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Droits de douane: la volte-face de Trump dope les Bourses en Asie

Donald Trump a dopé les Bourses en Asie jeudi après sa spectaculaire marche arrière sur les droits de douane imposés au reste du monde, bien qu’il ait encore augmenté la surtaxe contre le rival chinois à un taux prohibitif de 125%.Après avoir déclenché une guerre commerciale mondiale et ébranlé les marchés, le président américain a annoncé mercredi à Washington une suspension pendant 90 jours des taxes à l’importation contre des dizaines de pays et partenaires, notamment contre l’Union européenne, en principe en vigueur depuis mercredi 04H01 GMT.”Il faut être flexible”, a justifié Donald Trump devant la presse à la Maison Blanche en reconnaissant que sa retentissante décision d’un matraquage douanier “effrayait un peu” des investisseurs “fébriles”.Il a reconnu avoir suivi le marché obligataire où la dette de la première puissance mondiale, valeur refuge par excellence, a été vivement chahutée ces derniers jours.Le Japon, allié militaire et partenaire commercial de premier plan des Etats-Unis, a dit jeudi “accueillir positivement” ce revirement, son gouvernement “exigeant avec force” la suppression du taux plancher de 10%, qui s’applique toujours, “ainsi que les surtaxes douanières sur l’acier, l’aluminium, les voitures et pièces automobiles”.Donald Trump a encore durci les droits de douane qu’il a imposés à la Chine en invoquant un prétendu “manque de respect”, les portant à 125%, contre 104% la veille.Donald Trump s’est par ailleurs félicité que “plus de 75 pays” se soient manifestés pour “négocier”. Ces partenaires commerciaux des Etats-Unis n’ayant selon lui pas “riposté”, il leur a accordé “une pause de 90 jours et des droits réciproques substantiellement réduits durant cette période, de 10%, également effectifs immédiatement”.- Cela vient “du coeur” -“Cela venait du coeur”, l’idée étant de ne “pas faire de mal” à ceux qui sont prêts à discuter, a justifié l’impétueux milliardaire dans le Bureau ovale. En réaction, les Bourses en Asie se sont envolées dans le sillage de Wall Street à New York.Vers 03H40 GMT à Tokyo, l’indice vedette Nikkei a bondi de 8,32% et l’indice Kospi de Séoul a gagné 5,38%. Même en Chine, la Bourse de Shanghai est repassée dans le vert, en hausse de plus de 1%.Les surtaxes décidées par Washington et dorénavant suspendues frappaient les économies d’Asie très dépendantes de leurs exportations, dont le Japon (surtaxé à 24%), la Corée du Sud (25%), la Thaïlande (36%) ou le Vietnam (46%).Avant de faire volte-face, l’imprévisible président américain conservateur, qui bouleverse l’ordre économique et géopolitique, avait écrit sur Truth Social “C’EST LE MOMENT D’ACHETER”, en allusion à l’effondrement des Bourses depuis vendredi.Alors que les sondages montrent une défiance croissante d’Américains envers celui qui a été réélu en novembre, ses partisans ont volé à son secours.”C’était sa stratégie depuis le début”, a assuré son ministre des Finances Scott Bessent. Quand son conseiller Stephen Miller a vanté sa “stratégie magistrale” et son “audace” pour “isoler” Pékin.Donald Trump réunira son gouvernement jeudi à 15H00 GMT, selon la Maison Blanche.