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Procès RN: Le Pen dénonce une “décision politique” mais y croit encore pour 2027

Marine Le Pen a fustigé lundi une “décision politique” et un “jour funeste pour notre démocratie”, après sa condamnation à une inéligibilité immédiate pour cinq ans, et réaffirmé ses ambitions pour la présidentielle de 2027 en demandant une audience en appel rapide.”Des juges ont mis en place des pratiques que l’on croyait réservées aux régimes autoritaires”, a tancé sur le plateau de TF1 la cheffe de file du RN, quelques heures après le coup de tonnerre de la décision du tribunal de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens.La peine d’inéligibilité “apparaît nécessaire”, a justifié la présidente du tribunal, soulignant la “gravité des faits”, “leur nature systématique”, “leur durée”, le “montant des fonds détournés” mais aussi “la qualité d’élu” des personnes condamnées.Marine Le Pen, qui a également écopé d’une peine d’emprisonnement de quatre ans dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique (elle n’ira pas en prison), a répliqué en dénonçant une “décision politique” et un “état de droit violé”. Elle a confirmé son intention de faire appel, demandant que “la justice se hâte”, pour assurer une audience et une décision à temps pour la prochaine présidentielle.”Je ne vais pas me laisser éliminer ainsi”, a affirmé la patronne des députés RN, écartant pour le moment l’idée de passer le témoin à Jordan Bardella. Le président du RN est “un atout formidable (…) j’espère que nous n’aurons pas à user de cet atout plus tôt qu’il n’est nécessaire”, a-t-elle répondu.”Il y a un petit chemin. Il est certes étroit, mais il existe”, a-t-elle assuré.Quant à Jordan Bardella, il a estimé que “c’est la démocratie française qui est exécutée” et appelé à une “mobilisation populaire et pacifique” et lançant une pétition sur le site du parti.A ce stade la marche vers l’Elysée de l’une des favorites du scrutin -un sondage publié dimanche dans le JDD la créditait de 34 à 37% d’intentions de vote au 1er tour- apparaît très fortement compromise, vu les délais habituels de la justice. Le procès en appel ne devrait pas se tenir, au minimum, avant un an, avec une décision plusieurs semaines plus tard, soit pas avant la fin 2026, à quelques mois de la présidentielle.Et sans garantie que la cour d’appel rende une décision différente de celle du tribunal. – Bayrou “troublé” -Marine Le Pen a reçu plusieurs soutiens à l’étranger, en particulier de l’extrême droite européenne. Le Kremlin a déploré une “violation des normes démocratiques”, quand le Premier ministre hongrois Viktor Orban a écrit “Je suis Marine!” sur X.Elon Musk, multimilliardaire américain allié de Donald Trump a dénoncé un “abus du système judiciaire”, et prédit “un retour de bâton”. Décision “préoccupante”, a asséné le département d’Etat américain.Le Premier ministre François Bayrou (relaxé pour des faits similaires mais en attente d’un second procès) a lui été “troublé” selon son entourage, alors que le patron de LFI, Jean-Luc Mélenchon (visé par une enquête dans un dossier semblable) a estimé que “la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple”.En réponse “aux réactions virulentes”, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) français a publié un rare communiqué pour dire son “inquiétude” d’une remise en cause de “l’indépendance de l’autorité judiciaire”.Dans la soirée, le premier président de la cour d’appel de Paris a dénoncé des “menaces” et “des attaques personnelles à l’encontre des trois magistrats” qui ont rendu le jugement du tribunal.Des menaces “inacceptables dans une démocratie et préoccupantes pour l’indépendance de l’autorité judiciaire”, a dénoncé dans la foulée sur X le garde des Sceaux Gérald Darmanin.Les autorités surveillent de près et sont attentives à toute menace qui pourrait cibler la présidente de la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, selon une source proche du dossier.- “Système” d’économies -Le tribunal a “pris en considération, outre le risque de récidive, le trouble majeur à l’ordre public, en l’espèce le fait que soit candidate à l’élection présidentielle une personne déjà condamnée en première instance”, a justifié la présidente.Considérant qu’il y avait bien eu un “système” entre 2004 et 2016 pour faire faire des “économies” au RN en payant avec l’argent du Parlement européen des assistants d’eurodéputés travaillant en réalité pour le parti, le tribunal a condamné 23 autres personnes, ainsi que le FN devenu RN, qui s’est vu infliger deux millions d’euros d’amende, dont un million ferme, et une confiscation d’un million d’euros saisis pendant l’instruction.Le parti et les autres condamnés devront aussi payer quelques 3,2 millions d’euros au Parlement (le montant total des détournements s’élève à 4,4 millions mais 1,1 ont déjà été remboursés).Devant Marine Le Pen, 56 ans, assise en veste bleue au premier rang, le tribunal avait rapidement annoncé que les neuf eurodéputés poursuivis étaient coupables de détournement de fonds publics, et les douze assistants coupables de recel.Marine Le Pen était “au coeur de ce système”, encore plus quand elle a pris la suite de Jean-Marie Le Pen à la tête du parti à partir de 2011.Il n’y a pas eu d'”enrichissement personnel” mais “il y a bien un enrichissement du parti”, a martelé la présidente, notant que les salaires octroyés aux assistants parlementaires étaient plus “confortables” que ce que le parti aurait pu se permettre.mdh-alv-edy-sm-sac/hr/dsa

