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Neutralité et financement: la patronne de France Télé va rendre des comptes aux députés

Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, est attendue de pied ferme mercredi par les députés de la commission d’enquête sur la “neutralité” et “le financement de l’audiovisuel public”, dans un contexte inflammable pour son groupe.La dirigeante en poste depuis dix ans a affûté ses arguments pour cette audition qui démarrera à 15H30. Elle a assuré au Figaro aborder ces travaux “avec sérénité”, même si elle ne s’attendait “pas à autant de polémiques” en quelques mois autour de France Télé. Charles Alloncle, membre du groupe UDR d’Eric Ciotti et rapporteur de la commission, a déjà donné le ton: il dénonce des “entorses au principe de neutralité” commises par l’audiovisuel public ainsi que de “graves dysfonctionnements financiers et budgétaires”.”Il va chercher à la faire sortir de ses gonds”, anticipe-t-on au sein de France Télévisions, qui regroupe 5 chaînes, 24 antennes régionales et le réseau Outre-mer La Première, soit 8.800 salariés.Charles Alloncle a promis des “pistes radicales” dans le rapport final – non contraignant – qu’il rendra public au printemps, sans se prononcer à ce stade sur une éventuelle privatisation de l’audiovisuel public souhaitée par ses alliés du Rassemblement national.L’audiovisuel public est accusé par une partie de la droite et le Rassemblement national de partialité en faveur de la gauche.Cette commission d’enquête a été créée par le groupe ciottiste dans la foulée de l’affaire Legrand-Cohen. Ces deux journalistes du service public ont été accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion, début septembre, d’une vidéo les montrant dans un restaurant avec deux de ses responsables.Jérémie Patrier-Leitus, président (Horizons) de la commission d’enquête, cherche à éviter “le procès de l’audiovisuel public”.La commission, composée d’une trentaine de députés de tous bords, “peut être utile si elle permet d’objectiver les choses” sur la neutralité et le fonctionnement du secteur, “à l’ère de la rumeur”, prône-t-il.En septembre, un rapport de la Cour des comptes a mis en évidence une “situation financière critique” à France Télé, qui impose “sans délai des réformes structurelles”. Les Sages demandent que l’Etat fixe à l’entreprise “une trajectoire financière réaliste”, alors qu’une coupe budgétaire de 65 millions d’euros se profile pour 2026.  M. Alloncle cherche à savoir si ce rapport a été retardé pour permettre la reconduction de Mme Ernotte Cunci pour un troisième mandat en mai dernier – les magistrats de la Cour, auditionnés la semaine dernière, l’ont récusé. Dans une rare mise au point, la Cour a même réaffirmé mardi son “indépendance”.- Avant Legrand et Cohen -Le rapporteur de la commission d’enquête a de nombreux autres sujets en réserve: les contrats de France Télévisions avec les sociétés de production, les frais de réception, des nuitées au Festival de Cannes…    Les députés LFI ne sont pas en reste, après notamment le rapprochement fait par l’éditorialiste politique Nathalie Saint-Cricq entre antisémitisme et “quête du vote musulman”, devant l’ex-insoumis Alexis Corbière.  La commission d’enquête a déjà longuement interrogé le président du régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom. Martin Ajdari a tenté de défendre le “rôle central” du service public, qui doit “s’adresser à tous et jouer un rôle fédérateur”, mais les échanges se sont rapidement corsés.Selon un sondage Ipsos BVA-Cesi publié dans La Tribune Dimanche, plus des deux tiers des Français (69%) ont une bonne image de l’audiovisuel public. La moitié (48%) pensent cependant qu’il faut le réformer, mais sur certains aspects seulement, et près d’un tiers (31%) qu’il faut le réformer en profondeur.   Radio France et France Télévisions ont des rapports extrêmement tendus avec CNews, Europe 1 et le JDD, des médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré qu’ils ont assignés en justice pour “dénigrement”. Delphine Ernotte Cunci a pour la première fois en septembre qualifié CNews d'”extrême droite”, la chaîne remettant en cause en retour “l’impartialité du service public”.Mercredi 17 décembre, ce sera au tour de Sibyle Veil, PDG de Radio France, d’être entendue par la commission d’enquête, suivie jeudi 18 par la directrice de France Inter et les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand. 

