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Au procès Nemmouche, la défense d’un “tortionnaire idéal, trop beau pour être vrai”

“Il leur faut un coupable et celui-ci, c’est l’idéal”. Très loin de l’accusation qui a réclamé la perpétuité, l’avocat de Mehdi Nemmouche a tenté jeudi de convaincre la cour d’assises spéciale de Paris qu’il n’avait jamais été geôlier d’otages occidentaux pour le groupe Etat islamique en Syrie.”La défense de Mehdi Nemmouche a pu surprendre, paraître trop offensive, trop agressive, irrationnelle parfois”, concède pour commencer Me Francis Vuillemin. Sa voix est posée, mais plus pour longtemps. Pendant trois heures de plaidoirie, il va ensuite vociférer quasi-constamment. D’abord pour s’en prendre à tous les acteurs du procès ou presque (il prend soin d’épargner la cour et la “connaissance parfaite du dossier” de “Monsieur le président”): les parties civiles, qui prennent trop de place et “écrasent la parole de la défense”. La presse, venue “au soutien corporatiste de quatre victimes journalistes”. L’accusation, “qui dit que la défense fait son cinéma mais a demandé à ce que le procès soit filmé pour les archives historiques”.Sa défense n’est pas “complotiste” comme lui a dit le parquet antiterroriste dans ses réquisitions, mais “totale”, scande-t-il.  Assis droit dans le box, attentif, son client, 39 ans, pull gris, coiffé au gel, rasé de près, l’écoute.Il avait été reconnu par les journalistes français après l’attentat du musée juif de Bruxelles, où tout juste rentré de Syrie, Mehdi Nemmouche avait abattu quatre personnes en mai 2014. Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres avaient eux été libérés un mois plus tôt des geôles de l’EI, après près d’un an de supplice. Mehdi Nemmouche, déjà condamné à la perpétuité pour l’attentat à Bruxelles, jure qu’il a uniquement combattu, jamais rencontré aucun otage.Cette reconnaissance par les journalistes français, “à 100%” comme a dit Didier François à l’audience, n’est pas l’unique preuve du dossier mais elle en est la principale. C’est donc ce “récit à l’unité apparente”, “construit” par les ex-otages que Me Vuillemin entreprend de démonter. – “Épanoui” -Sans scrupule, il les attaque, nommément. “On peut être une vraie victime, qui a souffert là-bas, mais aussi être ridicule et de mauvaise foi”, lance d’une voix dure Me Vuillemin au sujet d’un ex-otage espagnol assis dans la salle -il la quittera en cours de plaidoirie.Côté français, seuls sont venus Pierre Torres et Didier François, ce dernier levant régulièrement les yeux au ciel avec un sourire désabusé à l’écoute des envolées de l’avocat.Me Vuillemin reprend les auditions de chacun pendant l’enquête, relève toutes les contradictions. Brandit théâtralement, encore et encore, les photos de Medhi Nemmouche, rappelle qu’untel ne l’avait d’abord pas reconnu, avait changé d’avis ensuite.Pareil pour “la voix”, pourtant identifiée “sans l’ombre d’un doute” par les ex-otages français. Au fil de 10 ans d’enquête, on est passé du “soupçon” à la “certitude”, via la “perfusion médiatique, qui fait son oeuvre lentement” jusqu’au procès, martèle l’avocat.Alors, il reste quoi ? “La preuve par Aznavour ?”, moque-t-il. Les otages ont raconté que leur geôlier en était fan, et Mehdi Nemmouche a aussi parlé du chanteur aux policiers après son arrestation à Bruxelles en 2014.”Le fameux Abou Omar n’existe pas, c’est un geôlier virtuel”, une “construction kaléidoscopique”. Il est “le résultat du mixage de plusieurs geôliers” par des victimes à la “recherche d’un coupable idéal”, s’emporte Me Vuillemin.”Il est le tortionnaire idéal, beaucoup trop beau pour être vrai, sadique à souhait, antisémite jusqu’au bout de la Kalach’, mais ayant le sens de la conversation mondaine, et poussant la chansonnette de temps en temps… Mais antisémites, sadiques, ils le sont tous !”. Me Vuillemin arrive au bout de sa plaidoirie. Il parle longuement de la vie de Mehdi Nemmouche en prison, à l’isolement total. Il sait que “c’est fou pour un avocat de dire ça” mais l’incarcération est devenue son “élément naturel”, il y est “épanoui” après “une vie de tumulte”. Son client lui a même dit -peut-être avec un peu d’ironie- qu’il avait parfois l’impression de “manquer de temps”. L’avocat a terminé. Il n’a pas demandé l’acquittement. “Jugez-le”, dit-il simplement.Le verdict est attendu vendredi en fin de journée.

