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Après les annonces de Trump, les marchés financiers chamboulés

Bourses, dollar et pétrole en chute libre, ruée vers les valeurs refuges et les emprunts d’Etat, “tech” au tapis… Les marchés financiers réagissent avec fracas jeudi aux hausses de droits de douane annoncées la veille par Donald Trump aux Etats-Unis.A Wall Street, les principaux indices subissaient de lourdes pertes: le S&P 500 chutait de 3,78% vers 16H00 GMT, le Nasdaq, indice à dominante technologique, perdait 4,88% et le Dow Jones abandonnait 3,10%. En Europe aussi, les investisseurs se sont détournés des actions: Paris a cédé 3,31%, son plus fort recul quotidien depuis la séance du 15 mars 2023. Francfort a perdu 3,01%, Milan 3,60% et Londres 1,55%.Le président américain a lancé mercredi une charge commerciale massive sous la forme de droits de douane très lourds, en particulier contre l’Asie et l’Union européenne, s’attirant des menaces de riposte qui risquent d’asphyxier l’économie mondiale.L’offensive de la Maison Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, prévoit un droit de douane plancher supplémentaire de 10% et des majorations pour certains pays: 20% de taxes pour l’Union européenne, 34% pour la Chine 24% pour le Japon ou encore 31% pour la Suisse.”Il s’agissait du pire scénario possible pour les marchés. On craint l’impact sur la croissance aux Etats-Unis, mais aussi dans le monde”, explique à l’AFP David Kruk, responsable du trading de La Financière de l’Échiquier.Conséquence de ces mauvaises perspectives pour la première économie mondiale: le billet vert dévissait vers 16H00 GMT de 2,06%, à 1,1053 dollar pour un euro, une ampleur rarement observée.Le prix du pétrole dégringolait aussi, de quelque 7% en Europe et aux Etats-Unis: les investisseurs tablent sur une croissance mondiale plus faible, et donc moins de demande pour l’or noir.Les valeurs refuges recherchées, les taux d’intérêt reculentDans ce contexte d’incertitude, les valeurs refuges sont plébiscitées: l’or évolue à un haut niveau, à 3.109 dollar l’once, le franc suisse prend 2,64%, à 1,1644 dollars, et la monnaie japonaise 1,83% à 146 yens pour un dollar vers 16H00 GMT.Mais c’est surtout le marché de la dette, lui aussi considéré comme une valeur sûre en cas de tempête, qui est “le grand gagnant” des annonces douanières, commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.Les emprunts d’Etat étaient recherchés, et par conséquent leur taux d’intérêt reculait: le taux du bon du Trésor américain atteignait 4,05%, contre 4,13% la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, était à 2,64%, contre 2,72% mercredi soir.La “tech” dévisseCes mesures pourraient sonner le glas du modèle de production de nombreux secteurs, qui fabriquent des composants ou l’ensemble de leurs produits dans des usines en Asie.Premiers concernés: les géants de la “tech”, tête de gondole des marchés américains. Une partie des composants de ces entreprises sont produits à l’étranger, comme à Taïwan – ciblé à hauteur de 32% de surtaxes supplémentaires.Apple est particulièrement touchée, dévissant de 8,22% vers 15H50 GMT. Ailleurs sur la cote: Nvidia (-6,19%), Microsoft (-1,95 %), Tesla (-5,58%), Amazon (-7,22%), Meta (-6,02%) et Alphabet (-3,04%).En Europe, les spécialistes des puces électroniques Infineon (-7,96% à Francfort) et STMicroelectronics (-8,17% à Paris) ont souffert.”Plus généralement, ces valeurs attiraient de façon disproportionnée les capitaux. Il n’est pas étonnant qu’elles s’effondrent particulièrement lorsqu’ils se retirent”, selon David Kruk.L’industrie textile, dont une partie des vêtements sont fabriqués en Chine, au Vietnam ou au Cambodge (respectivement taxés à hauteur de 34%, 46% et 49%, en plus des droits de douane déjà imposés), est aussi touchée: à Wall Street, vers 15H50 GMT, Gap perdait 18,57%, Ralph Lauren 15,93%, Lululemon 11,03%. Nike cédait 9,97%, ce qui équivaut à une perte de 9 milliards de dollars de capitalisation boursière.En Europe, Adidas a abandonné 11,72%, Puma 11,16%, JD Sports a cédé 7,89%.Le fret maritime en perte de vitesseLes valeurs du secteur du transport maritime ont chuté, plombées par les perspectives de reflux du commerce mondial. L’armateur allemand Hapag-Lloyd a abandonné 7,95% à Francfort, A.P. Moller-Maersk 9,49% à Copenhague et Kuehne + Nagel 2,34% à Zurich.Les banques britanniques dans le rouge”Les banques britanniques sont particulièrement exposées à l’Asie du sud-est. Si l’économie exportatrice de la Chine se détériore, c’est moins bon pour leur activité”, explique Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM. A la cote londonienne, Standard Chartered a chuté de 12,80%, Barclays de 9,08% et HSBC de 8,62%.

