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Les touristes se détournent, doucement, des Etats-Unis de Trump
En quelques semaines, le ciel s’est assombri pour le tourisme aux Etats-Unis dans le sillage de décisions du président Donald Trump, dont la teneur hérisse certains visiteurs étrangers et qui leur fait craindre un bond des prix et un dollar plus fort.Les entrées de voyageurs étrangers sur le sol américain devraient reculer en 2025 de 5,1% par rapport à l’année précédente, contre une hausse anticipée auparavant de 8,8%, selon un rapport publié fin février par Tourism Economics. Leurs dépenses devraient être inférieures de 10,9%.Depuis cette publication, “la situation a empiré (…) et le résultat sera probablement pire”, relevait mardi Adam Sacks, président de Tourism Economics, y voyant les “conséquences de l’antipathie envers les Etats-Unis”.Ces dernières semaines, l’administration Trump a instauré des droits de douane contre Canada, Mexique et Chine et menacé l’Union européenne de lui en imposer.Parallèlement, des agences gouvernementales ont été fermées ou privées de financements (Parcs nationaux, USAID), des milliers de fonctionnaires licenciés, tandis que Donald Trump échafaudait des plans controversés pour les guerres en Ukraine et à Gaza.”La polarisation engendrée par la politique et la rhétorique du gouvernement Trump (…) vont décourager les voyages aux Etats-Unis”, estime Tourism Economics, évoquant également des “pressions” pour ne pas y organiser d’événements (conférences, sports, etc).L’Institut du forum touristique mondial (WTFI) anticipe un “impact important” sur les arrivées internationales, s’attendant à une “refonte” du secteur. Il rappelle que, lors du premier mandat de Donald Trump, moins de Chinois étaient venus.Quelque 35% des habitants de seize pays d’Europe et d’Asie interrogés par YouGov en décembre étaient moins enclins à venir aux Etats-Unis sous Trump. 22% l’étaient davantage.Pour la poignée de touristes venus de France, d’Ouzbékistan ou d’Argentine, questionnés par l’AFP sur la célèbre Times Square de New York, les positions de Donald Trump n’ont pas modifié leurs projets.- Passeport -Marianela Lopez et Ailen Hadjikovakis, âgées de 33 ans, ont néanmoins utilisé leur passeport européen plutôt qu’Argentin pour éviter tout problème à la frontière.”Nous avions un peu peur de la situation mais nous n’avons rien modifié”, explique Marianela.Pas de changement non plus pour la famille Lagardère, venue de France.Les Américains “ont élu ce président. C’est la démocratie. S’ils ne sont pas contents, ils changeront dans quatre ans”, relève Laurent, 54 ans. “Le personnage est ce qu’il est” et éviter les Etats-Unis “ne changera rien”, ajoute-t-il.Quelque 77,7 millions de touristes étrangers étaient attendus en 2024 (+17% sur un an), d’après le National travel and tourism office (NTTO), qui n’a pas encore de chiffre définitif.Les touristes d’Europe de l’Ouest – 37% des visiteurs en 2024 – sont les plus susceptibles de choisir d’autres destinations, avec les Canadiens et les Mexicains.L’U.S. Travel Association prévenait début février que des tarifs douaniers rebuteraient les Canadiens, premier contingent de touristes étrangers dans le pays (20,4 millions en 2024).D’après Statistics Canada, les retours frontaliers de Canadiens ont chuté de 23% en février sur un an, second recul mensuel consécutif.A New York, qui a accueilli 12,9 millions de voyageurs étrangers en 2024, l’effet est déjà perceptible avec des annulations des Canadiens auprès de tour-opérateurs, une baisse des recherches sur internet (hôtels, spectacles), explique à l’AFP Julie Coker, présidente de NYC Tourism, qui a abaissé en février ses prévisions pour l’année.”Nous ne voyons encore rien pour l’Europe ou le Royaume-Uni”, premier contingent, car c’est trop tôt, a-t-elle relevé. “Nous surveillons de près”. Mais les autorités britanniques et allemandes viennent de prévenir leurs ressortissants de redoubler de vigilance concernant leurs documents de voyage, évoquant le risque d’arrestation.United Airlines a constaté une “grosse chute” des voyages du Canada vers les Etats-Unis ainsi qu’une baisse de la demande en voyages intérieurs, comme plusieurs concurrents.Pour Tourism Economics, le secteur touristique pourrait perdre environ 64 milliards en 2025 de revenus du fait de l’atrophie des voyages internationaux et domestiques.Les Américains, restés prudents face aux incertitudes macroéconomiques et géopolitiques, semblent désormais figés par la tournure de l’économie. Des mots comme récession et inflation effraient aussi les touristes, soulignent les experts. Sans parler du risque d’un billet vert encore plus fort.”Cela risque de rendre les Etats-Unis plus chers (…), affectant le nombre de visiteurs et la durée des séjours”, a relevé Tourism Economics.Les professionnels craignent également les effets du resserrement de la politique migratoire sur les grands événements comme la Ryder Cup (2025), la Coupe du monde de football (2026) et les JO d’été à Los Angeles (2026).
