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Les Etats-Unis prennent de nouvelles sanctions contre le Venezuela qui dénonce un acte de “piraterie”

Le gouvernement américain a annoncé jeudi de nouvelles sanctions contre des compagnies maritimes opérant au Venezuela et des proches du président Nicolas Maduro, qui a dénoncé un acte de “piraterie maritime” après l’arraisonnement spectaculaire d’un pétrolier par les Etats-Unis au large de son pays.Ces sanctions contre “le régime illégitime de Nicolas Maduro au Venezuela” visent trois neveux de l’épouse du président que Washington accuse d’être des narcotrafiquants, un homme d’affaires panaméen soupçonné d’avoir facilité les transactions pétrolières de Caracas, et six compagnies maritimes accusées d’avoir transporté du pétrole vénézuélien, a annoncé le Trésor américain dans un communiqué.Ces personnes et entreprises se voient interdire toute transaction avec une société ou individu américains et leurs avoirs aux Etats-Unis sont gelés.L’administration du président américain Donald Trump accuse Nicolas Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intéressé dément catégoriquement, affirmant que Washington cherche à le renverser pour s’emparer du pétrole de son pays.L’annonce de ces nouvelles sanctions intervient après la saisie par les forces américaines mercredi en mer des Caraïbes d’un pétrolier, le Skipper, qui selon des responsables américains transportait du pétrole en provenance du Venezuela et d’Iran à destination de Cuba.”Ils ont enlevé les membres d’équipage, volé le navire et inauguré une nouvelle ère, l’ère de la piraterie navale criminelle dans les Caraïbes”, a protesté jeudi soir M. Maduro à la télévision publique.Résumant la stratégie américaine, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré que le président Donald Trump n’entendait pas “rester les bras croisés à regarder des navires sanctionnés naviguer sur les mers avec du pétrole provenant du marché noir, dont les profits alimenteront le narcoterrorisme de régimes voyous et illégitimes”.Elle a précisé que le navire serait dirigé vers un port américain et que les Etats-Unis avaient “l’intention d’en saisir le pétrole”, reconnaissant cependant que cela posait des questions légales.Washington a déployé un important dispositif militaire dans les Caraïbes depuis cet été, et bombardé des embarcations suspectées de narcotrafic en provenance du Venezuela. Mais c’est la première fois que le président américain ordonne la saisie d’un pétrolier, visant à priver Caracas de sa principale source de revenus.Soumis à un embargo depuis 2019, Caracas est obligé d’écouler sa production pétrolière sur le marché noir à des prix nettement plus bas, à destination en particulier de la Chine. La saisie du pétrolier pourrait peser sur ces exportations, en dissuadant les acheteurs potentiels.- Soutien de Moscou -M. Maduro a indiqué que Caracas allait lancer “les actions juridiques et diplomatiques appropriées”. Sans dire que quelle nationalité était le navire, il a précisé qu’il transportait “vers les marchés internationaux 1.900.000 barils de pétrole — pétrole qui a été payé au Venezuela, car quiconque importe du pétrole le paie d’abord”.La ministre américaine de la Justice, Pam Bondi, a publié sur son compte X une vidéo de 45 secondes montrant l’assaut de soldats américains armés débarquant sur le pont d’un navire depuis un hélicoptère.Selon les données du site Vesselfinder vendredi à 05H30 GMT, le Skipper se trouvait dans les eaux internationales au sud-est de l’archipel français de la Guadeloupe, et se dirigeait vers le nord.Le navire en question a été sanctionné par le Trésor américain en 2022 pour des liens présumés avec le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien et le Hezbollah.Lors d’un échange téléphonique avec M. Maduro, le président russe, Vladimir Poutine, lui “a exprimé sa solidarité” et a “confirmé son soutien” à sa politique “visant à protéger ses intérêts nationaux et sa souveraineté dans un contexte de pressions extérieures croissantes”, a expliqué le Kremlin dans un communiqué.Aux Etats-Unis, l’opposition démocrate s’est inquiétée de cette escalade et des intentions réelles du président Trump.Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé jeudi avoir mis en garde son homologue américain lors d’un appel téléphonique le 2 décembre.”Je lui ai dit: Trump, nous ne voulons pas d’une guerre en Amérique latine”, a déclaré Lula, selon qui le président américain a alors répondu: “mais moi j’ai plus d’armes, plus de bateaux, plus de bombes”.

