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Poutine évoque l’idée d’une “administration transitoire” sous l’égide de l’ONU pour l’Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a évoqué vendredi l’idée d’une “administration transitoire” pour l’Ukraine, sous l’égide de l’ONU, afin d’organiser une élection présidentielle “démocratique” dans ce pays avant toute négociation sur un accord de paix.Cette déclaration intervient alors que les alliés européens de l’Ukraine réunis la veille à Paris ont discuté des “garanties” de sécurité pour Kiev, le Royaume-Uni et la France avançant le projet de déploiement futur d’une “force de réassurance” dans le pays qui fait face à un assaut russe depuis plus de trois ans.Une mission franco-britannique doit ainsi se rendre “dans les prochains jours en Ukraine”, selon le président français Emmanuel Macron, pour préparer notamment “ce que sera le format de l’armée ukrainienne”, qui reste, selon lui, “la principale garantie de sécurité” du pays.”On pourrait bien sûr discuter avec les Etats-Unis, même avec les pays européens, et bien évidemment avec nos partenaires et amis, sous l’égide de l’ONU, une possibilité de mettre en place en Ukraine une administration transitoire”, a déclaré Vladimir Poutine lors d’une rencontre avec des marins russes, tard dans la nuit, à Mourmansk (nord-ouest).”Pour quoi faire? Pour organiser une élection présidentielle démocratique qui se solderait par l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement compétent et qui aurait la confiance du peuple, puis commencer avec ces autorités des négociations sur un accord de paix et signer des documents légitimes”, a-t-il expliqué.La Russie a affirmé à plusieurs reprises ne pas considérer Volodymyr Zelensky, dont le mandat a officiellement expiré en mai 2024, comme président légitime d’Ukraine.”Dans le cadre des activités de maintien de la paix de l’ONU, on a déjà recouru plusieurs fois ce qu’on appelle une administration transitoire”, a rappelé le maître du Kremlin, en citant notamment le cas de Timor oriental en 1999.- “initiative stratégique” -Le maître du Kremlin a par ailleurs assuré que les forces russes avaient “l’initiative stratégique” sur toute la ligne de front en Ukraine, en estimant que “le peuple ukrainien lui-même devrait comprendre ce qui passe”.”Sur toute la ligne de front, nos forces ont l’initiative stratégique (…). Il y a des raisons qui portent à croire que nous allons les achever”, a affirmé M. Poutine, dont l’armée annonce quasi-quotidiennement la prise de nouvelles localités en Ukraine.”Nous nous dirigeons progressivement, peut-être pas aussi rapidement quelqu’un aimerait, mais avec insistance et certitude, pour atteindre tous les objectifs annoncés” au début de l’offensive en Ukraine, a-t-il ajouté.La Russie, qui a lancé en 2022 ses troupes à l’assaut de son voisin ukrainien, a affirmé vouloir la “démilitarisation” et la “dénazification” de l’Ukraine, en réclamant que celle-ci renonce à ses aspirations à rejoindre l’Otan, considérées comme menace par Moscou. Une condition rejetée comme inacceptable par Kiev.Alors que le président américain Donald Trump prône la fin du conflit en Ukraine le plus vite possible depuis son arrivée au pouvoir en janvier, la Russie est accusée par Kiev de jouer la montre en refusant un cessez-le-feu afin de pousser son avantage militaire sur le terrain.- renforcer les sanctions -Washington, qui veut obtenir à tout prix un cessez-le-feu en Ukraine, a effectué un rapprochement spectaculaire avec Moscou ces dernières semaines.Sous pression américaine, Kiev avait accepté le 11 mars une cessation de 30 jours des combats. Mardi, à l’issue de pourparlers en Arabie saoudite par l’intermédiaire de Washington, un accord a été annoncé pour déboucher, sous conditions, sur une trêve en mer Noire et un moratoire sur les frappes contre les sites énergétiques.Mais Moscou a réclamé la levée des restrictions sur les exportations agricoles russes, une idée soutenue par la Maison Blanche.Au cours du sommet d’une trentaine de pays européens, ces alliés de Kiev se sont pour leur part prononcés à l’unanimité contre toute levée des sanctions imposées à la Russie.”Il y a un consensus sur le fait que ce n’est pas le moment de lever les sanctions”, a martelé le Premier ministre britannique Keir Starmer. “Au contraire, nous avons discuté de la façon de les renforcer”, a-t-il ajouté. Ce serait “une grave erreur” de les supprimer, a renchéri le chancelier allemand Olaf Scholz.

