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Turquie: la contestation se poursuit après l’incarcération du maire d’opposition d’Istanbul

La contestation menace de se durcir en Turquie après l’incarcération du populaire maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, avec de nouveaux appels à manifester lundi à travers le pays, secoué par une vague de protestation inédite depuis 2013.Ekrem Imamoglu, principal opposant au président turc Recep Tayyip Erdogan, a passé sa première nuit en prison à Silivri, en lisière d’Istanbul, au moment où son parti l’investissait candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue en 2028.M. Imamoglu, démis officiellement dimanche de ses fonctions, est accusé de “corruption”, ce qu’il réfute, dénonçant “une exécution sans procès”.”Je suis là. Je porte une chemise blanche et vous ne pourrez pas la salir. Mon poignet est solide et vous ne pourrez pas le tordre. Je ne reculerai pas d’un pouce. Je gagnerai cette guerre”, a-t-il dit dans un message transmis par ses avocats.Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), première force de l’opposition, avait maintenu dimanche une primaire à laquelle M. Imamoglu était le seul candidat. Le parti affirme que quinze millions d’électeurs ont pris part au vote ayant désigné l’élu emprisonné.- Journalistes arrêtés -L’arrestation mercredi de M. Imamoglu a déclenché une vague de protestation inédite en Turquie depuis le grand mouvement de contestation de Gezi, parti de la place Taksim en 2013.Des rassemblements ont eu lieu depuis mercredi dans au moins 55 des 81 provinces turques, soit plus des deux tiers du pays, selon un décompte de l’AFP. Dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont de nouveau envahi les abords de l’hôtel de ville d’Istanbul, où des heurts ont éclaté entre manifestants et policiers, ont constaté des journalistes de l’AFP.Les autorités ont interdit tout rassemblement dans la plus grande ville du pays jusqu’à mercredi soir. La police a procédé à de nouvelles interpellations dimanche soir et lundi matin, selon des médias turcs. Au moins dix journalistes, dont un photographe de l’AFP, ont été également arrêtés à l’aube à leur domicile à Istanbul et Izmir (ouest), troisième ville du pays, a rapporté l’association turque de défense des droits humains MLSA. – “Atteinte à la démocratie” -“L’incarcération du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu ainsi que de nombreuses autres personnalités constituent des atteintes graves à la démocratie”, a déploré dimanche soir la diplomatie française, qui avait déjà condamné son arrestation mercredi.À l’unisson, l’Allemagne, où vit la plus grande communauté turque de l’étranger, a fustigé “ceux qui emprisonnent les politiciens de l’opposition et les manifestants”, dénonçant également une “atteinte à la démocratie”.Outre M. Imamoglu, près de cinquante co-accusés de M. Imamoglu ont également été placés en détention dimanche pour “corruption” et “terrorisme”, selon la presse turque.Parmi eux figurent deux maires d’arrondissement d’Istanbul, membres eux aussi du CHP. Les deux élus ont été destitués et l’un d’eux, accusé de “terrorisme”, a été remplacé par une administrateur nommé par l’Etat, ont annoncé les autorités.La Bourse d’Istanbul évoluait dans le vert lundi après une chute de son indice vedette de plus de 16,5% la semaine passée.Le ministre turc de l’Economie, Mehmet Simsek, a voulu balayer dimanche soir des rumeurs de démission.”Nous sommes au travail et continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires au bon fonctionnement des marchés. Je vous en prie, ne croyez pas les fausses nouvelles”, a-t-il écrit sur X.Dimanche soir, le réseau social X a annoncé que les autorités turques avaient demandé le blocage de plus de 700 comptes.