- Risque de récession -Le 47e président des Etats-Unis de 78 ans a semé la panique dans le monde en annonçant la semaine dernière des surtaxes douanières sur les produits de 60 partenaires commerciaux, avec un traitement encore plus brutal contre la Chine. Cette dernière a répliqué du tac-au-tac, en portant ses surtaxes contre les produits américains à 84%, et non 34% comme initialement prévu.Visée depuis mi-mars par des droits de douane américains de 25% sur l’acier et l’aluminium, l’UE a adopté ses premières mesures calibrées, contre plus 20 milliards d’euros de marchandises “made in USA”.Bruxelles s’était toutefois dite prête à suspendre ses droits de douane “à tout moment” en cas d’accord “juste et équilibré” avec Washington.Pour le futur chancelier allemand Friedrich Merz, la marche arrière de Donald Trump est une “réaction à la détermination des Européens”.Reste donc à savoir comment va de nouveau réagir Pékin, Donald Trump assurant que la Chine “voulait” un accord mais ne “savait pas comment s’y prendre”.Nombre d’économistes alertent sur les risques de flambée de l’inflation et de récession mondiale.La guerre commerciale pourrait réduire de “jusqu’à 80%” les échanges de marchandises entre les deux premières économies de la planète et effacer “près de 7%” du PIB mondial sur le long terme, a mis en garde la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala.Sans même parler de l’escalade diplomatique sino-américaine, les deux géants ayant déjà des relations tendues.Pékin a ainsi appelé ses ressortissants à la “prudence” face aux “risques” d’un voyage touristique aux Etats-Unis.burs-nr/phs

Droits de douane: la volte-face de Trump dope les Bourses en Asie

Donald Trump a dopé les Bourses en Asie jeudi après sa spectaculaire marche arrière sur les droits de douane imposés au reste du monde, bien qu’il ait encore augmenté la surtaxe contre le rival chinois à un taux prohibitif de 125%.Après avoir déclenché une guerre commerciale mondiale et ébranlé les marchés, le président américain a annoncé mercredi à Washington une suspension pendant 90 jours des taxes à l’importation contre des dizaines de pays et partenaires, notamment contre l’Union européenne, en principe en vigueur depuis mercredi 04H01 GMT.”Il faut être flexible”, a justifié Donald Trump devant la presse à la Maison Blanche en reconnaissant que sa retentissante décision d’un matraquage douanier “effrayait un peu” des investisseurs “fébriles”.Il a reconnu avoir suivi le marché obligataire où la dette de la première puissance mondiale, valeur refuge par excellence, a été vivement chahutée ces derniers jours.Le Japon, allié militaire et partenaire commercial de premier plan des Etats-Unis, a dit jeudi “accueillir positivement” ce revirement, son gouvernement “exigeant avec force” la suppression du taux plancher de 10%, qui s’applique toujours, “ainsi que les surtaxes douanières sur l’acier, l’aluminium, les voitures et pièces automobiles”.Donald Trump a encore durci les droits de douane qu’il a imposés à la Chine en invoquant un prétendu “manque de respect”, les portant à 125%, contre 104% la veille.Donald Trump s’est par ailleurs félicité que “plus de 75 pays” se soient manifestés pour “négocier”. Ces partenaires commerciaux des Etats-Unis n’ayant selon lui pas “riposté”, il leur a accordé “une pause de 90 jours et des droits réciproques substantiellement réduits durant cette période, de 10%, également effectifs immédiatement”.- Cela vient “du coeur” -“Cela venait du coeur”, l’idée étant de ne “pas faire de mal” à ceux qui sont prêts à discuter, a justifié l’impétueux milliardaire dans le Bureau ovale. En réaction, les Bourses en Asie se sont envolées dans le sillage de Wall Street à New York.Vers 03H40 GMT à Tokyo, l’indice vedette Nikkei a bondi de 8,32% et l’indice Kospi de Séoul a gagné 5,38%. Même en Chine, la Bourse de Shanghai est repassée dans le vert, en hausse de plus de 1%.Les surtaxes décidées par Washington et dorénavant suspendues frappaient les économies d’Asie très dépendantes de leurs exportations, dont le Japon (surtaxé à 24%), la Corée du Sud (25%), la