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Etre transgenre dans la campagne française, au-delà de l’isolement

Au cours de sa transition, Valérie Montchalin, femme transgenre de 52 ans, a dû faire le tri dans ses amis. Certains lui ont tourné le dos. Elle n’a pas été invitée au “repas de la classe” qui rassemble les habitants de son village natal.Mme Montchalin habite Saint-Victor-Malescours, 700 habitants, où tout le monde se connaît depuis toujours. Longtemps, elle a dû faire face seule à son désir d’être une femme.”Déjà à six-sept ans, je me sentais mal sans pouvoir mettre des mots dessus. Mais si j’avais dit à ma mère que je ne me sentais pas bien dans mon corps, j’aurais pris une paire de gifles” – la peur du “qu’en dira-t-on”, explique-t-elle.Alors, en grandissant, “j’ai fait ce qu’on attendait de moi”: le métier de maçon, le mariage à 22 ans, deux enfants et une personnalité “bourrue, plutôt macho, aux antipodes de ce que je suis réellement.”Elle raconte les années de “souffrance”, son malaise dans les boutiques de vêtements masculins, dans le miroir du coiffeur, avant finalement à l’âge de 48 ans de se confier à ses proches.Depuis, elle se rend en ville à Saint-Etienne pour se faire prescrire des hormones. Elle a laissé pousser ses cheveux, va chez l’esthéticienne – “je suis coquette”. Ses salariés, au départ “choqués”, lui font maintenant “la bise”. Ce parcours, qu’elle n’estime pas “militant”, fait écho à celui des six autres personnes transgenres issues du milieu rural du centre de la France qui ont accepté de se confier à une journaliste de l’AFP ces derniers mois.Etre trangenre à la campagne, c’est cheminer seul, assumer les regards de travers, parcourir de longues distances pour un suivi médical.- “Rejet” -Rarement le destin des personnes transgenres aura été autant évoqué.D’un côté, le film “Emilia Perez”, qui raconte la transition d’un narcotrafiquant mexicain, a été récompensé aux Oscars, aux Golden Globes, à Cannes. De l’autre, Donald Trump a annoncé un arrêt des politiques en faveur des personnes transgenres aux Etats-Unis, suivi par plusieurs pays.En France, si quelques très rares personnes transgenres ont fait leur apparition dans des conseils municipaux depuis 2020, “on est loin encore d’avoir des personnes trans représentées politiquement, sociétalement”, relève Virginie Le Corre, sociologue au laboratoire LinCS de Strasbourg.Il y aurait dans le pays entre 20.000 et 60.000 personnes transgenres, selon un rapport remis en 2022 au ministère de la Santé.Dans son cabinet de Clermont-Ferrand, la gynécologue Maud Karinthi, spécialiste de la transidentité, voit passer beaucoup de ces patients venus de petits villages qui mènent, selon elle, un “parcours du combattant”. “J’ai une patientèle très rurale avec des gens qui viennent de loin”, “l’autre problématique” des ruraux transgenres, c’est “la méconnaissance” et “le rejet dans leur petite communauté”, ce qui conduit à “l’isolement”, résume-t-elle.- “En parler à personne” -“Le problème de la campagne, c’est qu’on ne peut pas en parler et qu’il n’y a aucun accès à l’information”, témoigne Valentin (prénom modifié), homme transgenre de 25 ans.Ce n’est qu’à 18 ans qu’il a pu mettre des mots sur son mal-être. “Sur les réseaux, j’ai découvert l’existence des personnes transgenres et qu’on pouvait changer de genre. Je me suis dit +mon problème, c’est ça+.””Ca a changé ma vie”, dit cet autoentrepreneur qui préfère taire son nom “par sécurité” par rapport à son travail.L’absence d’associations et de représentants sur la prévention sexuelle est “très dommageable en milieu rural”, alors que le système scolaire a “beaucoup de retard à rattraper”, note Mme Le Corre.Inès, 29 ans, qui est non-binaire et ne se reconnaît dans aucun genre, dit avoir “beaucoup de mal” quand on la renvoie “à son image de femme”.Mais cette responsable d’un gîte dans une station de ski de 1.000 habitants