AFP World

Özgür Özel, la force émergente de l’opposition turque

Moins charismatique que le populaire maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, mais orateur et tribun efficace, Özgür Özel, président du premier parti d’opposition en Turquie, en est devenu la figure de proue depuis l’arrestation de l’édile stambouliote.Dès le soir du 19 mars, le quinquagénaire qui doit être reconduit dimanche à la tête du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) galvanise la foule venue protester devant l’hôtel de ville d’Istanbul contre l’interpellation quelques heures plus tôt du maire, à cinq jours de son investiture comme candidat du parti à la prochaine présidentielle.Dénonçant un “coup d’Etat”, Özgür Özel entraîne une semaine durant des dizaines de milliers de gens dans les rues d’Istanbul, d’Ankara, la capitale, et de nombreuses villes du pays.”Gouvernement, démission!”, “Nous allons renverser le sultan!”: chaque soir, les manifestants bravent les gaz lacrymogènes de la police devant la mairie d’Istanbul où il rugit de sa voix rauque.Le 29 mars, ils déferlent par centaines de milliers sur la rive asiatique de la métropole pour un meeting géant. Le CHP revendique plus de deux millions de participants.A 50 ans, la cote du pharmacien explose. Özgür Özel a été élu à la tête du parti en novembre 2023, quelques mois après l’échec du CHP à la présidentielle.- Kémaliste traditionnel – Né le 21 septembre 1974 à Manisa, près d’Izmir, la troisième ville du pays sur la côte égéenne (ouest), ce fils de professeurs suit des études de pharmacie et prend rapidement la tête de l’association des pharmaciens de Turquie, avant de se lancer en politique.En 2011, il est élu député CHP de Manisa, un poste qu’il a conservé depuis. “Cette partie égéenne du pays est la racine traditionnelle du kémalisme, laïque. En ce sens, (Özgür Özel) est très proche de la base du CHP et connaît très bien le parti”, relève Berk Esen, professeur de sciences politiques à l’université Sabanci, à Istanbul.Özel prend rapidement la tête du groupe CHP au parlement, où son franc-parler et son expression directe et incisive le font remarquer. “Ce n’est peut-être pas un orateur charismatique, mais il est éloquent, articulé, très critique envers le gouvernement et cette stratégie fonctionne”, reprend Berk Esen.Après avoir conquis Istanbul en 2019, une prise de guerre face à l’AKP au pouvoir, le CHP perd la présidentielle de mai 2023, privé de son champion Ekrem Imamoglu, menacé d’une peine de prison pour “insulte” aux membres du Haut comité électoral.Cette défaite face au président sortant Erdogan, au pouvoir depuis deux décennies, plonge le CHP dans la crise. Six mois plus tard, le congrès du parti porte Özel à sa tête en remplacement du prudent Kemal Kiliçdaroglu, issu de la minorité alévie, candidat malheureux à la présidence.Elu avec le soutien du poids lourd du CHP Ekrem Imamoglu, Özgür Özel, laïc mais sunnite, annonce vouloir “ouvrir la porte à un nouveau climat politique” en Turquie et rajeunit les cadres du parti.- Division des tâches -“Les deux hommes se partagent la tâche: Imamoglu se prépare pour la présidence, Özel tient le parti et le groupe parlementaire”, résume l’avocat Ahmet Kiraz, proche du CHP. “Les deux hommes avancent ensemble avec une même vision du pouvoir, qui prévoit un rôle renforcé du parlement”.Quelques mois plus tard, le parti remporte une victoire retentissante aux élections municipales de mars 2024, conservant Istanbul et la capitale et conquérant des capitales provinciales d’Anatolie jusqu’alors chasses gardées d’Erdogan et de son parti.Depuis, le CHP et ses dirigeants sont dans le viseur de la justice, jusqu’à l’arrestation du maire d’Istanbul.Les observateurs jugent “prématuré” d’envisager une candidature d’Özgür Özel à la présidence. Mais “si Ekrem Imamoglu devait être empêché, il sera le mieux placé. Il a la stature pour être un candidat de secours. Il sait rassembler”, assure M. Kiraz.”Jusqu’à présent, il a très bien défendu le parti contre les interventions judiciaires d’Erdogan”, juge Berk Esen qui le voit “devenir un homme politique tout à fait redoutable”.

