un cessez-le-feu en Ukraine.Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a avancé que des discussions sont prévues mercredi et jeudi pour déterminer “les dates précises des prochains contacts et la composition” des délégations russe et américaine pour d’éventuelles négociations.M. Poutine, sans s’engager à un cessez-le-feu total, avait exigé avant l’entretien la fin du “réarmement” de l’Ukraine et l’arrêt de l’aide occidentale à Kiev.La diplomatie européens compte soumettre jeudi aux 27 Etats-membres de l’UE une proposition d’aide militaire à Kiev – revue à la baisse – de cinq milliards d’euros, afin qu’elle reçoive au plus vite quelque deux millions d’obus d’artillerie.Les comptes-rendus publiés par les deux capitales ne mentionnent pas d’éventuels redécoupages territoriaux, après que le président américain a dit être prêt à parler de “partage” entre l’Ukraine et la Russie, qui réclame cinq régions ukrainiennes dont la Crimée.L’exécutif américain a vanté l'”immense avantage” d’une “meilleure relation bilatérale” avec la Russie.Donald Trump, engagé dans un spectaculaire rapprochement avec Moscou, a déjà validé plusieurs revendications russes, jugeant impossibles le maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son adhésion à l’Otan.A l’inverse, il a soumis les autorités ukrainiennes à une pression extrême, qui a culminé lorsqu’il a publiquement rabroué M. Zelensky à la Maison Blanche.Il a ensuite suspendu l’aide militaire et en renseignements à Kiev, ne les rétablissant que lorsque l’Ukraine a entériné son projet de cessez-le-feu.

Tadjikistan: le président Rakhmon, sans opposition, conforté par les législatives

Opposants en prison, observateurs indépendants absents et médias non accrédités: les élections législatives au Tadjikistan ont consacré la victoire attendue du parti du président Emomali Rakhmon, au pouvoir dans cette ex-république d’Asie centrale depuis 1992.Sans surprise, le parti démocratique-populaire du dirigeant Rakhmon a confirmé à l’issue du scrutin du 2 mars sa mainmise sur la chambre basse du Parlement, convoquée mercredi pour sa première session.Après des multiples tentatives infructueuses de l’AFP pour obtenir des résultats précis durant deux semaines, un responsable du parti présidentiel a finalement confirmé mercredi que le groupe avait empoché 49 des 63 sièges.De quoi laisser quelques miettes aux quatre autres partis sur les sept autorisés, tous loyaux envers le “fondateur de la paix et de l’unité nationale”, M. Rakhmon, qui a pourtant souligné le caractère “libre, démocratique et transparent” des élections.Le scrutin s’est tenu un mois après la condamnation de neuf responsables politiques d’opposition et de journalistes à des peines allant jusqu’à 27 ans de prison ferme pour “coup d’État” dans une affaire tenue secrète, nouvelle illustration de la dégradation de la situation démocratique, selon certains observateurs.Si les alliés du Tadjikistan, principalement la Russie, d’autres ex-républiques soviétiques et la Chine, ont loué le scrutin, leur avis tranche avec celui des observateurs indépendants de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).Notant une “détérioration manifeste du respect des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion”, l’OSCE a renoncé, fait rare, à couvrir le scrutin faute de “garanties formelles” des autorités pour “mener à bien (son) travail”.Et prétextant des problèmes administratifs, la Commission électorale n’a pas accrédité les rares médias non gouvernementaux.