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Turquie: la contestation enfle, sept journalistes incarcérés

La contestation a continué d’enfler mardi en Turquie, où plus de 1.400 manifestants ont été arrêtés depuis le début il y a six jours d’une vaste fronde déclenchée par l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, principal rival du président Recep Tayyip Erdogan.Un total de 1.418 personnes accusées d’avoir participé à des manifestations interdites ont été arrêtées depuis le 19 mars, ont annoncé les autorités turques, confrontées à une contestation d’une ampleur inédite depuis le mouvement de Gezi, parti de la place Taksim d’Istanbul, en 2013.Dans ce contexte, un tribunal d’Istanbul a ordonné mardi le placement en détention provisoire de sept journalistes turcs, dont un de l’Agence France-Presse, accusés eux aussi de participation à des rassemblements, interdits depuis la semaine passée dans les trois plus grandes villes du pays.Le photographe de l’AFP, Yasin Akgül, a fait valoir lors de sa garde à vue qu’il n’avait fait que couvrir la manifestation à laquelle il est accusé d’avoir pris part à Istanbul.Le PDG de l’AFP, Fabrice Fries, a appelé mardi la présidence turque à “la libération rapide” de son photographe. “Yasin Akgül ne manifestait pas, il couvrait comme journaliste l’un des nombreux rassemblements organisés dans le pays depuis le mercredi 19 mars”, a fait valoir M. Fries.L’ONG Reporters sans Frontières a elle condamné une “décision scandaleuse (qui) reflète une situation gravissime en cours en Turquie”, affirmant qu’il s’agit de “la première fois que des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions sont envoyés en détention sur la base de cette loi contre les rassemblements”.Au total, 979 manifestants se trouvaient mardi en garde à vue, tandis que 478 personnes avaient été déférées devant des tribunaux, a annoncé le ministre turc de l’Intérieur, Ali Yerlikaya.- “Peur de la police” -Face à la poursuite de la contestation née de l’arrestation de M. Imamoglu, accusé de “corruption” — ce qu’il réfute –, le gouvernorat d’Ankara, la capitale, a prolongé jusqu’au 1er avril inclus une interdiction de manifester.Les autorités ont pris une décision similaire à Izmir, troisième ville du pays et bastion de l’opposition, jusqu’au 29 mars.Une même interdiction est en vigueur depuis six jours à Istanbul, où plusieurs dizaines de milliers de personnes le bravent chaque soir pour converger devant le siège de la municipalité. En fin de journée mardi, un cortège de milliers d’étudiants s’est élancé depuis un parc de la rive européenne d’Istanbul, ont constaté des journalistes de l’AFP. Beaucoup avaient couvert leur visage à l’aide d’écharpes ou de masques de peur d’être identifiés par la police, ont-ils expliqué.”Bien sûr que j’ai peur de la police”, a déclaré à l’AFP Nisa, une étudiante craignant de donner son nom de famille.Özgür Özel, le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale force de l’opposition à laquelle appartient le maire emprisonné d’Istanbul, a lui appelé à un nouveau rassemblement devant l’hôtel de ville.Signe de l’onde de choc déclenchée par l’arrestation pour “corruption” de M. Imamoglu, des manifestations ont eu lieu la semaine passée dans au moins 55 des 81 provinces du pays, selon un décompte de l’AFP. – Boycott -M. Özel, qui a appelé à faire front face au “fascisme”, s’est rendu mardi à la prison de Silivri, en lisière d’Istanbul, où sont incarcérés depuis dimanche le maire de la ville et 48 co-accusés, parmi lesquels deux maires d’arrondissements également membres du CHP, qui ont eux aussi été officiellement déchus.”J’ai rencontré trois lions à l’intérieur. Ils sont debout, la tête haute (…), tels des lions”, a-t-il déclaré à la sortie de la prison.Le Conseil de l’Europe, qui devait débattre mardi de la situation en Turquie, a dénoncé un “recours disproportionné à la force” lors des manifestations dans le pays et appelé les autorités à respecter leurs obligations en matière de droits de l’homme”.L’ONU a également exprimé mardi son inquiétude face aux arrestations dans le pays, se disant “très préoccupée”.Le CHP a lui appelé au boycott d’une dizaine d’enseignes turques réputées proches du pouvoir dont une célèbre chaîne de cafés: “Le café on peut le faire nous-mêmes”, a lancé M. Özel.”Cessez de troubler la paix de nos concitoyens par vos provocations”, a déclaré lundi soir le président Erdogan en s’adressant à l’opposition lors d’un discours télévisé. 