Le chef de la diplomatie française à Alger pour réinitialiser la relation France-Algérie

Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot est attendu ce dimanche à Alger où il rencontrera son homologue Ahmed Attaf pour “concrétiser” la reprise du dialogue sur les sujets les plus sensibles qui obèrent la relation bilatérale, dont la question migratoire.La France doit “se saisir” de l’espace diplomatique ouvert par les présidents français et algérien “pour obtenir des résultats” sur les dossiers migratoire, judiciaire, sécuritaire et économique, a expliqué cette semaine le ministre français devant les parlementaires.Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune avaient acté lundi, à l’issue d’un entretien téléphonique, le principe d’une relance bilatérale et chargé leurs ministres des Affaires étrangères de donner “rapidement” un nouvel élan aux relations.Ils mettaient ainsi fin à huit mois d’une crise d’une intensité rare qui avait précipité la France et l’Algérie au bord de la rupture diplomatique.Soutien total de la France à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental bien que pour l’ONU ce territoire n’ait pas de statut défini, refus des autorités algériennes de réadmettre certains de ses ressortissants sous obligation de quitter le territoire français, ou encore condamnation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal que Paris juge “arbitraire”: les motifs de griefs mutuels sont nombreux.  Pour autant, il y a désormais une volonté conjointe de reprendre langue pour retrouver une relation apaisée et équilibrée “dans une logique de résultats” et “d’efficacité”, insiste-t-on à Paris.La visite de Jean-Noël Barrot “vise à détailler un programme de travail bilatéral ambitieux, à en décliner les modalités opérationnelles”, à élaborer des objectifs conjoints et un calendrier de mise en œuvre, a ainsi expliqué jeudi Christophe Lemoine, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.Pour préparer le voyage de Jean-Noël Barrot, Emmanuel Macron avait réuni mardi plusieurs ministres se trouvant en première ligne dans les relations avec l’Algérie.Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, partisan d’une ligne dure ces derniers mois, avait alors fait part de son “espoir” qu’Alger applique “strictement” l’accord migratoire bilatéral de 1994, qui “dispose que l’Algérie doit accepter sur son sol les ressortissants algériens” que Paris veut expulser. Est d’ores et déjà actée la reprise de contacts en France entre les préfectures et les consulats algériens afin que les demandes de réadmission en voie d’être présentées par les autorités françaises puissent l’être dans les conditions normales.Concrètement, Paris attend des autorités algériennes qu’elles augmentent leur taux de délivrance des laisser-passer consulaires dans les délais utiles, qui est actuellement de l’ordre de 40%.L’annonce d’un retour de l’ambassadeur d’Algérie à Paris, rappelé à l’été 2024, signalerait aussi la volonté de dialogue en toute bonne foi.- Dignitaires et le cas Sansal -A Alger, outre les demandes de réadmission, Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf devraient évoquer l’accord d’exemption réciproque des visas sur les passeports diplomatiques.Certains dignitaires algériens avaient fait les frais de la crise franco-algérienne, Paris ayant mis en place des mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire national pour ces personnalités.Pour la diplomatie française, ces restrictions — prises en représailles au refus d’Alger de reprendre ses ressortissants sous le coup d’une expulsion — ont pesé dans la volonté d’Alger de reprendre le dialogue.Le cas de Boualem Sansal devrait également être discuté.Emmanuel Macron a plaidé pour “une issue humanitaire” pour l’écrivain, âgé et malade, détenu depuis mi-novembre et condamné à 5 ans de prison, une décision contre laquelle il a fait appel.Cette semaine encore, Jean-Noël Barrot, estimait que celui-ci était détenu “sans fondement”.Mais le parquet algérien, qui avait requis 10 ans de prison, a fait appel également cette semaine, éloignant la possibilité d’une grâce présidentielle à brève échéance, à moins que les deux parties ne se désistent.A Alger, Jean-Noël Barrot sera notamment accompagné de Romaric Roignan, le nouveau directeur de la région Afrique du nord et Moyen-Orient du Quai d’Orsay.Sa visite précède enfin celle de son homologue de la Justice Gérald Darmanin, prévue “prochainement” pour relancer la coopération judiciaire.

