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Coupe de France: à Dunkerque, la patte Luis Castro
Cinquième de Ligue 2 et demi-finaliste de la Coupe de France face à Paris, mardi (21h10), Dunkerque réussit une très belle saison, qui porte l’empreinte de son entraîneur Luis Castro, passé par le centre de formation et l’équipe réserve du Benfica de 2019 à 2023.”J’aime que mon équipe soit offensive, qu’elle essaie plus d’attaquer que défendre. Je veux qu’elle ait envie de jouer avec le ballon, une équipe de connexion”: le projet de jeu du Portugais de 44 ans est ambitieux et joueur.Il est arrivé à Dunkerque en septembre 2023, pour remplacer Mathieu Chabert qui venait de faire monter le club en Ligue 2 mais ne collait pas au projet sportif de Demba Ba, le directeur du football de l’USLD. Castro a amené une nouvelle méthode de travail faite notamment de séances d’entraînement presque exclusivement avec ballon. “Quand on commence le foot, la première chose qu’on aime, c’est le ballon, pas courir ou défendre, professe-t-il. Je pense que pour tout le monde, c’est le cas.” Bruno Genesio, l’entraîneur du Losc, éliminé aux tirs au but en huitième de finale sur sa pelouse (1-1, 5 t. a. b. à 4), a vu dans le Dunkerque de Luis Castro “une équipe qui joue très, très bien au football, avec de bons principes de ressorties de balle, des positionnements très intéressants et une idée de jeu très précise”.- Avec Ramos et Neves au Benfica -En plus de Lille, Dunkerque a réussi la performance d’éliminer deux autres clubs de Ligue 1 à l’extérieur en Coupe de France: Auxerre (1-0) en 32e de finale et Brest (3-2) en quarts.Luis Castro n’a jamais été joueur professionnel. Il a étudié le football à l’université de Bragance, dans le nord-est du Portugal, inspiré par le FC Porto de José Mourinho en 2002-2003, “une équipe où tout le monde pense et fait la même chose”. Puis il a quitté son travail de professeur de sport pour démarrer sa carrière en Arabie saoudite (2011) puis au Vitoria Guimaraes (2012).En 2019, Luis Castro intègre le centre de formation du Benfica Lisbonne, gagne la Youth League (la Ligue des champions des moins de 19 ans) en 2022 puis entraîne l’équipe réserve la saison suivante.Au club lisboète, l’entraîneur de Dunkerque a notamment formé les joueurs du PSG Gonçalo Ramos et João Neves, qu’il va retrouver mardi soir au Stade Pierre-Mauroy. “Ce que je retiens le plus c’est leur professionnalisme, raconte-t-il. Certains sont des joueurs de foot trois heures par jour: ils s’entraînent, font les soins etc. et d’autres le sont 24 heures sur 24. Tous les deux sont au maximum.”Il faudra aussi que Dunkerque le soit mardi pour essayer d’embêter le PSG, invaincu dans les compétitions nationales cette saison, et qui n’a plus perdu à l’extérieur contre un club français depuis le 11 février 2023, à Monaco (3-1). “C’est presque mission impossible mais tout le monde pensait aussi que c’était mission impossible contre Lille”, rappelle malicieusement Castro.
