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Sur la table de nécropsie, Iana le mammouth vous contemple du haut de ses 130.000 ans

“Incision”, “prélèvement”: dans ce laboratoire de l’Extrême-Orient russe, les mots et les gestes des scientifiques auraient toute leur place pendant une autopsie. Mais le corps qu’ils examinent est celui de Iana, 130.000 ans, un mammouth découvert l’an dernier dans un état de conservation remarquable.La peau de Iana, sur laquelle quelques poils s’accrochent encore, a gardé sa teinte grise tirant sur le brun. Sa trompe ridée est recourbée et pointe vers la bouche. Les orbites de ses yeux sont parfaitement reconnaissables. Et ses pattes font largement penser à celles de son cousin l’éléphant.Cette nécropsie (autopsie pratiquée sur les animaux) “est l’occasion pour nous d’étudier le passé de notre planète”, s’enthousiasme Artemi Gontcharov, le chef du laboratoire de génomique fonctionnelle et de protéomique des micro-organismes à l’Institut de médecine expérimentale de Saint-Pétersbourg.Car Iana, un mammouth femelle, semble avoir été épargnée par les outrages des milliers d’années pendant lesquelles elle a reposé dans les entrailles glacées du pergélisol de la république russe de Sakha, une gigantesque région de Sibérie.Avec son 1,20 mètre au garrot pour deux mètres de longueur, Iana et ses 180 kilogrammes pourrait même être le spécimen de mammouth le mieux préservé du monde, d’après les scientifiques russes.- Estomac, intestins, côlon -La nécropsie réalisée par une demi-douzaine de scientifiques fin mars au Musée du mammouth de Iakoutsk, la capitale régionale, prend des allures de pêche miraculeuse. En combinaisons stériles blanches, le visage dissimulé derrière des lunettes et un masque, les zoologistes et biologistes s’affairent pendant plusieurs heures autour de la partie avant du pachyderme, dont l’espèce s’est éteinte il y a près de 4.000 ans.”De nombreux organes et tissus sont très bien conservés”, explique Artemi Gontcharov. “Le tube digestif est partiellement préservé, tout comme l’estomac et des fragments des intestins, en particulier du côlon”, énumère-t-il, comme autant d’éléments dans lesquels les scientifiques prélèvent des “micro-organismes anciens afin d’étudier leur relation évolutive avec les micro-organismes actuels”.Quand un scientifique découpe la peau de Iana à l’aide de ciseaux, un autre pratique une incision dans la paroi intérieure avec un scalpel. Les tissus ainsi prélevés sont placés dans des flacons et des sacs hermétiques avant analyse.Sur une autre table de nécropsie repose l’arrière-train du pachyderme qui est resté incrusté dans la falaise, lorsque la partie avant en est tombée en contrebas.Les effluves qui se dégagent du mammouth font penser à un mélange de terre fermentée et de chaire macérée dans les sous-sols de Sibérie.Ici, les chercheurs tentent d'”approcher les organes génitaux du bébé mammouth (…) afin de comprendre quel type de microbiote vivait en elle de son vivant”, note Artiom Nedoloujko, le directeur du Laboratoire de paléogénomique de l’Université européenne de Saint-Pétersbourg.- Défense de lait -“L’âge géologique” de Iana, c’est-à-dire la période à laquelle elle a vécu, a d’abord été évalué à 50.000 ans, pour être fixé à “plus de 130.000 ans” à l’issue des analyses de la couche de pergélisol dans laquelle Iana a été retrouvée, explique Maxime Tcheprassov, le directeur du Musée du mammouth à l’Université fédérale du Nord-Est de la Russie.Quant à son “âge biologique”, “il est clair qu’elle avait plus d’un an (quand elle est morte, ndlr) car la défense de lait est déjà sortie”, poursuit-il. Reste encore à déterminer comment Iana est morte si jeune.A l’époque où Iana, une herbivore invétérée, broutait, “les humains n’étaient pas encore présents”, dit-il, puisqu’ils sont apparus sur le territoire de la Sibérie moderne il y a entre 28.000 et 32.000 ans.Le secret de l’exceptionnelle conservation du mammouth réside dans le “permafrost”, le sol de cette région gelé toute l’année qui agit comme un gigantesque congélateur conservant les carcasses d’animaux préhistoriques.Or, le corps de Iana a été découvert à la faveur de la fonte du pergélisol, un phénomène dont la communauté scientifique estime qu’il est dû au réchauffement climatique. La recherche micro-biologique permet d’étudier les carcasses d’animaux comme celle de Iana mais aussi les “risques biologiques” du réchauffement climatique, explique le scientifique pétersbourgeois Artemi Gontcharov. Et, selon certaines hypothèses, la disparition du permafrost “libère des micro-organismes pathogènes”, note-t-il. Ces micro-organismes peuvent pénétrer “dans l’eau, dans les plantes, dans les corps des animaux – et dans ceux des humains”.

