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Le cinéaste Yves Boisset est mort à 86 ans

Le cinéaste Yves Boisset, qui a marqué les années 1970 avec des films engagés et politiques comme “Dupont Lajoie” sur le racisme ordinaire, est mort lundi à l’âge de 86 ans, a annoncé sa famille à l’AFP.En 1975, sort son film le plus célèbre, “Dupont Lajoie”, à partir de meurtres racistes à Marseille commis quelques années plus tôt. Jean Carmet crève l’écran. Bagarres et intimidations de l’extrême droite ont lieu lors du tournage et de la sortie en salles. Yves Boisset était soigné depuis plusieurs jours à l’hôpital franco-britannique de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, où il s’est éteint.En 1972, c’est “L’Attentat”, avec Jean-Louis Trintignant, inspiré par l’assassinat en France de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka. Le film s’en prend au pouvoir gaulliste. L’équipe est interdite de tournage sur plusieurs lieux.Un an plus tard, sort “R.A.S” (pour “Rien à signaler”). Il est l’un des premiers cinéastes à s’emparer de la guerre d’Algérie. Une histoire d’insoumission dont le leader d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, et ses amis disent tout le mal qu’ils pensent. La censure exige que les scènes de torture soient écourtées.Scénariste de ses films, il réalise aussi “Espion, lève-toi” (Lino Ventura), “Canicule” (Lee Marvin) ou “Bleu comme l’enfer” (Lambert Wilson). Un de ses autres principaux succès a été “Un taxi mauve” (Philippe Noiret et Charlotte Rampling).Fatigué qu’on lui mette en permanence des bâtons dans les roues, il avait arrêté le cinéma en 1991 au profit de la télévision. Il avait notamment signé en 1993 “L’Affaire Seznec”, en 1995 “L’Affaire Dreyfus” et en 1997 “Le Pantalon”, sur les fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18.  “Yves Boisset a été critique puis réalisateur engagé. Il a réussi de beaux portraits de créatures pas banales, pris position ds des combats nécessaires et laisse une œuvre solide, engageante et d’un naturel convaincant. Ce n’est pas rien. Quelqu’un de simple. Simplement quelqu’un”, a salué l’ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob sur les réseaux sociaux.Côté politique, Younous Omarjee, vice-président LFI du Parlement européen, a raconté qu’il avait travaillé avec le cinéaste à un scénario sur l’avocat Jacques Vergès et la lutte des planteurs de canne à La Réunion, projet qui n’a finalement pas vu le jour. L’élu a fait part de sa “tristesse à l’annonce de la disparition (d’un) réalisateur engagé qui incarnait un cinéma social trop peu soutenu”.