Poutine évoque l’idée d’une “administration transitoire” sous l’égide de l’ONU pour l’Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a évoqué vendredi l’idée d’une “administration transitoire” pour l’Ukraine, sous l’égide de l’ONU, afin d’organiser une élection présidentielle “démocratique” dans ce pays avant toute négociation sur un accord de paix.Cette déclaration intervient alors que les alliés européens de l’Ukraine réunis la veille à Paris ont discuté des “garanties” de sécurité pour Kiev, le Royaume-Uni et la France avançant le projet de déploiement futur d’une “force de réassurance” dans le pays qui fait face à un assaut russe depuis plus de trois ans.Une mission franco-britannique doit ainsi se rendre “dans les prochains jours en Ukraine”, selon le président français Emmanuel Macron, pour préparer notamment “ce que sera le format de l’armée ukrainienne”, qui reste, selon lui, “la principale garantie de sécurité” du pays.”On pourrait bien sûr discuter avec les Etats-Unis, même avec les pays européens, et bien évidemment avec nos partenaires et amis, sous l’égide de l’ONU, une possibilité de mettre en place en Ukraine une administration transitoire”, a déclaré Vladimir Poutine lors d’une rencontre avec des marins russes, tard dans la nuit, à Mourmansk (nord-ouest).”Pour quoi faire? Pour organiser une élection présidentielle démocratique qui se solderait par l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement compétent et qui aurait la confiance du peuple, puis commencer avec ces autorités des négociations sur un accord de paix et signer des documents légitimes”, a-t-il expliqué.La Russie a affirmé à plusieurs reprises ne pas considérer Volodymyr Zelensky, dont le mandat a officiellement expiré en mai 2024, comme président légitime d’Ukraine.”Dans le cadre des activités de maintien de la paix de l’ONU, on a déjà recouru plusieurs fois ce qu’on appelle une administration transitoire”, a rappelé le maître du Kremlin, en citant notamment le cas de Timor oriental en 1999.- “initiative stratégique” -Le maître du Kremlin a par ailleurs assuré que les forces russes avaient “l’initiative stratégique” sur toute la ligne de front en Ukraine, en estimant que “le peuple ukrainien lui-même devrait comprendre ce qui passe”.”Sur toute la ligne de front, nos forces ont l’initiative stratégique (…). Il y a des raisons qui portent à croire que nous allons les achever”, a affirmé M. Poutine, dont l’armée annonce quasi-quotidiennement la prise de nouvelles localités en Ukraine.”Nous nous dirigeons progressivement, peut-être pas aussi rapidement quelqu’un aimerait, mais avec insistance et certitude, pour atteindre tous les objectifs annoncés” au début de l’offensive en Ukraine, a-t-il ajouté.La Russie, qui a lancé en 2022 ses troupes à l’assaut de son voisin ukrainien, a affirmé vouloir la “démilitarisation” et la “dénazification” de l’Ukraine, en réclamant que celle-ci renonce à ses aspirations à rejoindre l’Otan, considérées comme menace par Moscou. Une condition rejetée comme inacceptable par Kiev.Alors que le président américain Donald Trump prône la fin du conflit en Ukraine le plus vite possible depuis son arrivée au pouvoir en janvier, la Russie est accusée par Kiev de jouer la montre en refusant un cessez-le-feu afin de pousser son avantage militaire sur le terrain.- renforcer les sanctions -Washington, qui veut obtenir à tout prix un cessez-le-feu en Ukraine, a effectué un rapprochement spectaculaire avec Moscou ces dernières semaines.Sous pression américaine, Kiev avait accepté le 11 mars une cessation de 30 jours des combats. Mardi, à l’issue de pourparlers en Arabie saoudite par l’intermédiaire de Washington, un accord a été annoncé pour déboucher, sous conditions, sur une trêve en mer Noire et un moratoire sur les frappes contre les sites énergétiques.Mais Moscou a réclamé la levée des restrictions sur les exportations agricoles russes, une idée soutenue par la Maison Blanche.Au cours du sommet d’une trentaine de pays européens, ces alliés de Kiev se sont pour leur part prononcés à l’unanimité contre toute levée des sanctions imposées à la Russie.”Il y a un consensus sur le fait que ce n’est pas le moment de lever les sanctions”, a martelé le Premier ministre britannique Keir Starmer. “Au contraire, nous avons discuté de la façon de les renforcer”, a-t-il ajouté. Ce serait “une grave erreur” de les supprimer, a renchéri le chancelier allemand Olaf Scholz.