Thaïlande (36%) ou le Vietnam (46%).Avant de faire volte-face, l’imprévisible président américain conservateur, qui bouleverse l’ordre économique et géopolitique, avait écrit sur Truth Social “C’EST LE MOMENT D’ACHETER”, en allusion à l’effondrement des Bourses depuis vendredi.Alors que les sondages montrent une défiance croissante d’Américains envers celui qui a été réélu en novembre, ses partisans ont volé à son secours.”C’était sa stratégie depuis le début”, a assuré son ministre des Finances Scott Bessent. Quand son conseiller Stephen Miller a vanté sa “stratégie magistrale” et son “audace” pour “isoler” Pékin.Donald Trump réunira son gouvernement jeudi à 15H00 GMT, selon la Maison Blanche.- Risque de récession -Le 47e président des Etats-Unis de 78 ans a semé la panique dans le monde en annonçant la semaine dernière des surtaxes douanières sur les produits de 60 partenaires commerciaux, avec un traitement encore plus brutal contre la Chine. Cette dernière a répliqué du tac-au-tac, en portant ses surtaxes contre les produits américains à 84%, et non 34% comme initialement prévu.Visée depuis mi-mars par des droits de douane américains de 25% sur l’acier et l’aluminium, l’UE a adopté ses premières mesures calibrées, contre plus 20 milliards d’euros de marchandises “made in USA”.Bruxelles s’était toutefois dite prête à suspendre ses droits de douane “à tout moment” en cas d’accord “juste et équilibré” avec Washington.Pour le futur chancelier allemand Friedrich Merz, la marche arrière de Donald Trump est une “réaction à la détermination des Européens”.Reste donc à savoir comment va de nouveau réagir Pékin, Donald Trump assurant que la Chine “voulait” un accord mais ne “savait pas comment s’y prendre”.Nombre d’économistes alertent sur les risques de flambée de l’inflation et de récession mondiale.La guerre commerciale pourrait réduire de “jusqu’à 80%” les échanges de marchandises entre les deux premières économies de la planète et effacer “près de 7%” du PIB mondial sur le long terme, a mis en garde la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala.Sans même parler de l’escalade diplomatique sino-américaine, les deux géants ayant déjà des relations tendues.Pékin a ainsi appelé ses ressortissants à la “prudence” face aux “risques” d’un voyage touristique aux Etats-Unis.burs-nr/phs

Discothèque de Saint-Domingue: le bilan bondit à 184 morts

Le bilan déjà tragique de l’effondrement du toit de la discothèque Jet Set en République dominicaine a bondi mercredi soir de 124 à 184 morts près de 48 heures après le drame, pour devenir la pire catastrophe du siècle dans le pays caribéen.”Malheureusement, on vous informe qu’à ce jour nous avons 184 personnes récupérées (décédées), selon le certificat de l’Inacif”, l’institut médico-légal, a annoncé le directeur du Centre des opérations d’urgence (COE), Juan Manuel Mendez à 22H30 locales (02H30 GMT jeudi)C’est 60 morts de plus que le précédent bilan donné en fin de matinée.Il s’agit de la pire catastrophe de l’histoire récente du pays, marquée par une explosion à San Cristobal, dans la périphérie de Saint-Domingue (38 morts) il y a deux ans. Elle dépasse désormais, en termes de bilan humain, l’incendie en 2005 d’une prison à Higuey (est) qui avait coûté la vie à 136 détenus.”Nous serons ici jusqu’à ce que nous récupérions vivantes les personnes qui pourraient être en vie ou que nous récupérions les cadavres qui pourraient être dans ces décombres. Nous resterons le temps nécessaire. Nous n’abandonnerons pas ce site tant qu’un proche réclame une victime qui ne soit pas à la morgue ou à l’hôpital”, a-t-il précisé alors qu’il ne reste guère d’espoir de trouver des survivants.Aucune personne vivante n’a été sortie des décombres depuis mardi à 15H, a dit M. Mendez, confirmant le chiffre de plus de 150 blessés.Des images aériennes montrent un trou béant à la place du toit de l’établissement qui s’est écroulé à 00H44 (04H44 GMT) dans la nuit de lundi à mardi alors qu’entre 500 et 1.000 personnes assistaient à un concert d’une star du merengue Rubby Perez, décédé lui aussi. Des pelles mécaniques et grues sont à l’œuvre pour dégager l’entrelacs de blocs de béton et de ferrailles.