Zelensky, un chef de guerre sous pression

La Russie pensait se débarrasser de Volodymyr Zelensky en quelques jours en envahissant l’Ukraine en février 2022. Mais le président ukrainien a tenu, devenant le symbole de la résistance inattendue d’un pays face à un puissant ennemi.Novice en politique lors de son élection en 2019, M. Zelensky, un ancien humoriste, est aujourd’hui confronté à l’un des défis les plus durs depuis le début de la guerre à grande échelle avec la Russie.Alors que l’armée russe progresse sur le front, un grave scandale de corruption dans le secteur énergétique l’a fragilisé et poussé à limoger son très puissant mais impopulaire bras droit, Andriï Iermak, mentionné dans cette affaire.Parallèlement, Washington cherche à finaliser rapidement un plan de paix que beaucoup à Kiev voient comme une quasi-capitulation. Reprenant la rhétorique du Kremlin, Donald Trump réclame la tenue d’une élection présidentielle en Ukraine en pleine guerre, ce à quoi M. Zelensky s’est dit “prêt” si les États-Unis et l’Europe assurent la sécurité du scrutin. Le président ukrainien âgé de 47 ans a pourtant l’expérience de l’emporter dans l’adversité.Tandis que l’armée russe marchait sur Kiev fin février 2022 et bombardait le pays, poussant des millions d’Ukrainiens à fuir, il avait rejeté l’offre d’exfiltration américaine et publiait, chaque jour depuis Kiev, des vidéos pour remonter le moral de ses compatriotes.- “Plus dur” -“On ne dépose pas les armes”, lançait-il dans la première de ses vidéos.Accueilli en héros en Occident, il a convaincu les alliés de soutenir militairement et financièrement l’Ukraine, tout en se rendant régulièrement sur la ligne de front et des sites de frappes russes, s’entretenant avec des gens ordinaires.Volodymyr Zelensky préfère “être avec les gens”, ce qui lui “redonne de l’énergie” plutôt qu’un travail bureaucratique, a dit à l’AFP un haut responsable ukrainien.Et il tient tête à Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 25 ans et qui pensait l’écraser avec son “opération militaire spéciale”.Mais l’invasion de 2022 fut pour lui aussi un choc, selon son épouse Olena Zelenska. Comme d’autres, il s’attendait à une attaque plus limitée dans l’Est ukrainien.En avril 2022, après la libération de Boutcha, il y avait découvert, bouleversé, les corps de civils exécutés pendant l’occupation russe de cette petite ville près de Kiev.Avant d’accéder au pouvoir, M. Zelensky avait l’ambition de mettre fin diplomatiquement au conflit séparatiste orchestré depuis 2014 par Moscou dans l’est de l’Ukraine.”Il faut juste arrêter de tirer”, avait-il déclaré aux journalistes, s’exprimant en russe. Aujourd’hui, il admet ouvertement sa haine pour Poutine, qu’il qualifie d'”assassin” et de “dictateur”.Volodymyr Zelensky “est devenu bien plus dur” depuis son élection triomphale à la présidence en 2019, souligne à l’AFP une personne de son entourage, qui le connaissait bien avant sa carrière politique.”Il cherche à obtenir ce qu’il veut et va au fond des choses, jusqu’à la vérité, on ne peut pas lui faire avaler n’importe quoi”, témoigne auprès de l’AFP le haut responsable ukrainien. – Concentration du pouvoir -Ce caractère bien trempé a agacé le président Donald Trump, notamment lors de leur joute verbale dans le Bureau ovale en février 2025, restée dans les annales.L’invasion russe – pire conflit armé en Europe depuis la Seconde guerre mondiale – a mis en pause les luttes politiques en Ukraine. Mais avec le temps, les critiques contre le chef de l’Etat ont commencé à se multiplier. On lui reproche surtout de concentrer trop de pouvoir, de faire l’oreille sourde aux accusations de corruption visant certains de ses proches, ainsi qu’une gouvernance chaotique.”Le mot stratégie est une obscénité” dans son administration, a affirmé à l’AFP un deuxième haut responsable ukrainien. Bien que Volodymyr Zelensky conserve un niveau de confiance très élevé (60% en octobre dernier), celui-ci est bien plus bas qu’au début de la guerre (90%).Et dans les intentions de vote, il est talonné de près par l’ex-commandant en chef des armées, Valery Zaloujny, selon un sondage réalisé en novembre (20,3% contre 19,1%).M. Zelensky est sous pression “de toutes parts”, souligne le premier responsable ukrainien. “C’est un rôle que peu de gens dans le monde souhaiteraient assurer”, ajoute-il.  Pour cette source, le chef de l’État privilégie le style direct et “informel” réclamant une vitesse maximale et cherche toujours des solutions “originales” qui lui permettent parfois de “renverser la table”.- Trajectoire hors-norme -Le parcours du président ukrainien, père de deux enfants, est des plus surprenants.Né en 1978 dans la ville industrielle de Kryvyï Rig, dans une famille russophone d’origine juive, il a débuté comme humoriste – à la fois en Ukraine et en Russie – en remportant un concours d’humour créé pendant l’URSS.En décembre 2012, il anima même la soirée de Nouvel An d’une grande chaîne publique de Russie, en présence de personnalités qui désormais le maudissent dans les émissions de propagande du Kremlin. Volodymyr Zelensky n’avait pas participé aux manifestants proeuropéennes de la place Maïdan. Mais après l’invasion de la Crimée ukrainienne par Moscou, en 2014, sa société de production, Kvartal 95, avait commencé à se moquer de Vladimir Poutine.C’est néanmoins son rôle, entre 2015 et 2019, dans une série télévisée à succès, “Serviteur du peuple”, devenu ensuite le nom de son parti, qui a amorcé son ascension politique.Il y jouait le rôle d’un simple professeur d’histoire qui devenait, soudainement, le président de l’Ukraine.

