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Perpétuité pour l’auteur du féminicide de Chahinez, brûlée vive à Mérignac

Mounir Boutaa a été condamné vendredi à la réclusion criminelle à perpétuité pour “l’assassinat” il y a quatre ans de son épouse Chahinez Daoud, brûlée vive à Mérignac, une affaire retentissante dans laquelle des policiers avaient été sanctionnés.Le 4 mai 2021, ce maçon franco-algérien avait tiré au fusil dans les jambes de la victime, avant de l’asperger d’essence et de mettre le feu, dans un “acharnement meurtrier destiné à exterminer” qui a marqué “profondément toute notre société”, a déclaré l’avocate générale Cécile Kauffman devant la cour d’assises de la Gironde, qui a suivi ses réquisitions.La peine de l’accusé de 48 ans, a été assortie d’une période de sûreté de 22 ans. A l’issue de celle-ci, un tribunal d’application des peines statuera sur sa période de rétention.”C’est une sanction extrêmement lourde dans la mesure où ça signifie qu’il n’a quasiment aucun espoir de sortir un jour de détention”, a déclaré l’une de ses avocates, Me Anaïs Divot, en refusant de se prononcer sur un éventuel appel et en s’interrogeant sur le “sens de cette peine pour une personne qui souffre de troubles psychiatriques en réalité”.”Paranoïaque” aux “traits narcissiques”, Mounir Boutaa a basculé progressivement “dans une pathologie psychotique”, faisant de sa conjointe “la cause de tous ses maux”, selon les experts psychiatriques qui ont conclu durant l’instruction à l’altération de son discernement, ce qui aurait pu limiter la peine à 30 ans de réclusion.- “Dangerosité” –  La cour a écarté cette diminution de peine, comme l’avait requis l’avocate générale en raison de “la dangerosité de cette homme”, de son “incapacité à se réinsérer”.”La peine tient compte de la gravité des faits et de la personnalité de l’accusé”, a estimé l’avocat de la famille de la victime Me Julien Plouton, qui l’avait dépeint en “figure emblématique” des auteurs de féminicides, au “cheminement typique”, passant “d’un amour surdimensionné” à la “dévalorisation” de celle qui devint “le diable en personne”.Caché depuis l’aube dans un fourgon inconnu de la victime et aménagé pour observer sans être vu, Mounir Boutaa avait épié toute la journée les allées et venues de la jeune femme de 31 ans, avec laquelle il s’était marié en 2015, avant de passer à l’acte.Il a maintenu à la barre qu’il voulait “lui faire la peur de sa vie” mais sans la tuer, convaincu qu’elle lui était infidèle – ce qu’aucun élément de l’enquête n’a confirmé.La mort de Chahinez, “c’était pas moi, c’était mon corps, pas mon esprit”, a-t-il répété. “Bien sûr que je regrette”, “je l’aimais”, a-t-il fini par lâcher jeudi, sans s’excuser. “Tuer parce qu’on aime à la folie est une aberration”, a cinglé l’avocate générale. “Chahinez était bien vivante quand cet homme a allumé le feu”, “son corps a brûlé à 85%”.La victime, mère de trois enfants dont deux issus d’une première union, “vivait dans la peur” et se savait condamnée, ont témoigné des amies.Son téléphone était vérifié, son compte Facebook contrôlé et ses papiers administratifs déchirés par son mari pour l’empêcher de travailler. “Il voulait tout maîtriser: la façon de s’habiller, la façon de cuisiner”, a dénoncé une sœur de Chahinez Daoud.Mais elle “n’a pas voulu être prisonnière, être un jouet, c’est pour ça qu’elle a été tuée”, a dit son père, qui a souri à l’annonce du verdict pendant que sa femme sanglotait brièvement.