- “Connu à l’avance” -Des Tadjiks rencontrés par l’AFP avant ou pendant le scrutin dans la capitale Douchanbé avaient indiqué se sentir peu concernés par le vote, après une campagne électorale atone et des partis peu connus aux programmes quasiment similaires.Makhmoud, chauffeur de taxi de 36 ans, dit seulement connaître un candidat, son voisin, affilié au parti présidentiel. Et Matlouba, professeure de technologie de 23 ans, a du mal à comprendre pourquoi les autorités ont “dépensé autant alors qu’on sait déjà qui sera élu et tout est connu à l’avance”.D’autres semblaient désabusés, comme Alicher, ouvrier en bâtiment de 40 ans.”Je ne vois pas l’intérêt d’aller voter tant que les députés ne soutiendront pas les groupes vulnérables de la population”, dit-il.Le Tadjikistan reste la plus pauvre des ex-républiques soviétiques. Le salaire moyen a beau avoir augmenté, il ne dépasse toujours pas les 200 euros mensuels.Quand ils sont interrogés face caméra, les Tadjiks restent toutefois plus mesurés, la majorité de la population craignant de s’adresser aux médias.Saïora Noumonova, médecin, aimerait que les nouveaux députés “ouvrent des écoles et des centres de formation pour assurer aux jeunes une éducation et un emploi” et n’émigrent pas en Russie.- Libertés en baisse -Ces législatives étaient le dernier scrutin national avant la présidentielle de 2027 quand Emomali Rakhmon, 72 ans dont 32 au pouvoir, pourrait passer la main à son fils Roustam Emomali.Cet homme discret de 37 ans cumule déjà plusieurs responsabilités (député, président de la Chambre haute du Parlement, maire de Douchanbé, président de la Fédération de football, etc).Une perspective qui, selon certains observateurs, pousse le “chef de la nation” à raffermir son pouvoir pour assurer la transition dans un pays encore marqué par la guerre civile (1992-1997).Selon un expert tadjik, qui préfère rester anonyme par craintes de représailles, “les élections au Tadjikistan n’ont jamais été transparentes ni équitables depuis l’indépendance. Mais plus ça va, plus la situation empire”.”Jusqu’à présent, les autorités tentaient de faire comme si le processus était démocratique (…) mais ce qui se passe désormais dépasse toutes les limites”, déclare-t-il à l’AFP.D’après lui, “dans un pays où le pouvoir exécutif a subordonné tous les autres, le Parlement ne peut pas jouer un rôle significatif, les députés continueront à assurer la fonction de légitimation des décisions du gouvernement”.Un constat qui fait écho au rapport 2025 de l’ONG Freedom House. Le Tadjikistan fait partie des Etats ayant enregistré la plus forte baisse des libertés civiles et politiques durant la dernière décennie pour s’installer durablement parmi les “pires des pires”.