L’offensive protectionniste de Trump foudroie les partenaires des Etats-Unis et affole les marchés

Les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis ont globalement temporisé jeudi face au coup de massue sur les droits de douane infligé par Donald Trump qui provoque un vent de panique sur les marchés.Le président américain a parlé mercredi d’une “déclaration d’indépendance économique” pour son pays, et a prédit jeudi sur sa plateforme Truth Social que les Etats-Unis en ressortiraient “plus forts” qu’avant. Mais dans l’immédiat, c’est la gueule de bois à Wall Street, où les ménages américains placent massivement leur épargne: vers 15H50 GMT, l’indice Nasdaq chutait de 5,00% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 3,96%.Parmi les entreprises fuies par les investisseurs, figurent celles de l’habillement comme Gap (-18,72%), dont le modèle économique repose largement sur la confection en Asie.Les nouveaux droits de douane annoncés par la présidence américaine sont particulièrement punitifs pour des pays incontournables pour l’industrie textile, comme la Chine (qui subira au total +54% de taxes sur ses produits), le Cambodge (+49%), le Vietman (+46%) ou encore le Bangladesh (+37%).Symptôme des fortes inquiétudes sur un ralentissement économique à venir, le pétrole plongeait d’environ 7% et l’or, actif refuge, a connu de nouveaux sommets.Les marchés asiatiques et européens ont chuté lourdement pendant la journée (-2,77% à Tokyo, -3,31% à Paris). Cette nouvelle salve arrive après d’autres, plus ciblées: +25% sur l’acier et l’aluminium, mais aussi depuis une semaine +25% sur les voitures importées aux Etats-Unis.- “Maintenir la communication” -Pour l’heure, aucun pays n’a ajouté de l’huile sur le feu en matière de guerre commerciale.Pékin a dit jeudi “maintenir la communication” au sujet du commerce et de l’économie, tout en exhortant Washington à “annuler immédiatement” ses taxes douanières punitives et en promettant de riposter.Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, va parler avec ses homologues américains vendredi. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré qu’il n’est “pas trop tard” pour négocier, mais dit aussi que l’UE était “prête à réagir”.La veille, Donald Trump avait adopté un ton particulièrement vindicatif: “Notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis”, a-t-il asséné avant d’exhiber une liste des partenaires commerciaux concernés.Il s’insurge en particulier contre le déficit commercial américain, qui représentait encore un trou massif en février selon les chiffres les plus récents publiés jeudi.- “Masochistes” -L’offensive protectionniste de la Maison Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, passe par un droit de douane généralisé d’au moins 10% sur toutes les importations à partir du 5 avril à 04H01 GMT. Des majorations sont prévues à partir du 9 avril pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.Les marchandises de l’UE prendront ainsi par exemple 20% de taxes additionnelles, s’ajoutant aux droits de douane déjà en vigueur.Selon les analystes d’Oxford Economics, cette salve de Trump et ses conséquences pourraient ralentir nettement la croissance mondiale et la ramener sous les 2%.”Les droits de douane de Trump sont les plus coûteux et les plus masochistes que les États-Unis aient appliqués depuis des décennies”, a fustigé jeudi sur X Larry Summers, l’ancien ministre des Finances sous Bill Clinton.- Des usines à l’arrêt en Amérique du Nord -Malgré les appels au dialogue politique, la plupart des États critiquent vertement l’initiative américaine.L’Australie a dénoncé un “geste qui n’est pas celui d’un ami”.La France, qui réunit jeudi les représentants de ses filières les plus touchées, déplore une “immense difficulté” pour l’Europe, et se dit, comme Berlin, prête à cibler la tech américaine dans le cadre d’une réponse continentale.”Toute tentative d’imposer un protectionnisme (…) n’a plus sa place dans le monde”, a quant à lui affirmé le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva, dont le pays récolte le taux minimal de 10%.La surtaxe sur l’automobile a déjà fait ses premières victimes avec l’annonce jeudi par Stellantis de la fermeture de son usine Chrysler de Windsor (Canada) pendant deux semaines. Le groupe envisage aussi des “pauses” dans ses usines mexicaines. Le suédois Volvo Cars, propriété du groupe chinois Geely, a affirmé qu’il allait devoir augmenter sa production de véhicules aux Etats-Unis.Donald Trump présente les droits de douane comme une baguette magique capable de réindustrialiser le pays, de rééquilibrer la balance commerciale et d’éponger le déficit budgétaire, à rebours de la plupart des économistes qui anticipent de lourdes conséquences pour l’économie américaine.