Berlin rouvre son ambassade à Damas, appelle à la sécurité pour tous les Syriens

La cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock a exhorté jeudi les autorités syriennes de transition à garantir la sécurité de tous les Syriens, lors d’une visite à Damas au cours de laquelle elle a remis en service l’ambassade de son pays.Trois mois après la chute du président syrien Bachar al-Assad, Annalena Baerbock a officiellement récupéré en personne les clefs de l’ambassade, fermée en 2012 dans le sillage de la guerre civile.Dans ce pays divisé entre plusieurs communautés religieuses, où la transition reste difficile trois mois après la fuite de Bachar al-Assad, Mme Baerbock s’est entretenue ensuite avec le président syrien par intérim Ahmad al-Chareh et son ministre des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani, a indiqué la présidence syrienne.Selon des sources proches du ministère allemand des Affaires étrangères, “l’ambassade dispose d’une petite équipe politique et continuera à développer sa présence, en fonction de la situation”.”En raison du contexte sécuritaire et des capacités d’espace limitées”, les affaires de visa et consulaires continueront à être traitées depuis Beyrouth, au Liban, ont précisé ces mêmes sources.Avant sa fermeture en janvier 2012 et la réduction du personnel qui avait eu lieu auparavant dans le sillage de la crise, l’ambassade allemande à Damas comptait une cinquantaine d’employés, dont 25 à 30 expatriés et une vingtaine sous contrat local.Parmi les pays de l’UE, l’ambassade d’Italie a déjà repris ses activités à Damas. La France a remis pour le moment son drapeau sur son bâtiment et repris possession des lieux, mais elle n’y a pas encore d’activité consulaire. L’Espagne avait également annoncé avoir hissé son drapeau mi-janvier sur son ambassade. – Un “nouveau départ” -Juste avant de quitter le Liban pour la Syrie, Mme Baerbock a appelé les nouvelles autorités à garantir la paix et la sécurité de tous les Syriens, deux semaines après des massacres dans l’ouest du pays qui ont fait plus de 1.500 morts parmi les civils, en majorité issus de la minorité alaouite à laquelle appartient le clan Assad.Il s’agit des pires violences depuis l’arrivée au pouvoir d’une coalition menée par le groupe islamiste sunnite Hayat Tahrir al-Cham (HTS).Beaucoup de Syriens “ont peur que la vie dans la future Syrie ne soit pas sûre pour tous”, a déclaré selon un communiqué Mme Baerbock, dont c’est le deuxième voyage en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad.Elle a exhorté le gouvernement de transition syrien à s’assurer qu’il contrôlait les “groupes dans ses propres rangs”.Elle a ajouté qu’il devrait juger les responsables des violences et garantir la paix et la prospérité dans toute la Syrie, marquée par 14 années de guerre civile dévastatrice.”C’est la tâche gigantesque à laquelle est confronté le gouvernement de transition syrien dirigé par Ahmad al-Chareh”, a-t-elle dit.Mme Baerbock a indiqué qu’elle profiterait de son voyage pour dire au gouvernement syrien qu’un “nouveau départ” entre l’Europe et l’Allemagne, d’une part, et la Syrie, d’autre part, était conditionné au fait que tous les Syriens jouissent de la liberté et de la sécurité, indépendamment de leur foi, de leur sexe ou de leur appartenance ethnique.L’Allemagne a annoncé lundi le versement de 300 millions d’euros pour la reconstruction en Syrie, dans le cadre d’une conférence de pays donateurs qui a rassemblé des promesses d’aide à hauteur de 5,8 milliards d’euros.Mme Baerbock s’était déjà rendue le 3 janvier en Syrie avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, une visite sous mandat de l’Union européenne. Cette visite avait fait le tour des réseaux sociaux après le refus d’Ahmad al-Chareh de serrer la main à Mme Baerbock. Comme il est d’usage pour certains musulmans rigoristes, le dirigeant islamiste l’avait saluée en posant sa main sur sa poitrine.Ce geste avait eu un écho particulier au moment où Mme Baerbock venait à Damas plaider le droit des femmes, mais le gouvernement allemand en avait minimisé la portée, prônant une approche pragmatique. 

