AFP World

Haïti: des milliers de manifestants dans les rues de Port-au-Prince contre l’insécurité

Des milliers de manifestants ont envahi mercredi les rues de Port-au-Prince pour dénoncer la montée de l’insécurité, alors que les gangs intensifient leurs attaques contre plusieurs quartiers de la capitale haïtienne. Dès les premières heures de la matinée, les manifestants ont érigé des barricades sur certaines artères, perturbant la circulation.Cette situation a entraîné une paralysie quasi …

Haïti: des milliers de manifestants dans les rues de Port-au-Prince contre l’insécurité Read More »

Haïti: des milliers de manifestants dans les rues de Port-au-Prince contre l’insécurité

Des milliers de manifestants ont envahi mercredi les rues de Port-au-Prince pour dénoncer la montée de l’insécurité, alors que les gangs intensifient leurs attaques contre plusieurs quartiers de la capitale haïtienne. Dès les premières heures de la matinée, les manifestants ont érigé des barricades sur certaines artères, perturbant la circulation.Cette situation a entraîné une paralysie quasi totale des activités dans la capitale, les commerces et les écoles restant fermés par crainte de débordements.Les manifestants se sont dirigés vers les locaux du Conseil présidentiel de transition (CPT) et du Premier ministre , avant d’être dispersés par la police.Ils ont dénoncé l’inaction des autorités, qui ne sont pas parvenues à rétablir la sécurité un an presque jour pour jour après la création du CPT, mis en place après la démission du Premier ministre Ariel Henry.”On n’en peut plus de cette situation d’insécurité dans le pays”, a confié à l’AFP un manifestant qui n’a pas souhaité dévoiler son identité.”C’est inacceptable que l’on continue à perdre des territoires. En réalité, je pense que ces territoires sont livrés aux bandits par les autorités qui ne se montrent pas à la hauteur”, a-t-il dénoncé.Pays le plus pauvre des Amériques, Haïti pâtit depuis longtemps des violences des bandes criminelles, accusées de meurtres, viols, pillages et enlèvements, dans un contexte d’instabilité politique.Le pays a connu un regain de violence depuis mi-février. Les gangs, qui contrôlent environ 85% de Port-au-Prince selon l’ONU, ont multiplié les attaques dans plusieurs quartiers qui échappaient jusque-là à leur contrôle, semant la terreur parmi la population.”Nous exigeons le rétablissement de la sécurité, la libre circulation et le retour de nos enfants à l’école. À bas les bandits! Vive la paix et la sécurité. Si les autorités sont dépassées par les événements, elles doivent partir”, s’est emporté un autre manifestant, également sous couvert d’anonymat.La situation continue à se détériorer en dépit du déploiement partiel de la mission multinationale de sécurité (MMAS) menée par le Kenya pour aider la police haïtienne dépassée. Soutenue par l’ONU, la mission compte désormais environ un millier de policiers de six pays, encore loin des 2.500 attendus.Dans la nuit de dimanche à lundi, des gangs avaient attaqué le commissariat et la prison de Mirebalais, ville située à une cinquantaine de kilomètres de Port-au-Prince, libérant 529 détenus.Cette attaque et une autre sur la ville voisine de Saut d’Eau ont poussé 5.981 personnes à fuir leur foyer, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