- “Emblématique” -L’ancienne épouse de Mounir Boutaa a aussi raconté à la cour avoir subi “gifles, coups de pieds, insultes”, et une emprise similaire.La défense a évoqué un homme “en souffrance permanente”, “envahi par ses croyances” qui n’a pas pu préméditer son acte exhortant les jurés à ne pas juger “une affaire symbole” mais à “comprendre” celui qui “n’est pas le monstre décrit dans la presse”.Avant que la cour se retire pour délibérer pendant près de cinq heures, l’accusé a demandé pardon “au monde entier”. Il n’a pas réagi à l’annonce du verdict.Un mois et demi avant sa mort, Chahinez Daoud avait déposé une nouvelle plainte contre celui qu’elle cherchait à quitter.Mais celle-ci fut mal enregistrée par un policier qui venait lui-même d’être condamné pour violences conjugales, parmi une série de “défaillances” pointées ultérieurement par une enquête administrative sur l’affaire, pour lesquelles la famille de la victime a engagé une procédure contre l’État. Cinq fonctionnaires ont été sanctionnés et ce dossier a conduit le ministère de l’Intérieur à préconiser une révocation automatique des policiers et gendarmes condamnés définitivement pour certains faits, dont les violences intrafamiliales. tsq-kal/gf/cbn

Trump demande à la Cour suprême son feu vert pour reprendre l’expulsion d’immigrés en vertu d’une loi d’exception

L’administration Trump a demandé vendredi à la Cour suprême des Etats-Unis d’autoriser l’expulsion d’immigrés en vertu d’une loi d’exception utilisée jusqu’alors uniquement en temps de guerre, un projet contrarié par plusieurs revers judiciaires.Un juge fédéral, James Boasberg, avait suspendu le 15 mars pour deux semaines toute expulsion fondée exclusivement sur la loi de 1798 sur “les ennemis étrangers” alors qu’environ 200 personnes présentées comme des membres du gang vénézuélien Tren de Aragua étaient en cours de renvoi par avion, sans autre forme de procès, vers le Salvador.La décision du juge a été confirmée mercredi par une cour d’appel fédérale.”Ce dossier soulève des questions fondamentales sur qui décide de la manière dont sont conduites des opérations sensibles liées à la sécurité nationale, le président ou le pouvoir judiciaire”, fait valoir l’administration du président Donald Trump dans son argumentaire à la Cour suprême.”La Constitution fournit une réponse claire : le président. La République ne peut pas se permettre un choix différent”, ajoute-t-elle, demandant “a minima” à la Cour à majorité conservatrice de bloquer la décision du juge de première instance le temps d’examiner le fond de l’affaire.A la demande des plaignants, défendus notamment par l’influente organisation de défense des droits civiques ACLU, le juge a reconduit vendredi de deux semaines, jusqu’au 12 avril, sa suspension des expulsions sur ce seul motif.”Les nazis ont été mieux traités quant à l’application de la loi sur les ennemis étrangers” dans les années 1940, avait relevé lundi à l’audience en appel l’une des juges, Patricia Millett, soulignant qu’à l’époque “il y avait des instances d’appel avant qu’une personne puisse être expulsée”.La loi de 1798 avait jusqu’alors été utilisée uniquement en temps de guerre, notamment à l’encontre des ressortissants japonais et allemands en territoire américain pendant la Seconde Guerre mondiale.Elle a été invoquée dans une déclaration présidentielle publiée le 15 mars pour justifier l’expulsion le jour même vers le Salvador de personnes présentées comme des membres de Tren de Aragua, décrété “organisation terroriste” par Washington en février.