Parmi sept prétendants, le CIO élit son nouveau président

Qui sera le 10e président du Comité international olympique? Après des mois de suspense, les sept prétendants à la succession de l’Allemand Thomas Bach se départagent jeudi en Grèce pour prendre la tête du sport mondial.”Si je pouvais raconter les coulisses, il faudrait un livre entier”, plaisantait mercredi le candidat français David Lappartient, jugeant “plus ouvert que jamais” le scrutin de Costa Navarino, luxueux complexe face à la mer Ionienne.Depuis que le Bavarois de 71 ans a annoncé en août dernier qu’il passerait la main le 23 juin, Lappartient et ses six adversaires multiplient les entretiens et les contacts avec la centaine d’autres membres de l’instance olympique qui éliront son successeur, sans sondage ni soutien public pour mesurer leurs chances réelles.Sous la pluie mardi de l’ancienne Olympie, puis dans les coulisses ensoleillées mercredi et jeudi matin de la 144e session à Costa Navarino, ils ont tenté d’arracher d’ultimes ralliements et de faire basculer les derniers indécis.Et l’heure de vérité se dessine enfin: autour de 16h00 locales (GMT+2), les membres du cénacle sportif devront se défaire de leurs téléphones, puis voteront à huis clos et à bulletins secrets, éliminant à chaque tour le dernier arrivé, jusqu’à ce qu’un candidat obtienne une majorité absolue.Or avec un nombre de prétendants inédit dans l’histoire du CIO, bien malin qui pourrait désigner un favori: certains “cochent plus de facteurs que d’autres”, observait mercredi Martin Fourcade, membre de l’instance depuis 2022, mais aucun ne les aligne tous.- L’ombre de Samaranch père -Seuls le Britannique Sebastian Coe, patron de World Athletics et double champion olympique du 1.500 m, et la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, septuple médaillée en natation (dont deux titres), partagent un glorieux passé sportif avec Thomas Bach, qui avait été sacré en fleuret par équipes aux Jeux de Montréal en 1976.Mais alors que l’Allemand, avocat d’affaires, avait gravi tous les échelons du CIO dès 1991, l’Espagnol Juan Antonio Samaranch Jr est le seul à afficher une ascension comparable au sein de l’instance.Visage aussi familier du monde olympique que méconnu en dehors, “Juanito” a rejoint le CIO au moment où son père s’apprêtait à en quitter la présidence, en 2001, après 21 ans d’un règne marqué par l’explosion des revenus des JO mais aussi par des scandales de corruption, laissant une image contrastée.Les quatre autres candidats s’avancent en outsiders: David Lappartient, champion du cumul à l’ascension fulgurante, dirige à la fois l’Union cycliste internationale (UCI) et le Comité olympique français (CNOSF), et est le principal artisan de la désignation des Alpes françaises pour accueillir les Jeux d’hiver en 2030.Le Japonais Morinari Watanabe, patron de la Fédération internationale de gymnastique, présente de loin la proposition la plus radicale – des JO organisés simultanément dans cinq villes de cinq continents -, le prince jordanien Feisal Al-Hussein insiste sur la “paix” au service du sport, et le Britanno-Suédois Johan Eliasch vante son expérience à la tête de l’équipementier Head pour réformer le modèle économique.