Sur la table de nécropsie, Iana le mammouth vous contemple du haut de ses 130.000 ans

“Incision”, “prélèvement”: dans ce laboratoire de l’Extrême-Orient russe, les mots et les gestes des scientifiques auraient toute leur place pendant une autopsie. Mais le corps qu’ils examinent est celui de Iana, 130.000 ans, un mammouth découvert l’an dernier dans un état de conservation remarquable.La peau de Iana, sur laquelle quelques poils s’accrochent encore, a gardé sa teinte grise tirant sur le brun. Sa trompe ridée est recourbée et pointe vers la bouche. Les orbites de ses yeux sont parfaitement reconnaissables. Et ses pattes font largement penser à celles de son cousin l’éléphant.Cette nécropsie (autopsie pratiquée sur les animaux) “est l’occasion pour nous d’étudier le passé de notre planète”, s’enthousiasme Artemi Gontcharov, le chef du laboratoire de génomique fonctionnelle et de protéomique des micro-organismes à l’Institut de médecine expérimentale de Saint-Pétersbourg.Car Iana, un mammouth femelle, semble avoir été épargnée par les outrages des milliers d’années pendant lesquelles elle a reposé dans les entrailles glacées du pergélisol de la république russe de Sakha, une gigantesque région de Sibérie.Avec son 1,20 mètre au garrot pour deux mètres de longueur, Iana et ses 180 kilogrammes pourrait même être le spécimen de mammouth le mieux préservé du monde, d’après les scientifiques russes.- Estomac, intestins, côlon -La nécropsie réalisée par une demi-douzaine de scientifiques fin mars au Musée du mammouth de Iakoutsk, la capitale régionale, prend des allures de pêche miraculeuse. En combinaisons stériles blanches, le visage dissimulé derrière des lunettes et un masque, les zoologistes et biologistes s’affairent pendant plusieurs heures autour de la partie avant du pachyderme, dont l’espèce s’est éteinte il y a près de 4.000 ans.”De nombreux organes et tissus sont très bien conservés”, explique Artemi Gontcharov. “Le tube digestif est partiellement préservé, tout comme l’estomac et des fragments des intestins, en particulier du côlon”, énumère-t-il, comme autant d’éléments dans lesquels les scientifiques prélèvent des “micro-organismes anciens afin d’étudier leur relation évolutive avec les micro-organismes actuels”.Quand un scientifique découpe la peau de Iana à l’aide de ciseaux, un autre pratique une incision dans la paroi intérieure avec un scalpel. Les tissus ainsi prélevés sont placés dans des flacons et des sacs hermétiques avant analyse.Sur une autre table de nécropsie repose l’arrière-train du pachyderme qui est resté incrusté dans la falaise, lorsque la partie avant en est tombée en contrebas.Les effluves qui se dégagent du mammouth font penser à un mélange de terre fermentée et de chaire macérée dans les sous-sols de Sibérie.Ici, les chercheurs tentent d'”approcher les organes génitaux du bébé mammouth (…) afin de comprendre quel type de microbiote vivait en elle de son vivant”, note Artiom Nedoloujko, le directeur du Laboratoire de paléogénomique de l’Université européenne de Saint-Pétersbourg.- Défense de lait -“L’âge géologique” de Iana, c’est-à-dire la période à laquelle elle a vécu, a d’abord été évalué à 50.000 ans, pour être fixé à “plus de 130.000 ans” à l’issue des analyses de la couche de pergélisol dans laquelle Iana a été retrouvée, explique Maxime Tcheprassov, le directeur du Musée du mammouth à l’Université fédérale du Nord-Est de la Russie.Quant à son “âge biologique”, “il est clair qu’elle avait plus d’un an (quand elle est morte, ndlr) car la défense de lait est déjà sortie”, poursuit-il. Reste encore à déterminer comment Iana est morte si jeune.A l’époque où Iana, une herbivore invétérée, broutait, “les humains n’étaient pas encore présents”, dit-il, puisqu’ils sont apparus sur le territoire de la Sibérie moderne il y a entre 28.000 et 32.000 ans.Le secret de l’exceptionnelle conservation du mammouth réside dans le “permafrost”, le sol de cette région gelé toute l’année qui agit comme un gigantesque congélateur conservant les carcasses d’animaux préhistoriques.Or, le corps de Iana a été découvert à la faveur de la fonte du pergélisol, un phénomène dont la communauté scientifique estime qu’il est dû au réchauffement climatique. La recherche micro-biologique permet d’étudier les carcasses d’animaux comme celle de Iana mais aussi les “risques biologiques” du réchauffement climatique, explique le scientifique pétersbourgeois Artemi Gontcharov. Et, selon certaines hypothèses, la disparition du permafrost “libère des micro-organismes pathogènes”, note-t-il. Ces micro-organismes peuvent pénétrer “dans l’eau, dans les plantes, dans les corps des animaux – et dans ceux des humains”.