Budget de l’Etat: Lecornu mise sur un consensus des députés sur les enjeux de défense

Fort de l’adoption du budget de la Sécurité sociale, Sébastien Lecornu s’attelle à partir de mercredi au tout aussi clivant budget de l’Etat, avec un débat à l’Assemblée nationale sur les enjeux de défense qu’il espère consensuel.La haie de la Sécu est franchie, mais le marathon budgétaire n’est pas terminé pour le Premier ministre qui a déjà prévenu que l’adoption du budget de l’Etat serait plus “difficile” encore.Pour tenter de dégager une majorité, et alors qu’il a renoncé au 49.3, le Premier ministre a proposé d’organiser au Parlement plusieurs débats, suivis d’un vote, sur cinq thèmes –défense, narcotrafic, agriculture, énergie, déficit– susceptibles de faire converger les députés. Une démarche inédite qui se fait en marge de l’examen en soi du budget, qui se trouve actuellement au Sénat.Les formations politiques diront mercredi à partir de 15H00 “si oui ou non elles souhaitent s’engager vers un renforcement de nos armées”, comme prévu dans ce budget, a expliqué le chef du gouvernement à l’issue d’une réunion préparatoire.Il s’agit par ce vote prévu à 19H30 de “tirer un consensus” et “créer un cadre de compromis pour l’avenir”, souligne-t-il.Mais une majorité sur le budget de l’Etat sera difficile à trouver, le Parti socialiste ayant obtenu très peu de concessions gouvernementales à ce stade. “Je ne dis pas que nous n’arriverons à rien, je dis simplement que pour l’instant, l’évidence c’est que nous n’y arriverons pas dans les délais qui nous sont fixés”, a résumé mardi soir le patron du PS Olivier Faure.- “Cranter des votes” -“Les enjeux sont considérables”, souligne le Premier ministre et ancien ministre des Armées, compte tenu des “risques (qui) se cumulent, les risques terroristes, les risques sur l’ensemble du continent européen” et dans la zone indo-pacifique, ainsi que la “pression terroriste qui continue de monter” au Sahel, et une diplomatie américaine qui crée des “incertitudes stratégiques”.L’augmentation des moyens pour les armées “est absolument considérable” avec 6,7 milliards d’euros supplémentaires prévus pour l’an prochain, et “s’il n’y a pas de budget, la défense, les armées, notre sécurité collective, les industries de défense (en) seraient les premières victimes”, prévient-il.Ce budget permet “des acquisitions de matériel notamment de munitions pour que nos armées puissent s’entraîner” comme des achats de Rafale ou d’A400M, a détaillé la ministre des Armées Catherine Vautrin. Ce débat permettra aux groupes politiques de se positionner sur les dépenses militaires, un volet qui n’avait pas pu être examiné par les députés après le rejet du volet “recettes” du budget de l’Etat en première lecture.Le gouvernement espère sur cette question recueillir l’assentiment des députés, qui donnerait un élan positif à l’examen du texte dans son ensemble.”En général il y a un sentiment assez partagé en soutien des armées, surtout en période troublée”, note un cadre du bloc central, et l’idée du gouvernement est de “cranter des votes sur le budget”.- Divergences stratégiques -Ce débat est “très important notamment du fait du changement de posture des Etats-Unis” prêts à lâcher l’Ukraine et à tourner le dos à l’Europe, souligne le député macroniste Pieyre-Alexandre Anglade, qui prédit une “position de vassalisation” du Rassemblement national et de la France insoumise par rapport à la Russie.Lors d’un débat sans vote sur l’Ukraine en mars dernier, les groupes politiques s’étaient montrés unis dans leur soutien à Kiev, mais avaient exposé des divergences stratégiques sur la défense française et européenne, ou l’intégration de l’Ukraine dans l’UE et l’Otan.Les récents propos du chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, qui a prévenu que la France devait être prête à “accepter de perdre ses enfants”, ont hérissé LFI et le RN, ranimant ces désaccords. Tout comme l’annonce par Emmanuel Macron d’un futur service militaire “volontaire”, même si le président a pris soin de préciser qu’il ne s’agissait pas d’envoyer les postulants en Ukraine.Ce débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, prend la forme d’une déclaration du gouvernement, avant des interventions de chacun des groupes parlementaires, et une réponse du gouvernement à leurs interpellations. Il n’a aucune valeur législative mais peut donner lieu à un vote qui n’engage pas la responsabilité du gouvernement.