Zimbabwe: de petits groupes de manifestants anti-Mnangagwa bravent les autorités

Quelques petits groupes de manifestants ont bravé les avertissements des autorités zimbabwéennes et se sont brièvement rassemblés lundi dans la capitale Harare sous tension pour réclamer le départ du président Mnangagwa.Ils répondaient à l’appel lancé par un ancien combattant de la guerre d’indépendance et ancien cadre du parti au pouvoir, la Zanu-PF, révélateur des tensions nourries …

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Zimbabwe: de petits groupes de manifestants anti-Mnangagwa bravent les autorités

Quelques petits groupes de manifestants ont bravé les avertissements des autorités zimbabwéennes et se sont brièvement rassemblés lundi dans la capitale Harare sous tension pour réclamer le départ du président Mnangagwa.Ils répondaient à l’appel lancé par un ancien combattant de la guerre d’indépendance et ancien cadre du parti au pouvoir, la Zanu-PF, révélateur des tensions nourries par l’hypothèse d’un maintien d’Emmerson Mnangagwa au pouvoir après la fin de son mandat en 2028.Le chef de l’Etat de 82 ans, surnommé “le crocodile” pour son caractère impitoyable et sa ruse politique, est confronté à une contestation d’un niveau inédit depuis son arrivée au pouvoir il y a huit ans, dans un contexte de colère populaire croissante face aux graves difficultés économiques.La police était déployée en force lundi à Harare et dans la seconde ville du pays, Bulawayo, où les entreprises et les administrations étaient fermées, dans un pays où le souvenir du coup d’État de 2017, au cours duquel M. Mnangagwa, a pris le pouvoir à Robert Mugabe, reste vif.Dans la capitale, un petit groupe de manifestants a tenté de se rassembler sur la place du président Robert Mugabe, également appelée place de la Liberté, mais a été dispersé par les forces de l’ordre, avec des gaz lacrymogènes notamment, selon des vidéos postées sur les réseaux sociaux.”C’était annoncé comme une marche pacifique mais la police commence déjà à frapper les gens”, a déclaré une manifestante au média en ligne CITE. Mais “on ne s’en ira pas… Je reste ici, et si je dois mourir, cela sera pour le bien de mes enfants”, a-t-elle ajouté.Plus tard dans la journée, des dizaines de jeunes ont lancé des pierres sur une route habituellement très fréquentée à proximité et scandé “Nous ne voulons pas de 2030″, avant d’être dispersés par la police, a déclaré un témoin à l’AFP.Les soupçons que M. Mnangagwa manœuvre pour rester en poste jusqu’en 2030, voire au-delà, nourrissent la colère de certains au Zimbabwe, au moment où le pays est englué dans une grave crise économique imputée à la corruption et à la mauvaise gestion du gouvernement.