AFP World

Face à Moscou et Pékin, l’UE veut s’affirmer en Asie centrale

L’Union européenne entend faire passer à un “niveau supérieur” ses relations avec l’Asie centrale lors d’un sommet en Ouzbékistan vendredi regroupant les cinq ex-républiques soviétiques de cette région riche en ressources naturelles, où la Russie et la Chine sont fortement implantées.Pour ce troisième sommet “Union européenne – Asie centrale” depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sera présente, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, et des dirigeants centrasiatiques (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan).Avant son arrivée à Samarcande, ville ouzbèke située sur l’ancienne Route de la Soie, Mme von der Leyen a dit vouloir faire passer “à un niveau supérieur” le partenariat UE-AC et approfondir tous azimuts les liens: transports, matières premières, eau ou encore énergie.Ce format “5+1” est aussi plébiscité par la Russie, la Chine, les États-Unis, voire même le Japon ou la Corée du Sud, tandis que la Turquie place ses pions via son Organisation des États turciques (OET).Tous convoitent les immenses réserves de matières premières de l’Asie centrale, région aussi grande que l’UE mais peuplée seulement de quelque 80 millions d’habitants.Sous réserve d’investir dans les infrastructures, son positionnement stratégique permettrait d’accélérer les flux commerciaux entre l’Asie et l’Europe.- Premier investisseur -Pour l’Asie centrale, qui tente d’apparaître comme un pôle uni après trois décennies de tensions, ce rapprochement avec l’UE permet d’obtenir ce que les puissances russe et chinoise ne peuvent lui fournir, notamment certaines technologies de pointe.Selon Raul Villegas, analyste au Centre de politique européenne, un groupe de réflexion basé à Bruxelles, “l’UE doit se différencier du modèle extractif de ses concurrents en développant des capacités locales de raffinage et de transformation”.Premier investisseur régional (40% du total), l’UE est également, avec environ 550 millions d’euros pour la période 2021-2027, le premier fournisseur d’aide au développement dans cette région particulièrement vulnérable au changement climatique, recouverte de déserts et de montagnes.L’UE maintient son credo de “partenariat sans conditions”, en opposition à la Chine qui détient la dette de nombreux pays centrasiatiques, ou à la Russie, fournisseur d’énergie et d’armement.Mais ces deux dernières puissances restent difficiles à déloger et affermissent leur présence, Pékin octroyant des milliards de dollars de prêts pour construire des infrastructures tandis que Moscou fait valoir ses liens historiques, hérités de l’URSS.Au printemps dernier, en Ouzbékistan, le président russe Vladimir Poutine s’était offensé des actions des Américains et des Européens “qui tentent de perturber nos liens commerciaux, de coopération et culturels traditionnellement étroits”.- “Peu visibles” -L’UE espère également faire avancer son projet de corridor de transport transcaspien, route commerciale contournant la Russie et reliant l’Europe à l’Asie via la mer Caspienne, menacée d’ensablement et très polluée.”Les pays d’Asie centrale devraient bénéficier de l’initiative Global Gateway” pour les infrastructures, réponse européenne aux “Nouvelles routes de la soie” promues par Pékin, explique pour l’AFP Marie Dumoulin, du groupe de réflexion du Conseil européen des relations étrangères.”Mais les projets concrets tardent à se concrétiser. Ils sont peu visibles et l’UE doit y remédier si elle veut devenir un acteur compétitif dans la région”, souligne-t-elle.Si l’UE est le deuxième partenaire commercial de l’Asie centrale (22,6% du total), ce chiffre cache cependant de grandes disparités entre les pays.De plus, la récente hausse des échanges commerciaux entre l’UE et l’Asie centrale masque un phénomène contre lequel les Européens ont grand mal à lutter: la réexportation de produits sous sanctions occidentales vers la Russie.”Nous aimerions voir beaucoup plus (d’efforts) de leur part” pour arrêter ces pratiques, a déclaré à l’AFP un responsable européen sous couvert d’anonymat.Lors de ce sommet vendredi, la question des droits humains dans ces États encore largement autoritaires, dont l’Ouzbékistan, pays hôte, devrait passer au second plan, alors que la situation se dégrade selon plusieurs ONG, qui déplorent l’emprisonnement d’opposants et de journalistes.burs-bk/bur/mba/gmo