L’offensive protectionniste de Trump foudroie les partenaires des Etats-Unis et affole les marchés

Les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis ont globalement temporisé jeudi face au coup de massue sur les droits de douane infligé par Donald Trump qui provoque un vent de panique sur les marchés.Le président américain a parlé mercredi d’une “déclaration d’indépendance économique” pour son pays, et a prédit jeudi sur sa plateforme Truth Social que les Etats-Unis en ressortiraient “plus forts” qu’avant. Mais dans l’immédiat, c’est la gueule de bois à Wall Street, où les ménages américains placent massivement leur épargne: vers 15H50 GMT, l’indice Nasdaq chutait de 5,00% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 3,96%.Parmi les entreprises fuies par les investisseurs, figurent celles de l’habillement comme Gap (-18,72%), dont le modèle économique repose largement sur la confection en Asie.Les nouveaux droits de douane annoncés par la présidence américaine sont particulièrement punitifs pour des pays incontournables pour l’industrie textile, comme la Chine (qui subira au total +54% de taxes sur ses produits), le Cambodge (+49%), le Vietman (+46%) ou encore le Bangladesh (+37%).Symptôme des fortes inquiétudes sur un ralentissement économique à venir, le pétrole plongeait d’environ 7% et l’or, actif refuge, a connu de nouveaux sommets.Les marchés asiatiques et européens ont chuté lourdement pendant la journée (-2,77% à Tokyo, -3,31% à Paris). Cette nouvelle salve arrive après d’autres, plus ciblées: +25% sur l’acier et l’aluminium, mais aussi depuis une semaine +25% sur les voitures importées aux Etats-Unis.- “Maintenir la communication” -Pour l’heure, aucun pays n’a ajouté de l’huile sur le feu en matière de guerre commerciale.Pékin a dit jeudi “maintenir la communication” au sujet du commerce et de l’économie, tout en exhortant Washington à “annuler immédiatement” ses taxes douanières punitives et en promettant de riposter.Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, va parler avec ses homologues américains vendredi. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré qu’il n’est “pas trop tard” pour négocier, mais dit aussi que l’UE était “prête à réagir”.La veille, Donald Trump avait adopté un ton particulièrement vindicatif: “Notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis”, a-t-il asséné avant d’exhiber une liste des partenaires commerciaux concernés.Il s’insurge en particulier contre le déficit commercial américain, qui représentait encore un trou massif en février selon les chiffres les plus récents publiés jeudi.- “Masochistes” -L’offensive protectionniste de la Maison Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, passe par un droit de douane généralisé d’au moins 10% sur toutes les importations à partir du 5 avril à 04H01 GMT. Des majorations sont prévues à partir du 9 avril pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.Les marchandises de l’UE prendront ainsi par exemple 20% de taxes additionnelles, s’ajoutant aux droits de douane déjà en vigueur.Selon les analystes d’Oxford Economics, cette salve de Trump et ses conséquences pourraient ralentir nettement la croissance mondiale et la ramener sous les 2%.”Les droits de douane de Trump sont les plus coûteux et les plus masochistes que les États-Unis aient appliqués depuis des décennies”, a fustigé jeudi sur X Larry Summers, l’ancien ministre des Finances sous Bill Clinton.- Des usines à l’arrêt en Amérique du Nord -Malgré les appels au dialogue politique, la plupart des États critiquent vertement l’initiative américaine.L’Australie a dénoncé un “geste qui n’est pas celui d’un ami”.La France, qui réunit jeudi les représentants de ses filières les plus touchées, déplore une “immense difficulté” pour l’Europe, et se dit, comme Berlin, prête à cibler la tech américaine dans le cadre d’une réponse continentale.”Toute tentative d’imposer un protectionnisme (…) n’a plus sa place dans le monde”, a quant à lui affirmé le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva, dont le