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Le Soleil avait rendez-vous avec la Lune pour une éclipse partielle

Le Soleil avait rendez-vous avec la Lune, venue cacher un bout de l’astre samedi, lors d’une éclipse partielle visible sur une partie de l’hémisphère Nord, de l’est du Canada à la Sibérie.L’éclipse, la dix-septième du XXIe siècle et la première de l’année, a duré environ quatre heures. Elle a démarré à 08H50 GMT (09H50 à Paris) pour s’achever vers 12H43 GMT (13H43 à Paris). “Les premiers continentaux à la voir (étaient) les habitants de Mauritanie et du Maroc et les derniers ceux du nord de la Sibérie”, a précisé à l’AFP Florent Deleflie, astronome à l’Observatoire de Paris-PSL, chargé pour la France du calcul des éphémérides.Elle était aussi visible en Europe, selon le Laboratoire Temps-Espace de l’Observatoire de Paris. Et a atteint son maximum à 10H47 GMT (11H47 heure de Paris) au-dessus du nord-est du Canada et Groenland.C’est là que l’éclipse a été la plus spectaculaire, couvrant 90% de la surface apparente du Soleil. Pas suffisamment toutefois pour que le ciel soit obscurci.Une éclipse de Soleil se produit lorsque le Soleil, la Lune et la Terre sont alignés dans cet ordre. Quand l’alignement est quasiment parfait, le cône d’ombre de la Lune touche la surface de la Terre et obstrue l’intégralité du disque solaire: l’éclipse est totale.Cette fois-ci, “l’alignement n'(était) pas suffisamment parfait pour que le cône d’ombre touche la surface terrestre. Il rest(ait) dans l’espace, ce qui signifie qu’il n’y (avait) nulle part et à aucun moment d’éclipse totale”, explique M. Deleflie.- Attention aux yeux -En France métropolitaine, l’éclipse était visible entre 10H00 et 12H00 GMT (11H00 et 13H00 de Paris) et entre 10 à 30% de la surface de l’astre étaient occultés selon les régions.A l’oeil nu, aucune différence n’était donc perceptible. Les plus chanceux, qui ont pu profiter du spectacle lorsque le ciel était dégagé, ont dû se munir d’équipements adaptés pour protéger ses yeux.La lumière intense du Soleil peut en effet provoquer des brûlures oculaires et entraîner des lésions irrémédiables.Il est indispensable de se procurer des lunettes spéciales éclipse en parfait état. “Le moindre défaut sur la surface des lunettes, si elles ne sont pas neuves, même un trou microscopique, peut engendrer des brûlures de l’œil”, selon l’astronome.Autre possibilité, il fallait se rendre dans une association d’astronomie ou un centre d’observation, qui organisaient des animations pour l’admirer à l’aide d’instruments grossissants munis de filtres adaptés. Et observer au passage tâches et protubérances solaires.Cette éclipse solaire est intervenue quinze jours après une éclipse totale de Lune, qui avait fait “rougir” notre satellite naturel. Ce qui est “souvent le cas” car la Lune a fait dans l’intervalle “un demi-tour autour de la Terre, inversant en quelque sorte la configuration”, souligne M. Deleflie.En France métropolitaine, la dernière éclipse partielle remonte au 25 octobre 2022.Le 12 août 2026, se produira une éclipse totale, dont la zone de totalité ne traversera pas l’Hexagone, mais qui donnera lieu à une obscuration du disque solaire de 92 % vue depuis Paris et de 96 % vue depuis Marseille.

