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Gérard Depardieu attendu lundi à son procès pour agressions sexuelles

Après un renvoi de son procès à l’automne, Gérard Depardieu, l’acteur le plus connu à avoir été rattrapé par la vague #Metoo en France, est jugé lundi à Paris, accusé d’agressions sexuelles sur deux femmes lors d’un tournage.L’audience doit débuter à 13H30 et se poursuivre au moins mardi devant le tribunal correctionnel. Le prévenu de 76 ans ne s’y était pas présenté en octobre dernier, son avocat invoquant les suites d’un quadruple pontage coronarien et un diabète amplifié par le stress du procès à venir.Cette fois, “il sera là”, a affirmé à l’AFP Me Jérémie Assous. Les deux plaignantes seront également présentes, selon leurs conseils. Ce qu’il a réaffirmé lundi matin sur RMC, assurant qu'”on allait passer d’un dossier accablant à un dossier qui va être en faveur de Gérard Depardieu”.L’avocat a indiqué à l’AFP qu’une expertise médicale a établi que l’audience devrait être aménagée, pour que les journées n’excèdent pas six heures, avec des pauses “lorsque Gérard Depardieu en aura besoin”. Les aménagements éventuels seront détaillés à l’ouverture du procès, a indiqué à l’AFP le parquet.Me Carine Durrieu-Diebolt, avocate d’une des plaignantes, a souligné que l’expert avait fait part de “l’état de santé bon, voire très bon du prévenu au plan cardiaque et diabétique”.Face au comédien, par ailleurs mis en examen pour viol et qui a fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles, deux femmes: Amélie, 54 ans, et Sarah (prénom modifié), 34 ans.Ces dernières, respectivement décoratrice et assistante réalisatrice sur le film “Les Volets verts” de Jean Becker, accusent Gérard Depardieu d’agression sexuelle, harcèlement sexuel et outrages sexistes lors du tournage.”Mon client veut dire sa vérité parce qu’il est victime d’accusations mensongères”, a insisté l’avocat de Gérard Depardieu. Me Claude Vincent, conseil d’une des plaignantes, a souligné sur RTL que cette dernière “attend” le procès “depuis très longtemps”, entre “crainte de la manière dont ça va se dérouler” et volonté de “donner sa parole”.Dans sa plainte déposée en février 2024, Amélie dénonçait des faits remontant à septembre 2021, qui se seraient déroulés pendant le tournage dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement de Paris.Dans son récit au site d’investigation Mediapart, la décoratrice expliquait que Gérard Depardieu aurait soudainement hurlé, lors d’une conversation, qu’il voulait un “ventilateur”, car il ne pouvait “même plus bander” avec cette chaleur, puis il aurait assuré pouvoir “faire jouir les femmes sans les toucher”.- “Manœuvres” -Une heure plus tard, il l’aurait “attrapée avec brutalité” et l’aurait “bloquée en refermant ses jambes sur (elle) comme un crabe”, puis lui aurait “pétri la taille, le ventre, en remontant jusqu’à (ses) seins”, assure-t-elle. Il lui aurait également tenu des “propos obscènes” tels que “Viens toucher mon gros parasol, je vais te le fourrer dans la chatte”.Assistante réalisatrice sur ce même film, Sarah accuse Gérard Depardieu de lui avoir touché à deux reprises “la poitrine et les fesses” en août 2021, d’après Mediapart. Les deux femmes disent attendre avec impatience ce procès mais redouter “la manière dont la défense de M. Depardieu traitera les parties civiles à l’audience”, a déclaré Me Claude Vincent, avocate de Sarah.En octobre, le renvoi du procès avait été décidé à l’issue de plaidoiries mouvementées, l’avocat de la défense ayant dès ses premiers mots dénoncé une enquête bâclée et à charge tout en accusant les parties civiles de “chercher la lumière des médias”.Figure du cinéma français connue dans le monde entier, Gérard Depardieu a été accusé de comportements identiques par une vingtaine de femmes mais plusieurs procédures ont été classées pour cause de prescription des faits. La comédienne française Charlotte Arnould a été la première à porter plainte en 2018. En août dernier, le parquet de Paris a requis un procès pour viols et agressions sexuelles à l’encontre de l’acteur. Un juge d’instruction doit encore décider de l’issue du dossier. “Jamais, au grand jamais je n’ai abusé d’une femme”, avait assuré l’acteur dans une lettre ouverte publiée dans Le Figaro en octobre 2023. Deux mois plus tard, Emmanuel Macron avait choqué les associations féministes en saluant un “immense acteur” qui “rend fière la France” et en dénonçant “une chasse à l’homme” après la diffusion d’un reportage dans l’émission “Complément d’Enquête” sur la chaîne France 2 au cours duquel l’acteur multipliait les propos misogynes. 