Turquie: la contestation enfle, sept journalistes incarcérés

La contestation a continué d’enfler mardi en Turquie, où plus de 1.400 manifestants ont été arrêtés depuis le début il y a six jours d’une vaste fronde déclenchée par l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, principal rival du président Recep Tayyip Erdogan.Un total de 1.418 personnes accusées d’avoir participé à des manifestations interdites ont été arrêtées depuis le 19 mars, ont annoncé les autorités turques, confrontées à une contestation d’une ampleur inédite depuis le mouvement de Gezi, parti de la place Taksim d’Istanbul, en 2013.Dans ce contexte, un tribunal d’Istanbul a ordonné mardi le placement en détention provisoire de sept journalistes turcs, dont un de l’Agence France-Presse, accusés eux aussi de participation à des rassemblements, interdits depuis la semaine passée dans les trois plus grandes villes du pays.Le photographe de l’AFP, Yasin Akgül, a fait valoir lors de sa garde à vue qu’il n’avait fait que couvrir la manifestation à laquelle il est accusé d’avoir pris part à Istanbul.Le PDG de l’AFP, Fabrice Fries, a appelé mardi la présidence turque à “la libération rapide” de son photographe. “Yasin Akgül ne manifestait pas, il couvrait comme journaliste l’un des nombreux rassemblements organisés dans le pays depuis le mercredi 19 mars”, a fait valoir M. Fries.L’ONG Reporters sans Frontières a elle condamné une “décision scandaleuse (qui) reflète une situation gravissime en cours en Turquie”, affirmant qu’il s’agit de “la première fois que des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions sont envoyés en détention sur la base de cette loi contre les rassemblements”.Au total, 979 manifestants se trouvaient mardi en garde à vue, tandis que 478 personnes avaient été déférées devant des tribunaux, a annoncé le ministre turc de l’Intérieur, Ali Yerlikaya.- “Peur de la police” -Face à la poursuite de la contestation née de l’arrestation de M. Imamoglu, accusé de “corruption” — ce qu’il réfute –, le gouvernorat d’Ankara, la capitale, a prolongé jusqu’au 1er avril inclus une interdiction de manifester.Les autorités ont pris une décision similaire à Izmir, troisième ville du pays et bastion de l’opposition, jusqu’au 29 mars.Une même interdiction est en vigueur depuis six jours à Istanbul, où plusieurs dizaines de milliers de personnes le bravent chaque soir pour converger devant le siège de la municipalité. En fin de journée mardi, un cortège de milliers d’étudiants s’est élancé depuis un parc de la rive européenne d’Istanbul, ont constaté des journalistes de l’AFP. Beaucoup avaient couvert leur visage à l’aide d’écharpes ou de masques de peur d’être identifiés par la police, ont-ils expliqué.”Bien sûr que j’ai peur de la police”, a déclaré à l’AFP Nisa, une étudiante craignant de donner son nom de famille.Özgür Özel, le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale force de l’opposition à laquelle appartient le maire emprisonné d’Istanbul, a lui appelé à un nouveau rassemblement devant l’hôtel de ville.Signe de l’onde de choc déclenchée par l’arrestation pour “corruption” de M. Imamoglu, des manifestations ont eu lieu la semaine passée dans au moins 55 des 81 provinces du pays, selon un décompte de l’AFP. – Boycott -M. Özel, qui a appelé à faire front face au “fascisme”, s’est rendu mardi à la prison de Silivri, en lisière d’Istanbul, où sont incarcérés depuis dimanche le maire de la ville et 48 co-accusés, parmi lesquels deux maires d’arrondissements également membres du CHP, qui ont eux aussi été officiellement déchus.”J’ai rencontré trois lions à l’intérieur. Ils sont debout, la tête haute (…), tels des lions”, a-t-il déclaré à la sortie de la prison.Le Conseil de l’Europe, qui devait débattre mardi de la situation en Turquie, a dénoncé un “recours disproportionné à la force” lors des manifestations dans le pays et appelé les autorités à respecter leurs obligations en matière de droits de l’homme”.L’ONU a également exprimé mardi son inquiétude face aux arrestations dans le pays, se disant “très préoccupée”.Le CHP a lui appelé au boycott d’une dizaine d’enseignes turques réputées proches du pouvoir dont une célèbre chaîne de cafés: “Le café on peut le faire nous-mêmes”, a lancé M. Özel.”Cessez de troubler la paix de nos concitoyens par vos provocations”, a déclaré lundi soir le président Erdogan en s’adressant à l’opposition lors d’un discours télévisé. 

