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Foot: le PSG a perdu son lustre de champion d’Europe, peut-il le regagner ?

Le PSG, qualifié pour les huitièmes de finale de Ligue des champions mercredi après une double confrontation éprouvante contre Monaco (3-2, 2-2), n’est plus le favori à sa propre succession après plusieurs semaines inquiétantes, mais espère retrouver rapidement ses ressources pour redresser la barre.Pressing mollasson, circuits de passe peu inspirés, intermittence dans les duels, difficulté à conclure: la copie rendue contre Monaco mercredi au Parc des Princes est l’une des plus ternes de la saison du PSG, en particulier en première période.Et ce malgré l’enjeu de tenir son rang, de ne pas vivre une infamante élimination contre le 8e de Ligue 1 et de se qualifier pour les huitièmes de finale. Malgré aussi une soirée mouvementée à l’aller (le PSG était mené 2-0 en moins de 20 minutes) qui aurait dû servir de signal d’alarme, après déjà des matches décevants depuis janvier (défaites à Lisbonne et Rennes, nul contre Newcastle).Mais l’entraîneur Luis Enrique et ses hommes n’ont en réalité pas besoin de signal d’alarme: ils savent bien qu’ils ne sont pas sur les standards de la saison passée, conclue par le titre suprême, ni même sur le début de saison assuré par un effectif pourtant surmené.”C’est compliqué cette saison”, a soufflé Luis Enrique. “On a exploité leurs faiblesses par rapport à leurs énormes qualités, on l’a plutôt bien fait”, a aussi dit son homologue sur le banc monégasque, Sébastien Pocognoli.- “Pas d’excuse” -Effectif surmené, car le PSG n’a eu que trois semaines de vacances entre la finale du Mondial des clubs mi-juillet (perdue 3-0 contre Chelsea) et la Supercoupe d’Europe contre Tottenham en août (gagnée aux tirs aux buts). C’est l’explication la plus logique du sévère ralentissement observé depuis le début de 2026.Les blessures contractées par plusieurs joueurs cadres (Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Joao Neves, Marquinhos…) en première partie de saison, qui peuvent être vues comme une conséquence de la fatigue, ont aussi en retour empêché le staff de répartir les temps de jeu et de rôder convenablement la machine avant les échéances du printemps.”C’est une saison particulière. On a eu beaucoup de joueurs blessés, c’est important d’avoir toute l’équipe”, a souligné Luis Enrique. Il ajoutait tout de go: “Dans notre cas ce n’est pas une excuse”.Car lui-même, en parlant des ambitions du PSG, avait placé la barre haut avant même la fin de saison dernière: étendre sur la durée la domination du PSG, établir un règne comme l’AC Milan d’Arrigo Sacchi au tournant des années 90 ou le FC Barcelone de Pep Guardiola au tournant des années 2010.- “Apprendre” -Cette saison 2025-26 ressemble à un contre-coup incontournable de la précédente et il va falloir que le PSG puise dans ses ressources pour en inverser la dynamique. L’entraîneur a parlé de “résilience”, principale qualité de ses troupes cette saison. Les titres en Supercoupe d’Europe, Coupe intercontinentale et Trophée des champions, au bout du suspense, ont en effet montré le caractère de l’équipe.Mais cela suffira-t-il au moment de retrouver soit le FC Barcelone, soit Chelsea ? Le tirage de vendredi donnera un gros morceau quoi qu’il arrive au PSG.”Si une équipe a eu le pire groupe (de phase de ligue) c’est nous, s’il y a une équipe prête pour le prochain tour, c’est nous”, a lancé Luis Enrique.Les motifs d’espoir existent, comme la bonne volonté d’une jeune équipe qui veut apprendre, à écouter Joao Neves: “On va apprendre de nos erreurs. On va réparer ça”.Mais aussi la qualité intrinsèque de l’entraîneur et de l’effectif, et les bonnes relations en interne malgré la remontrance d’Ousmane Dembélé pour certains solistes, après la défaite à Rennes (3-1).Ousmane Dembélé, justement, concentre l’attention. Du complet rétablissement du Ballon d’Or, encore gêné à un mollet ces dernières semaines, dépend en partie le destin européen du PSG, tant le numéro 10 a encore manqué mercredi soir aux avants-postes du pressing et de l’attaque. Nul doute qu’il manquerait aussi énormément s’il devait être absent pour aller chercher la qualification à Stamford Bridge ou au Camp Nou.