Procès du RN: inéligibilité immédiate pour Marine Le Pen

Marine Le Pen est inéligible, à effet immédiat, compromettant sa candidature en 2027. Le tribunal de Paris n’a pas encore annoncé la peine ordonnée à son encontre au procès des assistants parlementaires européens, mais a déjà annoncé une inéligibilité avec exécution immédiate, provoquant le départ de la salle d’audience de la cheffe de file de l’extrême droite.”Le tribunal a pris en considération, outre le risque de récidive, le trouble majeur à l’ordre public, en l’espèce le fait que soit candidate à l’élection présidentielle une personne déjà condamnée en première instance”, a déclaré la présidente Bénédicte de Perthuis.Cette annonce – avant le détail des peines – a laissé la salle sans voix. Après un moment de flottement, et alors que la présidente commençait à appeler les prévenus un à un, Marine Le Pen a échangé quelques mots avec son avocat, puis s’est levée et quitté la salle d’audience.Elle a ensuite traversé le tribunal sans un mot, puis est montée dans une voiture qui l’attendait, suivie d’une nuée de caméras. Elle s’est rendue aussitôt au siège parisien du RN.- Le Kremlin condamne -Quelques minutes à peine après l’énoncé du jugement, le Kremlin a déploré une “violation des normes démocratiques”.Le prononcé d’une peine d’inéligibilité “apparaît nécessaire”, a justifié la présidente, soulignant la “gravité des faits”. Elle a mis en avant “leur nature systématique, de leur durée, du montant des fonds détournés” mais aussi de “la qualité d’élu” des personnes condamnées, et de l’atteinte portée à la confiance publique et aux règles du jeu démocratique”.Au terme de près de deux heures de lecture d’un jugement, le tribunal a considéré qu’un “système”, “centralisé, optimisé” avait bien été mis en place pour permettre au Rassemblement national (ex-Front national) de faire “des économies” en payant, entre 2004-2016, des assistants parlementaires “fictifs” qui travaillaient en réalité pour le parti.Evoquant une “double tromperie”, à l’égard du Parlement européen et des électeurs, la présidente a souligné que le “système” mis en place équivalait à un “contournement des règles des partis politiques et du fonctionnement démocratique”.Au début de l’audience et devant Marine Le Pen, assise en veste bleue au premier rang, aux côtés notamment du vice-président du parti Louis Aliot, le tribunal a rapidement annoncé que les neuf eurodéputés poursuivis étaient coupables de détournement de fonds publics, et les douze assistants coupables de recel. “Il a été établi que toutes ces personnes travaillaient en réalité pour le parti, que leur député ne leur avait confié aucune tâche”, qu’ils “passaient d’un député à l’autre”, a-t-elle détaillé.”Il ne s’agissait pas de mutualiser le travail des assistants mais plutôt de mutualiser les enveloppes des députés” pour faire faire “des économies” au parti en étant “directement financé par le Parlement européen”, a-t-elle poursuivi, sous les protestations à voix basse de Marine Le Pen.- “Au coeur du système” -Cette dernière était “au coeur de ce système”, encore plus quand elle a pris la suite de Jean-Marie Le Pen à la tête du parti à partir de 2011. “Elle s’est inscrite avec autorité et détermination dans le fonctionnement instauré par son père” dès 2004, a estimé le tribunal. “Que les choses soient claires”, avait commencé la présidente, “Personne n’est jugé pour avoir fait de la politique, c’est pas le sujet. La question, c’était de savoir si les contrats ont reçu une exécution ou pas”.Il n’y a pas eu d'”enrichissement personnel” mais “il y a bien un enrichissement du parti”, martèle la présidente, notant aussi que les salaires octroyés aux assistants parlementaires était plus “confortables” que ce que le parti aurait pu se permettre.Au terme de deux mois de procès (30 septembre-27 novembre) et à la surprise générale, l’accusation avait requis à l’encontre de la cheffe de file de l’extrême droite une peine de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire (s’appliquant immédiatement, même en cas d’appel) en plus de cinq ans de prison dont deux ferme (une peine aménageable), ainsi que 300.000 euros d’amende.Si elle fait appel, vu les délais habituels de la justice, on peut imaginer que son second procès se tienne dans au moins un an, soit une décision pas avant l’automne 2026, quelques mois avant la présidentielle.Mais si elle est déjà officiellement inéligible durant cette période, cela risque de perturber sa marche vers l’élection : “ça fait une préparation à la présidentielle particulière, quand même”, reconnaissait un membre de sa garde rapprochée la semaine dernière, parlant d'”épée de Damoclès”. “Lundi, c’est un monde qui peut s’effondrer”.Selon un sondage Ifop pour le JDD publié ce week-end, si une élection présidentielle se tenait aujourd’hui, la cheffe de file du Rassemblement national arriverait largement en tête au premier tour, avec entre 34% et 37% des intentions de vote en fonction des candidats face à elle.