Le Soleil avait rendez-vous avec la Lune pour une éclipse partielle

Le Soleil avait rendez-vous avec la Lune, venue cacher un bout de l’astre samedi, lors d’une éclipse partielle visible sur une partie de l’hémisphère Nord, de l’est du Canada à la Sibérie.L’éclipse, la dix-septième du XXIe siècle et la première de l’année, a duré environ quatre heures. Elle a démarré à 08H50 GMT (09H50 à Paris) pour s’achever vers 12H43 GMT (13H43 à Paris). “Les premiers continentaux à la voir (étaient) les habitants de Mauritanie et du Maroc et les derniers ceux du nord de la Sibérie”, a précisé à l’AFP Florent Deleflie, astronome à l’Observatoire de Paris-PSL, chargé pour la France du calcul des éphémérides.Elle était aussi visible en Europe, selon le Laboratoire Temps-Espace de l’Observatoire de Paris. Et a atteint son maximum à 10H47 GMT (11H47 heure de Paris) au-dessus du nord-est du Canada et Groenland.C’est là que l’éclipse a été la plus spectaculaire, couvrant 90% de la surface apparente du Soleil. Pas suffisamment toutefois pour que le ciel soit obscurci.Une éclipse de Soleil se produit lorsque le Soleil, la Lune et la Terre sont alignés dans cet ordre. Quand l’alignement est quasiment parfait, le cône d’ombre de la Lune touche la surface de la Terre et obstrue l’intégralité du disque solaire: l’éclipse est totale.Cette fois-ci, “l’alignement n'(était) pas suffisamment parfait pour que le cône d’ombre touche la surface terrestre. Il rest(ait) dans l’espace, ce qui signifie qu’il n’y (avait) nulle part et à aucun moment d’éclipse totale”, explique M. Deleflie.- Attention aux yeux -En France métropolitaine, l’éclipse était visible entre 10H00 et 12H00 GMT (11H00 et 13H00 de Paris) et entre 10 à 30% de la surface de l’astre étaient occultés selon les régions.A l’oeil nu, aucune différence n’était donc perceptible. Les plus chanceux, qui ont pu profiter du spectacle lorsque le ciel était dégagé, ont dû se munir d’équipements adaptés pour protéger ses yeux.La lumière intense du Soleil peut en effet provoquer des brûlures oculaires et entraîner des lésions irrémédiables.Il est indispensable de se procurer des lunettes spéciales éclipse en parfait état. “Le moindre défaut sur la surface des lunettes, si elles ne sont pas neuves, même un trou microscopique, peut engendrer des brûlures de l’œil”, selon l’astronome.Autre possibilité, il fallait se rendre dans une association d’astronomie ou un centre d’observation, qui organisaient des animations pour l’admirer à l’aide d’instruments grossissants munis de filtres adaptés. Et observer au passage tâches et protubérances solaires.Cette éclipse solaire est intervenue quinze jours après une éclipse totale de Lune, qui avait fait “rougir” notre satellite naturel. Ce qui est “souvent le cas” car la Lune a fait dans l’intervalle “un demi-tour autour de la Terre, inversant en quelque sorte la configuration”, souligne M. Deleflie.En France métropolitaine, la dernière éclipse partielle remonte au 25 octobre 2022.Le 12 août 2026, se produira une éclipse totale, dont la zone de totalité ne traversera pas l’Hexagone, mais qui donnera lieu à une obscuration du disque solaire de 92 % vue depuis Paris et de 96 % vue depuis Marseille.

Guinée: l’ex-dictateur Dadis Camara, gracié, est sorti de prison, selon une ONG

L’ex-dictateur guinéen Moussa Dadis Camara, condamné lors d’un procès historique à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité et gracié vendredi pour “raison de santé”, est sorti de prison et se trouve dans la capitale Conakry, a-t-on appris samedi auprès d’une ONG guinéenne. “Dadis Camara est sorti de prison depuis hier soir”, a indiqué à l’AFP l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme (OGDH).”Il a fait une brève escale chez lui (…) puis a été conduit dans une villa dans un quartier chic de Conakry où il est surveillé par des pick-up de la gendarmerie”, a ajouté cette source.A l’issue d’un procès qui avait duré près de deux ans, Moussa Dadis Camara avait été condamné en 2024 à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité pour sa responsabilité de commandement lors du massacre du 28 septembre 2009 en Guinée.Ce jour-là, alors que M. Camara était président du pays, au moins 156 personnes ont été tuées, par balle, au couteau, à la machette ou à la baïonnette, et des centaines d’autres blessées, dans la répression d’un rassemblement de l’opposition dans un stade de Conakry et ses environs, selon le rapport d’une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU. Au moins 109 femmes ont été violées.Vendredi soir, un décret lu à la télévision nationale a annoncé qu’il avait été gracié par le chef de la junte au pouvoir en Guinée, le général Mamadi Doumbouya.