Corée du Sud: la Cour constitutionnelle rejette la destitution du Premier ministre

La Cour constitutionnelle sud-coréenne a rejeté lundi la motion de destitution contre le Premier ministre Han Duck-soo, nouvel épisode de l’instabilité provoquée par la tentative ratée du président Yoon Suk Yeol d’imposer la loi martiale.Alors que le verdict sur une éventuelle destitution de M. Yoon est attendu dans les jours qui viennent, Han Duck-soo reprend ainsi son poste et récupère la charge de président par intérim.Il avait été suspendu par les députés il y a trois mois, après un premier remplacement de moins de deux semaines à la tête de l’Etat.”La Cour constitutionnelle a décidé de rejeter la procédure en destitution contre le Premier ministre Han Duck-soo” à cinq votes contre un, a énoncé dans un communiqué la juridiction, dont le jugement est sans appel.Ses agissements, a-t-elle expliqué, “ne peuvent être considérés comme constitutifs d’une trahison de la confiance du peuple”.”Je salue la décision sage des juges, a réagi devant la presse M. Han. Je pense que tous les citoyens s’élèvent clairement contre une sphère politique hautement polarisée (…) La priorité de notre pays est d’aller de l’avant”.La Corée du Sud est plongée dans le chaos politique depuis le coup de force de son président en titre, Yoon Suk Yeol, dans la nuit du 3 au 4 décembre. L’ancien procureur vedette avait déclaré la loi martiale par surprise et envoyé l’armée au Parlement pour tenter de le réduire au silence.Mais un nombre suffisant de députés était parvenu à se réunir pour rapidement contrecarrer ses plans en votant à l’unanimité le retour au régime civil.L’Assemblée nationale a voté le 14 décembre une première motion de destitution contre le dirigeant, alors suspendu de ses fonctions. Puis le 27 contre son premier remplaçant, Han Duck-soo.Il était notamment reproché à M. Han d’avoir refusé de nommer de nouveaux juges à la Cour constitutionnelle pour occuper les postes vacants, alors que seuls six magistrats sur neuf possibles y siégeaient. Dans cette configuration, un seul vote contre la destitution de Yoon Suk Yeol aurait suffi à la faire échouer.- “Pas de corrélation” -“La décision d’aujourd’hui réaffirme que les procédures de destitution excessives de l’Assemblée nationale sont des attaques politiques irréfléchies et malveillantes”, a déclaré dans un communiqué le bureau présidentiel.Le chef de l’opposition, Lee Jae-myung, a estimé qu’il fallait respecter le jugement de la Cour, tout en l’appelant à accélérer sur le cas du président.”La nation entière perd le sommeil à cause du coup d’Etat militaire illégal de Yoon Suk Yeol”, a-t-il tancé lors d’un rassemblement dans le centre de Séoul.La présidence était, jusqu’à lundi, assurée par un deuxième suppléant, le ministre des Finances Choi Sang-mok, qui a d’ailleurs nommé deux nouveaux juges à la Cour constitutionnelle.Concernant M. Yoon, la date précise du verdict, qui était attendu à la mi-mars par les experts, n’a pas été annoncée. Si elle prononce la déposition définitive du président — qui requiert six votes pour –, une nouvelle élection présidentielle devra être organisée dans les 60 jours. Sinon, Yoon Suk Yeol sera rétabli dans ses fonctions.Le verdict de lundi “n’a pas de corrélation légale directe avec la décision en attente” dans le dossier Yoon, a précisé à l’AFP l’avocat et commentateur politique Yoo Jung-hoon.Yoon Suk Yeol est par ailleurs jugé au pénal dans un procès parallèle pour insurrection — un crime passible de la prison à vie voire de la peine de mort en Corée du Sud– après sa brève imposition de la loi martiale. Retranché pendant des semaines dans sa résidence à Séoul, il avait été arrêté début janvier lors d’une opération spectaculaire des forces de l’ordre puis placé en détention, une première dans l’histoire pour un président sud-coréen en titre, avant d’être libéré le 8 mars pour vice de procédure.