Le chef de la diplomatie française à Alger pour réinitialiser la relation France-Algérie

Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot est attendu ce dimanche à Alger où il rencontrera son homologue Ahmed Attaf pour “concrétiser” la reprise du dialogue sur les sujets les plus sensibles qui obèrent la relation bilatérale, dont la question migratoire.La France doit “se saisir” de l’espace diplomatique ouvert par les présidents français et algérien “pour obtenir des résultats” sur les dossiers migratoire, judiciaire, sécuritaire et économique, a expliqué cette semaine le ministre français devant les parlementaires.Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune avaient acté lundi, à l’issue d’un entretien téléphonique, le principe d’une relance bilatérale et chargé leurs ministres des Affaires étrangères de donner “rapidement” un nouvel élan aux relations.Ils mettaient ainsi fin à huit mois d’une crise d’une intensité rare qui avait précipité la France et l’Algérie au bord de la rupture diplomatique.Soutien total de la France à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental bien que pour l’ONU ce territoire n’ait pas de statut défini, refus des autorités algériennes de réadmettre certains de ses ressortissants sous obligation de quitter le territoire français, ou encore condamnation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal que Paris juge “arbitraire”: les motifs de griefs mutuels sont nombreux.  Pour autant, il y a désormais une volonté conjointe de reprendre langue pour retrouver une relation apaisée et équilibrée “dans une logique de résultats” et “d’efficacité”, insiste-t-on à Paris.La visite de Jean-Noël Barrot “vise à détailler un programme de travail bilatéral ambitieux, à en décliner les modalités opérationnelles”, à élaborer des objectifs conjoints et un calendrier de mise en œuvre, a ainsi expliqué jeudi Christophe Lemoine, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.Pour préparer le voyage de Jean-Noël Barrot, Emmanuel Macron avait réuni mardi plusieurs ministres se trouvant en première ligne dans les relations avec l’Algérie.Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, partisan d’une ligne dure ces derniers mois, avait alors fait part de son “espoir” qu’Alger applique “strictement” l’accord migratoire bilatéral de 1994, qui “dispose que l’Algérie doit accepter sur son sol les ressortissants algériens” que Paris veut expulser. Est d’ores et déjà actée la reprise de contacts en France entre les préfectures et les consulats algériens afin que les demandes de réadmission en voie d’être présentées par les autorités françaises puissent l’être dans les conditions normales.Concrètement, Paris attend des autorités algériennes qu’elles augmentent leur taux de délivrance des laisser-passer consulaires dans les délais utiles, qui est actuellement de l’ordre de 40%.L’annonce d’un retour de l’ambassadeur d’Algérie à Paris, rappelé à l’été 2024, signalerait aussi la volonté de dialogue en toute bonne foi.- Dignitaires et le cas Sansal -A Alger, outre les demandes de réadmission, Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf devraient évoquer l’accord d’exemption réciproque des visas sur les passeports diplomatiques.Certains dignitaires algériens avaient fait les frais de la crise franco-algérienne, Paris ayant mis en place des mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire national pour ces personnalités.Pour la diplomatie française, ces restrictions — prises en représailles au refus d’Alger de reprendre ses ressortissants sous le coup d’une expulsion — ont pesé dans la volonté d’Alger de reprendre le dialogue.Le cas de Boualem Sansal devrait également être discuté.Emmanuel Macron a plaidé pour “une issue humanitaire” pour l’écrivain, âgé et malade, détenu depuis mi-novembre et condamné à 5 ans de prison, une décision contre laquelle il a fait appel.Cette semaine encore, Jean-Noël Barrot, estimait que celui-ci était détenu “sans fondement”.Mais le parquet algérien, qui avait requis 10 ans de prison, a fait appel également cette semaine, éloignant la possibilité d’une grâce présidentielle à brève échéance, à moins que les deux parties ne se désistent.A Alger, Jean-Noël Barrot sera notamment accompagné de Romaric Roignan, le nouveau directeur de la région Afrique du nord et Moyen-Orient du Quai d’Orsay.Sa visite précède enfin celle de son homologue de la Justice Gérald Darmanin, prévue “prochainement” pour relancer la coopération judiciaire.