pays récolte le taux minimal de 10%.La surtaxe sur l’automobile a déjà fait ses premières victimes avec l’annonce jeudi par Stellantis de la fermeture de son usine Chrysler de Windsor (Canada) pendant deux semaines. Le groupe envisage aussi des “pauses” dans ses usines mexicaines. Le suédois Volvo Cars, propriété du groupe chinois Geely, a affirmé qu’il allait devoir augmenter sa production de véhicules aux Etats-Unis.Donald Trump présente les droits de douane comme une baguette magique capable de réindustrialiser le pays, de rééquilibrer la balance commerciale et d’éponger le déficit budgétaire, à rebours de la plupart des économistes qui anticipent de lourdes conséquences pour l’économie américaine.

L’ONU accuse Israël de vouloir la “déstabiliser” la Syrie, après une incursion et des frappes meurtrières

L’ONU a accusé Israël jeudi de vouloir “déstabiliser” la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.Les frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s’opposer à leur avancée.L’envoyé spécial de l’ONU, Geir Pedersen, a appelé Israël “à cesser ces attaques (…) qui sapent les efforts visant à construire une nouvelle Syrie en paix avec elle-même et avec la région, et déstabilisent la Syrie à un moment sensible”.Depuis la chute de Bachar al-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste le 8 décembre, Israël a mené des centaines de frappes en Syrie contre des objectifs militaires.Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti jeudi le nouveau le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu’il paierait un “lourd tribut” si la sécurité d’Israël était menacée.”Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie”, a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.Mercredi soir, l’aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l’aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.Le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé que l’aéroport avait été “presque entièrement détruit” et évoqué des “dizaines de blessés civils et militaires”.- “Protectorat turc” -Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l’aéroport de Hama.Un correspondant de l’AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l’AFP.En Israël, l’armée a affirmé avoir “frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d’autres infrastructures militaires dans la région de Damas”.Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l’AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d’établir des “positions militaires” en Syrie dont une “à l’intérieur de la base T4”.Lors d’une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie “un rôle négatif en Syrie” et “au Liban”. “Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc”, a-t-il dit.- Appels au combat – A Deraa, une foule en colère a participé jeudi aux funérailles de neuf personnes tuées lors de l’incursion, a rapporté un correspondant de l’AFP.”C’est une zone agricole (…) où personne ne menace les forces israéliennes. Nous voulons vivre en paix mais nous n’acceptons pas qu’on nous attaque”, a déclaré à l’AFP Khaled al-Awdat, 48 ans, qui participait aux obsèques.Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien ayant suivi une “incursion israélienne” dans la région, “où les forces de l’occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément”. Selon l’OSDH, il s’agit d’habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l’avancée des troupes israéliennes.L’armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été “éliminés” dans des frappes terrestres et aériennes.”La présence d’armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l’Etat d’Israël”, a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l’armée “ne permettrait pas l’existence d’une menace militaire en Syrie”.Dès la chute de Bachar al-Assad, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu’il qualifie de “jihadistes”.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février “la démilitarisation totale du sud de la Syrie” et affirmé qu’il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.

