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Meurtre d’un bébé à la crèche: 30 ans de prison requis contre l’accusée
Trente ans de réclusion criminelle, dont 20 ans incompressibles, ont été requis jeudi à Lyon contre une employée de crèche qui, en 2022, a empoisonné un bébé dont elle avait la garde avec un produit caustique de type Destop.Il y a une part “d’insondable, qui nous échappe” dans ce crime, a déclaré l’avocat général Baptiste Godreau, tout en estimant que l’accusée, Myriam Jaouen, avait agi “en parfaite conscience”.”Afin de sanctionner l’extrême gravité de cet acte, pour avoir lâchement retiré la vie à une enfant sans défense, afin de protéger la société de façon durable et de protéger les intérêts de la famille”, il a assumé de réclamer une peine “lourde”.Les jurés de la cour d’assises du Rhône, qui doivent encore entendre les arguments de la défense, rendront leur verdict en fin de journée.L’accusée, aujourd’hui âgée de 30 ans, a reconnu dès sa garde à vue avoir fait ingérer le liquide corrosif, un déboucheur de canalisation, à la petite Lisa, tout en assurant ne pas avoir voulu la tuer.Elle a présenté plusieurs versions des faits avant de reconnaître, au cours du procès, avoir maintenu la tête de l’enfant et versé le produit directement dans sa bouche. Elle ne supportait plus, selon ses explications, les pleurs de la petite fille.”Huit minutes seule avec un enfant quand on est diplomée d’un CAP petite enfance, est-ce que c’est insurmontable”?, s’est interrogé M. Godreau en référence au court intermède lors duquel s’est noué le drame.Le magistrat a dénoncé la “lâcheté” de l’accusée après les faits, qui n’a pas appelé les secours elle-même, a fait disparaître la bouteille de liquide incriminée, a fini sa journée de travail puis est allée faire du shopping, apparemment indifférente à “l’agonie” du bébé.- “Cruauté indicible” -L’avocate des parents de Lisa a regretté les réponses évasives de l’accusée pendant le procès.”La première personne qui doit réfléchir, se remettre en question (…), c’est Myriam Jaouen et elle ne le fait pas”, a déploré Me Catherine Bourgade. “Au bout de trois jours, on n’en sait pas plus”.Mais pour Me Jean Sannier, conseil de l’association Innocence en danger, “elle ne répondra pas, car il n’y a pas de réponse: on ne tue pas un enfant dans une crèche”.Elle a commis “un geste d’une cruauté indicible”, a renchéri sa collègue Sidonie Leblanc pour L’Enfant bleu Enfance maltraitée, qui s’est également constituée partie civile.Les débats, auxquels Myriam Jaouen a assisté le dos souvent voûté mais sans manifester beaucoup d’émotion, ont mis en lumière sa personnalité fragile et ses capacités cognitives limitées. A l’époque du drame, la jeune femme, atteinte d’une surdité partielle, vivait encore chez ses parents après une scolarité difficile et des expériences intermittentes dans le secteur de la petite enfance.Elle est d’une “immaturité absolue”, a pointé l’avocat général.- “Pas un bébé Destop” -Malgré ses failles et son manque d’expérience, Myriam Jaouen avait été embauchée par le groupe People & Baby qui gérait la micro-crèche Danton Rêve.Le 22 juin 2022, elle était seule à l’ouverture de l’établissement, quand le père de Lisa est venu déposer le nourrisson, qui “ne pleurait pas” selon son témoignage poignant.Quelques minutes plus tard, deux femmes venues déposer leurs fils ont trouvé l’employée en panique, et l’enfant en train de vomir.La fillette, grièvement brûlée, est décédée en fin de matinée à l’hôpital où elle avait été transportée.Le drame a suscité un vif émoi et déclenché une série d’enquêtes administratives, parlementaires et journalistiques qui ont épinglé la course au rendement dans le secteur des crèches privées.Très éprouvés, les parents de Lisa ont souhaité ramener le débat sur la responsabilité pénale du “monstre” qui a tué leur fille.”Parler des crèches, c’est un mauvais sujet”, a lancé mercredi la mère, vibrante d’émotion et de colère. Lisa, “c’était pas un bébé Destop”, a-t-elle asséné, mais une petite fille riante, tuée à une semaine de son premier anniversaire.