“Bas les pattes”: des milliers d’Américains manifestent contre Trump

Des milliers d’Américains ont manifesté samedi contre Donald Trump, y compris à Washington, pour la première mobilisation d’ampleur depuis le retour au pouvoir du milliardaire fin janvier.De Boston (nord-est) à Houston (sud) et de la Floride (sud-est) au Colorado (ouest), une série de mouvements citoyens de gauche avaient appelé à manifester contre ce qu’ils qualifient d'”accaparement du pouvoir” par le  président républicain. Un des principaux rassemblements s’est déroulé au National Mall, immense esplanade entre le Capitole et l’obélisque du Washington Monument, à quelques encablures de la Maison Blanche, dans une atmosphère bon enfant.Des milliers de personnes s’y sont rassemblées à la mi-journée, brandissant des pancartes avec des messages comme “pas touche à la Sécurité sociale” ou “le fascisme est arrivé”, ainsi que des drapeaux américains à l’envers – à l’origine un signal de détresse dans l’armée devenu un signe de protestation politique.”Ils sont en train d’abattre la démocratie”, a déclaré à l’AFP, en référence à Donald Trump et Elon Musk, Margie, 64 ans, une retraitée de la fonction publique, portant une cagoule tricotée rose et turquoise évoquant un masque à gaz.”C’est extrêmement inquiétant de voir tout ce qui arrive à nos institutions, et l’équilibre des pouvoirs complètement bouleversé sur tous les plans, de l’environnement aux droits individuels”, a abondé Jane Ellen Saums, 66 ans, qui travaille dans l’immobilier à Fairfax, près de Washington.Les organisateurs attendaient 20.000 personnes dans la capitale fédérale mais ont affirmé samedi après-midi que la participation était beaucoup plus élevée.- “Pas à vendre” -Outre les importants contingents de retraités, en particulier de la fonction publique, ont afflué de nombreux jeunes, y compris des enfants avec leurs parents.”La démocratie n’est pas à vendre”, pouvait-on lire sur une pancarte brandie par un père de famille, avec son fils dans une poussette.Plusieurs ténors démocrates ont pris la parole.”Aucune personne dotée de sens moral ne veut d’un dictateur sabotant l’économie qui connaît le prix de tout et la valeur de rien”, a déclaré l’élu de la Chambre des représentants Jamie Raskin.Depuis son retour à la Maison Blanche le 20 janvier, Donald Trump invoque la légitimité populaire pour justifier son interventionnisme tous azimuts, au nom d’une conception maximaliste des prérogatives de l’exécutif.”Donald Trump et Elon Musk pensent que ce pays leur appartient. Ils prennent tout ce sur quoi ils peuvent faire main basse et mettent le monde au défi de les arrêter”, peut-on lire dans un communiqué publié sur le site d’un des mouvements organisateurs de la manifestation, Indivisible.”Samedi 5 avril, nous descendons dans la rue dans tout le pays pour résister avec un message clair: bas les pattes!”, affirme-t-il.- “Pas de roi aux USA” -Parmi les griefs d’une partie de la population figurent les coupes dans les aides sociales, l’éducation ou la recherche, ainsi que les licenciements de milliers de fonctionnaires.Beaucoup d’électeurs démocrates reprochent à leur parti d’être inaudible ou impuissant face aux coups de boutoir de l’administration Trump.Abbott Sherwin, un étudiant de 19 ans de Caroline du Nord (sud-est) venu manifester avec son père, a déploré “une grande déconnexion” entre les élus démocrates et les jeunes. “Beaucoup, surtout parmi les plus progressistes, pensent que le Parti démocrate se dégonfle, essaie d’être trop modéré et ne défend pas vraiment nos droits”, a-t-il souligné.A New York, où l’affluence était également significative, une manifestante qui travaille dans l’éducation supérieure, Rachael Nevins, s’est dite “très inquiète des attaques contre la connaissance”, en particulier des gels de bourses pour les chercheurs et les étudiants.A Denver, au Colorado, une pancarte proclamait “Pas de roi aux USA”.Des manifestations similaires se sont tenues à travers le monde, notamment à Berlin, Paris, Rome et Londres.Donald Trump passe le week-end chez lui en Floride.”J’aurais aimé qu’il soit là plutôt qu’à un tournoi de golf (dans sa propriété de) Mar-a-Lago, et qu’il voie que les gens sont dans la rue”, déclare Townley, une femme de 62 ans qui n’a pas donné son nom de famille.”Ca fait du bien de voir autant de gens”, abonde Annette, qui à 39 ans vient de perdre son emploi de contractuelle avec l’Etat. “Mais ça ne suffit pas (…) Les gens ne se mobiliseront pas tant qu’ils ne sont pas victimes personnellement”, de la politique trumpiste, prévoit-elle.