en Savoie n’a pas fait son coming-out de peur de ne “pas être comprise”:  “la non-binarité ne renvoie à rien de concret pour les gens”.Si l’accès à la chirurgie d’affirmation pour les personnes trans se développe en France, elle “reste difficile, avec des délais qui se comptent en années (de deux à cinq ans), du fait d’une offre de soins trop limitée et mal répartie géographiquement”, notent les auteurs du rapport remis au ministère de la Santé.”Dans la campagne où j’ai évolué, on n’avait qu’un cabinet médical où les médecins étaient là un jour sur quatre. Si on voulait se renseigner, il fallait aller dans des villes plus éloignées”, explique Isaac Douhet, homme transgenre de 25 ans, qui a fait une mammectomie à Clermont-Ferrand et devra se rendre à Lyon pour sa phalloplastie à deux heures de route de chez lui.Armelle, femme transgenre de 22 ans, employée dans une fromagerie, fait les allers-retours entre Aurillac, où elle vit, et Clermont-Ferrand, où elle est suivie, soit quatre heures de route à chaque fois.- Regard -En zone rurale, “il faut avoir une sacrée force de caractère pour ne pas se laisser toucher par le regard des autres”, dit Armelle.”Ce n’est pas toujours évident”, confirme Isaac Douhet : si la famille d’accueil où il a été placé enfant et ses voisins ont “bien vécu” sa transition, il a rencontré des attitudes malveillantes, surtout en milieu scolaire.”Les gens ne comprennent pas, ils vous regardent de travers, se retournent dans la rue, il va y avoir des insultes.” Lors d’une formation, il a été passé à tabac par d’autres élèves.Sarah Valroff, autoentrepreneur non-binaire de 29 ans au style androgyne, se fait appeler Saraph (contraction de son prénom de naissance et de Raphaël) et a adopté le pronom “iel” (pour mêler il et elle).Pour ne pas s’attirer d’ennuis, il évite de s'”habiller en homme dans le centre du bourg” d’Ambert où il s’est installé fin août, parfois “de tenir la main” de son compagnon. “Plus l’environnement est petit, plus celles et ceux qui vont sortir du lot vont renforcer leur singularité”, constate Mme Le Corre. “C’est un peu du cas par cas” mais “ce sont plus des questions générationnelles que géographiques.”Plusieurs des témoins interrogés ont fait le choix de partir vivre en ville.Valentin s’est installé à Vichy, Isaac Douhet à Clermont-Ferrand où il apprécie d’être “noyé dans le monde” et peut facilement se rendre au 25 Gisèle Halimi, lieu d’accueil pour les femmes et les hommes transgenres où la docteure Karinthi le suit.Armelle envisage de déménager dans une grande ville pour faciliter son suivi, se sentir “plus à l’aise” et rencontrer d’autres personnes trans.- Podcast -Pourtant, “il y a une nouvelle ruralité qui s’ouvre, avec des personnes qui partent de la ville pour s’installer en milieu rural et qui développent des associations”, selon la sociologue Virginie Le Corre.Il y a une “différence notoire entre les plus jeunes qui ont eu internet et les autres (…) enfermés sur leur village”. Aujourd’hui, les personnes trans acceptent davantage de parler, “refusent de se cacher, souvent par militantisme”.Dans son podcast “Horizons queer” Saraph met en lumière des parcours et des modes de vie de personnes queer en zone rurale, “pour donner des représentations aux plus jeunes”, “être l’adulte” qu’il aurait “aimé voir dans (son) enfance”. Dermot Duchossois, un homme transgenre de 23 ans à la barbe naissante, s’est épanoui à Pionsat, 1.000 habitants, où il est auxiliaire de vie.Seuls les responsables de la grande surface où il travaillait quand il a effectué sa transition ne l’ont pas acceptée: “Ils refusaient que je sois dans le vestiaire des hommes, c’était gênant pour moi d’être avec des filles en sous-vêtements…”Sinon, “je ne me suis jamais senti regardé quand j’ai commencé à changer dans mon village. Ca a été très bien accepté. Les personnes, même très âgées, demandaient toujours de mes nouvelles”.