Grève dans l’audiovisuel public, rapprochement des sociétés au menu des députés
Radio France et France Télévisions en tête, les personnels de l’audiovisuel public se mobilisent de nouveau mardi contre le projet de rapprochement de leurs entreprises, sur lequel les députés vont ferrailler en commission dans la soirée.De nombreuses matinales ont été perturbées, remplacées par de la musique sur les radios France Inter, franceinfo, France Culture, Ici (ex-France Bleu), RFI, ou encore par des dessins animés sur France 3.Les syndicats de France Télévisions (CGT, CFDT, SNJ, FO, SUD) dénoncent “un carnage que prépare le projet de holding de l’audiovisuel public”, soutenu par la ministre de la Culture, Rachida Dati.Chez Radio France, les syndicats (CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD, Unsa) redoutent notamment une remise en cause de “l’indépendance éditoriale et budgétaire”, ainsi qu’une “tutelle de France Télévisions”, dont la présidente Delphine Ernotte Cunci milite pour la réforme.Des préavis ont également été déposés dans les deux autres entreprises publiques potentiellement concernées, France Médias Monde (RFI, France 24) et l’Ina (Institut national de l’audiovisuel), alors que le texte passe en commission des Affaires culturelles à l’Assemblée nationale.La proposition de loi, déjà validée en première lecture au Sénat en 2023, prévoit de créer une holding, France Médias, qui chapeauterait les entreprises concernées, sous l’autorité d’un(e) président(e). Vieux serpent de mer, le projet d’origine prévoyait une fusion des sociétés, dans une sorte de BBC à la française, mais il avait été interrompu par la dissolution de l’Assemblée mi-2024. Les salariés s’étaient alors déjà mobilisés, alors qu’ils étaient potentiellement 16.000 à être concernés.Contrairement aux plans initiaux, France Médias Monde, branche internationale de l’audiovisuel public français, pourrait toutefois être exclue de cette holding. C’est ce que préconise finalement le gouvernement, dans une évaluation de la réforme consultée par l’AFP.Ce document évoque aussi la création de nouvelles filiales par la société mère France Médias: franceinfo pour des coopérations plus poussées entre radio et télé et Ici pour réunir les réseaux régionaux.- Calendrier serré -Une première journée de grève lundi a été relativement peu suivie – à l’appel de la seule CGT pour Radio France et de l’intersyndicale pour France Télé. Elle a donné lieu à une “soirée festive”, organisée à la Bourse de travail à Paris par la CGT, dont la secrétaire générale, Sophie Binet, a invoqué “une question d’intérêt général”. Le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, y a également alerté sur “l’affaiblissement progressif du service public”. Le mouvement s’annonce plus vigoureux mardi et les opposants au projet prévoient un rassemblement près du Palais Bourbon dès 14H00.Un millier d’amendements ont été déposés. Les députés vont-ils avoir le temps d’en venir à bout d’ici mercredi midi, échéance fixée ? L’arrivée de la réforme dans l’hémicycle de l’Assemblée est programmée le 10 avril mais elle pourrait être décalée en raison de l’examen préalable d’un autre texte sur la simplification de la vie économique.Début mars, Mme Dati a confié à Laurence Bloch, ex-directrice des antennes de Radio France, une “mission d’accompagnement” sur la réforme, dont les conclusions sont attendues dans les prochaines semaines.La holding proposée “préserve l’indépendance, les identités de chaque entité et leurs spécificités”, et “tient compte des nombreuses consultations des syndicats et des collectifs de journalistes”, a assuré la ministre dimanche au Parisien.Mais, “dans un contexte très concurrentiel”, il est “urgent de préserver l’audiovisuel public en rassemblant ses forces aujourd’hui dispersées et éviter son affaiblissement déjà en cours”, a-t-elle plaidé, en affirmant qu’il nétait pas question d’économies.La ministre espère une adoption définitive de la réforme à l’été.Le calendrier est cependant serré et réunir une majorité des voix des députés n’est pas acquis. Si les macronistes et la droite soutiennent le projet de holding, la gauche est vent debout et le Rassemblement national peut se poser en arbitre.
Au Bangladesh, les inquiétants ravages de la pollution au plomb
Il a 12 ans mais sa petite taille n’en suggère guère plus de 8. Comme la plupart des enfants de son village, Junayed souffre d’empoisonnement au plomb, un mal aussi silencieux que redoutable qui inquiète les autorités du Bangladesh.Assis sur une chaise en plastique, il promène son regard vide dans la cour de sa maison …
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Au Bangladesh, les inquiétants ravages de la pollution au plomb