Brésil: Lula en visite au Japon pour parler commerce et environnement

Le président brésilien Lula, accompagné d’une forte délégation économique, a entamé lundi au Japon une visite d’Etat visant à renforcer les liens commerciaux et la coopération climatique entre les deux pays, face à la guerre douanière engagée par les Etats-Unis.Ce voyage de quatre jours de Luiz Inacio Lula da Silva, 79 ans, intervient alors que …

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Brésil: Lula en visite au Japon pour parler commerce et environnement

Le président brésilien Lula, accompagné d’une forte délégation économique, a entamé lundi au Japon une visite d’Etat visant à renforcer les liens commerciaux et la coopération climatique entre les deux pays, face à la guerre douanière engagée par les Etats-Unis.Ce voyage de quatre jours de Luiz Inacio Lula da Silva, 79 ans, intervient alors que l’offensive douanière du président américain Donald Trump ont tendu les relations entre Washington et Brasilia. De son côté, Tokyo, allié-clé des États-Unis, n’a pas réussi à obtenir une exemption des taxes américaines sur l’acier, et se prépare à de nouveaux droits ciblant l’automobile. Les deux pays pourraient être victimes des droits de douane “réciproques” que Washington menace d’imposer début avril.”Tous ceux qui parlaient de libre-échange pratiquent désormais le protectionnisme”, a déploré Lula devant des journalistes japonais avant son départ pour Tokyo.”Ce protectionnisme est absurde”, a ajouté le président brésilien, accompagné dans l’archipel nippon d’une délégation de plus d’une centaine de représentants d’entreprises.Il s’agit de la troisième visite de Lula au Japon, quatrième économie mondiale, comme président du Brésil. Une cérémonie de bienvenue aura lieu mardi au Palais impérial de Tokyo, suivie d’un banquet d’État le soir même. Le chef de file emblématique de la gauche brésilienne et le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba devraient ensuite convenir mercredi d’un plan d’action bilatéral incluant le développement conjoint de biocarburants dans le cadre de la coopération sur le climat. Le Brésil accueillera la COP30 en novembre.Ce plan d’action pourrait aussi prévoir des visites mutuelles de la part des dirigeants des deux pays tous les deux ans, ont rapporté l’agence de presse Jiji Press et le quotidien Yomiuri Shimbun.Les deux dirigeants devraient également s’accorder pour affirmer leur soutien au libre-échange à rebours de la politique protectionniste de M. Trump, ont indiqué des médias nippons.-“Vulnérable”-Le Brésil est le deuxième exportateur d’acier vers les États-Unis après le Canada, avec environ 4 millions de tonnes expédiées en 2024. Et il devrait pâtir de l’élargissement des taxes douanières s’il a lieu.A l’heure actuelle cependant, la Chine est le premier partenaire commercial du Brésil, leur commerce bilatéral dépassant les 160 milliards de dollars en 2023. Le Japon arrive loin derrière, au 11e rang.Le Brésil a “augmenté sa dépendance commerciale envers la Chine ces dernières années”, explique à l’AFP Karina Calandrin, professeur à l’école de commerce Ibmec à Sao Paulo.Cela “met le Brésil en danger, le rendant plus vulnérable à toute évolution de la situation internationale” en cas d’une guerre commerciale tous azimuts, estime-t-elle. Depuis son retour au pouvoir, M. Trump a imposé une hausse de 20% des droits américains sur les exportations chinoises.Dans ce contexte, Lula cherchera à favoriser les exportations brésiliennes vers le Japon, de la viande de boeuf aux appareils de l’avionneur Embraer.Il vient à Tokyo avec l’objectif “de diversifier l’économie brésilienne et le commerce extérieur”, à l’heure où le Brésil entend “échapper un peu à cette dépendance aux États-Unis et à la Chine”, insiste Mme Calandrin.Cela risque d’être difficile compte tenu de la “dépendance structurelle” commerciale du géant sud-américain envers la Chine, indique à l’AFP Roberto Goulart, professeur de relations internationales à l’université de Brasilia, jugeant peu probable à court terme un véritable rééquilibrage.- Diaspora japonaise -Pour sa part, Tokyo espère que des liens bilatéraux plus étroits empêcheront le Brésil de trop se rapprocher de la Chine et de la Russie, qu’il côtoie au sein du bloc diplomatique des BRICS, fait valoir Jiji Press.Des liens étroits existent déjà entre le Japon et le Brésil qui abrite la plus grande diaspora japonaise au monde, héritée d’une immigration massive du début du XXe siècle. L’année dernière, le gouvernement de Lula avait présenté des excuses historiques pour la persécution des immigrants japonais pendant et après la Seconde Guerre mondiale.Des milliers de personnes vivant sur la côte de São Paulo avaient été chassées de leurs terres en 1943, tandis qu’au moins 150 immigrants japonais et leurs enfants avaient été emprisonnés sur une île isolée. Des excuses sont “le moins que nous puissions faire pour reconnaître nos erreurs passées”, a réaffirmé Lula avant son voyage au Japon.