Nobel: des doutes s’installent sur la venue à Oslo de l’opposante vénézuélienne Machado

Les doutes augmentent sur la possibilité pour l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado de recevoir en personne son Nobel de la paix mercredi à Oslo, après l’annulation d’une conférence de presse qui était prévue mardi à l’Institut Nobel norvégien.Initialement prévue à la mi-journée, cette conférence de presse de l’opposante de 58 ans, qui vit cachée dans …

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Nobel: des doutes s’installent sur la venue à Oslo de l’opposante vénézuélienne Machado

Les doutes augmentent sur la possibilité pour l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado de recevoir en personne son Nobel de la paix mercredi à Oslo, après l’annulation d’une conférence de presse qui était prévue mardi à l’Institut Nobel norvégien.Initialement prévue à la mi-journée, cette conférence de presse de l’opposante de 58 ans, qui vit cachée dans son pays, a d’abord été repoussée, puis finalement annulée.”Maria Corina Machado a elle-même dit à quel point il était difficile de venir en Norvège”, a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’Institut Nobel, Erik Aasheim, en guise d’explication. “Nous espérons qu’elle viendra à la cérémonie” de remise du Nobel mercredi, a-t-il ajouté, jetant un doute sur sa participation, jusqu’alors présentée comme hautement probable.Empêchée de se présenter à la présidentielle de juillet 2024 au Venezuela, Mme Machado s’était réfugiée dans la clandestinité dans son propre pays quelques jours plus tard.Sa dernière apparition publique remonte au 9 janvier à Caracas lors d’une manifestation contre l’investiture du président de gauche Nicolas Maduro pour son troisième mandat.Les Etats-Unis et une partie de la communauté internationale ne reconnaissent pas les résultats, entachés de fraude selon l’opposition qui a revendiqué la victoire de son candidat, Edmundo Gonzalez Urrutia, aujourd’hui en exil.Si sa famille a déjà fait le voyage d’Oslo pour assister à la cérémonie qui doit débuter mercredi à 13H00 (12H00 GMT) à l’Hôtel de ville d’Oslo, on ignore actuellement où Mme Machado se trouve.Le mois dernier, le procureur général du Venezuela a dit à l’AFP qu’elle serait considérée comme “fugitive” si elle quittait son pays.- “Va-t-en guerre” -Le prix Nobel de la paix lui a été attribué le 10 octobre pour ses efforts en faveur d’une transition démocratique au Venezuela. Au pouvoir depuis 2013, Nicolas Maduro est accusé de dérive autoritaire par les Etats-Unis et l’Union européenne, qui ont multiplié les sanctions.La venue de Mme Machado à Oslo soulèverait l’épineuse question de son éventuel retour au Venezuela et de sa capacité à diriger l’opposition vénézuélienne depuis un éventuel exil.Son ancienne cheffe de campagne, Magalli Meda, a exclu mardi qu’elle choisisse l’exil. Pour Michael Shifter, professeur associé à l’université de Georgetown, “quel que soit le scénario – que Machado puisse ou non retourner au Venezuela —, il sera très difficile de maintenir l’élan du mouvement qu’elle a inspiré en l’absence de progrès vers un changement politique”.”Certes, il sera ardu pour Machado de diriger l’opposition, en exil. Mais ce ne sera pas facile non plus de le faire en restant dans le pays (quand) la majorité des Vénézuéliens font face à des conditions économiques et humanitaires désespérées et à une répression accrue du régime de Maduro”, a-t-il dit à l’AFP.Parmi les nombreux membres de la famille de la lauréate qui se trouvent déjà à Oslo pour assister à la cérémonie figurent sa mère, ses trois sœurs et ses trois enfants.Edmundo Gonzalez Urrutia et plusieurs dirigeants d’Amérique latine, dont le président argentin Javier Milei, sont également arrivés ou attendus dans une capitale norvégienne placée sous haute sécurité.Si elle est saluée pour ses efforts en faveur d’une démocratisation au Venezuela, Mme Machado est aussi critiquée pour la proximité de ses idées avec celles du président américain Donald Trump à qui elle a dédié son Nobel et qui a menacé le Venezuela d’une intervention militaire.Quelques manifestants se sont réunis à l’extérieur de l’Institut Nobel mardi derrière une banderole “Pas de prix de la paix pour les va-t-en guerre”. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a “remercié” mardi soir à la télévision “le peuple de Norvège” qui a manifesté pour “soutenir le Venezuela” et “dire non à la guerre pour le pétrole, non au sang pour le pétrole”.La remise du prix coïncide avec le déploiement par les Etats-Unis d’une importante flottille militaire dans les Caraïbes et des frappes américaines mortelles sur des bateaux présentés comme se livrant à du trafic de drogue, des opérations que Mme Machado a justifiées.M. Maduro assure que leur véritable objectif est de le renverser et de s’emparer des réserves pétrolières du Venezuela.