“Le cauchemar américain”: l’angoisse des proches de Vénézuéliens envoyés en prison au Salvador par Trump

Du rêve au “cauchemar américain”: des proches de migrants vénézuéliens expulsés des Etats-Unis pour appartenance présumée au gang Tren de Aragua, et incarcérés au Salvador dans une prison de haute sécurité, racontent leur choc et leur profonde inquiétude.Têtes rasées, enchaînés et surveillés par des agents masqués: c’est avec les images diffusées par les autorités salvadoriennes, et le président Nayib Bukele lui-même, que la famille de Mervin Yamarte a découvert qu’il faisait partie des migrants Vénézuéliens accusés d’être des gangsters et chassés des Etats-Unis par Donald Trump.Le président américain affirme que ces 238 personnes sont des membres du Tren de Aragua, multinationale vénézuélienne du crime qu’il a déclaré organisation terroriste. De son côté, Caracas estime que le dirigeant républicain cherche à criminaliser les immigrés. Des groupes de défense des droits humains dénoncent pour leur part des pratiques expéditives, sans explications ni procès préalables.Leurs proches racontent que Mervin et trois de ses amis comptent parmi les quelque huit millions de Vénézuéliens qui ont fui, en quête d’une vie meilleure, la grave crise économique et politique que traverse leur pays depuis 2014.Mervin, 29 ans, a grandi avec ses camarades à Los Pescadores, un quartier aux petits logements modestes et aux rues poussiéreuses de Maracaibo, l’ancienne capitale pétrolière vénézuélienne située dans l’Ouest.- “Plus grande douleur” – Ils étaient partis en septembre 2023 à la poursuite du “rêve américain”, traversant la terrible jungle du Darien entre la Colombie et le Panama, bravant d’autres dangers pour atteindre les Etats-Unis via le Mexique.Les amis ont été arrêtés mercredi dans leur maison de Dallas, au Texas, puis emprisonnés au Salvador à peine trois jours plus tard.Selon les familles, les quatre avaient signé un ordre d’expulsion vers le Venezuela, mais se retrouvent incarcérés dans un autre pays.C’est un frère de Mervin, identifié dans un journal télévisé grâce à ses sandales, qui l’a reconnu en premier, explique en sanglots leur mère Mercedes Yamarte, à Maracaibo.”Dix minutes plus tard, il nous a rappelés (pour nous montrer une vidéo) où l’on voit Mervin avec un regard terrifié. (Ce regard) est la douleur la plus grande de ma vie, car c’est comme un cri d’appel à l’aide de mon fils”, relate-t-elle.Ses quatre enfants ont quitté le pays: trois sont allés aux Etats-Unis et une au Mexique, pour laquelle Mme Yamarte négocie un rapatriement avec les autorités vénézuéliennes.Pendant ce temps, elle s’accroche à la dernière photo que Mervin lui a envoyée. En contraste avec celles de son arrivée au Centre de confinement du terrorisme (Cecot), gigantesque prison inaugurée en 2023 par Nayib Bukele dans le cadre de sa croisade contre les gangs.- Tatouages -Mercedes Yamarte dirige une sorte de comité de mères: elles vont dans les médias, organisent des manifestations dans les rues. Elle dit que ses deux autres enfants aux Etats-Unis veulent rentrer au Venezuela mais craignent de subir le même sort que Mervin.”Mon fils voulait déjà revenir car il disait que ce n’était pas le rêve américain, c’était le cauchemar américain”, rapporte Mme Yamarte.”Nous voulons seulement la justice, ce sont de bonnes personnes, liberté pour Andy, Mervin, Ringo et Edwuin”, réclame une pancarte confectionnée avec des photos des quatre amis.A Canada Honda, un autre quartier pauvre de Maracaibo, Yajaira Chiquinquira Fuenmayor, 65 ans, assure que son fils Alirio Belloso lui avait pourtant dit qu’il allait être expulsé vers le Venezuela.Agé de 30 ans, il a été arrêté le 28 janvier, une semaine après l’investiture de Donald Trump pour son deuxième mandat. D’abord “heureuse” à l’idée de revoir son fils, elle s’est effondrée lorsqu’elle a appris que celui-ci se trouvait en fait au Cecot, dans la ville de Tecoluca.Alirio avait commencé par émigrer au Pérou mais, déçu, il était revenu au Venezuela pour ensuite tenter sa chance aux Etats-Unis, avec l’objectif d’aider sa famille qui vit dans une extrême pauvreté.Son épouse Noemi Briceño s’interroge: était-ce à cause des tatouages, qui ont servi de motif à l’arrestation de gangsters au Salvador ?”Nous avons vu des reportages qui parlaient des tatouages du Tren de Aragua. Mon mari s’est fait tatouer (les noms) de sa nièce qui est morte de leucémie, de sa fille, de sa mère”, explique-t-elle.”Et un sablier (…) parce qu’il avait dit à sa fille que viendrait un moment où il ne repartirait plus du Venezuela”.

