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Famille, impôts, hypothèques: Aux Etats-Unis, ces migrants bien installés face aux expulsions

Fin février, Erik Payán ouvre son petit magasin de pneus à Cleveland, au Texas, comme il le fait depuis des années. Mais cette fois-là, en plein après-midi, la police américaine de l’immigration débarque. Armés et visages couverts, les agents l’emmènent. “Ils m’ont eu”, dit-il ensuite à sa femme Alejandrina Morales au téléphone. Une scène pas inhabituelle aux Etats-Unis, mais sur laquelle les lumières se braquent davantage désormais avec Donald Trump à la tête du pays, le président républicain brandissant une rhétorique et une politique antimigrants particulièrement violente.”J’ai comme un goût amer dans la bouche”, confie Alejandrina Morales. “J’ai pleuré, mais pleurer n’allait pas servir à grand-chose”, continue cette femme de 55 ans qui aide son mari dans le magasin.”Je vais me battre, je vais défendre mon mari”, se souvient-elle avoir pensé. Depuis, elle a, comme d’autres, partagé leur histoire sur les réseaux sociaux. Et, avec l’aide d’une avocate, Erik Payán a été libéré.Le gouvernement affirme vouloir faire la chasse aux “criminels” issus des gangs d’Amérique latine, mais il évoque rarement le cas de nombreux travailleurs ordinaires comme Erik Payán. Ce Mexicain de 51 ans en a passé 20 aux Etats-Unis. D’abord arrivé en toute légalité, il est resté en dépit de l’expiration de son visa de travail, installé dans le sud du Texas avec sa femme et ses trois filles, la dernière étant née sur le sol américain.Principal soutien financier de la famille, Erik Payán détient une licence pour son magasin, paie des impôts et même une hypothèque, comme beaucoup d’Américains, mais aussi d’immigrés. – “Le juge qui décide” -Les derniers chiffres officiels évaluaient à environ 11 millions le nombre de personnes sans papiers aux Etats-Unis en 2022. Ce nombre avoisinerait désormais les 14 millions, selon un rapport publié en février par l’ONG Migration Policy Institute.Depuis sa campagne, Donald Trump promet des expulsions rapides et massives. Mais l’avocate spécialisée Silvia Mintz rappelle que la loi américaine ne fonctionne pas ainsi.”Toute personne se trouvant aux Etats-Unis a droit à un procès équitable et c’est le juge qui décide si elle doit être détenue ou expulsée. Le plus important est que les gens sachent qu’ils ont plusieurs options”, explique la juriste. Avec un dossier solide, elle a réussi à faire libérer Erik Payán sous caution, après 27 jours de détention. Il entame à présent un combat administratif pour sa régularisation.Selon Silvia Mintz, les personnes sans papiers peuvent rester en démontrant leur ancrage dans le pays et le soutien qu’elles apportent à leur famille. Autre option: leurs enfants nés aux Etats-Unis, et donc citoyens américains, peuvent, lorsqu’ils atteignent l’âge de 21 ans, obtenir la régularisation de leurs parents.- “Reconnaître leur contribution” -Les personnes en situation irrégulière ont payé près de 97 milliards de dollars d’impôts en 2022, selon les estimations de l’organisation Americans for Tax Fairness. Directeur de l’ONG Fiel, qui travaille avec les migrants, César Espinosa pointe ce qu’il considère comme une hypocrisie.”Ils doivent payer énormément d’impôts, mais la loi leur interdit d’en bénéficier”, souligne-t-il, en référence notamment aux systèmes publics d’assistance sociale.Selon le militant, les Américains doivent “reconnaître la contribution des migrants”. Le pays devrait aussi, dit-il, “travailler à une réforme de l’immigration pour que d’autres gens aient accès au rêve américain”. Pendant sa détention, Erik Payán a parfois dormi dans des endroits froids et a attrapé un mauvais rhume. Il est heureux d’avoir retrouvé son magasin, devant lequel ses clients klaxonnent pour fêter son retour.Sa femme est la première à le célébrer, disant avoir perdu ce “goût amer dans la bouche”. “Ils avaient pris le capitaine de mon bateau et j’ai dû ramer seule.”