Allemagne: une ex-membre de la RAF dénonce “un procès politique”

Une ancienne membre présumée de la Fraction armée rouge (RAF) a dénoncé le caractère “politique” à ses yeux de son procès entamé mardi sous très haute sécurité policière, qui a replongé le pays dans les “années de plomb”.Daniela Klette, arrêtée il y a un an après plus de trente ans de clandestinité, n’est pas jugée pour des actes imputés à ce groupe violent d’extrême gauche, mais pour une série de braquages à main armée.Vêtue d’un pull noir, ses cheveux blancs ramenés en chignon sur la nuque, elle est apparue détendue, et même souriante dans le box de la salle sécurisée du tribunal de Celle, dans le nord du pays.”Ce procès est mené pour des raisons politiques”, a-t-elle déclaré en fin d’après midi. “Il s’agit de régler des comptes avec l’histoire de la résistance”, a encore lancé cette femme de 66 ans, réaffirmant son rejet du “capitalisme et du patriarcat”.La RAF, fondée par Andreas Baader et Ulrike Meinhof, est jugée responsable d’une trentaine d’assassinats entre 1971 et 1991. Le groupe, qui s’est auto-dissous en 1998, a incarné les “années de plomb” en Allemagne, à coups d’attentats contre les institutions du pays, l’armée américaine ou le patronat.Daniela Klette, qui appartient à la troisième génération de la RAF, est soupçonnée d’avoir participé à des attentats sans faire de victime, mais ce volet présumé de son parocurs est toujours en cours d’instruction.- “Comme une terroriste” -Le procès à Celle porte sur treize vols à main armée de 1999 à 2016 visant des fourgons et supermarchés, dont elle se serait rendue coupable avec deux complices toujours en fuite, Burkhard et Garweg et Ernst-Volker Staub, et sur une tentative de meurtre.Leur butin, qui a servi à financer leur vie de fugitifs, est estimé à quelque 2,7 millions d’euros.Le trio a formé une “bande visant à commettre des vols à main armée de manière continue”, sans se soucier d’éventuelles victimes, a affirmé la représentante du parquet.Ses avocats ont eux réclamé un abandon des poursuites, dénonçant des lacunes dans l’acte d’accusation et le traitement “comme une terroriste” de leur cliente qui s’apparente selon eux à une “condamnation publique à l’avance”.Devant le tribunal gardé par des agents cagoulés et munis de fusils mitrailleurs, une cinquantaine de personnes réclamant la “liberté pour Daniela” ont manifesté au son de musique punk, a constaté un journaliste de l’AFP. Daniela Klette a été arrêtée le 26 février 2024. Ce jour là, des policiers frappent à la porte de son appartement du quartier bourgeois-bohême de Kreuzberg à Berlin, où elle vivait depuis une vingtaine d’années sous un nom d’emprunt, Claudia Ivone, et avec un passeport italien.Une fois les enquêteurs entrés, elle demande à pouvoir aller aux toilettes. C’est probablement à ce moment-là qu’elle enverra un sms avec les mots “ils m’ont eue” pour avertir son compère Burkhard Garweg, qui vit alors dans une roulotte à l’est de Berlin.- Reconnaissance faciale -Ses avocats s’emploient à dédiaboliser leur cliente, qui a longtemps figuré sur la liste des criminels les plus dangereux d’Europol.Des témoins interrogés après son arrestation ont parlé d’une personne sympathique, vivant avec un partenaire du même âge, qui les saluait toujours quand elle promenait son chien. Les fouilles dans son logement ont toutefois mis au jour un arsenal constitué d'”armes de guerre et d’explosifs”, dont une kalachnikov, un pistolet mitrailleur, ainsi que de l’argent liquide et de l’or.La police l’a localisée après une longue enquête et sur la base d’une information d’une personne privée.Mais un journaliste du collectif d’enquête Bellingcat avait indiqué au magazine Der Spiegel avoir retrouvé sa trace “en une demi-heure” quelques mois auparavant pour son podcast.Et ce en insérant simplement une photo d’elle dans le logiciel PimEyes qui permet d’identifier des visages sur internet ?Car la fugitive postait des photos sur un compte Facebook et était active dans un club de capoeira, mélange de sport de combat et de danse afro-brésilienne.