Le Japon marque les 30 ans de l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo

Le Japon commémore jeudi l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, perpétrée il y a trente ans par la secte Aum et qui a fait 14 morts et plus de 5.800 blessés.Une cérémonie ponctuée d’une minute de silence a rassemblé des employés du métro et des membres des familles de victimes à la station Kasumigaseki, au cœur du quartier gouvernemental de la capitale, touché par l’attentat.Le 20 mars 1995, vers 08H00 du matin, cinq disciples de la secte Aum ont quasi simultanément déposé des sacs en plastique remplis de ce gaz liquéfié, un virulent agent neurotoxique, dans des rames de métro de différentes lignes avant de les percer avec la pointe d’un parapluie et de s’enfuir.Les trains ont poursuivi leur route, emprisonnant les passagers à l’intérieur au contact des fumées mortelles.L’attaque a d’abord fait 13 morts, tandis qu’une 14e victime est décédée en 2020 des suites de graves lésions cérébrales consécutives à cette attaque.Plus de 5.800 autres personnes ont été blessées, dont beaucoup souffrent encore de problèmes de vue, de fatigue et de traumatismes psychologiques.Shizue Takahashi, 78 ans, a déposé des fleurs jeudi à la station Kasumigaseki en mémoire de son époux, mort à l’âge de 50 ans dans cette attaque conduite sur son lieu de travail.- “Remplie de tristesse” -“Lorsque je viens ici, je me rappelle clairement de ce jour et je suis remplie de tristesse”, raconte la septuagénaire, devenue une militante engagée contre la secte Aum.Yuji Nakamura, un avocat venu en aide aux victimes de l’organisation, explique par ailleurs que de nombreux survivants de l’attaque de 1995 souffrent encore de problèmes de santé.”J’espère que le gouvernement deviendra plus proactif pour proposer un soutien médical.”A la tête de la secte Aum, le gourou Shoko Asahara – de son vrai nom Chizuo Matsumoto – prêchait que la fin du monde était imminente et que les massacres étaient un moyen altruiste d’élever les âmes à un niveau supérieur.Avant cette opération meurtrière dans la capitale nippone, la secte avait réalisé un premier attentat à Matsumoto, dans le centre du Japon.En juin 1994, plusieurs adeptes d’Aum avaient répandu du gaz sarin au pied d’un immeuble résidentiel de cette ville, faisant sept morts et 144 blessés.En décembre 1999, la secte Aum a reconnu pour la première fois officiellement sa responsabilité dans ces deux attentats. Elle a depuis présenté ses excuses.La première peine capitale pour l’attentat de 1995 a été prononcée en septembre 1999. Depuis, 13 adeptes de la secte, dont le gourou Shoko Asahara, ont été condamnés à la pendaison et exécutés en juillet 2018.Rebaptisée Aleph et Hikarinowa, la secte compte environ 1.600 fidèles et a toujours pignon sur rue.Selon des experts, Aleph et Hikarinowa attirent à elles de jeunes fidèles en secret, en personne ou via les réseaux sociaux, avec des publications prétendant que les crimes de la secte Aum  sont présentés de manière inexacte.Pour Kenji Utsunomiya, un avocat venu en aide aux victimes, le gouvernement doit confisquer les actifs de la secte et la dissoudre définitivement.”Le fait qu’un groupe comme celui-ci soit autorisé à continuer de fonctionner est dangereux pour la société japonaise”, estime-t-il.