Les touristes se détournent, doucement, des Etats-Unis de Trump
En quelques semaines, le ciel s’est assombri pour le tourisme aux Etats-Unis dans le sillage de décisions du président Donald Trump, dont la teneur hérisse certains visiteurs étrangers et qui leur fait craindre un bond des prix et un dollar plus fort.Les entrées de voyageurs étrangers sur le sol américain devraient reculer en 2025 de 5,1% …
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Raids israéliens meurtriers au Liban en riposte à des tirs de roquettes
Israël a mené samedi des frappes au Liban voisin, tuant huit personnes selon les autorités, après l’interception de roquettes tirées depuis le territoire libanais, le Premier ministre libanais mettant en garde contre le risque d’une nouvelle guerre après quatre mois de trêve.Le Hezbollah libanais pro-iranien a nié toute responsabilité dans les tirs de roquettes qui n’ont pas été revendiqués, accusant “l’ennemi israélien” de chercher “des prétextes pour poursuivre ses attaques contre le Liban”.Ces tirs sur Israël sont les premiers sur le nord du pays depuis l’entrée en vigueur, le 27 novembre, d’un cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Ce dernier avait ouvert un front contre Israël en solidarité avec le mouvement islamiste palestinien Hamas au début de la guerre à Gaza lancée à la suite de l’attaque meurtrière du 7-Octobre.La trêve a apporté un calme relatif au Liban après plus d’un an d’hostilités malgré les frappes qu’Israël continue de mener tous les deux ou trois jours sur des objectifs présentés comme liés au Hezbollah, depuis le retrait incomplet de des troupes du sud du Liban le 15 février.Samedi matin, les sirènes d’alerte ont retenti à Metula, un village israélien frontalier. L’armée de l’air israélienne a intercepté trois roquettes sur six tirées du sud du Liban vers la région de la Galilée (nord), selon un responsable.En réponse, l’armée israélienne a annoncé avoir ciblé “des dizaines de lanceurs de roquettes et un centre de commandement d’où opéraient des terroristes du Hezbollah” dans le sud du Liban.Selon l’agence nationale d’information libanaise ANI, citant le ministère de la Santé, cinq personnes incluant une enfant ont alors été tuées et huit blessées dans la localité de Touline.- “Deuxième vague” -Dans la soirée, les autorités israéliennes ont annoncé “une deuxième vague de frappes contre des dizaines de cibles terroristes du Hezbollah”.L’ANI a rapporté dans la foulée plusieurs frappes israéliennes dans le sud et l’est du pays, notamment à Tyr (sud), où elle a fait état de trois morts et plusieurs blessés.Une source sécuritaire a précisé à l’AFP qu’un responsable du Hezbollah était visé par une frappe à Tyr, sans confirmer s’il figurait parmi les victimes.L’armée libanaise a annoncé, après les tirs, avoir démantelé “trois rampes de lancement de roquettes artisanales dans une zone située au nord du fleuve Litani”, à quelque 30 kilomètres de la frontière israélienne.Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a mis en garde “contre le risque que les opérations militaires reprennent à la frontière sud. Cela pourrait entraîner le Liban dans une nouvelle guerre, aux conséquences désastreuses”. La France a condamné les tirs de roquettes contre Israël, tout en appelant Israël “à la retenue suite à la reprise de ses frappes en réponse à ces tirs”. La Jordanie a, elle, appelé à une “action internationale immédiate pour mettre fin à l’agression israélienne contre le Liban”.- “Reprendre la guerre” -En septembre 2024, les hostilités transfrontalières avaient dégénéré en guerre ouverte avec des bombardements israéliens massifs au Liban, notamment sur les fiefs du Hezbollah.Ce dernier, acteur incontournable de la vie politique au Liban, est sorti très affaibli de cet épisode et sa direction a été largement décimée.Plus d’un million de personnes avaient fui le sud du Liban en raison des hostilités, dont environ 100.000 sont toujours déplacées, selon l’ONU.Côté israélien, les tirs de roquettes par le Hezbollah suivant le 7 octobre 2023 avaient provoqué le déplacement d’environ 60.000 habitants du nord du pays, dont une partie seulement sont rentrés chez eux ces dernières semaines après le feu vert des autorités.Seulement 8% de la population est revenue à Metula et certains habitants sont repartis samedi après les tirs, a indiqué le maire de la ville, David Azoulay. “Nous devrions reprendre la guerre, même si une seule