Ukraine: Russes et Américains discutent à Ryad d’une possible trêve

La Russie et les Etats-Unis se sont retrouvés lundi en Arabie saoudite pour des négociations, qualifiées d’emblée de “difficiles” par le Kremlin, visant à instaurer une trêve partielle en Ukraine après plus de trois ans d’offensive russe.Le président américain, Donald Trump, dont le rapprochement avec Vladimir Poutine a rebattu les cartes du conflit, affirme vouloir mettre fin aux hostilités et a dépêché ses émissaires à Ryad pour des pourparlers avec les deux parties.Les pourparlers entre les émissaires russes et américains ont commencé lundi matin à l’hôtel Ritz-Carlton à Ryad, a annoncé l’agence Tass, après des discussions entre Ukrainiens et Américains qui se sont poursuivies jusque tard dans la nuit.”La discussion a été productive et ciblée. Nous avons abordé des points clés, notamment l’énergie”, a rapporté le ministre de la Défense, Roustem Oumerov, à la tête de la délégation ukrainienne, ajoutant que l’Ukraine s’efforçait de concrétiser son objectif d’une “paix juste et durable”.Washington et Kiev poussent pour, au minimum, un arrêt provisoire des frappes sur les sites énergétiques, largement endommagés du côté ukrainien.L’Ukraine se dit “prête” à un cessez-le-feu “général” et sans conditions.Mais Vladimir Poutine, dont l’armée avance sur le terrain malgré de lourdes pertes, semble jouer la montre, tant que ses hommes n’ont pas expulsé les troupes ukrainiennes de la région russe frontalière de Koursk.A ce stade, le Kremlin assure s’être uniquement mis d’accord avec Washington sur un moratoire concernant les bombardements des infrastructures énergétiques.- “Au début” -“Il s’agit d’un sujet très complexe et il y a beaucoup à faire”, a d’ores et déjà tempéré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, estimant que les négociations seraient “difficiles”. “Nous n’en sommes qu’au début”, a-t-il dit.L’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, s’est malgré tout montré optimiste, disant s’attendre à de “vrais progrès”, “particulièrement en ce qui concerne un cessez-le-feu en mer Noire sur les navires entre les deux pays”.”Et, à partir de cela, on se dirigera naturellement vers un cessez-le-feu total”, a dit l’émissaire américain.Malgré l’accélération des efforts en vue de rapprocher les vues des belligérants sur les moyens de parvenir à un cessez-le-feu dans la guerre déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, les combats se poursuivent avec des frappes meurtrières en Ukraine et en Russie.Les autorités ukrainiennes ont fait état dans la nuit de dimanche à lundi de frappes touchant les régions de Kiev, Kharkiv (est) et Zaporijjia (est), faisant plusieurs blessés, au lendemain de bombardements meurtriers sur la capitale.L’armée ukrainienne a annoncé dimanche avoir repris le petit village de Nadia, dans la région orientale de Lougansk, un succès rare pour les militaires ukrainiens dans cette zone quasi entièrement contrôlée par la Russie.Les forces russes ont elles déclaré s’être emparées de la localité de Sribné, également dans l’est de l’Ukraine.- Accord céréalier -Symbole des divergences à combler pour arriver à une trêve, la délégation ukrainienne est emmenée par le ministre de la Défense, tandis que la délégation russe est formée d’un sénateur ex-diplomate de carrière Grigori Karassine et de Sergueï Besseda, un cadre du FSB, les services de sécurité.Autre différence notable: Dmitri Peskov a affirmé que “le principal” sujet de discussion avec les Américains serait “la reprise” de l’application de l’accord céréalier en mer Noire, omettant de mentionner un éventuel engagement concernant la suspension des combats, limité ou sans conditions.Cet accord, en vigueur entre juillet 2022 et juillet 2023, avait permis à l’Ukraine d’exporter ses céréales, vitales pour l’alimentation mondiale, malgré la présence de la flotte russe dans la zone.La Russie s’en est ensuite retirée, accusant les Occidentaux de ne pas respecter leurs engagements censés assouplir les sanctions sur les exportations russes de produits agricoles et d’engrais.Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump a repris contact avec Vladimir Poutine, rompant avec la politique d’isolement menée par les Occidentaux contre le président russe.Il s’est montré très critique envers l’Ukraine, un durcissement marqué par l’altercation avec Volodymyr Zelensky fin février à la Maison Blanche, suivie d’une suspension, depuis levée, de l’aide militaire à Kiev, vitale pour l’armée ukrainienne.Les Européens sont, eux, marginalisés dans ces discussions, malgré l’envie affichée notamment par le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron de faire entendre la voix du Vieux Continent.Un sommet est prévu jeudi à Paris, en présence de Volodymyr Zelensky et des alliés de Kiev.