Trump propose de prendre “possession” des centrales ukrainiennes

Le président américain Donald Trump a suggéré mercredi, dans un appel avec son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, que les Etats-Unis prennent “possession” des centrales électriques ukrainiennes, affirmant que cela “constituerait la meilleure protection et le meilleur soutien possibles”.A Londres, les chefs d’état-major d’une trentaine de pays prêts à contribuer à des garanties de sécurité pour l’Ukraine se réunissent jeudi pour discuter d’un plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu avec la Russie.Le dossier ukrainien et celui de la défense européenne face à la menace russe figurent également au menu d’un sommet de l’UE à Bruxelles jeudi.Lors de sa conversation téléphonique avec M. Trump, le président ukrainien a dit être prêt à suspendre les attaques sur les infrastructures civiles et énergétiques en Russie, après un engagement pris par Vladimir Poutine mardi d’épargner temporairement les sites énergétiques.”L’une des premières étapes vers la fin de la guerre pourrait être de cesser les frappes sur les infrastructures énergétiques et autres infrastructures civiles. J’ai soutenu cette mesure et (…) nous sommes prêts à la mettre en oeuvre”, a dit Volodymyr Zelensky sur X.Il a aussi précisé que la conversation n’avait porté que sur “une centrale, qui est sous occupation russe”, c’est-à-dire le grand site nucléaire de Zaporijjia dans le sud-est de l’Ukraine. Du côté de Washington et en apparence au moins, le ton s’est nettement adouci par rapport à l’hostilité ouverte avec laquelle le président ukrainien avait été accueilli récemment par Donald Trump. Le président américain a eu un appel téléphonique “fantastique” avec son homologue ukrainien, a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.M. Zelensky a parlé sur X d’un échange “positif, très substantiel et franc”. Plus tard lors d’un point-presse, il a assuré n’avoir subi “aucune pression” de M. Trump pour lui arracher des concessions.- “Sur la bonne voie” -Un communiqué officiel américain insiste sur le fait que Volodymyr Zelensky, accusé d’ingratitude par certains alliés du président américain, avait plusieurs fois “remercié” Donald Trump pour son action.”Je viens d’avoir un très bon appel avec le président de l’Ukraine Zelensky. (…) Nous sommes sur la bonne voie”, a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.Il n’a pas donné de détails sur sa surprenante et nouvelle proposition concernant les centrales ukrainiennes, cohérente toutefois avec la manière dont l’ancien promoteur immobilier aime aborder les affaires diplomatiques, c’est-à-dire comme des transactions commerciales.”Le président Zelensky a demandé des systèmes de défense antiaérienne (…) et le président Trump a accepté de travailler avec lui pour voir ce qui était disponible, notamment en Europe”, a encore dit Karoline Leavitt.Elle a ajouté que “le partage de renseignements militaires pour la défense de l’Ukraine” allait “continuer”.Les Etats-Unis avaient temporairement suspendu l’aide militaire et le partage d’informations, le temps que Kiev accepte une proposition américaine de cessez-le-feu total de trente jours, à laquelle Donald Trump n’a pas pu rallier Vladimir Poutine.La Russie et l’Ukraine ont par ailleurs annoncé avoir échangé 175 prisonniers de guerre de chaque camp.- Arabie saoudite -De nombreuses questions de fond restent en suspens après ces deux conversations menées par Donald Trump. Parmi elles: l’avenir de l’aide occidentale à l’Ukraine, dont Vladimir Poutine réclame l’arrêt, ou un éventuel “partage” territorial évoqué récemment par le président américain.M. Zelensky a affirmé mercredi que le maître du Kremlin ne “voulait pas d’un cessez-le-feu” complet tant que les troupes ukrainiennes resteront dans la région russe de Koursk, dont elles ne contrôlent plus qu’une petite partie.L’Ukraine a selon lui reçu “plusieurs” avions de chasse F-16 supplémentaires. Des pourparlers doivent se tenir en Arabie saoudite dans les prochains jours.L’objectif est d’arriver d’abord à une trêve étendue à la mer Noire, puis à un cessez-le-feu total, et enfin à des négociations de paix, une perspective qui reste lointaine.A Londres, les chefs militaires d’une trentaine de pays soutenant l’Ukraine se réunissent jeudi pour discuter de la “phase opérationnelle” de leur plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu.Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’efforce avec le président français Emmanuel Macron de constituer une “coalition de pays volontaires” prêts à contribuer d’une façon ou d’une autre à ce plan.Sur le terrain, la Russie a abattu 132 drones ukrainiens au-dessus de son territoire dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé le ministère russe de la Défense.Sur ce total, 54 drones ont été interceptés dans la région de Saratov, à environ 700 km au sud-est de Moscou. Le gouverneur régional, Roman Bousarguine, a fait état de deux blessés dans une frappe contre un hôpital à Engels, sur la rive est de la Volga.A Kropyvnytsky, dans le centre de l’Ukraine, des drones russes ont frappé mercredi soir des immeubles résidentiels et fait huit blessés, dont un enfant, selon les services de secours.

