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La Chine teste les points faibles de Taïwan lors de nouvelles manoeuvres militaires “paralysantes”

Les manoeuvres militaires chinoises autour de Taïwan cette semaine visent à envoyer un message clair aux dirigeants de l’île, selon les experts: en cas de guerre, Pékin peut les couper du monde extérieur et les user jusqu’à la reddition.Alors que de précédents exercices cherchaient à tester le temps de réponse de Taipei aux incursions chinoises, Pékin affirme que les opérations de cette semaine se concentrent sur sa capacité à frapper des cibles stratégiques, comme les ports et les infrastructures énergétiques de l’île.”Taïwan est vulnérable sur le plan énergétique et la Chine joue sur cette vulnérabilité”, estime Dylan Loh, de l’université technologique Nanyang de Singapour.Les airs et les eaux entourant l’île autonome grouillent de chasseurs et navires de guerre chinois engagés dans ces manoeuvres baptisées “Tonnerre dans le détroit” – une punition, selon Pékin, pour les visées séparatistes du dirigeant taïwanais Lai Ching-te, qualifié de “parasite” par la Chine.L’opération se déroule dans le milieu et la partie sud du détroit de Taïwan, une zone de de passage essentielle au transport maritime mondial.L’île importe la quasi-totalité de son énergie et dépend largement de l’importation de nourriture, ce qui signifie qu’en cas de guerre, un blocus pourrait la paralyser – une situation que la Chine s’applique à souligner.Taïwan “n’a pas de zone-tampon” et “manque de ressources” naturelles, a expliqué à la chaîne publique chinoise CCTV le général Meng Xiangqing, professeur à l’Université de défense nationale de l’Armée nationale populaire de Pékin. “Si Taïwan perd ses voies maritimes d’approvisionnement, les ressources de l’île s’épuiseront rapidement, l’ordre social basculera dans le chaos et les moyens de subsistance des gens seront impactés”, a-t-il ajouté. “Au final, ce seront les citoyens lambda qui souffriront”.- “Blocus” -Selon Su Tzu-yun, un expert militaire basé à Taipei, les manoeuvres chinoises ont changé d’objectif: visant auparavant à empêcher des forces étrangères de venir en aide à Taïwan en cas de conflit, elles sont aujourd’hui destinées à prendre un contrôle total des eaux entourant l’île.”Les opérations de confinement et de contrôle visent à tester la capacité (chinoise) à limiter les voies d’approvisionnement de Taïwan et dissuader des navires commerciaux étrangers d’accoster”, juge cet analyste de l’Institute for National Defense and Security Research, un think-tank taïwanais. “Le message au tranport maritime mondial est que toutes les destinations sont ouvertes – tant qu’il ne s’agit pas de Taïwan”.Les exercices de mardi simulaient des opérations offensives contre l’île, tandis que ceux de mercredi “se concentrent sur la mise en place d’un blocus de Taïwan”, selon Lin Ying-yu, de l’université Tamkang de Taipei.Ces tactiques font écho à celles utilisées en Ukraine par la Russie, qui depuis février 2022 a lancé des milliers de frappes contre les infrastructures énergétiques – avec un effet débilitant.L’armée chinoise a publié mercredi sur le réseau social Weibo une image exposant clairement ses objectifs: intitulée “frappes paralysantes”, elle montre ses forces entourer Taïwan et faire pleuvoir des missiles sur l’île, et prévient que les dirigeants taïwanais “se dirigent vers une impasse”.- “Magicien imprévisible” -Ces manoeuvres sont aussi motivées par la crainte, grandissante à Pékin, que la réunification avec Taipei, si longtemps attendue par la Chine, soit plus lointaine que jamais.Selon Bonny Lin, du Center for Strategic & International Studies basé à Washington, le pouvoir chinois estime “que la Chine doit faire plus pour accélérer le processus d’unification avec Taïwan”.Cela inclut, ajoute-t-elle, de “punir Taïwan pour toute activité perçue comme provocatrice et contrer plus durement une potentielle intervention étrangère pour aider Taïwan”.La Chine cherche aussi à montrer son imprévisibilité lorsqu’elle attaque l’île.”L’adversaire ne saura pas quelle carte nous jouerons, ni quand nous la jouerons”, a déclaré à CCTV Fu Zhengnan, un expert de l’Académie chinoise des sciences militaires. “L’APL (Armée populaire de libération, armée chinoise) devient de plus en plus comme un magicien imprévisible”.Ces exercices surviennent quelques jours après une tournée en Asie du ministre américain de la Défense Pete Hegseth, qui a affirmé que Washington assurerait la “dissuasion” dans le détroit de Taïwan.