L’Otan peut-elle satisfaire Trump sur le niveau de ses dépenses?

Les Etats-Unis exigent du Canada et des pays européens de l’Otan qu’ils consacrent au moins 5% de leur Produit intérieur brut (PIB) à leur défense, un effort considérable qui semble hors de portée pour la plupart des pays de l’Alliance.Faute d’atteindre les 5%, les “mauvais payeurs” ne seraient pas assurés de bénéficier de l’indispensable protection américaine. Dans ces conditions, un accord est-il possible pour faire du sommet de l’Otan en juin à La Haye le “succès” espéré par les Alliés, à commencer par Donald Trump?- Où en est l’Otan? -Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, les pays européens de l’Otan ont déjà fortement augmenté leurs dépenses militaires.”Il s’agit probablement de l’augmentation la plus importante des dépenses de défense que nous ayons connue au Canada et en Europe depuis la Guerre froide”, a assuré jeudi le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte.Pourtant, seule la Pologne est proche du seuil réclamé par Donald Trump, avec 4,7% de son PIB consacré à des dépenses militaires. Elle a promis d’être à 5% l’an prochain.Les pays Baltes tentent de faire de même, à plus long terme, mais la plupart des autres pays de l’Otan sont autour des 2%, un niveau qu’ils s’étaient engagés il y a dix ans à atteindre en 2024. Plusieurs pays en sont même très loin, comme l’Espagne, l’Italie ou la Belgique.Les Etats-Unis sont eux à 3,4%.- Que faire pour atteindre 5%? -Si les 32 pays de l’Otan devaient consacrer 5% de leur PIB à leur défense, cela représenterait plus de 1.100 milliards de dollars supplémentaires chaque année par rapport au niveau de dépenses atteint en 2023, selon une étude récente de l’Institut Peterson pour l’économie internationale à Washington.Un effort “herculéen”, selon un diplomate à Bruxelles, pour des pays dont certains sont déjà très endettés ou dont les priorités sont ailleurs.Atteindre 5% à court terme est “infaisable”, a affirmé vendredi le Premier ministre belge Bart De Wever, dont le pays consacre 1,3% de son PIB à sa défense. Et puis, a-t-il ajouté, “ça devient un peu compliqué d’exiger des choses de nous après qu’on lance une guerre commerciale, après qu’on nous humilie et qu’on nous insulte tout le temps”.Le chiffre de “5% n’est pas politiquement réaliste”, juge aussi Guntram Wolff, économiste, spécialiste des questions de défense auprès de l’Institut Bruegel à Bruxelles.”Pour certains pays comme la Pologne et même la Grèce, il s’agit d’un objectif réalisable compte tenu de leur perception des menaces”, assure de son côté Ian Lesser, expert auprès du German Marshall Fund à Bruxelles.”Pour d’autres, il est certainement hors de portée compte tenu de l’état d’esprit de la société et des autres besoins en matière de dépenses”, ajoute-t-il.Économiquement, un tel effort budgétaire pourrait également avoir des conséquences négatives, selon Guntram Wolff. “Cela augmenterait trop la demande à un moment où l’offre est très limitée. Il en résulterait des hausses de prix considérables”, affirme cet économiste.- Que peut décider l’Otan? -Jeudi à Bruxelles, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a confirmé l’exigence des 5%, proposant toutefois de se mettre d’accord sur un “processus réaliste” pour l’atteindre.Le secrétaire général de l’Otan envisage de son côté, selon des diplomates, de proposer aux Alliés un chiffre compris entre 3,5 et 3,7%.Alors comment réconcilier ces deux chiffres? Tout dépendra du calendrier, a expliqué cette semaine un diplomate de l’Otan.Un premier objectif, proche de celui préconisé par M. Rutte, pourrait être fixé dans un délai “réaliste”. Et dans un deuxième temps, un objectif à plus long terme de 5% pourrait être également envisagé, selon ce diplomate.En revanche, l’idée d’élargir la notion de dépenses militaires, pour rallier les pays les plus en retard, ne semble pas devoir être retenue.Une route ou une voie de chemin de fer à destination du flanc oriental de l’Otan ne peut pas être considérée comme une dépense militaire, a ainsi expliqué ce diplomate.”La manière dont nous calculons nos dépenses de défense est la même pour tous les alliés, et nous n’avons pas l’intention d’en changer”, a assuré vendredi le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manuel Albares.