“Bas les pattes”: des milliers d’Américains manifestent contre Trump

Des milliers d’Américains ont manifesté samedi contre Donald Trump, y compris à Washington, pour la première mobilisation d’ampleur depuis le retour au pouvoir du milliardaire fin janvier.De Boston (nord-est) à Houston (sud) et de la Floride (sud-est) au Colorado (ouest), une série de mouvements citoyens de gauche avaient appelé à manifester contre ce qu’ils qualifient d'”accaparement du pouvoir” par le  président républicain. Un des principaux rassemblements s’est déroulé au National Mall, immense esplanade entre le Capitole et l’obélisque du Washington Monument, à quelques encablures de la Maison Blanche, dans une atmosphère bon enfant.Des milliers de personnes s’y sont rassemblées à la mi-journée, brandissant des pancartes avec des messages comme “pas touche à la Sécurité sociale” ou “le fascisme est arrivé”, ainsi que des drapeaux américains à l’envers – à l’origine un signal de détresse dans l’armée devenu un signe de protestation politique.”Ils sont en train d’abattre la démocratie”, a déclaré à l’AFP, en référence à Donald Trump et Elon Musk, Margie, 64 ans, une retraitée de la fonction publique, portant une cagoule tricotée rose et turquoise évoquant un masque à gaz.”C’est extrêmement inquiétant de voir tout ce qui arrive à nos institutions, et l’équilibre des pouvoirs complètement bouleversé sur tous les plans, de l’environnement aux droits individuels”, a abondé Jane Ellen Saums, 66 ans, qui travaille dans l’immobilier à Fairfax, près de Washington.Les organisateurs attendaient 20.000 personnes dans la capitale fédérale mais ont affirmé samedi après-midi que la participation était beaucoup plus élevée.- “Pas à vendre” -Outre les importants contingents de retraités, en particulier de la fonction publique, ont afflué de nombreux jeunes, y compris des enfants avec leurs parents.”La démocratie n’est pas à vendre”, pouvait-on lire sur une pancarte brandie par un père de famille, avec son fils dans une poussette.Plusieurs ténors démocrates ont pris la parole.”Aucune personne dotée de sens moral ne veut d’un dictateur sabotant l’économie qui connaît le prix de tout et la valeur de rien”, a déclaré l’élu de la Chambre des représentants Jamie Raskin.Depuis son retour à la Maison Blanche le 20 janvier, Donald Trump invoque la légitimité populaire pour justifier son interventionnisme tous azimuts, au nom d’une conception maximaliste des prérogatives de l’exécutif.”Donald Trump et Elon Musk pensent que ce pays leur appartient. Ils prennent tout ce sur quoi ils peuvent faire main basse et mettent le monde au défi de les arrêter”, peut-on lire dans un communiqué publié sur le site d’un des mouvements organisateurs de la manifestation, Indivisible.”Samedi 5 avril, nous descendons dans la rue dans tout le pays pour résister avec un message clair: bas les pattes!”, affirme-t-il.- “Pas de roi aux USA” -Parmi les griefs d’une partie de la population figurent les coupes dans les aides sociales, l’éducation ou la recherche, ainsi que les licenciements de milliers de fonctionnaires.Beaucoup d’électeurs démocrates reprochent à leur parti d’être inaudible ou impuissant face aux coups de boutoir de l’administration Trump.Abbott Sherwin, un étudiant de 19 ans de Caroline du Nord (sud-est) venu manifester avec son père, a déploré “une grande déconnexion” entre les élus démocrates et les jeunes. “Beaucoup, surtout parmi les plus progressistes, pensent que le Parti démocrate se dégonfle, essaie d’être trop modéré et ne défend pas vraiment nos droits”, a-t-il souligné.A New York, où l’affluence était également significative, une manifestante qui travaille dans l’éducation supérieure, Rachael Nevins, s’est dite “très inquiète des attaques contre la connaissance”, en particulier des gels de bourses pour les chercheurs et les étudiants.A Denver, au Colorado, une pancarte proclamait “Pas de roi aux USA”.Des manifestations similaires se sont tenues à travers le monde, notamment à Berlin, Paris, Rome et Londres.Donald Trump passe le week-end chez lui en Floride.”J’aurais aimé qu’il soit là plutôt qu’à un tournoi de golf (dans sa propriété de) Mar-a-Lago, et qu’il voie que les gens sont dans la rue”, déclare Townley, une femme de 62 ans qui n’a pas donné son nom de famille.”Ca fait du bien de voir autant de gens”, abonde Annette, qui à 39 ans vient de perdre son emploi de contractuelle avec l’Etat. “Mais ça ne suffit pas (…) Les gens ne se mobiliseront pas tant qu’ils ne sont pas victimes personnellement”, de la politique trumpiste, prévoit-elle.