Disney s’entend avec OpenAI sur l’utilisation de ses contenus par l’IA, les professionnels protestent

OpenAI et Disney ont annoncé jeudi avoir conclu un accord qui va permettre l’utilisation des personnages du groupe américain sur Sora, la plateforme de vidéo créées par intelligence artificielle (IA) générative, un signal fort pour l’écosystème des contenus IA.Dans une lettre à ses membres, communiqué à l’AFP, le puissant syndicat américain des scénaristes (WGA) a …

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Procès Péchier: l’anesthésiste fixé vendredi sur la peine demandée à son encontre

Décrit par l’accusation comme “l’un des plus grands criminels de l’histoire judiciaire française”, il encourt la perpétuité, mais clame son innocence: l’anesthésiste Frédéric Péchier, jugé depuis trois mois à Besançon pour 30 empoisonnements dont 12 mortels, connaîtra vendredi la peine requise à son encontre.Depuis jeudi, les deux représentantes du ministère public, Thérèse Brunisso et Christine de Curraize, se sont efforcées de convaincre les jurés que, dans cette “affaire totalement hors norme”, marquée par “le tabou social du meurtre médical”, “tout désigne” le médecin de 53 ans comme coupable.L’accusé “n’est évidemment ni Guy Georges, ni Michel Fourniret, il n’en est pas moins un tueur en série”, a insisté Thérèse Brunisso, “certaine de sa culpabilité”.Qualifié de “menteur” et “manipulateur”, d’homme “prêt à tout pour sauver sa peau” quitte à accuser “tout le monde”, Frédéric Péchier est un “criminel qui a utilisé la médecine pour tuer”, ont martelé jeudi les deux magistrates, lors de cette première journée consacrée aux réquisitions.Selon elles, l’anesthésiste a pollué des poches de perfusion avec du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine, pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients pris en charge par des confrères. Toujours selon le parquet, il aurait agi pour nuire à des collègues avec lesquels il était en conflit, mais aurait commis “trop d’erreurs” qui ont permis de le confondre, notamment lors du dernier cas, celui d’un patient de 70 ans empoisonné en janvier 2017.- L’accusé imperturbable -Pour porter l’accusation, les deux avocates générales se sont relayées toute la journée de jeudi.Après un exposé général sur l’ensemble du dossier, elles ont commencé à disséquer en détails chacun des 30 cas et plaidé, à chaque fois, pour que les jurés déclarent Frédéric Péchier coupable de ces faits. En outre, elles ont estimé que, dans chaque dossier, une circonstance aggravante était constituée, soit parce que le crime aurait été prémédité, soit parce que commis sur une personne vulnérable.Pendant cet exposé implacable, Frédéric Péchier est resté imperturbable, relisant ses notes, écoutant attentivement, aux côtés de sa sœur et de Randall Schwerdorffer, ses deux conseils. Ces réquisitions ne constituent “pas une surprise”, a commenté jeudi après l’audience Me Schwerdorffer.Depuis le début de l’enquête, a-t-il rappelé, “deux thèses frontales s’entrechoquent” dans ce dossier, l’accusé ayant toujours affirmé son innocence. Depuis l’ouverture du procès, où il comparaît libre, il a admis qu’un empoisonneur avait bien sévi dans l’une des deux cliniques privées où il a travaillé, mais a constamment répété qu’il n’était pas cet empoisonneur.A quelques jours du verdict – attendu au plus tard le 19 décembre, après un procès long et “très fatigant” -, “je ne crains rien du tout”, a affirmé l’avocat de la défense.Lundi, “on développera notre argumentaire en défense”, pour plaider l’acquittement. “Je n’ai aucun doute que la cour d’assises écoutera cet argumentaire et j’espère qu’il sera entendu”, a insisté Me Schwerdorffer.Interrogé par les journalistes sur les mots des avocates générales, qui voient en lui un “serial killer”, Frédéric Péchier a répondu de manière lapidaire: “C’est leur avis. On verra à la fin.”