Turquie: le pouvoir tente d’éteindre la contestation

Les autorités turques tentent d’éteindre la contestation qui secoue une partie du pays depuis le 19 mars et l’arrestation du maire d’Istanbul, en s’en prenant aux médias d’opposition et en traquant les petits groupes de manifestants qui surmontent leur peur, le visage masqué.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a fait part jeudi des “inquiétudes” de Washington face à l’instabilité dans ce pays. “Nous observons. Nous avons exprimé nos inquiétudes. Nous n’apprécions pas de voir une telle instabilité dans la gouvernance d’un pays qui est un si proche allié”, a-t-il déclaré à la presse dans un vol le ramenant du Suriname à Miami, en Floride.Le gouvernement a annoncé près de 2.000 arrestations en neuf jours lors de manifestations interdites par les autorités pour dénoncer l’arrestation du maire d’opposition, Ekrem Imamoglu, qui dirigeait la plus grande et plus riche ville du pays.Elles visent aussi les voix critiques des médias d’opposition: le Haut conseil turc de l’audiovisuel (RTÜK) a imposé dix jours d’interruption de programmes à Sözcü TV pour “incitation à la haine et à l’hostilité” et a annoncé en avoir sanctionné trois autres.Les autorités ont également expulsé jeudi un journaliste de la BBC, Mark Lowen, venu couvrir les manifestations dans le pays, l’accusant de représenter “une menace pour l’ordre public”.”Ce n’est pas juste ce que fait l’Etat. Nous sommes ici pour défendre nos droits”, a confié jeudi soir “Raftel”, caricaturiste de 21 ans à l’AFP. “Mais c’est un peu effrayant ce soir, il y a trop de policiers. La dernière fois, ils ont emmené environ 300 personnes. J’ai peur moi aussi, pour être honnête”.Comme la veille, les policiers qui les filment en leur barrant la route leur ordonnent de “retirer leurs masques (s’ils) veulent passer”.La BBC a dénoncé “un incident extrêmement préoccupant” et le Royaume-Uni qui avait gardé le silence jusqu’ici a dit attendre de la Turquie le “respect (…) de l’Etat de droit, y compris des processus judiciaires rapides et transparents”, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.Dix journalistes turcs arrêtés en début de semaine, accusés d’avoir participé à des rassemblements interdits, ont été remis en liberté à Istanbul et Izmir dont le photographe de l’Agence France-Presse Yasin Akgül, en fin de journée.Mais les poursuites à son égard n’ont pas été levées, a indiqué son avocat.- 1.879 arrestations -Le mouvement de contestation entamé le 19 mars, le plus important depuis le mouvement de Gezi parti de la place Taksim d’Istanbul en 2013, est porté en grande partie par la jeunesse, qui continue de se mobiliser.Dans la capitale Ankara, des étudiants en médecine et certains de leurs professeurs ont de nouveau manifesté jeudi. À Istanbul, où la contestation est la plus vive, plusieurs centaines de jeunes, généralement masqués, se sont rassemblés dans un arrondissement dont le maire CHP a également été arrêté, ont constaté des journalistes de l’AFP. “Il y a de nombreuses raisons de descendre dans la rue, mais nous sommes ici pour défendre notre juste cause et la police nous en empêche”, martèle Asena Orman, 28 ans. “Nous sommes ici, les jeunes, contre tout ce que le gouvernement a fait depuis 23 ans”, date de l’arrivée au pouvoir du parti AKP puis du président Recep Tayyip Erdogan, a-t-elle ajouté.Le CHP a cessé de convier chaque soir des dizaines de milliers de personnes devant l’hôtel de ville d’Istanbul. Il tiendra un rassemblement samedi à la mi-journée, dans un autre endroit de la mégapole de 16 millions d’habitants.Mais la jeunesse essaie de maintenir la contestation vivace avant le grand weekend de l’Aïd qui marque la fin du ramadan, déambulant par petits groupes, applaudis par les riverains et leurs concerts de casseroles.Le chef de l’Etat a répété qu’il ne céderait pas à la “terreur de la rue”. Selon les autorités, 1.879 personnes ont été arrêtées, dont 260 ont été ou sont en voie d’être incarcérées et 950 remises en liberté – la moitié d’entre elles sous contrôle judiciaire.”Je n’ai jamais vu en cinquante ans des +mesures de sécurité+ comme celles en vigueur cette semaine”, a écrit jeudi le romancier turc et Prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk, dans un long article publié par le site turc T24.- “Mentalité de censeur” -“Le caractère systématique des poursuites contre les figures de l’opposition, de la société civile, les atteintes à la liberté de s’informer, de rassembler, l’arrestation et la mise en détention du maire d’Istanbul constituent de manière très claire des atteintes et des agressions qu’on ne peut que regretter”, a déploré jeudi le président français Emmanuel Macron.L’ONG Reporters sans Frontières (RSF) classe la Turquie à la 158ème place sur 180 de son classement de la liberté de la presse.Lors d’une rencontre avec la presse à Istanbul, le ministre turc de la Justice, Yilmaz Tunç, a affirmé que la justice turque est “indépendante et impartiale”, et la Turquie un “Etat de droit”.L’arrestation de M. Imamoglu n’a rien de “politique”, a-t-il assuré, dénonçant des “accusations injustes, illégales et injustifiées” contre le président Erdogan.