Allemagne: une ex-membre de la RAF dénonce “un procès politique”

Une ancienne membre présumée de la Fraction armée rouge (RAF) a dénoncé le caractère “politique” à ses yeux de son procès entamé mardi sous très haute sécurité policière, qui a replongé le pays dans les “années de plomb”.Daniela Klette, arrêtée il y a un an après plus de trente ans de clandestinité, n’est pas jugée pour des actes imputés à ce groupe violent d’extrême gauche, mais pour une série de braquages à main armée.Vêtue d’un pull noir, ses cheveux blancs ramenés en chignon sur la nuque, elle est apparue détendue, et même souriante dans le box de la salle sécurisée du tribunal de Celle, dans le nord du pays.”Ce procès est mené pour des raisons politiques”, a-t-elle déclaré en fin d’après midi. “Il s’agit de régler des comptes avec l’histoire de la résistance”, a encore lancé cette femme de 66 ans, réaffirmant son rejet du “capitalisme et du patriarcat”.La RAF, fondée par Andreas Baader et Ulrike Meinhof, est jugée responsable d’une trentaine d’assassinats entre 1971 et 1991. Le groupe, qui s’est auto-dissous en 1998, a incarné les “années de plomb” en Allemagne, à coups d’attentats contre les institutions du pays, l’armée américaine ou le patronat.Daniela Klette, qui appartient à la troisième génération de la RAF, est soupçonnée d’avoir participé à des attentats sans faire de victime, mais ce volet présumé de son parocurs est toujours en cours d’instruction.- “Comme une terroriste” -Le procès à Celle porte sur treize vols à main armée de 1999 à 2016 visant des fourgons et supermarchés, dont elle se serait rendue coupable avec deux complices toujours en fuite, Burkhard et Garweg et Ernst-Volker Staub, et sur une tentative de meurtre.Leur butin, qui a servi à financer leur vie de fugitifs, est estimé à quelque 2,7 millions d’euros.Le trio a formé une “bande visant à commettre des vols à main armée de manière continue”, sans se soucier d’éventuelles victimes, a affirmé la représentante du parquet.Ses avocats ont eux réclamé un abandon des poursuites, dénonçant des lacunes dans l’acte d’accusation et le traitement “comme une terroriste” de leur cliente qui s’apparente selon eux à une “condamnation publique à l’avance”.Devant le tribunal gardé par des agents cagoulés et munis de fusils mitrailleurs, une cinquantaine de personnes réclamant la “liberté pour Daniela” ont manifesté au son de musique punk, a constaté un journaliste de l’AFP. Daniela Klette a été arrêtée le 26 février 2024. Ce jour là, des policiers frappent à la porte de son appartement du quartier bourgeois-bohême de Kreuzberg à Berlin, où elle vivait depuis une vingtaine d’années sous un nom d’emprunt, Claudia Ivone, et avec un passeport italien.Une fois les enquêteurs entrés, elle demande à pouvoir aller aux toilettes. C’est probablement à ce moment-là qu’elle enverra un sms avec les mots “ils m’ont eue” pour avertir son compère Burkhard Garweg, qui vit alors dans une roulotte à l’est de Berlin.- Reconnaissance faciale -Ses avocats s’emploient à dédiaboliser leur cliente, qui a longtemps figuré sur la liste des criminels les plus dangereux d’Europol.Des témoins interrogés après son arrestation ont parlé d’une personne sympathique, vivant avec un partenaire du même âge, qui les saluait toujours quand elle promenait son chien. Les fouilles dans son logement ont toutefois mis au jour un arsenal constitué d'”armes de guerre et d’explosifs”, dont une kalachnikov, un pistolet mitrailleur, ainsi que de l’argent liquide et de l’or.La police l’a localisée après une longue enquête et sur la base d’une information d’une personne privée.Mais un journaliste du collectif d’enquête Bellingcat avait indiqué au magazine Der Spiegel avoir retrouvé sa trace “en une demi-heure” quelques mois auparavant pour son podcast.Et ce en insérant simplement une photo d’elle dans le logiciel PimEyes qui permet d’identifier des visages sur internet ?Car la fugitive postait des photos sur un compte Facebook et était active dans un club de capoeira, mélange de sport de combat et de danse afro-brésilienne.