Dans les cendres et les larmes, l’étrange mission de préservation d’une forêt thaïlandaise brûlée

La généticienne Inna Birchenko pleure, au milieu de la réserve naturelle thaïlandaise d’Umphang. Il n’était pas prévu que cette forêt, où elle est venue collecter des spécimens d’arbres, brûle. La fumée flotte encore dans l’air.”Cette belle communauté diverse d’arbres et d’animaux est en train d’être détruite sous nos yeux”, se lamente-t-elle, choquée de découvrir les ravages du feu.Inna Birchenko est chercheuse aux célèbres Jardins botaniques royaux de Kew, un organisme public britannique qui gère le projet titanesque de la “Banque de semences du millénaire”: près de 2,5 milliards de graines de plus de 40.000 espèces de plantes sauvages méticuleusement échantillonnées dans le monde, et conservées pour la postérité.Avec des scientifiques du Royaume-Uni et de Thaïlande, elle est cette fois venue ici pour collecter des graines et des feuilles d’arbres de cette réserve naturelle, censée être un joyau de préservation. Avec l’objectif d’étudier l’impact de la température et de l’humidité sur la germination des arbres.Ces connaissances pourraient un jour aider à reboiser avec des arbres plus résistants à l’élévation des températures et aux climats plus secs.Mais à Umphang, dans cette zone isolée du nord-ouest thaïlandais, les chercheurs sont atterrés de constater les répercussions des activités humaines sur des forêts pourtant théoriquement protégées.La randonnée sauvage d’Inna Birchenko et de ses collègues s’est transformée en sinistre marche de plusieurs kilomètres sur un sol couvert de cendre noire et grisâtre, à travers des bois parfois encore fumants. Ils ont aussi découvert, sur des parcelles visiblement défrichées, des étendues de champs de maïs.Aucune trace de la faune sauvage: Inna ne verra pas les calaos (des oiseaux), éléphants, cerfs et tigres qui font la réputation du site.A la place, l’équipe ramasse une cigale jaune à moitié carbonisée et découvre cinq oeufs aux coquilles roussies par les flammes dans un nid de poule sauvage.”Cela me fend le coeur”, lâche Nattanit Yiamthaisong, doctorante de l’unité de recherche sur la restauration des forêts (Forru) à l’université de Chiang Mai, qui travaille avec Mme Birchenko et son collègue de Kew, Jan Sala.”Je croyais qu’une réserve ou un parc naturel étaient des zones protégées. Je ne m’attendais pas à voir autant de champs, ni autant de feux”.- Incendies récurrents -Les feux de forêt sont courants en Thaïlande au printemps, quand les agriculteurs embrasent les restes de la récolte précédente pour faire place nette à de nouveaux semis.Certaines communautés, qui peuplent les zones protégées de longue date, ont des autorisations spéciales pour y cultiver des parcelles.Les brûlis agricoles peuvent aider à enrichir le sol. Le feu fait aussi partie intégrante d’écosystèmes forestiers, certaines graines en ayant par exemple besoin pour germer.Mais, parfois, les feux de champs atteignent les forêts adjacentes, accidentellement ou non. Le risque est accru par le climat plus sec lié au changement climatique et par la pression économique sur les agriculteurs, qui les pousse à semer plus fréquemment et sur de plus grands espaces.Or des forêts soumises à des incendies récurrents et extrêmes pourraient ne jamais s’en remettre, avertissent des experts.Vue de satellites de la Nasa, la multiplication des incendies est frappante depuis plusieurs semaines dans de nombreuses zones de Thaïlande pourtant officiellement protégées.Dans la région touristique de Chiang Mai, les pompiers interviennent et envoient des hélicoptères qui larguent de l’eau sur les forêts en flammes, au prix de milliers de dollars par mission.Mais la réserve d’Umphang, elle, est loin des regards et délaissée. Des gardes forestiers protègent certes le secteur, mais ils sont mal payés et surmenés, et manquent de moyens, selon des défenseurs de l’environnement.Le ministère thaïlandais des Parcs nationaux n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.