Le Pen: le calendrier judiciaire s’accélère, le RN satisfait

L’accélération du calendrier judiciaire pour permettre une décision en appel à l’été 2026 concernant Marine Le Pen est saluée mercredi par le Rassemblement national, qui compte aussi sur une proposition de loi bientôt déposée pour que la cheffe de file de l’extrême droite puisse candidater en 2027.Après plusieurs appels lancés mardi pour organiser rapidement un nouveau procès, et notamment du garde des Sceaux Gérald Darmanin, la cour d’appel de Paris a annoncé en fin de journée qu’elle examinerait le dossier “dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l’été 2026″, soit de longs mois avant l’élection présidentielle de 2027.”C’est une très bonne nouvelle dans laquelle je veux voir le trouble qu’a créé le jugement”, a aussitôt réagi dans Le Parisien Marine Le Pen, condamnée lundi en première instance à cinq ans d’inéligibilité immédiate, quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique (elle n’ira pas en prison), et à une amende de 100.000 euros.”L’espoir est plus grand aujourd’hui qu’il ne l’était hier”, a déclaré mercredi sur Europe1/Cnews l’eurodéputée d’extrême droite Marion Maréchal.”Au plus vite la décision sera définitive, plus vite on sera fixé, mieux c’est pour notre débat démocratique”, a de son côté commenté le chef des députés LR Laurent Wauquiez sur TF1.Pour Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, cette décision prouve qu'”il n’y a aucun complot contre Madame Le Pen” qui va pouvoir “épuiser les voies de recours”.- “Désaveu” -L’avocat de Mme Le Pen a pour sa part estimé que la décision de la cour d’appel de Paris d’accélérer son calendrier, “totalement exceptionnelle”, constituait un “désaveu” du jugement en première instance.”La première décision est tellement difficilement défendable en ce qu’elle a été disproportionnée, que l’institution judiciaire éprouve le besoin de tenter de réparer en obtenant un audiencement absolument hors normes”, a déclaré Me Rodolphe Bosselut sur BFMTV.Les délais à Paris pour organiser les procès en appel sont habituellement plutôt de 18 mois à deux ans.Cette accélération du calendrier a été qualifiée de “modeste” par la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.En conseil des ministres, Emmanuel Macron a, selon un participant, rappelé que la justice était “indépendante” mais que “tous les justiciables ont droit au recours”.Rien ne garantit toutefois que la cour d’appel rende une décision différente de celle du tribunal, qui a considéré qu’il y avait bien eu un “système” entre 2004 et 2016 pour faire des “économies” au RN en payant avec l’argent du Parlement européen des assistants d’eurodéputés travaillant pour le parti. Le préjudice total est évalué à 4,1 millions d’euros.Outre Marine Le Pen et le parti, 23 personnes ont été condamnées lundi dans ce dossier.- L’exécution provisoire dans le viseur -Dans ce contexte, le RN veut s’en prendre au principe de l'”exécution provisoire” pour les peines d’inéligibilité, qui rend celles-ci immédiatement applicables, sans attendre que les recours soient épuisés.Dans Le Parisien, Marine Le Pen a annoncé vouloir “saisir le Conseil constitutionnel par une question prioritaire de constitutionnalité (QPC)” sur “l’incompatibilité qu’il y a entre une décision d’inéligibilité avec exécution provisoire et la liberté des électeurs qui est inscrite dans la Constitution”. Elle a aussi dit vouloir saisir la Cour européenne des droits de l’Homme “en référé” pour faire valoir que le jugement “crée un préjudice irréparable”.Mais le parti d’extrême droite compte aussi sur une proposition de loi que compte déposer Eric Ciotti, patron des députés UDR à l’Assemblée et allié du RN, pour supprimer cette exécution provisoire.Mardi, le Premier ministre François Bayrou a estimé devant l’Assemblée nationale qu’une “réflexion” devait être conduite par les parlementaires à ce sujet.Marion Maréchal a appelé les députés “de la droite et du centre droit” à voter la proposition de loi Ciotti et “à faire front commun face à aujourd’hui une dérive extrêmement grave de la magistrature de gauche”.”Parce que hier, c’était François Fillon, aujourd’hui c’est Nicolas Sarkozy, c’est Marine Le Pen, demain ce sera Bruno Retailleau ou Laurent Wauquiez”, a-t-elle dit sur Europe1/Cnews. Il est “impensable” de faire un traitement de faveur avec “une loi d’exception pour sauver Madame Le Pen”, a en revanche fustigé Xavier Bertrand, candidat déclaré à la présidentielle.