Ukraine: Russes et Américains discutent à Ryad d’une possible trêve

La Russie et les Etats-Unis se sont retrouvés lundi en Arabie saoudite pour des négociations, qualifiées d’emblée de “difficiles” par le Kremlin, visant à instaurer une trêve partielle en Ukraine après plus de trois ans d’offensive russe.Le président américain, Donald Trump, dont le rapprochement avec Vladimir Poutine a rebattu les cartes du conflit, affirme vouloir mettre fin aux hostilités et a dépêché ses émissaires à Ryad pour des pourparlers avec les deux parties.Les pourparlers entre les émissaires russes et américains ont commencé lundi matin à l’hôtel Ritz-Carlton à Ryad, a annoncé l’agence Tass, après des discussions entre Ukrainiens et Américains qui se sont poursuivies jusque tard dans la nuit.”La discussion a été productive et ciblée. Nous avons abordé des points clés, notamment l’énergie”, a rapporté le ministre de la Défense, Roustem Oumerov, à la tête de la délégation ukrainienne, ajoutant que l’Ukraine s’efforçait de concrétiser son objectif d’une “paix juste et durable”.Washington et Kiev poussent pour, au minimum, un arrêt provisoire des frappes sur les sites énergétiques, largement endommagés du côté ukrainien.L’Ukraine se dit “prête” à un cessez-le-feu “général” et sans conditions.Mais Vladimir Poutine, dont l’armée avance sur le terrain malgré de lourdes pertes, semble jouer la montre, tant que ses hommes n’ont pas expulsé les troupes ukrainiennes de la région russe frontalière de Koursk.A ce stade, le Kremlin assure s’être uniquement mis d’accord avec Washington sur un moratoire concernant les bombardements des infrastructures énergétiques.- “Au début” -“Il s’agit d’un sujet très complexe et il y a beaucoup à faire”, a d’ores et déjà tempéré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, estimant que les négociations seraient “difficiles”. “Nous n’en sommes qu’au début”, a-t-il dit.L’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, s’est malgré tout montré optimiste, disant s’attendre à de “vrais progrès”, “particulièrement en ce qui concerne un cessez-le-feu en mer Noire sur les navires entre les deux pays”.”Et, à partir de cela, on se dirigera naturellement vers un cessez-le-feu total”, a dit l’émissaire américain.Malgré l’accélération des efforts en vue de rapprocher les vues des belligérants sur les moyens de parvenir à un cessez-le-feu dans la guerre déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, les combats se poursuivent avec des frappes meurtrières en Ukraine et en Russie.Les autorités ukrainiennes ont fait état dans la nuit de dimanche à lundi de frappes touchant les régions de Kiev, Kharkiv (est) et Zaporijjia (est), faisant plusieurs blessés, au lendemain de bombardements meurtriers sur la capitale.L’armée ukrainienne a annoncé dimanche avoir repris le petit village de Nadia, dans la région orientale de Lougansk, un succès rare pour les militaires ukrainiens dans cette zone quasi entièrement contrôlée par la Russie.Les forces russes ont elles déclaré s’être emparées de la localité de Sribné, également dans l’est de l’Ukraine.- Accord céréalier -Symbole des divergences à combler pour arriver à une trêve, la délégation ukrainienne est emmenée par le ministre de la Défense, tandis que la délégation russe est formée d’un sénateur ex-diplomate de carrière Grigori Karassine et de Sergueï Besseda, un cadre du FSB, les services de sécurité.Autre différence notable: Dmitri Peskov a affirmé que “le principal” sujet de discussion avec les Américains serait “la reprise” de l’application de l’accord céréalier en mer Noire, omettant de mentionner un éventuel engagement concernant la suspension des combats, limité ou sans conditions.Cet accord, en vigueur entre juillet 2022 et juillet 2023, avait permis à l’Ukraine d’exporter ses céréales, vitales pour l’alimentation mondiale, malgré la présence de la flotte russe dans la zone.La Russie s’en est ensuite retirée, accusant les Occidentaux de ne pas respecter leurs engagements censés assouplir les sanctions sur les exportations russes de produits agricoles et d’engrais.Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump a repris contact avec Vladimir Poutine, rompant avec la politique d’isolement menée par les Occidentaux contre le président russe.Il s’est montré très critique envers l’Ukraine, un durcissement marqué par l’altercation avec Volodymyr Zelensky fin février à la Maison Blanche, suivie d’une suspension, depuis levée, de l’aide militaire à Kiev, vitale pour l’armée ukrainienne.Les Européens sont, eux, marginalisés dans ces discussions, malgré l’envie affichée notamment par le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron de faire entendre la voix du Vieux Continent.Un sommet est prévu jeudi à Paris, en présence de Volodymyr Zelensky et des alliés de Kiev.