balle est tirée vers Israël”, a-t-il dit.Israël mène ces nouvelles frappes sur le Liban au moment où son armée intensifie ses opérations dans la bande de Gaza après avoir rompu mardi un cessez-le-feu qui était en vigueur depuis le 19 janvier dans ce territoire ravagé par la guerre déclenchée il y a plus de 17 mois par le Hamas.L’offensive israélienne cette semaine a fait plus de 520 morts selon le bilan de la Défense civile de Gaza.Une frappe israélienne dans un campement du sud du territoire a tué un haut responsable du Hamas, Salah al-Bardawil et sa femme, a indiqué à l’AFP une source au sein de l’organisation islamiste dans la nuit de samedi à dimanche.
Raids israéliens meurtriers au Liban en riposte à des tirs de roquettes
Israël a mené samedi des frappes au Liban voisin, tuant huit personnes selon les autorités, après l’interception de roquettes tirées depuis le territoire libanais, le Premier ministre libanais mettant en garde contre le risque d’une nouvelle guerre après quatre mois de trêve.Le Hezbollah libanais pro-iranien a nié toute responsabilité dans les tirs de roquettes qui n’ont pas été revendiqués, accusant “l’ennemi israélien” de chercher “des prétextes pour poursuivre ses attaques contre le Liban”.Ces tirs sur Israël sont les premiers sur le nord du pays depuis l’entrée en vigueur, le 27 novembre, d’un cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Ce dernier avait ouvert un front contre Israël en solidarité avec le mouvement islamiste palestinien Hamas au début de la guerre à Gaza lancée à la suite de l’attaque meurtrière du 7-Octobre.La trêve a apporté un calme relatif au Liban après plus d’un an d’hostilités malgré les frappes qu’Israël continue de mener tous les deux ou trois jours sur des objectifs présentés comme liés au Hezbollah, depuis le retrait incomplet de des troupes du sud du Liban le 15 février.Samedi matin, les sirènes d’alerte ont retenti à Metula, un village israélien frontalier. L’armée de l’air israélienne a intercepté trois roquettes sur six tirées du sud du Liban vers la région de la Galilée (nord), selon un responsable.En réponse, l’armée israélienne a annoncé avoir ciblé “des dizaines de lanceurs de roquettes et un centre de commandement d’où opéraient des terroristes du Hezbollah” dans le sud du Liban.Selon l’agence nationale d’information libanaise ANI, citant le ministère de la Santé, cinq personnes incluant une enfant ont alors été tuées et huit blessées dans la localité de Touline.- “Deuxième vague” -Dans la soirée, les autorités israéliennes ont annoncé “une deuxième vague de frappes contre des dizaines de cibles terroristes du Hezbollah”.L’ANI a rapporté dans la foulée plusieurs frappes israéliennes dans le sud et l’est du pays, notamment à Tyr (sud), où elle a fait état de trois morts et plusieurs blessés.Une source sécuritaire a précisé à l’AFP qu’un responsable du Hezbollah était visé par une frappe à Tyr, sans confirmer s’il figurait parmi les victimes.L’armée libanaise a annoncé, après les tirs, avoir démantelé “trois rampes de lancement de roquettes artisanales dans une zone située au nord du fleuve Litani”, à quelque 30 kilomètres de la frontière israélienne.Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a mis en garde “contre le risque que les opérations militaires reprennent à la frontière sud. Cela pourrait entraîner le Liban dans une nouvelle guerre, aux conséquences désastreuses”. La France a condamné les tirs de roquettes contre Israël, tout en appelant Israël “à la retenue suite à la reprise de ses frappes en réponse à ces tirs”. La Jordanie a, elle, appelé à une “action internationale immédiate pour mettre fin à l’agression israélienne contre le Liban”.- “Reprendre la guerre” -En septembre 2024, les hostilités transfrontalières avaient dégénéré en guerre ouverte avec des bombardements israéliens massifs au Liban, notamment sur les fiefs du Hezbollah.Ce dernier, acteur incontournable de la vie politique au Liban, est sorti très affaibli de cet épisode et sa direction a été largement décimée.Plus d’un million de personnes avaient fui le sud du Liban en raison des hostilités, dont environ 100.000 sont toujours déplacées, selon l’ONU.Côté israélien, les tirs de roquettes par le Hezbollah suivant le 7 octobre 2023 avaient provoqué le déplacement d’environ 60.000 habitants du nord du pays, dont une partie seulement sont rentrés chez eux ces dernières semaines après le feu vert des autorités.Seulement 