La réforme du scrutin à Paris, Lyon et Marseille franchit une haie à l’Assemblée

Modifier le mode d’élection à Paris, Lyon et Marseille, une gageure, à moins d’un an des municipales. La réforme a pourtant franchi un cap mercredi à l’Assemblée, en obtenant une approbation large de la commission des lois, au terme de débats qui ont vu la coalition gouvernementale étaler ses divisions.La proposition de loi initialement portée par le député macroniste de Paris Sylvain Maillard a obtenu le soutien de Renaissance, du MoDem, du RN et de LFI, ainsi que du député PS de Marseille Laurent Lhardit. Le reste de la gauche et les Républicains ont voté contre, tandis qu’Horizons s’est abstenu.La commission a été le théâtre de vifs débats, chaque camp accusant l’autre de privilégier ses intérêts électoraux, sous les arguments de fond.Le texte qui a l’onction du Premier ministre François Bayrou doit arriver dans l’hémicycle en début de semaine prochaine. Il devrait selon une source gouvernementale être défendu par le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola.En cas d’adoption il sera examiné à partir du 3 juin au Sénat.Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a jusqu’à présent montré peu d’enthousiasme pour cette réforme, se faisant l’écho des sénateurs LR dont il était encore il y a peu le chef.Le texte prévoit essentiellement d’instaurer deux scrutins distincts pour les trois métropoles, l’un pour élire les conseillers d’arrondissement ou de secteur, l’autre pour ceux du conseil municipal, sur une circonscription unique.Actuellement, les électeurs votent dans chaque arrondissement pour une liste de conseillers, et les élus du haut de la liste siègent à la fois au conseil d’arrondissement et au conseil municipal.Un mode de scrutin décrié, qui peut aboutir à l’élection d’un maire ayant réuni une minorité de voix, et qui conduit à ce que l’élection se joue dans une poignée d’arrondissements clés.- Des villes “coupées en deux” -“Le fait est qu’à Paris, Lyon et Marseille (…) les villes apparaissent coupées en deux. La raison en est que les mairies centrales choisissent de privilégier significativement les arrondissements qui leur ont permis de gagner”, a argumenté M. Maillard.Autre effet pervers du scrutin institué en 1982: une moindre participation des électeurs, qui ont “le sentiment récurrent et légitime que leur vote ne sert à rien”, a-t-il pointé.Le député LR Olivier Marleix a en réponse livré un réquisitoire contre un texte qui changerait les règles “à moins d’un an des élections”, contrairement “à toute tradition républicaine”, et qui n’a pas “été soumis au conseil d’État”, M. Maillard ne l’ayant pas souhaité.La proposition de loi “a comme premier signataire quelqu’un qui n’a pas été capable de se faire élire conseiller de Paris la dernière fois. Et donc on a quand même le sentiment que ce texte est un plaidoyer pro domo un petit peu pathétique”, a-t-il cinglé sous les rires des commissaires.”On est là (…) pour changer les habitudes. Vous, ce que vous aimez, c’est qu’on ne change pas des habitudes. Ben voilà, on est chacun dans notre rôle”, a répliqué plus tard M. Maillard.Autre critique récurrente: le fait qu’il abaisse la prime majoritaire à 25%, à rebours de la règle commune, alors même que ses promoteurs assurent vouloir rapprocher le scrutin des trois villes du droit commun.Très remonté, le député PS et candidat à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire a dénoncé une “usine à gaz dérogatoire avec des fragilités constitutionnelles évidentes”, tandis que M. Marleix a pointé dans cette disposition la clé d’un “accord” avec “le Rassemblement national”.”Tout ça est un bidouillage qui est incohérent, qui n’est pas financé”, a également tancé sur France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur le président Renaissance de la région Renaud Muselier.A l’inverse, le maire de Marseille Benoît Payan (divers gauche) a défendu l’initiative sur Franceinfo: “Il n’y a pas de raison que ces trois villes soient traitées différemment”.Les amendements visant à faire remonter la prime à 50% ont toutefois été rejetés en commission, de même que les amendements de réécriture du rapporteur MoDem Jean-Paul Mattei.Une difficulté reste en suspens: la situation de Lyon, où la réforme aboutirait à trois scrutins le même jour, pour les élus des arrondissements, de la ville, et de la métropole. “On n’est pas tout à fait au bout de la réflexion”, a convenu M. Mattei.sl-san-ama-sac/hr/jp

