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Séisme en Birmanie: le chef de la junte critiqué en marge d’un sommet régional

Des manifestations ont visé vendredi le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing à Bangkok où il participe à un sommet régional, une semaine après le tremblement de terre qui a tué plus de 3.000 personnes et laissé des milliers d’autres sans abri dans ce pays en proie à une guerre civile. De nombreuses nations ont envoyé des équipes de secours et d’aide en Birmanie, mais sur le terrain, dans certaines des zones les plus touchées par le tremblement de terre de magnitude 7,7 du 28 mars, les efforts de la junte militaire au pouvoir depuis le coup d’Etat de 2021 sont peu visibles.Le dernier bilan en Birmanie s’élève à 3.145 morts, 4.589 blessés et 221 disparus, selon les médias d’Etat. A Bangkok, 22 personnes sont décédées en raison du séisme, la plupart étant des ouvriers écrasés par l’effondrement d’une tour en construction.Son chef, le général Min Aung Hlaing, doit tenir des pourparlers vendredi avec les dirigeants des six autres pays de l’Initiative du Golfe du Bengale pour une coopération technique et économique multisectorielle (Bimstec) dans un luxueux hôtel de Bangkok.Le Bismtec regroupe le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, la Birmanie, le Népal, le Sri Lanka et la Thaïlande.Ce sommet à Bangkok offre au dirigeant birman, isolé sur la scène internationale, une rare occasion de diplomatie bilatérale. Il en a profité pour rencontrer le Premier ministre indien Narendra Modi, et la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra.A Sagaing, une ville située à seulement une dizaine de kilomètres de l’épicentre du tremblement de terre et où environ 80% des bâtiments ont été endommagés, les journalistes de l’AFP ont assisté à des scènes désespérées de centaines de survivants épuisés et affamés se bousculant pour obtenir des provisions.Des équipes de bénévoles en provenance de différents endroits en Birmanie se sont rendues en camion à Sagaing, chargées d’eau, d’huile, de riz et d’autres produits de base.- Tapis rouge -Sur un terrain de la ville voisine de Mandalay, couvert de poussière et de déchets, a poussé une ville de tentes. Les habitants qui s’y sont réfugiés se sont retrouvés sans abri, ou craignent de nouvelles répliques.”Il y a beaucoup de gens qui sont dans le besoin”, raconte à l’AFP Hla Myint Po, chauffeur de taxi de 30 ans. “Parfois, quand les donateurs apportent des choses, c’est le chaos.”La décision d’inviter le chef de la junte birmane au sommet du Bimstec a soulevé des critiques dans la capitale thaïlandaise.Sur un pont à proximité du Shangri-La Bangkok, où le général a pu profiter d’un somptueux dîner de gala la veille puis passé la nuit, des manifestants ont accroché une bannière où l’on peut lire: “Nous n’accueillons pas le meurtrier Min Aung Hlaing”.La Première ministre thaïlandaise et son gouvernement lui avaient déroulé le tapis rouge à son arrivée.Le chef de la junte, qui a évincé le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi lors d’un coup d’État en 2021, déclenchant une guerre civile sanglante, est pourtant accusé de crimes de guerre et de graves violations des droits humains.Il est visé par de nombreuses sanctions mondiales et le procureur de la Cour pénale internationale a demandé un mandat d’arrêt à son encontre pour des crimes contre l’humanité présumés commis envers les Rohingyas, groupe ethnique majoritairement musulman de Birmanie.- “Un affront” -La junte birmane a annoncé mercredi un cessez-le-feu temporaire, jusqu’au 22 avril, dans sa lutte contre les groupes rebelles du pays.Mais elle a averti ses opposants, un ensemble complexe de groupes armés prodémocratie et de minorités ethniques, qu’elle riposterait aux attaques et à tous “rassemblements, organisations et expansions territoriales qui porteraient atteinte à la paix”.L'”Alliance des Trois Fraternités”, formé des principaux groupes rebelles ethniques, avait déjà annoncé une pause d’un mois dans les hostilités. Les Forces de défense populaire (FDP) avaient elles décrété un cessez-le-feu partiel.Le gouvernement d’unité nationale (NUG), opposition de l’ombre à la junte, a condamné la présence du général au sommet, la qualifiant d’affront, étant donné que “la souffrance immense (…) infligée au peuple de Birmanie”.”Permettre au chef de la junte et à ses représentants de participer à des forums régionaux et internationaux risque de légitimer un régime illégal”, a déclaré le NUG dans un communiqué.Ecartée sur la scène internationale et sous le coup de sanctions par de nombreux pays occidentaux depuis le coup d’Etat, la junte s’est tournée vers la Chine et la Russie pour obtenir du soutien.En dehors de ces deux pays et du Belarus, le déplacement de Min Aung Hlaing en Thaïlande est son premier voyage à l’étranger depuis un sommet régional en Indonésie en 2021, peu de temps après le coup d’État.