8% de la population est revenue à Metula et certains habitants sont repartis samedi après les tirs, a indiqué le maire de la ville, David Azoulay. “Nous devrions reprendre la guerre, même si une seule balle est tirée vers Israël”, a-t-il dit.Israël mène ces nouvelles frappes sur le Liban au moment où son armée intensifie ses opérations dans la bande de Gaza après avoir rompu mardi un cessez-le-feu qui était en vigueur depuis le 19 janvier dans ce territoire ravagé par la guerre déclenchée il y a plus de 17 mois par le Hamas.L’offensive israélienne cette semaine a fait plus de 520 morts selon le bilan de la Défense civile de Gaza.Une frappe israélienne dans un campement du sud du territoire a tué un haut responsable du Hamas, Salah al-Bardawil et sa femme, a indiqué à l’AFP une source au sein de l’organisation islamiste dans la nuit de samedi à dimanche.
Le nouveau Premier ministre canadien va déclencher des élections anticipées
Le nouveau Premier ministre canadien, Mark Carney, doit annoncer dimanche l’organisation d’élections anticipées le 28 avril, sur fond de guerre commerciale et de fortes tensions avec les Etats-Unis de Donald Trump.Le Canada est en plein chaos politique depuis des mois: motion de défiance, blocage du Parlement, démission début janvier de Justin Trudeau comme chef de gouvernement sur fond de forte impopularité…A cette crise interne est venue s’ajouter ces dernières semaines la montée des tensions avec le voisin américain depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Ce dernier a lancé une guerre commerciale avec son voisin et allié canadien et répète sans discontinuer, depuis des semaines, que le Canada est “destiné à être le 51e Etat”.Dans ce contexte, une semaine après sa prise de fonctions, Mark Carney, dont le parti est minoritaire au parlement, a choisi d’avancer de quelques mois les législatives qui auraient dû se tenir en octobre, ont indiqué des sources gouvernementales à l’AFP. M. Carney doit l’annoncer aux 41 millions de Canadiens dimanche lors d’une allocution à 12H30 heure locale (16H30 GMT).Les libéraux au pouvoir depuis dix ans semblaient, il y a quelques semaines encore, promis à une défaite électorale historique face aux conservateurs, jusqu’à ce que le président américain ne vienne mettre la politique canadienne sens dessus dessous.”Dans cette période de crise, le gouvernement a besoin d’un mandat fort et clair”, a déclaré jeudi Mark Carney en déplacement à Edmonton, dans l’ouest du pays.- “Du jamais-vu” -Alors qu’un vent de patriotisme agite le pays, les Canadiens placent pour cette élection les relations avec les Etats-Unis en tête de leurs préoccupations. Une question domine: qui, à la tête du Canada, pourra faire face à Donald Trump?Une configuration extraordinaire, alors que les élections canadiennes sont d’ordinaire centrées sur des questions de politique intérieure, entre coût de la vie, crise du logement ou encore immigration.Dans ce panorama politique complètement remanié, libéraux et conservateurs sont au coude-à-coude selon les derniers sondages, et la course s’annonce serrée.”Il est impossible à ce stade de faire des prédictions”, estime auprès de l’AFP Félix Mathieu, politologue à l’université de Winnipeg. “Mais cela va être une élection très suivie avec un taux de participation qui devrait être en hausse.””Beaucoup considèrent que c’est une élection existentielle, du jamais-vu”, ajoute-t-il.Tout oppose les deux principaux candidats: élu député à 25 ans, le conservateur Pierre Poilievre est un politicien professionnel, qui ne mâche pas ses mots et aime les formules choc.De l’autre côté, le libéral Mark Carney est un novice en politique. S’il a une longue expérience internationale comme gouverneur de la banque du Canada puis de la banque d’Angleterre, il se démarque par son profil plus discret et sa façon de peser chacun de ses mots.Quant aux autres partis, ils pourraient fortement pâtir de la volonté des électeurs de favoriser les grandes formations pour donner une majorité claire. Ainsi, le Nouveau Parti démocratique (NPD), comme le Bloc québécois, enregistrent des intentions de vote en baisse.La campagne sera rythmée par la question tarifaire puisque, dès le 2 avril, les droits de douane dits “réciproques” voulus par Donald Trump doivent entrer en vigueur.Ce dernier s’est déjà vanté vendredi d’avoir “complètement modifié l’élection” tout en précisant qu’il se “moquait de savoir qui gagnera”.