L’accueil de malades psychiatriques par l’orchestre de Toulouse fait des émules en France

Pour rompre le cercle vicieux de l’isolement et de l’autostigmatisation, une vingtaine de patients en psychiatrie, atteints de dépression ou de troubles bipolaires, schizophréniques ou de la personnalité, assistent aux répétitions de l’orchestre de Toulouse dans le cadre du projet “Résonance(s)” qui, après trois années, essaime dans toute la France.Le projet est né en 2023 d’un partenariat entre l’orchestre national du Capitole et plusieurs institutions de santé mentale de la région. Son objectif, face à des pathologies susceptibles d’enfermer les malades dans un regard négatif sur eux-mêmes, est de leur permettre d’assister à quatre répétitions par an pour enclencher une dynamique de retour vers l’autre et de favoriser leur rétablissement.Mi-février, environ 25 patients de cliniques et hôpitaux de jour, accompagnés de leurs soignants, s’installent par petits groupes dans la spectaculaire salle de concert toulousaine de la Halle aux grains. Face à eux, les musiciens s’apprêtent à travailler trois mouvements de la Symphonie fantastique d’Hector Berlioz (1803-1869), un monument du romantisme français.Le choix d’assister aux répétitions plutôt qu’aux concerts n’est pas un hasard: voir les musiciens vêtus de T-shirts et sweats à capuche, comme eux, aide les patients à s’identifier.Pendant deux heures, les malades de la vingtaine à la soixantaine écoutent attentivement, prenant parfois des notes. Un jeune homme ferme les yeux quelques instants pour se laisser porter par la musique.- Mélancolie -Après la répétition, le protocole prévoit un temps d’échange avec des membres de l’orchestre.Patients comme soignants montrent beaucoup de curiosité à l’égard des musiciens présents, l’altiste Claire Pélissier et le hautboïste Serge Krichewsky. Puis la discussion s’attarde sur le troisième mouvement de la Symphonie fantastique, qui s’ouvre sur un dialogue plein de mélancolie entre hautbois et cor anglais.”A partir du moment où vous avez joué le troisième mouvement, j’ai beaucoup pleuré”, confie une patiente aux instrumentistes. “Ça m’a permis de lâcher beaucoup d’émotions, j’arrivais très tendue (à la répétition). J’ai été emportée par l’émotion”, poursuit-elle.La psychiatre Nathalie Bounhoure, à l’origine du projet, est spécialiste de “réhabilitation psychosociale”. Elle a voulu inscrire Résonance(s) dans ce champ de la psychiatrie, qui tente d’aider les patients “à se décaler du fardeau du diagnostic” et “se retrouver en tant que personnes”.”Ça m’a vraiment permis de reprendre pied, de m’enraciner, de comprendre que mes émotions viennent, passent… Ce sont des choses qui arrivent tous les jours, tout le temps, mais au moins, avec la musique, on n’est pas seules”, a confié à l’AFP Naémi, une patiente de 25 ans. “On se sent légitimes d’être dans cette fluctuation, car la musique fluctue aussi.”- “Rompre une solitude” -“Les personnes malades sont très isolées dans ce qu’elles éprouvent”, déplore Mme Bounhoure. Or “c’est très important de pouvoir éprouver la même chose que l’autre”. Participer à un projet de groupe dans un domaine, la musique, porteur d’un grand potentiel de “synchronicité émotionnelle”, peut donc “les aider à se reconnecter dans la relation à autrui”, souligne-t-elle.”Je me suis sentie dans une unité entre le chef d’orchestre, l’orchestre et moi. Je ressentais les tensions, les moments d’admiration; quand le chef d’orchestre veut entraîner l’orchestre, plus loin, plus fort”, a confié à l’AFP Danielle, une patiente de 65 ans atteinte d’hypersensibilité. “Ça rompt une solitude, ça permet de se réaffirmer, d’avancer.””C’est comme si ça venait parler à mon inconscient. (…) On se rend compte à quel point la musique est un levier puissant au niveau émotionnel”, a analysé Laëtitia, une autre patiente de 44 ans, sujette à des problématiques de dépression et d’addiction. “C’est bien beau de prendre des antidépresseurs et de parler à un psychiatre”, mais “heureusement que le suivi ne se limite pas à des médicaments”, s’est-elle réjouie.Le succès des trois premières sessions a conduit plusieurs orchestres – de la Philharmonie de Paris, de Limoges et de Rouen – à rallier le projet en janvier 2026, et d’autres ensembles musicaux à Caen, Metz et Bordeaux, ainsi que celui de Radio France, doivent se lancer en septembre, détaille Nathalie Bounhoure.