Corée du Sud: la Cour constitutionnelle rejette la destitution du Premier ministre

La Cour constitutionnelle sud-coréenne a rejeté lundi la motion de destitution contre le Premier ministre Han Duck-soo, nouvel épisode de l’instabilité provoquée par la tentative ratée du président Yoon Suk Yeol d’imposer la loi martiale.Alors que le verdict sur une éventuelle destitution de M. Yoon est attendu dans les jours qui viennent, Han Duck-soo reprend ainsi son poste et récupère la charge de président par intérim.Il avait été suspendu par les députés il y a trois mois, après un premier remplacement de moins de deux semaines à la tête de l’Etat.”La Cour constitutionnelle a décidé de rejeter la procédure en destitution contre le Premier ministre Han Duck-soo” à cinq votes contre un, a énoncé dans un communiqué la juridiction, dont le jugement est sans appel.Ses agissements, a-t-elle expliqué, “ne peuvent être considérés comme constitutifs d’une trahison de la confiance du peuple”.”Je salue la décision sage des juges, a réagi devant la presse M. Han. Je pense que tous les citoyens s’élèvent clairement contre une sphère politique hautement polarisée (…) La priorité de notre pays est d’aller de l’avant”.La Corée du Sud est plongée dans le chaos politique depuis le coup de force de son président en titre, Yoon Suk Yeol, dans la nuit du 3 au 4 décembre. L’ancien procureur vedette avait déclaré la loi martiale par surprise et envoyé l’armée au Parlement pour tenter de le réduire au silence.Mais un nombre suffisant de députés était parvenu à se réunir pour rapidement contrecarrer ses plans en votant à l’unanimité le retour au régime civil.L’Assemblée nationale a voté le 14 décembre une première motion de destitution contre le dirigeant, alors suspendu de ses fonctions. Puis le 27 contre son premier remplaçant, Han Duck-soo.Il était notamment reproché à M. Han d’avoir refusé de nommer de nouveaux juges à la Cour constitutionnelle pour occuper les postes vacants, alors que seuls six magistrats sur neuf possibles y siégeaient. Dans cette configuration, un seul vote contre la destitution de Yoon Suk Yeol aurait suffi à la faire échouer.- “Pas de corrélation” -“La décision d’aujourd’hui réaffirme que les procédures de destitution excessives de l’Assemblée nationale sont des attaques politiques irréfléchies et malveillantes”, a déclaré dans un communiqué le bureau présidentiel.Le chef de l’opposition, Lee Jae-myung, a estimé qu’il fallait respecter le jugement de la Cour, tout en l’appelant à accélérer sur le cas du président.”La nation entière perd le sommeil à cause du coup d’Etat militaire illégal de Yoon Suk Yeol”, a-t-il tancé lors d’un rassemblement dans le centre de Séoul.La présidence était, jusqu’à lundi, assurée par un deuxième suppléant, le ministre des Finances Choi Sang-mok, qui a d’ailleurs nommé deux nouveaux juges à la Cour constitutionnelle.Concernant M. Yoon, la date précise du verdict, qui était attendu à la mi-mars par les experts, n’a pas été annoncée. Si elle prononce la déposition définitive du président — qui requiert six votes pour –, une nouvelle élection présidentielle devra être organisée dans les 60 jours. Sinon, Yoon Suk Yeol sera rétabli dans ses fonctions.Le verdict de lundi “n’a pas de corrélation légale directe avec la décision en attente” dans le dossier Yoon, a précisé à l’AFP l’avocat et commentateur politique Yoo Jung-hoon.Yoon Suk Yeol est par ailleurs jugé au pénal dans un procès parallèle pour insurrection — un crime passible de la prison à vie voire de la peine de mort en Corée du Sud– après sa brève imposition de la loi martiale. Retranché pendant des semaines dans sa résidence à Séoul, il avait été arrêté début janvier lors d’une opération spectaculaire des forces de l’ordre puis placé en détention, une première dans l’histoire pour un président sud-coréen en titre, avant d’être libéré le 8 mars pour vice de procédure.