- Ni sur la liste de morts, ni dans les hôpitaux -Trois cents secouristes sont sur les lieux, épaulés par des équipes venues d’Israël et de Porto Rico arrivées en renfort.Les autorités n’ont pas donné de bilan de personnes disparues. Des dizaines de proches s’agglutinent toujours autour de la discothèque, des hôpitaux et de la morgue en attendant des nouvelles ou l’identification de leurs proches.Un brandit une photo, un autre attend tête baissée. Une liste de noms de victimes a été placée sur la bâche d’une tente à côté de l’endroit où les corps arrivent. Mercedes Lopez cherche l’un de ses fils porté disparu. “On ne nous a donné aucune information, on ne l’a trouvé ni sur les listes (de morts) ni dans les hôpitaux”, raconte-t-elle à l’AFP. “C’est de l’angoisse et beaucoup de douleur”.M. Mendez a souligné lors du premier point dans la matinée que “l’identification des corps” était en cours et que l’Institut médico-légal allait donner des indications sur la nationalité des victimes.Au moins un Américain figure parmi les victimes, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio dans un communiqué en adressant ses pensées “aux familles et aux proches touchés par cet événement dévastateur”.- Mort sur scène -Le concert de Rubby Perez avait attiré de nombreux fans et célébrités. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir le toit s’effondrer alors que le chanteur se trouve sur scène. D’autres vidéos sur les réseaux sociaux montrent des employés balayer l’établissement avant le drame pour enlever cailloux et petits débris tombés du plafond.Le corps de Rubby Perez a été exhumé des décombres, ont confirmé les autorités.La musique de celui qui était surnommé “la voix la plus aiguë du merengue”, a fait le tour de l’Amérique latine et caribéenne et de la planète.De nombreux artistes lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux. Il doit être enterré jeudi après un hommage.Le président dominicain Luis Abinader a décrété trois jours de deuil national en hommage aux victimes de la tragédie.Le pape François a envoyé un message aux Dominicains se disant “très peiné” par le “tragique effondrement” et présentant “ses sincères condoléances aux familles”.

Discothèque de Saint-Domingue: le bilan bondit à 184 morts

Le bilan déjà tragique de l’effondrement du toit de la discothèque Jet Set en République dominicaine a bondi mercredi soir de 124 à 184 morts près de 48 heures après le drame, pour devenir la pire catastrophe du siècle dans le pays caribéen.”Malheureusement, on vous informe qu’à ce jour nous avons 184 personnes récupérées (décédées), selon le certificat de l’Inacif”, l’institut médico-légal, a annoncé le directeur du Centre des opérations d’urgence (COE), Juan Manuel Mendez à 22H30 locales (02H30 GMT jeudi)C’est 60 morts de plus que le précédent bilan donné en fin de matinée.Il s’agit de la pire catastrophe de l’histoire récente du pays, marquée par une explosion à San Cristobal, dans la périphérie de Saint-Domingue (38 morts) il y a deux ans. Elle dépasse désormais, en termes de bilan humain, l’incendie en 2005 d’une prison à Higuey (est) qui avait coûté la vie à 136 détenus.”Nous serons ici