Merz appelle Allemagne et Chine à surmonter “ensemble” les défis commerciaux

Le chancelier Friedrich Merz a achevé jeudi une visite de deux jours en Chine, premier partenaire commercial de l’Allemagne, en vantant la “bonne relation” bilatérale, tout en soulignant son désir de relever avec Pékin les “défis” posés par la concurrence chinoise.Ce déplacement de M. Merz dans le pays asiatique, le premier depuis son arrivée au pouvoir en 2025, illustre la volonté commune de Berlin et Pékin de faire front face aux droits de douane et revirements diplomatiques du président américain, Donald Trump.Mais M. Merz doit trouver le bon équilibre, car la Chine, débouché historique majeur pour le “Made in Germany”, est également pour le monde industriel allemand de plus en plus une rivale, de l’automobile aux nouvelles technologies.Le chancelier était accompagné durant sa visite par plusieurs dizaines de chefs d’entreprises. Parmi eux figuraient des hauts responsables des constructeurs Volkswagen ou BMW, très implantés dans le pays asiatique mais confrontés au défi de l’électrification et qui affrontent une féroce concurrence chinoise sur ce créneau.Après avoir visité jeudi matin la Cité interdite, ancienne résidence des empereurs à Pékin, M. Merz a assisté à la présentation de véhicules autonomes du constructeur allemand Mercedes.Il s’est ensuite envolé pour Hangzhou (est), à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Shanghai. Cette métropole de 12 millions d’habitants est le siège de nombreux fleurons technologiques chinois, comme la startup DeepSeek, célèbre pour son robot conversationnel, ou le mastodonte Alibaba (commerce en ligne), tous deux en pointe dans l’intelligence artificielle (IA).”Nous avons une bonne coopération avec la Chine. Mais il y a aussi quelques défis que nous devons relever ensemble”, a déclaré M. Merz à la presse.”Il y a surtout des dossiers liés à la concurrence. La Chine dispose de capacités de production élevées, qui dans une certaine mesure commencent à poser problème aussi pour l’Europe”, a-t-il souligné.- Pas de nouveaux Airbus -Comme ses partenaires de l’Union européenne (UE), l’Allemagne s’alarme de l’arrivée sur le marché du Vieux Continent d’un nombre croissant de produits chinois meilleur marché, notamment des véhicules électriques, et des excédents de production.Le déficit commercial de l’Allemagne avec la Chine a atteint l’an dernier un niveau record de 89 milliards d’euros.Reçu mercredi par le président Xi Jinping, le chancelier avait vanté devant lui le potentiel d’une meilleure coopération bilatérale, mais aussi plaidé pour une relation économique plus “juste”.Il avait annoncé dans la foulée une commande chinoise allant “jusqu’à 120” appareils Airbus. Une source française proche du dossier, confirmant une information du journal “Le Monde”, a indiqué jeudi à l’AFP qu’il s’agissait de “la finalisation d’un protocole d’accord signé” par l’avionneur européen durant la visite en Chine en décembre du président français, Emmanuel Macron.Xi Jinping et Friedrich Merz ont dit mercredi leur engagement commun à développer des liens plus étroits, le président chinois déclarant à son hôte qu’il souhaitait parvenir “sans cesse à de nouvelles avancées” dans les relations bilatérales.- “Eux aussi” -Le chef du gouvernement allemand a également évoqué avec M. Xi la guerre en Ukraine.Friedrich Merz a indiqué avoir exhorté Pékin à user de son influence sur Moscou, notamment en bloquant les exportations vers la Russie de biens pouvant potentiellement être utilisés à des fins militaires. “J’espère avoir, au cours de mes entretiens, suscité un peu de compréhension quant au fait que les dirigeants de ce pays (la Chine) devraient, eux aussi, contribuer à mettre fin à la guerre en Ukraine”, a déclaré M. Merz à des journalistes jeudi avant son départ pour Berlin.Si la Chine appelle régulièrement à des pourparlers de paix et au respect de l’intégrité territoriale de tous les pays, sous-entendu Ukraine comprise, elle n’a jamais condamné la Russie pour son offensive et se présente comme neutre.Friedrich Merz est le dernier en date d’une série de dirigeants occidentaux à s’être rendus à Pékin ces derniers mois, après Emmanuel Macron et les Premiers ministres britannique, Keir Starmer, et canadien, Mark Carney.