- “Prison de sinistre réputation” -“Tant que les décisions (de première instance, NDLR) restent en vigueur, les Etats-Unis ne peuvent pas s’appuyer sur la déclaration présidentielle pour chasser de dangereux membres d’une organisation terroriste étrangère, même s’ils reçoivent des informations selon lesquelles certains membres de Tren de Aragua sont sur le point de commettre des actions de déstabilisation ou d’infiltration”, insiste l’administration Trump.Le président de la Cour suprême, John Roberts, a donné à la partie adverse jusqu’au 1er avril pour répondre à l’administration Trump.”Nous exhorterons la Cour suprême à préserver le statu quo pour donner aux tribunaux le temps d’examiner le dossier, afin que davantage de personnes ne soient pas expédiées vers une prison étrangère de sinistre réputation sans aucun recours, sur la base d’un usage inédit et illégal d’une législation de temps de guerre”, a affirmé dans un communiqué Lee Gelernt, de l’ACLU.La ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, en visite cette semaine au Salvador, s’est rendue dans la mégaprison où sont incarcérés les Vénézuéliens expulsés le 15 mars.”Le président Trump et moi-même avons un message clair pour les immigrés illégaux criminels : PARTEZ MAINTENANT. Si vous ne partez pas, nous vous traquerons, nous vous arrêterons et vous pourriez échouer dans cette prison salvadorienne”, a-t-elle écrit dans une publication sur ses réseaux sociaux accompagnée de photos de l’établissement pénitentiaire.La Maison Blanche a voué aux gémonies le juge, Donald Trump allant la semaine dernière jusqu’à appeler à sa révocation, s’attirant un rare rappel à l’ordre du président de la Cour suprême.L’administration Trump reproche notamment à ce magistrat d’avoir ordonné, en vain, que les avions ayant déjà décollé rebroussent chemin.Le juge a notamment considéré qu’avant leur éventuelle expulsion, les plaignants devaient pouvoir contester individuellement devant la justice américaine leur appartenance au gang visé par la déclaration présidentielle.

Manifestations en Iran et au Moyen-Orient pour soutenir les Palestiniens

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi dans les rues de Téhéran mais aussi à Bagdad et dans d’autres capitales du Moyen-Orient, des rassemblements annuels organisés à la fin du ramadan en solidarité avec les Palestiniens et contre Israël.Pour la deuxième année consécutive, ces manifestations marquant la journée d’Al-Qods (Jérusalem), lancée en 1979 sous l’impulsion de la République islamique d’Iran, sont éclipsées par la montée des tensions au Moyen-Orient.Vendredi, pour la première fois après quatre mois de trêve, l’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement du Hezbollah. Israël avait déjà repris à la mi-mars ses frappes sur la bande de Gaza.Vendredi à Téhéran, des manifestants ont brandi des drapeaux iraniens et palestiniens, ainsi que ceux du mouvement islamiste libanais Hezbollah, soutenu par l’Iran.De nombreux participants exhibaient des pancartes où il était écrit “Mort à l’Amérique”, “Mort à Israël”, et scandaient des slogans anti-américains et anti-israéliens, a constaté un journaliste de l’AFP.Des rassemblements similaires ont eu lieu dans tout le pays, selon des images diffusées par la télévision d’Etat.Dans un message vidéo diffusé jeudi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a fustigé les “ruses” et “fausses déclarations des ennemis” de la République islamique.Les commémorations de la Journée de Qods ont été lancées en 1979 par le fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeini. Les marches appellent à la restitution de Jérusalem aux Palestiniens et se tiennent traditionnellement le dernier vendredi du ramadan, le mois du jeûne des musulmans.Les autorités ont appelé les Iraniens à participer massivement aux manifestations contre Israël, ennemi juré de l’Iran.”La résistance se poursuivra jusqu’à la libération d’Al-Qods et la destruction du régime sioniste”, a déclaré jeudi l’état-major des forces armées.”La seule solution à la question palestinienne (…) passe par la poursuite de la résistance et la solidarité mondiale pour lutter contre le régime sioniste”, a-t-il ajouté.