Guerre commerciale: le patronat craint pour l’économie européenne, réunion à l’Elysée
Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi à l’Elysée les responsables des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump, que le Medef voit comme “des mesures d’une extrême gravité pour l’économie européenne.”Le président américain Donald Trump a signé un décret généralisant des droits de douane de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20% pour les produits arrivant de l’UE.Dans une déclaration transmise à l’AFP, le président du Medef Patrick Martin a dénoncé des mesures “d’une extrême gravité pour l’économie européenne et probablement pour l’économie américaine elle-même.””La priorité reste une négociation ferme mais la France et l’Europe doivent en parallèle mettre en place des mesures de soutien aux secteurs impactés”, a ajouté M. Martin. “C’est ce que je rappellerai au président de la République cet après midi.”Emmanuel Macron reçoit à l’Elysée à 16H00 les représentants de filières exportatrices et du patronat. Le Premier ministre François Bayrou et plusieurs ministres ( économie, agriculture, industrie, commerce extérieur) seront aussi présents.Selon la liste des invités obtenue par l’AFP, sont notamment attendus les représentants des filières aéronautiques (dont Guillaume Faury, de Airbus), industrielles et, agricoles et viticoles.Le secteur automobile, qui sera touché par une surtaxe spécifique de 25% sur les voitures importées, devait être représenté par Luc Chatel, président la Plateforme automobile (PFA).Devaient être également présents les représentants de la chimie, de l’électronique, de la métallurgie, de la santé et des cosmétiques.Pour Emmanuel Guichard, de la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA), “il y aura forcément un impact pour l’industrie cosmétique de passer de 0% à 20% de droits de douane. Il sera avalé soit par l’inflation, soit par la baisse des volumes vendus avec les Etats-Unis, notre premier marché à l’export”, a-t-il indiqué à l’AFP.”La première chose, c’est que nous fassions un bilan et prévisionnel de ce que seront les attaques et leurs effets sur l’ensemble des filières. Ensuite, nous regarderons comment nous pouvons soutenir nos industries de production”, a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement français Sophie Primas.”On voit bien que tous les marchés d’exportation, notamment des vins et spiritueux, sont en train de se fermer. Il va falloir donc supporter notre production européenne”, a-t-elle ajouté.- “Choc” -De son côté, François Bayrou a jugé que cette décision est une “immense difficulté” pour l’Europe et une “catastrophe” pour les Etats-Unis.A gauche, le socialiste Olivier Faure a également appelé l’UE à riposter. “Depuis le 20 janvier, Trump déroule. Parlons lui dans la seule langue qu’il connaisse, celle du rapport de force”, a-t-il réagi sur X. A la Bourse de Paris, le CAC 40 accusait le coup, chutant de plus de 3% vers 15H00.Les Etats-Unis étaient en 2023 le 4e marché à l’exportation de la France, derrière l’Allemagne, l’Italie et la Belgique, selon les douanes françaises.Parmi les secteurs les plus exposés figurent l’aéronautique (avec 9 milliards d’euros en 2024, il représente un cinquième des exportations de la France vers les Etats-Unis), le luxe (parfums, maroquinerie etc.), les vins et le cognac.- “Impact énorme” -“Nous évaluons les impacts potentiels”, a déclaré jeudi à l’AFP un porte-parole d’Airbus.”Nous vendons aux États-Unis, nous fabriquons, nous assemblons, nous développons aux États-Unis, comme peu d’autres entreprises”, avait expliqué en février le PDG de l’avionneur européen, Guillaume Faury.Côté vins et alcools distillés, la France, réputée pour ses vins de Bordeaux, de Bourgogne ou de Champagne, en exporte massivement aux Etats-Unis, qui est son premier marché à l’exportation.En 2024, quelque 2,4 milliards d’euros de “vins de raisin” ont traversé l’Atlantique pour les Etats-Unis, auxquels il faut ajouter 1,5 milliard d’euros de “boissons alcoolisés distillées”, notamment le cognac.La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) craint “un recul des exportations (aux Etats-Unis) d’environ 800 millions d’euros”, avec “un impact énorme sur l’emploi et l’économie du secteur”.D’après les annonces faites mercredi, Donald Trump semble avoir abandonné l’idée d’une taxation à 200% des alcools européens qu’il avait envisagée à la mi-mars.fff-od-fmp-max/jbo/rhl
La Syrie accuse Israël de vouloir la “déstabiliser” après une incursion et des frappes meurtrières
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir “déstabiliser” la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu’il paierait un “lourd tribut” si la sécurité d’Israël était menacée.”Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie”, a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s’opposer à leur avancée.Mercredi soir, l’aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l’aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.Le ministère syrien a affirmé que l’aéroport avait été “presque entièrement détruit” et évoqué des “dizaines de blessés civils et militaires”.- “Protectorat turc” -Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l’aéroport de Hama.Un correspondant de l’AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l’AFP.En Israël, l’armée a affirmé avoir “frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d’autres infrastructures militaires dans la région de Damas”.Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l’AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d’établir des “positions militaires” en Syrie dont une “à l’intérieur de la base T4”.Lors d’une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie “un rôle négatif en Syrie” et “au Liban”. “Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc”, a-t-il dit.- Appels au combat – A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l’incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l’AFP.Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l’ouest de Deraa, ayant suivi une “incursion israélienne” dans la région, “où les forces de l’occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément”. Selon l’OSDH, il s’agit d’habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l’avancée des troupes israéliennes.L’armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été “éliminés” dans des frappes terrestres et aériennes.”La présence d’armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l’Etat d’Israël”, a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l’armée “ne permettrait pas l’existence d’une menace militaire en Syrie”.Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu’il qualifie de “jihadistes”.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février “la démilitarisation totale du sud de la Syrie” et affirmé qu’il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.