Allemagne: une ex-membre de la RAF dénonce “un procès politique”

Une ancienne membre présumée de la Fraction armée rouge (RAF) a dénoncé le caractère “politique” à ses yeux de son procès entamé mardi sous très haute sécurité policière, qui a replongé le pays dans les “années de plomb”.Daniela Klette, arrêtée il y a un an après plus de trente ans de clandestinité, n’est pas jugée …

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Rebondissement dans l’affaire du petit Émile: ses grands-parents maternels en garde à vue

L’enquête sur la disparition du petit Émile Soleil a connu mardi un rebondissement spectaculaire, plus de 20 mois après sa disparition, avec le placement en garde à vue pour “homicide volontaire” et “recel de cadavre” de ses grands-parents maternels et de deux de leurs enfants.Cette brusque accélération sur une piste familiale marque un tournant dans une enquête qui n’avait enregistré aucune annonce significative depuis la découverte d’ossements du petit garçon de deux ans et demi en mars 2024.”Ce matin, 25 mars 2025, Philippe Vedovini et son épouse, grands-parents d’Émile Soleil, ainsi que deux de leurs enfants majeurs, ont été placés en garde à vue des chefs d’homicide volontaire et recel de cadavre par les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Marseille”, a déclaré le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, dans un communiqué transmis à l’AFP.Une information confirmée par l’avocate des grands-parents, Me Isabelle Colombani, qui n’a souhaité faire “aucun commentaire”.L’identité des deux autres personnes interpellées, oncle ou tante de l’enfant, n’est pour l’heure pas connue.Selon une source proche du dossier, des “auditions de témoins”, en plus des quatre gardes à vue, sont également en cours.”J’ai vu la gendarmerie les prendre ce matin (…) à 7 heures”, a déclaré un voisin des grands-parents d’Émile, qui n’a pas souhaité donner son nom, à La Bouilladisse, commune de 6.000 habitants entre Aix-en-Provence et Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, où le couple réside avec plusieurs de ses enfants. “Pour moi, c’est des voisins sans histoire… Ils sont sous pression depuis deux ans, ça c’est sûr. Ils vivent reclus”, a-t-il ajouté.Une perquisition a eu lieu dans la matinée à leur domicile, un cossu mas provençal, a constaté un journaliste d’AFPTV. Des enquêteurs ont quitté les lieux avec un véhicule SUV, appartenant vraisemblablement aux grands-parents, et une remorque à cheval.