Il a 12 ans mais sa petite taille n’en suggère guère plus de 8. Comme la plupart des enfants de son village, Junayed souffre d’empoisonnement au plomb, un mal aussi silencieux que redoutable qui inquiète les autorités du Bangladesh.Assis sur une chaise en plastique, il promène son regard vide dans la cour de sa maison de Lalbari, à deux heures de route au nord de la capitale Dacca. De l’affection qui le ronge, il ne dit pas un mot.Drapée dans un impeccable sari tacheté de bleu et de vert, c’est sa mère qui en parle.”A partir du CE2, il ne voulait plus nous écouter, plus aller à l’école. Il pleurait beaucoup aussi”, raconte Bithi Akter, 26 ans. “Le docteur n’a pas pu nous dire de quoi il souffrait. Après sa prise de sang, on a compris que c’était lié au plomb”.Les résultats sont sans appel: 11 microgrammes de plomb par décilitre de sang. Deux fois plus que le seuil (5 µg/dL) à partir duquel l’Organisation mondiale de la santé (OMS) juge que ce métal peut affecter le développement d’un enfant.Les campagnes de tests menées ces dernières années au Bangladesh ont montré que le cas de Junayed était monnaie courante. Dans ce seul pays, 60% des enfants, soit plus de 35 millions, affichent des taux de plomb dangereusement élevés. Et pour l’essentiel (86%), ce poison invisible provient des usines informelles de recyclage des batteries électriques.Dans un rapport de 2023, le fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et l’ONG Pure Earth ont recensé sur toute la planète 815 millions de victimes d’empoisonnement au plomb, citant la peinture, les jouets ou les ustensiles de cuisine comme autres sources de contamination.La liste de ses effets est longue, surtout chez les enfants, plus vulnérables: baisse du quotient intellectuel et des performances cognitives, anémies, retards de croissance, affections neurologiques. Jusqu’à la mort.- “Tueur silencieux” -Tests sanguins en main, Bithi Akter n’a pas tardé à faire le lien entre les symptômes de son fils et cet atelier près duquel il avait l’habitude de jouer.”Ça commençait la nuit et tout le secteur était enfumé. On sentait cette odeur particulière en respirant”, se remémore-t-elle. “Les fruits ne poussaient plus pendant la saison. Un jour, on a même retrouvé deux vaches mortes chez ma tante…””Ils ont fermé l’usine dès qu’on a commencé à se plaindre”, renchérit une autre mère du village, Morsheda Begum. Son fils Muhin, 14 ans, n’a pas échappé au plomb lui non plus.Pour Mitali Das, de Pure Earth, le recyclage “sauvage” des batteries est un véritable poison.”Dans ces usines, ils cassent les vieilles batteries, en retirent le plomb et le fondent pour en faire de nouvelles”, décrit-elle. “Ils font tout ça à l’air libre (…) les vapeurs toxiques et l’eau acide produite dans l’opération polluent l’air, le sol et l’eau”.”Le plomb est un tueur silencieux”, résume-t-elle.Son ONG a recensé plus de 300 sites pollués dans tout le pays, dont 265 usines informelles de recyclage. La Banque mondiale estime qu’il en existerait plus d’un millier…Comme à Fulbaria, petit village à 150 kilomètres au nord de Dacca. Au bout d’un chemin forestier, à l’abri de hauts murs de pierre et d’un portail dûment gardé, le siège de la société chinoise Xinyuan Storage Ltd.Son directeur refuse d’ouvrir la porte, alors c’est un voisin, Rakib Hasan, qui mène la visite.- “C’est mort” -D’un côté de l’usine, des rizières bien ordonnées piquées de pousses vertes. De l’autre, une canalisation crache de l’eau dans un bassin d’un vert opaque. Tout autour, des parcelles mortes, engluées d’une épaisse boue orangée.”Je me souviens qu’enfant, j’apportais à manger à mon père quand il était dans les champs. Le paysage était magnifique, vert, l’eau était claire”, raconte Rakib Hasan, 34 ans.”Vous voyez à quoi ça ressemble maintenant. C’est mort, pour toujours”, peste l’ingénieur. “Ils ont tué notre village”.Sur sa plainte, un juge a déclaré illégale l’activité de l’usine, qui emploie officiellement 80 salariés, et ordonné d’y couper l’électricité. Mais la Cour suprême du pays a suspendu sa décision.”L’usine a acheté les autorités locales (…) notre pays est pauvre, beaucoup de gens sont corrompus”, maugrée le plaignant. “On a besoin d’emplois, mais pas de ceux qui détruisent notre environnement…”Sollicitées par l’AFP, ni l’entreprise ni l’ambassade de Chine n’ont répondu.Quant à la ministre de l’Environnement du gouvernement provisoire, elle refuse de se prononcer sur un dossier porté devant la justice.”Nous menons régulièrement des opérations contre la production et le recyclage illégaux des batteries électriques”, assure toutefois Syeda Rizwana Hasan, “mais ces efforts sont souvent insuffisants face à l’ampleur du phénomène”.- “Prévenir” -Il faut dire que le recyclage informel des batteries a le vent en poupe au Bangladesh. Dopé par le “boom” de l’électrification des “rickshaws”, ces tricycles à moteur qui encombrent les rues des villes et les routes des campagnes du pays.Les autorités en ont recensé près de 4 millions. Le juteux marché de leurs batteries est estimé à 870 millions de dollars (800 M euros)…”Il est presque totalement informel”, déplore Sohanur Rahman, de l’ONG Youth Net. “Il faut le légaliser de façon à ce que les règles de sécurité du gouvernement soient appliquées”.”C’est un peu le revers du tout électrique”, regrette Maya Vandenant, de l’Unicef, qui prêche pour une stratégie de “formalisation” du secteur incluant règles plus strictes, incitations fiscales et surtout campagnes d’information.”La plupart des gens ignorent les dangers du plomb”, insiste-t-elle. “Le coût de la perte de QI causée par le plomb a été estimé à 6,9 points de croissance pour l’économie du pays !”Pour mieux lutter contre cette pollution, une nouvelle campagne de tests sanguins vient d’être lancée auprès de 9.000 habitants du pays. Outre celui du plomb, elle mesurera le taux d’autres métaux lourds comme le mercure ou l’arsenic.Autorités et ONG ne se font pas d’illusion: ses résultats seront mauvais.Alors pour le Dr Muhammad Anwar Sadat, qui suit le dossier au ministère de la Santé, il y a déjà urgence.”Si nous ne faisons rien, avertit-il, le nombre de personnes affectées sera multiplié par trois ou quatre dans les deux prochaines années”.