Destitution ou retour du président Yoon ? La Corée du Sud va connaître son avenir politique

Avec ou sans Yoon Suk Yeol ? La Corée du Sud va être fixée vendredi sur son avenir politique, suspendu au verdict de la Cour constitutionnelle au terme de la procédure de destitution du président, quatre mois après sa tentative d’imposer la loi martiale.Annoncé pour 11H00 (02H00 GMT), l’arrêt de la Cour est attendu par tout un pays, encore sidéré par son coup de force raté de décembre et échauffé par des mois de tensions, entre manifestations monstre, motions de destitution, arrestation, incarcération, assaut d’un tribunal, libération pour vice de procédure…Elu avec la plus faible avance de l’histoire du pays en 2022, l’ancien procureur vedette de 64 ans a dévalé la pente de l’impopularité, allant jusqu’à activer brièvement la loi martiale, état d’exception inutilisé en Corée du Sud depuis la dictature militaire des années 1980.Les huit juges de la Cour constitutionnelle ont deux options: entériner la motion de destitution votée à la mi-décembre par les députés contre M. Yoon, et ainsi le déposer définitivement, ou bien l’annuler et le rétablir immédiatement dans ses fonctions.Nombre d’experts pensent que la déchéance de M. Yoon fait peu de doute.Quelle que soit la décision de vendredi, elle “indiquera avant tout la résilience de la démocratie sud-coréenne”, a déclaré à l’AFP Byunghwan Son, professeur à l’université George Mason.”Le fait même que le système ne s’est pas effondré suggère que la démocratie coréenne peut survivre même au pire des défis, une tentative de coup d’Etat”, a-t-il ajouté.Si le dirigeant de droite est destitué, ce qui requiert au moins six voix favorables, une élection présidentielle devra être organisée sous 60 jours. Le chef de l’opposition Lee Jae-myung en serait le grand favori.- “Eléments hostiles à l’Etat” -Suspendu depuis la motion d’une Assemblée nationale largement dominée par ses adversaires, Yoon Suk Yeol a toujours défendu sa mesure choc de la nuit du 3 au 4 décembre, soutenant qu’elle était nécessaire pour repousser “les forces communistes nord-coréennes” et “éliminer les éléments hostiles à l’Etat”.Dans un parlement cerné par des soldats, certains déployés en hélicoptère, un nombre suffisant d’élus était toutefois parvenu à se réunir pour voter à l’unanimité un texte exigeant la fin de la loi martiale, abolie par le président six heures après son instauration.Privé de ses pouvoirs, Yoon Suk Yeol est devenu en janvier le premier président sud-coréen titulaire à se voir arrêté et placé en détention.En février s’est ouvert son procès au pénal pour insurrection — un crime passible de la peine de mort –, autre situation inédite pour un chef de l’Etat sud-coréen en cours de mandat. M. Yoon a cependant été libéré le 8 mars pour vice de procédure.Des dizaines — parfois des centaines — de milliers de personnes manifestent tous les week-ends à Séoul, pour ou contre lui.- “Toutes les ressources disponibles” -Quantité de partisans avaient campé dans le froid glacial pendant des semaines devant son domicile pour empêcher son arrestation.Le 19 janvier, des soutiens radicaux avaient même pris d’assaut le tribunal qui venait de prononcer la prolongation de sa détention. Un fait sans précédent en Corée du Sud, qui a marqué une nette escalade dans cette crise.Vendredi, “la police va mobiliser toutes les ressources disponibles pour assurer la sécurité du public et empêcher la situation de dégénérer en grave conflit social”, a ainsi affirmé le chef par intérim de l’autorité, Lee Ho-young.En 2017, quatre personnes étaient mortes dans les heurts qui avaient suivi la destitution de l’ancienne cheffe de l’Etat Park Geun-hye.- Alerte maximale -Les huit juges sont arrivés à la Cour tôt vendredi, a déclaré à l’AFP un porte-parole de cette juridiction. Ils bénéficient d’une protection policière renforcée.La police, placée en état d’alerte maximale, a hermétiquement bouclé le quartier de la Cour constitutionnelle à l’aide d’un barrage d’autobus, et a déployé des équipes des forces spéciales. Des postes médicaux avancés ont été installés dans les environs pour faire face aux éventuelles urgences.Des foules de manifestants pro et anti-Yoon ont campé près de la Cour et de la résidence du dirigeant suspendu pendant la nuit, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des manifestants anti-Yoon ont également afflué dans la matinée dans le centre de Séoul.Plusieurs ambassades, dont celles des Etats-Unis, de France, de Russie et de Chine, ont recommandé à leurs ressortissants d’éviter les rassemblements de masse.Possible signe que le cas Yoon fut le plus complexe, la Cour aura mis 111 jours depuis sa saisine avant de rendre son arrêt, soit le délai le plus long pour ce type de cas.