67 journalistes tués en un an, près de la moitié dans la bande de Gaza, selon RSF

67 journalistes ont été tués dans l’exercice ou en raison de leur métier à travers le monde en un an, dont près de la moitié dans la bande de Gaza “sous le feu des forces armées israéliennes”, accuse Reporters sans frontières dans son bilan 2025 publié mardi.”Le nombre de journalistes tués (du 1er décembre 2024 …

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Est de la RDC: le M23 soutenu par le Rwanda pénètre dans la ville stratégique d’Uvira

Le M23 soutenu par le Rwanda et son armée a pénétré mardi dans les faubourgs d’Uvira, ville stratégique de l’est de RDC située aux portes du Burundi voisin, mettant à mal un accord “pour la paix” récemment entériné sous les auspices de Washington.Cette nouvelle percée du groupe armé antigouvernemental M23, qui affirme défendre les intérêts …

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Honduras: la présidente dénonce la “falsification” des résultats et l’ingérence de Trump

La présidente de gauche du Honduras, Xiomara Castro, a dénoncé mardi la “falsification” du résultat de la présidentielle et l’”ingérence” de son homologue américain, Donald Trump, qui soutient le candidat Nasry Asfura, légèrement devant Salvador Nasralla.Au point mort depuis plusieurs jours, le décompte des bulletins, qui restait bloqué à 88,6% samedi, a repris lundi et …

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Enfant tondu dans un foyer à Paris: enquête pour “violences volontaires”