Crash électrique pour Stellantis, qui annonce la deuxième plus lourde perte pour un groupe français

Pénalisé par ses déboires dans les voitures électriques, le constructeur automobile Stellantis a publié jeudi une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025, la deuxième plus importante jamais enregistrée par un groupe français.Cette énorme perte du groupe italo-franco-américain aux 14 marques (Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot, Ram, Vauxhall…) s’explique par des charges de 25,4 milliards d’euros, qui traduisent un plan de réduction de sa production dans l’électrique, où les ventes sont très inférieures à ses attentes initiales, et de relance de modèles à essence et diesel.Une décision prise à la suite des difficultés des modèles électriques aux Etats-Unis, marché clé pour Stellantis, où ce segment recule faute de soutien de l’administration Trump.En annonçant le 6 février cette provision colossale, le nouveau directeur général Antonio Filosa, arrivé aux commandes en juin pour remplacer Carlos Tavares, avait expliqué vouloir “réinitialiser” la stratégie du groupe qui a “surestimé” le rythme de la mutation électrique, surtout aux Etats-Unis.Les provisions financeront notamment l’arrêt de certains modèles électriques et de projets d’usines de batteries. La perte comptable de Stellantis est la deuxième plus importante jamais annoncée par un groupe français, derrière le record de Vivendi (-23,3 milliards d’euros en 2002) mais devant France Télécom (-20,7 milliards en 2002) et EDF (-17,9 milliards en 2022). C’est aussi presque le triple du précédent record pour un groupe automobile français, celui de Renault en 2020 (-8 milliards).Comme Stellantis, Ford et General Motors ont eux aussi passé de très lourdes charges pour prendre en compte dans leur bilan la lenteur des ventes de voitures électriques aux Etats-Unis.  En 2025, le chiffre d’affaires du groupe italo-franco-américain a baissé de 2%, à 153,5 milliards, malgré une hausse de 1% des ventes en volume, à 5,5 millions de véhicules.Les recettes ont pâti d’une politique de baisse des prix, un tournant après la stratégie de prix élevés de Carlos Tavares.Au second semestre 2025, Stellantis a en revanche vu son chiffre d’affaires progresser de 10%, avec 2,8 millions de véhicules vendus, grâce à un rebond de 39% aux Etats-Unis.Pour 2026, il a confirmé ses perspectives d’une amélioration de son chiffre d’affaires et d’un retour à une marge légèrement positive. – Retour du thermique -Les ventes devraient être portées cette année par la montée en puissance de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux Etats-Unis, avec un niveau de prix stable, en hausse sur le marché américain mais en baisse en Europe. Pour le groupe, “il n’y a pas de conflit entre diesel et innovation, il faut fournir ce que les clients demandent”.En revanche, les droits de douanes mis en place aux Etats-Unis ont impacté les comptes de 1,2 milliard d’euros en 2025 et devraient de nouveau les amputer de 1,6 milliard en 2026. Estimation que Stellantis a confirmée jeudi malgré la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’invalider les taxes douanières du président Donald Trump.Ces derniers jours, Stellantis a confirmé son revirement dans l’électrique en annonçant la vente de ses 49% dans NextStar Energy, qui développe la première “gigafactory” de batteries pour voitures électriques du Canada, et une prochaine sortie de sa coentreprise avec Samsung, qui construit deux giga-usines de batteries aux Etats-Unis. L’annonce des charges début février avait fait chuter de 24% le cours de l’action Stellantis, mais celle-ci n’a quasiment pas bougé jeudi matin, signe que les marchés avaient anticipé ces résultats.Même s’ils jugeaient nécessaire un tournant stratégique au vu des difficultés du groupe, les analystes restent mitigés sur son choix de fortement ralentir dans l’électrique.La vente des voitures tout-électriques se développe inégalement dans le monde, d’où un impact contrasté selon les constructeurs. Elle est rapide en Chine, où les voitures 100% électriques représentent environ la moitié des ventes, lente aux Etats-Unis (environ 8% des ventes) et intermédiaire en Europe (20% environ), encore loin des 90% que vise l’UE pour 2035. Un niveau insuffisant pour Stellantis qui, en 2022, annonçait vouloir vendre 100% de véhicules électriques en Europe et 50% aux Etats-Unis en 2030. 