Tadjikistan: le président Rakhmon, sans opposition, conforté par les législatives

Opposants en prison, observateurs indépendants absents et médias non accrédités: les élections législatives au Tadjikistan ont consacré la victoire attendue du parti du président Emomali Rakhmon, au pouvoir dans cette ex-république d’Asie centrale depuis 1992.Sans surprise, le parti démocratique-populaire du dirigeant Rakhmon a confirmé à l’issue du scrutin du 2 mars sa mainmise sur la …

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Bousculée par Trump, l’UE lance le processus de son réarmement

L’Union européenne a donné mercredi le coup d’envoi d’un plan visant à réarmer le continent d’ici à 2030, face à la menace russe et au risque de désengagement américain.”C’est un moment pivot pour la sécurité européenne”, a lancé la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.Les remises en cause de l’engagement américain en Europe, et particulièrement en Ukraine, après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche ont aussi agi comme un électrochoc.”Les 450 millions de citoyens de l’Union européenne ne devraient pas dépendre de 340 millions d’Américains pour se défendre contre 140 millions de Russes qui n’arrivent pas à battre 38 millions d’Ukrainiens”, a résumé le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius.Les dépenses militaires des 27 ont augmenté de plus de 31% depuis 2021, pour atteindre 326 milliards d’euros en 2024. “C’est mieux, mais ce n’est pas suffisant”, avait affirmé mardi la présidente de la Commision eurpéenne Ursula von der Leyen.La Commission européenne a présenté mercredi un “livre blanc” pour la défense, sorte de mode d’emploi à destination des Etats membres pour les aider à renforcer les capacités de défense du continent.On y retrouve les grandes lignes du plan dévoilé il y a deux semaines par Mme von der Leyen avec un objectif affiché de 800 milliards d’euros pour mettre l’Europe de la défense en ordre de marche.Un montant ambitieux, mais dont la mise en œuvre dépend surtout de la bonne volonté des Etats membres de l’UE, soulignent des diplomates à Bruxelles. La Commission européenne veut ainsi permettre aux Etats membres de consacrer jusqu’à 1,5% de leur Produit intérieur brut (PIB) pendant quatre ans à des dépenses militaires, sans crainte d’enfreindre les règles budgétaires qui encadrent les déficits publics.- Jusqu’à 650 milliards d’euros -Cela devrait permettre de mobiliser sur cette période jusqu’à 650 milliards d’euros, selon la Commission européenne. “C’est une estimation”, a reconnu mercredi un responsable de la Commission. Les 150 milliards restants seront mis à disposition des Etats membres sous forme de prêts.Chaque pays devra d’ici fin avril demander une exemption aux règles budgétaires en vigeur, selon ce “livre blanc”, rendu public mercredi.Les responsables de la Commission veulent aussi que les 27 adoptent au plus vite le texte servant de base aux prêts de 150 milliards d’euros.Il doit permettre de financer, en commun, des achats et des projets d’investissement en Europe. Des pays non membres de l’UE pourront participer, comme la Norvège.La porte est laissée ouverte, sous réserve de certains conditions, à la Turquie, ainsi qu’à la Grande-Bretagne dès qu’elle aura signé avec les 27 un accord de partenariat en matière de sécurité, a précisé Mme Kallas. Elle a dit espérer que cette signature soit possible avant un sommet UE-Royaume-Uni, prévu en mai cette année.Il s’agit aussi, selon Bruxelles d’acheter “davantage européen”, au moment où la très grande majorité des investissements en matière de défense se fait en dehors de l’Union européenne.Au moins 65% des pièces contenues dans tel ou tel armement doit être “d’origine européenne”, selon le “livre blanc”.Les dirigeants de l’UE ont déjà donné leur feu vert à ce plan proposé par Mme von der Leyen lors d’un sommet extraordinaire le 6 mars.- Aller plus loin -Plusieurs Etats membres souhaitent toutefois aller plus loin et suggèrent qu’un grand emprunt soit lancé, comme cela avait été le cas lors de la pandémie de Covid. L’UE avait alors emprunté 800 milliards d’euros. Les besoins ont cette fois été estimés à 500 milliards d’euros, mais la Commission européenne a jusqu’à présent refusé de s’engager dans cette voie. “Nous n’en sommes pas là”, a reconnu mercredi Kaja Kallas, devant quelques journalistes.La Commission européenne a également identifié les secteurs stratégiques dans lesquels les investissements doivent avoir lieu en priorité. Il s’agit surtout de combler les lacunes de l’industrie de défense en matière de munitions, de défense anti-aérienne, de drones, ou encore de missiles à longue portée.