- Géopolitique ou manoeuvres de Bach? -Quelle stratégie fera la différence face à une assemblée mêlant têtes couronnées, anciens champions et figures de l’administration et de l’industrie sportives, traditionnellement réticents à la moindre prise de position publique ?Pour Jean-Loup Chappelet, spécialiste de l’olympisme à l’Université de Lausanne, “cette élection s’avère très géopolitique”, à l’image d’un monde de plus en plus fracturé, “et il semblerait que trois blocs se dessinent”.D’un côté, un soutien “des Russes, Chinois et de leurs alliés” à Samaranch Jr, de l’autre, un “bloc anglophone” derrière Sebastian Coe, et enfin, la possible quête avec Lappartient d'”un candidat de compromis” porté par une partie de l’Europe, estime M. Chappelet. A moins que le soutien supposé de Thomas Bach à Kirsty Coventry, objet de rumeurs volontiers relayées par les autres candidats, ne fasse de la ministre des Sports du Zimbabwe la première femme à la tête de l’instance, à seulement 41 ans.Jeudi matin, la 144e session a officiellement confirmé la présence de la boxe au programme des JO-2028 de Los Angeles, et écouté le premier grand oral du patron des JO-2030 dans les Alpes françaises, Edgar Grospiron.Enfin, la contribution de l’Etat français au budget de ces Jeux est désormais connue: 362 millions d’euros, selon une lettre de garantie du Premier ministre François Bayrou adressée au CIO, sur une enveloppe globale attendue au-dessus des 2 milliards d’euros.

Financiers et industriels réunis à Bercy pour s’allier dans l’effort de défense

Investisseurs et entreprises de défense ont tenté jeudi à Bercy de trouver ensemble de meilleurs façons de financer le secteur en avec des besoins estimés jusqu’à 5 milliards d’euros rendus soudain nécessaires par l’évolution de la position américaine vis-à-vis de l’Ukraine, et la menace russe.”Le financement, public, privé et populaire, m’apparaît plus que jamais comme le +nerf de la paix+ a lancé le ministre de l’Économie Éric Lombard.Les Français pourront en effet contribuer à ce financement, via le lancement par la banque publique d’investissement Bpifrance d’un nouveau fonds destiné aux particuliers, dont la cible est de collecter 450 millions d’euros.Avec un “ticket d’entrée” minimum de 500 euros, ils pourront “devenir indirectement actionnaires des entreprises du secteur de la défense”, a expliqué M. Lombard sur TF1.Jugeant “très important” d’associer l’ensemble des Françaises et Français à cet effort”, il a ajouté que “les grands réseaux bancaires et d’assurances vont mettre à disposition d’autres fonds, purement privés, pour ceux qui le veulent, sur une base de volontariat”.M. Lombard a par ailleurs annoncé que “les investisseurs publics français, comme la Caisse des dépôts et Bpifrance, investiront 1,7 milliard d’euros pour renforcer les fonds propres des entreprises de la défense”.Avec les co-investissements des investisseurs privés, cela représente “en fait jusqu’à 5 milliards d’euros de fonds propres additionnels en soutien du secteur”, s’est félicité le ministre, une somme proche des besoins actuellement évalués. La “base industrielle et technologique de Défense” (BITD) française comporte neuf grands groupes, comme Dassault Aviation, Safran, Thales ou Airbus, mais aussi quelque 4.500 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI), selon Bercy, plus fragiles financièrement que d’autres secteurs.- “Malentendu”” -Mais le monde de la finance est parfois réticent à investir dans la défense, car il est très sensible aux “risques ESG” (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans ses choix d’investissements. Eric Lombard s’est élevé contre “ce malentendu sérieux”, cette “vision fausse”. “L’investissement dans le secteur de la défense est un investissement responsable (…) il protège notre souveraineté (…), la démocratie, la liberté, le développement durable”.”Il y a des armements qui sont proscrits par les textes et par les traités internationaux. Le reste est autorisé”, a insisté le ministre, appelant les acteurs financiers à “s’affranchir de (leur) frilosité”.Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a renchéri: produire des armes, “ce n’est pas sale”, “il n’y a que des armes interdites ou des armes autorisées”. Pour Nicolas Namias, président du directoire de Groupe BPCE, qui s’exprimait au nom du secteur bancaire, “il faut un engagement stratégique en matière de politique de crédit, avec une idée simple, qu’on accompagne tout ce qui n’est pas interdit”. Le secteur bancaire est en soutien à la BITD à hauteur de 50 milliards d’euros, 37 milliards en financement et (le reste) à l’export” : “le momentum aujourd’hui nous conduit à faire davantage”, a noté M. Namias.Mercredi, France Assureurs, la fédération des assureurs français, avait assuré qu’eux aussi étaient “prêts à prendre toute leur part dans l’effort de réarmement du pays”.Alain Dulac, vice-président PME du GIFAS (Industries Aéronautiques et Spatiales), et PDG de Factem (produits audio pour l’armée) s’est dit “confiant” après avoir entendu tous ces propos.Le président du Medef, Patrick Martin, a cependant souligné que les entreprises du secteur “s’inquiètent (…) de la pérennité de cet effort” et qu’elles “ne bougeront que si elles ont des certitudes”. – “Point de départ” -L’évènement de jeudi se veut “un point de départ” du dialogue sur le financement prochain de la défense, selon Bercy.Celui-ci s’inscrit dans un contexte d’équation budgétaire difficile. “Il ne peut pas y avoir de nouveau +quoi qu’il en coûte+” à ce sujet, a prévenu sur BFM TV/RMC le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, plaidant pour un effort “mesuré” et “financé”.Jeudi après-midi, les ministres Lombard et Lecornu se rendent à Bergerac chez le fabricant de poudre et d’explosifs Eurenco, et le Premier ministre François Bayrou est attendu vendredi pour une visite à l’usine de fabrication de canons KNDS à Bourges.L’UE tout entière est mobilisée sur la défense depuis le début du mois. Mercredi, elle a donné le coup d’envoi d’un vaste plan visant à réarmer le continent d’ici à 2030, doté de 800 milliards d’euros.od-bp-mpa-kd-hrc/ak/rhl

Ubisoft joue son va-tout avec la sortie du nouvel Assassin’s Creed

L’industrie du jeu vidéo retient son souffle: le géant français Ubisoft lance jeudi son plus gros projet, “Assassin’s Creed Shadows”. En cas d’échec, c’est l’avenir de l’entreprise et la stabilité du secteur en Europe qui sont menacés.Une telle fébrilité dans l’industrie, “je n’avais jamais vu ça”, confiait à l’AFP Charles-Louis Planade, analyste chez Midcap Partners, quelques jours avant la sortie du nouvel épisode de cette série entamée en 2007.Depuis 2020, Ubisoft, l’un des plus gros acteurs du jeu vidéo dans le monde avec près de 18.000 employés, a connu une longue série de revers: lancements décevants, chute du cours de Bourse, scandales de harcèlements sexuel et moral visant d’anciens cadres, mouvements de grève…Désormais au pied du mur, le groupe mise sur sa saga phare pour se relancer avec un opus très ambitieux ancré dans le Japon féodal.Près d’une vingtaine de studios et des centaines de personnes ont travaillé dessus pendant près de cinq ans, pour un budget de plusieurs centaines de millions d’euros, selon certaines estimations.Plutôt bien reçu par les critiques, “Assassin’s Creed Shadows” – commercialisé sur PC, PS5 et Xbox Series – affiche jeudi une note “globalement favorable” de 81 sur 100 sur le site d’agrégation d’avis Metacritic, soit un point de plus que l’épisode “Valhalla”, sorti en 2020 et plus gros succès de la série.Pour le journaliste américain Stephen Totilo, “Shadows” est le volet le “plus beau” et le “plus agréable à jouer”, tandis que le site spécialisé IGN salue un très bon épisode qui ne “réinvente pas totalement” la formule.