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Est de la RDC: cessez-le-feu aux contours flous après une rencontre Tshisekedi-Kagame

Les contours d’un possible cessez-le-feu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) sont restés flous mercredi, au lendemain d’une rencontre surprise à Doha entre les présidents de la RDC Félix Tshisekedi et du Rwanda Paul Kagame.Ces derniers mois, le conflit dans l’est de la RDC s’est intensifié: le groupe armé M23 (“Mouvement du …

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En Grèce, emballage final dans la course à la présidence du CIO

Après six mois de campagne, les sept candidats à la présidence du Comité international olympique (CIO) se sont efforcés mercredi en Grèce de rallier d’ultimes soutiens, à la veille d’un vote historiquement indécis.”A l’approche de la ligne d’arrivée, j’ai appris – et je ne suis pas un athlète d’élite – qu’il fallait accélérer et non freiner”, image l’Espagnol Juan Antonio Samaranch Junior, “pleinement concentré” pour succéder à l’Allemand Thomas Bach.Au milieu des oliviers de Costa Navarino, face à la mer Ionienne, le Catalan de 65 ans est considéré comme l’un des favoris du scrutin de jeudi, porté par les réseaux patiemment tissés dans l’institution présidée par son père entre 1980 et 2001.Mais il lui faut affronter la légende britannique de l’athlétisme Sebastian Coe, toujours auréolé de la réussite des JO-2012 de Londres dont il était le patron, et l’ex-nageuse zimbabwéenne Kirsty Coventry, bénéficiaire supposée du soutien de Thomas Bach.Et tous trois étaient bien visibles lors de la première journée de session: Coe a posé une question, lui qui ne le fait jamais, et Samaranch et Coventry trônaient dans la tribune réservée aux 15 membres de la prestigieuse Commission exécutive.- “Des candidats très différents” -Le Français David Lappartient, à la fois patron de l’Union cycliste internationale et du Comité olympique français (CNOSF), s’estime cependant “toujours dans la course”, qui se dénouera jeudi à bulletins secrets à partir de 16h00 locales (GMT+2).”Vous êtes un candidat, vous devriez vous lever”, l’a d’ailleurs apostrophé en plaisantant Thomas Bach, après l’avoir remercié pour le travail mené par sa commission de l’esport – l’une de ses multiples casquettes -, qui a abouti à la désignation de l’Arabie saoudite comme hôte des premiers JO en 2027 des sports électroniques.Pour le Breton de 51 ans, le combat électoral apparaît “plus ouvert que jamais, et personne ne peut prédire quel sera le résultat”, surtout avec un système de tours successifs “où le report des voix est assez essentiel”.Avec un nombre de candidats inédit en 130 ans d’histoire du CIO, le scrutin – qui n’a encore jamais dépassé le deuxième tour – pourrait en compter jusqu’à six pour qu’un prétendant obtienne une majorité absolue.”C’est vraiment un choix qui n’est pas facile, parce que (…) on a des candidats qui sont très différents, à la fois de par leur passé et aussi de par leur style”, explique ainsi le sextuple champion olympique du biathlon Martin Fourcade, membre du CIO depuis 2022.- Bach ému aux larmes -Dans le luxueux complexe balnéaire, les apartés pour nouer des alliances ou convaincre les indécis ont autant animé la première journée de session que les standing ovations accordées aux Jeux de Paris puis au bilan de Thomas Bach.Le dirigeant allemand a d’ailleurs souligné que les Jeux parisiens représentaient “le point culminant” de son “long voyage” à la tête du monde olympique, en voyant aboutir les réformes lancées dix ans plus tôt.Parité chez les athlètes, impact environnemental limité par l’emploi d’infrastructures existantes, sportifs de tous les pays malgré les conflits en cours, mais aussi première médaille pour l’équipe olympique de réfugiés et première nurserie au sein du Village olympique: la capitale française a condensé l’héritage que souhaite laisser l’Allemand de 71 ans, qui passera formellement la main le 23 juin.Balayant ses douze ans de présidence, il a évoqué la succession de “crises sérieuses et parfois existentielles” pour l’olympisme, notamment la pandémie qui a entraîné le report d’un an des JO-2020 de Tokyo, et la tenue des JO-2022 de Pékin sous stricte bulle sanitaire.”Dans de telles situations, je me suis senti aussi seul qu’on peut l’être”, a confessé le Bavarois.Avant qu’une salve d’hommages des membres ne lui mette les larmes aux yeux, après la proposition de le nommer président d’honneur à vie. “Je suis reconnaissant que vous m’ayez permis de rendre au sport ce que le mouvement olympique m’a donné”, a poursuivi l’ancien fleurettiste, médaillé d’or par équipes aux JO-1976 de Montréal.”Si le futur président souhaite avoir des conseils ou du soutien, il peut m’appeler au milieu de la nuit”, a promis Thomas Bach. “Sinon, je n’imposerai pas mon avis”.