- Craintes de mutinerie -Le visage public de la dissidence est un vétéran de la guerre d’indépendance et ex-député, Blessed Geza, ancien cadre de la Zanu-PF dont il a été exclu en mars, et qui vit aujourd’hui caché. M. Geza a finalement annulé la manifestation lundi soir, en accusant le gouvernement de fomenter un projet de bombardement de sept installations et d’en imputer la responsabilité à l’opposition.”J’annule la manifestation pour le moment, mais je reviendrai vers vous mercredi avec un message crucial”, a-t-il déclaré dans une vidéo sur les réseaux sociaux.Le gouvernement a lui qualifié la mobilisation d’échec. M. Mnangagwa est toujours au pouvoir, “la pseudo-révolution a échoué », a déclaré son porte-parole Nick Mangwana.Un journaliste qui a interviewé Blessed Geza en février a été arrêté après que les autorités ont affirmé que cet entretien pourrait inciter à la violence.Blessed Mhlanga est toujours derrière les barreaux, renforçant les accusations de répression croissante et d’étouffement de l’opposition politique par le pouvoir.Tôt lundi, le centre de Harare était désert et les magasins, entreprises, services de transport et écoles sont restés fermés en prévision des manifestations.”Les gens ont peur à cause des rumeurs qui circulent” concernant les manifestations, a confié un homme à l’AFP sous couvert d’anonymat.A Bulawayo, les principaux commerces et bureaux étaient également fermés, seules quelques personnes circulaient et la police patrouillait en véhicules et à cheval, a constaté un journaliste de l’AFP.Selon des analystes politiques, la paralysie économique pourrait néanmoins envoyer un message fort à l’élite politique.”Il est peu probable qu’un soulèvement de masse ait lieu… mais il est clair que les tensions au sein de la Zanu-PF sont très vives et il n’est plus possible de faire comme si tout allait bien”, a commenté Pedzisai Ruhanya, directeur du Zimbabwe Democracy Institute.La semaine dernière, le président Mnangagwa a démis de ses fonctions le chef de l’armée Anselem Nhamo Sanyatwe, et l’a nommé au poste considérablement moins stratégique de ministre des Sports, des Arts et de la Culture, une décision vue par certains comme révélatrice de ses craintes d’une possible mutinerie de ses forces armées. M. Geza et sa faction de vétérans de la guerre qui a conduit à l’indépendance font pression pour remplacer le chef d’Etat par son vice-président, Constantino Chiwenga, un général à la retraite qui avait orchestré le coup d’État contre M. Mugabe en 2017.

L’Iran “n’aura d’autre choix” que de se doter de l’arme nucléaire en cas d’attaque, prévient Téhéran