- Effet boule de neige -Ce manque de renouveau pourrait finir par “lasser certains joueurs”, redoute Julien Pillot, économiste spécialiste des industries culturelles. Pour lui, les récentes contre-performances d’Ubisoft sont “peut-être le signe d’un désamour du public pour ses jeux”.”Tout le monde croise les doigts pour que cette sortie soit un énorme succès”, souligne M. Planade, qui anticipe un effet boule de neige pour toute l’industrie européenne en cas de mauvaises ventes.Avec environ 4.000 salariés en France sur les 15.000 que compte le secteur, “Ubisoft est la locomotive du jeu vidéo” dans ce pays, rappelle en outre l’analyste.L’entreprise sert régulièrement de tremplin en sortie d’école et bon nombre de ses anciens employés ont fondé des studios en France et à l’étranger.Pour sortir la tête de l’eau, elle a entamé début 2023 un plan de réduction des coûts, entraînant des fermetures de studios et le départ de près de 2.000 salariés.- “Plusieurs options” pour l’avenir -Malgré cela, le groupe n’a pas réussi à rebondir sur les marchés financiers. Alors que son action s’échangeait à plus de 100 euros il y a dix ans, elle a atteint en septembre son niveau le plus bas, à 9,01 euros. A la Bourse de Paris jeudi vers 11h45 (10h45 GMT), elle prenait 2,50%, à 12,91 euros, poussée par de premières évaluations “très positives” des joueurs sur la plateforme de ventes de jeux sur PC Steam.Cette situation, dans un secteur en pleine crise de croissance depuis deux ans, a poussé Ubisoft à annoncer en janvier qu’il étudiait désormais “plusieurs options” pour son avenir, entraînant bon nombre de spéculations.Si un rachat conjoint avec le géant chinois de la tech Tencent – qui possède 10% de son capital – pour sortir l’entreprise de la Bourse a été évoqué dans un premier temps, plusieurs médias rapportent désormais la possible création d’une nouvelle entité, recentrée sur les marques phares du groupe, qui céderait le reste de son catalogue.”Toutes les options sont sur la table”, résume M. Planade, pour qui le rapport de force dans la négociation sera en grande partie déterminé par le succès de “Shadows”.

Ukraine: réunion à Londres des chefs militaires d’une trentaine de pays

Les chefs d’état-major d’une trentaine de pays prêts à contribuer à des garanties de sécurité pour l’Ukraine se retrouvent jeudi à Londres pour discuter d’un plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu avec la Russie.Le dossier ukrainien et celui de la défense européenne face à la menace russe figurent également au menu d’un sommet de l’UE à Bruxelles jeudi, le troisième sommet de chefs d’Etat en six semaines.Le Kremlin a vivement dénoncé jeudi les “plans de militarisation de l’Europe”, par la voix de son porte-parole, Dmitri Peskov.”Pour l’essentiel, les signaux en provenance de Bruxelles et des capitales européennes portent sur des plans de militarisation de l’Europe”, a lancé M. Peskov. “L’Europe s’est engagée dans sa propre militarisation et s’est transformée en parti de la guerre”, a-t-il fustigé.Les discussions de Londres ont lieu alors que l’Ukraine et la Russie ont effectué des attaques massives de drones dans la nuit et que le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé jeudi à Oslo pour un entretien avec le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre.A Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui s’efforce avec le président français Emmanuel Macron de constituer une “coalition de pays volontaires”, doit s’adresser aux responsables militaires. Il avait indiqué samedi que cette réunion serait consacrée à la “phase opérationnelle” de leur plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu.Cette rencontre se tient alors que le président russe Vladimir Poutine a posé comme condition à tout