Turquie: des centaines de milliers de manifestants rassemblés à l’appel de l’opposition

Plusieurs centaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Istanbul, à l’appel du CHP, le parti d’opposition du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, pour dénoncer l’arrestation de l’édile, malgré la répression qui continue de s’abattre sur les protestataires.La foule s’est retrouvée à la mi-journée sous un ciel bleu sur la rive asiatique de la métropole “pour poursuivre la marche vers le pouvoir”, selon l’appel du chef du Parti républicain du peuple (CHP), Özgür Özel, qui a estimé à 2,2 millions le nombre de manifestants.Parmi eux, une femme de 82 ans portant un foulard, une photo d’Imamoglu et le drapeau turc, confie “ne pas avoir peur: je n’ai qu’une vie, je suis prête à la sacrifier pour ce pays”. Mais elle refuse de donner son nom, “au cas où ils viendraient frapper à ma porte”. “C’est un homme honnête, c’est lui qui sauvera la république turque”, déclare-t-elle à propos du maire qui a été arrêté puis emprisonné dans le cadre d’une enquête pour corruption, sur la base d’accusations largement considérées comme fallacieuses. Les manifestants, munis du drapeau turc et de portraits de Mustafa Kemal Atatürk, le père de la nation, scandent “Taksim est partout, la résistance est partout!” en référence à la place stambouliote, épicentre du vaste mouvement de contestation de Gezi en 2013. Parmi eux: l’épouse, la mère et les deux fils d’Ekrem Imamoglu.”Nous sommes ici pour notre patrie. C’est nous, le peuple, qui élisons nos gouvernants”, insiste Melis Basak Ergun, 17 ans, en jurant que les manifestants ne se laisseraient jamais intimider “par la violence ou les gaz lacrymogènes”.L’arrestation de M. Imamoglu le 19 mars a déclenché une vague de protestations inédite en plus d’une décennie à travers la Turquie, mobilisant des dizaines de milliers de manifestants chaque soir dans les rues, jusqu’à lundi soir.Depuis, le parti a cessé de convoquer la foule devant la municipalité. Mais dans un entretien au quotidien français Le Monde, daté de samedi, Özgür Özel, devenu le porte-voix de l’opposition, annonce la tenue de rassemblements réguliers à venir.Rappelant qu’ils ont été interdits par les autorités dès l’arrestation du maire, le chef du parti kémaliste se dit prêt à “prendre le risque de passer huit, dix ans en prison s’il le faut. Parce que si nous ne repoussons pas cette tentative de coup d’Etat, il en sera fini des urnes”.