Eurovision: Nemo rend son trophée 2024 pour protester contre la participation d’Israël

L’artiste suisse Nemo, qui a remporté l’Eurovision 2024 en Suède, a annoncé jeudi rendre son trophée pour protester contre le maintien de la participation d’Israël dans la compétition, qui a déjà provoqué le boycott de cinq pays. “En tant que personne et en tant qu’artiste, aujourd’hui, je ne pense plus que ce trophée ait sa place …

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“Un choc”: la liquidation de Brandt prononcée, quelque 700 emplois supprimés

“Un choc”: la justice a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, fleuron industriel français qui disparaît en laissant quelque 700 salariés au chômage et les plonge dans une grande détresse à la veille de Noël.”C’est une terrible nouvelle, un choc et un coup très dur porté à l’industrie française”, a indiqué à l’AFP le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau, évoquant un “traumatisme” de voir les quelque 700 emplois du groupe supprimés après cette décision du tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre. Il a fait part de son “incompréhension” face à cette décision.Bercy a de son côté exprimé sa “profonde tristesse” après la liquidation d’un “fleuron français”.Près d’Orléans, où se trouve le principal site industriel de Brandt avec 350 salariés, M. Bonneau, accompagné de la préfète de la région Sophie Brocas et du président de la métropole d’Orléans Serge Grouard, s’est rendu auprès d’une partie d’entre eux.”Il nous manquait quatre millions” pour empêcher cette marque de disparaître au profit “des produits chinois”, a pesté M. Grouard, fustigeant un “manque de temps” pour convaincre les banques de la viabilité du projet.Ils ont notamment promis leur accompagnement, assurant auprès de l’AFP que tous avaient fait preuve d’une “grande dignité”.- “Tout casser” -Une réunion avec certains employés et les élus locaux s’est tenue sur place, à la mi-journée. Tout comme dans l’autre usine, située à Vendôme dans le Loir-et-Cher où travaillent 93 personnes.Une soixantaine d’entre elles ont fait part de leur dépit toute la matinée, allumant des braseros et brûlant des documents administratifs pour “dire au revoir à Brandt”.Certains ont même décidé d’y brûler leurs bleus de travail siglés aux couleurs de la marque.”J’ai plus que de colère, j’ai de la hargne, j’ai de la rage”, confie à l’AFP Laurent Brindeau, 40 ans d’ancienneté. “J’ai envie de tout casser”.Face à ce risque particulièrement redouté, un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, devait pourtant permettre de sauver au moins 370 emplois.Présentée comme celle de la dernière chance, l’offre avait reçu ces derniers jours un large soutien d’une majorité de salariés et des pouvoirs publics, qui ont assuré avoir trouvé les 20 à 25 millions nécessaires à une relance de l’activité.- “Le néant” -Au total, quelque 700 emplois disparaissent et les salaires ne seront plus versés après le 15 décembre.”C’est une grosse tristesse. On y a cru, on a voulu s’attacher à cet infime espoir. Mais maintenant, c’est le néant, c’est fini”, se résigne, les larmes aux yeux, David Mongrédien, 26 ans de maison.Sac à la main, il a franchi une dernière fois, comme 200 de ses collègues présents jeudi à la mi-journée, les tourniquets d’accès au site.Avec cette décision, le fabricant des produits Brandt disparaît tout comme les trois autres marques françaises d’électroménager Vedette, Sauter et De Dietrich.Outre ses deux usines en France, en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après-vente en région parisienne, à Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Son siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires. Contacté par l’AFP, le groupe Cevital n’avait pas réagi dans l’immédiat.L’entreprise subit notamment les conséquences des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager.Ce dernier a subi l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023, symbole selon le groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils et d’équipements ménagers (Gifam) d’une difficulté à rester compétitif “face à la montée en puissance des produits fabriqués à bas coût, notamment en Chine”.