cessez-le-feu l’arrêt de l’aide militaire occidentale à l’Ukraine. La Russie a aussi rejeté l’idée d’une présence de troupes étrangères en Ukraine dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu.Keir Starmer et Emmanuel Macron tentent de mettre en place cette coalition depuis que le président américain Donald Trump a ouvert des discussions directes avec la Russie le mois dernier dans le but de terminer trois ans de guerre.Les dirigeants britannique et français veulent mettre en place des garanties de sécurité avec un soutien américain, qui permettraient de dissuader Vladimir Poutine de violer un éventuel cessez-le-feu.- Attaques de drones -Keir Starmer et Emmanuel Macron ont évoqué l’idée d’envoyer des troupes en Ukraine dans le cadre d’une force de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu. Selon le gouvernement britannique, un “nombre significatif” de pays sont disposés à faire de même.Toujours selon Londres, plus de 30 pays sont prêts à contribuer à cette “coalition de pays volontaires” d’une façon ou d’une autre. Cette participation pourrait consister pour certains pays à apporter un soutien logistique et technique pour une future force de maintien de la paix ou encore à accueillir du personnel sur leur sol.Sur le terrain, la Russie a annoncé jeudi avoir abattu dans la nuit 132 drones ukrainiens au-dessus de son territoire, l’attaque ayant fait deux blessés et provoqué un incendie sur une base aérienne militaire, selon les autorités.De son côté, l’armée de l’air ukrainienne a rapporté que la Russie avait lancé 171 drones sur l’Ukraine dans la nuit de mercredi à jeudi et précisé en avoir abattu 75, tandis que les autres n’ont pas fait de dommages.Mercredi à Washington, le président américain Donald Trump a suggéré lors d’un appel avec M. Zelensky, que les Etats-Unis prennent “possession” des centrales électriques ukrainiennes, affirmant que cela “constituerait la meilleure protection et le meilleur soutien possibles”.Du côté de Washington et en apparence au moins, le ton s’est nettement adouci par rapport à l’hostilité ouverte avec laquelle le président ukrainien avait été accueilli récemment par Donald Trump. Le président américain a eu un appel téléphonique “fantastique” avec son homologue ukrainien, a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.M. Zelensky a parlé pour sa part sur X d’un échange “positif, très substantiel et franc”. Plus tard, il a assuré n’avoir subi “aucune pression” de M. Trump pour lui arracher des concessions.- Questions en suspens -“Le président Zelensky a demandé des systèmes de défense antiaérienne (…) et le président Trump a accepté de travailler avec lui pour voir ce qui était disponible, notamment en Europe”, a encore dit Mme Leavitt, ajoutant que “le partage de renseignements militaires pour la défense de l’Ukraine” allait “continuer”.Les propos de M. Trump sur la défense anti-aérienne pour l’Ukraine sont “extrêmement importants”, s’est réjouie jeudi matin la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, à son arrivée à Bruxelles pour le sommet de l’UE.Mais de nombreuses questions de fond restent en suspens après les conversations menées par Donald Trump avec MM. Poutine puis Zelensky. Parmi elles: l’avenir de l’aide occidentale à l’Ukraine, ou un éventuel “partage” territorial évoqué récemment par le président américain.Des pourparlers russo-américains doivent se tenir “au niveau des experts, en Arabie saoudite dimanche ou “en tout début de semaine de semaine prochaine”, a précisé M. Peskov.L’objectif est d’arriver d’abord à une trêve étendue à la mer Noire, puis à un cessez-le-feu total, et enfin à des négociations de paix, une perspective qui reste lointaine.