Menacés par Trump, les ouvriers canadiens de l’automobile déterminés à se battre pour leurs emplois

Fini l’effroi, la stupeur. Les ouvriers canadiens de l’automobile n’en peuvent plus des menaces américaines sur leur secteur et sont maintenant décidés à ne rien lâcher et à se battre pour leurs emplois.Le déplacement des postes et des usines aux Etats-Unis, en réaction aux droits de douane promis par Donald Trump? “Cela ne va pas arriver”, martèle Jeff Gray, responsable syndical pour les usines de General Motors à Oshawa.Cette ville industrielle, située à quelque 50 kilomètres à l’est de Toronto, a vu son développement étroitement lié depuis près d’un siècle à celui de l’usine locale de la firme américaine.La grande majorité de la filière automobile canadienne est implantée dans cette région du sud de l’Ontario (centre), la plus grande province du pays.Ici, 500.000 emplois dépendent de ce secteur fortement intégré.Alors, tous racontent le coup de massue qui s’est abattu sur la région depuis la première annonce de Donald Trump sur les droits de douane peu après son élection. Car tous les experts prédisent une catastrophe industrielle et des licenciements à la pelle si le président américain met ses menaces à exécution.Mais après des semaines à ronger leur frein, à se sentir “anxieux”, l’atmosphère a changé ces derniers temps, explique Jeff Gray du syndicat Unifor. Les ouvriers en ont “assez d’être provoqués”. “On en a marre d’être menacés. On est déterminés.””Nous allons nous battre. On ne va pas perdre un seul emploi automobile en Ontario”, affirme Jeff Gray d’un ton déterminé, parlant même de stopper physiquement les entreprises automobiles si nécessaire pour les empêcher de retirer des équipements des usines canadiennes.- “Quels sont les plans de Trump?” -Comme de nombreuses industries prises dans la guerre commerciale de Donald Trump, l’avenir du secteur automobile canadien est très incertain.Après l’acier et l’aluminium, le président américain a annoncé mercredi des droits de douane supplémentaires de 25% sur toutes les automobiles et les pièces fabriquées hors des États-Unis, dès le 2 avril prochain.La taxe sur les véhicules assemblés au Canada pourrait en réalité être inférieure, étant donné le processus de fabrication hautement intégré en Amérique du Nord, avec des pièces individuelles traversant plusieurs fois la frontière pendant l’assemblage.En 2023, le Canada a produit plus 1,5 million de véhicules, dont 93% ont été exportés aux États-Unis, pour une valeur totale de 51 milliards de dollars canadiens (32 milliards d’euros), selon des chiffres de l’institut officiel Statistique Canada. “Je ne sais pas quels sont les plans de Trump”, constate Robert Romano, le secrétaire financier du syndicat.”Je ne suis pas sûr qu’il sache lui-même quels sont ses projets avec tout ça… Construire des voitures en Amérique du Nord a toujours été un lien entre les États-Unis et le Canada. Aujourd’hui, cela nous dresse les uns contre les autres”, ajoute-t-il.À son apogée dans les années 1980, l’usine employait 25.000 personnes. L’équipe de hockey locale de la ville de 200.000 habitants s’appelle “The Generals”, en l’honneur de General Motors.Parlant d’une “folie”, Flavio Volpe, le président de la fédération des fabricants de pièces automobiles du Canada (APMA), estime que l’impact de ces taxes sera tel que l’industrie automobile pourrait devoir être mise à l’arrêt complètement pendant plusieurs jours.Jeff Gray, dont l’arrière-grand-père fut l’un des membres fondateurs du syndicat en 1937, l’affirme: personne n’est “intéressé par une nouvelle carrière”.”Nous avons besoin que le gouvernement canadien intervienne et soutienne nos entreprises et nos travailleurs pour s’assurer que ces usines ne disparaissent jamais.”