Turquie: première nuit en prison pour le maire d’Istanbul, la contestation continue

La contestation ne faiblit pas en Turquie après l’incarcération du maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, avec de nouveaux appels à manifester lundi soir à travers le pays pour le sixième jour consécutif.Ekrem Imamoglu, principal opposant au président turc Recep Tayyip Erdogan, a passé sa première nuit en prison à Silivri, dans l’ouest d’Istanbul.M. Imamoglu, démis officiellement dimanche de ses fonctions, est accusé de “corruption”, ce qu’il réfute, dénonçant “une exécution sans procès”.”Je suis là. Je porte une chemise blanche et vous ne pourrez pas la salir. Mon poignet est solide et vous ne pourrez pas le tordre. Je ne reculerai pas d’un pouce. Je gagnerai cette guerre”, a-t-il dit dans un message transmis par ses avocats.L’arrestation de l’édile a déclenché une vague de protestation inédite en Turquie depuis le grand mouvement de contestation de Gezi, parti de la place Taksim en 2013.Dimanche, comme chaque soir depuis mercredi, jour de l’arrestation de M. Imamoglu, des dizaines de milliers de personnes ont envahi les abords de l’hôtel de ville d’Istanbul en signe de soutien. La police a procédé à de nouvelles interpellations lors des manifestations et de nouveau lundi matin, selon des médias turcs. Au moins huit journalistes ont été également arrêtés à l’aube à leur domicile à Istanbul et Izmir (ouest), troisième ville du pays, a rapporté l’association turque de défense des droits humains MLSA. – “atteintes graves à la démocratie” -“L’incarcération du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu ainsi que de nombreuses autres personnalités constituent des atteintes graves à la démocratie”, a déploré dimanche soir la diplomatie française, qui avait déjà condamné son arrestation mercredi.À l’unisson, Berlin a fustigé “ceux qui emprisonnent les politiciens de l’opposition et les manifestants”, dénonçant également une “atteinte à la démocratie”.Outre M. Imamoglu, près de cinquante co-accusés de M. Imamoglu ont également été placées en détention dimanche pour “corruption” et “terrorisme”, selon la presse turque.Parmi eux figurent deux maires d’arrondissement d’Istanbul, membres eux aussi du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), première force de l’opposition. Les deux élus ont été destitués et l’un d’eux, accusé de “terrorisme”, a été remplacé par une administrateur nommé par l’Etat, ont annoncé les autorités.Le CHP, qui avait maintenu dimanche une primaire devant désigner M. Imamoglu — seul candidat — comme son candidat à la prochaine présidentielle prévue en 2028, a affirmé que quinze millions d’électeurs ont pris part au vote à travers le pays.La Bourse d’Istanbul a ouvert dans le vert lundi après une chute de son indice vedette de plus de 16,5% la semaine passée.Le ministre turc de l’Economie, Mehmet Simsek, a voulu balayer dimanche soir des rumeurs de démission.”Nous sommes au travail et continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires au bon fonctionnement des marchés. Je vous en prie, ne croyez pas les fausses nouvelles”, a-t-il écrit sur X.Dimanche soir, le réseau social X a annoncé que les autorités turques avaient demandé le blocage de plus de 700 comptes.