L’Iran ne cherche pas à se doter de l’arme nucléaire mais “n’aura d’autre choix que de le faire” en cas d’attaque contre le pays, a mis en garde lundi soir Téhéran, après des menaces du président américain Donald Trump.Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, soupçonnent depuis des décennies l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Le pays rejette ces allégations et affirme que son programme n’existe qu’à des fins civiles, notamment pour l’énergie.Donald Trump a assuré dans un entretien à la chaîne américaine NBC publié dimanche qu'”il y aura(it) des bombardements” en Iran en l’absence d’un accord sur le nucléaire iranien. “S’ils ne signent pas d’accord, il y aura des bombardements”, a-t-il insisté.”A un moment donné, si vous (les Etats-Unis, NDLR) optez pour des bombardements (…) vous forcerez l’Iran à prendre une décision différente” en matière de nucléaire, a déclaré lundi soir Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.”L’Iran ne veut pas (de cette décision, NDLR), mais lorsque vous faites pression sur lui il aura une justification (…) et n’aura d’autre choix pour la sécurité du pays” que de recourir à l’arme nucléaire “parce que le peuple le demandera” pour sa défense, a ajouté M. Larijani lors d’un entretien diffusé par la télévision d’Etat.Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait promis plus tôt une “riposte ferme” de l’Iran si le pays était bombardé en cas d’échec de la diplomatie sur la question du nucléaire.”Ils menacent de faire des dégâts (…), si c’est le cas, il y aura assurément une riposte ferme” de l’Iran, a déclaré Ali Khamenei lors d’un discours à Téhéran à l’occasion de la fin du ramadan, le mois de jeûne pour les musulmans.Le dirigeant iranien, au pouvoir depuis 1989, n’a toutefois fait aucune mention de Donald Trump.- Diplomatie du courrier -L’Iran a conclu en 2015 un accord avec les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, Russie, Etats-Unis, France et Royaume-Uni) et l’Allemagne pour encadrer ses activités nucléaires, en échange d’un allègement des sanctions internationales.Mais en 2018, au cours de son premier mandat, Donald Trump avait retiré les Etats-Unis de l’accord de manière unilatérale et rétabli les sanctions américaines. Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, il se dit désormais ouvert au dialogue avec Téhéran, et a écrit début mars une lettre en ce sens aux dirigeants iraniens.L’Iran a indiqué jeudi avoir formulé une réponse à cette lettre par l’intermédiaire du sultanat d’Oman, faute de relations diplomatiques entre Téhéran et Washington. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé lundi que les Etats-Unis avaient reçu ce courrier.”Nous avons eu l’information par nos amis d’Oman de l’arrivée à destination de la lettre qui a été lue”, a déclaré M. Araghchi à la télévision iranienne.- “Le plus dur est à venir” -Donald Trump a en parallèle renforcé sa politique dite de “pression maximale” à l’encontre de Téhéran: sanctions supplémentaires pour réduire à zéro ses exportations de pétrole et ses sources de revenus.Le président américain s’en est par ailleurs pris de nouveau lundi à l’Iran, pour son soutien cette fois aux rebelles houthis au Yémen.”Le plus dur est à venir pour les Houthis et leurs soutiens en Iran”, a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth, après plusieurs frappes des Etats-Unis contre les Houthis, qui contrôlent de larges pans du territoire yéménite, dont la capitale Sanaa.  L’Iran et les Etats-Unis n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980.Les deux pays échangent toutefois indirectement par le biais de l’ambassade de Suisse à Téhéran. Le sultanat d’Oman a également joué un rôle de médiateur dans le passé, et le Qatar dans une moindre mesure. La lettre de Donald Trump a été remise à l’Iran par le biais des Emirats arabes unis.Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a réitéré dimanche que son pays s’opposait à des négociations directes avec les Etats-Unis sous la menace. Mais Téhéran est disposé à échanger avec Washington indirectement, a-t-il précisé dans une vidéo diffusée par la télévision d’Etat.