Séisme en Birmanie: le chef de la junte critiqué en marge d’un sommet régional

Des manifestations ont visé vendredi le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing à Bangkok où il participe à un sommet régional, une semaine après le tremblement de terre qui a tué plus de 3.000 personnes et laissé des milliers d’autres sans abri dans ce pays en proie à une guerre civile. De nombreuses nations ont envoyé des équipes de secours et d’aide en Birmanie, mais sur le terrain, dans certaines des zones les plus touchées par le tremblement de terre de magnitude 7,7 du 28 mars, les efforts de la junte militaire au pouvoir depuis le coup d’Etat de 2021 sont peu visibles.Le dernier bilan en Birmanie s’élève à 3.145 morts, 4.589 blessés et 221 disparus, selon les médias d’Etat. A Bangkok, 22 personnes sont décédées en raison du séisme, la plupart étant des ouvriers écrasés par l’effondrement d’une tour en construction.Son chef, le général Min Aung Hlaing, doit tenir des pourparlers vendredi avec les dirigeants des six autres pays de l’Initiative du Golfe du Bengale pour une coopération technique et économique multisectorielle (Bimstec) dans un luxueux hôtel de Bangkok.Le Bismtec regroupe le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, la Birmanie, le Népal, le Sri Lanka et la Thaïlande.Ce sommet à Bangkok offre au dirigeant birman, isolé sur la scène internationale, une rare occasion de diplomatie bilatérale. Il en a profité pour rencontrer le Premier ministre indien Narendra Modi, et la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra.A Sagaing, une ville située à seulement une dizaine de kilomètres de l’épicentre du tremblement de terre et où environ 80% des bâtiments ont été endommagés, les journalistes de l’AFP ont assisté à des scènes désespérées de centaines de survivants épuisés et affamés se bousculant pour obtenir des provisions.Des équipes de bénévoles en provenance de différents endroits en Birmanie se sont rendues en camion à Sagaing, chargées d’eau, d’huile, de riz et d’autres produits de base.- Tapis rouge -Sur un terrain de la ville voisine de Mandalay, couvert de poussière et de déchets, a poussé une ville de tentes. Les habitants qui s’y sont réfugiés se sont retrouvés sans abri, ou craignent de nouvelles répliques.”Il y a beaucoup de gens qui sont dans le besoin”, raconte à l’AFP Hla Myint Po, chauffeur de taxi de 30 ans. “Parfois, quand les donateurs apportent des choses, c’est le chaos.”La décision d’inviter le chef de la junte birmane au sommet du Bimstec a soulevé des critiques dans la capitale thaïlandaise.Sur un pont à proximité du Shangri-La Bangkok, où le général a pu profiter d’un somptueux dîner de gala la veille puis passé la nuit, des manifestants ont accroché une bannière où l’on peut lire: “Nous n’accueillons pas le meurtrier Min Aung Hlaing”.La Première ministre thaïlandaise et son gouvernement lui avaient déroulé le tapis rouge à son arrivée.Le chef de la junte, qui a évincé le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi lors d’un coup d’État en 2021, déclenchant une guerre civile sanglante, est pourtant accusé de crimes de guerre et de graves violations des droits humains.Il est visé par de nombreuses sanctions mondiales et le procureur de la Cour pénale internationale a demandé un mandat d’arrêt à son encontre pour des crimes contre l’humanité présumés commis envers les Rohingyas, groupe ethnique majoritairement musulman de Birmanie.