Apple lourdement condamné en France pour son dispositif de ciblage publicitaire

Apple a été condamné lundi par l’Autorité de la concurrence française à une amende de 150 millions d’euros pour abus de position dominante dans le cadre du ciblage publicitaire sur ses appareils, alors que des enquêtes similaires visent l’entreprise dans d’autres pays européens.Le géant américain se voit sanctionné pour l’utilisation de son dispositif ATT (“App Tracking Transparency”), présenté comme une protection supplémentaire des données privées des utilisateurs. Les “modalités de mise en œuvre (de ce dispositif) ne sont ni nécessaires, ni proportionnées à l’objectif affiché par Apple de protection des données”, ce qui pénalise les éditeurs tiers, a souligné l’instance lundi lors d’une conférence de presse.”Bien que nous soyons déçus par la décision d’aujourd’hui, l’Autorité de la concurrence française n’a pas exigé de changements spécifiques à l’App Tracking Transparency (ATT), a réagi Apple dans un communiqué.L’antitrust français a indiqué qu’il était du ressort de l’entreprise américaine de se mettre en conformité.Ce montant de 150 millions d’euros “nous a paru approprié” et “raisonnable”, a expliqué Benoît Coeuré, le président du gendarme français de la concurrence, qui représente selon lui “une somme assez modeste quand on prend en compte le chiffre d’affaires d’Apple”, qui avoisine les 400 milliards de dollars en 2024.Apple devra également publier un résumé de la décision sur son site internet pendant sept jours.- Petits éditeurs pénalisés -Pour justifier sa décision, l’Autorité de la concurrence relève que ce dispositif “engendre une multiplication des fenêtres de recueil de consentement compliquant excessivement le parcours des utilisateurs d’applications tierces” sur les Iphone et les Ipad.De plus, le fait pour l’utilisateur de devoir refuser deux fois, au lieu d’une, le traçage publicitaire sur les applications tierces “porte atteinte à la neutralité du dispositif, causant un préjudice économique certain aux éditeurs d’applications et aux fournisseurs de service publicitaire”.Le régulateur estime estime que le dispositif tel qu’il est mis en place par Apple “pénalise tout particulièrement les plus petits éditeurs” qui “dépendent en grande partie de la collecte de données tierces pour financer leur activité”.Introduit par le géant américain début 2021, le dispositif ATT donne lieu à l’ouverture d’une fenêtre de consentement à l’ouverture de chaque application.Si un utilisateur clique sur “non”, l’application perd l’accès à l’identifiant publicitaire de cette personne, un numéro unique qui permet de le pister en ligne.Ce dispositif était soupçonné de favoriser les propres services d’Apple au détriment des applications tierces.- “Victoire importante” -“Cette décision marque une victoire importante pour les 9.000 entreprises de l’écosystème des médias et de la publicité en ligne”, se sont félicités plusieurs acteurs du secteur dont Alliance Digitale, le Syndicat des régies internet et l’Union des entreprises de conseil et d’achat media, dans un communiqué commun.Ils avait saisi le gendarme français de la concurrence en 2020 pour dénoncer une entrave à leur capacité de ciblage, qui avait d’abord rejeté en 2021 une demande de mesures conservatoires mais avait poursuivi l’instruction au fond.Cette décision devrait être observée en Allemagne, où Apple est dans le collimateur depuis juin 2022.Le firme américaine y a subi mi-mars un revers juridique après que la justice a confirmé son placement sous surveillance renforcée, laissant le groupe sous la menace de mesures visant à encadrer son activité.Les autorités de la concurrence italienne, roumaine et polonaise ont aussi lancé des enquêtes similaires.De son côté, l’Union européenne a réaffirmé en février qu’elle défendrait fermement ses législations sur les services numériques ciblant les géants américains de la tech.Et ce, même en cas de mesures de rétorsion de la part de Washington: le président Trump a indiqué qu’il envisagerait des droits de douane en réponse aux “taxes, amendes et contraintes réglementaires sur les services numériques” qui s’appliqueraient à des entreprises américaines dans l’UE, et notamment les géants de la “tech”.

Japon: des doutes écologiques et financiers menacent un projet d’acheminement d’hydrogène australien