Warner présente le “Superman” nouveau et le dernier film de DiCaprio au salon CinemaCon

Le studio hollywoodien en difficulté, Warner, a dévoilé mardi des images de son reboot très attendu de “Superman”, ainsi que le nouveau film avec Leonardo DiCaprio au salon CinemaCon à Las Vegas.Affaibli par plusieurs revers coûteux comme “Joker : Folie à Deux”, Warner a fait monter sur scène des têtes d’affiche, dont Léonardo DiCaprio, pour promouvoir ses dernières productions à gros budget auprès des propriétaires de salles de cinéma. Le studio américain mise notamment sur sa nouvelle version (“reboot”, ou “redémmarrage”) de “Superman”, prévu pour juillet aux États-Unis, afin de relancer sa gamme de films de super-héros, en perte de vitesse face aux super-héros de Marvel, rivaux de Disney.Le réalisateur James Gunn a promis un regard neuf sur un personnage “perçu comme démodé par beaucoup”. Ce nouveau Superman sera incarné par l’acteur américain David Corenswet. Mais un élément clé du film semble être le chien du super-héros, Krypto, qui occupe une place de choix dans les images dévoilées.Inspiré par le chien de sauvetage mal élevé du réalisateur, Krypto mord souvent les talons de Superman ou saccage la base de la Forteresse de la Solitude de son maître, plutôt que de lui venir en aide.Les premières images laissent deviner une approche plus légère, humoristique, en opposition aux précédentes adaptations de “Superman” de Warner, dont le ton ultra-sérieux a apporté de mauvaises critiques et des recettes décevantes. “Ce film célèbre la gentillesse et l’amour humain”, a d’ailleurs promis James Gunn.Brent Lang, rédacteur en chef de Variety, média américain spécialisé dans le cinéma a qualifié ce film de “dernière et meilleure chance pour Warner de faire un film qui rivalise avec Marvel”.- “Grillé le cerveau” -Ce lancement intervient alors que le studio tente de faire taire les nombreuses rumeurs selon lesquelles il prévoit de se séparer de ses directeurs de studio Pamela Abdy et Michael De Luca. Ceux-ci ont approuvé un certain nombre de films originaux à gros budget réalisés par des cinéastes primés, dont le film de science-fiction “Mickey 17” du réalisateur de “Parasite” Bong Joon-ho, qui a déçu le mois dernier. Autre espoir majeur du studio: “Une bataille après l’autre” de Paul Thomas Anderson, avec Léonardo DiCaprio en tête d’affiche. Le film, qui a coûté plus de 140 millions de dollars, est librement inspiré du roman “Vineland” de Thomas Pynchon, qui se déroule en Californie dans les années 1980, à l’époque de la réaction conservatrice aux mouvements hippies des décennies précédentes.L’acteur vedette d’Hollywood a déclaré qu’il souhaitait travailler avec Anderson, le réalisateur de “There Will Be Blood”, depuis “près de 20 ans maintenant”.Les premières images du film montrent Leonardo Dicaprio dans le rôle de Bob, un ancien “révolutionnaire” mais qui s’est “grillé le cerveau” en abusant de drogues et d’alcool pendant des décennies, qui part à la recherche de sa fille.”Je pense qu’avec ce film, il a puisé dans quelque chose de politique et de culturel qui couve dans notre psyché”, a déclaré l’acteur.”Mais en même temps, c’est un film incroyablement épique d’une grande portée et d’une grande ampleur.”-“Période d’exclusivité” -Mardi, Warner et Apple ont également présenté des images de “F1”, un nouveau film de course automobile avec Brad Pitt, du réalisateur de “Top Gun : Maverick”, qui sortira en juillet.Le studio Lionsgate a fait venir le chanteur The Weeknd pour une comédie musicale surprise afin de promouvoir “Hurry Up Tomorrow”, un nouveau film à suspense psychologique basé sur son dernier album dont la sortie est prévue en mai. La journée a débuté par un appel de l’organisation professionnelle des cinémas américains à obtenir “une période d’exclusivité claire et cohérente” d’au moins 45 jours pour les nouveaux films avant d’être disponibles en streaming. “Il doit y avoir une base de référence”, a rajouté Michael O’Leary, président de Cinema United. Les propriétaires de salles de cinéma affirment que les entrées ont été réduites en raison de la diminution de la durée d’exploitation des salles pendant la pandémie, en partie parce que les spectateurs supposent désormais – parfois à juste titre – qu’ils peuvent regarder les nouveaux films à la maison au bout de quelques semaines. 