- “Droit à la terre” -Des manifestations similaires se sont tenues en Irak, au Pakistan, en Indonésie et même en Afrique du Sud.Au Liban, un discours télévisé du chef du Hezbollah, Naïm Qassem, n’a pas eu lieu. L’allocution, qui devait être retransmise devant ses partisans dans une salle de la banlieue sud de Beyrouth, à une centaine de mètres du site d’un bombardement israélien, a dû être annulée.Dans la capitale irakienne, plusieurs centaines de partisans des groupes armés pro-Iran ont défilé en brandissant des drapeaux aux couleurs de ces factions, ainsi que des drapeaux palestiniens et libanais.”Non, non à l’Amérique”, ont scandé les participants, foulant du pied un drapeau israélien sur la chaussée, selon des images de l’AFPTV.Sur l’estrade installée pour l’occasion, un décor représentait l’emblématique mosquée du dôme du rocher, aux côtés des portraits de plusieurs figures de la “Résistance” assassinées par Israël, notamment l’ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et Ismaïl Haniyeh, ex-chef du Hamas.”La Résistance islamique irakienne dit à la Palestine et à son peuple que son droit à la terre et son droit à la résistance est un droit naturel”, a lancé devant la foule un responsable d’un des groupes armés, Qadhim al-Fartoussi.- “Bataille contre l’occupation” -Au Yémen, où les rebelles houthis soutenus par l’Iran apportent un soutien infaillible à la cause palestinienne, des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées dans la capitale Sanaa, à Hodeida, Marib et dans d’autres régions du pays pour commémorer la journée d’Al-Qods.Sur une place de Sanaa, les manifestants ont brandi des armes automatiques, drapeaux palestiniens et yéménites, ainsi que les drapeaux jaunes du Hezbollah. Ils ont dénoncé les frappes israéliennes sur Gaza et les frappes américaines au Yémen.Le Hamas a salué cette mobilisation dans des capitales du monde arabe et musulman.”Jérusalem restera au coeur de notre bataille contre l’occupation”, a affirmé le mouvement islamiste palestinien dans un communiqué, se félicitant du “mouvement populaire mondial soutenant le peuple palestinien et sa juste cause, et rejetant l’agression sioniste brutale contre Gaza.”

Manifestations en Iran et au Moyen-Orient pour soutenir les Palestiniens

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi dans les rues de Téhéran mais aussi à Bagdad et dans d’autres capitales du Moyen-Orient, des rassemblements annuels organisés à la fin du ramadan en solidarité avec les Palestiniens et contre Israël.Pour la deuxième année consécutive, ces manifestations marquant la journée d’Al-Qods (Jérusalem), lancée en 1979 sous l’impulsion de la République islamique d’Iran, sont éclipsées par la montée des tensions au Moyen-Orient.Vendredi, pour la première fois après quatre mois de trêve, l’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement du Hezbollah. Israël avait déjà repris à la mi-mars ses frappes sur la bande de Gaza.Vendredi à Téhéran, des manifestants ont brandi des drapeaux iraniens et palestiniens, ainsi que ceux du mouvement islamiste libanais Hezbollah, soutenu par l’Iran.De nombreux participants exhibaient des pancartes où il était écrit “Mort à l’Amérique”, “Mort à Israël”, et scandaient des slogans anti-américains et anti-israéliens, a constaté un journaliste de l’AFP.Des rassemblements similaires ont eu lieu dans tout le pays, selon des images diffusées par la télévision d’Etat.Dans un message vidéo diffusé jeudi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a fustigé les “ruses” et “fausses déclarations des ennemis” de la République islamique.Les commémorations de la Journée de Qods ont été lancées en 1979 par le fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeini. Les marches appellent à la restitution de Jérusalem aux Palestiniens et se tiennent traditionnellement le dernier vendredi du ramadan, le mois du jeûne des musulmans.Les autorités ont appelé les Iraniens à participer massivement aux manifestations contre Israël, ennemi juré de l’Iran.”La résistance se poursuivra jusqu’à la libération d’Al-Qods et la destruction du régime sioniste”, a déclaré jeudi l’état-major des forces armées.”La seule solution à la question palestinienne (…) passe par la poursuite de la résistance et la solidarité mondiale pour lutter contre le régime sioniste”, a-t-il ajouté.