jusqu’à ce que nous récupérions vivantes les personnes qui pourraient être en vie ou que nous récupérions les cadavres qui pourraient être dans ces décombres. Nous resterons le temps nécessaire. Nous n’abandonnerons pas ce site tant qu’un proche réclame une victime qui ne soit pas à la morgue ou à l’hôpital”, a-t-il précisé alors qu’il ne reste guère d’espoir de trouver des survivants.Aucune personne vivante n’a été sortie des décombres depuis mardi à 15H, a dit M. Mendez, confirmant le chiffre de plus de 150 blessés.Des images aériennes montrent un trou béant à la place du toit de l’établissement qui s’est écroulé à 00H44 (04H44 GMT) dans la nuit de lundi à mardi alors qu’entre 500 et 1.000 personnes assistaient à un concert d’une star du merengue Rubby Perez, décédé lui aussi. Des pelles mécaniques et grues sont à l’œuvre pour dégager l’entrelacs de blocs de béton et de ferrailles.- Ni sur la liste de morts, ni dans les hôpitaux -Trois cents secouristes sont sur les lieux, épaulés par des équipes venues d’Israël et de Porto Rico arrivées en renfort.Les autorités n’ont pas donné de bilan de personnes disparues. Des dizaines de proches s’agglutinent toujours autour de la discothèque, des hôpitaux et de la morgue en attendant des nouvelles ou l’identification de leurs proches.Un brandit une photo, un autre attend tête baissée. Une liste de noms de victimes a été placée sur la bâche d’une tente à côté de l’endroit où les corps arrivent. Mercedes Lopez cherche l’un de ses fils porté disparu. “On ne nous a donné aucune information, on ne l’a trouvé ni sur les listes (de morts) ni dans les hôpitaux”, raconte-t-elle à l’AFP. “C’est de l’angoisse et beaucoup de douleur”.M. Mendez a souligné lors du premier point dans la matinée que “l’identification des corps” était en cours et que l’Institut médico-légal allait donner des indications sur la nationalité des victimes.Au moins un Américain figure parmi les victimes, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio dans un communiqué en adressant ses pensées “aux familles et aux proches touchés par cet événement dévastateur”.- Mort sur scène -Le concert de Rubby Perez avait attiré de nombreux fans et célébrités. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir le toit s’effondrer alors que le chanteur se trouve sur scène. D’autres vidéos sur les réseaux sociaux montrent des employés balayer l’établissement avant le drame pour enlever cailloux et petits débris tombés du plafond.Le corps de Rubby Perez a été exhumé des décombres, ont confirmé les autorités.La musique de celui qui était surnommé “la voix la plus aiguë du merengue”, a fait le tour de l’Amérique latine et caribéenne et de la planète.De nombreux artistes lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux. Il doit être enterré jeudi après un hommage.Le président dominicain Luis Abinader a décrété trois jours de deuil national en hommage aux victimes de la tragédie.Le pape François a envoyé un message aux Dominicains se disant “très peiné” par le “tragique effondrement” et présentant “ses sincères condoléances aux familles”.

Le 78e Festival de Cannes dévoile sa sélection officielle