- “Un affront” -La junte birmane a annoncé mercredi un cessez-le-feu temporaire, jusqu’au 22 avril, dans sa lutte contre les groupes rebelles du pays.Mais elle a averti ses opposants, un ensemble complexe de groupes armés prodémocratie et de minorités ethniques, qu’elle riposterait aux attaques et à tous “rassemblements, organisations et expansions territoriales qui porteraient atteinte à la paix”.L'”Alliance des Trois Fraternités”, formé des principaux groupes rebelles ethniques, avait déjà annoncé une pause d’un mois dans les hostilités. Les Forces de défense populaire (FDP) avaient elles décrété un cessez-le-feu partiel.Le gouvernement d’unité nationale (NUG), opposition de l’ombre à la junte, a condamné la présence du général au sommet, la qualifiant d’affront, étant donné que “la souffrance immense (…) infligée au peuple de Birmanie”.”Permettre au chef de la junte et à ses représentants de participer à des forums régionaux et internationaux risque de légitimer un régime illégal”, a déclaré le NUG dans un communiqué.Ecartée sur la scène internationale et sous le coup de sanctions par de nombreux pays occidentaux depuis le coup d’Etat, la junte s’est tournée vers la Chine et la Russie pour obtenir du soutien.En dehors de ces deux pays et du Belarus, le déplacement de Min Aung Hlaing en Thaïlande est son premier voyage à l’étranger depuis un sommet régional en Indonésie en 2021, peu de temps après le coup d’État.

Droits de douane de Trump : l’onde de choc continue de parcourir la planète

L’onde de choc provoquée par l’annonce par Donald Trump de droits de douane massifs pour les partenaires commerciaux des Etats-Unis continue vendredi de parcourir la planète, les Bourses européennes ouvrant en baisse, suivant le mouvement en clôture des marchés asiatiques, toujours sonnés.En attendant d’en savoir davantage sur la réaction des partenaires commerciaux des Américains, les principaux indices boursiers européens continuaient de baisser dans les premiers échanges : Paris cédait 0,86%, Francfort 0,70%, Zurich 0,86% et Milan 1,55%.En Asie, la Bourse de Tokyo a accentué ses pertes en clôture : l’indice vedette Nikkei a perdu 2,75%, et l’indice élargi Topix 3,37%.De même, la Bourse de Sydney a chuté de 2,44% et celle de Séoul reculé de 0,86%. Les places chinoises étaient fermées en raison d’un jour férié.”A en juger par les réactions des marchés mondiaux, l’incertitude est plus grande que jamais”, soulignent les analystes de Tokai Tokyo Securities.Les droits de douane américains de 24% imposés au Japon constituent une “crise nationale” pour l’archipel, a déclaré vendredi le Premier ministre nippon, Shigeru Ishiba, devant le Parlement. Les Etats-Unis absorbaient l’an dernier 20% des exportations japonaises. Alors que les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis ont commencé à chercher la parade jeudi face au coup de massue infligé par Donald Trump, le président américain a balayé les inquiétudes. “L’économie avait beaucoup de problèmes… C’était un patient malade, (elle) va finir en pleine forme”, a-t-il assuré devant la presse, à bord d’Air Force One.Mais pour le Fonds monétaire international (FMI) les annonces de Donald Trump “constituent manifestement un risque important pour les perspectives mondiales, dans une période de croissance molle”, a averti sa directrice, Kristalina Georgieva.La veille, un vent de panique avait soufflé sur Wall Street, où les ménages américains placent massivement leur épargne.Des milliards de dollars d’actions sont partis en fumée: -5,97% pour l’indice Nasdaq, -4,84% pour l’indice de référence S&P 500, leur pire séance depuis 2020, lors du premier mandat de Donald Trump.Les entreprises fuies par les investisseurs sont celles dont le modèle de production est en péril en raison de leur dépendance aux importations en provenance d’Asie. Comme l’habillement (Gap, -20,38%) ou la tech (Apple, -9,25%). Les nouveaux droits de douane sont particulièrement punitifs pour la Chine (qui, précédemment visée, verra au total les taxes sur ses produits augmenter de 54%), le Cambodge (+49%), le Vietnam (+46%) ou encore le Bangladesh (+37%).Symptôme des fortes inquiétudes sur un ralentissement économique à venir, le pétrole a reculé de plus de 6% et l’or, actif refuge, a connu de nouveaux sommets.Cette nouvelle salve arrive après d’autres, plus ciblées: +25% sur l’acier et l’aluminium, mais aussi depuis ce jeudi +25% sur les voitures importées aux Etats-Unis.Le vice-président américain JD Vance a considéré jeudi dans une interview télévisée que la situation sur les marchés “pourrait d’une certaine manière être pire, car c’est une grosse transition”.