Des Gazaouis fuient Rafah après de nouveaux appels à évacuer

L’armée israélienne a appelé lundi à évacuer les habitants de plusieurs quartiers de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, laissant présager de nouveaux combats dans cette zone près de deux semaines après la reprise de son offensive contre le Hamas.Le porte-parole de l’armée en langue arabe, Avichay Adree, s’est adressé sur X aux habitants de vastes zones de Rafah et de la ville proche de Khan Younès.”L’armée israélienne revient pour combattre avec force afin d’éliminer les capacités des organisations terroristes dans ces zones. Pour votre sécurité, vous devez vous rendre immédiatement aux abris à Al-Mawasi”, au nord-ouest de Rafah, a-t-il déclaré.Des images tournées par l’AFP montrent de longues colonnes d’habitants fuyant à pied, à vélo ou dans des charrettes tirées par des ânes.”Une carte tout en rouge a été publiée aujourd’hui appelant à évacuer tout Rafah, et me voilà en train de marcher. Il n’y a pas de transport et je n’ai pas d’argent pour une voiture. Nous n’avons rien pris avec nous, nous avons tout laissé derrière”, a témoigné Ali Mansour, un habitant de la ville.Najah Dhahir, elle aussi de Rafah, fuyait à pied, son bébé de neuf mois dans les bras.”Nous avons pris nos enfants, nous avons laissé nos affaires, notre literie, notre nourriture, notre argent”, dit-elle.”Les gens sont brinquebalés au gré des ordres militaires incessants qui jouent avec leur destin et leur vie”, a déclaré lundi le chef de l’Unrwa, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, Philippe Lazzarini. “Comme si la mort, les maladies, les destructions et la faim ne suffisaient pas pour les Palestiniens de Gaza”, a-t-il écrit sur X.Rafah, une ville frontalière de l’Egypte où s’étaient réfugiés des centaines de milliers d’habitants de Gaza, avait déjà été la cible d’une offensive israélienne majeure il y a environ un an.Les troupes israéliennes sont repassées à l’offensive le 20 mars dans cette ville, deux jours après avoir rompu la trêve avec le Hamas, entrée en vigueur le 19 janvier, pour contraindre le mouvement islamiste palestinien à libérer ses derniers otages.- “Passer à l’action” -Lundi, un responsable du Hamas a appelé “quiconque peut porter des armes” à combattre n’importe où le projet du président américain, Donald Trump, de déplacer les habitants de Gaza et prendre le contrôle du territoire.”Face à ce plan diabolique, qui combine massacres et famine, toute personne capable de porter une arme où que ce soit dans le monde doit passer à l’action”, a déclaré ce responsable, Sami Abou Zouhri. La veille, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait proposé de laisser les dirigeants du Hamas quitter Gaza à condition que le mouvement dépose les armes. Une telle hypothèse constitue une “ligne rouge” pour le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.M. Netanyahu a aussi indiqué qu’après la guerre Israël assurerait la sécurité à Gaza et “permettrait la mise en oeuvre du projet Trump”.Donald Trump avait soulevé un tollé international cet hiver en proposant que les 2,4 millions d’habitants de Gaza soient expulsés vers l’Egypte ou la Jordanie. Il a ensuite semblé faire marche arrière, déclarant qu’il “n’imposerait pas” ce projet.Les autorités israéliennes semblent cependant prendre au sérieux ce plan et “cela inquiète le Hamas, car son existence même repose sur le contrôle de Gaza”, selon Alan Mendoza, directeur exécutif de la Henry Jackson Society, un cercle de réflexion britannique. “Sans ce contrôle, le mouvement ne peut plus exister”, a-t-il expliqué à l’AFP. Depuis la reprise de l’offensive, 1.001 personnes ont été tuées à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas, portant le bilan total à 50.357 morts depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste contre Israël le 7 octobre 2023.”Ces massacres sont commis sous les yeux du monde, contre des civils non armés et des déplacés sous leurs tentes”, a affirmé lundi le Hamas, condamnant “une politique d’extermination et de déplacement forcé”.Du côté israélien, l’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.218 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. 