Le parquet de Paris a annoncé mardi avoir ouvert une enquête pour “violences volontaires” après la révélation de faits de maltraitance dans un foyer parisien accueillant des enfants placés, où des salariés ont rasé la tête d’un garçon et filmé la scène.Se saisissant des informations diffusées par franceinfo, la section “parquet des mineurs” a ouvert une enquête “du chef de violences volontaires sur mineur de quinze ans par personne ayant autorité”, a précisé le parquet, sollicité par l’AFP.Selon la ville de Paris, ces faits “gravissimes” se sont déroulés en février 2025 au foyer éducatif Jenner, géré par l’association Jean-Coxtet et qui accueille des mineurs et jeunes majeurs placés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) dans le 13e arrondissement de Paris.C’est dans cet établissement que les faits sont “susceptibles d’avoir été commis”, selon le ministère public.L’incident, révélé par franceinfo, implique des employés ayant pris la décision de raser le crâne d’un enfant placé sous leur responsabilité, tout en le filmant à des “fins évidentes d’humiliations”, d’après la Ville.Sur ces images, l’enfant apparaît torse nu, assis sur une chaise les bras croisés, tandis qu’une personne lui rase la tête à l’aide d’une tondeuse.Face à ces “manquements inacceptables”, la Ville a souligné qu’aucune des justifications avancées – qu’il s’agisse de la présence de poux, d’un prétendu accord de l’enfant ou d’une autorisation de sa mère – ne pouvait “légitimer la violence infligée”.En conséquence, la collectivité a saisi l’autorité judiciaire et prévoit de se constituer partie civile.- Enquête administrative -Outre ce signalement, la mairie a diligenté une enquête administrative ayant déjà conduit au “renouvellement de l’équipe” encadrante de cette structure. Elle précise que l’analyse de la situation doit se poursuivre pour “garantir la sécurité et le bien-être des enfants confiés dans cette unité”.L’avocat de la famille, Axel Delaunay-Belleville, s’étonne que la collectivité n’ait communiqué que mardi alors qu’elle était informée “depuis septembre”, affirme-t-il.”Quand la mairie de Paris pond un communiqué mardi matin en expliquant qu’ils mènent des investigations, enfin, on est en décembre ! C’est du sauve qui peut”, a-t-il déploré auprès de l’AFP, en ajoutant que la mère du garçon allait déposer plainte “dans les prochains jours”.”L’association est profondément choquée par les agissements inappropriés commis à l’égard de cet enfant et qui sont complètement contraires aux valeurs qui sont les siennes”, a réagi la structure gestionnaire auprès de l’AFP.”S’agissant de la direction générale de l’association, elle n’a été informée des faits que fin mars 2025 et a ignoré jusqu’en septembre 2025 l’existence d’une vidéo et les conditions de sa diffusion dans le groupe WhatsApp”, a-t-elle précisé.L’enfant victime a fait l’objet d’une “attention particulière” et a exprimé le souhait de rester dans ce foyer, affirmant s’y “sentir bien malgré l’épisode violent”, a précisé la ville.Les candidats aux élections municipales de mars prochain à Paris ont quasiment tous réagi mardi.Pour l’écologiste David Belliard, “la lumière doit être faite sur ce comportement, qui doit être sanctionné sévèrement”.Le socialiste Emmanuel Grégoire a lui aussi annoncé saisir la procureure de la République, dénonçant une “humiliation délibérée, atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux d’un mineur particulièrement vulnérable”.Pour la candidate LFI Sophia Chikirou, “le système de protection de l’enfance est à l’abandon. Anne Hidalgo et ses élus sont responsables: c’est de la compétence directe de Paris ! Leur inaction produit de la maltraitance”.- “Cruauté” -“L’ASE n’est pas là pour abîmer. Elle est là pour protéger. Un enfant confié doit être traité avec une dignité absolue”, a pour sa part réagi la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, dans une déclaration à l’AFP. La présidente de l’association l’Enfant bleu, Isabelle Debré, s’est dite “abasourdie” et “écœurée”.”C’est hallucinant de cruauté et c’est une humiliation terrible pour cet enfant”, a-t-elle réagi auprès de l’AFP.Isabelle Debré a également pointé du doigt la responsabilité des adultes encadrants: “Ce qui est très choquant, c’est le fait que ça a été partagé sur les boucles WhatsApp, partagé entre professionnels”.La commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance avait alerté, dans un rapport rendu le 1er avril, sur un système “qui craque de toutes parts”, pointant l’existence d’une “violence institutionnelle” exercée parfois directement par des professionnels au contact des enfants.Le rapport déplorait notamment l’absence de “règle minimale d’encadrement” dans les foyers ainsi que des contrôles encore “beaucoup trop lacunaires” pour protéger les près de 400.000 mineurs concernés par une mesure d’aide sociale à l’enfance en France.djb-vac-hdu-cco/asl/cbn

Ligue des champions: le Barça et le Bayern renversants, Liverpool se rassure, l’OM se relance