L’ONU accuse Israël de vouloir la “déstabiliser” la Syrie, après une incursion et des frappes meurtrières

L’ONU a accusé Israël jeudi de vouloir “déstabiliser” la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.Les frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s’opposer à leur avancée.L’envoyé spécial de l’ONU, Geir Pedersen, a appelé Israël “à cesser ces attaques (…) qui sapent les efforts visant à construire une nouvelle Syrie en paix avec elle-même et avec la région, et déstabilisent la Syrie à un moment sensible”.Depuis la chute de Bachar al-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste le 8 décembre, Israël a mené des centaines de frappes en Syrie contre des objectifs militaires.Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti jeudi le nouveau le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu’il paierait un “lourd tribut” si la sécurité d’Israël était menacée.”Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie”, a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.Mercredi soir, l’aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l’aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.Le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé que l’aéroport avait été “presque entièrement détruit” et évoqué des “dizaines de blessés civils et militaires”.- “Protectorat turc” -Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l’aéroport de Hama.Un correspondant de l’AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l’AFP.En Israël, l’armée a affirmé avoir “frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d’autres infrastructures militaires dans la région de Damas”.Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l’AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d’établir des “positions militaires” en Syrie dont une “à l’intérieur de la base T4”.Lors d’une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie “un rôle négatif en Syrie” et “au Liban”. “Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc”, a-t-il dit.- Appels au combat – A Deraa, une foule en colère a participé jeudi aux funérailles de neuf personnes tuées lors de l’incursion, a rapporté un correspondant de l’AFP.”C’est une zone agricole (…) où personne ne menace les forces israéliennes. Nous voulons vivre en paix mais nous n’acceptons pas qu’on nous attaque”, a déclaré à l’AFP Khaled al-Awdat, 48 ans, qui participait aux obsèques.Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien ayant suivi une “incursion israélienne” dans la région, “où les forces de l’occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément”. Selon l’OSDH, il s’agit d’habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l’avancée des troupes israéliennes.L’armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été “éliminés” dans des frappes terrestres et aériennes.”La présence d’armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l’Etat d’Israël”, a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l’armée “ne permettrait pas l’existence d’une menace militaire en Syrie”.Dès la chute de Bachar al-Assad, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu’il qualifie de “jihadistes”.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février “la démilitarisation totale du sud de la Syrie” et affirmé qu’il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.