- Macron esquisse une riposte -Stupéfaits par l’ampleur de l’offensive américaine, qui rebat les cartes du commerce mondial, les principaux partenaires des Etats-Unis se sont globalement abstenus de jeter de l’huile sur le feu.La présidence américaine a laissé la porte ouverte à des négociations et mis en garde contre toute velléité de représailles, menaçant de sanctions supplémentaires.Face à une décision américaine “grave et infondée”, le président français, Emmanuel Macron, a esquissé une riposte graduée, passant par l’unité des Européens et la suspension temporaire des investissements aux Etats-Unis.Vendredi, le ministre de l’Economie, Eric Lombard, a appelé vendredi les entreprises françaises à faire preuve de “patriotisme”. “Il est clair que si une grande entreprise française acceptait d’ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains”, a-t-il déclaré. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a estimé qu’il fallait avoir pour objectif de “supprimer” les droits de douane, “pas (de) les multiplier” par une surenchère. Le Canada, l’une des cibles favorites de Donald Trump, n’a pas subi de nouveaux droits de douane mercredi. Mais le voisin des Etats-Unis paie tout de même un tribut croissant dans la guerre commerciale enclenchée par Washington, avec des surtaxes qui touchent déjà une partie de ses exportations. Ottawa a décidé jeudi de taxer en retour certaines voitures américaines.- Suspension de production -L’offensive protectionniste de la Maison Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, passe par un droit de douane généralisé d’au moins 10% sur toutes les importations à partir du 5 avril à 04H01 GMT. Des majorations sont prévues à partir du 9 avril pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.Les marchandises de l’UE subiront ainsi par exemple 20% de taxes additionnelles, s’ajoutant aux droits de douane déjà en vigueur.Les surtaxes américaines pourraient réduire d'”environ 1%” le commerce mondial de marchandises en volume cette année, a affirmé jeudi la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala.La surtaxe sur l’automobile, entrée en vigueur jeudi, a déjà fait ses premières victimes avec l’annonce par Stellantis d’une suspension de la production dans certaines usines au Canada et Mexique. 

Droits de douane de Trump : l’onde de choc continue de parcourir la planète

L’onde de choc provoquée par l’annonce par Donald Trump de droits de douane massifs pour les partenaires commerciaux des Etats-Unis continue vendredi de parcourir la planète, les Bourses européennes ouvrant en baisse, suivant le mouvement en clôture des marchés asiatiques, toujours sonnés.En attendant d’en savoir davantage sur la réaction des partenaires commerciaux des Américains, les principaux indices boursiers européens continuaient de baisser dans les premiers échanges : Paris cédait 0,86%, Francfort 0,70%, Zurich 0,86% et Milan 1,55%.En Asie, la Bourse de Tokyo a accentué ses pertes en clôture : l’indice vedette Nikkei a perdu 2,75%, et l’indice élargi Topix 3,37%.De même, la Bourse de Sydney a chuté de 2,44% et celle de Séoul reculé de 0,86%. Les places chinoises étaient fermées en raison d’un jour férié.”A en juger par les réactions des marchés mondiaux, l’incertitude est plus grande que jamais”, soulignent les analystes de Tokai Tokyo Securities.Les droits de douane américains de 24% imposés au Japon constituent une “crise nationale” pour l’archipel, a déclaré vendredi le Premier ministre nippon, Shigeru Ishiba, devant le Parlement. Les Etats-Unis absorbaient l’an dernier 20% des exportations japonaises. Alors que les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis ont commencé à chercher la parade jeudi face au coup de massue infligé par Donald Trump, le président américain a balayé les inquiétudes. “L’économie