Les “architectes de l’IA” désignés personnalités de l’année par le magazine Time

Les “architectes” de l’intelligence artificielle (IA), parmi lesquels le patron d’OpenAI Sam Altman, celui de Nvidia Jensen Huang ou celui de xAI Elon Musk, ont été désignés jeudi comme les personnalités de l’année par le magazine américain Time.”L’IA est assurément devenue l’outil le plus influent dans la compétition entre grandes puissances depuis l’avènement des armes nucléaires”, écrit la prestigieuse publication sur son site.Sa Une, décrite comme une “peinture”, montre huit personnalités de l’IA assises sur une poutre métallique comme suspendue au-dessus d’une ville, reprenant l’image emblématique d’ouvriers construisant un gratte-ciel à New York au début du XXe siècle.Ces patrons des géants de la tech, estime Time, “ont pris les rênes de l’histoire, développé des technologies et pris des décisions qui redessinent le paysage de l’information, le climat et nos moyens de subsistance.”Les huit personnalités représentées sur l’image sont les patrons de Meta Mark Zuckerberg, de AMD Lisa Su, d’xAI Elon Musk, de Nvidia Jensen Huang, d’OpenAI Sam Altman, de la division IA de Google, DeepMind, Demis Hassabis, d’Anthropic Dario Amodei, et enfin l’experte de l’université Stanford Fei-Fei Li, surnommée la marraine de l’IA.”Se livrant à une course à la fois côte à côte et les uns contre les autres, ils ont misé des milliards de dollars sur l’un des plus grands projets d’infrastructure de tous les temps. Ils ont réorienté des politiques gouvernementales, modifié les rivalités géopolitiques et introduit les robots dans les foyers”, écrit Time.Le magazine avait désigné Donald Trump, élu président pour un second mandat à la tête des Etats-Unis, personnalité de l’année fin 2024.La distinction, accordée depuis 1927, est généralement vouée à souligner le poids et l’influence d’une personnalité sur la scène internationale, pas forcément sa popularité ni le soutien du magazine new-yorkais, dont le palmarès va d’Adolf Hitler en 1938 à la superstar de la pop Taylor Swift en 2023.