Ukraine: Russes et Américains se retrouvent pour discuter d’une possible trêve

La Russie et les Etats-Unis se retrouvent lundi en Arabie saoudite pour des négociations, qualifiées d’emblée de “difficiles” par le Kremlin, visant à instaurer une trêve partielle en Ukraine après plus de trois ans d’offensive russe.Le président américain Donald Trump, dont le rapprochement avec Vladimir Poutine a rebattu les cartes du conflit, affirme vouloir mettre fin aux hostilités et a dépêché ses émissaires à Ryad pour des pourparlers avec les deux parties.Avant les discussions de lundi avec les Russes, ils ont rencontré dimanche, jusque tard dans la nuit, des responsables ukrainiens.”La discussion a été productive et ciblée. Nous avons abordé des points clés, notamment l’énergie”, a rapporté le ministre de la Défense Roustem Oumerov, à la tête de la délégation ukrainienne, ajoutant que l’Ukraine s’efforçait de concrétiser son objectif d’une “paix juste et durable”.Washington et Kiev poussent pour, au minimum, un arrêt provisoire des frappes sur les sites énergétiques, largement endommagés côté ukrainien. L’Ukraine se dit “prête” à un cessez-le-feu “général” et sans conditions. Mais Vladimir Poutine, dont l’armée avance sur le terrain malgré de lourdes pertes, semble jouer la montre, tant que ses hommes n’ont pas expulsé les troupes ukrainiennes de la région russe frontalière de Koursk.A ce stade, le Kremlin assure s’être uniquement mis d’accord avec Washington sur un moratoire concernant les bombardements des infrastructures énergétiques.- “Au début” -“Il s’agit d’un sujet très complexe et il y a beaucoup à faire”, a d’ores et déjà tempéré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, estimant que les négociations seraient “difficiles”. “Nous n’en sommes qu’au début.”L’émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, s’est malgré tout montré optimiste, disant s’attendre à de “vrais progrès”, “particulièrement en ce qui concerne un cessez-le-feu en mer Noire sur les navires entre les deux pays”.”Et, à partir de cela, on se dirigera naturellement vers un cessez-le-feu total”, a dit l’émissaire américain.Malgré l’accélération des efforts en vue de rapprocher les vues des belligérants sur les moyens de parvenir à un cessez-le-feu dans la guerre déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, les combats se poursuivent avec des frappes meurtrières en Ukraine et en Russie.Les autorités ukrainiennes ont fait état dans la nuit de dimanche à lundi de frappes touchant les régions de Kiev, Kharkiv (est) et Zaporijjia (est), faisant plusieurs blessés, au lendemain de bombardements meurtriers sur la capitale.L’armée ukrainienne a annoncé dimanche avoir repris le petit village de Nadia, dans la région orientale de Lougansk, un succès rare pour les militaires ukrainiens dans cette zone quasi entièrement contrôlée par la Russie.Les forces russes ont elles déclaré s’être emparées de la localité de Sribné, également dans l’est de l’Ukraine.- Accord céréalier -Symbole des divergences à combler pour arriver à une trêve, la délégation ukrainienne est emmenée par le ministre de la Défense, tandis que la délégation russe est formée d’un sénateur ex-diplomate de carrière Grigori Karassine et de Sergueï Besseda, un cadre du FSB, les services de sécurité.Autre différence notable: Dmitri Peskov a affirmé que “le principal” sujet de discussion avec les Américains serait “la reprise” de l’application de l’accord céréalier en mer Noire, omettant de mentionner un éventuel engagement concernant la suspension des combats, limité ou sans conditions.Cet accord, en vigueur entre juillet 2022 et juillet 2023, avait permis à l’Ukraine d’exporter ses céréales, vitales pour l’alimentation mondiale, malgré la présence de la flotte russe dans la zone.La Russie s’en est ensuite retirée, accusant les Occidentaux de ne pas respecter leurs engagements censés assouplir les sanctions sur les exportations russes de produits agricoles et d’engrais.Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump a repris contact avec Vladimir Poutine, rompant avec la politique d’isolement menée par les Occidentaux contre le président russe.Il s’est montré très critique envers l’Ukraine, un durcissement marqué par l’altercation avec Volodymyr Zelensky fin février à la Maison Blanche, suivie d’une suspension -depuis levée- de l’aide militaire à Kiev, vitale pour l’armée ukrainienne.Les Européens sont, eux, marginalisés dans ces discussions, malgré l’envie affichée notamment par le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron de faire entendre la voix du Vieux Continent.Un sommet est prévu jeudi à Paris, en présence de Volodymyr Zelensky et des alliés de Kiev.