Gaza: un employé de l’ONU tué dans une explosion, Israël nie toute responsabilité

Une agence onusienne a confirmé mercredi la mort d’un de ses employés à Gaza, tué selon elle par l’explosion d’un engin “largué ou tiré” sur un de ses bâtiments, tandis que l’armée israélienne, accusée par le Hamas, a démenti toute responsabilité.”Un engin explosif a été largué ou tiré sur [le bâtiment] et a explosé à l’intérieur”, écrit le Bureau des Nations unies pour les services d’appui au projet (Unops) dans un communiqué sur la mort “d’un collègue tué dans un local de l’Unops à Gaza”.”Nous ne savons pas à ce stade” s’il s’agissait d’une “arme larguée par les airs, d’un tir d’artillerie ou de roquette”, ajoute le texte, soulignant que la déflagration ne pouvait pas avoir été causée par le déplacement d’un “engin non explosé” sur les lieux.Le bâtiment, situé à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, a été touché à 11h30 (09h30 GMT) selon l’agence onusienne. Il avait déjà été endommagé mardi dans les frappes nocturnes menées par l’aviation israélienne sur le territoire palestinien alors que sa localisation avait été transmise à l’armée, ajoute l’Unops.L’armée israélienne a publié un communiqué démentant avoir “frappé un complexe de l’ONU à Deir el-Balah”. Interrogé par l’AFP, un porte-parole militaire a ajouté qu’il n’y avait eu “aucune activité opérationnelle” de l’armée dans la zone.- L’ONU veut une enquête -Le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas avait auparavant fait état d'”un mort et cinq blessés graves parmi des employés étrangers travaillant pour les institutions des Nations unies”, qui avaient été transportés à l’hôpital des Martyrs d’al-Aqsa” à Deir el-Balah.Selon des images de l’AFPTV tournées à Deir el-Balah, trois hommes, ont été amenés à l’hôpital dans une ambulance et dans des véhicules de l’ONU. Deux d’entre eux étaient blessés au niveau des jambes et un troisième avait un bandage aux deux bras et à l’abdomen, avec des traces de sang sur le torse.Deux des blessés avaient l’un un gilet pare-balles, l’autre une chemise portant l’inscription “UNMAS”, le service de lutte contre les mines des Nations unies.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit “choqué” par la mort de l’employé de l’Unops et a réclamé une “enquête complète” sur le drame.Selon un bilan établi par l’ONU au 11 mars, au moins 387 travailleurs humanitaires ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par le Hamas, dont 279 employés des agences onusiennes. A Bruxelles, le directeur exécutif de l’Unops, Jorge Moreira da Silva, a affirmé que l’explosion n’était pas “un accident”. Le bâtiment abritant l’agence “était très connu et il était dans un endroit isolé, sans autre construction à côté”, a-t-il dit.- “Terroriser” la population -“Les attaques contre les bâtiments humanitaires violent le droit international, a-t-il ajouté: “Le personnel de l’ONU et se bâtiments doivent être protégés par toutes les parties.”La nationalité de l’employé tué n’a pas été divulguée, mais le ministère bulgare des Affaires étrangères a annoncé “le décès aujourd’hui à Gaza d’un citoyen bulgare travaillant pour l’ONU”.Le Hamas a pour sa part accusé Israël de mener une “politique systématique […] visant à cibler les civils, les travailleurs humanitaires et les secouristes, dans le but de les terroriser”Après deux mois de trêve, Israël a lancé des frappes aériennes sur Gaza parmi les plus meurtrières depuis le début de la guerre, affirmant que la reprise des opérations militaires était “indispensable” pour assurer la libération des otages encore aux mains du Hamas.Ces frappes, qui se sont poursuivies mercredi, ont fait au moins 436 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas. 