Gaza: une vidéo montre les dernières minutes des secouristes tués selon le Croissant-Rouge

Une vidéo récupérée sur le téléphone portable d’un secouriste tué avec d’autres membres du personnel médical en mars à Gaza, selon le Croissant-Rouge palestinien, montre leurs ambulances clairement reconnaissables et gyrophares allumés, avec le bruit de tirs nourris.Le 23 mars, 15 secouristes et travailleurs humanitaires ont été tués par des tirs israéliens à Rafah, dans …

Gaza: une vidéo montre les dernières minutes des secouristes tués selon le Croissant-Rouge Read More »

Gaza: une vidéo montre les dernières minutes des secouristes tués selon le Croissant-Rouge

Une vidéo récupérée sur le téléphone portable d’un secouriste tué avec d’autres membres du personnel médical en mars à Gaza, selon le Croissant-Rouge palestinien, montre leurs ambulances clairement reconnaissables et gyrophares allumés, avec le bruit de tirs nourris.Le 23 mars, 15 secouristes et travailleurs humanitaires ont été tués par des tirs israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, où une guerre oppose Israël au mouvement islamiste palestinien Hamas depuis près de 18 mois, selon le Croissant-Rouge et l’ONU.Il s’agit de huit membres du Croissant-Rouge palestinien, six membres de l’agence de défense civile de Gaza et d’un membre de l’Unrwa, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens. Leurs corps ont été retrouvés quelques jours plus tard enterrés sous le sable près de Rafah.L’armée israélienne avait indiqué jeudi enquêter sur “l’incident”, tout en affirmant que ses soldats avaient tiré sur des “terroristes” et des “véhicules suspects” qui avançaient vers eux tous feux éteints.Mais sur la vidéo de six minutes et 42 secondes, diffusée samedi par le Croissant-Rouge palestinien, des ambulances circulent, phares et gyrophares allumés.La vidéo, apparemment filmée depuis l’intérieur d’un véhicule en mouvement, montre un camion de pompiers et des ambulances circulant dans l’obscurité.- Tirs nourris – Les véhicules s’arrêtent ensuite près d’un autre garé en bord de route, et deux hommes l’un portant un uniforme d’ambulancier et l’autre un gilet de secouriste, en sortent.On entend au même moment la voix de deux hommes parlant en arabe: l’un dit “un véhicule, un véhicule”, “pourvu qu’ils n’aient rien”. L’autre dit “on dirait un accident”.Quelques secondes plus tard, des tirs nourris éclatent et l’écran devient noir.Le Croissant-Rouge a indiqué avoir retrouvé la vidéo sur le téléphone de Rifaat Radwan, l’un des secouristes tués. “Cette vidéo réfute catégoriquement les affirmations de l’occupant selon lesquelles (…) certains véhicules se seraient approchés de manière suspecte, sans gyrophares ni