- Un test avant l’Aïd -“J’ai participé aux rassemblements devant l’hôtel de ville pendant quatre jours avec des étudiants de l’université. Je leur ai dit de ne pas céder”, déclare à l’AFP un manifestant de 78 ans, Cafer Sungur. “J’ai été emprisonné dans les années 1970, mais à l’époque, il y avait une justice. Aujourd’hui, on ne peut plus parler de justice”.Le CHP s’apprêtait à investir M. Imamoglu comme son candidat pour la prochaine présidentielle prévue en 2028 quand il a été arrêté le 19 mars et envoyé en prison cinq jours plus tard.En ce début du long week-end de l’Aïd el Fitr, qui sera célébré dimanche pour marquer la fin du ramadan, le rassemblement de samedi a donc valeur de test pour l’opposition alors que de nombreux stambouliotes auront quitté la ville pour être en famille. D’autant que le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé cette semaine l’octroi de neuf jours de congés aux fonctionnaires et institutions publiques.Si les jeunes et les étudiants surtout ont tenté de poursuivre la mobilisation, la répression qui continue avec des arrestations, chez eux à l’aube, de manifestants, journalistes, avocats pourrait rebuter les plus déterminés.Rien qu’à Istanbul, 511 étudiants avaient déjà été interpellés vendredi, dont 275 incarcérés, selon l’avocat Ferhat Güzel, pour qui “ce nombre est probablement beaucoup plus élevé”.- Arrestations de journalistes -Selon les derniers chiffres officiels, plus de 2.000 personnes ont été arrêtées dont 260 avaient été incarcérées. Vendredi soir, le journaliste suédois Joakim Medin, interpellé jeudi à sa descente d’avion, a été placé en détention dans une prison d’Istanbul, a affirmé le rédacteur en chef de son journal Dagens UTC, Andreas Gustavsson.Selon les médias turcs le reporter est accusé d’avoir “insulté le président” turc et d’être “membre d’une organisation terroriste armée”.”Je sais que ces accusations sont fausses, 100% fausses”, a insisté pour sa part M. Gustavsson sur X.Avant M. Medin, un reporter de la BBC, Mark Lowen a été expulsé “pour trouble à l’ordre public”. Au moins douze journalistes turcs ont été arrêtés dans la semaine. La plupart ont été libérés, mais restent accusés d’avoir participé à des manifestations interdites qu’ils couvraient pour leur média, dont un photographe de l’AFP, Yasin Akgül, qui a dit craindre “une volonté d’empêcher les journalistes de faire leur travail”.Vendredi, l’avocat du maire d’Istanbul, Mehmet Pehlivan, a été “arrêté pour des motifs inventés de toutes pièces”, selon M. Imamoglu, puis remis en liberté dans la soirée.