Washington s’impatiente et demande toujours de grandes concessions à l’Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré jeudi que les Etats-Unis continuaient de demander d’importantes concessions de la part de son pays dans les négociations pour mettre fin à la guerre avec la Russie, dont le retrait de ses troupes du Donbass.Donald Trump s’est dit pour sa part “extrêmement frustré” par les deux camps, a rapporté jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, soulignant qu’il voulait à présent “des actes” pour mettre fin à la guerre.L’administration de Donald Trump a proposé il y a près de trois semaines un plan visant à résoudre bientôt quatre ans de guerre déclenchée par l’invasion russe à grande échelle de février 2022. Ce texte est depuis discuté séparément par les Russes et les Ukrainiens avec les Américains.Selon M. Zelensky, les deux questions essentielles restant à négocier sont le contrôle de la région orientale de Donetsk, où se déroule l’essentiel des combats, et le statut de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par Moscou dans le sud de l’Ukraine.M. Zelensky a assuré aux journalistes, dont ceux de l’AFP, que Washington “voit les forces ukrainiennes se retirer” de la partie de la région de Donetsk qu’elles contrôlent encore et qui serait transformée en “zone économique libre” ou “zone démilitarisée”.En échange, l’armée russe se retirerait des zones sous son contrôle dans les régions de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk (nord, nord-est et centre-est), mais se maintiendrait dans celles de Kherson et Zaporijjia (sud).Les régions de Donetsk, contrôlée à plus de 80% par la Russie, et celle voisine de Lougansk, presque totalement sous son contrôle, sont l’objectif prioritaire du Kremlin en Ukraine.Moscou revendique depuis 2022 leur annexion, tout comme celle de deux autres régions du sud, celles de Kherson et Zaporijjia, que les forces russes occupent partiellement.Quant aux garanties de sécurité promises à l’Ukraine, Volodymyr Zelensky a indiqué avoir eu “une discussion constructive et approfondie avec l’équipe américaine” à ce sujet.- “Élection” ou “référendum” -M. Zelensky a assuré que dans tous les cas, une “élection” ou un “référendum” sera nécessaire en Ukraine pour trancher sur les questions territoriales. Mardi, il s’était dit prêt à organiser une présidentielle si la sécurité du scrutin pouvait être assuré par les Etats-Unis, avec les Européens.Mercredi, deux responsables ukrainiens avaient confirmé à l’AFP que Kiev avait remis aux Etats-Unis sa version mise à jour de ce plan, à un moment où le président américain redit son impatience face à Kiev et aux Européens.”Le président est extrêmement frustré par les deux camps impliqués dans cette guerre, et il en a assez des réunions qui n’ont d’autre but que de se réunir”, a déclaré à la presse Karoline Leavitt. “Il ne veut plus des paroles. Il veut des actes. Il veut que cette guerre prenne fin”, a-t-elle poursuivi.Le président ukrainien a confirmé jeudi que les Etats-Unis souhaitaient conclure un accord “le plus tôt” possible.La version du plan américain révisée par les Ukrainiens lors de négociations à Genève et en Floride n’a pas été rendue publique. Un texte divisé en quatre partie a également été soumis au Kremlin lors d’un voyage de l’émissaire américain Steve Witkoff à Moscou la semaine dernière.Ces efforts américains interviennent à un moment difficile pour l’Ukraine: la présidence a été déstabilisée par un vaste scandale de corruption impliquant des proches de Volodymyr Zelensky, l’armée est en recul sur le front et la population est soumise à des coupures de courant à cause des frappes russes.Dans ce contexte, une note positive a été l’annonce que les 27 pays de l’Union européenne ont levé un obstacle clé à l’utilisation en faveur de l’Ukraine des avoirs gelés russes en Europe, en pérennisant les sanctions contre Moscou qui servent de base à leur immobilisation, a annoncé jeudi la présidence danoise de l’UE.- 300 drones en Russie -A Kiev, au moins un membre de la garde nationale ukrainienne a été tué et quatre autres personnes blessées, dont deux policiers, dans l’explosion de deux engins piégés jeudi, a indiqué le parquet local qui évoque un “attentat”.Sur le terrain, l’armée russe a revendiqué jeudi la capture de la ville de Siversk, dans la région de Donetsk (est), l’un des derniers verrous qui l’empêchait d’approcher les grandes cités régionales de Kramatorsk et de Sloviansk, à une trentaine de kilomètres plus à l’ouest.Une annonce démentie par le commandement des troupes ukrainiennes du front oriental, évoquant des “petits groupes” de militaires russes qui “tentent de s’infiltrer à Siversk”.La Russie a revendiqué ces dernières semaines la conquête de plusieurs positions d’importance sur le front.La “coalition des volontaires”, qui rassemble des soutiens de Kiev, s’est par ailleurs réunie jeudi en visioconférence au sujet du plan de Washington.”Il s’agit d’un moment charnière pour l’Ukraine, son peuple et la sécurité que nous partageons tous dans l’ensemble de la région euro-atlantique”, a indiqué le bureau du Premier ministre britannique, après la réunion, dans un communiqué.