- Déforestation rapide -“La forêt tropicale immaculée que nous nous attendions à voir a disparu”, déplore Jan Sala, expert en germination. “Cela montre vraiment l’importance de la préservation de la biodiversité car tout est en train d’être déboisé très, très rapidement”.Le projet de Jan Sala et Inna Birchenko vise à cartographier la structure et la diversité génétiques de trois espèces d’arbres, à prédire leur résistance au changement climatique et, au bout du compte, à délimiter en Thaïlande des zones de plantation selon l’adaptabilité des espèces.”Nous espérons que certains (arbres) seront plus résistants au changement climatique. Et ensuite (…) nous pourrons mieux faire usage” de tel ou tel type d’arbre pour reboiser, explique M. Sala.De retour au Royaume-Uni, les chercheurs feront germer les graines collectées, à des températures et des niveaux d’humidité différents afin de connaître leurs limites.Des analyses génétiques permettront d’identifier les mutations qui rendent les arbres plus résistants au réchauffement.D’où la mission de collecte de spécimens en Thaïlande, concentrée sur trois espèces d’arbres non menacées: l’albizia odoratissima, le phyllanthus emblica (une sorte de groseiller) et le sapindus rarak. Toutes se développent dans des climats différents et les habitants de la zone savent les repérer.Malgré leur aide, la tâche s’avère parfois complexe pour l’équipe scientifique, qui scrute la forêt pour repérer les formes de feuilles des arbres en question.- Capsule “pour l’avenir” -“Ma Sak?”, crie Jan Sala, en prononçant le nom local du sapindus rarak, dont les fruits étaient autrefois utilisés comme détergent naturel.La confirmation revient au technicien du Forru, Thongyod Chiangkanta, un ancien garde forestier et expert en identification des plantes.Idéalement, les graines sont prélevées dans les fruits encore attachés à l’arbre. Quand les branches sont trop hautes, l’équipe lance une corde rouge lestée vers les branches pour les secouer et faire pleuvoir les fruits, mais aussi des feuilles qu’analysera Inna Birchenko. Ces échantillons de branches et de feuilles sont soigneusement pressés comme dans un herbier, et rejoindront plus de sept millions d’autres spécimens en Angleterre, dans l’herbarium de Kew.Quant aux graines, les chercheurs prévoient d’en collecter des milliers durant l’expédition, en s’assurant au préalable qu’elles ne sont ni gâtées ni infestées.La mission n’est pas infructueuse. “C’est génial de trouver les arbres, mais en même temps vraiment triste, parce qu’à cinq mètres de l’arbre, il y a un feu de forêt, l’espace est dégradé, et j’imagine que ces arbres ne seront plus là dans quelques années”, dit Jan Sala.Les prélèvements de l’équipe ont lieu dans sept zones de Thaïlande, qui heureusement n’ont pas toutes brûlé.C’est “une capsule de la diversité génétique que nous préservons pour l’avenir”, résume Inna Birchenko, qui n’en reste pas moins anxieuse de l’avenir: “Nous faisons quelque chose, mais nous faisons trop peu et peut-être trop tard.”