Une frappe israélienne au sud de Beyrouth fait trois morts dont un chef du Hezbollah
L’armée israélienne a bombardé mardi la banlieue sud de Beyrouth, faisant trois morts dont un responsable du Hezbollah, pour la deuxième fois depuis le début d’un fragile cessez-le-feu avec le mouvement libanais pro-iranien il y a quatre mois.Cette frappe s’est produite sans avertissement vers 03H30 (00H30 GMT), durant la fête de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan.Le 28 mars, l’armée israélienne avait appelé la population à évacuer avant de bombarder la banlieue sud de la capitale libanaise, un bastion du Hezbollah, pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la trêve avec le mouvement islamiste le 27 novembre. L’armée israélienne a affirmé que la frappe de mardi avait visé “un terroriste du Hezbollah qui a dirigé des agents du Hamas et les a assistés dans la planification d’une attaque terroriste importante et imminente contre des civils israéliens”, dans un communiqué conjoint avec le service de sécurité intérieure Shin Bet.Selon le ministère libanais de la Santé, la frappe a fait trois morts et sept blessés.Une source proche du Hezbollah a indiqué qu’elle avait visé Hassan Bdair, un responsable du dossier palestinien au sein du mouvement, allié du Hamas en guerre contre Israël dans la bande de Gaza.L’homme se trouvait “chez lui avec sa famille”, a précisé cette source.Selon un photographe de l’AFP, les deux derniers étages d’un immeuble ont été détruits et des débris recouvraient la rue.Les habitants, réveillés en pleine nuit, sortaient de chez eux paniqués tandis que les secouristes aidaient les blessés.Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dénoncé une “violation flagrante” du cessez-le-feu, qui a mis fin à un an de conflit entre Israël et le Hezbollah en marge de la guerre à Gaza, et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette résolution avait mis fin à la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006 et a servi de base au cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre.- “Partout au Liban” -Le président libanais Joseph Aoun a condamné la frappe et appelé les alliés du Liban à soutenir son “droit à une pleine souveraineté”.Sans identifier nommément la cible visée, l’armée israélienne a affirmé avoir “agi pour l’éliminer, et avoir écarté la menace”.Depuis le début de la trêve, et malgré le retrait incomplet des soldats israéliens du sud du Liban le 15 février, les deux parties continuent à s’accuser mutuellement de violer le cessez-le-feu et Israël mène régulièrement des frappes sur cette région, affirmant viser des cibles du Hezbollah.Vendredi, Israël avait frappé la banlieue sud de Beyrouth en riposte aux tirs de deux roquettes non revendiqués, depuis le Liban. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait affirmé que ces frappes se poursuivraient “à chaque tentative” d’attaque contre le nord d’Israël.Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait lui déclaré qu’Israël frapperait “partout au Liban contre toute menace”, après ces tirs dont le Hezbollah a nié être l’auteur.Dans un discours télévisé samedi, le chef du Hezbollah Naïm Qassem avait jugé “inacceptable” qu’Israël poursuive ses attaques contre le Liban, demandant à ce que “soit mis un terme à cette agression”.Le Hezbollah avait ouvert un front contre Israël au début de la guerre dans la bande de Gaza le 7 octobre 2023, affirmant agir en soutien aux Palestiniens.Ces hostilités, qui ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024, ont fait plus de 4.000 morts au Liban et contraint plus d’un million de personnes à fuir.Du côté israélien, le bilan se monte à 78 morts, parmi lesquels 48 soldats en plus des 56 soldats tombés lors d’une offensive au sol déclenchée au Liban à la fin du mois de septembre, selon des données officielles.Quelque 60.000 habitants du nord d’Israël ont été déplacés, dont la moitié n’est pas encore rentrée chez elle, selon les autorités. Aux termes de l’accord de cessez-le-feu, seules l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU doivent être déployés dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah doit se retirer au nord du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière avec Israël, et démanteler ses infrastructures militaires dans le sud.L’armée israélienne a néanmoins maintenu des troupes dans cinq positions qualifiées de stratégiques du sud du Liban.