Porté par un doublé de Jules Koundé, le FC Barcelone a renversé Francfort 2-1 mardi pour la 6e journée de la Ligue des champions, où Liverpool en crise s’est rassuré en arrachant la victoire contre l’Inter Milan, tandis que l’OM s’est fait peur mais a assuré l’essentiel contre l’Union Saint-Gilloise.Leader de la Liga, mais sur courant alternatif sur la scène européenne, le Barça a bien cru enregistrer un troisième revers après ceux contre le PSG (2-1) et Chelsea (3-0), rapidement mené 1-0 par Francfort.Malgré la présence de son trio offensif Yamal-Raphinha-Lewandowski, c’est bien un défenseur qui a finalement permis le salut des Blaugranas: le Français Jules Koundé, auteur d’un improbable doublé en quelques minutes (50e, 53e), de deux têtes bien placées, alors qu’il n’avait jusqu’ici marqué qu’à une seule reprise en C1.Replacés au classement (14e, 10 points), les Catalans sont toujours en course pour les barrages, voire les 8es.Le Bayern Munich, lui aussi mené 1-0, face au Sporting Portugal, a également renversé le match (3-1), deux semaines après sa seule défaite de la saison contre Arsenal.Ce 5e succès en six rencontres de C1 permet aux Bavarois de pointer à la deuxième place derrière les Gunners, toujours invaincus et qui jouent à Bruges mercredi (21h00).- Liverpool respire -Liverpool, champion d’Angleterre en difficulté en championnat (10e) et perturbé par l’affaire Salah, a lui arraché sur le fil un précieux succès sur la pelouse de l’Inter Milan (1-0), et prend provisoirement la 8e place (12 points).En pleine crise après la mise à l’écart de leur légende Mo Salah, auteur de propos virulents contre ses dirigeants le week-end dernier et qui n’était pas du voyage à San Siro, les Reds ont voulu se rassurer, sans s’exposer.Une faute de Bastoni dans sa surface en fin de match leur a offert un penalty, converti par Szoboszlai (88e). Les Milanais, qui ont rapidement perdu Calhanoglu, sorti blessé, sont eux 5es.L’Atalanta Bergame (3e, 13 points), vainqueur de Chelsea 2-1 après avoir été mené, et l’Atlético de Madrid (7e, 12 points), qui a renversé le PSV Eindhoven (3-2), ont également fait un pas vers les 8es de finale.Tottenham, tranquille vainqueur de Prague (3-0), est lui aux portes du Top 8 avec 11 points.- Monaco et l’OM rêvent de barrages -L’Olympique de Marseille, toujours aussi imprévisible, s’est fait peur contre l’Union Saint-Gilloise mais a signé un précieux succès en Belgique (3-2), et a les barrages en vue.Habitué aux fins de match mal maîtrisées, l’Olympique de Marseille a cette fois cédé en début de rencontre, sa défense passive laissant Anan Khalaili, seul dans la surface, ouvrir le score (5e).Un but du Brésilien Igor Paixao et un doublé de Mason Greenwood plus tard, les Marseillais semblaient à l’abri, avant que Khalaili ne réduise le score (71e). Les démons marseillais ont alors failli resurgir, mais deux buts belges ont finalement été annulés après arbitrage vidéo.Derrière l’OM (16e), Monaco (18e) a bien cru avoir des regrets contre Galatasaray, avec de nombreuses occasions manquées, dont un penalty pas converti par le capitaine Denis Zakaria (50e). L’attaquant américain Folarin Balogun a finalement libéré Louis II, en signant le but de la victoire (68e, 1-0). Un succès essentiel avant d’affronter le Real Madrid et la Juventus.