Turquie: des centaines de milliers de manifestants rassemblés à l’appel de l’opposition

Plusieurs centaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Istanbul, à l’appel du CHP, le parti d’opposition du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, pour dénoncer l’arrestation de l’édile, malgré la répression qui continue de s’abattre sur les protestataires.La foule s’est retrouvée à la mi-journée sous un ciel bleu sur la rive asiatique de la métropole “pour poursuivre la marche vers le pouvoir”, selon l’appel du chef du Parti républicain du peuple (CHP), Özgür Özel, qui a estimé à 2,2 millions le nombre de manifestants.Parmi eux, une femme de 82 ans portant un foulard, une photo d’Imamoglu et le drapeau turc, confie “ne pas avoir peur: je n’ai qu’une vie, je suis prête à la sacrifier pour ce pays”. Mais elle refuse de donner son nom, “au cas où ils viendraient frapper à ma porte”. “C’est un homme honnête, c’est lui qui sauvera la république turque”, déclare-t-elle à propos du maire qui a été arrêté puis emprisonné dans le cadre d’une enquête pour corruption, sur la base d’accusations largement considérées comme fallacieuses. Les manifestants, munis du drapeau turc et de portraits de Mustafa Kemal Atatürk, le père de la nation, scandent “Taksim est partout, la résistance est partout!” en référence à la place stambouliote, épicentre du vaste mouvement de contestation de Gezi en 2013. Parmi eux: l’épouse, la mère et les deux fils d’Ekrem Imamoglu.”Nous sommes ici pour notre patrie. C’est nous, le peuple, qui élisons nos gouvernants”, insiste Melis Basak Ergun, 17 ans, en jurant que les manifestants ne se laisseraient jamais intimider “par la violence ou les gaz lacrymogènes”.L’arrestation de M. Imamoglu le 19 mars a déclenché une vague de protestations inédite en plus d’une décennie à travers la Turquie, mobilisant des dizaines de milliers de manifestants chaque soir dans les rues, jusqu’à lundi soir.Depuis, le parti a cessé de convoquer la foule devant la municipalité. Mais dans un entretien au quotidien français Le Monde, daté de samedi, Özgür Özel, devenu le porte-voix de l’opposition, annonce la tenue de rassemblements réguliers à venir.Rappelant qu’ils ont été interdits par les autorités dès l’arrestation du maire, le chef du parti kémaliste se dit prêt à “prendre le risque de passer huit, dix ans en prison s’il le faut. Parce que si nous ne repoussons pas cette tentative de coup d’Etat, il en sera fini des urnes”.- Un test avant l’Aïd -“J’ai participé aux rassemblements devant l’hôtel de ville pendant quatre jours avec des étudiants de l’université. Je leur ai dit de ne pas céder”, déclare à l’AFP un manifestant de 78 ans, Cafer Sungur. “J’ai été emprisonné dans les années 1970, mais à l’époque, il y avait une justice. Aujourd’hui, on ne peut plus parler de justice”.Le CHP s’apprêtait à investir M. Imamoglu comme son candidat pour la prochaine présidentielle prévue en 2028 quand il a été arrêté le 19 mars et envoyé en prison cinq jours plus tard.En ce début du long week-end de l’Aïd el Fitr, qui sera célébré dimanche pour marquer la fin du ramadan, le rassemblement de samedi a donc valeur de test pour l’opposition alors que de nombreux stambouliotes auront quitté la ville pour être en famille. D’autant que le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé cette semaine l’octroi de neuf jours de congés aux fonctionnaires et institutions publiques.Si les jeunes et les étudiants surtout ont tenté de poursuivre la mobilisation, la répression qui continue avec des arrestations, chez eux à l’aube, de manifestants, journalistes, avocats pourrait rebuter les plus déterminés.Rien qu’à Istanbul, 511 étudiants avaient déjà été interpellés vendredi, dont 275 incarcérés, selon l’avocat Ferhat Güzel, pour qui “ce nombre est probablement beaucoup plus élevé”.- Arrestations de journalistes -Selon les derniers chiffres officiels, plus de 2.000 personnes ont été arrêtées dont 260 avaient été incarcérées. Vendredi soir, le journaliste suédois Joakim Medin, interpellé jeudi à sa descente d’avion, a été placé en détention dans une prison d’Istanbul, a affirmé le rédacteur en chef de son journal Dagens UTC, Andreas Gustavsson.Selon les médias turcs le reporter est accusé d’avoir “insulté le président” turc et d’être “membre d’une organisation terroriste armée”.”Je sais que ces accusations sont fausses, 100% fausses”, a insisté pour sa part M. Gustavsson sur X.Avant M. Medin, un reporter de la BBC, Mark Lowen a été expulsé “pour trouble à l’ordre public”. Au moins douze journalistes turcs ont été arrêtés dans la semaine. La plupart ont été libérés, mais restent accusés d’avoir participé à des manifestations interdites qu’ils couvraient pour leur média, dont un photographe de l’AFP, Yasin Akgül, qui a dit craindre “une volonté d’empêcher les journalistes de faire leur travail”.Vendredi, l’avocat du maire d’Istanbul, Mehmet Pehlivan, a été “arrêté pour des motifs inventés de toutes pièces”, selon M. Imamoglu, puis remis en liberté dans la soirée.