Ukraine: Russes et Américains se retrouvent pour discuter d’une possible trêve

La Russie et les Etats-Unis se retrouvent lundi en Arabie saoudite pour des négociations, qualifiées d’emblée de “difficiles” par le Kremlin, visant à instaurer une trêve partielle en Ukraine après plus de trois ans d’offensive russe.Le président américain Donald Trump, dont le rapprochement avec Vladimir Poutine a rebattu les cartes du conflit, affirme vouloir mettre fin aux hostilités et a dépêché ses émissaires à Ryad pour des pourparlers avec les deux parties.Avant les discussions de lundi avec les Russes, ils ont rencontré dimanche, jusque tard dans la nuit, des responsables ukrainiens.”La discussion a été productive et ciblée. Nous avons abordé des points clés, notamment l’énergie”, a rapporté le ministre de la Défense Roustem Oumerov, à la tête de la délégation ukrainienne, ajoutant que l’Ukraine s’efforçait de concrétiser son objectif d’une “paix juste et durable”.Washington et Kiev poussent pour, au minimum, un arrêt provisoire des frappes sur les sites énergétiques, largement endommagés côté ukrainien. L’Ukraine se dit “prête” à un cessez-le-feu “général” et sans conditions. Mais Vladimir Poutine, dont l’armée avance sur le terrain malgré de lourdes pertes, semble jouer la montre, tant que ses hommes n’ont pas expulsé les troupes ukrainiennes de la région russe frontalière de Koursk.A ce stade, le Kremlin assure s’être uniquement mis d’accord avec Washington sur un moratoire concernant les bombardements des infrastructures énergétiques.- “Au début” -“Il s’agit d’un sujet très complexe et il y a beaucoup à faire”, a d’ores et déjà tempéré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, estimant que les négociations seraient “difficiles”. “Nous n’en sommes qu’au début.”L’émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, s’est malgré tout montré optimiste, disant s’attendre à de “vrais progrès”, “particulièrement en ce qui concerne un cessez-le-feu en mer Noire sur les navires entre les deux pays”.”Et, à partir de cela, on se dirigera naturellement vers un cessez-le-feu total”, a dit l’émissaire américain.Malgré l’accélération des efforts en vue de rapprocher les vues des belligérants sur les moyens de parvenir à un cessez-le-feu dans la guerre déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, les combats se poursuivent avec des frappes meurtrières en Ukraine et en Russie.Les autorités ukrainiennes ont fait état dans la nuit de dimanche à lundi de frappes touchant les régions de Kiev, Kharkiv (est) et Zaporijjia (est), faisant plusieurs blessés, au lendemain de bombardements meurtriers sur la capitale.L’armée ukrainienne a annoncé dimanche avoir repris le petit village de Nadia, dans la région orientale de Lougansk, un succès rare pour les militaires ukrainiens dans cette zone quasi entièrement contrôlée par la Russie.Les forces russes ont elles déclaré s’être emparées de la localité de Sribné, également dans l’est de l’Ukraine.- Accord céréalier -Symbole des divergences à combler pour arriver à une trêve, la délégation ukrainienne est emmenée par le ministre de la Défense, tandis que la délégation russe est formée d’un sénateur ex-diplomate de carrière Grigori Karassine et de Sergueï Besseda, un cadre du FSB, les services de sécurité.Autre différence notable: Dmitri Peskov a affirmé que “le principal” sujet de discussion avec les Américains serait “la reprise” de l’application de l’accord céréalier en mer Noire, omettant de mentionner un éventuel engagement concernant la suspension des combats, limité ou sans conditions.Cet accord, en vigueur entre juillet 2022 et juillet 2023, avait permis à l’Ukraine d’exporter ses céréales, vitales pour l’alimentation mondiale, malgré la présence de la flotte russe dans la zone.La Russie s’en est ensuite retirée, accusant les Occidentaux de ne pas respecter leurs engagements censés assouplir les sanctions sur les exportations russes de produits agricoles et d’engrais.Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump a repris contact avec Vladimir Poutine, rompant avec la politique d’isolement menée par les Occidentaux contre le président russe.Il s’est montré très critique envers l’Ukraine, un durcissement marqué par l’altercation avec Volodymyr Zelensky fin février à la Maison Blanche, suivie d’une suspension -depuis levée- de l’aide militaire à Kiev, vitale pour l’armée ukrainienne.Les Européens sont, eux, marginalisés dans ces discussions, malgré l’envie affichée notamment par le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron de faire entendre la voix du Vieux Continent.Un sommet est prévu jeudi à Paris, en présence de Volodymyr Zelensky et des alliés de Kiev.