Un projet phare d’acheminement d’hydrogène d’Australie vers le Japon, qui mise sur cette énergie pour sa décarbonation, se voit compromis par des doutes sur le bilan environnemental de sa production, basée sur la combustion de lignite et dont la liquéfaction s’avère coûteuse et énergivore.Baptisé Hydrogen Energy Supply Chain (HESC), ce projet tentaculaire évalué à 1 milliard de dollars visait à approvisionner l’archipel nippon depuis l’Australie.Mais pour l’heure, HESC doit se résoudre à se procurer de l’hydrogène au Japon même pour tenir l’échéance 2030 pour sa phase pilote –même s’il assure ne pas abandonner l’idée de produire en Australie un hydrogène décarboné.Des volumes considérables d’hydrogène, dont la combustion ne produit que de la vapeur d’eau, sont jugés nécessaires pour décarboner l’industrie lourde et les transports, mais cela suppose la création ex nihilo d’infrastructures aux coûts élevés et aux défis techniques redoutables.Et des différences cruciales existent entre “hydrogène vert” produit à partir d’électricité tirée des renouvelables, et “hydrogène bleu” s’appuyant sur la combustion de fossiles avec capture du carbone émis, voire “brun” (sans capture).Projet vitrine des ambitions environnementales japonaises, HESC visait à produire de l’hydrogène “bleu” dans l’État australien de Victoria (sud-est), en tirant avantage des abondantes réserves locales de lignite.HESC affirme vouloir produire à terme suffisamment d’hydrogène pour “réduire d’environ 1,8 million de tonnes par an les rejets de CO2” –à comparer aux 974 millions de tonnes de CO2 émis en 2022 par le secteur énergétique japonais selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).- “Opposition” -Le gouvernement japonais a promis 220 milliards de yens (environ 1,4 milliard de dollars) pour la phase actuelle de “démonstration commerciale” censée s’achever en 2030 avant une phase-pilote.Pour tenir l’échéance, la décision de délocaliser la production d’hydrogène au Japon a été prise “principalement en raison de retards des procédures côté australien”, a déclaré un porte-parole de Kawasaki Heavy Industries, l’un des groupes à l’origine du projet. Sans préciser les modalités de cet approvisionnement local.Le gouvernement de l’État de Victoria n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP. Des responsables australiens ont évoqué auprès des médias une “décision commerciale” japonaise.En réalité, le désintérêt des autorités australiennes s’explique en raison d’une “forte opposition” des militants écologistes et experts opposés au captage et au stockage du carbone, affirme Daisuke Akimoto, de l’Université des sciences de l’information de Tokyo.”Le principal problème auquel le projet est confronté est le refus d’approbation du projet d’hydrogène +bleu+ par le gouvernement du Victoria”, souligne-t-il. Ces incertitudes reflètent “des lacunes cruciales à mi-parcours” sur la faisabilité du captage du carbone, processus “difficile et complexe, n’ayant réussi pleinement nulle part”, abonde David Cebon, professeur d’ingénierie à l’Université de Cambridge.- “Absurde” -Kawasaki indique cependant poursuivre les “études de faisabilité” sur l’approvisionnement en hydrogène australien, se disant “très optimiste” et assurant que l’objectif “reste inchangé”.Mais M. Cebon n’exclut pas de voir le projet Australie-Japon “disparaître discrètement” en raison du coût du transport. Pour être acheminé par mer sous forme liquide, l’hydrogène doit être refroidi à -253 °C, processus extrêmement coûteux et énergivore.”Je pense que les esprits les plus avisés du gouvernement australien viennent de réaliser à quel point c’est absurde”, soupire Mark Ogge, du think-tank Australia Institute. L’entreprise énergétique japonaise Kansai Electric s’est d’ailleurs retirée d’un autre projet de production d’hydrogène “vert” en Australie. Elle refuse de commenter les informations de presse selon la flambée des coûts l’aurait effrayée.Le Japon, pauvre en ressources, est le cinquième plus grand émetteur mondial de dioxyde de carbone. Il produit déjà de l’hydrogène sur son territoire, principalement à partir de gaz naturel, de pétrole ou d’énergie nucléaire, bien que cette production soit limitée et onéreuse.Certains experts restent confiants: Noe van Hulst, conseiller hydrogène auprès de l’AIE, juge important d’adopter une vision à long terme.”Des projets pilotes permettent de tester les innovations par la pratique. C’est difficile de développer un marché de l’hydrogène bas carbone et cela prendra des décennies”, comme pour l’éolien et le solaire, déclare-t-il à l’AFP. Or, le solaire a finalement vu ses coûts s’effondrer, favorisant son adoption tous azimuts.Et pour l’instant, “il n’existe pas vraiment d’alternative pour décarboner ces secteurs difficiles à électrifier comme l’acier, le ciment, les transports maritime et aérien”, souligne M. van Hulst.