Bousculée par Trump, l’UE lance le processus de son réarmement

L’Union européenne a donné mercredi le coup d’envoi d’un plan visant à réarmer le continent d’ici à 2030, face à la menace russe et au risque de désengagement américain.”C’est un moment pivot pour la sécurité européenne”, a lancé la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.Les remises en cause de l’engagement américain en Europe, et particulièrement en Ukraine, après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche ont aussi agi comme un électrochoc.”Les 450 millions de citoyens de l’Union européenne ne devraient pas dépendre de 340 millions d’Américains pour se défendre contre 140 millions de Russes qui n’arrivent pas à battre 38 millions d’Ukrainiens”, a résumé le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius.Les dépenses militaires des 27 ont augmenté de plus de 31% depuis 2021, pour atteindre 326 milliards d’euros en 2024. “C’est mieux, mais ce n’est pas suffisant”, avait affirmé mardi la présidente de la Commision eurpéenne Ursula von der Leyen.La Commission européenne a présenté mercredi un “livre blanc” pour la défense, sorte de mode d’emploi à destination des Etats membres pour les aider à renforcer les capacités de défense du continent.On y retrouve les grandes lignes du plan dévoilé il y a deux semaines par Mme von der Leyen avec un objectif affiché de 800 milliards d’euros pour mettre l’Europe de la défense en ordre de marche.Un montant ambitieux, mais dont la mise en œuvre dépend surtout de la bonne volonté des Etats membres de l’UE, soulignent des diplomates à Bruxelles. La Commission européenne veut ainsi permettre aux Etats membres de consacrer jusqu’à 1,5% de leur Produit intérieur brut (PIB) pendant quatre ans à des dépenses militaires, sans crainte d’enfreindre les règles budgétaires qui encadrent les déficits publics.- Jusqu’à 650 milliards d’euros -Cela devrait permettre de mobiliser sur cette période jusqu’à 650 milliards d’euros, selon la Commission européenne. “C’est une estimation”, a reconnu mercredi un responsable de la Commission. Les 150 milliards restants seront mis à disposition des Etats membres sous forme de prêts.Chaque pays devra d’ici fin avril demander une exemption aux règles budgétaires en vigeur, selon ce “livre blanc”, rendu public mercredi.Les responsables de la Commission veulent aussi que les 27 adoptent au plus vite le texte servant de base aux prêts de 150 milliards d’euros.Il doit permettre de financer, en commun, des achats et des projets d’investissement en Europe. Des pays non membres de l’UE pourront participer, comme la Norvège.La porte est laissée ouverte, sous réserve de certains conditions, à la Turquie, ainsi qu’à la Grande-Bretagne dès qu’elle aura signé avec les 27 un accord de partenariat en matière de sécurité, a précisé Mme Kallas. Elle a dit espérer que cette signature soit possible avant un sommet UE-Royaume-Uni, prévu en mai cette année.Il s’agit aussi, selon Bruxelles d’acheter “davantage européen”, au moment où la très grande majorité des investissements en matière de défense se fait en dehors de l’Union européenne.Au moins 65% des pièces contenues dans tel ou tel armement doit être “d’origine européenne”, selon le “livre blanc”.Les dirigeants de l’UE ont déjà donné leur feu vert à ce plan proposé par Mme von der Leyen lors d’un sommet extraordinaire le 6 mars.- Aller plus loin -Plusieurs Etats membres souhaitent toutefois aller plus loin et suggèrent qu’un grand emprunt soit lancé, comme cela avait été le cas lors de la pandémie de Covid. L’UE avait alors emprunté 800 milliards d’euros. Les besoins ont cette fois été estimés à 500 milliards d’euros, mais la Commission européenne a jusqu’à présent refusé de s’engager dans cette voie. “Nous n’en sommes pas là”, a reconnu mercredi Kaja Kallas, devant quelques journalistes.La Commission européenne a également identifié les secteurs stratégiques dans lesquels les investissements doivent avoir lieu en priorité. Il s’agit surtout de combler les lacunes de l’industrie de défense en matière de munitions, de défense anti-aérienne, de drones, ou encore de missiles à longue portée.