Dans les cendres et les larmes, l’étrange mission de préservation d’une forêt thaïlandaise brûlée

La généticienne Inna Birchenko pleure, au milieu de la réserve naturelle thaïlandaise d’Umphang. Il n’était pas prévu que cette forêt, où elle est venue collecter des spécimens d’arbres, brûle. La fumée flotte encore dans l’air.”Cette belle communauté diverse d’arbres et d’animaux est en train d’être détruite sous nos yeux”, se lamente-t-elle, choquée de découvrir les ravages du feu.Inna Birchenko est chercheuse aux célèbres Jardins botaniques royaux de Kew, un organisme public britannique qui gère le projet titanesque de la “Banque de semences du millénaire”: près de 2,5 milliards de graines de plus de 40.000 espèces de plantes sauvages méticuleusement échantillonnées dans le monde, et conservées pour la postérité.Avec des scientifiques du Royaume-Uni et de Thaïlande, elle est cette fois venue ici pour collecter des graines et des feuilles d’arbres de cette réserve naturelle, censée être un joyau de préservation. Avec l’objectif d’étudier l’impact de la température et de l’humidité sur la germination des arbres.Ces connaissances pourraient un jour aider à reboiser avec des arbres plus résistants à l’élévation des températures et aux climats plus secs.Mais à Umphang, dans cette zone isolée du nord-ouest thaïlandais, les chercheurs sont atterrés de constater les répercussions des activités humaines sur des forêts pourtant théoriquement protégées.La randonnée sauvage d’Inna Birchenko et de ses collègues s’est transformée en sinistre marche de plusieurs kilomètres sur un sol couvert de cendre noire et grisâtre, à travers des bois parfois encore fumants. Ils ont aussi découvert, sur des parcelles visiblement défrichées, des étendues de champs de maïs.Aucune trace de la faune sauvage: Inna ne verra pas les calaos (des oiseaux), éléphants, cerfs et tigres qui font la réputation du site.A la place, l’équipe ramasse une cigale jaune à moitié carbonisée et découvre cinq oeufs aux coquilles roussies par les flammes dans un nid de poule sauvage.”Cela me fend le coeur”, lâche Nattanit Yiamthaisong, doctorante de l’unité de recherche sur la restauration des forêts (Forru) à l’université de Chiang Mai, qui travaille avec Mme Birchenko et son collègue de Kew, Jan Sala.”Je croyais qu’une réserve ou un parc naturel étaient des zones protégées. Je ne m’attendais pas à voir autant de champs, ni autant de feux”.- Incendies récurrents -Les feux de forêt sont courants en Thaïlande au printemps, quand les agriculteurs embrasent les restes de la récolte précédente pour faire place nette à de nouveaux semis.Certaines communautés, qui peuplent les zones protégées de longue date, ont des autorisations spéciales pour y cultiver des parcelles.Les brûlis agricoles peuvent aider à enrichir le sol. Le feu fait aussi partie intégrante d’écosystèmes forestiers, certaines graines en ayant par exemple besoin pour germer.Mais, parfois, les feux de champs atteignent les forêts adjacentes, accidentellement ou non. Le risque est accru par le climat plus sec lié au changement climatique et par la pression économique sur les agriculteurs, qui les pousse à semer plus fréquemment et sur de plus grands espaces.Or des forêts soumises à des incendies récurrents et extrêmes pourraient ne jamais s’en remettre, avertissent des experts.Vue de satellites de la Nasa, la multiplication des incendies est frappante depuis plusieurs semaines dans de nombreuses zones de Thaïlande pourtant officiellement protégées.Dans la région touristique de Chiang Mai, les pompiers interviennent et envoient des hélicoptères qui larguent de l’eau sur les forêts en flammes, au prix de milliers de dollars par mission.Mais la réserve d’Umphang, elle, est loin des regards et délaissée. Des gardes forestiers protègent certes le secteur, mais ils sont mal payés et surmenés, et manquent de moyens, selon des défenseurs de l’environnement.Le ministère thaïlandais des Parcs nationaux n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.- Déforestation rapide -“La forêt tropicale immaculée que nous nous attendions à voir a disparu”, déplore Jan Sala, expert en germination. “Cela montre vraiment l’importance de la préservation de la biodiversité car tout est en train d’être déboisé très, très rapidement”.Le projet de Jan Sala et Inna Birchenko vise à cartographier la structure et la diversité génétiques de trois espèces d’arbres, à prédire leur résistance au changement climatique et, au bout du compte, à délimiter en Thaïlande des zones de plantation selon l’adaptabilité des espèces.”Nous espérons que certains (arbres) seront plus résistants au changement climatique. Et ensuite (…) nous pourrons mieux faire usage” de tel ou tel type d’arbre pour reboiser, explique M. Sala.De retour au Royaume-Uni, les chercheurs feront germer les graines collectées, à des températures et des niveaux d’humidité différents afin de connaître leurs limites.Des analyses génétiques permettront d’identifier les mutations qui rendent les arbres plus résistants au réchauffement.D’où la mission de collecte de spécimens en Thaïlande, concentrée sur trois espèces d’arbres non menacées: l’albizia odoratissima, le phyllanthus emblica (une sorte de groseiller) et le sapindus rarak. Toutes se développent dans des climats différents et les habitants de la zone savent les repérer.Malgré leur aide, la tâche s’avère parfois complexe pour l’équipe scientifique, qui scrute la forêt pour repérer les formes de feuilles des arbres en question.- Capsule “pour l’avenir” -“Ma Sak?”, crie Jan Sala, en prononçant le nom local du sapindus rarak, dont les fruits étaient autrefois utilisés comme détergent naturel.La confirmation revient au technicien du Forru, Thongyod Chiangkanta, un ancien garde forestier et expert en identification des plantes.Idéalement, les graines sont prélevées dans les fruits encore attachés à l’arbre. Quand les branches sont trop hautes, l’équipe lance une corde rouge lestée vers les branches pour les secouer et faire pleuvoir les fruits, mais aussi des feuilles qu’analysera Inna Birchenko. Ces échantillons de branches et de feuilles sont soigneusement pressés comme dans un herbier, et rejoindront plus de sept millions d’autres spécimens en Angleterre, dans l’herbarium de Kew.Quant aux graines, les chercheurs prévoient d’en collecter des milliers durant l’expédition, en s’assurant au préalable qu’elles ne sont ni gâtées ni infestées.La mission n’est pas infructueuse. “C’est génial de trouver les arbres, mais en même temps vraiment triste, parce qu’à cinq mètres de l’arbre, il y a un feu de forêt, l’espace est dégradé, et j’imagine que ces arbres ne seront plus là dans quelques années”, dit Jan Sala.Les prélèvements de l’équipe ont lieu dans sept zones de Thaïlande, qui heureusement n’ont pas toutes brûlé.C’est “une capsule de la diversité génétique que nous préservons pour l’avenir”, résume Inna Birchenko, qui n’en reste pas moins anxieuse de l’avenir: “Nous faisons quelque chose, mais nous faisons trop peu et peut-être trop tard.”