Un témoin charge des proches de l’ex-Premier ministre cambodgien au procès d’un attentat visant l’opposition

Un ancien fonctionnaire de l’ONU a témoigné mercredi devant la cour d’assises de Paris, accusant deux hauts responsables de la garde rapprochée de l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen d’avoir organisé l’attentat visant Sam Rainsy, figure de l’opposition, à Phnom Penh.Brad Adams, 64 ans aujourd’hui, travaillait au bureau des droits de l’Homme de l’ONU à Phnom Penh en 1997. Il est arrivé sur les lieux de l’attaque à la grenade, quelques minutes après l’explosion.”En arrivant, j’ai tout de suite vu une femme sur le sol, ses deux jambes avaient été arrachées mais elle était encore consciente”, a raconté le juriste à la cour. “Des gens essayaient de venir en aide aux victimes mais les soldats les en empêchaient”, a-t-il poursuivi. “Cette femme aurait peut-être pu être sauvée sans ça”. Le 30 mars 1997, plusieurs grenades avaient explosé en plein rassemblement de l’opposition pour dénoncer la corruption du système judiciaire. L’attaque ciblait Sam Rainsy, ancien ministre des Finances et principal adversaire politique du Premier ministre de l’époque, Hun Sen.Sam Rainsy, 76 ans aujourd’hui, avait été légèrement blessé par l’explosion tandis qu’au moins 16 personnes avaient été tuées, dont son garde du corps, et 150 autres blessées en plein cœur de Phnom Penh.Deux hommes sont jugés devant la cour d’assises de Paris: Hing Bun Heang et Huy Piseth, 68 et 69 ans, tous les deux membres de la garde rapprochée de l’ancien Premier ministre. Aucun d’eux n’est présent au procès et ils n’ont pas demandé à être représentés par des avocats. Seuls les bancs des parties civiles sont occupés, par Sam Rainsy et son épouse, Saumura Tioulong.Costume bleu marine, cheveux grisonnants, Brad Adams, le juriste californien appelé à témoigner, a raconté à la barre son enquête de plusieurs mois sur l’attentat, pour le compte de l’ONU. Il a assuré avoir remonté la chaîne de commandement et avoir obtenu des témoignages concordants indiquant l’implication des deux accusés, décrits comme des porte-flingues du Premier ministre de l’époque. “Vous savez, Hun Sen est un dictateur classique, ce qu’il dit fait office de loi. On n’est pas en France ou aux États-Unis, rien ne passe, surtout pas une opération comme celle de mars 97 sans qu’il y ait un ordre venu de Hun Sen”, a-t-il expliqué. L’enquête de l’ONU a servi de base de travail à la juge d’instruction française, Sabine Khéris, tout comme les investigations menées par la police fédérale américaine (FBI), la Commission des affaires étrangères du Sénat américain, ainsi que l’ONG Human Rights Watch.En 2021, près de 20 ans après la plainte déposée à Paris par Sam Rainsy et l’ouverture d’une information judiciaire, elle avait conclu que Hing Bun Heang avait recruté des hommes pour perpétrer l’attentat et que Huy Piseth avait facilité la fuite des lanceurs de grenades.- “Je revois les morts” -La première matinée de ce procès par défaut a été consacrée aux déclarations de Sam Rainsy. Pendant plusieurs heures, le Franco-Cambodgien a raconté sa version des faits et évoqué ses souvenirs de la manifestation. “Dans quelques jours, cela va faire 28 ans, mais pour moi c’est comme si c’était hier”, a-t-il déclaré à la barre. “Je revois les morts, les blessés, les flaques de sang. Cette scène continue de me hanter”, a poursuivi le Cambodgien, naturalisé français en 1974.Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité de tentative d’assassinat.Depuis le Cambodge, l’un d’eux a répondu la semaine dernière aux questions d’un journaliste de l’AFP, niant toute implication dans l’attentat. “Je l’ai expliqué beaucoup de fois. Ça n’a rien à voir avec moi”, avait déclaré Hing Bun Heang.”Venez me poursuivre au Cambodge”, a-t-il lancé, qualifiant Sam Rainsy de “politicien dérangé”.Homme fort du Cambodge, Hun Sen est devenu Premier ministre en 1985, à seulement 32 ans, et n’a démissionné qu’en 2023 au profit de son fils, Hun Manet.En presque 40 ans à la tête du pays, il n’a pas hésité à museler l’opposition pour se maintenir au pouvoir, bâillonnant la presse et condamnant ses adversaires à des peines de prison motivées par des considérations politiques, selon des défenseurs des droits humains.Le verdict devrait être rendu vendredi.