Séisme: une semaine de deuil national en Birmanie, dernière chance pour retrouver des survivants

La junte birmane a décrété lundi une semaine de deuil national après le puissant séisme qui a tué vendredi plus de 1.700 personnes dans le pays, où l’espoir de retrouver des survivants dans les décombres se réduit d’heure en heure.La période de deuil court jusqu’à dimanche, ont indiqué dans un communiqué les militaires au pouvoir, annonçant la mise en berne des drapeaux birmans, “en signe de compassion pour les pertes humaines et les dégâts causés par le tremblement de terre extrêmement violent”.Les experts craignent des milliers de morts supplémentaires en Birmanie, malgré la mobilisation de la communauté internationale pour venir en aide à ce pays décimé par la guerre civile, qui manque de ressources devant l’ampleur des dégâts.Vendredi en milieu de journée, un tremblement de terre d’amplitude 7,7 a frappé le centre de la Birmanie, suivi quelques minutes après par une secousse de magnitude 6,7. Durant le weekend, des répliques sont restées perceptibles le long de la faille de Sagaing, autour de laquelle vit une grande partie de la population birmane.Le séisme, d’une violence inédite en plusieurs décennies en Birmanie, a provoqué des scènes de chaos jusqu’à 1.000 kilomètres de l’épicentre, à Bangkok, où au moins 18 personnes ont perdu la vie, principalement dans l’effondrement d’une tour en construction de 30 étages.A Mandalay, la deuxième ville de Birmanie proche de l’épicentre, des habitants ont passé une troisième nuit à la belle étoile. Beaucoup ont dormi au milieu des routes, le plus loin possible des bâtiments, afin d’éviter d’éventuelles chutes de projectiles.Les efforts de secours ont réduit d’intensité lundi à la mi-journée par rapport à la veille. La chaleur tropicale, attendue autour de 40 degrés, met à rude épreuve les équipes qui s’activent autour des sites sinistrés, et accélère la décomposition des corps piégés dans les décombres, compliquant leur identification.L’hôpital général de 1.000 lits de Mandalay ayant été évacué, des centaines de patients sont soignés à l’air libre. “C’est une situation très, très imparfaite pour tout le monde”, a déclaré un membre de l’équipe médicale. “On fait de notre mieux.”- Funérailles et Aïd -Les funérailles de centaines de victimes doivent avoir lieu lundi, au moment où des centaines de membres de la communauté musulmane endeuillée a célébré l’Aïd, la fête marquant la fin du mois de jeûne de ramadan.”En temps normal, c’est plein de joie quand c’est l’Aïd”, confie Win Thiri Aung, une fidèle de 26 ans de Mandalay, “mais nos cœurs sont lourds cette année”.Il est difficile d’établir avec précision un bilan en Birmanie, pays isolé et fracturé, où les généraux au pouvoir combattent une myriade de groupes de minorités ethniques et d’opposants politiques, mais l’appel au secours du chef de la junte, Min Aung Hlaing, une démarche rarissime pour un haut-gradé birman, illustre l’ampleur de la catastrophe.Les autorités ont fait état dimanche d’environ 1.700 morts, 3.400 blessés et 300 disparus.- Frappes aériennes -L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé dimanche le séisme au plus haut degré de ses urgences, pendant que la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a lancé un appel pour récolter plus de 100 millions de dollars. La Chine, l’Indonésie ou l’Inde ont déployé des équipes.Le porte-parole de la junte Zaw Min Tun a remercié la Chine et la Russie, deux alliés proches de Naypyidaw, de même que l’Inde, de leur soutien. “Nous essayons de soigner les blessés et de rechercher les personnes disparues”, a-t-il indiqué dans un communiqué aux journalistes.Le conflit civil qui dure depuis le coup d’État du 1er février 2021 contre le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi a sapé le système de santé, qui est sous-équipé pour gérer un tel afflux de victimes, selon les agences humanitaires. La situation était déjà alarmante avant le séisme, les combats ayant déplacé plus de 3,5 millions de personnes vulnérables, d’après les Nations unies.Le tremblement de terre n’a pas empêché les militaires de mener vendredi contre un groupe armé appartenant à une minorité ethnique dans l’État Shan (nord-est) une attaque aérienne qui a tué sept combattants, selon les rebelles. D’autres cas de frappes similaires ont été rapportés lundi.A Bangkok, les opérations se poursuivent pour retrouver des survivants dans les décombres d’une tour en chantier qui s’est effondrée, piégeant environ 80 ouvriers.Les autorités thaïlandaises indiquent enquêter sur les causes qui ont mené à l’effondrement de l’immeuble de 30 étages qui devait abriter des bureaux de services de l’État.burs-ah-vgu/jp