Scène de crime à la fac: des étudiants sur la piste de la “science forensique”

Deux corps ensanglantés, sans vie, gisent sur le gazon. Après un brief rapide dans un bâtiment attenant, treize jeunes techniciens enfilent une combinaison blanche, des lunettes, un masque et des gants. Prêts à gérer leur première scène de crime.Ils sont étudiants, et passent leur examen pour obtenir un diplôme universitaire en “science forensique”, terme désignant l’ensemble des techniques de recherche et d’exploitation des indices pour résoudre des crimes.Pour valider leur deuxième année à la CY Forensic School de Neuville-sur-Oise, au nord-ouest de Paris, les élèves, inscrits aussi en licence de biologie, doivent œuvrer sans faire d’erreur de procédure.Les initiateurs de ce cursus créé il y a deux ans sont partis d’un constat: l’absence de ce type de formation en France.”Ce n’était qu’après (les études supérieures, NDLR) qu’il y avait un recrutement et une formation interne à la police nationale ou à la gendarmerie nationale pour acculturer ces nouveaux spécialistes à l’ensemble de la science forensique”, explique à l’AFP le directeur de l’école, le général de gendarmerie François Daoust, venu observer la mise en pratique.Le groupe de treize étudiants est scindé en deux. À chacun un cadavre.Une jeune fille circule avec un sac poubelle, une autre appose des post-it orange sur les indices, une troisième prend des photos. L’étudiant désigné pour être secrétaire s’installe sous un barnum pour distribuer le matériel et placer les indices sous scellés afin que rien ne soit “pollué”.- Séries policières -Les étudiants “sont toujours emballés. Ils touchent du doigt la réalité”, sourit Bruno Dolou, major de gendarmerie à la retraite, qui les encadre avec un collègue.Sur les deux promotions ouvertes, “plus de 600 demandes pour 20 places” ont été présentées sur Parcoursup, selon François Daoust. Un engouement que le directeur explique notamment par le succès des programmes d’enquêtes criminelles. “Nos jeunes sont biberonnés aux séries télévisées, Les Experts, NCIS… Et pour eux, c’est magique”.Dans sa tenue blanche, Solène Lecarreaux, 19 ans, raconte avoir grandi en regardant des séries policières et écoute maintenant “beaucoup de podcasts” tout en suivant les affaires criminelles sur les réseaux sociaux.Sa formation lui permet d’analyser ces affaires: “dès qu’on a des informations, on regarde, on épluche ce qui est dit, puis on essaie de chercher” des éléments de preuve, explique la jeune femme, photographe sur cette scène de crime grandeur nature.Mais ce qui se passe à la télé ne reflète pas la réalité du métier. Les étudiants ont “beaucoup d’images préconçues sur le rôle de la police scientifique”, reconnaît Cédric Picot, enseignant-expert. “Une des premières choses que nous faisons au sein du DU science forensique, c’est de rétablir un peu la vérité”.”Dans les séries, les films, les inspecteurs arrivent et sont en costume cravate, alors que normalement on est censé être comme ça”, abonde Mélanie Fraysse, 19 ans, en désignant son équipement.- Ouvert aux professionnels -Yves Thomas, 19 ans, aimerait devenir “technicien d’investigation criminelle”.”C’est globalement le même métier que celui qu’on vient de réaliser ce matin”, explique le jeune homme, ravi à l’idée de prélever “toutes les traces que l’on voit”, faire “ses propres expertises dans son laboratoire”.Le cursus est également ouvert aux professionnels. Deux élèves sont issus de laboratoires privés, venus pour “engranger des connaissances” transversales, explique le général Daoust.Parcourant une bouteille de bière avec une lumière blanche, une étudiante aperçoit ce qui pourrait être une empreinte digitale. Elle y dépose une fine poudre noire avec un pinceau.”Ils vont la prendre en photo avec un test centimétrique et à l’issue, cette photo devient un fichier numérique” qui sera étudié et comparé pour essayer d’identifier à qui l’empreinte appartient, détaille Bruno Dolou.”Stand-By !”. Les étudiants se rassemblent autour de leur encadrant, inquiets.”Vous n’avez pas vu les projectiles dans le rocher. Quand il y a tir d’arme à feu, il y a probablement des projectiles autour”, déclare l’ancien gendarme en désignant des balles encastrées dans la paroi. Les étudiants se remettent au travail, un peu déçus mais déterminés à mener à bien la mission.”Si je devais recruter dans ma cellule d’identification criminelle, je pourrais les embaucher”, s’enthousiasme Bruno Dolou, “mais ils ont encore beaucoup à apprendre”.