Nouvelles opérations israéliennes à Gaza, au moins 30 morts selon la Défense civile

L’armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d’accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.Dans le même temps, l’armée israélienne a intensifié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant avant l’aube deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, “afin d’étendre la zone de sécurité”, a indiqué l’armée en référence à la zone tampon qu’elle a établie à l’intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l’Egypte.”Dans le cadre de cette opération, les soldats ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas”, a ajouté l’armée dans un communiqué.Les soldats “autorisent l’évacuation des civils de la zone de combat par des voies organisées pour leur sécurité”, a-t-elle assuré.Selon la Défense civile à Gaza, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes depuis l’aube.- “Augmenter la pression” -Après deux mois de trêve dans la guerre à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d’opérations terrestres dans la bande de Gaza dévastée et assiégée.Le gouvernement Netanyahu affirme que la pression militaire est le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d’otages, morts ou vivants, qu’il détient encore.La guerre à Gaza a été déclenchée par une attaque d’une violence et d’une ampleur sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.L’attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque, 58 sont toujours otages à Gaza, dont 34 sont mortes selon l’armée.Israël a juré de détruire le Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et mené une offensive dévastatrice dans le territoire palestinien dans laquelle au moins 50.523 personnes ont été tuées, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.”Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu’ils nous rendent nos otages”, a déclaré M. Netanyahu mercredi.Jeudi, l’armée israélienne a annoncé avoir visé “600 cibles terroristes” à Gaza depuis le 18 mars. La quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants de Gaza ont été déplacés par les combats, dont des dizaines de milliers ont trouvé refuge dans des écoles, hôpitaux ou autres bâtiments publics. Israël qui a visé des centres ou sont réfugiés ces déplacés accuse le Hamas d’utiliser ces bâtiments à des fins militaires. Le Hamas dément.- Frappes au Liban et en Syrie -Au Liban, l’armée israélienne a annoncé avoir tué un “commandant” du Hamas, Hassan Farhat, dans une frappe à Saïda (sud). Selon elle, Hassan Farhat “a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils israéliens et des soldats” depuis le début de la guerre à Gaza. Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, ont confirmé la mort d’un de leurs commandants, Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades, dans la frappe. La fille de Hassan Farhat a également péri, ont précisé les Brigades dans un communiqué.A Saïda, le correspondant de l’AFP a vu un appartement, au quatrième étage d’un immeuble, détruit et en flammes.Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé “une agression flagrante contre la souveraineté libanaise” et une “claire violation” de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.En Syrie, l’armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et a mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.Les autorités syriennes ont dénoncé “une tentative préméditée de déstabiliser” le pays.Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti jeudi le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu’il paierait un “lourd tribut” si la sécurité d’Israël était menacée.

Nouvelles opérations israéliennes à Gaza, au moins 30 morts selon la Défense civile

L’armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d’accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.Dans le même temps, l’armée israélienne a intensifié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant avant l’aube deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, “afin d’étendre la zone de sécurité”, a indiqué l’armée en référence à la zone tampon qu’elle a établie à l’intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l’Egypte.”Dans le cadre de cette opération, les soldats ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas”, a ajouté l’armée dans un communiqué.Les soldats “autorisent l’évacuation des civils de la zone de combat par des voies organisées pour leur sécurité”, a-t-elle assuré.Selon la Défense civile à Gaza, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes depuis l’aube.- “Augmenter la pression” -Après deux mois de trêve dans la guerre à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d’opérations terrestres dans la bande de Gaza dévastée et assiégée.Le gouvernement Netanyahu affirme que la pression militaire est le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d’otages, morts ou vivants, qu’il détient encore.La guerre à Gaza a été déclenchée par une attaque d’une violence et d’une ampleur sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.L’attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque, 58 sont toujours otages à Gaza, dont 34 sont mortes selon l’armée.Israël a juré de détruire le Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et mené une offensive dévastatrice dans le territoire palestinien dans laquelle au moins 50.523 personnes ont été tuées, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.”Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu’ils nous rendent nos otages”, a déclaré M. Netanyahu mercredi.Jeudi, l’armée israélienne a annoncé avoir visé “600 cibles terroristes” à Gaza depuis le 18 mars. La quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants de Gaza ont été déplacés par les combats, dont des dizaines de milliers ont trouvé refuge dans des écoles, hôpitaux ou autres bâtiments publics. Israël qui a visé des centres ou sont réfugiés ces déplacés accuse le Hamas d’utiliser ces bâtiments à des fins militaires. Le Hamas dément.- Frappes au Liban et en Syrie -Au Liban, l’armée israélienne a annoncé avoir tué un “commandant” du Hamas, Hassan Farhat, dans une frappe à Saïda (sud). Selon elle, Hassan Farhat “a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils israéliens et des soldats” depuis le début de la guerre à Gaza. Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, ont confirmé la mort d’un de leurs commandants, Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades, dans la frappe. La fille de Hassan Farhat a également péri, ont précisé les Brigades dans un communiqué.A Saïda, le correspondant de l’AFP a vu un appartement, au quatrième étage d’un immeuble, détruit et en flammes.Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé “une agression flagrante contre la souveraineté libanaise” et une “claire violation” de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.En Syrie, l’armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et a mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.Les autorités syriennes ont dénoncé “une tentative préméditée de déstabiliser” le pays.Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti jeudi le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu’il paierait un “lourd tribut” si la sécurité d’Israël était menacée.