avait beaucoup de problèmes… C’était un patient malade, (elle) va finir en pleine forme”, a-t-il assuré devant la presse, à bord d’Air Force One.Mais pour le Fonds monétaire international (FMI) les annonces de Donald Trump “constituent manifestement un risque important pour les perspectives mondiales, dans une période de croissance molle”, a averti sa directrice, Kristalina Georgieva.La veille, un vent de panique avait soufflé sur Wall Street, où les ménages américains placent massivement leur épargne.Des milliards de dollars d’actions sont partis en fumée: -5,97% pour l’indice Nasdaq, -4,84% pour l’indice de référence S&P 500, leur pire séance depuis 2020, lors du premier mandat de Donald Trump.Les entreprises fuies par les investisseurs sont celles dont le modèle de production est en péril en raison de leur dépendance aux importations en provenance d’Asie. Comme l’habillement (Gap, -20,38%) ou la tech (Apple, -9,25%). Les nouveaux droits de douane sont particulièrement punitifs pour la Chine (qui, précédemment visée, verra au total les taxes sur ses produits augmenter de 54%), le Cambodge (+49%), le Vietnam (+46%) ou encore le Bangladesh (+37%).Symptôme des fortes inquiétudes sur un ralentissement économique à venir, le pétrole a reculé de plus de 6% et l’or, actif refuge, a connu de nouveaux sommets.Cette nouvelle salve arrive après d’autres, plus ciblées: +25% sur l’acier et l’aluminium, mais aussi depuis ce jeudi +25% sur les voitures importées aux Etats-Unis.Le vice-président américain JD Vance a considéré jeudi dans une interview télévisée que la situation sur les marchés “pourrait d’une certaine manière être pire, car c’est une grosse transition”.- Macron esquisse une riposte -Stupéfaits par l’ampleur de l’offensive américaine, qui rebat les cartes du commerce mondial, les principaux partenaires des Etats-Unis se sont globalement abstenus de jeter de l’huile sur le feu.La présidence américaine a laissé la porte ouverte à des négociations et mis en garde contre toute velléité de représailles, menaçant de sanctions supplémentaires.Face à une décision américaine “grave et infondée”, le président français, Emmanuel Macron, a esquissé une riposte graduée, passant par l’unité des Européens et la suspension temporaire des investissements aux Etats-Unis.Vendredi, le ministre de l’Economie, Eric Lombard, a appelé vendredi les entreprises françaises à faire preuve de “patriotisme”. “Il est clair que si une grande entreprise française acceptait d’ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains”, a-t-il déclaré. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a estimé qu’il fallait avoir pour objectif de “supprimer” les droits de douane, “pas (de) les multiplier” par une surenchère. Le Canada, l’une des cibles favorites de Donald Trump, n’a pas subi de nouveaux droits de douane mercredi. Mais le voisin des Etats-Unis paie tout de même un tribut croissant dans la guerre commerciale enclenchée par Washington, avec des surtaxes qui touchent déjà une partie de ses exportations. Ottawa a décidé jeudi de taxer en retour certaines voitures américaines.- Suspension de production -L’offensive protectionniste de la Maison Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, passe par un droit de douane généralisé d’au moins 10% sur toutes les importations à partir du 5 avril à 04H01 GMT. Des majorations sont prévues à partir du 9 avril pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.Les marchandises de l’UE subiront ainsi par exemple 20% de taxes additionnelles, s’ajoutant aux droits de douane déjà en vigueur.Les surtaxes américaines pourraient réduire d'”environ 1%” le commerce mondial de marchandises en volume cette année, a affirmé jeudi la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala.La surtaxe sur l’automobile, entrée en vigueur jeudi, a déjà fait ses premières victimes avec l’annonce par Stellantis d’une suspension de la production dans certaines usines au Canada et Mexique. 