Turquie: le pouvoir tente d’éteindre la contestation

Les autorités turques tentent d’éteindre la contestation qui secoue une partie du pays depuis le 19 mars et l’arrestation du maire d’Istanbul, en s’en prenant aux médias d’opposition et en traquant les petits groupes de manifestants qui surmontent leur peur, le visage masqué.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a fait part jeudi des “inquiétudes” de Washington face à l’instabilité dans ce pays. “Nous observons. Nous avons exprimé nos inquiétudes. Nous n’apprécions pas de voir une telle instabilité dans la gouvernance d’un pays qui est un si proche allié”, a-t-il déclaré à la presse dans un vol le ramenant du Suriname à Miami, en Floride.Le gouvernement a annoncé près de 2.000 arrestations en neuf jours lors de manifestations interdites par les autorités pour dénoncer l’arrestation du maire d’opposition, Ekrem Imamoglu, qui dirigeait la plus grande et plus riche ville du pays.Elles visent aussi les voix critiques des médias d’opposition: le Haut conseil turc de l’audiovisuel (RTÜK) a imposé dix jours d’interruption de programmes à Sözcü TV pour “incitation à la haine et à l’hostilité” et a annoncé en avoir sanctionné trois autres.Les autorités ont également expulsé jeudi un journaliste de la BBC, Mark Lowen, venu couvrir les manifestations dans le pays, l’accusant de représenter “une menace pour l’ordre public”.”Ce n’est pas juste ce que fait l’Etat. Nous sommes ici pour défendre nos droits”, a confié jeudi soir “Raftel”, caricaturiste de 21 ans à l’AFP. “Mais c’est un peu effrayant ce soir, il y a trop de policiers. La dernière fois, ils ont emmené environ 300 personnes. J’ai peur moi aussi, pour être honnête”.Comme la veille, les policiers qui les filment en leur barrant la route leur ordonnent de “retirer leurs masques (s’ils) veulent passer”.La BBC a dénoncé “un incident extrêmement préoccupant” et le Royaume-Uni qui avait gardé le silence jusqu’ici a dit attendre de la Turquie le “respect (…) de l’Etat de droit, y compris des processus judiciaires rapides et transparents”, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.Dix journalistes turcs arrêtés en début de semaine, accusés d’avoir participé à des rassemblements interdits, ont été remis en liberté à Istanbul et Izmir dont le photographe de l’Agence France-Presse Yasin Akgül, en fin de journée.Mais les poursuites à son égard n’ont pas été levées, a indiqué son avocat.- 1.879 arrestations -Le mouvement de contestation entamé le 19 mars, le plus important depuis le mouvement de Gezi parti de la place Taksim d’Istanbul en 2013, est porté en grande partie par la jeunesse, qui continue de se mobiliser.Dans la capitale Ankara, des étudiants en médecine et certains de leurs professeurs ont de nouveau manifesté jeudi. À Istanbul, où la contestation est la plus vive, plusieurs centaines de jeunes, généralement masqués, se sont rassemblés dans un arrondissement dont le maire CHP a également été arrêté, ont constaté des journalistes de l’AFP. “Il y a de nombreuses raisons de descendre dans la rue, mais nous sommes ici pour défendre notre juste cause et la police nous en empêche”, martèle Asena Orman, 28 ans. “Nous sommes ici, les jeunes, contre tout ce que le gouvernement a fait depuis 23 ans”, date de l’arrivée au pouvoir du parti AKP puis du président Recep Tayyip Erdogan, a-t-elle ajouté.Le CHP a cessé de convier chaque soir des dizaines de milliers de personnes devant l’hôtel de ville d’Istanbul. Il tiendra un rassemblement samedi à la mi-journée, dans un autre endroit de la mégapole de 16 millions d’habitants.Mais la jeunesse essaie de maintenir la contestation vivace avant le grand weekend de