67 journalistes tués en un an, près de la moitié dans la bande de Gaza, selon RSF

67 journalistes ont été tués dans l’exercice ou en raison de leur métier à travers le monde en un an, dont près de la moitié dans la bande de Gaza “sous le feu des forces armées israéliennes”, accuse Reporters sans frontières dans son bilan 2025 publié mardi.”Le nombre de journalistes tués (du 1er décembre 2024 au 1er décembre 2025, ndlr) est reparti à la hausse, du fait des pratiques criminelles de forces armées régulières ou non et du crime organisé”, déplore l’organisation de défense de la liberté de la presse, selon qui “les journalistes ne meurent pas, ils sont tués”.Six jours après la condamnation du journaliste français Christophe Gleizes à sept ans de prison en appel en Algérie, pour apologie du terrorisme, RSF fait aussi état de 503 journalistes détenus à ce jour dans 47 pays du monde (121 en Chine, 48 en Russie, 47 en Birmanie). L’organisation compte aussi 135 journalistes disparus, dont certains depuis plus de 30 ans, et 20 journalistes otages, principalement en Syrie et au Yémen.Reporters sans frontières avait dénombré 49 journalistes tués en 2023, l’un des chiffres les plus bas des vingt dernières années, mais la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza depuis les attaques meurtrières du Hamas le 7 octobre 2023 a nourri une hausse de ce bilan en 2024 (66 tués selon un bilan réactualisé) et 2025 (67).”Voilà où mène la haine des journalistes, voilà où mène l’impunité”, a dénoncé la directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé, auprès de l’AFP.”Il y a aujourd’hui un vrai enjeu, c’est que les gouvernements se réinvestissent dans la question de la protection des journalistes et ne fassent pas au contraire d’eux des cibles”, ajoute-t-elle.Avec au moins 29 employés de médias tués ces douze derniers mois dans le territoire palestinien pendant qu’ils exerçaient leur métier, et au moins 220 depuis octobre 2023 en comptant aussi ceux qui sont morts en dehors de leur activité professionnelle, “l’armée israélienne est le pire ennemi des journalistes”, accuse RSF. L’armée israélienne “ne prend pas délibérément pour cible les journalistes, comme cela a été affirmé”, a indiqué un porte-parole israélien à l’AFP en réponse à la publication de RSF, ajoutant “qu’il y a des risques inhérents au fait de se trouver dans une zone de combat”. – “Pas des balles perdues” -Alors que les journalistes doivent être protégés comme des civils sur les zones de conflit, l’armée israélienne a été accusée à plusieurs reprises de les viser délibérément et a fait l’objet de plaintes pour crimes de guerre à ce sujet.L’armée israélienne avait notamment assumé avoir ciblé un célèbre correspondant d’Al-Jazeera, Anas al-Sharif, tué parmi cinq autres professionnels lors d’une frappe en août, en le qualifiant de “terroriste” qui “se faisait passer pour un journaliste”. Des accusations sans preuves, avait rétorqué RSF à l’époque.”Il existe des dizaines d’exemples de journalistes actifs au sein d’organisations terroristes dans la bande de Gaza”, a martelé le porte-parole militaire israélien joint par l’AFP, affirmant qu’Israël continuerait “de combattre les organisations terroristes meurtrières tout en s’efforçant de minimiser les dommages causés aux civils”.La directrice éditoriale de RSF dénonce la tendance à “dénigrer” des journalistes pour “justifier les crimes”.”Il ne s’agit pas de balles perdues. C’est véritablement du ciblage de journalistes parce qu’ils informent le monde de ce qui se passe sur ces terrains-là”, explique-t-elle.Reporters sans frontières déplore aussi “l’année la plus meurtrière au Mexique depuis au moins trois ans”, avec neuf journalistes tués, “malgré les engagements” pris par la présidente de gauche élue en 2024 Claudia Sheinbaum.Les victimes “couvraient l’actualité locale, dénonçaient le crime organisé ou ses liens avec les politiques et avaient reçu des menaces de mort explicites”, explique l’organisation.L’Ukraine (trois journalistes tués dont le photoreporter français Antoni Lallican), et le Soudan (quatre journalistes tués) sont les autres pays au bilan le plus meurtrier selon RSF. D’autres organisations ont des bilans différents en raison de méthodes de calcul qui varient. Sur son site internet, l’Unesco dénombre ainsi 91 journalistes tués à ce jour dans le monde en 2025.