Avec ses droits de douane, Trump foudroie l’économie mondiale

Les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis ont cherché la parade jeudi face au coup de massue infligé par Donald Trump avec les droits de douane, qui a provoqué un vent de panique sur les marchés.Le président américain a balayé les inquiétudes jeudi. “L’économie avait beaucoup de problèmes… C’était un patient malade, (elle) va finir en pleine forme”, a-t-il assuré devant la presse, à bord d’Air Force One.Le Fonds monétaire international (FMI) a néanmoins fait part de son inquiétude.Les annonces de Donald Trump “constituent manifestement un risque important pour les perspectives mondiales, dans une période de croissance molle”, a averti sa directrice, Kristalina Georgieva.Et dans l’immédiat, c’est la gueule de bois à Wall Street, où les ménages américains placent massivement leur épargne.Des milliards de dollars d’actions sont partis en fumée: -5,97% pour l’indice Nasdaq, -4,84% pour l’indice de référence S&P 500, leur pire séance depuis 2020, lors du premier mandat de Donald Trump.Les entreprises fuies par les investisseurs sont celles dont le modèle de production est en péril en raison de leur dépendance aux importations en provenance d’Asie. Comme l’habillement (Gap, -20,38%) ou la tech (Apple, -9,25%). Les nouveaux droits de douane sont particulièrement punitifs pour la Chine (qui, précédemment visée, verra au total les taxes sur ses produits augmenter de 54%), le Cambodge (+49%), le Vietnam (+46%) ou encore le Bangladesh (+37%).Symptôme des fortes inquiétudes sur un ralentissement économique à venir, le pétrole a reculé de plus de 6% et l’or, actif refuge, a connu de nouveaux sommets.La Bourse de Tokyo se repliait de 1,9% dans les premiers échanges vendredi.Cette nouvelle salve arrive après d’autres, plus ciblées: +25% sur l’acier et l’aluminium, mais aussi depuis ce jeudi +25% sur les voitures importées aux Etats-Unis.Le vice-président américain JD Vance a considéré jeudi dans une interview télévisée que la situation sur les marchés “pourrait d’une certaine manière être pire, car c’est une grosse transition”.- Macron esquisse une riposte -Stupéfaits par l’ampleur de l’offensive américaine, qui rebat les cartes du commerce mondial, les principaux partenaires des Etats-Unis se sont globalement abstenus de jeter de l’huile sur le feu.La présidence américaine a laissé la porte ouverte à des négociations et mis en garde contre toute velléité de représailles, menaçant de sanctions supplémentaires.Tandis que le président français, Emmanuel Macron, a esquissé une riposte graduée, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a estimé qu’il fallait avoir pour objectif de “supprimer” les droits de douane, “pas (de) les multiplier” par une surenchère.Le Lesotho a annoncé jeudi qu’il allait envoyer une délégation gouvernementale aux Etats-Unis pour plaider sa cause.Le petit royaume enclavé d’Afrique australe est censé payer la plus lourde addition, +50% de droits de douane, avec l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon, auquel la présidence américaine a réservé un traitement à part. Le Canada, l’une des cibles favorites de Donald Trump, n’a pas subi de nouveaux droits de douane mercredi. Mais le voisin des Etats-Unis paie tout de même un tribut croissant dans la guerre commerciale enclenchée par Washington, avec des surtaxes qui touchent déjà une partie de ses exportations. Ottawa a décidé jeudi de taxer en retour certaines voitures américaines.- Suspension de production -L’offensive protectionniste de la Maison Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, passe par un droit de douane généralisé d’au moins 10% sur toutes les importations à partir du 5 avril à 04H01 GMT. Des majorations sont prévues à partir du 9 avril pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.Les marchandises de l’UE prendront ainsi par exemple 20% de taxes additionnelles, s’ajoutant aux droits de douane déjà en vigueur.Les surtaxes américaines pourraient réduire d'”environ 1%” le commerce mondial de marchandises en volume cette année, a affirmé jeudi la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala.La surtaxe sur l’automobile, entrée en vigueur jeudi, a déjà fait ses premières victimes avec l’annonce par Stellantis d’une suspension de la production dans certaines usines au Canada et Mexique. 