Sous la menace de Trump, le Canada entre en campagne électorale

Le nouveau Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé dimanche l’organisation d’élections législatives anticipées le 28 avril, affirmant qu’il avait besoin d’un “mandat fort” pour faire face aux menaces de Donald Trump, qui cherche à “briser” le Canada.Les relations entre les deux voisins et alliés de longue date se sont détériorées depuis que le président américain a lancé une guerre commerciale et répète sans discontinuer, depuis des semaines, que le Canada est “destiné à être le 51e Etat” américain.Un contexte qui pousse Mark Carney, dont le parti est minoritaire au Parlement, à avancer de quelques mois les législatives. “Je demande aux Canadiens un mandat fort pour faire face au président Trump”, a déclaré dimanche le chef du gouvernement, qui a remplacé Justin Trudeau il y a moins de 10 jours.Donald Trump “veut nous briser pour que l’Amérique puisse nous posséder”, a-t-il ajouté. “Nous ne le laisserons pas faire”.”Nous sommes confrontés à la crise la plus importante de notre vie. Notre réponse doit être de construire une économie forte et un Canada mieux protégé”, a-t-il poursuivi, précisant qu’il ne voulait pas rencontrer Donald Trump tant que ce dernier n’aura pas reconnu la souveraineté du Canada.Pour cette élection, Mark Carney, ancien banquier central de 60 ans, espère profiter de la spectaculaire remontée du parti libéral dans les sondages. Selon les sondages, les deux grands partis canadiens – libéraux et conservateurs – sont maintenant au coude-à-coude notamment parce que les Canadiens semblent faire davantage confiance à Mark Carney pour affronter Donald Trump.Alors qu’un vent de patriotisme agite le pays de 41 millions d’habitants, les Canadiens placent en effet les relations avec les Etats-Unis en tête de leurs préoccupations pour cette élection. Une question domine: qui, à la tête du Canada, pourra faire face au président américain?Une configuration extraordinaire, alors que les élections canadiennes sont d’ordinaire centrées sur des questions de politique intérieure.- “Du jamais-vu” -“Il est impossible à ce stade de faire des prédictions”, estime auprès de l’AFP Félix Mathieu, politologue à l’université de Winnipeg. “Mais cela va être une élection très suivie avec un taux de participation qui devrait être en hausse”.”Beaucoup considèrent que c’est une élection existentielle, du jamais-vu”, ajoute-t-il.Tout oppose les deux principaux candidats: élu député à 25 ans, le conservateur Pierre Poilievre est un politicien professionnel, qui ne mâche pas ses mots et aime les formules choc.De l’autre côté, le libéral Mark Carney est un novice en politique. S’il a une longue expérience internationale comme gouverneur de la banque du Canada puis de la banque d’Angleterre, il se démarque par son profil plus discret et sa façon de peser chacun de ses mots.Quant aux autres partis, ils pourraient fortement pâtir de la volonté des électeurs de favoriser les grandes formations pour donner une majorité claire. Ainsi, le Nouveau Parti démocratique (NPD), comme le Bloc québécois, enregistrent des intentions de vote en baisse.Sans traîner, les candidats étaient en meeting dans la soirée, Mark Carney a estimé, depuis la côte Atlantique, que le Canada avait besoin “de grands changements pour redresser l’économie” et “pour lutter contre les tarifs douaniers de Donald Trump”.Dans la banlieue de Toronto, Pierre Poilievre, jugé par certains trop proche du président américain de par son style et certaines de ses idées, a affirmé qu’il voulait “tout le contraire de Donald Trump”.Celui qui dit partager “la colère et l’inquiétude” des Canadiens a estimé que les “libéraux avaient affaibli le pays face aux Américains”.Il a promis d’axer sa campagne sur l’économie et les préoccupations des “gens de la rue”, à savoir le pouvoir d’achat et la question du logement.Les cinq semaines de bataille électorale à venir seront aussi rythmées par la question tarifaire puisque, dès le 2 avril, les droits de douane dits “réciproques” voulus par Donald Trump doivent entrer en vigueur.Ce dernier s’est déjà vanté vendredi d’avoir “complètement modifié l’élection” tout en précisant qu’il se “moquait de savoir qui gagnera”.