signes d’identification”, a dit le Croissant-Rouge palestinien dans un communiqué samedi.”Ces images exposent la vérité”, a-t-il indiqué.Plus tard, la porte-parole du Croissant-Rouge palestinien, Nebal Farsakh, a déclaré à des journalistes à Ramallah, en Cisjordanie occupée, que des soldats israéliens avaient “ouvert le feu de manière frénétique” sur les secouristes.Selon elle, le sort d’un secouriste reste inconnu. “Nous pensons qu’il a été arrêté”, a-t-elle dit.Un responsable militaire a déclaré tard samedi soir à des journalistes qu’il y avait eu deux incidents le 23 mars.Le premier s’est produit à 4h du matin, lorsque des soldats ont tiré sur un véhicule transportant des membres du Hamas, tuant deux d’entre eux et en arrêtant un, a-t-il indiqué sous couvert d’anonymat.Lors du second incident, à “6h du matin”, les soldats “ont reçu un rapport de la couverture aérienne signalant un convoi se déplaçant dans l’obscurité de manière suspecte en leur direction”, a-t-il déclaré. “Ils ont ouvert le feu à distance”.”Il n’y avait (…) aucun tir à courte distance (…) Les soldats (…) ont pensé qu’ils faisaient face à des terroristes”, a-t-il déclaré.De son côté, le Hamas a dénoncé dans un communiqué “une tentative délibérée de dissimuler le crime en enterrant les victimes dans des fosses communes”.Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), la première équipe a été tuée par les forces israéliennes le 23 mars, et d’autres équipes d’urgence et d’aide ont été frappées pendant plusieurs heures alors qu’elles cherchaient leurs collègues disparus.Le convoi avait été dépêché en réponse à des appels à l’aide de civils pris au piège des bombardements, selon le Croissant-Rouge.- “Les juifs arrivent” -Dans la vidéo, l’ambulancier en train de filmer récite la déclaration de foi, la “shahada”, traditionnellement prononcée par les musulmans avant la mort, alors que le bruit des tirs nourris continue sans cesse.Alors que les tirs continuent, il dit: “les juifs arrivent”, en référence aux soldats israéliens.La mort des travailleurs humanitaires a suscité un tollé international. Jonathan Whittall, directeur de l’Ocha dans les territoires palestiniens, a déclaré que les victimes étaient “en uniforme, portant encore des gants” lorsqu’ils ont été retrouvés. L’Ocha a parlé de “fosse commune”. Un responsable militaire israélien a dit à l’AFP qu’ils avaient été “recouverts de sable et de draps de façon à éviter leur détérioration” en attendant qu’ils puissent être récupérés.La guerre à Gaza a été déclenchée par une attaque menée le 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien contre Israël.

Gaza: une vidéo montre les dernières minutes des secouristes tués selon le Croissant-Rouge