Turquie: première nuit en prison pour le maire d’Istanbul, la contestation continue

La contestation ne faiblit pas en Turquie après l’incarcération du maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, avec de nouveaux appels à manifester lundi soir à travers le pays pour le sixième jour consécutif.Ekrem Imamoglu, principal opposant au président turc Recep Tayyip Erdogan, a passé sa première nuit en prison à Silivri, dans l’ouest d’Istanbul.M. Imamoglu, démis officiellement dimanche de ses fonctions, est accusé de “corruption”, ce qu’il réfute, dénonçant “une exécution sans procès”.”Je suis là. Je porte une chemise blanche et vous ne pourrez pas la salir. Mon poignet est solide et vous ne pourrez pas le tordre. Je ne reculerai pas d’un pouce. Je gagnerai cette guerre”, a-t-il dit dans un message transmis par ses avocats.L’arrestation de l’édile a déclenché une vague de protestation inédite en Turquie depuis le grand mouvement de contestation de Gezi, parti de la place Taksim en 2013.Dimanche, comme chaque soir depuis mercredi, jour de l’arrestation de M. Imamoglu, des dizaines de milliers de personnes ont envahi les abords de l’hôtel de ville d’Istanbul en signe de soutien. La police a procédé à de nouvelles interpellations lors des manifestations et de nouveau lundi matin, selon des médias turcs. Au moins huit journalistes ont été également arrêtés à l’aube à leur domicile à Istanbul et Izmir (ouest), troisième ville du pays, a rapporté l’association turque de défense des droits humains MLSA. – “atteintes graves à la démocratie” -“L’incarcération du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu ainsi que de nombreuses autres personnalités constituent des atteintes graves à la démocratie”, a déploré dimanche soir la diplomatie française, qui avait déjà condamné son arrestation mercredi.À l’unisson, Berlin a fustigé “ceux qui emprisonnent les politiciens de l’opposition et les manifestants”, dénonçant également une “atteinte à la démocratie”.Outre M. Imamoglu, près de cinquante co-accusés de M. Imamoglu ont également été placées en détention dimanche pour “corruption” et “terrorisme”, selon la presse turque.Parmi eux figurent deux maires d’arrondissement d’Istanbul, membres eux aussi du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), première force de l’opposition. Les deux élus ont été destitués et l’un d’eux, accusé de “terrorisme”, a été remplacé par une administrateur nommé par l’Etat, ont annoncé les autorités.Le CHP, qui avait maintenu dimanche une primaire devant désigner M. Imamoglu — seul candidat — comme son candidat à la prochaine présidentielle prévue en 2028, a affirmé que quinze millions d’électeurs ont pris part au vote à travers le pays.La Bourse d’Istanbul a ouvert dans le vert lundi après une chute de son indice vedette de plus de 16,5% la semaine passée.Le ministre turc de l’Economie, Mehmet Simsek, a voulu balayer dimanche soir des rumeurs de démission.”Nous sommes au travail et continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires au bon fonctionnement des marchés. Je vous en prie, ne croyez pas les fausses nouvelles”, a-t-il écrit sur X.Dimanche soir, le réseau social X a annoncé que les autorités turques avaient demandé le blocage de plus de 700 comptes.