Séisme: plus de 1.000 morts en Birmanie, recherches tous azimuts pour des survivants

Plus de 1.000 personnes ont perdu la vie en Birmanie dans le puissant séisme de magnitude 7.7 qui a frappé la région vendredi et aussi endeuillé la Thaïlande, selon un nouveau bilan des autorités samedi, tandis que les secours multiplient les efforts pour rechercher des survivants.Le tremblement de terre, peu profond, s’est produit vendredi au nord-ouest de la ville birmane de Sagaing (centre) vers 06H20 GMT (12H50 en Birmanie et 13H20 en Thaïlande), suivi par une réplique de magnitude de 6,4 (révisée ensuite à 6,7) quelques minutes après.Les secousses ont provoqué des scènes de chaos et de désolation en Birmanie, où l’effondrement de maisons, d’immeubles, de ponts ou de sites religieux laissent craindre une catastrophe de grande ampleur dans un pays rendu exsangue par le conflit civil qui dure depuis le coup d’Etat de la junte de 2021.Jamais un séisme d’une telle intensité n’avait frappé la Birmanie depuis des décennies, selon les géologues américains, les secousses étant suffisamment puissantes pour semer la terreur à 1.000 kilomètres de l’épicentre, parmi des millions d’habitants de Bangkok où les séismes sont rarement ressentis.Au moins 1.002 personnes ont été tuées, et 2.376 blessées en Birmanie, a indiqué samedi la junte au pouvoir, en majorité dans la région de Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, considérée comme la zone la plus sinistrée. Mais les moyens de communication étant endommagés, l’étendue du désastre reste encore à difficile à évaluer, et le bilan humain pourrait encore fortement s’aggraver.A Mandalay, des journalistes de l’AFP ont vu une pagode vieille de plusieurs siècles réduite à l’état de ruines. “Ca a commencé à secouer, puis c’est devenu sérieux”, a déclaré un soldat à un point de contrôle à l’extérieur du temple.”Le monastère s’est aussi effondré. Un moine est mort. Il y a quelques blessés, on a sorti quelques autres des décombres et les a conduits à l’hôpital.”- Appel au secours -“Personne au monastère n’ose dormir à l’intérieur, parce qu’on a entendu qu’un autre tremblement de terre pourrait se produire. Je n’ai jamais ressenti quelque chose comme ça de ma vie”, a détaillé le militaire.Près de l’aéroport de Mandalay, des agents de sécurité ont refoulé des journalistes. “C’est fermé depuis hier (vendredi)”, a lancé l’un d’eux. “Le plafond s’est effondré mais personne n’a été blessé.”Les destructions sur le site pourraient compliquer les opérations de secours dans un pays, où la guerre civile qui dure depuis le coup d’Etat du 1er février 2021 a décimé le système de santé et isolé ses dirigeants du reste du monde.Le chef de la junte Min Aung Hlaing a lancé un rare appel à l’aide internationale, invitant “tout pays, toute organisation” à venir apporter son secours. Par le passé, les régimes militaire étaient réticents à demander un soutien de l’étranger après des catastrophes naturelles.Les autorités ont déclaré l’état d’urgence dans les six régions les plus affectées. Dans un hôpital de la capitale Naypyidaw, des centaines de blessés ont été pris en charge à l’extérieur en raison des dégâts subis par le bâtiment, ont constaté vendredi des journalistes de l’AFP.Un avion chargé de kits d’hygiène, de couvertures, de nourriture et d’autres produits de première nécessité a atterri samedi à Rangoun, en provenance d’Inde. La Chine a annoncé l’envoi d’une équipe de 82 secouristes. La France, l’Union européenne et l’Indonésie ont aussi proposé leur assistance, tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le déclenchement de son système de gestion des urgences.”Nous allons les aider (…) C’est terrible ce qu’il se passe”, a déclaré le président américain Donald Trump vendredi.Le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a transmis ses condoléances aux victimes en Birmanie et en Thaïlande, tandis que le président chinois Xi Jinping a envoyé un message faisant part de “sa profonde tristesse” au chef de la junte.Les agences humanitaires ont prévenu que la Birmanie n’était absolument pas préparée à faire face à une catastrophe de cette ampleur. Le conflit civil a déplacé quelque 3,5 millions de personnes, selon les Nations unies, qui ont prévenu fin janvier que 15 millions de Birmans risquaient de souffrir de la faim en 2025, avant même que le tremblement de terre ne survienne.