Un témoin charge des proches de l’ex-Premier ministre cambodgien au procès d’un attentat visant l’opposition

Un ancien fonctionnaire de l’ONU a témoigné mercredi devant la cour d’assises de Paris, accusant deux hauts responsables de la garde rapprochée de l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen d’avoir organisé l’attentat visant Sam Rainsy, figure de l’opposition, à Phnom Penh.Brad Adams, 64 ans aujourd’hui, travaillait au bureau des droits de l’Homme de l’ONU à …

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A Gaza, des Palestiniens racontent une nouvelle descente aux enfers

Au petit matin dans la ville de Gaza, un homme en pleurs tente de dégager le corps d’un petit garçon enseveli sous les décombres d’un immeuble visé par de nouvelles frappes israéliennes.Les secouristes de “la Défense civile ont essayé de récupérer des gens mais ils n’ont pu sortir personne, alors ils sont partis”, explique Mohammed …

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A Gaza, des Palestiniens racontent une nouvelle descente aux enfers

Au petit matin dans la ville de Gaza, un homme en pleurs tente de dégager le corps d’un petit garçon enseveli sous les décombres d’un immeuble visé par de nouvelles frappes israéliennes.Les secouristes de “la Défense civile ont essayé de récupérer des gens mais ils n’ont pu sortir personne, alors ils sont partis”, explique Mohammed al-Deiri, un voisin venu apporter son aide en déplorant le supplice d'”une population sans défense”.Avec un marteau, plusieurs personnes se relaient pour frapper les morceaux de béton sous lesquels un très jeune enfant, les yeux fermés, est couvert de poussière.Il porte une veste à capuche Spiderman et tout près de lui, apparaît la main d’un homme dont le corps est aussi enfoui sous les ruines.Israël a mené mardi avant l’aube les frappes les plus violentes depuis le début de la trêve avec le Hamas, le 19 janvier, disant vouloir faire pression sur le mouvement islamiste palestinien afin qu’il libère les otages retenus dans la bande de Gaza.Le Hamas accuse Israël de ne pas respecter l’accord de trêve, négocié avec les médiateurs -Egypte, Qatar, Etats-Unis-, qui a abouti au cessez-le-feu entré en vigueur il y a deux mois après plus de 15 mois d’une guerre dévastatrice.Les frappes ont fait plus de 400 morts en quelques heures, selon le ministère de la santé du Hamas. – “L’enfer” -Dans ce quartier d’al-Sabra, les étages des immeubles semblent s’être pliés comme des accordéons.Rafat Ramadan explique avec agitation avoir vu “des corps suspendus” sur les bâtiments détruits.”Il aurait fallu des grues pour les récupérer, mais il n’y a rien, que quelques ambulances et des volontaires”, dit cet habitant.”Ce que nous avons vécu, c’était l’enfer”, conclut-il disant avoir perdu son fils et des petits-enfants dans ce bombardement.”Les Etats-Unis, dès (l’arrivée du président américain Donald) Trump, ont massivement soutenu Israël en lui envoyant du matériel militaire”, commente Soundus al-Imam, une voisine de 21 ans dont la maison a été partiellement détruite par la même explosion.”Ça a donné à Israël une puissance militaire encore plus grande qu’avant, et maintenant la situation est très instable”, dit-elle.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et M. Trump ont promis “l’enfer” au Hamas si les 58 otages israéliens — dont 34 déclarés morts par l’armée — n’étaient pas rendus immédiatement, hors du cadre de l’accord.Israël a bloqué début mars l’entrée de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien assiégé puis a coupé le faible approvisionnement en électricité d’une station de dessalement d’eau.- “Priez” -Après deux mois de trêve, les Gazaouis revivent les moments de panique des plus quinze mois de guerre entre le Hamas et Israël.Dans la cour de l’hôpital al-Aqsa à Deir el-Balah (centre), des dizaines d’hommes se recueillent devant des sacs mortuaires en plastique blanc.Ils disent que quatre membres d’une même famille ont été surpris en pleine nuit par un bombardement alors qu’ils récitaient une prière traditionnelle du Ramadan.”Souviens-toi de Dieu, priez pour vos biens aimés, votre coeur sera en paix”, promet une affiche collée près des dépouilles. Un jeune homme pleure en silence.A la hâte, on glisse les sacs dans une camionnette, pelle à la main, pour les enterrer.L’armée israélienne a appelé mardi et mercredi la population à évacuer plusieurs régions frontalières d’Israël qui sont “des zones de combat”, notamment à Beit Hanoun, dans le nord.Des habitants se sont mis en route, généralement à pied, vers Gaza-Ville, plus au sud, espérant y trouver un abri.Des enfants trainent des bidons d’eau à côté de charrettes tirées par des ânes. On y entasse des matelas de mousse, des bassines en plastique, des nattes ou des tentes; les objets du quotidien d’une population dont la quasi totalité a été déplacée par les combats selon les Nations unies.Autour d’eux, des squelettes de bâtiments succèdent aux monumentales piles de décombres ou de déchets.Dans le ciel, les avions et les drones de l’armée israélienne poursuivent leur ballet.