Qui montera les marches aux côtés de Robert De Niro, Tom Cruise et Juliette Binoche? A un mois de l’ouverture, les dirigeants du 78e Festival de Cannes en dévoilent jeudi la très attendue sélection officielle.Producteurs et cinéastes du monde entier ont mis les bouchées doubles pour terminer la post-production de leurs films avant la conférence de presse de la présidente du festival, Iris Knobloch, et de son délégué général, Thierry Frémaux, à 11H00 (09H00 GMT).Comme chaque année, les paris vont bon train. Parmi les prétendants, le réalisateur Terrence Malick, 81 ans, plus mystique que jamais, pourrait briguer une nouvelle Palme d’or 14 ans après “The Tree of Life”, avec un film en préparation depuis des années et inspiré des récits bibliques.Autres vétérans du Festival, Jim Jarmusch (“Broken Flowers”, “Dead Man”, “Only Lovers Left Alive”) pourrait faire son retour à 72 ans, avec un film réunissant Cate Blanchett et Adam Driver, ou Wes Anderson, 55 ans, qui a réuni dans son dernier film, une nouvelle fois, un contingent inégalé de stars, de Benicio Del Toro à Tom Hanks ou Scarlett Johansson.Cette dernière pourrait apporter un vent de fraîcheur en présentant à 40 ans son premier film de réalisatrice, “Eleanor The Great”. Elle n’est pas la seule actrice à tenter le passage à la réalisation: Kristen Stewart, 34 ans, vient également de tourner son premier long-métrage.- Sang neuf -Le nouveau maître de l’horreur américain Ari Aster, 38 ans, auteur des glaçants “Hérédité” et “Midsommar”, pourrait lui aussi apporter du sang neuf à Cannes, où il n’a encore jamais été sélectionné, avec une œuvre réunissant Joaquin Phoenix et Emma Stone.Trois réalisatrices françaises ont tourné avec des castings en or: Julia Ducournau (Palme d’or avec le très gore “Titane”) pour un nouveau film avec Golshifteh Farahani et Tahar Rahim, Rebecca Zlotowski (“Les enfants des autres”, “Une fille facile”) pour un drame avec Jodie Foster, et Alice Winocour pour un film sur la Fashion Week parisienne avec Angelina Jolie.Le festival pourrait ne pas résister non plus à sélectionner la comédie “Nouvelle Vague”, présentée comme un making-of du classique “A bout de souffle”, “dans le style et l’esprit de Godard”, et signé Richard Linklater (“Boyhood”). Comme chaque année, une vingtaine de films seront en compétition officielle, en lice pour succéder à “Anora”, la Palme d’or 2024.La présidence du jury a été confiée à Juliette Binoche, l’une des stars françaises les plus connues à l’international et une personnalité engagée, pour une édition qui se déroulera, du 13 au 24 mai, dans un contexte tendu, entre inquiétudes des artistes sur la présidence Trump et guerres, en Ukraine comme au Proche-Orient.A l’écran, Kirill Serebrennikov, Andrey Zvyagintsev ou le jeune Kantemir Balagov pourraient incarner la voix d’un cinéma russe contraint à l’exil.Juliette Binoche est aussi l’un des visages de MeToo et pourrait profiter de la tribune cannoise pour évoquer de nouveau le sujet, après avoir témoigné devant la commission d’enquête parlementaire française sur les violences dans le milieu culturel.- Tom Cruise et De Niro -La présidente de cette commission, la députée écologiste Sandrine Rousseau, a appelé le Festival de Cannes à devenir “le lieu de renversement des mentalités” sur les violences sexuelles dans le cinéma, en présentant son rapport final.Côté stars, certaines sont déjà assurées de fouler les marches cannoises, dont Tom Cruise, invité au lendemain de l’ouverture pour présenter hors compétition le dernier “Mission: Impossible”.Le film, qui doit signer la fin de la saga d’action, est l’un des blockbusters les plus attendus de l’année et s’annonce comme l’un des événements de la quinzaine, trois ans après l’arrivée de la vedette hollywoodienne de 62 ans sur la Croisette en hélicoptère pour “Top Gun: Maverick”.Il succèdera à une autre légende du cinéma américain, Robert De Niro (“Taxi Driver”, “Les affranchis”, “Le parrain 2”) , invité à recevoir une Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture.Cette dernière, tout comme la cérémonie de clôture, sera animée par l’acteur et humoriste français Laurent Lafitte et retransmise sur Brut et France Télévisions.