- Accouchement en plein air -De l’autre côté de la frontière, en Thaïlande, des secouristes se sont relayés toute la nuit à la recherche de survivants dans les décombres d’un bâtiment en construction de 30 étages qui s’est effondré à Bangkok en quelques secondes sous l’effet des secousses. La chute de la tour a englouti des dizaines d’ouvriers, piégés dans une montagne de gravats et de poutres d’acier déformées.Le gouverneur de Bangkok Chadchart Sittipunt a déclaré à l’AFP qu’une dizaine de personnes ont été tuées dans la capitale thaïlandaise, la plupart sur le site de construction, mais prévenu que le bilan pourrait s’alourdir.”Nous faisons de notre mieux avec les ressources que nous avons, parce que chaque vie compte”, a affirmé samedi Chadchart aux journalistes, depuis l’endroit où l’immeuble s’est écroulé, proche du marché de Chatuchak, prisé des touristes.L’opération de secours a déployé des drones à imagerie thermique rechercher des signes de vie parmi les décombres, les autorités pensant avoir détecté des signes de vie d’au moins 15 personnes.La métropole de Bangkok a ordonné le déploiement de plus d’une centaine de spécialistes pour contrôler la sécurité des bâtiments, après avoir reçu plus de 2.000 signalements de dommages.Environ 400 personnes ont passé la nuit de vendredi à samedi dans des parcs ouverts en raison de l’urgence, leurs domiciles n’étant pas assez sûrs pour y retourner, selon le gouverneur.A Bangkok, où les séismes sont extrêmement rares, les secousses ont été illustrées par des images spectaculaires: foule d’habitants évacués dans les rues, ou des piscines sur le toit d’immeubles ou d’hôtels qui débordent.Une femme a dû accoucher en plein air après avoir été évacuée d’un hôpital. Un chirurgien a également continué à opérer un patient à l’extérieur, après qu’il a fallu quitter d’urgence le bloc, a indiqué un porte-parole à l’AFP.burx-ah/lgo

Séisme: plus de 1.000 morts en Birmanie, recherches tous azimuts pour des survivants

Plus de 1.000 personnes ont perdu la vie en Birmanie dans le puissant séisme de magnitude 7.7 qui a frappé la région vendredi et aussi endeuillé la Thaïlande, selon un nouveau bilan des autorités samedi, tandis que les secours multiplient les efforts pour rechercher des survivants.Le tremblement de terre, peu profond, s’est produit vendredi au nord-ouest de la ville birmane de Sagaing (centre) vers 06H20 GMT (12H50 en Birmanie et 13H20 en Thaïlande), suivi par une réplique de magnitude de 6,4 (révisée ensuite à 6,7) quelques minutes après.Les secousses ont provoqué des scènes de chaos et de désolation en Birmanie, où l’effondrement de maisons, d’immeubles, de ponts ou de sites religieux laissent craindre une catastrophe de grande ampleur dans un pays rendu exsangue par le conflit civil qui dure depuis le coup d’Etat de la junte de 2021.Jamais un séisme d’une telle intensité n’avait frappé la Birmanie depuis des décennies, selon les géologues américains, les secousses étant suffisamment puissantes pour semer la terreur à 1.000 kilomètres de l’épicentre, parmi des millions d’habitants de Bangkok où les séismes sont rarement ressentis.Au moins 1.002 personnes ont été tuées, et 2.376 blessées en Birmanie, a indiqué samedi la junte au pouvoir, en majorité dans la région de Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, considérée comme la zone la plus sinistrée. Mais les moyens de communication étant endommagés, l’étendue du désastre reste encore à difficile à évaluer, et le bilan humain pourrait encore fortement s’aggraver.A Mandalay, des journalistes de l’AFP ont vu une pagode vieille de plusieurs siècles réduite à l’état de ruines. “Ca a commencé à secouer, puis c’est devenu sérieux”, a déclaré un soldat à un point de contrôle à l’extérieur du temple.”Le monastère s’est aussi effondré. Un moine est mort. Il y a quelques blessés, on a sorti quelques autres des décombres et les a conduits à l’hôpital.”