Cuba dénonce une tentative d'”infiltration” d’un groupe armé venant des Etats-Unis

Cuba a dénoncé une tentative d'”infiltration à des fins terroristes” après avoir abattu mercredi au large de l’île quatre occupants d’une vedette immatriculée en Floride, dans un contexte de tensions croissantes avec les Etats-Unis.Quatre personnes ont été tuées et six autres blessées après avoir été interceptées dans les eaux cubaines à bord d’une vedette immatriculée aux Etats-Unis, a déclaré le ministère cubain de l’Intérieur.De son côté, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a indiqué que les Etats-Unis enquêtaient sur cette fusillade.Ce violent affrontement survient alors que les tensions entre Washington et La Havane se sont  intensifiées ces dernières semaines, l’embargo pétrolier de facto imposé par le président Donald Trump à ce pays communiste aggravant une crise humanitaire qui dure depuis des années.Selon le gouvernement cubain, les hommes à bord de la vedette étaient en possession notamment de fusils d’assaut, d’armes de poing, d’engins explosifs de fabrication artisanale (cocktails Molotov), de gilets pare-balles et de vêtements de camouflage.Les membres du groupe armé sont “des Cubains résidant aux Etats-Unis” et “la plupart d’entre eux ont des antécédents connus d’activité délictueuse et violente”, a précisé le ministère de l’Intérieur, qui a publié les noms des six occupants de la vedette blessés, ainsi que celui d’un tué.”Cuba doit changer radicalement, car c’est sa seule chance d’améliorer la qualité de vie de sa population”, avait affirmé juste avant l’incident le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.- “Réagir en conséquence” -Auparavant, le ministère américain des Finances avait fait savoir que du pétrole d’origine vénézuélienne pourrait être revendu et acheminé au secteur privé à Cuba, à condition que les transactions ne profitent pas au régime de La Havane mais “au peuple” de l’île.Après avoir capturé le président vénézuélien, Nicolas Maduro, lors d’un raid militaire surprise le 3 janvier, l’administration Trump a pris le contrôle des exportations de pétrole du Venezuela et a interdit les livraisons de pétrole dont dépendait Cuba.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, qui se trouvait mercredi à Saint-Kitts-et-Nevis dans le cadre d’une visite diplomatique pour rencontrer des responsables de pays des Caraïbes, a déclaré que Washington enquêtait sur la fusillade.”Au fur et à mesure que nous recueillerons davantage d’informations, nous serons prêts à réagir en conséquence”, a-t-il dit.Interrogé sur la possibilité que cet épisode ait impliqué du personnel du gouvernement américain ou soit une opération du gouvernement américain, M. Rubio a catégoriquement répondu: “Non”.Marco Rubio, fils d’immigrants cubains né à Miami, a affirmé récemment que l’administration Trump espère voir son emprise économique contribuer à renverser ce qu’il a appelé le “régime illégitime” de La Havane.Selon le gouvernement cubain, deux des blessés “figurent sur la liste nationale des personnes et entités qui (…) ont fait l’objet d’enquêtes pénales et sont recherchées par les autorités cubaines”.Les autorités cubaines indiquent également qu’un Cubain “envoyé depuis les Etats-Unis pour assurer la réception du groupe armé infiltré a été arrêté sur le territoire national” et “a avoué ses actes”.La vedette rapide a été interceptée au large de la côte nord de Cuba, près du Cayo Falcones, dans la province de Villa Clara (centre).Selon les autorités cubaines, des “coups de feu” ont été tirés depuis l’embarcation contre les effectifs cubains qui s’approchaient pour procéder à son identification, blessant le commandant du navire. Avant l’annonce de La Havane sur la présence à bord d’un groupe armé, le procureur général de Floride, James Uthmeier, avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire. “Le gouvernement cubain n’est pas digne de confiance et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces communistes répondent de leurs actes”, a-t-il écrit sur X.”J’appelle à une enquête immédiate sur ce massacre”, a affirmé le député républicain de Floride, Carlos Gimenez, dans un communiqué. “Le régime cubain doit être relégué dans les poubelles de l’histoire pour ses innombrables crimes contre l’humanité”, a-t-il ajouté.Le vice-président américain, JD Vance, a déclaré pour sa part que les Etats-Unis “surveillaient” la situation.Les Etats-Unis ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime sur l’île de 9,6 millions d’habitants et ils appliquent une politique de pression maximum sur La Havane, invoquant la “menace exceptionnelle” que ferait peser sur la sécurité nationale américaine ce pays situé à seulement 150 km des côtes de la Floride.Washington maintient un embargo sur la plupart des échanges commerciaux avec Cuba depuis 1960.burs-aje/bpi/bfi