l’Aïd qui marque la fin du ramadan, déambulant par petits groupes, applaudis par les riverains et leurs concerts de casseroles.Le chef de l’Etat a répété qu’il ne céderait pas à la “terreur de la rue”. Selon les autorités, 1.879 personnes ont été arrêtées, dont 260 ont été ou sont en voie d’être incarcérées et 950 remises en liberté – la moitié d’entre elles sous contrôle judiciaire.”Je n’ai jamais vu en cinquante ans des +mesures de sécurité+ comme celles en vigueur cette semaine”, a écrit jeudi le romancier turc et Prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk, dans un long article publié par le site turc T24.- “Mentalité de censeur” -“Le caractère systématique des poursuites contre les figures de l’opposition, de la société civile, les atteintes à la liberté de s’informer, de rassembler, l’arrestation et la mise en détention du maire d’Istanbul constituent de manière très claire des atteintes et des agressions qu’on ne peut que regretter”, a déploré jeudi le président français Emmanuel Macron.L’ONG Reporters sans Frontières (RSF) classe la Turquie à la 158ème place sur 180 de son classement de la liberté de la presse.Lors d’une rencontre avec la presse à Istanbul, le ministre turc de la Justice, Yilmaz Tunç, a affirmé que la justice turque est “indépendante et impartiale”, et la Turquie un “Etat de droit”.L’arrestation de M. Imamoglu n’a rien de “politique”, a-t-il assuré, dénonçant des “accusations injustes, illégales et injustifiées” contre le président Erdogan.

Chili: des pêcheurs tentent de bloquer le principal port du pays

Des pêcheurs artisanaux ont tenté jeudi de perturber les opérations portuaires au Chili, au troisième jour d’une manifestation pour réclamer l’augmentation de leurs quotas de pêche, ont indiqué les autorités.Les manifestations, qui ont fait depuis mardi une vingtaine de blessés, pour la plupart des policiers, et autant d’arrestations, se sont poursuivies jeudi dans le port de San Antonio, où transite la plus grande partie du fret du pays.Des manifestations ont également eu lieu dans les ports de Valparaiso et de Quinteros, aussi situés sur la côte centrale du Chili, à environ 120 km de Santiago.Les pêcheurs artisanaux réclament l’approbation “immédiate” par le Parlement d’un projet de loi visant à augmenter leur quota de pêche et à réduire celui des pêcheurs industriels. La loi, présentée en septembre 2024 par le gouvernement du président Gabriel Boric, a été approuvée par la Chambre des députés et est en cours d’examen par la commission des finances du Sénat.”Les manifestants ont tenté d’empêcher le passage de navires (…) dans le but de bloquer les opérations portuaires”, a déclaré la marine chilienne dans un communiqué.La marine a utilisé l’un de ses navires pour asperger d’eau une embarcation avec trois pêcheurs portant le drapeau chilien, a constaté l’AFP sur place.En outre, des troupes ont été mobilisées sur des bateaux rapides pour repousser les manifestants. Quatre personnes ont été arrêtées, a indiqué la marine dans un communiqué.Aucune autorité n’a signalé de suspension des activités portuaires.Le président de la fédération de la région de Valparaiso, Miguel Angel Hernandez, a déclaré à l’AFP qu’un de ses collègues avait été blessé par des projectiles tirés par la marine.Il a également affirmé qu’une centaine d’embarcations avaient tenté de bloquer “le passage des navires industriels” à San Antonio. Mercredi, des affrontements avec la police dans plusieurs régions du pays ont fait quinze blessés parmi les policiers et un parmi les manifestants. Un véhicule des forces de l’ordre a été incendié dans la région de Maule (sud), lors de manifestations particulièrement violentes. 