La Pyramide, une “belle histoire” Michelin sur la route du soleil

Premier restaurant trois étoiles de l’histoire du Guide Michelin, la Pyramide reste, 200 ans après sa naissance à Vienne en Isère, une étape incontournable de la mythique Nationale 7 pour les voyageurs gourmets qui descendent vers le Sud.Des anciennes maisons comme celle-ci, il n’y en a plus beaucoup!”, glisse à l’AFP le chef Patrick Henriroux, 66 ans, à la tête de ce monument du patrimoine gastronomique français.L’établissement, aujourd’hui estampillé deux étoiles au prestigieux guide rouge, est installé dans une imposante bâtisse classée Relais & Châteaux 4 étoiles, située non loin d’un obélisque romain auquel il doit son nom.La Pyramide a bien changé depuis son ouverture en 1822, lorsqu’elle n’était encore qu’une modeste auberge où l’on faisait ripaille. La salle principale, moderne en noir et blanc, est émaillée de jaune, “un peu de soleil sur la route du Midi”, explique le chef. Aux beaux jours, les clients peuvent faire le plein de lumière attablés entre les buis du jardin. Sa réputation n’est plus à faire depuis l’obtention en 1933 de ses trois étoiles au Michelin, conservées durant 53 ans grâce au célébrissime chef Fernand Point.Se formera dans ce “chaudron de la cuisine française” toute la crème de la gastronomie tricolore: les frères Troisgros, Alain Chapel ou encore Paul Bocuse, dont Fernand Point a été le “maître à penser”.- “Moins de crème” -À une trentaine de kilomètres au sud de Lyon, Vienne fut aussi une étape quasi obligatoire de la “route des vacances”, la N7 direction la Côte d’Azur, très prisée du temps de l’essor de l’automobile et des congés payés.La Pyramide devient alors un lieu de mondanités. Parmi les signataires de son livre d’or: Picasso, Jean Cocteau, ou des stars américaines comme Clark Gable, Joséphine Baker…”C’est bien la dernière fois que je séjourne à la Pyramide! Comment! Le saucisson chaud est délicieux, la truite est rosée, la poularde fond, le vin pétille, la pâtisserie va droit au cœur, et moi qui voulais maigrir! On ne m’y reprendra pas!”, y écrivit Colette en 1933.Aujourd’hui, “on va dire qu’il y a un peu moins de crème, un peu moins de beurre…”, rassure Patrick Henriroux. “On ne boxe plus dans les mêmes catégories”, poursuit le chef originaire de Haute-Saône, qui a repris les rênes de cette institution avec sa femme en 1989.Celle-ci n’était alors plus référencée au Guide Michelin en raison de travaux après la mort de la veuve Point, mais le nouveau couple a vite regagné une étoile, puis deux en 1992.- “Racines” -En ce jour de printemps, des tortellini de butternut au chèvre frais côtoient dos de cabillaud et aspic de jeunes poireaux sur le “menu du marché”, à 97 euros le midi. Le soir, compter au minimum 199 euros pour le menu gastronomique.Un plat signature? Le “piano au chocolat”, en clin d’œil au festival local Jazz à Vienne. “Mais on nous demande parfois le turbo au champagne de Fernand Point, la crème soufflée de crabe dormeur au caviar, ou le gâteau Marjolaine…”, des recettes phares d’antan, ajoute Patrick Henriroux.Point d’honneur est de “ne jamais oublier les racines du restaurant, de continuer la belle histoire”.Réalisant près de 45.000 couverts par an, la Pyramide attire toujours les touristes de passage sur la route mais surtout ses voisins: 65% des clients sont originaires de Rhône-Alpes.Ludovic Chambéry, un enseigniste de 51 ans, travaille à côté et s’accorde parfois une pause méridienne dans cet établissement qu’il juge “hyper qualitatif et bon enfant, à l’ambiance conviviale”.”On fait à manger pour nos clients, pas pour le Michelin”, tient à rappeler M. Henriroux, assurant ne pas chercher à décrocher une troisième étoile, car “le vrai génie, c’est de durer.”À quelques jours de la cérémonie du Michelin, les cuisines sont tout de même sur le qui-vive: le chef de renom Georges Blanc vient d’apprendre la perte de sa troisième étoile à Vonnas (Ain), après 44 ans au firmament.Boris Henriroux, fils de Patrick et assistant-directeur de la Maison Pyramide, garde confiance: “Pour l’instant, dit-il, le téléphone n’a pas encore sonné, c’est plutôt bon signe!” 

Expulsés par Trump, dans une zone grise au Costa Rica, avec la peur d’un retour dans leur pays