- Appel au secours -“Personne au monastère n’ose dormir à l’intérieur, parce qu’on a entendu qu’un autre tremblement de terre pourrait se produire. Je n’ai jamais ressenti quelque chose comme ça de ma vie”, a détaillé le militaire.Près de l’aéroport de Mandalay, des agents de sécurité ont refoulé des journalistes. “C’est fermé depuis hier (vendredi)”, a lancé l’un d’eux. “Le plafond s’est effondré mais personne n’a été blessé.”Les destructions sur le site pourraient compliquer les opérations de secours dans un pays, où la guerre civile qui dure depuis le coup d’Etat du 1er février 2021 a décimé le système de santé et isolé ses dirigeants du reste du monde.Le chef de la junte Min Aung Hlaing a lancé un rare appel à l’aide internationale, invitant “tout pays, toute organisation” à venir apporter son secours. Par le passé, les régimes militaire étaient réticents à demander un soutien de l’étranger après des catastrophes naturelles.Les autorités ont déclaré l’état d’urgence dans les six régions les plus affectées. Dans un hôpital de la capitale Naypyidaw, des centaines de blessés ont été pris en charge à l’extérieur en raison des dégâts subis par le bâtiment, ont constaté vendredi des journalistes de l’AFP.Un avion chargé de kits d’hygiène, de couvertures, de nourriture et d’autres produits de première nécessité a atterri samedi à Rangoun, en provenance d’Inde. La Chine a annoncé l’envoi d’une équipe de 82 secouristes. La France, l’Union européenne et l’Indonésie ont aussi proposé leur assistance, tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le déclenchement de son système de gestion des urgences.”Nous allons les aider (…) C’est terrible ce qu’il se passe”, a déclaré le président américain Donald Trump vendredi.Le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a transmis ses condoléances aux victimes en Birmanie et en Thaïlande, tandis que le président chinois Xi Jinping a envoyé un message faisant part de “sa profonde tristesse” au chef de la junte.Les agences humanitaires ont prévenu que la Birmanie n’était absolument pas préparée à faire face à une catastrophe de cette ampleur. Le conflit civil a déplacé quelque 3,5 millions de personnes, selon les Nations unies, qui ont prévenu fin janvier que 15 millions de Birmans risquaient de souffrir de la faim en 2025, avant même que le tremblement de terre ne survienne.- Accouchement en plein air -De l’autre côté de la frontière, en Thaïlande, des secouristes se sont relayés toute la nuit à la recherche de survivants dans les décombres d’un bâtiment en construction de 30 étages qui s’est effondré à Bangkok en quelques secondes sous l’effet des secousses. La chute de la tour a englouti des dizaines d’ouvriers, piégés dans une montagne de gravats et de poutres d’acier déformées.Le gouverneur de Bangkok Chadchart Sittipunt a déclaré à l’AFP qu’une dizaine de personnes ont été tuées dans la capitale thaïlandaise, la plupart sur le site de construction, mais prévenu que le bilan pourrait s’alourdir.”Nous faisons de notre mieux avec les ressources que nous avons, parce que chaque vie compte”, a affirmé samedi Chadchart aux journalistes, depuis l’endroit où l’immeuble s’est écroulé, proche du marché de Chatuchak, prisé des touristes.L’opération de secours a déployé des drones à imagerie thermique rechercher des signes de vie parmi les décombres, les autorités pensant avoir détecté des signes de vie d’au moins 15 personnes.La métropole de Bangkok a ordonné le déploiement de plus d’une centaine de spécialistes pour contrôler la sécurité des bâtiments, après avoir reçu plus de 2.000 signalements de dommages.Environ 400 personnes ont passé la nuit de vendredi à samedi dans des parcs ouverts en raison de l’urgence, leurs domiciles n’étant pas assez sûrs pour y retourner, selon le gouverneur.A Bangkok, où les séismes sont extrêmement rares, les secousses ont été illustrées par des images spectaculaires: foule d’habitants évacués dans les rues, ou des piscines sur le toit d’immeubles ou d’hôtels qui débordent.Une femme a dû accoucher en plein air après avoir été évacuée d’un hôpital. Un chirurgien a également continué à opérer un patient à l’extérieur, après qu’il a fallu quitter d’urgence le bloc, a indiqué un porte-parole à l’AFP.burx-ah/lgo