Rubio avertit Caracas que toute attaque du Guyana se “terminerait mal”

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en visite jeudi au Guyana pour l’assurer de sa protection, a averti le Venezuela voisin que toute attaque de ce petit pays pétrolier se “terminerait mal”, provoquant la colère du président vénézuélien Nicolas Maduro qui l’a aussitôt traité “d’imbécile”.”S’ils (les Vénézuéliens) devaient attaquer le Guyana ou attaquer (le groupe pétrolier américain) ExxonMobil (…) ce serait une très mauvaise journée – une très mauvaise semaine – pour eux. Cela se terminerait mal”, a déclaré le responsable américain lors d’une conférence de presse à Georgetown, soulignant la force et la présence de la marine américaine.”Il y aura des conséquences à l’aventurisme. Il y aura des conséquences à des actions agressives,” a-t-il insisté.Une décennie après la découverte de vastes réserves, le petit pays anglophone d’Amérique du Sud est sur le point de devenir cette année le plus grand producteur de pétrole par habitant, dépassant le Qatar et le Koweït. Mais le Guyana s’inquiète des revendications de Caracas, adversaire déclaré de Washington, sur l’Essequibo. Caracas estime que ce territoire riche en pétrole de quelque 160.000 km2, qui couvre les deux tiers de la superficie du Guyana, lui appartient. Des prétentions “illégitimes d’un régime de narcotrafic”, a estimé M Rubio.Le président Maduro a répondu en soirée à la télévision publique, traitant M. Rubio “d’imbécile”.”L’imbécile Marco Rubio menace le Venezuela depuis le Guyana! Imbécile, personne ne menace le Venezuela!”, a-t-il lancé, ajoutant que “Marco Rubio (…) fait partie de l’élite corrompue de Miami, très corrompue qui déteste le Venezuela”.L’armée vénézuélienne “ne tolérera pas les menaces d’un fonctionnaire ou d’un gouvernement étranger (…) nous répondrons avec fermeté et détermination à toute provocation ou action”, avait quant à lui écrit le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez. A Georgetown, M. Rubio a notamment signé un mémorandum d’entente décrivant la coopération en matière de sécurité entre les Etats-Unis et le Guyana. L’administration Trump a déclaré qu’elle envisageait de mettre en place avec ce pays une relation analogue à celles avec les nations du Golfe persique riches en pétrole, qui accueillent des troupes américaines.Le président du Guyana, Irfaan Ali, s’est félicité de la protection américaine. “Je suis très heureux que les Etats-Unis” aient promis de garantir “notre intégrité (territoriale) et notre souveraineté”, a-t-il déclaré.- Tensions croissantes – D’obédience socialiste, le président vénézuélien Nicolas Maduro, honni par le Cubano-Américain Marco Rubio, a relancé les revendications territoriales vénézuéliennes, organisant notamment un référendum sur l’Essequibo en 2023. Caracas a approuvé l’année dernière un projet de loi pour déclarer l’Essequibo 24e État du Venezuela et assure vouloir y faire élire un gouverneur lors des élections régionales en mai. En mars, le Guyana a dénoncé “l’incursion” d’un navire militaire vénézuélien dans ses eaux. Caracas estime que l’accord de Genève signé en 1966 – avant l’indépendance du Guyana – jette les bases d’un règlement négocié hors de la Cour internationale de justice (CIJ) et soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777.Le Guyana assure de son côté que la frontière, datant de l’époque coloniale anglaise, a été entérinée en 1899 par une cour d’arbitrage à Paris. Et demande à la CIJ de le ratifier.ExxonMobil prévoit une production brute de 1,3 million de barils par jour au Guyana d’ici la fin de la décennie mais la majorité des 800.000 habitants du Guyana continue toutefois de vivre dans la pauvreté. M. Rubio a quitté Georgetown pour effectuer une halte chez le voisin du Guyana, le Suriname, petit pays néerlandophone, dont la production pétrolière est aussi en augmentation.Lors de sa tournée caribéenne (Jamaïque, Guyana, Suriname), M. Rubio, qui a critiqué à plusieurs reprises l’influence de la Chine dans la région, a évoqué l’épineux dossier des taxes sur les bateaux fabriqués en Chine proposées par Trump. Si le secrétaire d’Etat a souligné qu’il était “dangereux d’avoir un pays dans le monde construisant tous les navires”, il a, dans un changement de ton par rapport à la position habituellement inflexible de Donald Trump, reconnu les préoccupations des pays des Caraïbes qui craignent que ces taxes renchérissent leur approvisionnement et génèrent une inflation importante.