- “Droit à la terre” -Des manifestations similaires se sont tenues en Irak, au Pakistan, en Indonésie et même en Afrique du Sud.Au Liban, un discours télévisé du chef du Hezbollah, Naïm Qassem, n’a pas eu lieu. L’allocution, qui devait être retransmise devant ses partisans dans une salle de la banlieue sud de Beyrouth, à une centaine de mètres du site d’un bombardement israélien, a dû être annulée.Dans la capitale irakienne, plusieurs centaines de partisans des groupes armés pro-Iran ont défilé en brandissant des drapeaux aux couleurs de ces factions, ainsi que des drapeaux palestiniens et libanais.”Non, non à l’Amérique”, ont scandé les participants, foulant du pied un drapeau israélien sur la chaussée, selon des images de l’AFPTV.Sur l’estrade installée pour l’occasion, un décor représentait l’emblématique mosquée du dôme du rocher, aux côtés des portraits de plusieurs figures de la “Résistance” assassinées par Israël, notamment l’ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et Ismaïl Haniyeh, ex-chef du Hamas.”La Résistance islamique irakienne dit à la Palestine et à son peuple que son droit à la terre et son droit à la résistance est un droit naturel”, a lancé devant la foule un responsable d’un des groupes armés, Qadhim al-Fartoussi.- “Bataille contre l’occupation” -Au Yémen, où les rebelles houthis soutenus par l’Iran apportent un soutien infaillible à la cause palestinienne, des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées dans la capitale Sanaa, à Hodeida, Marib et dans d’autres régions du pays pour commémorer la journée d’Al-Qods.Sur une place de Sanaa, les manifestants ont brandi des armes automatiques, drapeaux palestiniens et yéménites, ainsi que les drapeaux jaunes du Hezbollah. Ils ont dénoncé les frappes israéliennes sur Gaza et les frappes américaines au Yémen.Le Hamas a salué cette mobilisation dans des capitales du monde arabe et musulman.”Jérusalem restera au coeur de notre bataille contre l’occupation”, a affirmé le mouvement islamiste palestinien dans un communiqué, se félicitant du “mouvement populaire mondial soutenant le peuple palestinien et sa juste cause, et rejetant l’agression sioniste brutale contre Gaza.”

Crise au Soudan du Sud: le vice-président assigné à résidence, l’ONU appelle les dirigeants à “déposer les armes”

Le vice-président sud-soudanais Riek Machar a été assigné à résidence parce qu’il préparait une rébellion, a affirmé vendredi le pouvoir sud-soudanais, alors que le secrétaire général de l’ONU a appelé les dirigeants du Soudan du Sud à “déposer les armes” de crainte que le pays ne replonge dans la guerre.Un convoi de véhicules lourdement armés conduit par le ministre de la Défense et le chef de la sécurité nationale avait pénétré mercredi soir “de force dans la résidence du vice-président” à Juba et arrêté celui-ci, selon le parti de M. Machar.Riek Machar a “agité” ses “bases” pour qu’elles se rebellent contre le gouvernement et que le pays “retourne en guerre”, a expliqué vendredi le porte-parole et ministre de l’Information Michael Makuei Lueth, avant de confirmer son assignation à résidence. “Il fera l’objet d’une enquête et sera traduit en justice”, a-t-il encore affirmé. Le parti de M. Machar, dans un communiqué, a qualifié la privation de liberté de son chef de “violation flagrante” de l’accord de paix de 2018 et de “tentative (…) de