“Grand âge” : un plan, de nombreuses attentes et une inconnue

L’annonce par le gouvernement d’un “plan grand âge” pour janvier est accueilli avec un optimisme prudent par les acteurs du secteur qui insistent sur l’importance de trancher rapidement la question du financement de la dépendance.Que prévoit le plan?Ce plan “doit permettre de définir” les réponses à apporter aux “personnes en perte d’autonomie”, a souligné la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées Charlotte Parmentier-Lecocq mercredi au Sénat.  Il s’agira également d’aborder “les mesures de financement, puisque cela réinterroge complètement la solidarité intergénérationnelle et intragénérationnelle pour notre pays”, a-t-elle ajouté.A travers ce plan, il sera question de “repenser l’habitat, l’accompagnement, l’aide à domicile, la prévention, la santé, etc.”, a détaillé son cabinet, et d’avoir un état des lieux des besoins d’ici à 2050 département par département. Précision de taille, le plan ouvrira le débat sur les scénarios de financement du grand âge sur le long terme – qui financera les dépenses de demain? quelle prise en charge individuelle? Quelle solidarité entre les retraités ? – mais ne prévoit pas de trancher la question. Quel est le contexte?Ce plan intervient dans un contexte de vieillissement de la population française. Début 2024, les plus de 60 ans représentaient plus d’une personne sur quatre (27,7%) contre 19,6% en 1994. Les plus de 75 ans devraient quant à eux passer de 10,4% de la population à 16,4% en 2050, selon l’Insee. Le nombre de personnes âgées en situation de perte d’autonomie – ayant besoin d’aide pour s’habiller, se laver, manger, se déplacer ou étant sujettes à une altération des fonctions mentales – suit la même trajectoire. Leur nombre devrait atteindre près de 4 millions en 2050, contre un peu plus de deux millions en 2015. En 2021, la Cour des comptes avait tiré la sonnette d’alarme, appelant les pouvoirs publics à agir pour rattraper le retard de la France en matière de vieillissement en bonne santé. Les magistrats financiers avaient notamment pointé une dispersion des acteurs de la prévention et des interventions concurrentes. Quid de la loi “grand âge”?Depuis des décennies, les acteurs du secteur réclament une loi “grand âge” de programmation pluriannuelle, à l’image de ce qui se fait notamment pour les armées, seule à même à leurs yeux de répondre aux enjeux.Mais cette loi est devenue l’arlésienne de la présidence Macron – qui l’avait promise au début de son premier quinquennat mais qui n’a in fine jamais vu le jour, se heurtant à la question notamment financière. Or le temps presse, martèlent les spécialistes. Le coût de la dépendance des personnes âgées est évalué à 30 milliards d’euros – soit 1,4 point du PIB – chaque année en moyenne. Avec le nombre croissant de personnes âgées, le coût global devrait sans surprise s’envoler dans les prochaines décennies. Selon une étude de la Drees de 2017, la dépense publique devrait augmenter très fortement d’ici à 2060 pour atteindre 2,07 points de PIB, et la dépense totale doublerait quant à elle presque, à 2,78 points de PIB. Qu’en disent les acteurs du secteur?Principal syndicat des Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ndlr) privés, le Synerpa dit “accueillir avec attention” l’annonce de ce plan grand âge mais prévient qu’il attend “désormais des mesures fortes”. Parmi ces mesures, figurent “la simplification des procédures et de la réglementation, une loi de programmation budgétaire pour avoir une visibilité pluriannuelle des financements, ainsi que le respect du principe d’équité de traitement entre tous les différents statuts”, liste son président Jean-Christophe Amarantinis. “Ce plan doit également prendre en compte l’urgence du chantier de l’attractivité des métiers”, prévient-il. De son côté, la Fédération des entreprises de services à la personne (FESP) se dit “plutôt très optimiste”, saluant “l’investissement” de Charlotte Parmentier-Lecocq sur la question. Elle pointe toutefois “beaucoup d’inconnues”, notamment budgétaires. Or “s’il n’y a pas plus de ressources, on n’aura pas véritablement de politique de l’autonomie”, indique Catherine Lopez, directrice générale de la Fédération. “Une véritable politique de l’autonomie, ça veut dire qu’il faut avoir des financements et qu’il faut programmer des choses sur du moyen et plus long terme”.Autre crainte, “l’articulation de ce plan avec le projet de loi sur la décentralisation” dont les grands axes seront dévoilés le 17 décembre. La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) “doit garder un rôle central et conserver un budget conséquent”, insiste-t-elle. 