Séisme: une semaine de deuil national en Birmanie, dernière chance pour retrouver des survivants

La junte birmane a décrété lundi une semaine de deuil national après le puissant séisme qui a tué vendredi plus de 1.700 personnes dans le pays, où l’espoir de retrouver des survivants dans les décombres se réduit d’heure en heure.La période de deuil court jusqu’à dimanche, ont indiqué dans un communiqué les militaires au pouvoir, annonçant la mise en berne des drapeaux birmans, “en signe de compassion pour les pertes humaines et les dégâts causés par le tremblement de terre extrêmement violent”.Les experts craignent des milliers de morts supplémentaires en Birmanie, malgré la mobilisation de la communauté internationale pour venir en aide à ce pays décimé par la guerre civile, qui manque de ressources devant l’ampleur des dégâts.Vendredi en milieu de journée, un tremblement de terre d’amplitude 7,7 a frappé le centre de la Birmanie, suivi quelques minutes après par une secousse de magnitude 6,7. Durant le weekend, des répliques sont restées perceptibles le long de la faille de Sagaing, autour de laquelle vit une grande partie de la population birmane.Le séisme, d’une violence inédite en plusieurs décennies en Birmanie, a provoqué des scènes de chaos jusqu’à 1.000 kilomètres de l’épicentre, à Bangkok, où au moins 18 personnes ont perdu la vie, principalement dans l’effondrement d’une tour en construction de 30 étages.A Mandalay, la deuxième ville de Birmanie proche de l’épicentre, des habitants ont passé une troisième nuit à la belle étoile. Beaucoup ont dormi au milieu des routes, le plus loin possible des bâtiments, afin d’éviter d’éventuelles chutes de projectiles.Les efforts de secours ont réduit d’intensité lundi à la mi-journée par rapport à la veille. La chaleur tropicale, attendue autour de 40 degrés, met à rude épreuve les équipes qui s’activent autour des sites sinistrés, et accélère la décomposition des corps piégés dans les décombres, compliquant leur identification.L’hôpital général de 1.000 lits de Mandalay ayant été évacué, des centaines de patients sont soignés à l’air libre. “C’est une situation très, très imparfaite pour tout le monde”, a déclaré un membre de l’équipe médicale. “On fait de notre mieux.”- Funérailles et Aïd -Les funérailles de centaines de victimes doivent avoir lieu lundi, au moment où des centaines de membres de la communauté musulmane endeuillée a célébré l’Aïd, la fête marquant la fin du mois de jeûne de ramadan.”En temps normal, c’est plein de joie quand c’est l’Aïd”, confie Win Thiri Aung, une fidèle de 26 ans de Mandalay, “mais nos cœurs sont lourds cette année”.Il est difficile d’établir avec précision un bilan en Birmanie, pays isolé et fracturé, où les généraux au pouvoir combattent une myriade de groupes de minorités ethniques et d’opposants politiques, mais l’appel au secours du chef de la junte, Min Aung Hlaing, une démarche rarissime pour un haut-gradé birman, illustre l’ampleur de la catastrophe.Les autorités ont fait état dimanche d’environ 1.700 morts, 3.400 blessés et 300 disparus.- Frappes aériennes -L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé dimanche le séisme au plus haut degré de ses urgences, pendant que la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a lancé un appel pour récolter plus de 100 millions de dollars. La Chine, l’Indonésie ou l’Inde ont déployé des équipes.Le porte-parole de la junte Zaw Min Tun a remercié la Chine et la Russie, deux alliés proches de Naypyidaw, de même que l’Inde, de leur soutien. “Nous essayons de soigner les blessés et de rechercher les personnes disparues”, a-t-il indiqué dans un communiqué aux journalistes.Le conflit civil qui dure depuis le coup d’État du 1er février 2021 contre le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi a sapé le système de santé, qui est sous-équipé pour gérer un tel afflux de victimes, selon les agences humanitaires. La situation était déjà alarmante avant le séisme, les combats ayant déplacé plus de 3,5 millions de personnes vulnérables, d’après les Nations unies.Le tremblement de terre n’a pas empêché les militaires de mener vendredi contre un groupe armé appartenant à une minorité ethnique dans l’État Shan (nord-est) une attaque aérienne qui a tué sept combattants, selon les rebelles. D’autres cas de frappes similaires ont été rapportés lundi.A Bangkok, les opérations se poursuivent pour retrouver des survivants dans les décombres d’une tour en chantier qui s’est effondrée, piégeant environ 80 ouvriers.Les autorités thaïlandaises indiquent enquêter sur les causes qui ont mené à l’effondrement de l’immeuble de 30 étages qui devait abriter des bureaux de services de l’État.burs-ah-vgu/jp