Avec ses droits de douane, Trump foudroie l’économie mondiale

Les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis ont cherché la parade jeudi face au coup de massue infligé par Donald Trump avec les droits de douane, qui a provoqué un vent de panique sur les marchés.Le président américain a balayé les inquiétudes jeudi. “L’économie avait beaucoup de problèmes… C’était un patient malade, (elle) va finir en pleine forme”, a-t-il assuré devant la presse, à bord d’Air Force One.Le Fonds monétaire international (FMI) a néanmoins fait part de son inquiétude.Les annonces de Donald Trump “constituent manifestement un risque important pour les perspectives mondiales, dans une période de croissance molle”, a averti sa directrice, Kristalina Georgieva.Et dans l’immédiat, c’est la gueule de bois à Wall Street, où les ménages américains placent massivement leur épargne.Des milliards de dollars d’actions sont partis en fumée: -5,97% pour l’indice Nasdaq, -4,84% pour l’indice de référence S&P 500, leur pire séance depuis 2020, lors du premier mandat de Donald Trump.Les entreprises fuies par les investisseurs sont celles dont le modèle de production est en péril en raison de leur dépendance aux importations en provenance d’Asie. Comme l’habillement (Gap, -20,38%) ou la tech (Apple, -9,25%). Les nouveaux droits de douane sont particulièrement punitifs pour la Chine (qui, précédemment visée, verra au total les taxes sur ses produits augmenter de 54%), le Cambodge (+49%), le Vietnam (+46%) ou encore le Bangladesh (+37%).Symptôme des fortes inquiétudes sur un ralentissement économique à venir, le pétrole a reculé de plus de 6% et l’or, actif refuge, a connu de nouveaux sommets.La Bourse de Tokyo se repliait de 1,9% dans les premiers échanges vendredi.Cette nouvelle salve arrive après d’autres, plus ciblées: +25% sur l’acier et l’aluminium, mais aussi depuis ce jeudi +25% sur les voitures importées aux Etats-Unis.Le vice-président américain JD Vance a considéré jeudi dans une interview télévisée que la situation sur les marchés “pourrait d’une certaine manière être pire, car c’est une grosse transition”.- Macron esquisse une riposte -Stupéfaits par l’ampleur de l’offensive américaine, qui rebat les cartes du commerce mondial, les principaux partenaires des Etats-Unis se sont globalement abstenus de jeter de l’huile sur le feu.La présidence américaine a laissé la porte ouverte à des négociations et mis en garde contre toute velléité de représailles, menaçant de sanctions supplémentaires.Tandis que le président français, Emmanuel Macron, a esquissé une riposte graduée, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a estimé qu’il fallait avoir pour objectif de “supprimer” les droits de douane, “pas (de) les multiplier” par une surenchère.Le Lesotho a annoncé jeudi qu’il allait envoyer une délégation gouvernementale aux Etats-Unis pour plaider sa cause.Le petit royaume enclavé d’Afrique australe est censé payer la plus lourde addition, +50% de droits de douane, avec l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon, auquel la présidence américaine a réservé un traitement à part. Le Canada, l’une des cibles favorites de Donald Trump, n’a pas subi de nouveaux droits de douane mercredi. Mais le voisin des Etats-Unis paie tout de même un tribut croissant dans la guerre commerciale enclenchée par Washington, avec des surtaxes qui touchent déjà une partie de ses exportations. Ottawa a décidé jeudi de taxer en retour certaines voitures américaines.- Suspension de production -L’offensive protectionniste de la Maison Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, passe par un droit de douane généralisé d’au moins 10% sur toutes les importations à partir du 5 avril à 04H01 GMT. Des majorations sont prévues à partir du 9 avril pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.Les marchandises de l’UE prendront ainsi par exemple 20% de taxes additionnelles, s’ajoutant aux droits de douane déjà en vigueur.Les surtaxes américaines pourraient réduire d'”environ 1%” le commerce mondial de marchandises en volume cette année, a affirmé jeudi la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala.La surtaxe sur l’automobile, entrée en vigueur jeudi, a déjà fait ses premières victimes avec l’annonce par Stellantis d’une suspension de la production dans certaines usines au Canada et Mexique. 