Une vidéo récupérée sur le téléphone portable d’un secouriste tué avec d’autres membres du personnel médical en mars à Gaza, selon le Croissant-Rouge palestinien, montre leurs ambulances clairement reconnaissables et gyrophares allumés, avec le bruit de tirs nourris.Le 23 mars, 15 secouristes et travailleurs humanitaires ont été tués par des tirs israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, où une guerre oppose Israël au mouvement islamiste palestinien Hamas depuis près de 18 mois, selon le Croissant-Rouge et l’ONU.Il s’agit de huit membres du Croissant-Rouge palestinien, six membres de l’agence de défense civile de Gaza et d’un membre de l’Unrwa, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens. Leurs corps ont été retrouvés quelques jours plus tard enterrés sous le sable près de Rafah.L’armée israélienne avait indiqué jeudi enquêter sur “l’incident”, tout en affirmant que ses soldats avaient tiré sur des “terroristes” et des “véhicules suspects” qui avançaient vers eux tous feux éteints.Mais sur la vidéo de six minutes et 42 secondes, diffusée samedi par le Croissant-Rouge palestinien, des ambulances circulent, phares et gyrophares allumés.La vidéo, apparemment filmée depuis l’intérieur d’un véhicule en mouvement, montre un camion de pompiers et des ambulances circulant dans l’obscurité.- Tirs nourris – Les véhicules s’arrêtent ensuite près d’un autre garé en bord de route, et deux hommes l’un portant un uniforme d’ambulancier et l’autre un gilet de secouriste, en sortent.On entend au même moment la voix de deux hommes parlant en arabe: l’un dit “un véhicule, un véhicule”, “pourvu qu’ils n’aient rien”. L’autre dit “on dirait un accident”.Quelques secondes plus tard, des tirs nourris éclatent et l’écran devient noir.Le Croissant-Rouge a indiqué avoir retrouvé la vidéo sur le téléphone de Rifaat Radwan, l’un des secouristes tués. “Cette vidéo réfute catégoriquement les affirmations de l’occupant selon lesquelles (…) certains véhicules se seraient approchés de manière suspecte, sans gyrophares ni signes d’identification”, a dit le Croissant-Rouge palestinien dans un communiqué samedi.”Ces images exposent la vérité”, a-t-il indiqué.Plus tard, la porte-parole du Croissant-Rouge palestinien, Nebal Farsakh, a déclaré à des journalistes à Ramallah, en Cisjordanie occupée, que des soldats israéliens avaient “ouvert le feu de manière frénétique” sur les secouristes.Selon elle, le sort d’un secouriste reste inconnu. “Nous pensons qu’il a été arrêté”, a-t-elle dit.Un responsable militaire a déclaré tard samedi soir à des journalistes qu’il y avait eu deux incidents le 23 mars.Le premier s’est produit à 4h du matin, lorsque des soldats ont tiré sur un véhicule transportant des membres du Hamas, tuant deux d’entre eux et en arrêtant un, a-t-il indiqué sous couvert d’anonymat.Lors du second incident, à “6h du matin”, les soldats “ont reçu un rapport de la couverture aérienne signalant un convoi se déplaçant dans l’obscurité de manière suspecte en leur direction”, a-t-il déclaré. “Ils ont ouvert le feu à distance”.”Il n’y avait (…) aucun tir à courte distance (…) Les soldats (…) ont pensé qu’ils faisaient face à des terroristes”, a-t-il déclaré.De son côté, le Hamas a dénoncé dans un communiqué “une tentative délibérée de dissimuler le crime en enterrant les victimes dans des fosses communes”.Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), la première équipe a été tuée par les forces israéliennes le 23 mars, et d’autres équipes d’urgence et d’aide ont été frappées pendant plusieurs heures alors qu’elles cherchaient leurs collègues disparus.Le convoi avait été dépêché en réponse à des appels à l’aide de civils pris au piège des bombardements, selon le Croissant-Rouge.- “Les juifs arrivent” -Dans la vidéo, l’ambulancier en train de filmer récite la déclaration de foi, la “shahada”, traditionnellement prononcée par les musulmans avant la mort, alors que le bruit des tirs nourris continue sans cesse.Alors que les tirs continuent, il dit: “les juifs arrivent”, en référence aux soldats israéliens.La mort des travailleurs humanitaires a suscité un tollé international. Jonathan Whittall, directeur de l’Ocha dans les territoires palestiniens, a déclaré que les victimes étaient “en uniforme, portant encore des gants” lorsqu’ils ont été retrouvés. L’Ocha a parlé de “fosse commune”. Un responsable militaire israélien a dit à l’AFP qu’ils avaient été “recouverts de sable et de draps de façon à éviter leur détérioration” en attendant qu’ils puissent être récupérés.La guerre à Gaza a été déclenchée par une attaque menée le 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien contre Israël.