- Sang sur une jardinière -Émile a disparu le 8 juillet 2023, alors qu’il venait d’arriver pour les vacances d’été chez ses grands-parents maternels, dans leur résidence secondaire du hameau du Haut-Vernet, perché à 1.200 mètres d’altitude dans les Alpes-de-Haute-Provence.Les parents du garçonnet n’étaient pas sur place au moment de la disparition, mais, outre ses grands-parents maternels, plusieurs autres membres de la famille étaient présents. Malgré plusieurs jours de battues citoyennes et de “ratissages judiciaires”, aucune trace de l’enfant n’avait été retrouvée dans cette zone escarpée et isolée.Pendant neuf mois, l’enquête n’avait rien donné de concret, jusqu’à la découverte, fin mars 2024 par une promeneuse, du crâne et de dents de l’enfant, à environ 1,7 km du hameau, à 25 minutes de marche pour un adulte. Des vêtements et un petit bout d’os avaient également été retrouvés par la suite dans la même zone.Le 13 mars, la présence des enquêteurs dans le hameau du Haut-Vernet avait relancé les spéculations. Les gendarmes avaient alors, selon plusieurs médias, saisi une grande jardinière disposée à l’entrée de l’église Saint Martin, dans laquelle des traces de sang ont été retrouvées, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP.”Ces placements en garde à vue s’inscrivent dans une phase de vérifications et de confrontations des éléments et informations recueillis lors des investigations réalisées ces derniers mois”, a précisé mardi le procureur d’Aix-en-Provence.”Les enquêteurs procèdent par ailleurs à des opérations criminalistiques en divers lieux du territoire”, a-t-il ajouté, précisant qu'”une nouvelle communication interviendra à l’issue des actes en cours”.Le grand-père d’Émile, Philippe Vedovini, est kinésithérapeute-ostéopathe à La Bouilladisse, berceau de cette famille catholique traditionaliste. Avec sa femme, ils ont eu dix enfants, tous scolarisés à la maison, dont la mère d’Émile, Marie, est l’aînée. – “Place à la vérité” -Philippe Vedovini avait été placé il y a plusieurs années sous le statut de témoin assisté dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de violences et d’agressions sexuelles au début des années 90 dans la communauté religieuse de la Sainte-Croix de Riaumont à Liévin (Pas-de-Calais), où il était chef scout. En mars 2024, son avocate, Me Isabelle Colombani avait indiqué à l’AFP qu'”a priori, sur cette affaire, on serait vers la fin de l’instruction” et qu’il n’y avait “eu aucune réquisition du procureur vers une éventuelle mise en examen de (son) client”.Les obsèques publiques d’Émile avaient été célébrées le 8 février dernier dans la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var), selon le rite de Saint Pie V, la messe en latin, en présence de toute la famille et de plusieurs centaines de personnes.Quelques heures seulement après la cérémonie, les grands-parents d’Émile avaient publié un communiqué, clamant que “le temps du silence doit laisser place à la vérité”.alc-jra-san-vk-tll-sm/so/jp