Birmanie: pour les musulmans de Mandalay, une fête de l’Aïd sous le signe du deuil

Des centaines de musulmans se sont réunis lundi pour la fête de l’Aïd en Birmanie, mais à Mandalay, les prières sont aussi allées aux nombreuses victimes du puissant séisme qui a frappé la Birmanie vendredi.Au petit matin, les fidèles ont pris place à l’extérieur, dans une rue où vingt personnes ont trouvé la mort trois jours plus tôt, dans le tremblement de terre d’amplitude 7,7 qui a semé la dévastation dans la ville.Certains ne peuvent retenir leurs sanglots.”Qu’Allah nous accorde tous la paix” et “puissent tous les frères être libérés du danger”, lance un imam, se cassant la voix en pleine prière pour les âmes des morts.Quatorze enfants et deux adultes ont été tués dans l’effondrement du minaret de la mosquée sud de Sajja, dans le quartier musulman de Mawyagiwah, ont indiqué des habitants. Quatre personnes sont mortes dans des conditions similaires dans la mosquée nord de Sajja, située dans le voisinage.La plupart des victimes faisaient partie de la famille, proche et éloignée, de Win Thiri Aung.”En temps normal, c’est plein de joie quand c’est l’Aïd”, la fête qui marque la fin du mois du jeûne du ramadan, confie cette femme de 26 ans, “mais nos coeurs sont lourds cette année, toutes nos pensées vont aux enfants morts”.”C’est un test d’Allah, un rappel que nous devons nous tourner vers Lui et prier davantage”, ajoute-t-elle.- Dégâts variables -A l’extérieur de l’allée qui mène aux mosquées, les fidèles – dont beaucoup arborent des vêtements neufs offerts en cadeau à l’occasion de la célébration de l’Aïd – se sont alignés sur des bâches en plastique posées sur la route, maintenues par des briques.Les ablutions sont réalisées à l’aide d’un sceau.”Nous devons prier sur la route” et “la situation est si désastreuse qu’il est difficile d’exprimer ce qui se passe”, témoigne Aung Myint Hussein, administrateur en chef de la mosquée nord de Sajja. “C’est comme si nos vies entières avaient été brisées par cette série de secousses et de peurs.”Les dégâts sont très variables à Mandalay. Si certains bâtiments sont totalement détruits, les dommages restent concentrés et une grande partie de la ville semble épargnée, avec un retour de la circulation sur les routes ou encore la réouverture de restaurants.En bas de la rue des mosquées, un habitant a déclaré que six personnes avaient été tuées lorsque une boutique de desserts s’est affaissée, et deux personnes dans un restaurant de l’autre côté de la route.Sandar Aung, 11 ans, a été grièvement blessé lors des prières du vendredi, et est décédé ce soir-là à l’hôpital.”Je suis tellement triste, mon fils était très enthousiaste pour l’Aïd,” s’est effondrée sa mère, Htet Myet Aung, 37 ans.”Nous avons de nouveaux vêtements que nous allions porter ensemble”, poursuit-elle, en larmes. “Nous acceptons ce qu’Allah a planifié.”