consolider le pouvoir par des moyens inconstitutionnels”.A terme, le président Salva Kiir et ses soutiens veulent “dissoudre le gouvernement” et “suspendre la Constitution”, “ouvrant la voie à un régime autocratique total”, a-t-il encore accusé.Le gouvernement, qui était resté silencieux depuis l’arrestation qui inquiète le pays et la communauté internationale, a encore appelé dans un communiqué “le peuple du Soudan du Sud à rester calme”, alors que Juba paraissait tranquille vendredi.L’arrestation de Riek Machar par des forces loyales au président Kiir, après des semaines sous haute tension, font craindre un retour à la guerre civile dans le pays, encore fragilisé par un sanglant conflit entre des forces soutenant les deux hommes entre 2013 et 2018.- “Tromperie” -Au terme de cette guerre, qui avait fait quelque 400.000 morts et quatre millions de déplacés, les deux factions étaient parvenues en 2018 à un fragile accord de partage du pouvoir.Jeudi, le parti de Riek Machar a dénoncé “une tromperie, une rupture de promesse” par le camp de Salva Kiir, et déclaré qu’il considérait comme abrogé l’accord de paix de 2018.”Plus que jamais, les dirigeants du Soudan du Sud doivent entendre un message clair, unifié et retentissant: déposez les armes, placez la population du Soudan du Sud au-dessus de tout”, a lancé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres vendredi, regrettant que le peuple sud-soudanais n’ait pas le “leadership qu’il “mérite”.L’Union européenne a appelé Salva Kiir à “revenir” sur l’arrestation.Arrivé vendredi à Juba pour “désamorcer” la situation, l’ex-Premier ministre kényan Raila Odinga, 80 ans, a annoncé sur X avoir rencontré Salva Kiir à la demande de l’Igad, un bloc d’États d’Afrique de l’Est. Rare lueur d’espoir dans le pessimisme ambiant, il s’est dit “encouragé” par la perspective de résolution du conflit.- Juba calme -Juba, qui s’était réveillé jeudi au son des tirs d’artillerie, semblait néanmoins calme vendredi avec ses magasins ouverts et des passants dans les rues, a constaté un correspondant de l’AFP. Mais une forte présence militaire est toujours visible devant la résidence de M. Machar, dont un tank.Selon des experts, le président Kiir, 73 ans, cherche depuis des mois à assurer sa succession et à affaiblir politiquement M. Machar. Depuis février, plus de 20 alliés politiques et militaires de ce dernier ont été arrêtés, dont certains sont détenus au secret.Depuis la déclaration d’indépendance d’avec le Soudan en 2011, aucune élection présidentielle n’a été organisée au Soudan du Sud, pays parmi les plus pauvres au monde malgré d’importantes ressources pétrolières.Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les États-Unis, ont réduit leur personnel diplomatique au strict minimum et exhorté leurs ressortissants à quitter le pays.L’Allemagne et la Norvège ont fermé leurs ambassades à Juba.Le chef de la mission des Nations unies dans le pays (Minuss) avait dénoncé cette semaine des attaques indiscriminées contre les civils, dont des bombardements aériens dans le nord-est du pays avec des engins qui contiendraient un liquide “hautement inflammable agissant comme un accélérant au moment de l’explosion”.Des affrontements s’y déroulent depuis des semaines entre notamment les forces fédérales loyales au président Kiir et une “Armée blanche”, milice accusée par le pouvoir de collaborer avec le premier vice-président Riek Machar.L’armée ougandaise (UPDF), qui a déployé des troupes en soutien à Salva Kiir, a été accusée par des médias et réseaux sociaux d’avoir utilisé des armes chimiques. Des accusations qu’elle a formellement rejetées vendredi. “L’UPDF ne possède ni armes chimiques, ni barils d’explosifs, et n’utilise pas de systèmes conçus pour les lancer”, a indiqué son porte-parole.