L’émissaire spécial de Poutine à Washington pour améliorer les relations bilatérales

L’émissaire économique spécial du président russe Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, est à Washington jeudi pour des “réunions” avec des représentants de l’administration Trump, en plein rapprochement entre la Russie et les États-Unis.Il s’agit de la première visite d’un haut responsable russe à Washington depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, à laquelle le président américain Donald Trump assure vouloir trouver une issue rapide en négociant avec Moscou. Elle intervient au lendemain de l’annonce par M. Trump de lourds droits de douane à l’encontre de nombreux pays, mais pas la Russie, déjà visée par des sanctions américaines en raison de la guerre et qui n’est officiellement plus un partenaire commercial significatif, selon Washington.”Les 2 et 3 avril (…), je dois tenir des réunions à Washington avec des représentants de l’administration du président Donald Trump”, a annoncé Kirill Dmitriev sur Telegram.Il a aussi jugé favorablement les droits de douane annoncés par M. Trump, estimant qu’ils “créent un précédent pour une croissance autonome et la création d’emplois durables” aux Etats-Unis.Interrogé sur la visite de M. Dmitriev à Washington, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a souligné que l’envoyé spécial s’y trouvait “dans le cadre de son mandat”, c’est-à-dire pour parler de coopération économique. Patron du puissant Fonds souverain russe, Kirill Dmitriev n’est pas impliqué dans les pourparlers sur l’Ukraine.- “Pas un processus facile” -Des médias américains ont annoncé son arrivée sur le sol américain dès mercredi, mais la Maison Blanche n’a pas confirmé sa venue à ce stade. Il n’était pas clair s’il s’était déjà entretenu avec des représentants américains.Dmitri Peskov, a refusé de donner “des détails” de ce déplacement organisé “sur instruction du président” Vladimir Poutine.Selon la chaîne américaine CNN, Kirill Dmitriev doit échanger avec l’émissaire américain Steve Witkoff sur la remise à plat des relations bilatérales, très dégradées par des années de tensions qui ont culminé depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine, soutenue financièrement et militairement par les États-Unis.Dans son communiqué, M. Dmitriev a dit juger “crucial pour le monde entier” le “dialogue” entre Moscou et Washington, tout en reconnaissant que son “rétablissement (…) n’est pas un processus facile”. “Mais chaque réunion, chaque conversation franche, nous permet d’avancer”, a-t-il assuré.Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a pour sa part qualifié de “dynamique” le dialogue depuis plusieurs semaines avec les États-Unis “sur les irritants”, évoquant “quelques progrès” mais “pas de percées” à ce stade.Les sanctions américaines visant l’économie russe et les perspectives de coopération économique devraient ainsi figurer au programme des discussions.- Trump “très énervé” -Le 13 mars dernier, c’était Steve Witkoff qui s’était déplacé en personne à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine au Kremlin. Sa visite n’avait toutefois pas permis d’aboutir à une trêve sans conditions des combats en Ukraine, comme proposé par Donald Trump et validé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.Depuis, le locataire de la Maison Blanche s’est dit “très énervé, furieux” contre son homologue russe, après que Vladimir Poutine eut évoqué l’idée d’une “administration transitoire” en Ukraine, sans M. Zelensky, dans le cadre du processus de paix.Dans la foulée, il a menacé la Russie de sanctions secondaires visant son pétrole si Moscou et Washington ne parvenaient pas à un accord rapide sur le dossier ukrainien.Kirill Dmitriev est, lui, personnellement sous sanctions américaines depuis 2022 et a eu besoin d’une suspension temporaire de ces restrictions pour obtenir un visa afin de se rendre aux États-Unis.Il figurait parmi les négociateurs russes lors des pourparlers russo-américains qui se sont tenus le 18 février en Arabie saoudite, quelques jours après le premier appel officiel entre Vladimir Poutine et Donald Trump depuis le retour de ce dernier à la Maison Blanche en janvier.Une autre réunion russo-américaine avait eu lieu fin février à Istanbul, sur le travail des ambassades, après de multiples expulsions de diplomates des deux côtés depuis plusieurs années.Né à Kiev sous l’URSS, Kirill Dmitriev connaît très bien les États-Unis où il a fait carrière, travaillant auparavant pour la banque Goldman Sachs à New York, ainsi qu’au sein du cabinet de conseil McKinsey. Il est diplômé de l’université de Stanford et de la prestigieuse Harvard Business School.