Ukrainiens et Américains se réunissent à Genève, après de nouvelles frappes russes

Les émissaires ukrainiens et américains se retrouvent jeudi à Genève pour préparer de nouvelles discussions trilatérales avec la Russie afin de mettre fin à la guerre en Ukraine, entrée mardi dans sa cinquième année.Le rendez-vous en Suisse a été précédé par une nouvelle nuit d’attaques russes en Ukraine.Moscou a tiré quelque 420 drones et 39 missiles sur son voisin pendant la nuit, faisant des dizaines de blessés, dont des enfants, a annoncé sur X le président ukrainien Volodymyr Zelensky.La plupart des missiles ont été interceptés, mais des infrastructures cruciales et des immeubles résidentiels ont été touchés dans huit régions, a-t-il précisé.A Kiev, les journalistes de l’AFP ont entendu des explosions en plein nuit, pendant l’attaque aérienne russe aux drones et aux missiles.Ces nouvelles frappes ont eu lieu alors que le négociateur ukrainien Roustem Oumerov doit rencontrer à Genève les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump.Peu avant ces discussions en Suisse, la Russie a par ailleurs annoncé avoir remis un millier de dépouilles de soldats ukrainiens à Kiev, contre les corps de 35 combattants russes.Mercredi soir, Volodymyr Zelensky et Donald Trump se sont entretenus 30 minutes au téléphone pour évoquer la rencontre de Genève et les préparatifs de nouvelles discussions trilatérales entre Ukrainiens, Russes et Américains, prévues “au tout début du mois de mars”, selon le président ukrainien.L’émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, doit se rendre lui aussi jeudi à Genève “afin de poursuivre les négociations avec les Américains sur le volet économique”, selon une source citée mercredi par l’agence d’Etat russe Tass.M. Dmitriev a déjà rencontré les deux envoyés américains à plusieurs reprises.Le président Zelensky a affirmé début février que Moscou – par la voix de Dmitriev – aurait proposé à Washington une reprise de la coopération économique et des accords de coopération pour des centaines de milliards de dollars. – Pression américaine sur Kiev -Washington fait pression pour mettre fin à la guerre déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.Ce pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale a fait depuis des centaines de milliers de morts et de blessés, des millions d’Ukrainiens réfugiés à l’étranger et des destructions massives notamment dans l’est et le sud de l’Ukraine.Mais selon Kiev et ses soutiens européens, l’administration de Donald Trump réclame plus de concessions de la part de l’Ukraine que de Moscou en vue de mettre fin aux hostilités. “On ne peut pas exercer — je l’ai dit — plus de pression sur nous que sur les Russes, car ce sont eux les agresseurs”, a ainsi déclaré le président Zelensky dans un entretien accordé à l’AFP vendredi.M. Zelensky a par ailleurs précisé mercredi que les discussions avec les Américains à Genève allaient également porter sur le plan économique de “redressement” de l’Ukraine et la préparation d’un nouvel échange de prisonniers de guerre entre Kiev et Moscou.Le président ukrainien souhaite aussi une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine et Donald Trump pour résoudre les points clés des pourparlers, ce à quoi le dirigeant russe s’est jusqu’à présent refusé.Les négociations bloquent notamment sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l’est de l’Ukraine: Moscou réclame que les forces ukrainiennes abandonnent les zones qu’elles y contrôlent, ce que Kiev refuse.Genève avait accueilli à la mi-février un précédent cycle de pourparlers entre Ukrainiens et Russes sous médiation américaine, qui n’a débouché sur aucun résultat tangible autre qu’un nouvel échange de prisonniers.Ces échanges sont une des rares avancées concrètes issues des contacts entre les deux belligérants.Marquant mardi les quatre ans du début de l’invasion russe de l’Ukraine, M. Zelensky s’est félicité que Vladimir Poutine n’ait “pas atteint ses objectifs” de guerre ni “brisé les Ukrainiens” malgré les combats à haute intensité et les bombardements quotidiens du pays par Moscou.