Mandat d’arrêt émis contre Milorad Dodik, chef politique des Serbes de Bosnie

Un mandat d’arrêt national a été émis contre le chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, recherché dans une enquête pour attaque à l’ordre constitutionnel, ce dernier assurant qu’il allait malgré tout poursuivre sa politique d’affaiblissement des institutions centrales. Le mandat a été délivré par la cour d’Etat dont le siège est à Sarajevo, une dizaine de jours après le rejet par M. Dodik, le président de la Republika Srpska (RS, entité serbe de Bosnie) d’une convocation du parquet d’Etat, qui veut l’interroger dans le cadre de son enquête.”Nous avons reçu hier dans notre système un mandat d’arrêt” contre M. Dodik, a déclaré mercredi le directeur de la police de l’entité croato-musulmane de Bosnie, Vahidin Munjic, à la télévision locale N1.La Bosnie d’après-guerre est divisée en deux entités autonomes, la RS et la Fédération croato-musulmane.Il s’agit d’un mandat d’arrêt national, à savoir que toutes les forces policières dans le pays, dont celles de l’entité serbe, “sont obligées d’agir”, a souligné M. Munjic.Chacune des deux entités dispose de sa propre police, et il existe aussi une police d’Etat central (Sipa), autorisée à intervenir dans les deux entités.Depuis plusieurs jours, la sécurité a été renforcée et des membres d’une unité d’élite patrouillent jour et nuit autour du palais présidentiel de la RS, à Banja Luka, chef-lieu de l’entité serbe situé à 200 km de Sarajevo.- “Nous continuons” -Le gouvernement de la RS a également ordonné lundi au ministère de l’Intérieur de l’entité à “engager un maximum des capacités pour sécuriser les personnes et les institutions bénéficiant d’une protection particulière”.Des mandats d’arrêt ont également été délivrés contre le Premier ministre de la RS, Radovan Viskovic, et le président de son Parlement, Nenad Stevandic, soupçonnés dans le même dossier.Le parquet d’Etat a ouvert une enquête pour “attaque contre l’ordre constitutionnel” après l’adoption fin février par le Parlement de la RS d’une législation interdisant à la police et à la justice centrales d’exercer dans cette entité (49% du territoire du pays). M. Dodik a promulgué ces lois le 5 février.Depuis son palais présidentiel, M. Dodik a exprimé mercredi sa détermination à aller de l’avant.”Nous continuons à mettre en place les politiques adoptées par le Parlement”, a déclaré M. Dodik au début d’une réunion avec M. Stevandic, en accusant les dirigeants bosniaques (musulmans) du pays de chercher un “conflit”.”Nous n’avons pas d’autre choix (…) Notre groupe, les gens qui font partie de ce processus politique sont très unis”, a-t-il ajouté.”Nous ne voulons pas la guerre (…) Mais ça ne veut pas dire que nous allons nous laisser trancher la tête”, a renchéri M. Stevandic.Le Parlement de la RS a adopté la loi controversée en riposte à un verdict prononcé le 26 février contre M. Dodik par la cour d’Etat pour le non-respect des décisions du Haut représentant international en Bosnie, Christian Schmidt, chargé de faire respecter l’accord de paix de Dayton (1995).- “Catastrophe totale” -M. Dodik a été condamné à une peine d’un an de prison, assortie d’une interdiction d’exercer ses fonctions pendant six ans. Il peut faire appel, mais il a rejeté ce jugement, en dénonçant un “procès politique” ayant pour objectif de l'”éliminer de l’arène politique”.Mardi, le directeur de la police centrale (Sipa), Darko Culum, un proche de M. Dodik, a présenté sa démission et annoncé son retour au sein du ministère de l’Intérieur de la RS. La Sipa est considérée comme la seule force policière qui pourrait éventuellement arrêter les trois hommes.Par ailleurs, un délai donné aux Serbes de Bosnie employés dans la police et la justice centrales pour rejoindre les institutions de la RS expire ce mercredi à minuit. Il semble qu’ils n’ont pas suivi l’appel de Milorad Dodik.Les autorités de la RS préparent également une “loi sur le contrôle frontalier de la RS”, alors que le contrôle aux frontières est assuré depuis 2000 par la police aux frontière d’Etat.Le président de la Serbie voisine, Aleksandar Vucic, un proche de Dodik, a déclaré mardi soir sur une télévision locale être “très inquiet de la situation” en Bosnie, précisant que Dodik, Viskovic et Stevandic ne pouvaient “plus circuler librement”.Tout en mettant en garde contre une éventuelle arrestation des trois hauts responsables serbes de Bosnie, le président Vucic a ajouté qu’il allait évoquer mercredi cette question à Bruxelles avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, ainsi qu’avec des responsables de l’UE.”J’espère que personne n’est aussi fou pour essayer de faire ça (…) Nous pourrions avoir une catastrophe totale en l’espace d’une nuit”, a dit M. Vucic.