Vencorex retient son souffle avant une décision de justice cruciale

Le groupe chimique en difficulté Vencorex retient son souffle avant une décision cruciale jeudi du tribunal de commerce de Lyon, qui doit trancher entre deux offres, l’une d’un concurrent chinois et l’autre bâtie dans l’urgence par deux de ses salariés.Le tribunal doit rendre son verdict en délibéré sur la situation de cette société installée à Pont-de-Claix, près de Grenoble, une semaine après une audience intermédiaire le 3 avril, au cours de laquelle les deux projets ont été mis sur la table. Les deux scénarios sont celui, annoncé de longue date, d’une reprise partielle par le groupe chinois Wanhua avec une cinquantaine d’emplois maintenus sur les 450 que comptait initialement Vencorex, et celui de la création d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), bâti en moins de deux mois par deux salariés de la CGT, Denis Carré et Séverine Dejoux, aidés par un entrepreneur local, Olivier Six.”Notre ambition est de créer une plateforme d’innovation chimique, de nombreuses entreprises pourraient venir s’installer sur le site et fonctionner clés en main”, avait déclaré M. Six à la sortie du tribunal il y a une semaine. “On est très confiants sur la possibilité de faire une offre ferme. Notre offre est bien meilleure en termes d’activités et au niveau emploi”, avaient renchéri Denis Carré et Séverine Dejoux.Tous trois se sont livrés ces dernières semaines à une véritable course contre la montre pour trouver des soutiens et des financements pour leur projet, baptisé CIRCEI (Coopérative industrielle de relance Chimie Electrochimie Isocyanate).Ces tractations semblent avoir porté leurs fruits: un industriel asiatique, dont le nom n’a pas été divulgué, s’est déclaré prêt à investir 44 millions d’euros dans le projet de SCIC s’il est validé par la justice, a appris l’AFP mercredi de sources concordantes. La région Auvergne-Rhône-Alpes a fait savoir qu’elle y prendrait part elle aussi mais n’a pas divulgué de montant.- “Montagnes russes émotionnelles” -Cela suffira-t-il à convaincre le tribunal de la viabilité de l’offre ? Les soutiens de la SCIC l’espèrent et souhaitent se voir accorder un nouveau délai de quelques semaines pour pouvoir boucler leur dossier. Le suspense est donc entier, admet une des sources proches du dossier, qui dit passer par des “montagnes russes émotionnelles” avec cette affaire à rebondissements.Les porteurs du projet disent avoir besoin de 20 millions de ligne de trésorerie au redémarrage et de 120 millions d’euros à horizon 2029, et tablent aussi sur des prêts bancaires et des subventions publiques.Interrogé mercredi matin, le ministre de l’Industrie Marc Ferracci a répété que l’Etat était prêt à apporter à la SCIC une aide d’un “euro d’argent public pour un euro d’argent” privé investi, tout en soulignant que selon une expertise indépendante, Vencorex aura besoin de 300 millions d’euros dans les prochaines années.Salariés, élus locaux et nationaux mettent en garde depuis des mois contre un “scénario catastrophe” en Isère si Vencorex, qui joue un rôle central pour la chimie régionale, devait fermer l’essentiel de son activité.Selon eux, une liquidation ne mettrait pas seulement en péril les emplois directs mais des milliers d’autres dans la région en raison de l’interconnexion des activités. Un démantèlement entraînerait en outre une perte de souveraineté pour des secteurs comme le nucléaire ou le spatial – dont certains groupes utilisent les sels produits par Vencorex – et laisserait sans solution un vaste site lourdement pollué, arguent-ils.Mais selon le ministre Ferracci, qui avait refusé la nationalisation temporaire demandée par la CGT, “il n’y a plus de risques de souveraineté”, l’approvisionnement en sel des entreprises clientes de Vencorex ayant été entretemps “sécurisé”. “Il n’y a pas 5.000 emplois qui sont en jeu. Il y en a 450”, a-t-il affirmé.Plusieurs élus dont François Hollande, Olivier Faure et le député LR Olivier Marleix avaient écrit la semaine dernière à Emmanuel Macron pour l’appeler à se saisir de ce “dossier hors du commun” et à lever les obstacles au projet de SCIC. 