A Genève, début de nouveaux pourparlers entre Iran et Etats-Unis

L’Iran et les Etats-Unis ont démarré jeudi une troisième session de pourparlers indirects en Suisse, avec pour objectif de sortir du flou actuel “ni guerre ni paix”, selon les mots du président iranien.Depuis janvier, chaque partie se dit ouverte au dialogue mais aussi prête à l’action militaire, laissant le champ ouvert à tous les scénarios.Les deux délégations sont arrivées jeudi peu avant 10H00 (09H00 GMT) à la résidence de l’ambassadeur d’Oman, pays médiateur, près de Genève, ont constaté des journalistes de l’AFP.Washington veut arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique, une crainte des Occidentaux qui nourrit de longue date le différend avec Téhéran.Donald Trump, qui a envoyé dans le Golfe un dispositif militaire massif, répète qu’il privilégie la diplomatie, mais a accusé mardi Téhéran d’avoir de “sinistres ambitions nucléaires”.”Notre guide suprême (l’ayatollah Ali Khamenei, NDLR) a déjà déclaré que nous n’aurions pas du tout d’armes nucléaires”, a réaffirmé jeudi le président Massoud Pezeshkian, en écho mot pour mot aux accusations du président américain.Il avait dit la veille vouloir sortir de “cette situation +ni guerre ni paix”+.Autre sujet de discorde: le programme balistique iranien.Alors que Washington exige d’aborder cette question, comme celle du soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël, la diplomatie iranienne a affirmé que seul le dossier nucléaire serait débattu, amenuisant la perspective d’un accord.D’après le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, il s’agit d'”un gros problème”. “Nous devrons discuter d’autres sujets que le seul programme nucléaire”, a-t-il averti avant l’ouverture des pourparlers en Suisse.- “Contradictoires” -L’Iran a “développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases” militaires et cherche à en concevoir des plus puissants encore, capables “d’atteindre bientôt les Etats-Unis”, a assuré mardi le président Trump, dans son discours sur l’état de l’Union.C’est dans ce discours, temps fort de la vie politique américaine, que le président George W. Bush avait en son temps exposé ses arguments en faveur de l’invasion de l’Irak de 2003.Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km, a qualifié de “gros mensonges” ces affirmations.L’Iran dispose d’un large arsenal d’engins conçus localement, notamment des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré, et quelques pays d’Europe orientale.Malgré les divergences, l’Iran assure qu’un accord est “à portée de main”, selon le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, qui mène la délégation aux négociations, invoquant une “opportunité historique”.Mais “le succès de ces négociations dépend du sérieux de l’autre partie et de sa capacité à éviter les comportements et les positions contradictoires”, a-t-il insisté jeudi.- Précédentes négociations -Les Etats-Unis sont représentés par l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, qui en parallèle doivent mener des pourparlers avec l’Ukraine, également à Genève jeudi.L’Iran et les Etats-Unis ont repris le dialogue début février à Oman, puis se sont retrouvés une première fois en Suisse le 17.Un précédent cycle de négociations avait été interrompu au printemps 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l’Iran.Washington avait à cette occasion frappé des sites nucléaires en Iran et Donald Trump avait assuré avoir “anéanti” son programme nucléaire, même si l’étendue exacte des dégâts n’est pas connue.Téhéran met en avant son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.D’après la diplomatie iranienne, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, devrait participer aux discussions à Genève.Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang en janvier d’un vaste mouvement de contestation en Iran. Donald Trump avait alors promis de venir “en aide” au peuple iranien.