Druides, sorcières et chamanes: au Royaume-Uni, le renouveau du paganisme

Bien que souvent encore considérés comme des excentriques et parfois moqués, druides, sorcières et autres adeptes du paganisme voient leur nombre augmenter au Royaume-Uni, où l’AFP a rencontré plusieurs d’entre eux.Pour ces païens revendiqués, l’équinoxe de printemps, jeudi, s’annonce comme un moment incontournable, occasion de célébrer le réveil de la nature.En dix ans, le nombre de personnes se décrivant comme des “païens” en Angleterre et au Pays de Galles est passé de 57.000 en 2011 à 74.000 lors du dernier recensement de 2021. S’y ajoutent les 8.000 chamanes et 13.000 personnes se revendiquant du wiccanisme, un mouvement mêlant sorcellerie, chamanisme et mythologie gréco-romaine.- Sarah Kerr, sorcière et représentante du mouvement païen”C’est très émouvant de voir de plus en plus de gens embrasser le paganisme”, se félicite Sarah Kerr, sorcière et guérisseuse de 45 ans, qui préside la Fédération païenne au Royaume-Uni, fondée en 1971.Selon elle, cela s’explique par le besoin de retrouver une “connexion avec le monde naturel”.La vénération de la nature est l’une des valeurs cardinales des mouvements païens, qui mêlent généralement différentes traditions spirituelles, polythéisme et croyance dans le pouvoir de la magie.A l’occasion de l’équinoxe, Sarah prévoit de participer à un rituel dans le Derbyshire, et y voit une occasion de célébrer le “retour de la vie”.Au Royaume-Uni, le renouveau du mouvement païen s’est observé dans la seconde partie du 20e siècle. Et si pendant des années, les adeptes ont souvent dû affronter moqueries et discriminations, le dernier recensement suggère que beaucoup d’entre eux osent désormais afficher leur croyance.- Jonathan Woolley, druide fonctionnaireAvec son costume, sa cravate, et son emploi au ministère de l’Environnement, Jonathan Woolley ne colle pas à l’image que l’on se fait généralement d’un druide.Ce fonctionnaire de 36 ans explique avoir découvert le druidisme en lisant enfant la bande dessinée Asterix, et avoir décidé de devenir druide à 21 ans lorsqu’il a découvert que des druides modernes pratiquaient toujours sur le célèbre site de Stonehenge au sud-ouest de l’Angleterre.C’est une “erreur classique” de penser que les païens sont “des personnes bizarres”. “C’est une foi comme les autres” et les adeptes font “toutes sortes de métiers”, défend-il.Pour lui, le nombre croissant d’adeptes “(l’)inspire, (le) ravit et (le) remplit d’espoir”. Cela montre que le paganisme est “une spiritualité moderne profonde et pas quelque chose de marginal”.- Angela Barker, sorcière tiktokeuseAngela Barker, sorcière de 46 ans originaire de Mansfield dans le nord de l’Angleterre, prévoit de célébrer l’équinoxe avec un rituel du feu et une concoction à base d’herbes. “J’ai toujours une casserole qui mijote sur la plaque de cuisson”, affirme celle qui perpétue une longue tradition familiale.Elle a créé un compte sur TikTok, espérant pouvoir sensibiliser certaines “Witchfluenceuses” qui, selon elle, s’écartent un peu trop des enseignements traditionnels.Angela lit aussi dans les cartes de tarot, fabrique et vend des cristaux, et écrit sur le paganisme. “Je suis une femme occupée”, s’amuse-t-elle. – Raegan Shanti, sorcière assuméeOriginaire d’une famille hindouiste, Raegan Shanti voit beaucoup de parallèles entre la religion de ses parents et ses propres croyances.Cette sorcière et professeure de danse de 37 ans, qui passera l’équinoxe dans le jardin de sa maison du Bedfordshire, se réjouit que “davantage de personnes comprennent ce qu’est le paganisme”.”Nous avons subi des discriminations (…) du harcèlement, et les gens ne me prenaient pas au sérieux. Je connais des personnes qui ont été licenciées” à cause de cela, alors que “maintenant, nous n’avons plus besoin de nous cacher”, dit-elle.- Andrew Brennand, druide et instituteurQuand Andrew Brennand, 52 ans, a embrassé le paganisme dans les années 1990, il a “eu l’impression de rentrer à la maison”. L’importance accordée à la nature et au service pour la communauté a vraiment attiré cet instituteur de Lancaster (nord de l’Angleterre).En tant que druide, il célèbrera l’équinoxe avec les membres de sa congrégation (bosquet, en terme druidique).Il a constaté l’intérêt croissant pour le paganisme, y compris lors des cours d’éducation religieuse à l’école.Il juge “réconfortant” de ne plus se sentir “bizarre” comme il a pu l’entendre par le passé. La fille d’Andrew, âgée de 19 ans, est elle aussi devenue druidesse.