L’UE ouvre une “nouvelle ère” dans ses relations avec l’Asie centrale

L’Union européenne a loué vendredi l’entrée dans une “nouvelle ère” de ses relations avec l’Asie centrale lors d’un sommet en Ouzbékistan regroupant les cinq ex-républiques soviétiques de cette région riche en ressources naturelles, où la Russie et la Chine sont fortement implantées.Pour ce troisième sommet “Union européenne – Asie centrale” depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen est présente, aux côtés du président du Conseil européen Antonio Costa et des dirigeants centrasiatiques (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan).A Samarcande, ville ouzbèke située sur l’ancienne Route de la Soie, Mme Von der Leyen a salué “l’entrée dans une nouvelle ère” des relations entre l’UE et l’Asie centrale, en lançant un “partenariat stratégique” censé être un “engagement à être là l’un pour l’autre”.Elle a annoncé une aide de 12 milliards d’euros pour l’Asie centrale dans le cadre de son projet de “Global Gateway” pour les infrastructures, réponse européenne aux “Nouvelles routes de la soie” promues par Pékin.La dirigeante européenne a insisté sur quatre domaines : les transports, les matières premières, l’énergie propre et la connexion numérique.Ce format “5+1″ est aussi plébiscité par la Russie, la Chine, les États-Unis, voire même le Japon ou la Corée du Sud, tandis que la Turquie place ses pions.Tous convoitent les immenses réserves de matières premières de l’Asie centrale, région aussi grande que l’UE mais peuplée seulement de quelque 80 millions d’habitants.”Vos pays sont dotés d’immenses ressources. Ces matières premières sont l’élément vital de la future économie mondiale”, a déclaré Mme Van der Leyen, rappelant que “l’autonomie de l’Europe en matière de matières premières est notre intérêt stratégique”.- Premier investisseur -L’hôte ouzbek du sommet, Chavkat Mirzioïev, a loué la “transformation profonde et durable de l’Asie centrale”, rappelant qu’il était “impensable” il y a peu de voir les présidents centrasiatiques “représenter ensemble la région devant les dirigeants européens”.Pour l’Asie centrale, qui tente d’apparaître comme un pôle uni après trois décennies de tensions, ce rapprochement avec l’UE permet d’obtenir ce que les puissances russe et chinoise ne peuvent lui fournir, notamment certaines technologies de pointe.Premier investisseur régional (40% du total), l’UE est également, avec environ 550 millions d’euros pour la période 2021-2027, le premier fournisseur d’aide au développement dans cette région particulièrement vulnérable au changement climatique, recouverte de déserts et de montagnes.Mme Van der Leyen a insisté sur l'”offre différente de l’Europe”, maintenant le crédo européen de “partenariat sans conditions” pour se démarquer de la Chine, qui détient la dette de nombreux pays centrasiatiques, ou de la Russie, fournisseur d’énergie et d’armement.Mais ces deux dernières puissances restent difficiles à déloger et affermissent leur présence, Pékin octroyant des milliards de dollars de prêts pour construire des infrastructures tandis que Moscou fait valoir ses liens historiques, hérités de l’URSS.Au printemps dernier, en Ouzbékistan, le président russe Vladimir Poutine s’était offensé des actions des Américains et des Européens “qui tentent de perturber nos liens commerciaux, de coopération et culturels traditionnellement étroits”.- Corridor transcaspien -Ursula von der Leyen a également rappelé la nécessité de faire avancer son projet de corridor de transport transcaspien, route commerciale contournant la Russie et reliant l’Europe à l’Asie via la mer Caspienne, menacée d’ensablement et très polluée.Car sous réserve d’investir dans les infrastructures, son positionnement stratégique permettrait d’accélérer les flux commerciaux entre l’Asie et l’Europe. M. Mirzioïev a rappelé les difficultés logistiques à surmonter pour relier les deux régions.Si l’UE est le deuxième partenaire commercial de l’Asie centrale (22,6% du total), ce chiffre cache cependant de grandes disparités entre les pays.De plus, la récente hausse des échanges commerciaux entre l’UE et l’Asie centrale masque un phénomène contre lequel les Européens ont grand mal à lutter: la réexportation de produits sous sanctions occidentales vers la Russie.Lors de ce sommet, la question des droits humains dans ces États encore largement autoritaires, dont l’Ouzbékistan, pays hôte, semble passer au second plan, alors que la situation se dégrade selon plusieurs ONG, qui déplorent l’emprisonnement d’opposants et de journalistes.burs-bk/bur/pop/mba