L’émissaire spécial de Poutine rencontre à Washington des représentants de l’administration Trump

L’émissaire économique spécial du président russe Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, a rencontré jeudi à Washington des représentants de l’administration Trump, en plein rapprochement entre la Russie et les Etats-Unis.Il s’agit de la première visite d’un haut responsable russe à Washington depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, à laquelle le président américain Donald Trump assure vouloir trouver une issue rapide en négociant avec Moscou. “Nous constatons une dynamique positive dans nos relations”, a déclaré M. Dmitriev à la presse russe présente à Washington. “Il faudra encore un certain nombre de réunions pour que nous puissions résoudre tous nos différends. (…) Le processus de dialogue et de résolution prendra du temps. Mais, en même temps, il progresse de manière positive et constructive.””Bien sûr, il y a des désaccords sur différents points, mais il y a un processus, il y a un dialogue qui, selon nous, aidera à surmonter ces désaccords”, a-t-il ajouté. “Nous avons également discuté d’une éventuelle coopération dans l’Arctique, dans les métaux rares et dans d’autres secteurs.” Cette rencontre intervient au lendemain de l’annonce par M. Trump de lourds droits de douane à l’encontre de nombreux pays, mais pas la Russie, déjà visée par des sanctions américaines en raison de la guerre et qui n’est officiellement plus un partenaire commercial significatif, selon Washington.L’émissaire russe a jugé favorablement les droits de douane annoncés par M. Trump, estimant qu’ils “créent un précédent pour une croissance autonome et la création d’emplois durables” aux Etats-Unis.Interrogé sur cette visite, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a souligné que l’envoyé spécial s’y trouvait “dans le cadre de son mandat”, c’est-à-dire pour parler de coopération économique.Patron du puissant Fonds souverain russe, Kirill Dmitriev n’est pas impliqué dans les pourparlers sur l’Ukraine.- “Pas un processus facile” -Des médias américains ont annoncé son arrivée sur le sol américain dès mercredi, mais la Maison Blanche n’a pas confirmé sa venue à ce stade. Il n’était pas clair s’il s’était déjà entretenu avec des représentants américains.Selon la chaîne américaine CNN, Kirill Dmitriev doit échanger avec l’émissaire américain Steve Witkoff sur la remise à plat des relations bilatérales, très dégradées par des années de tensions qui ont culminé depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine, soutenue financièrement et militairement par les États-Unis.Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a pour sa part qualifié de “dynamique” le dialogue depuis plusieurs semaines avec les Etats-Unis “sur les irritants”, évoquant “quelques progrès” mais “pas de percées” à ce stade.M. Dmitriev a également indiqué que “le rétablissement du transport aérien” entre les deux pays avait été évoqué. – Trump “très énervé” -Le 13 mars, c’était Steve Witkoff qui s’était déplacé en personne à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine au Kremlin. Sa visite n’avait toutefois pas permis d’aboutir à une trêve sans conditions des combats en Ukraine, comme proposé par Donald Trump et validé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.Depuis, le locataire de la Maison Blanche s’est dit “très énervé, furieux” contre son homologue russe, après que Vladimir Poutine eut évoqué l’idée d’une “administration transitoire” en Ukraine, sans M. Zelensky, dans le cadre du processus de paix.Dans la foulée, il a menacé la Russie de sanctions secondaires visant son pétrole si Moscou et Washington ne parvenaient pas à un accord rapide sur le dossier ukrainien.Kirill Dmitriev est personnellement sous sanctions américaines depuis 2022 et a eu besoin d’une suspension temporaire de ces restrictions pour obtenir un visa afin de se rendre aux États-Unis.Il figurait parmi les négociateurs russes lors des pourparlers russo-américains qui se sont tenus le 18 février en Arabie saoudite, quelques jours après le premier appel officiel entre Vladimir Poutine et Donald Trump depuis le retour de ce dernier à la Maison Blanche en janvier.Né à Kiev sous l’URSS, Kirill Dmitriev connaît très bien les Etats-Unis où il a fait carrière, travaillant auparavant pour la banque Goldman Sachs à New York, ainsi qu’au sein du cabinet de conseil McKinsey. Il est diplômé de l’université de Stanford et de la prestigieuse Harvard Business School. 