Aux assises de Gironde, le féminicide de Chahinez brûlée vive devant chez elle

“Je voulais la cramer”: l’ex-mari de Chahinez Daoud, brûlée vive en 2021 à Mérignac, comparaît jusqu’à vendredi pour assassinat devant la cour d’assises de la Gironde, quatre ans après cette affaire retentissante dans laquelle des policiers avaient été sanctionnés.Mounir Boutaa, 48 ans aujourd’hui, était sorti de prison fin 2020 après une condamnation pour des faits de strangulation et de menace avec un couteau sur son épouse.L’ouvrier maçon, déjà condamné pour des violences sur une première conjointe, avait interdiction d’entrer en contact avec Chahinez Daoud, qu’il avait connue en Algérie en 2015, mais leur vie commune avait repris jusqu’en mars 2021.Cette mère de trois enfants dont deux issus d’une première union, âgée de 31 ans, avait alors déposé une nouvelle plainte contre lui, mal enregistrée par un policier qui venait lui-même d’être condamné pour violences conjugales, parmi une série de “défaillances” que pointera plus tard une enquête administrative.La victime ne disposait pas de téléphone grave danger et son conjoint ne s’était pas vu attribuer de bracelet anti-rapprochement à sa remise en liberté.Durant deux mois, “il y a eu une traque, un harcèlement, une surveillance quasi quotidienne”, avant le “déchainement de violences inhumain” du 4 mai 2021, a déclaré à des journalistes l’avocat des parties civiles, Me Julien Plouton, avant le procès.- “Annihiler” -Ce jour-là, l’accusé gare près du domicile familial, en banlieue bordelaise, un fourgon récemment acheté et aménagé pour observer discrètement l’extérieur. Il y passe la journée à scruter les allées et venues de sa femme, qui ne peut le repérer, avant de l’attaquer dans la rue.Il lui tire dans les cuisses avec un fusil, l’asperge d’essence et met le feu, filmant une partie des faits avec son téléphone. Un voisin ayant entendu hurler tente de s’interposer, en vain.Le corps de la victime est retrouvé presque entièrement carbonisé, la tête dans le caniveau.Pour Me Plouton, Mounir Boutaa a eu “la volonté non seulement de tuer quelqu’un” mais aussi “de tuer une femme, de l’effacer, de l’annihiler, de la châtier”.L’homme est arrêté peu après. En garde à vue, il affirme d’emblée qu’il voulait “la cramer”, “pour tout le mal qu’elle et la justice (lui) ont fait” en le faisant condamner, à tort selon lui.Il ajoute avoir voulu “la punir”, “lui laisser des traces” en la brûlant “un peu”, “lui faire la peur de sa vie” mais nie avoir voulu la tuer.- “Défaillances” -“Pour lui, il n’y a pas de préméditation”, affirment ses avocates, Me Anaïs Divot et Me Elena Badescu, soulignant que “les trois experts psychiatres” intervenus dans l’enquête ont conclu à “une altération de son discernement au moment des faits”.”En Algérie, il était doux mais une fois revenu ici c’est devenu un monstre”, raconte la mère de la victime, Djohar Daoud, pointant avec son mari, Kamel, l’isolement de leur fille en France, dépourvue de protection familiale.Chahinez “aimait les gens. Jamais elle ne se mettait en colère. Contre personne. Son bonheur, c’était ses enfants”, ajoute-t-elle.Après sa mort, les deux grands-parents sont venus en Gironde s’occuper de leurs trois petits-enfants, âgés aujourd’hui de 16, 11 et 8 ans.Une inspection diligentée par le gouvernement de l’époque sur les conditions de remise en liberté et le suivi de l’ex-mari a relevé une série de “défaillances”, tandis qu’une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pointait fautes et erreurs d’appréciation.Cinq fonctionnaires ont été sanctionnés, dont le directeur de la police en Gironde et le commissaire de Mérignac alors en poste, pour avoir omis d’informer leur hiérarchie et la mission d’inspection que le policier ayant mal enregistré la plainte du 15 mars 2021 venait lui-même d’être condamné pour violences conjugales – il a été radié depuis.Parallèlement au dossier pénal, la famille a lancé une procédure pour “faute lourde” contre l’Etat.