Warner présente le “Superman” nouveau et le dernier film de DiCaprio au salon CinemaCon

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“Comme vivre en enfer” : à Mandalay en Birmanie, un monastère bouddhiste dévasté par le séisme

“Cela me rend triste de les voir détruits” : U Wayama, moine bouddhiste aux cheveux grisonnants, constate les dégâts sur les bâtiments de son monastère de Mandalay en Birmanie, proche de l’épicentre du séisme qui a tué au moins 2.700 personnes dans ce pays déjà en proie à la guerre civile.Autour de lui s’affairent des …

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“Comme vivre en enfer” : à Mandalay en Birmanie, un monastère bouddhiste dévasté par le séisme

“Cela me rend triste de les voir détruits” : U Wayama, moine bouddhiste aux cheveux grisonnants, constate les dégâts sur les bâtiments de son monastère de Mandalay en Birmanie, proche de l’épicentre du séisme qui a tué au moins 2.700 personnes dans ce pays déjà en proie à la guerre civile.Autour de lui s’affairent des correligionnaires plus jeunes, vêtus d’un simple tissu cramoisi et de sandales, occupés à déblayer des tas de débris.Par équipe de deux, les moines enveloppent des restes de briques écroulées dans de grandes bandes de tissus, jetant les gravats de côté pour laisser passer les gens.”Cela me rend triste de voir des dégâts ailleurs aussi”, confie-t-il.Les experts anticipent des milliers de morts supplémentaires par rapport au bilan établi par le chef de la junte à près de 3.000 morts, car la faille de Sagaing, à l’origine du séisme, traverse des régions parmi les plus peuplées du pays, avec des villes comme Naypyidaw et Mandalay, la deuxième du pays.- “Comme vivre en enfer” -La guerre civile, qui a déjà mis à genoux les infrastructures vitales et fracturé le pays où sont actifs des dizaines de groupes armés de minorités ethniques et d’opposants politiques, complique aussi la collecte d’informations et le travail des secours locaux et étrangers.Nyo Nyo San était dans le monastère de Mandalay vendredi.Lorsque le séisme a éclaté, elle est restée sur place, pensant qu’il ne s’agissait que de petites secousses comme elle en avait déjà ressenti dans le passé.”Mais cette fois, le tremblement de terre était beaucoup plus fort, et des briques tombaient autour du monastère”, raconte-t-elle.”C’était comme vivre en enfer et j’ai couru pour m’échapper à l’extérieur”.Nyo Nyo San prévoit bientôt de retourner chez elle, dans son village.- “Rentrer chez moi après-demain”-Mais le trajet l’oblige à passer par la région de Sagaing, qui est également l’une des plus touchées par le conflit civil qui a éclaté en 2021 après le coup d’Etat de la junte.Elle explique que “le pont de Sagaing est effondré”, et que les routes sont “détruites”.”J’espère pouvoir rentrer chez moi après-demain”, lâche-t-elle pourtant.A Mandalay, des centaines de personnes dorment encore dans des tentes et sous des bâches en plein air, incertaines de savoir quand elles pourront retourner dans un abri permanent.Dans la capitale Naypyidaw, un jeune d’une vingtaine d’années a été extrait des décombres d’un hôtel en ruines vers 00H30 locales mercredi (18H00 GMT mardi), par une équipe de secouristes birmans et turcs. Une sexagénaire avait été secourue mardi matin, toujours à Naypyidaw, après avoir été piégée pendant 91 heures, ravivant les espoirs pour les proches des disparus.