Trump minimise le “pépin” des plans militaires divulgués par erreur

Donald Trump a minimisé mardi la spectaculaire affaires de plans militaires secrets divulgués par erreur à un journaliste, la qualifiant de “pépin” face aux accusations d’incompétence crasse et de mise en péril de la sécurité nationale émanant de l’opposition démocrate.Le président américain, entré en fonction en janvier, a estimé lors d’un appel téléphonique avec la chaîne NBC que l’ajout du journaliste à un groupe de discussion confidentiel était “le seul pépin en deux mois, et au final sans gravité”.Il a ajouté que Mike Waltz, le conseiller à la sécurité nationale dont le compte Signal est à l’origine de la fuite, avait “appris une leçon”.”Aucun +plan de guerre+ n’a été discuté” et “aucune information classifiée n’a été envoyée sur la discussion”, a affirmé sur X la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.Le rédacteur en chef du prestigieux magazine The Atlantic, Jeffrey Goldberg, a publié lundi un long article, dans lequel il détaille les échanges entre hauts officiels américains sur un plan d’attaque militaire contre les Houthis du Yémen, dans un groupe de la messagerie Signal auquel il a été ajouté par erreur, par l’utilisateur du compte de Mike Waltz.Parmi les participants au groupe de discussion: la directrice du renseignement américain, Tulsi Gabbard, et le patron de la CIA, John Ratcliffe, qui doivent être entendus par une commission du Sénat mardi, une audition qui avait été programmée avant les révélations du mensuel.- “Un gars bien” -L’exécutif américain a donc choisi une posture de défiance, alors que l’opposition démocrate réclame une enquête et des sanctions individuelles.Mike Waltz a “appris une leçon et c’est un gars bien”, a déclaré Donald Trump, toujours cité par NBC, en rejetant la responsabilité sur “l’un des employés” de son conseiller.Jeffrey Goldberg raconte les messages reçus, jour par jour, allant de la mise en place du plan aux frappes menées le 15 mars contre les rebelles yéménites, en passant par les réticences du vice-président, JD Vance.Il assure avoir vu un projet d’attaque détaillé, avec des informations sur les cibles et le déroulé de l’opération, qu’il n’a pas reproduit, au nom du souci de la sécurité nationale.Une faille spectaculaire pour la première puissance mondiale, qui a confirmé l’authenticité de la chaîne de messages.Dans le groupe se trouvaient notamment le chef de la diplomatie, Marco Rubio, ou encore le ministre de la Défense, Pete Hegseth.”Vous parlez d’un soi-disant journaliste sournois et très discrédité qui a fait profession de colporter des canulars à maintes reprises”, a déclaré lundi ce dernier à des journalistes.”Personne n’a envoyé de plans de guerre et c’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet”, a ajouté Pete Hegseth.La nomination de ce présentateur de la chaîne Fox News à la tête du Pentagone avait été validée de justesse au Sénat, en raison de son manque d’expérience, et d’une histoire personnelle marquée par une accusation d’agression sexuelle et par des témoignages sur sa consommation d’alcool.- Signal se fait de la pub -“La Maison Banche cherche à comprendre comme le numéro de (Jeffrey) Goldberg a été ajouté par inadvertance au fil de discussion”, a ajouté Karoline Leavitt.Elle a par ailleurs attaqué le journaliste, selon elle “bien connu pour ses penchants sensationnalistes.” The Atlantic est une publication souvent très critique de Donald Trump.Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a fustigé lundi “l’une des plus stupéfiantes (failles de sécurité) depuis très, très longtemps”, tandis que d’autres ténors de l’opposition ont attaqué l’incompétence selon eux des lieutenants de Donald Trump, choisis pour leur loyauté avant tout. Le fondateur de Signal, messagerie prisée des journalistes pour la confidentialité qu’elle promet, ne s’est lui pas privé de vanter son produit sur X, où les blagues foisonnent d’ailleurs autour de cette affaire.”Il y a beaucoup de bonnes raisons d’être sur Signal. L’une d’elles est désormais la possibilité pour le vice-président des Etats-Unis de vous inclure au hasard dans une discussion de groupe sur la coordination d’opérations militaires sensibles”, a blagué Moxie Marlinspike.