Des Gazaouis fuient Rafah après de nouveaux appels à évacuer

L’armée israélienne a appelé lundi à évacuer les habitants de plusieurs quartiers de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, laissant présager de nouveaux combats dans cette zone près de deux semaines après la reprise de son offensive contre le Hamas.Le porte-parole de l’armée en langue arabe, Avichay Adree, s’est adressé sur X aux habitants de vastes zones de Rafah et de la ville proche de Khan Younès.”L’armée israélienne revient pour combattre avec force afin d’éliminer les capacités des organisations terroristes dans ces zones. Pour votre sécurité, vous devez vous rendre immédiatement aux abris à Al-Mawasi”, au nord-ouest de Rafah, a-t-il déclaré.Des images tournées par l’AFP montrent de longues colonnes d’habitants fuyant à pied, à vélo ou dans des charrettes tirées par des ânes.”Une carte tout en rouge a été publiée aujourd’hui appelant à évacuer tout Rafah, et me voilà en train de marcher. Il n’y a pas de transport et je n’ai pas d’argent pour une voiture. Nous n’avons rien pris avec nous, nous avons tout laissé derrière”, a témoigné Ali Mansour, un habitant de la ville.Najah Dhahir, elle aussi de Rafah, fuyait à pied, son bébé de neuf mois dans les bras.”Nous avons pris nos enfants, nous avons laissé nos affaires, notre literie, notre nourriture, notre argent”, dit-elle.”Les gens sont brinquebalés au gré des ordres militaires incessants qui jouent avec leur destin et leur vie”, a déclaré lundi le chef de l’Unrwa, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, Philippe Lazzarini. “Comme si la mort, les maladies, les destructions et la faim ne suffisaient pas pour les Palestiniens de Gaza”, a-t-il écrit sur X.Rafah, une ville frontalière de l’Egypte où s’étaient réfugiés des centaines de milliers d’habitants de Gaza, avait déjà été la cible d’une offensive israélienne majeure il y a environ un an.Les troupes israéliennes sont repassées à l’offensive le 20 mars dans cette ville, deux jours après avoir rompu la trêve avec le Hamas, entrée en vigueur le 19 janvier, pour contraindre le mouvement islamiste palestinien à libérer ses derniers otages.- “Passer à l’action” -Lundi, un responsable du Hamas a appelé “quiconque peut porter des armes” à combattre n’importe où le projet du président américain, Donald Trump, de déplacer les habitants de Gaza et prendre le contrôle du territoire.”Face à ce plan diabolique, qui combine massacres et famine, toute personne capable de porter une arme où que ce soit dans le monde doit passer à l’action”, a déclaré ce responsable, Sami Abou Zouhri. La veille, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait proposé de laisser les dirigeants du Hamas quitter Gaza à condition que le mouvement dépose les armes. Une telle hypothèse constitue une “ligne rouge” pour le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.M. Netanyahu a aussi indiqué qu’après la guerre Israël assurerait la sécurité à Gaza et “permettrait la mise en oeuvre du projet Trump”.Donald Trump avait soulevé un tollé international cet hiver en proposant que les 2,4 millions d’habitants de Gaza soient expulsés vers l’Egypte ou la Jordanie. Il a ensuite semblé faire marche arrière, déclarant qu’il “n’imposerait pas” ce projet.Les autorités israéliennes semblent cependant prendre au sérieux ce plan et “cela inquiète le Hamas, car son existence même repose sur le contrôle de Gaza”, selon Alan Mendoza, directeur exécutif de la Henry Jackson Society, un cercle de réflexion britannique. “Sans ce contrôle, le mouvement ne peut plus exister”, a-t-il expliqué à l’AFP. Depuis la reprise de l’offensive, 1.001 personnes ont été tuées à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas, portant le bilan total à 50.357 morts depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste contre Israël le 7 octobre 2023.”Ces massacres sont commis sous les yeux du monde, contre des civils non armés et des déplacés sous leurs tentes”, a affirmé lundi le Hamas, condamnant “une politique d’extermination et de déplacement forcé”.Du côté israélien, l’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.218 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. 

Michelin: le retour en grâce de Christopher Coutanceau, le sacre de Hugo Roellinger