Batteries: les usines françaises avancent malgré la défiance du secteur

ACC, AESC, Verkor: les usines de batteries pour véhicules électriques grandissent dans le nord de la France, même si le secteur est en plein doute après la faillite du géant suédois Northvolt.La pionnière ACC monte en cadence à Douvrin. Elle a livré ses premières batteries pour la Peugeot 3008. “Nous avons fabriqué autant de cellules et de modules au premier trimestre 2025 que pendant toute l’année 2024”, a souligné Matthieu Hubert, secrétaire général d’ACC.A quelques kilomètres de là, AESC-Envision fait les derniers tests avant de lancer la production en série. L’usine du géant sino-japonais de la batterie s’est installée à Douai sur un parking de l’usine Renault, dont il équipera les R5 électriques.Près du port de Dunkerque et de l’imposante centrale nucléaire de Gravelines, au milieu des champs, l’usine de la start-up Verkor est sortie de terre et installe ses machines. “On va tout raccorder mécaniquement, électriquement, dans les prochaines semaines”, a déclaré mercredi à des journalistes Benoît Lemaignan, un des cofondateurs de Verkor. Après des tests, l’entreprise devrait démarrer la production au plus tard en début d’année 2026.L’objectif de Verkor est de produire 16 gigawattheures de batteries par an à partir de 2028, dont 12 pour Renault, soit de quoi équiper 150.000 véhicules. A quelques pas de la nouvelle usine, un terrain est réservé pour le groupe taïwanais ProLogium, qui compte y construire aussi sa propre usine française.- Stratégique -La réussite de ces usines de batteries pour voitures électriques en France, en Hongrie ou en Espagne est considérée comme stratégique par l’Europe, alors que la Chine produit encore 83% des batteries mondiales, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Plus de 60 milliards d’euros ont été investis dans ces usines à travers le continent depuis 2020, selon le géant de l’informatique Capgemini.Dans la “vallée de la batterie” du nord de la France, ces usines devraient créer 13.000 emplois directs et au moins le double d’emplois indirects, d’après l’Aria, qui représente les industriels locaux de l’automobile.Réuni cette semaine à Dunkerque, le secteur s’interrogeait sur les difficultés des entreprises à monter en cadence et surtout à trouver des financements. La faillite début mars de Northvolt, plus grande initiative européenne dans ce secteur stratégique, était liée à des retards dans sa production mais aussi à un ralentissement du marché des voitures électriques en Europe.Pour Richard Bouveret, patron de Blue Solutions, “il y a eu un peu d’hystérie” sur les financements et “beaucoup d’actionnaires le paient”. Cette filiale du groupe Bolloré mise sur un modèle de batteries et d’usines moins coûteuses, tandis que d’autres comme ProLogium visent des batteries plus puissantes promettant une recharge très rapide.”Il faut aller au-delà des produits qu’on a déjà et gagner la confiance des consommateurs comme des investisseurs”, a estimé M. Bouveret lors d’une table ronde.La rentabilité de ces projets pharaoniques reste incertaine. Les coûts de production en Europe sont environ 50% plus élevés qu’en Chine, la chaîne d’approvisionnement liée aux batteries reste relativement faible et le secteur manque de salariés qualifiés, notait l’AIE début mars dans un rapport.”On est à un moment charnière”, a résumé Pierre Bagnon, spécialiste du secteur chez Capgemini.Après leur construction, les usines doivent faire des tests pendant de longs mois et produire des cellules de batteries qui seront jetées, avant de monter en qualité et passer à la production en série. Le patron d’ACC, Yann Vincent, parle de cette phase de tests comme d’une “vallée de la mort”.”Le démarrage ne dure pas un an”, a précisé M. Bagnon. “Construire une industrie européenne pérenne, durable dans le temps en termes de consommation énergétique, se passe sur le temps long”, a-t-il relevé.”Que ce soit aux Etats-Unis ou en Asie, les niveaux de soutien ont été considérables. L’Europe n’a pas encore pris conscience de ce dont on parlait”, a lancé Benoît Lemaignan chez Verkor. Comparés à l’argent que l’Europe dépense pour importer du pétrole, “les petits milliards qui ont été mis sur la table pour construire une industrie de la batterie en Europe ne sont pas à la hauteur”, selon lui.