Sauver le chêne, roi des forêts françaises: une mission et un testament

Une “mission” autant qu’une “lettre aux descendants”: dans la chênaie de Tronçais, une des plus belles d’Europe et aussi une des plus touchées par le changement climatique, l’Office national de la forêt (ONF) tente le sauvetage du siècle.Au coeur de cette forêt de plus de 10.000 hectares, dont les chênes donnent depuis des siècles les fûts de cognac d’exception ou la charpente de cathédrales, un arbre se tient encore debout, ignorant qu’il est “presque déjà mort”, explique Corentin Gervais, technicien forestier de l’ONF.Ce chêne sessile a encaissé trop de coups. Il a eu trop soif, trop chaud, s’est affolé, a gaspillé ses dernières forces dans des repousses vouées à l’échec. Son houppier (sommet) est totalement dégarni, il a perdu trop de branches.”L’an prochain, il ne sera plus là”, tranche le forestier, désignant par contraste son voisin, centenaire comme lui, qui “devrait s’en sortir”, avec son sommet constellé de jeunes branchettes serties de bourgeons printaniers.Le chêne, roi d’une forêt française majoritairement composée de feuillus et qui représente à lui-seul 81% du peuplement de Tronçais, traverse une crise majeure.- Le hêtre, premier touché -La récolte de bois dépérissant est passée de 1.000 m3 à 24.000 m3 par an depuis 2020 à Tronçais. L’ONF estime que 70% des peuplements de chênes et de hêtres y sont aujourd’hui en situation de vulnérabilité.Plus que d’autres chênaies, celle-ci a subi de plein fouet une succession de sécheresses entre 2018 et 2020, accentuées par des périodes de fortes chaleurs, puis en 2023.”Ca a commencé par le hêtre (environ 10% des peuplements)”, raconte Samuel Autissier, directeur de l’agence ONF du Berry-Bourbonnais, qui gère les forêts domaniales de l’Allier. Cet arbre, qui grandit sous le chêne, permet à ce dernier d’avoir “la tête au soleil et les pieds à l’ombre”, ce qui favorise un tronc puissant et la finesse du grain du bois.La mort du hêtre expose en pleine lumière le chêne, le déstabilise. “Quand au 13 octobre 2023, il faisait 36°C au sol à Tronçais, sur la canopée, on est monté à plus de 40°C. On a eu des phénomènes d’embolie, avec des bulles d’air dans les vaisseaux empêchant la sève de circuler”, relate le forestier. Potentiellement fatal pour un arbre qui boit “200 litres d’eau par jour”.”On a des arbres qui sont morts en trois semaines, on n’avait jamais vu ça”, se souvient Loïc Nicolas, responsable du service forêt sur ce territoire. “On a connu des sécheresses, comme en 1976, avec des coins de France qui ont souffert. Mais ce qui fait peur, c’est que là, c’est généralisé à toute la forêt”, souffle-t-il.A Tronçais, les plus vieux chênes sessiles, dont nombre sont nés au “petit âge glaciaire” de la fin du XVIIIe siècle, peinent à s’adapter. Passé la sidération, dès 2020, la riposte se met en marche.L’ONF lance des “îlots d’avenir” où sont testées sur deux hectares des essences plus prometteuses avec 4°C de plus qu’à l’ère pré-industrielle: séquoia, pin maritime, cèdre de l’Atlas mais aussi d’autres chênes, vert ou liège. “On teste une quinzaine d’espèces pour que les forestiers de 2100 aient une base de travail. C’est notre lettre aux descendants”, dit Samuel Autissier.- Coup de pouce -Au côté de ces îlots, la gestion forestière consiste notamment à favoriser le renouvellement de la chênaie: la moitié de la forêt se régénère naturellement, mais ailleurs, l’ONF donne “un coup de pouce”.Ainsi, une parcelle de chênes sessiles est enrichie de chênes pubescents, qui captent mieux l’humidité de l’air grâce aux poils sous leurs feuilles, ou de chênes verts, peu valorisés commercialement mais qui résistent bien au feu et pourraient remplacer le hêtre comme compagnon. Les plants sont géoréférencés et surveillés.”On introduit de la diversité, on compte aussi sur la capacité du chêne sessile à évoluer: 80% du pollen qui féconde les fleurs femelles vient de l’extérieur de la parcelle. Ce brassage génétique renforce les chances de survie”, explique Samuel Autissier.Jeudi, le 100.000e arbre a été planté à Tronçais: Lou, six ans, a porté un jeune chêne vert dans sa nouvelle demeure, accompagnée d’une petite troupe d’élèves d’écoles voisines.