Le nouveau Premier ministre canadien va déclencher des élections anticipées
Le nouveau Premier ministre canadien, Mark Carney, doit annoncer dimanche l’organisation d’élections anticipées le 28 avril, sur fond de guerre commerciale et de fortes tensions avec les Etats-Unis de Donald Trump.Le Canada est en plein chaos politique depuis des mois: motion de défiance, blocage du Parlement, démission début janvier de Justin Trudeau comme chef de gouvernement sur fond de forte impopularité…A cette crise interne est venue s’ajouter ces dernières semaines la montée des tensions avec le voisin américain depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Ce dernier a lancé une guerre commerciale avec son voisin et allié canadien et répète sans discontinuer, depuis des semaines, que le Canada est “destiné à être le 51e Etat”.Dans ce contexte, une semaine après sa prise de fonctions, Mark Carney, dont le parti est minoritaire au parlement, a choisi d’avancer de quelques mois les législatives qui auraient dû se tenir en octobre, ont indiqué des sources gouvernementales à l’AFP. M. Carney doit l’annoncer aux 41 millions de Canadiens dimanche lors d’une allocution à 12H30 heure locale (16H30 GMT).Les libéraux au pouvoir depuis dix ans semblaient, il y a quelques semaines encore, promis à une défaite électorale historique face aux conservateurs, jusqu’à ce que le président américain ne vienne mettre la politique canadienne sens dessus dessous.”Dans cette période de crise, le gouvernement a besoin d’un mandat fort et clair”, a déclaré jeudi Mark Carney en déplacement à Edmonton, dans l’ouest du pays.- “Du jamais-vu” -Alors qu’un vent de patriotisme agite le pays, les Canadiens placent pour cette élection les relations avec les Etats-Unis en tête de leurs préoccupations. Une question domine: qui, à la tête du Canada, pourra faire face à Donald Trump?Une configuration extraordinaire, alors que les élections canadiennes sont d’ordinaire centrées sur des questions de politique intérieure, entre coût de la vie, crise du logement ou encore immigration.Dans ce panorama politique complètement remanié, libéraux et conservateurs sont au coude-à-coude selon les derniers sondages, et la course s’annonce serrée.”Il est impossible à ce stade de faire des prédictions”, estime auprès de l’AFP Félix Mathieu, politologue à l’université de Winnipeg. “Mais cela va être une élection très suivie avec un taux de participation qui devrait être en hausse.””Beaucoup considèrent que c’est une élection existentielle, du jamais-vu”, ajoute-t-il.Tout oppose les deux principaux candidats: élu député à 25 ans, le conservateur Pierre Poilievre est un politicien professionnel, qui ne mâche pas ses mots et aime les formules choc.De l’autre côté, le libéral Mark Carney est un novice en politique. S’il a une longue expérience internationale comme gouverneur de la banque du Canada puis de la banque d’Angleterre, il se démarque par son profil plus discret et sa façon de peser chacun de ses mots.Quant aux autres partis, ils pourraient fortement pâtir de la volonté des électeurs de favoriser les grandes formations pour donner une majorité claire. Ainsi, le Nouveau Parti démocratique (NPD), comme le Bloc québécois, enregistrent des intentions de vote en baisse.La campagne sera rythmée par la question tarifaire puisque, dès le 2 avril, les droits de douane dits “réciproques” voulus par Donald Trump doivent entrer en vigueur.Ce dernier s’est déjà vanté vendredi d’avoir “complètement modifié l’élection” tout en précisant qu’il se “moquait de savoir qui gagnera”.