Ukraine: réunion à Londres des chefs militaires d’une trentaine de pays

Les chefs d’état-major d’une trentaine de pays prêts à contribuer à des garanties de sécurité pour l’Ukraine se retrouvent jeudi à Londres pour discuter d’un plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu avec la Russie.Le dossier ukrainien et celui de la défense européenne face à la menace russe figurent également au menu d’un sommet de l’UE à Bruxelles jeudi, le troisième sommet de chefs d’Etat en six semaines.Le Kremlin a vivement dénoncé jeudi les “plans de militarisation de l’Europe”, par la voix de son porte-parole, Dmitri Peskov.”Pour l’essentiel, les signaux en provenance de Bruxelles et des capitales européennes portent sur des plans de militarisation de l’Europe”, a lancé M. Peskov. “L’Europe s’est engagée dans sa propre militarisation et s’est transformée en parti de la guerre”, a-t-il fustigé.Les discussions de Londres ont lieu alors que l’Ukraine et la Russie ont effectué des attaques massives de drones dans la nuit et que le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé jeudi à Oslo pour un entretien avec le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre.A Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui s’efforce avec le président français Emmanuel Macron de constituer une “coalition de pays volontaires”, doit s’adresser aux responsables militaires. Il avait indiqué samedi que cette réunion serait consacrée à la “phase opérationnelle” de leur plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu.Cette rencontre se tient alors que le président russe Vladimir Poutine a posé comme condition à tout cessez-le-feu l’arrêt de l’aide militaire occidentale à l’Ukraine. La Russie a aussi rejeté l’idée d’une présence de troupes étrangères en Ukraine dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu.Keir Starmer et Emmanuel Macron tentent de mettre en place cette coalition depuis que le président américain Donald Trump a ouvert des discussions directes avec la Russie le mois dernier dans le but de terminer trois ans de guerre.Les dirigeants britannique et français veulent mettre en place des garanties de sécurité avec un soutien américain, qui permettraient de dissuader Vladimir Poutine de violer un éventuel cessez-le-feu.- Attaques de drones -Keir Starmer et Emmanuel Macron ont évoqué l’idée d’envoyer des troupes en Ukraine dans le cadre d’une force de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu. Selon le gouvernement britannique, un “nombre significatif” de pays sont disposés à faire de même.Toujours selon Londres, plus de 30 pays sont prêts à contribuer à cette “coalition de pays volontaires” d’une façon ou d’une autre. Cette participation pourrait consister pour certains pays à apporter un soutien logistique et technique pour une future force de maintien de la paix ou encore à accueillir du personnel sur leur sol.Sur le terrain, la Russie a annoncé jeudi avoir abattu dans la nuit 132 drones ukrainiens au-dessus de son territoire, l’attaque ayant fait deux blessés et provoqué un incendie sur une base aérienne militaire, selon les autorités.De son côté, l’armée de l’air ukrainienne a rapporté que la Russie avait lancé 171 drones sur l’Ukraine dans la nuit de mercredi à jeudi et précisé en avoir abattu 75, tandis que les autres n’ont pas fait de dommages.Mercredi à Washington, le président américain Donald Trump a suggéré lors d’un appel avec M. Zelensky, que les Etats-Unis prennent “possession” des centrales électriques ukrainiennes, affirmant que cela “constituerait la meilleure protection et le meilleur soutien possibles”.Du côté de Washington et en apparence au moins, le ton s’est nettement adouci par rapport à l’hostilité ouverte avec laquelle le président ukrainien avait été accueilli récemment par Donald Trump. Le président américain a eu un appel téléphonique “fantastique” avec son homologue ukrainien, a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.M. Zelensky a parlé pour sa part sur X d’un échange “positif, très substantiel et franc”. Plus tard, il a assuré n’avoir subi “aucune pression” de M. Trump pour lui arracher des concessions.- Questions en suspens -“Le président Zelensky a demandé des systèmes de défense antiaérienne (…) et le président Trump a accepté de travailler avec lui pour voir ce qui était disponible, notamment en Europe”, a encore dit Mme Leavitt, ajoutant que “le partage de renseignements militaires pour la défense de l’Ukraine” allait “continuer”.Les propos de M. Trump sur la défense anti-aérienne pour l’Ukraine sont “extrêmement importants”, s’est réjouie jeudi matin la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, à son arrivée à Bruxelles pour le sommet de l’UE.Mais de nombreuses questions de fond restent en suspens après les conversations menées par Donald Trump avec MM. Poutine puis Zelensky. Parmi elles: l’avenir de l’aide occidentale à l’Ukraine, ou un éventuel “partage” territorial évoqué récemment par le président américain.Des pourparlers russo-américains doivent se tenir “au niveau des experts, en Arabie saoudite dimanche ou “en tout début de semaine de semaine prochaine”, a précisé M. Peskov.L’objectif est d’arriver d’abord à une trêve étendue à la mer Noire, puis à un cessez-le-feu total, et enfin à des négociations de paix, une perspective qui reste lointaine.