Kiev et d’autres villes ukrainiennes visées par des attaques russes dans la nuit

Plusieurs villes ukrainiennes dont Kiev, la capitale, ont été la cible d’attaques russes tôt jeudi, à quelques heures de nouvelles discussions américano-ukrainiennes en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre.Plusieurs explosions ont été entendues au cours de la nuit dans le centre de Kiev par une journaliste de l’AFP. D’après le chef de …

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Des fichiers sur Trump retirés du dossier Epstein, la Justice lance un réexamen

Le ministère américain de la Justice s’est engagé mercredi à réexaminer des documents du dossier Epstein, après que des médias ont accusé le gouvernement d’en avoir caché plusieurs mentionnant Donald Trump, notamment des accusations d’agression sexuelle sur mineure.La radio publique NPR avait rapporté mardi que le ministère (DoJ), dirigé par une fidèle du président républicain, …

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Hillary avant Bill Clinton devant une commission parlementaire pour s’expliquer sur les liens avec Epstein

L’ancienne cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton témoigne jeudi à huis clos devant une commission parlementaire sur les liens passés entre son mari, l’ex-président Bill Clinton, et le criminel sexuel Jeffrey Epstein.Cette commission de la Chambre des représentants dominée par les républicains a déjà entendu le 9 février la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, en visioconférence de la prison où elle purge une peine de 20 ans d’emprisonnement pour exploitation sexuelle.L’audition avait rapidement tourné court, Ghislaine Maxwell ayant sans surprise invoqué son droit constitutionnel à garder le silence.Mais elle “est prête à parler complètement et honnêtement si elle obtient une grâce du président Donald Trump”, avait déclaré son avocat David Markus, selon une vidéo de son audition parlementaire.Mme Maxwell serait prête notamment à témoigner du fait que “le président Trump et le président Clinton sont innocents de tout méfait”, a assuré son avocat.Donald Trump et Bill Clinton, tous deux âgés de 79 ans, ont chacun entretenu des liens avec Jeffrey Epstein mais assurent avoir rompu avec lui bien avant sa mort en prison à New York en 2019 et n’avoir pas eu connaissance de ses crimes sexuels.- “Rien à cacher” -La déposition de l’ancienne Première dame des Etats-Unis se tiendra à Chappaqua, dans l’Etat de New York (nord-est), où réside le couple. Celle de Bill Clinton est prévue le lendemain au même endroit.”Nous n’avons rien à cacher”, a déclaré Hillary Clinton, 78 ans, à la BBC en février, rappelant que le couple avait demandé à maintes reprises la publication de l’intégralité du dossier Epstein.Le ministère américain de la Justice a publié le 30 janvier “plus de trois millions de pages” en partie caviardées du dossier Epstein, affirmant que l’administration Trump s’était ainsi acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la lumière sur ce dossier politiquement explosif.Ces documents ne contiennent pas d’élément pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires, avait prévenu d’emblée le numéro 2 du ministère, Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.Le témoignage des époux Clinton clôt des mois de bataille avec le chef républicain de cette commission, James Comer.Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter, dénonçant une tentative des républicains de détourner l’attention de la proximité passée entre Jeffrey Epstein et Donald Trump.Menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement annoncé fin janvier accepter d’être entendu. Tous deux ont exigé en vain des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains.Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé de Jeffrey Epstein et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 ne pas lui avoir parlé depuis plus d’une décennie. Quant à Donald Trump, lui aussi apparu à maintes reprises avec Jeffrey Epstein, malgré ses assurances selon lesquelles il n’aurait “jamais pris l’avion d’Epstein”, son nom apparaît huit fois sur la liste des passagers de l’appareil entre 1993 et 1996, selon un courriel d’un enquêteur datant de 2020.Bien que la simple mention du nom d’une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités redoutent les répercussions des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.