Druides, sorcières et chamanes: au Royaume-Uni, le renouveau du paganisme

Bien que souvent encore considérés comme des excentriques et parfois moqués, druides, sorcières et autres adeptes du paganisme voient leur nombre augmenter au Royaume-Uni, où l’AFP a rencontré plusieurs d’entre eux.Pour ces païens revendiqués, l’équinoxe de printemps, jeudi, s’annonce comme un moment incontournable, occasion de célébrer le réveil de la nature.En dix ans, le nombre de personnes se décrivant comme des “païens” en Angleterre et au Pays de Galles est passé de 57.000 en 2011 à 74.000 lors du dernier recensement de 2021. S’y ajoutent les 8.000 chamanes et 13.000 personnes se revendiquant du wiccanisme, un mouvement mêlant sorcellerie, chamanisme et mythologie gréco-romaine.- Sarah Kerr, sorcière et représentante du mouvement païen”C’est très émouvant de voir de plus en plus de gens embrasser le paganisme”, se félicite Sarah Kerr, sorcière et guérisseuse de 45 ans, qui préside la Fédération païenne au Royaume-Uni, fondée en 1971.Selon elle, cela s’explique par le besoin de retrouver une “connexion avec le monde naturel”.La vénération de la nature est l’une des valeurs cardinales des mouvements païens, qui mêlent généralement différentes traditions spirituelles, polythéisme et croyance dans le pouvoir de la magie.A l’occasion de l’équinoxe, Sarah prévoit de participer à un rituel dans le Derbyshire, et y voit une occasion de célébrer le “retour de la vie”.Au Royaume-Uni, le renouveau du mouvement païen s’est observé dans la seconde partie du 20e siècle. Et si pendant des années, les adeptes ont souvent dû affronter moqueries et discriminations, le dernier recensement suggère que beaucoup d’entre eux osent désormais afficher leur croyance.- Jonathan Woolley, druide fonctionnaireAvec son costume, sa cravate, et son emploi au ministère de l’Environnement, Jonathan Woolley ne colle pas à l’image que l’on se fait généralement d’un druide.Ce fonctionnaire de 36 ans explique avoir découvert le druidisme en lisant enfant la bande dessinée Asterix, et avoir décidé de devenir druide à 21 ans lorsqu’il a découvert que des druides modernes pratiquaient toujours sur le célèbre site de Stonehenge au sud-ouest de l’Angleterre.C’est une “erreur classique” de penser que les païens sont “des personnes bizarres”. “C’est une foi comme les autres” et les adeptes font “toutes sortes de métiers”, défend-il.Pour lui, le nombre croissant d’adeptes “(l’)inspire, (le) ravit et (le) remplit d’espoir”. Cela montre que le paganisme est “une spiritualité moderne profonde et pas quelque chose de marginal”.- Angela Barker, sorcière tiktokeuseAngela Barker, sorcière de 46 ans originaire de Mansfield dans le nord de l’Angleterre, prévoit de célébrer l’équinoxe avec un rituel du feu et une concoction à base d’herbes. “J’ai toujours une casserole qui mijote sur la plaque de cuisson”, affirme celle qui perpétue une longue tradition familiale.Elle a créé un compte sur TikTok, espérant pouvoir sensibiliser certaines “Witchfluenceuses” qui, selon elle, s’écartent un peu trop des enseignements traditionnels.Angela lit aussi dans les cartes de tarot, fabrique et vend des cristaux, et écrit sur le paganisme. “Je suis une femme occupée”, s’amuse-t-elle. – Raegan Shanti, sorcière assuméeOriginaire d’une famille hindouiste, Raegan Shanti voit beaucoup de parallèles entre la religion de ses parents et ses propres croyances.Cette sorcière et professeure de danse de 37 ans, qui passera l’équinoxe dans le jardin de sa maison du Bedfordshire, se réjouit que “davantage de personnes comprennent ce qu’est le paganisme”.”Nous avons subi des discriminations (…) du harcèlement, et les gens ne me prenaient pas au sérieux. Je connais des personnes qui ont été licenciées” à cause de cela, alors que “maintenant, nous n’avons plus besoin de nous cacher”, dit-elle.- Andrew Brennand, druide et instituteurQuand Andrew Brennand, 52 ans, a embrassé le paganisme dans les années 1990, il a “eu l’impression de rentrer à la maison”. L’importance accordée à la nature et au service pour la communauté a vraiment attiré cet instituteur de Lancaster (nord de l’Angleterre).En tant que druide, il célèbrera l’équinoxe avec les membres de sa congrégation (bosquet, en terme druidique).Il a constaté l’intérêt croissant pour le paganisme, y compris lors des cours d’éducation religieuse à l’école.Il juge “réconfortant” de ne plus se sentir “bizarre” comme il a pu l’entendre par le passé. La fille d’Andrew, âgée de 19 ans, est elle aussi devenue druidesse.