Toujours plus de nouveaux talents et un retour en grâce: le guide Michelin a décerné lundi 68 nouvelles étoiles, dont une troisième à Hugo Roellinger et à Christopher Coutanceau, deux ans après la lui avoir retirée.”Il m’avait dit droit dans les yeux +Je reviendrai dans le Top 14+ et il avait raison!”, a lancé le directeur du guide rouge, Gwendal Poullennec, avant d’annoncer le nom de Christopher Coutanceau, qui avait obtenu son troisième macaron pour la première fois juste avant le premier confinement, en 2020, avant de le perdre en 2023.”Bien sûr, c’est le Graal. C’est comme un joueur de rugby qui gagne une Coupe du monde ou une Coupe d’Europe. C’est des moments qui restent gravés dans notre tête, dans notre coeur et dans notre histoire”, a expliqué à l’AFP le chef de 46 ans, connu pour son engagement en faveur d’une pêche durable et artisanale.”Et puis, c’est vrai qu’à La Rochelle, il n’y avait jamais eu de trois étoiles. Mais ça fait deux fois qu’on les ramène à la maison. Et j’en suis très fier, et très fier de l’offrir aussi à mes équipes”, a-t-il ajouté.”Je suis très honoré de recevoir cette distinction”, a pour sa part réagi auprès de l’AFP Hugo Roellinger, à la tête de l’établissement Le Coquillage en Bretagne, rendant hommage à sa femme Marine, ses équipes et sa soeur Mathilde, “qui mélange les plus belles épices”. “Bien sûr, ces trois étoiles, ça me fait plaisir de le faire pour mes parents”, a poursuivi le chef de 37 ans, fils d’Olivier Roellinger, monument de la gastronomie française. “C’est un grand bonheur, comme pour tout papa ou toute maman, de voir un garçon s’épanouir dans la même passion que la vôtre et, aujourd’hui, d’être reconnu par ses pairs”, a déclaré à l’AFP ce dernier, qui avait rendu en 2008 ses trois étoiles pour raisons de santé.- Chefs japonais à l’honneur -Ces deux promotions portent à 31 le nombre d’adresses triplement étoilées en France, après la rétrogradation il y a dix jours de la maison Georges Blanc, à Vonnas, dans l’Ain.Hugo Roellinger et Christopher Coutanceau succèdent à Jérôme Banctel, chef du Gabriel à Paris, et Fabien Ferré, qui avait obtenu l’an dernier trois étoiles d’un coup pour la réouverture de La Table du Castellet, dans le Var, un fait rarissime.Le millésime 2025, dévoilé à Metz, compte également neuf nouveaux restaurants deux étoiles, dont Maison Nouvelle de Philippe Etchebest à Bordeaux, et trois tenus par des chefs japonais. Blanc de Shinichi Sato et Sushi Yoshinaga de Tomoyuki Yoshinaga à Paris remportent un deuxième macaron seulement un an après avoir décroché une première étoile, tandis que L’Abysse Monte-Carlo, à Monaco, de Yasunari Okazaki est distingué dès son ouverture. Si, l’an dernier, aucune femme ne faisait partie du haut du palmarès, cette année le Michelin a récompensé d’une deuxième étoile la cheffe Fanny Rey et son compagnon pâtissier Jonathan Wahid pour leur restaurant L’Auberge de Saint-Rémy, à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), ainsi que l’établissement Rozó à Marcq-en-Baroeul (Nord), tenu par le chef Diego Delbecq et sa compagne pâtissière Camille Pailleau. – “Effervescence” -Un nombre record de 57 restaurants obtiennent par ailleurs un premier macaron, dont 28 qui n’étaient auparavant pas recommandés par le guide rouge.”Près de la moitié des nouveaux restaurants étoilés ont ouvert très récemment”, a précisé M. Poullennec. “C’est dire l’énergie du paysage culinaire français. La France reste une mosaïque unique, pleine d’effervescence et de conviction”, a-t-il insisté.Au total, la sélection du Michelin recommande désormais 654 tables étoilées (31 trois étoiles, 81 deux étoiles et 542 une étoile) réparties à travers toute la France. Pour ne pas gâcher les festivités, les rétrogradations avaient été annoncées en amont. Cette année, pas de tempête médiatique à la Marc Veyrat en 2019 ou à la Guy Savoy en 2023 mais la perte de la troisième étoile pour la maison Georges Blanc, après 44 ans au sommet. Créé en 1900 par les frères André et Edouard Michelin à destination des automobilistes, le guide Michelin est aujourd’hui présent en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud, et se décline dans plus de 50 destinations.