Trump minimise le “pépin” des plans militaires divulgués par erreur

Donald Trump a minimisé mardi la spectaculaire affaires de plans militaires secrets divulgués par erreur à un journaliste, la qualifiant de “pépin” face aux accusations d’incompétence crasse et de mise en péril de la sécurité nationale émanant de l’opposition démocrate.Le président américain, entré en fonction en janvier, a estimé lors d’un appel téléphonique avec la chaîne NBC que l’ajout du journaliste à un groupe de discussion confidentiel était “le seul pépin en deux mois, et au final sans gravité”.Il a ajouté que Mike Waltz, le conseiller à la sécurité nationale dont le compte Signal est à l’origine de la fuite, avait “appris une leçon”.”Aucun +plan de guerre+ n’a été discuté” et “aucune information classifiée n’a été envoyée sur la discussion”, a affirmé sur X la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.Le rédacteur en chef du prestigieux magazine The Atlantic, Jeffrey Goldberg, a publié lundi un long article, dans lequel il détaille les échanges entre hauts officiels américains sur un plan d’attaque militaire contre les Houthis du Yémen, dans un groupe de la messagerie Signal auquel il a été ajouté par erreur, par l’utilisateur du compte de Mike Waltz.Parmi les participants au groupe de discussion: la directrice du renseignement américain, Tulsi Gabbard, et le patron de la CIA, John Ratcliffe, qui doivent être entendus par une commission du Sénat mardi, une audition qui avait été programmée avant les révélations du mensuel.- “Un gars bien” -L’exécutif américain a donc choisi une posture de défiance, alors que l’opposition démocrate réclame une enquête et des sanctions individuelles.Mike Waltz a “appris une leçon et c’est un gars bien”, a déclaré Donald Trump, toujours cité par NBC, en rejetant la responsabilité sur “l’un des employés” de son conseiller.Jeffrey Goldberg raconte les messages reçus, jour par jour, allant de la mise en place du plan aux frappes menées le 15 mars contre les rebelles yéménites, en passant par les réticences du vice-président, JD Vance.Il assure avoir vu un projet d’attaque détaillé, avec des informations sur les cibles et le déroulé de l’opération, qu’il n’a pas reproduit, au nom du souci de la sécurité nationale.Une faille spectaculaire pour la première puissance mondiale, qui a confirmé l’authenticité de la chaîne de messages.Dans le groupe se trouvaient notamment le chef de la diplomatie, Marco Rubio, ou encore le ministre de la Défense, Pete Hegseth.”Vous parlez d’un soi-disant journaliste sournois et très discrédité qui a fait profession de colporter des canulars à maintes reprises”, a déclaré lundi ce dernier à des journalistes.”Personne n’a envoyé de plans de guerre et c’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet”, a ajouté Pete Hegseth.La nomination de ce présentateur de la chaîne Fox News à la tête du Pentagone avait été validée de justesse au Sénat, en raison de son manque d’expérience, et d’une histoire personnelle marquée par une accusation d’agression sexuelle et par des témoignages sur sa consommation d’alcool.- Signal se fait de la pub -“La Maison Banche cherche à comprendre comme le numéro de (Jeffrey) Goldberg a été ajouté par inadvertance au fil de discussion”, a ajouté Karoline Leavitt.Elle a par ailleurs attaqué le journaliste, selon elle “bien connu pour ses penchants sensationnalistes.” The Atlantic est une publication souvent très critique de Donald Trump.Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a fustigé lundi “l’une des plus stupéfiantes (failles de sécurité) depuis très, très longtemps”, tandis que d’autres ténors de l’opposition ont attaqué l’incompétence selon eux des lieutenants de Donald Trump, choisis pour leur loyauté avant tout. Le fondateur de Signal, messagerie prisée des journalistes pour la confidentialité qu’elle promet, ne s’est lui pas privé de vanter son produit sur X, où les blagues foisonnent d’ailleurs autour de cette affaire.”Il y a beaucoup de bonnes raisons d’être sur Signal. L’une d’elles est désormais la possibilité pour le vice-président des Etats-Unis de vous inclure au hasard dans une discussion de groupe sur la coordination d’opérations militaires sensibles”, a blagué Moxie Marlinspike.