L’émissaire spécial de Poutine rencontre à Washington des représentants de l’administration Trump

L’émissaire économique spécial du président russe Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, a rencontré jeudi à Washington des représentants de l’administration Trump, en plein rapprochement entre la Russie et les Etats-Unis.Il s’agit de la première visite d’un haut responsable russe à Washington depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, à laquelle le président américain Donald Trump assure vouloir trouver une issue rapide en négociant avec Moscou. “Nous constatons une dynamique positive dans nos relations”, a déclaré M. Dmitriev à la presse russe présente à Washington. “Il faudra encore un certain nombre de réunions pour que nous puissions résoudre tous nos différends. (…) Le processus de dialogue et de résolution prendra du temps. Mais, en même temps, il progresse de manière positive et constructive.””Bien sûr, il y a des désaccords sur différents points, mais il y a un processus, il y a un dialogue qui, selon nous, aidera à surmonter ces désaccords”, a-t-il ajouté. “Nous avons également discuté d’une éventuelle coopération dans l’Arctique, dans les métaux rares et dans d’autres secteurs.” Cette rencontre intervient au lendemain de l’annonce par M. Trump de lourds droits de douane à l’encontre de nombreux pays, mais pas la Russie, déjà visée par des sanctions américaines en raison de la guerre et qui n’est officiellement plus un partenaire commercial significatif, selon Washington.L’émissaire russe a jugé favorablement les droits de douane annoncés par M. Trump, estimant qu’ils “créent un précédent pour une croissance autonome et la création d’emplois durables” aux Etats-Unis.Interrogé sur cette visite, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a souligné que l’envoyé spécial s’y trouvait “dans le cadre de son mandat”, c’est-à-dire pour parler de coopération économique.Patron du puissant Fonds souverain russe, Kirill Dmitriev n’est pas impliqué dans les pourparlers sur l’Ukraine.- “Pas un processus facile” -Des médias américains ont annoncé son arrivée sur le sol américain dès mercredi, mais la Maison Blanche n’a pas confirmé sa venue à ce stade. Il n’était pas clair s’il s’était déjà entretenu avec des représentants américains.Selon la chaîne américaine CNN, Kirill Dmitriev doit échanger avec l’émissaire américain Steve Witkoff sur la remise à plat des relations bilatérales, très dégradées par des années de tensions qui ont culminé depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine, soutenue financièrement et militairement par les États-Unis.Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a pour sa part qualifié de “dynamique” le dialogue depuis plusieurs semaines avec les Etats-Unis “sur les irritants”, évoquant “quelques progrès” mais “pas de percées” à ce stade.M. Dmitriev a également indiqué que “le rétablissement du transport aérien” entre les deux pays avait été évoqué. – Trump “très énervé” -Le 13 mars, c’était Steve Witkoff qui s’était déplacé en personne à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine au Kremlin. Sa visite n’avait toutefois pas permis d’aboutir à une trêve sans conditions des combats en Ukraine, comme proposé par Donald Trump et validé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.Depuis, le locataire de la Maison Blanche s’est dit “très énervé, furieux” contre son homologue russe, après que Vladimir Poutine eut évoqué l’idée d’une “administration transitoire” en Ukraine, sans M. Zelensky, dans le cadre du processus de paix.Dans la foulée, il a menacé la Russie de sanctions secondaires visant son pétrole si Moscou et Washington ne parvenaient pas à un accord rapide sur le dossier ukrainien.Kirill Dmitriev est personnellement sous sanctions américaines depuis 2022 et a eu besoin d’une suspension temporaire de ces restrictions pour obtenir un visa afin de se rendre aux États-Unis.Il figurait parmi les négociateurs russes lors des pourparlers russo-américains qui se sont tenus le 18 février en Arabie saoudite, quelques jours après le premier appel officiel entre Vladimir Poutine et Donald Trump depuis le retour de ce dernier à la Maison Blanche en janvier.Né à Kiev sous l’URSS, Kirill Dmitriev connaît très bien les Etats-Unis où il a fait carrière, travaillant auparavant pour la banque Goldman Sachs à New York, ainsi qu’au sein du cabinet de conseil McKinsey. Il est diplômé de l’université de Stanford et de la prestigieuse Harvard Business School.