Trump propose de prendre “possession” des centrales ukrainiennes

Le président américain Donald Trump a suggéré mercredi, dans un appel avec son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, que les Etats-Unis prennent “possession” des centrales électriques ukrainiennes, affirmant que cela “constituerait la meilleure protection et le meilleur soutien possibles”.A Londres, les chefs d’état-major d’une trentaine de pays prêts à contribuer à des garanties de sécurité pour l’Ukraine se réunissent jeudi pour discuter d’un plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu avec la Russie.Le dossier ukrainien et celui de la défense européenne face à la menace russe figurent également au menu d’un sommet de l’UE à Bruxelles jeudi.Lors de sa conversation téléphonique avec M. Trump, le président ukrainien a dit être prêt à suspendre les attaques sur les infrastructures civiles et énergétiques en Russie, après un engagement pris par Vladimir Poutine mardi d’épargner temporairement les sites énergétiques.”L’une des premières étapes vers la fin de la guerre pourrait être de cesser les frappes sur les infrastructures énergétiques et autres infrastructures civiles. J’ai soutenu cette mesure et (…) nous sommes prêts à la mettre en oeuvre”, a dit Volodymyr Zelensky sur X.Il a aussi précisé que la conversation n’avait porté que sur “une centrale, qui est sous occupation russe”, c’est-à-dire le grand site nucléaire de Zaporijjia dans le sud-est de l’Ukraine. Du côté de Washington et en apparence au moins, le ton s’est nettement adouci par rapport à l’hostilité ouverte avec laquelle le président ukrainien avait été accueilli récemment par Donald Trump. Le président américain a eu un appel téléphonique “fantastique” avec son homologue ukrainien, a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.M. Zelensky a parlé sur X d’un échange “positif, très substantiel et franc”. Plus tard lors d’un point-presse, il a assuré n’avoir subi “aucune pression” de M. Trump pour lui arracher des concessions.- “Sur la bonne voie” -Un communiqué officiel américain insiste sur le fait que Volodymyr Zelensky, accusé d’ingratitude par certains alliés du président américain, avait plusieurs fois “remercié” Donald Trump pour son action.”Je viens d’avoir un très bon appel avec le président de l’Ukraine Zelensky. (…) Nous sommes sur la bonne voie”, a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.Il n’a pas donné de détails sur sa surprenante et nouvelle proposition concernant les centrales ukrainiennes, cohérente toutefois avec la manière dont l’ancien promoteur immobilier aime aborder les affaires diplomatiques, c’est-à-dire comme des transactions commerciales.”Le président Zelensky a demandé des systèmes de défense antiaérienne (…) et le président Trump a accepté de travailler avec lui pour voir ce qui était disponible, notamment en Europe”, a encore dit Karoline Leavitt.Elle a ajouté que “le partage de renseignements militaires pour la défense de l’Ukraine” allait “continuer”.Les Etats-Unis avaient temporairement suspendu l’aide militaire et le partage d’informations, le temps que Kiev accepte une proposition américaine de cessez-le-feu total de trente jours, à laquelle Donald Trump n’a pas pu rallier Vladimir Poutine.La Russie et l’Ukraine ont par ailleurs annoncé avoir échangé 175 prisonniers de guerre de chaque camp.- Arabie saoudite -De nombreuses questions de fond restent en suspens après ces deux conversations menées par Donald Trump. Parmi elles: l’avenir de l’aide occidentale à l’Ukraine, dont Vladimir Poutine réclame l’arrêt, ou un éventuel “partage” territorial évoqué récemment par le président américain.M. Zelensky a affirmé mercredi que le maître du Kremlin ne “voulait pas d’un cessez-le-feu” complet tant que les troupes ukrainiennes resteront dans la région russe de Koursk, dont elles ne contrôlent plus qu’une petite partie.L’Ukraine a selon lui reçu “plusieurs” avions de chasse F-16 supplémentaires. Des pourparlers doivent se tenir en Arabie saoudite dans les prochains jours.L’objectif est d’arriver d’abord à une trêve étendue à la mer Noire, puis à un cessez-le-feu total, et enfin à des négociations de paix, une perspective qui reste lointaine.A Londres, les chefs militaires d’une trentaine de pays soutenant l’Ukraine se réunissent jeudi pour discuter de la “phase opérationnelle” de leur plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu.Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’efforce avec le président français Emmanuel Macron de constituer une “coalition de pays volontaires” prêts à contribuer d’une façon ou d’une autre à ce plan.Sur le terrain, la Russie a abattu 132 drones ukrainiens au-dessus de son territoire dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé le ministère russe de la Défense.Sur ce total, 54 drones ont été interceptés dans la région de Saratov, à environ 700 km au sud-est de Moscou. Le gouverneur régional, Roman Bousarguine, a fait état de deux blessés dans une frappe contre un hôpital à Engels, sur la rive est de la Volga.A Kropyvnytsky, dans le centre de l’Ukraine, des drones russes ont frappé mercredi soir des immeubles résidentiels et fait huit blessés, dont un enfant, selon les services de secours.