“Jour de la libération”: Trump dégaine ses nouveaux droits de douane

Donald Trump s’apprête à généraliser mercredi sa bagarre commerciale avec de nouveaux droits de douane mondiaux censés inaugurer un “âge d’or” de l’Amérique, mais qui pourraient coûter cher aux ménages américains autant qu”aux petits patrons japonais ou aux chauffeurs routiers mexicains.”C’est le jour de la libération en Amérique”, a lancé le président américain mercredi sur son réseau Truth Social, tandis que la teneur de son offensive protectionniste reste mystérieuses.”Ce n’est pas le jour de la libération. C’est le jour de la récession”, a répliqué le chef de file des élus démocrates à la chambre des représentants, Hakeem Jeffries.Le chef d’Etat de la première puissance économique mondiale doit détailler ses nouvelles taxes à 16H00 heure locale (20H00 GMT) à la Maison Blanche, juste après la fermeture de la Bourse de New-York, aussi indécise mercredi que les grandes places européennes.Plusieurs options circulent dans la presse. Les Etats-Unis imposeront-ils une taxe unique de 20% sur toutes les importations? Ou des droits de douane variables selon les pays de provenance des marchandises? L’impact pourrait être phénoménal.En 2024, les importations des Etats-Unis ont atteint quelque 3.300 milliards de dollars, un montant supérieur au Produit intérieur brut de la France.- “Ce ne sera pas bon” -“Ca ne sera pas bon pour ceux qui imposent des droits de douane ni pour ceux qui ripostent”, a assuré mercredi la dirigeante de la Banque centrale européenne Christine Lagarde.Tetsuya Kimura, un petit patron japonais, a un message sans ambiguïté pour Donald Trump: “Laissez-nous tranquilles”, a fulminé auprès de l’AFP ce dirigeant d’un sous-traitant automobile.”Nous ne volons rien à personne. Nous travaillons pour nos familles tout comme ils travaillent pour les leurs”, a témoigné Alejandro Espinosa, pendant qu’il attendait de franchir avec son camion la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.Le président républicain de 78 ans a semé le doute en assurant lundi qu’il serait “très gentil” avec les partenaires commerciaux des Etats-Unis, pourtant accusés de “dépouiller” l’Amérique.Face à cet interlocuteur imprévisible, Londres n’entend pas “se précipiter” pour riposter, a dit la ministre des Finances britannique Rachel Reeves, rappelant que l’enjeu pour les Britanniques était de conclure “un bon accord” bilatéral avec les Etats-Unis, permettant d’échapper aux taxes douanières.De son côté, l’Union européenne promet de répliquer “avant la fin du mois d’avril”, a dit la porte-parole du gouvernement français.Au Mexique, particulièrement vulnérable puisque plus de 80% de ses exportations partent aux États-Unis, la présidente Claudia Sheinbaum se garde de chercher d’emblée l’affrontement: “Nous avons choisi d’attendre de voir ce qu’ils présenteront et nous continuerons par ailleurs à dialoguer”.- Marchandage -Donald Trump présente les droits de douane comme une baguette magique capable de réindustrialiser le pays, de rééquilibrer la balance commerciale et d’éponger le déficit budgétaire.Fasciné par le protectionnisme en vigueur aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, Donald Trump, élu sur une promesse de faire baisser le coût de la vie, a jusqu’ici balayé les risques d’inflation pointés par les économistes.Lesquels sont nombreux à juger illusoire sa vision d’une Amérique auto-suffisante dans l’économie mondialisée du XXIème siècle, avec ses chaînes de production éclatées dans plusieurs pays.”L’idée d’un constructeur automobile américain n’utilisant que des pièces américaines est une fiction” commente Dan Ives, du cabinet de recherche Wedbush Securities.Jeudi, à 04H01 GMT, Washington prévoit également d’imposer 25% de taxes additionnelles sur les voitures fabriquées à l’étranger, ainsi que les pièces détachées.Depuis son retour à la Maison Blanche, le républicain a déjà augmenté les droits de douane sur des produits venant de Chine, de même que tout l’acier et l’aluminium entrant aux Etats-Unis.Mais il a aussi fait marche arrière sur certaines menaces commerciales spectaculaires. Les dirigeants étrangers espèrent donc qu’une fois passé le choc de l’annonce mercredi, le marchandage pourra commencer avec l’ancien promoteur immobilier, auteur d’un livre appelé “L’art du deal”.