Pour le président algérien, le contentieux avec la France “est entre de bonnes mains”
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a estimé samedi soir que dans la grave crise actuelle entre son pays et la France, l’ancienne puissance coloniale, “l’unique point de repère” pour régler les différends, c’est son homologue Emmanuel Macron, assurant que le contentieux “est entre de bonnes mains” pour être réglé.”Pour ne pas tomber dans le brouhaha …
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Pour le président algérien, le contentieux avec la France “est entre de bonnes mains”
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a estimé samedi soir que dans la grave crise actuelle entre son pays et la France, l’ancienne puissance coloniale, “l’unique point de repère” pour régler les différends, c’est son homologue Emmanuel Macron, assurant que le contentieux “est entre de bonnes mains” pour être réglé.”Pour ne pas tomber dans le brouhaha ni le capharnaüm politique là-bas (en France), je dirais seulement trois mots: nous on garde comme unique point de repère le président Macron”, a déclaré le président algérien, lors d’une interview avec un groupe de journalistes de médias publics, retransmise par la télévision algérienne.Il y a eu “un moment d’incompréhension, mais il reste le président français et tous les problèmes doivent se régler avec lui ou avec la personne qu’il délègue, à savoir les ministres des Affaires étrangères entre eux”, a-t-il poursuivi.Pour M. Tebboune, le contentieux actuel a été “créé de toutes pièces” mais désormais “il est entre de bonnes mains”. Il a cité notamment le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, “qui a toute ma confiance”. Plusieurs communiqués de son ministère ont décrit l’Algérie comme victime d’une cabale de “l’extrême droite française revancharde et haineuse”.On est face à “deux Etats indépendants, une puissance européenne et une puissance africaine, et on a deux présidents qui travaillent ensemble, tout le reste ne nous concerne pas”, a ajouté M. Tebboune.La relation bilatérale a connu un violent coup de frein après l’annonce par M. Macron en juillet 2024 de son soutien appuyé à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental, un territoire au statut non défini selon l’ONU, revendiqué par les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger qui a réagi en retirant son ambassadeur à Paris.A l’automne, la brouille s’est aggravée avec l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, jugé ces jours-ci à Alger, pour des propos tenus sur le média français Frontières, réputé d’extrême droite, considérés comme portant atteinte à l’intégrité du territoire algérien.M. Macron a demandé fin février à M. Tebboune de “régler” le cas Sansal pour “rétablir la confiance” mutuelle, disant s’inquiéter pour la santé de l’intellectuel, atteint d’un cancer, pour lequel un Parquet près d’Alger a requis 10 ans de prison ferme avec un verdict prévu jeudi prochain.- “Issue rapide” -En déplacement à Bruxelles, le président français a dit jeudi souhaiter “une issue rapide” et que l’écrivain “puisse retrouver la liberté”. “J’ai confiance dans le président Tebboune et sa clairvoyance pour savoir que tout ça (les accusations contre Sansal) n’est pas sérieux”, a dit M. Macron.M. Tebboune a abordé samedi la question des Algériens sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), dossier qui a enflammé les esprits à Paris début janvier quand des influenceurs, accusés d’avoir menacé des opposants au pouvoir algérien exilés en France, ont été expulsés mais immédiatement refoulés par l’Algérie. La crise a atteint son paroxysme après l’attentat de Mulhouse (est) ayant fait un mort, commis par un Algérien qui avait fait l’objet de plusieurs OQTF, refusées par l’Algérie.Le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau a menacé d’une “riposte graduée” si l’Algérie continue de refuser d’admettre ses ressortissants expulsés.M. Tebboune a cité le cas d’un Algérien placé sous OQTF pour avoir “dénoncé le génocide à Gaza”. “Ce sont des dizaines de cas par jour, c’est la liberté d’expression”, a-t-il plaidé.Sur le dossier du Sahara occidental, l’amitié entre Paris et Rabat “ne nous dérange pas du tout, contrairement à ce qu’on dit”, a-t-il assuré.Ce qu’Alger rejette par contre, selon lui, ce sont les visites récentes dans ce territoire non autonome de la ministre de la Culture Rachida Dati et du président du Sénat Gérard Larcher. “Des visites aussi ostentatoires, ça pose problème et cela enfreint la légalité internationale alors que la France est membre du Conseil de sécurité et que le dossier est toujours entre les mains de l’ONU”.Il faut, a-t-il dit, “savoir raison garder, nous avons d’excellentes relations, beaucoup d’amis (en France) qui aiment l’Algérie”. Emmanuel Macron est “mon alter ego, on a eu des moments de sirocco, des moments de froid” mais “c’est avec lui que je travaille”.