Marwa a fui l’Afghanistan et les persécutions des femmes sous le régime taliban. Expulsée par les Etats-Unis, elle est aujourd’hui retenue dans un refuge pour migrants au Costa Rica, disant sa peur d’être renvoyée : “Les talibans me tueront”, affirme-t-elle à l’AFP.Derrière les grillages du Centre d’accueil temporaire pour migrants (Catem), près de la frontière avec le Panama, cette Afghane de 27 ans dit que son mari est également en danger et qu’il n’y a pas d’avenir en Afghanistan pour sa fille de deux ans.”Si je retourne là-bas, je mourrai. Les talibans me tueront. J’ai perdu mon père et mon oncle. Je ne veux pas perdre mon mari ni mon bébé”, confie-t-elle à une équipe de l’AFP qui, cachée à l’extérieur de l’enceinte, dans un endroit sans surveillance policière, a pu parler avec plusieurs expulsés.Marwa, son mari Mohammad Asadi et leur fille font partie de 200 migrants – dont environ 80 enfants – d’Afghanistan, d’Iran, de Russie, d’autres pays asiatiques et africains que les Etats-Unis ont expulsé il y a un mois vers le Costa Rica.En plus du Costa Rica, les Etats-Unis ont conclu des accords avec le Panama, qui a accueilli 300 migrants originaires d’Asie, et le Salvador qui a placé dans sa prison de haute sécurité 238 Vénézuéliens, alléguant leur appartenance au gang du Tren de Aragua, considéré comme une “organisation terroriste” par Washington.- “Peine de mort” -Parmi les migrants expulsés en même temps que Marwa, 74 ont été rapatriés dans leur pays d’origine, une dizaine devraient bientôt l’être mais plus d’une centaine sont dans une zone grise : ils refusent de retourner dans leur pays mais aucun autre, y compris le Costa Rica pourtant à la longue tradition d’accueil, ne leur accorde l’asile.”On ne peut pas rentrer, mais on ne peut pas rester ici non plus. On ne connaît pas la culture, ne parlons pas espagnol. On n’a pas de famille au Canada, aux Etats-Unis ou en Europe”, dit Marwa, qui couvre ses cheveux d’un hijab.Elle raconte que son mari Mohammad, 31 ans, vendait des matériaux de construction à des entreprises américaines avant le retour au pouvoir des talibans en 2021. Ils se sont alors enfuis, d’abord en Iran pendant deux ans et demi avant de se rendre au Brésil d’où ils ont entrepris la longue marche jusqu’aux Etats-Unis, notamment à travers la dangereuse jungle du Darien, entre Colombie et Panama.”Il y a beaucoup de cartels sur le chemin qui nous ont pris notre argent et nous ont torturés physiquement et mentalement”, raconte Alireza Salimivir, un Iranien de 35 ans qui a vécu une odyssée similaire avec sa femme. Ils ont été séparés, elle est en cours d’expulsion des Etats-Unis et Salimivir espère la retrouver bientôt.Pour eux, un retour en Iran n’est pas envisageable : “En raison de notre conversion de l’islam au christianisme, ils nous infligeront la peine de mort”, affirme-t-il.Expulsé avec sa femme et son enfant de six ans, German Smirnov, 36 ans, craint qu’en cas de retour en Russie il sera “torturé” pour avoir dénoncé des anomalies en tant qu’observateur lors des élections de 2024. “On ne me donnera d’autre que la prison ou partir à la guerre”, affirme-t-il.- “Complice” -Tous disent ne pas avoir été bien traités par les officiers de migrations américains : “Comme des déchets”, affirme même M. Smirnov.Au Catem, à 350 km au sud de San José, ils disent être bien nourris, avoir accès à des téléphones mais ne peuvent pas sortir malgré toute absence de casier judiciaire. Leurs passeports sont retenus par la police.”Il existe un schéma systématique de violation des droits de l’Homme dans un pays qui s’est toujours vanté de les défendre. C’est un recul très grave pour le Costa Rica”, estime l’ex-diplomate Mauricio Herrera, qui a présenté un habeas corpus en faveur des expulsés afin qu’ils soient présentés à un juge qui étudiera la légalité de leur placement.Le président costaricien Rodrigo Chaves a justifié l’accord d’accueil des expulsés des Etats-Unis comme une aide “au puissant frère du nord”.”Le Costa Rica ne devrait pas être complice des flagrantes violations des Etats-Unis”, estime Michael Garcia Bochenek, de Human Rights Watch.Marwa ne sait pas ce qui va se passer, mais refuse catégoriquement tout retour en Afghanistan où elle sera forcée de porter la burka, sans accès à l’espace public. Elle souhaite encore moins cet avenir pour sa fille. “Tout est fermé là-bas pour les femmes… les écoles, les universités”, se désole-t-elle. “Je suis un être humain, je choisis comme je veux être”, dit-elle en montrant le jean qu’elle porte, avant de se tourner, main dans la main avec son mari, vers un avenir plus qu’incertain.