Poupées à caractère pédopornographique achetées en ligne: deux suspects jugés en 2026

Après l’opération d’interpellations dans le cadre d’enquêtes sur l’acquisition de poupées sexuelles à caractère pédopornographique, deux suspects seront jugés en janvier et avril, ont indiqué à l’AFP les parquets d’Annecy et Cambrai.”Une vingtaine d’acheteurs de ces poupées pédopornographiques sur les plateformes Shein et AliExpress”, ont été interpellés mercredi lors “d’une opération d’interpellations simultanées en différents points du territoire national”, a indiqué jeudi le parquet de Paris dans un communiqué.Agés d’une vingtaine d’année à près de 70 ans, “sept étaient connus pour des faits sur des mineurs”, a précisé à l’AFP Aurélie Besançon, cheffe de l’Office mineurs (Ofmin). “Comme pour les affaires de pédocriminalité antérieures, il n’y a pas de profil type”, a relevé la commissaire.A l’issue de sa garde à vue, un homme né en 1959, inconnu des services, a été présenté au parquet d’Annecy jeudi, a indiqué à l’AFP la procureure Lise Bonnet. Il sera jugé le 21 janvier par le tribunal correctionnel pour acquisition et détention de l’image ou la représentation d’un mineur présentant un caractère pédopornographique, a-t-elle précisé. Il a été placé sous contrôle judiciaire en attendant le procès.Dans le ressort du tribunal de Cambrai (Nord), un homme de 27 ans a été interpellé et déféré jeudi, a indiqué la procureure Ingrid Gorgen.La poupée n’a pas été retrouvée lors de la perquisition, mais les enquêteurs ont découvert des images pédopornographiques générées via l’intelligence artificielle.L’homme, inconnu des services judiciaires, a été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès prévu le 28 avril, a ajouté la procureure, précisant qu’il a été déféré des chefs d’”acquisition et de détention d’images ou de représentations d’un mineur présentant un caractère pornographique”.Un homme interpellé mercredi dans la Nièvre a également été placé en garde à vue, mais “la perquisition n’a pas permis de découvrir d’objets dont la détention serait incriminée”, selon le parquet de Nevers, et sa garde à vue a été levée.Début novembre, la Répression des fraudes (DGCCRF) avait signalé à la justice la commercialisation de poupées sexuelles à caractère pédopornographique par le géant de l’e-commerce asiatique Shein. Le parquet de Paris avait ensuite ouvert quatre enquêtes, confiées à l’Ofmin, pour la vente de produits illégaux sur les plateformes Shein, AliExpress, Temu et Wish.Avec une soixantaine d’enquêteurs et seize services de police territoriaux, “nous avons mis en œuvre l’ensemble des moyens d’investigation à notre disposition”, dont “les échanges avec les plateformes”, pour identifier les acheteurs, a relaté Aurélie Besançon.Pour la cheffe de l’Ofmin, “cette affaire permet de rappeler l’illégalité de ces produits, de leur vente et de leur acquisition. Ce sont des représentations sexuelles d’enfants, parfois très jeunes, à des fins sexuelles”.”L’argument que l’on a pu entendre parfois de +ventes libres+ par ces sites comme paravent à la connaissance de cette illégalité n’est pas audible”, a considéré la commissaire.Les parquets des lieux de résidence des suspects -Orléans, Mulhouse, Nice, Lorient, Verdun, Lille et Chambéry, entre autres- sont désormais saisis des enquêtes pour l’acquisition de poupées sexuelles à l’allure enfantine.Le parquet de Paris reste, lui, chargé des investigations “relatives aux plateformes et aux conditions dans lesquelles elles ont pu ne pas verrouiller l’accès aux mineurs à ces contenus ou diffuser des images ou représentations de mineurs à caractère pornographique”, a-t-il indiqué.bur-ahe-cnp-mk/bfa/dro