Une frappe israélienne au sud de Beyrouth fait trois morts dont un chef du Hezbollah
L’armée israélienne a bombardé mardi la banlieue sud de Beyrouth, faisant trois morts dont un responsable du Hezbollah, pour la deuxième fois depuis le début d’un fragile cessez-le-feu avec le mouvement libanais pro-iranien il y a quatre mois.Cette frappe s’est produite sans avertissement vers 03H30 (00H30 GMT), durant la fête de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan.Le 28 mars, l’armée israélienne avait appelé la population à évacuer avant de bombarder la banlieue sud de la capitale libanaise, un bastion du Hezbollah, pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la trêve avec le mouvement islamiste le 27 novembre. L’armée israélienne a affirmé que la frappe de mardi avait visé “un terroriste du Hezbollah qui a dirigé des agents du Hamas et les a assistés dans la planification d’une attaque terroriste importante et imminente contre des civils israéliens”, dans un communiqué conjoint avec le service de sécurité intérieure Shin Bet.Selon le ministère libanais de la Santé, la frappe a fait trois morts et sept blessés.Une source proche du Hezbollah a indiqué qu’elle avait visé Hassan Bdair, un responsable du dossier palestinien au sein du mouvement, allié du Hamas en guerre contre Israël dans la bande de Gaza.L’homme se trouvait “chez lui avec sa famille”, a précisé cette source.Selon un photographe de l’AFP, les deux derniers étages d’un immeuble ont été détruits et des débris recouvraient la rue.Les habitants, réveillés en pleine nuit, sortaient de chez eux paniqués tandis que les secouristes aidaient les blessés.Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dénoncé une “violation flagrante” du cessez-le-feu, qui a mis fin à un an de conflit entre Israël et le Hezbollah en marge de la guerre à Gaza, et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette résolution avait mis fin à la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006 et a servi de base au cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre.- “Partout au Liban” -Le président libanais Joseph Aoun a condamné la frappe et appelé les alliés du Liban à soutenir son “droit à une pleine souveraineté”.Sans identifier nommément la cible visée, l’armée israélienne a affirmé avoir “agi pour l’éliminer, et avoir écarté la menace”.Depuis le début de la trêve, et malgré le retrait incomplet des soldats israéliens du sud du Liban le 15 février, les deux parties continuent à s’accuser mutuellement de violer le cessez-le-feu et Israël mène régulièrement des frappes sur cette région, affirmant viser des cibles du Hezbollah.Vendredi, Israël avait frappé la banlieue sud de Beyrouth en riposte aux tirs de deux roquettes non revendiqués, depuis le Liban. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait affirmé que ces frappes se poursuivraient “à chaque tentative” d’attaque contre le nord d’Israël.Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait lui déclaré qu’Israël frapperait “partout au Liban contre toute menace”, après ces tirs dont le Hezbollah a nié être l’auteur.Dans un discours télévisé samedi, le chef du Hezbollah Naïm Qassem avait jugé “inacceptable” qu’Israël poursuive ses attaques contre le Liban, demandant à ce que “soit mis un terme à cette agression”.Le Hezbollah avait ouvert un front contre Israël au début de la guerre dans la bande de Gaza le 7 octobre 2023, affirmant agir en soutien aux Palestiniens.Ces hostilités, qui ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024, ont fait plus de 4.000 morts au Liban et contraint plus d’un million de personnes à fuir.Du côté israélien, le bilan se monte à 78 morts, parmi lesquels 48 soldats en plus des 56 soldats tombés lors d’une offensive au sol déclenchée au Liban à la fin du mois de septembre, selon des données officielles.Quelque 60.000 habitants du nord d’Israël ont été déplacés, dont la moitié n’est pas encore rentrée chez elle, selon les autorités. Aux termes de l’accord de cessez-le-feu, seules l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU doivent être déployés dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah doit se retirer au nord du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière avec Israël, et démanteler ses infrastructures militaires dans le sud.L’armée israélienne a néanmoins maintenu des troupes dans cinq positions qualifiées de stratégiques du sud du Liban.