Trump dit avoir eu une “très bonne” conversation avec Zelensky

Donald Trump a assuré mercredi avoir eu une “très bonne” conversation téléphonique avec Volodymyr Zelensky, estimant que les discussions sur l’Ukraine étaient “sur la bonne voie” au lendemain de son appel avec Vladimir Poutine, mais sans s’avancer sur le fond des pourparlers concernant un cessez-le-feu.”Je viens d’avoir un très bon appel avec le président de l’Ukraine Zelensky. Il a duré environ une heure. Une grande partie de la discussion a été basée sur l’appel passé hier avec le président Poutine pour aligner les demandes et besoins à la fois de la Russie et de l’Ukraine. Nous sommes sur la bonne voie”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.Cette tonalité optimiste tranche avec l’hostilité de la dernière conversation entre les deux dirigeants, fin février à la Maison Blanche.L’appel a eu lieu peu après que la Russie et l’Ukraine ont annoncé avoir échangé 175 prisonniers de guerre de chaque camp.Le chef d’Etat ukrainien, qui ne veut surtout pas être laissé à l’écart du dialogue étroit entre les présidents russe et américain, avait demandé auparavant que “les Etats-Unis (soient) la principale entité de contrôle” du cessez-le-feu limité aux infrastructures énergétiques.A l’issue de l’entretien mardi entre Donald Trump et Vladimir Poutine, la Russie a annoncé qu’elle acceptait de stopper les frappes sur ces installations pendant 30 jours.M. Zelensky a assuré que Kiev respecterait cette trêve partielle si Moscou faisait de même: “Si les Russes ne frappent pas nos installations, nous ne frapperons certainement pas les leurs”.Après une nuit d’attaques de part et d’autre, la Russie et l’Ukraine se sont accusées mutuellement mercredi de ne pas vouloir régler le conflit.Mais elles ont néanmoins procédé à cet échange de prisonniers, l’un “des plus grands” depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, selon Volodymyr Zelensky.- Discussions “techniques” -De nombreuses questions restent en suspens après le long appel mardi entre le président américain, qui promet de ramener “la paix” en Ukraine, et son homologue russe.Les deux dirigeants ont convenu de poursuivre les discussions “techniques” en vue d’un cessez-le-feu total. Un projet auquel Kiev a déjà souscrit, sous la pression de Washington.L’émissaire américain Steve Witkoff a déclaré mercredi s’attendre à une cessation complète et temporaire des hostilités “d’ici deux semaines”, précisant que des pourparlers américano-russes auraient lieu en Arabie saoudite en début de semaine prochaine.Le ton est moins affirmatif du côté de la Russie, qui s’estime en position de force sur le champ de bataille. Loin de la volonté affichée de Donald Trump de mener les négociations tambour battant, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a dit que des discussions étaient prévues mercredi et jeudi pour déterminer “les dates précises des prochains contacts et la composition” des délégations russe et américaine.Selon le ministère russe de la Défense, une frappe ukrainienne “délibérée” a visé pendant la nuit un dépôt pétrolier de la région de Krasnodar (sud de la Russie).Tout comme la Russie s’acharne sur ses infrastructures énergétiques, l’Ukraine cible régulièrement les dépôts pétroliers russes.Le pays a été attaqué pendant la nuit par six missiles et 145 drones de combat russes, a indiqué l’armée ukrainienne.Volodymyr Zelensky a fait état de frappes russes contre des infrastructures civiles et énergétiques, notamment à Kiev et Soumy (nord).Un homme a été tué et trois autres personnes blessées dans une autre frappe dans la région de Soumy contre un immeuble résidentiel, et un bombardement a tué un civil à Kherson (sud) mercredi matin, selon les autorités locales.La conversation Trump-Poutine n’a pas vraiment rassuré les Européens, qui craignent que Donald Trump, déjà aligné avec Vladimir Poutine sur certains points cruciaux comme le refus d’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan, ne fasse de vastes concessions à la Russie.Pour Berlin, “Poutine joue à un jeu”. Londres a jugé “décevant” que le président russe n’ait pas souscrit au projet de cessez-le-feu total déjà accepté par les Ukrainiens.La diplomatie européenne compte soumettre jeudi aux 27 Etats membres de l’UE une proposition d’aide militaire à l’Ukraine de cinq milliards d’euros, afin qu’elle reçoive au plus vite quelque deux millions d’obus d’artillerie.