Crise au Soudan du Sud: le vice-président assigné à résidence, l’ONU appelle les dirigeants à “déposer les armes”

Le vice-président sud-soudanais Riek Machar a été assigné à résidence parce qu’il préparait une rébellion, a affirmé vendredi le pouvoir sud-soudanais, alors que le secrétaire général de l’ONU a appelé les dirigeants du Soudan du Sud à “déposer les armes” de crainte que le pays ne replonge dans la guerre.Un convoi de véhicules lourdement armés conduit par le ministre de la Défense et le chef de la sécurité nationale avait pénétré mercredi soir “de force dans la résidence du vice-président” à Juba et arrêté celui-ci, selon le parti de M. Machar.Riek Machar a “agité” ses “bases” pour qu’elles se rebellent contre le gouvernement et que le pays “retourne en guerre”, a expliqué vendredi le porte-parole et ministre de l’Information Michael Makuei Lueth, avant de confirmer son assignation à résidence. “Il fera l’objet d’une enquête et sera traduit en justice”, a-t-il encore affirmé. Le parti de M. Machar, dans un communiqué, a qualifié la privation de liberté de son chef de “violation flagrante” de l’accord de paix de 2018 et de “tentative (…) de consolider le pouvoir par des moyens inconstitutionnels”.A terme, le président Salva Kiir et ses soutiens veulent “dissoudre le gouvernement” et “suspendre la Constitution”, “ouvrant la voie à un régime autocratique total”, a-t-il encore accusé.Le gouvernement, qui était resté silencieux depuis l’arrestation qui inquiète le pays et la communauté internationale, a encore appelé dans un communiqué “le peuple du Soudan du Sud à rester calme”, alors que Juba paraissait tranquille vendredi.L’arrestation de Riek Machar par des forces loyales au président Kiir, après des semaines sous haute tension, font craindre un retour à la guerre civile dans le pays, encore fragilisé par un sanglant conflit entre des forces soutenant les deux hommes entre 2013 et 2018.- “Tromperie” -Au terme de cette guerre, qui avait fait quelque 400.000 morts et quatre millions de déplacés, les deux factions étaient parvenues en 2018 à un fragile accord de partage du pouvoir.Jeudi, le parti de Riek Machar a dénoncé “une tromperie, une rupture de promesse” par le camp de Salva Kiir, et déclaré qu’il considérait comme abrogé l’accord de paix de 2018.”Plus que jamais, les dirigeants du Soudan du Sud doivent entendre un message clair, unifié et retentissant: déposez les armes, placez la population du Soudan du Sud au-dessus de tout”, a lancé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres vendredi, regrettant que le peuple sud-soudanais n’ait pas le “leadership qu’il “mérite”.L’Union européenne a appelé Salva Kiir à “revenir” sur l’arrestation.Arrivé vendredi à Juba pour “désamorcer” la situation, l’ex-Premier ministre kényan Raila Odinga, 80 ans, a annoncé sur X avoir rencontré Salva Kiir à la demande de l’Igad, un bloc d’États d’Afrique de l’Est. Rare lueur d’espoir dans le pessimisme ambiant, il s’est dit “encouragé” par la perspective de résolution du conflit.- Juba calme -Juba, qui s’était réveillé jeudi au son des tirs d’artillerie, semblait néanmoins calme vendredi avec ses magasins ouverts et des passants dans les rues, a constaté un correspondant de l’AFP. Mais une forte présence militaire est toujours visible devant la résidence de M. Machar, dont un tank.Selon des experts, le président Kiir, 73 ans, cherche depuis des mois à assurer sa succession et à affaiblir politiquement M. Machar. Depuis février, plus de 20 alliés politiques et militaires de ce dernier ont été arrêtés, dont certains sont détenus au secret.Depuis la déclaration d’indépendance d’avec le Soudan en 2011, aucune élection présidentielle n’a été organisée au Soudan du Sud, pays parmi les plus pauvres au monde malgré d’importantes ressources pétrolières.Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les États-Unis, ont réduit leur personnel diplomatique au strict minimum et exhorté leurs ressortissants à quitter le pays.L’Allemagne et la Norvège ont fermé leurs ambassades à Juba.Le chef de la mission des Nations unies dans le pays (Minuss) avait dénoncé cette semaine des attaques indiscriminées contre les civils, dont des bombardements aériens dans le nord-est du pays avec des engins qui contiendraient un liquide “hautement inflammable agissant comme un accélérant au moment de l’explosion”.Des affrontements s’y déroulent depuis des semaines entre notamment les forces fédérales loyales au président Kiir et une “Armée blanche”, milice accusée par le pouvoir de collaborer avec le premier vice-président Riek Machar.L’armée ougandaise (UPDF), qui a déployé des troupes en soutien à Salva Kiir, a été accusée par des médias et réseaux sociaux d’avoir utilisé des armes chimiques. Des accusations qu’elle a formellement rejetées vendredi. “L’UPDF ne possède ni armes chimiques, ni barils d’explosifs, et n’utilise pas de systèmes conçus pour les lancer”, a indiqué son porte-parole.