La Syrie accuse Israël de vouloir la “déstabiliser” après une incursion et des frappes meurtrières
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir “déstabiliser” la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu’il paierait un “lourd tribut” si la sécurité d’Israël était menacée.”Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie”, a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s’opposer à leur avancée.Mercredi soir, l’aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l’aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.Le ministère syrien a affirmé que l’aéroport avait été “presque entièrement détruit” et évoqué des “dizaines de blessés civils et militaires”.- “Protectorat turc” -Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l’aéroport de Hama.Un correspondant de l’AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l’AFP.En Israël, l’armée a affirmé avoir “frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d’autres infrastructures militaires dans la région de Damas”.Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l’AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d’établir des “positions militaires” en Syrie dont une “à l’intérieur de la base T4”.Lors d’une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie “un rôle négatif en Syrie” et “au Liban”. “Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc”, a-t-il dit.- Appels au combat – A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l’incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l’AFP.Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l’ouest de Deraa, ayant suivi une “incursion israélienne” dans la région, “où les forces de l’occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément”. Selon l’OSDH, il s’agit d’habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l’avancée des troupes israéliennes.L’armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été “éliminés” dans des frappes terrestres et aériennes.”La présence d’armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l’Etat d’Israël”, a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l’armée “ne permettrait pas l’existence d’une menace militaire en Syrie”.Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu’il qualifie de “jihadistes”.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février “la démilitarisation totale du sud de la Syrie” et affirmé qu’il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.
Turquie: les autorités haussent le ton face aux appels au boycott
Onze personnes accusées d’avoir relayé des appels au boycott lancés par l’opposition turque après l’arrestation du maire d’Istanbul ont été interpellées en Turquie, où les autorités tentent par tous les moyens d’éteindre une contestation inédite depuis 2013.Parmi ces onze personnes figure un acteur turc ayant incarné le sultan Mehmet le Conquérant dans un docufiction diffusé sur Netflix, a annoncé jeudi un syndicat d’acteurs dont des cadres se rendaient en milieu de journée vers le palais de justice d’Istanbul où les prévenus devaient être déférés.Cinq autres personnes sont toujours recherchées, elles aussi poursuivies, entre autres, pour “incitation à la haine”, a rapporté l’agence officielle turque Anadolu qui n’a pas précisé les identités des mis en cause.Le parquet général d’Istanbul avait annoncé mardi l’ouverture d’une enquête contre les personnes ayant lancé ou partagé des appels au boycott, qui ont gagné en force ces derniers jours alors que les manifestations se tarissaient dans les rues d’Istanbul et d’Ankara en raison de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan.Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale force d’opposition, avait appelé les Turcs à une journée sans achat mercredi, en soutien aux centaines d’étudiants placés en détention depuis le début, le 19 mars, de la contestation déclenchée par l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu. Principal rival du président Recep Tayyip Erdogan, l’édile a été incarcéré depuis pour “corruption”.À Istanbul et Ankara, la capitale, des cafés, bars et restaurants avaient choisi de rester fermés mercredi, ont constaté des journalistes de l’AFP.Le patron du CHP, Özgür Özel, appelle en outre depuis la semaine passée à boycotter des dizaines d’entreprises et de groupes turcs réputés proches du pouvoir.- “Irresponsables” – Mercredi, une actrice dans une série diffusée par la chaîne publique turque TRT avait déjà fait les frais d’un message relayant un appel au boycott.La chaîne a annoncé le retrait de l’actrice, Aybüke Pusat, du casting de la série toujours en cours: les scènes déjà réalisées seront tournées de nouveau, sans elle. En parallèle, le groupe britannique Muse a choisi d’ajourner un concert prévu en juin à Istanbul, en réponse à des appels au boycott visant l’organisateur de l’évènement accusé de soutenir le gouvernement face aux manifestants.La semaine passée, le président Erdogan avait fustigé les “appels irresponsables au boycott” émanant de l’opposition et de groupes d’étudiants, affirmant qu’aucune entreprise turque ne serait “laissée à leur merci”.Les autorités, qui ont annoncé le 27 mars avoir arrêté en neuf jours près de 1.900 personnes, accusées d’avoir pris part à des manifestations illégales, ont bloqué plusieurs sites internet listant des entreprises à boycotter.Mercredi, le ministre turc du Commerce Ömer Bolat s’est précipité, sous l’oeil des caméras, dans un supermarché d’Ankara pour y remplir un chariot de provisions, affirmant vouloir “donner une bonne leçon” aux boycotteurs.Le président du Haut conseil turc de l’audiovisuel (RTÜK), Ebubekir Sahin, a mis en garde les médias soutenant les appels au boycott, avertissant que “les mesures nécessaires seront prises” à leur encontre.Tentant néanmoins de minimiser l’ampleur du boycott de mercredi, le gouvernement a affirmé que le volume des achats avait doublé dans le pays entre mardi et mercredi. Sans préciser que mardi était un jour férié, pendant lequel de très nombreux Turcs regagnaient leur domicile au terme des fêtes de l’Aïd.