Affaire Evaëlle: l’heure du jugement pour l’enseignante accusée de harcèlement

Le tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d’Oise) rend jeudi sa décision concernant l’enseignante d’Evaëlle jugée en mars pour le harcèlement de trois anciens élèves dont la pré-adolescente, qui s’est suicidée en juin 2019 à l’âge de 11 ans.Dans ses réquisitions le 11 mars, au terme de deux jours d’audience, la procureure avait requis 18 mois de prison avec sursis et une interdiction définitive d’enseigner à l’encontre de cette femme de 62 ans. L’ancienne enseignante était dans une position de “toute puissance” et avait un “contact assez rude avec les élèves”, avait décrit le ministère public.Dans sa relation avec Evaëlle, elle “la jette en pâture au collectif, la fait pleurer”. Son “harcèlement est le déclencheur et catalyseur du harcèlement des mineurs”, a affirmé la procureure. Deux d’entre eux seront jugés devant le tribunal des enfants avant la fin de l’année.L’enseignante était jugée pour harcèlement moral sur trois élèves, dont Evaëlle, mais avait bénéficié d’un non-lieu pour homicide involontaire.L’enquête n’avait pas permis de “déterminer les éléments précis ayant conduit à son décès” car la pré-adolescente avait été confrontée à de nombreuses difficultés, notamment relationnelles, les jours précédant son décès, a estimé la juge d’instruction. L’arrivée en 6e au collège Isabelle-Autissier d’Herblay dans le Val-d’Oise avait été éprouvante pour l’adolescente, bouc émissaire de camarades qui l’insultent et la violentent.Dès septembre 2018, elle avait également fait face à des tensions avec sa professeure de français autour de la mise en place d’un protocole médical relatif à des problèmes de dos. – “Pire journée” -Un portrait très contrasté de l’enseignante aux 30 années d’expérience sans accroc a été brossé par ses anciens collègues. “Autoritaire et cassante” d’un côté, “bienveillante et aidante” de l’autre. Pour l’une des victimes, elle avait “ses chouchous et ses cibles”.Face au tribunal, elle a exprimé peu de regrets sur sa pratique professionnelle. Confrontée à une kyrielle de témoignages relatant des humiliations sur des élèves – “tu es bête, tu vas finir SDF”, “on peut pas être bête à ce point, tu n’as pas de cerveau” – l’ancienne enseignante a contesté plusieurs insultes et admis certaines paroles. “Oui, ça m’arrivait de crier, de dire ça dans des moments”, a-t-elle reconnu, estimant qu’elle était “exigeante”, “à l’écoute” et déterminée à “aider ses élèves”.”Je n’ai pas humilié Evaëlle”, a-t-elle affirmé à plusieurs reprises, très marquée par le fait d’avoir été initialement mise en cause pour le décès de l’adolescente.”J’ai dû lui dire: +Arrête de pleurer+, phrase idiote à dire. Je ne voulais pas qu’elle pleure, ce n’était pas l’enjeu”, a expliqué l’enseignante au sujet d’heures de vie de classe litigieuses.Durant une session consacrée au harcèlement scolaire, l’enseignante avait demandé aux élèves d’exprimer leurs reproches à Evaëlle qui devait ensuite s’expliquer. Face à ses pleurs, l’enseignante s’était énervée et lui avait intimé de répondre aux questions, d’après les récits des élèves.”Ce n’était pas dans le but de la mettre en difficulté mais essayer de régler ce problème relationnel dans la classe”, s’est justifiée la prévenue.Mais pour Evaëlle, comme elle le raconte à sa mère, “c’était la pire journée de toute ma vie”.Evaëlle change de collège, elle va d’abord mieux mais est rattrapée par des difficultés, notamment avec un camarade.”Elle n’a pas eu le temps de travailler” le harcèlement subi dans son précédent collège, a estimé son père. “Elle n’a trouvé qu’une solution pour s’échapper”.Le 21 juin 2019, Evaëlle se pend à son lit, à 11 ans.Les parents ont dénoncé aussi bien l’inertie de l’Education nationale – contre laquelle il n’y aura aucune poursuite pénale à la suite d’une indemnisation – que le manque d’investigations des autorités, une première plainte ayant été classée alors qu’Evaëlle était encore vivante.”On a alerté tous ceux qu’on pouvait en tant que parents d’élèves”, a insisté sa mère.Le suicide d’Evaëlle, “c’est le drame de toute l’institution scolaire” avait reconnu l’ancien principal du collège. A l’époque, un harcèlement émanant d’un professeur lui était inimaginable et il avait fait bloc derrière l’enseignante.Depuis une loi de mars 2022, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit.