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Suicide d’Evaëlle: l’enseignante relaxée, les parents de la collégienne “révoltés”

L’enseignante d’Evaëlle a été relaxée jeudi par le tribunal correctionnel de Pontoise des poursuites pour harcèlement sur mineurs, dont la pré-adolescente qui s’est suicidée en juin 2019.Les parents de la collégienne sont “révoltés” par cette relaxe, a déclaré à la presse leur avocate, Me Delphine Meillet, dès la fin de l’audience.Lisant ses motivations détaillées, la présidente du tribunal a notamment considéré que les éléments à charge étaient “discordants, indirects, peu circonstanciés” ou relevant de “comportements adaptés et légitimes s’agissant de l’autorité dont doit faire preuve un enseignant en classe”.L’enseignante, qui a également été relaxée des poursuites pour deux autres anciens élèves, n’était pas présente à l’énoncé de la décision et son avocate, Me Marie Roumiantseva, n’a pas souhaité réagir. “Je suis dans l’incompréhension totale”, a déclaré en larmes la mère de la pré-adolescente. “J’ai l’impression qu’on légitime le comportement de cette professeure (…), on n’écoute pas les enfants, on n’écoute pas Evaëlle”, a ajouté son père à la sortie de l’audience. “Nous nous battrons devant la cour d’appel pour faire reconnaître la culpabilité de cette enseignante”, a déclaré leur avocate. Mais si le parquet ne fait pas appel de son côté, il n’y aura pas de second procès au pénal. L’enseignante pourra être toutefois rejugée en appel au civil et éventuelle être condamnée à verser des dommages et intérêts. Lors du procès en mars, au terme de deux jours d’audience, la procureure avait requis 18 mois de prison avec sursis et une interdiction définitive d’enseigner à l’encontre de cette femme de 62 ans. Dans sa relation avec Evaëlle, elle “la jette en pâture au collectif, la fait pleurer”, selon le ministère public. Son “harcèlement est le déclencheur et catalyseur du harcèlement des mineurs”, a affirmé la procureure. Deux d’entre eux seront jugés devant le tribunal des enfants avant la fin de l’année.Le tribunal a pourtant considéré qu’il n’y avait “pas d’élément permettant de caractériser l’élément intentionnel de l’infraction” soit “qu’elle aurait volontairement cherché la dégradation des conditions de vie” d’Evaëlle, faits pour lesquelles l’enseignante était jugée.   “Une partie des faits reprochés (…) correspond à des comportements adaptés et légitimes s’agissant de l’autorité dont doit faire preuve un enseignant en classe”, a estimé la présidente. – “Diminuer les tensions” -Un portrait très contrasté de l’enseignante aux 30 années d’expérience sans accroc avait été brossé par ses anciens collègues. “Autoritaire et cassante” d’un côté, “bienveillante et aidante” de l’autre. “Oui, ça m’arrivait de crier”, a-t-elle reconnu au procès, estimant qu’elle était “exigeante”, “à l’écoute” et déterminée à “aider ses élèves”.”Je n’ai pas humilié Evaëlle”, a-t-elle affirmé à plusieurs reprises, très marquée par le fait d’avoir été mise en cause par la famille pour le décès de l’adolescente.Des sessions avaient été consacrées en classe au harcèlement dont était victime Evaëlle et avaient viré, selon l’accusation, à de nouveaux épisodes de harcèlement. “Ce n’était pas dans le but de la mettre en difficulté mais essayer de régler ce problème relationnel dans la classe”, s’est justifiée la prévenue.  Ces sessions visaient à “diminuer les tensions” et “faire cesser les invectives”, “c’est ainsi que certains élèves ont perçu cette séance y compris certains des élèves mis en cause”, a tranché la présidente.En mars 2019, Evaëlle change de collège, elle va d’abord mieux mais est rattrapée par des difficultés, notamment avec un camarade.”Elle n’a pas eu le temps de travailler” le harcèlement subi dans son précédent collège, avait estimé son père. “Elle n’a trouvé qu’une solution pour s’échapper”.Le 21 juin 2019, Evaëlle se pend à son lit, à 11 ans.La magistrate a également reconnu que “les événements de juin 2019 sont dramatiques” et qu’il est “légitime que la famille d’Evaëlle recherche les causes de la tragédie”.Cependant, elle a rappelé que la date du suicide d’Evaëlle avait été exclue de la période de prévention pour laquelle l’enseignante avait été jugée et ne pouvait ainsi donc pas être considéré comme un élément factuel appuyant les poursuites. Les parents avaient dénoncé aussi bien l’inertie de l’Education nationale – contre laquelle il n’y aura aucune poursuite pénale à la suite d’une indemnisation – que le manque d’investigations des autorités, une première plainte ayant été classée alors qu’Evaëlle était encore vivante.”Les défaillances du système scolaire et de l’Education nationale (…) largement commentées dans le cadre de cette procédure ne relèvent pas de la mission attribuée par la loi au tribunal correctionnel”, a conclu la présidente du tribunal.meh-cka/mat/dch  

Comment le marché de la dette américaine a fait reculer Trump sur ses droits de douane

La guerre commerciale a fait trembler le marché de la dette publique américaine, jusqu’à faire reculer Donald Trump sur une partie des droits de douane colossaux qu’il imposait à beaucoup de ses partenaires commerciaux, selon des sources de marché interrogées par l’AFP.”C’est la vente éclair de bons du Trésor américain ces derniers jours qui a finalement poussé Donald Trump à reculer sur sa stratégie commerciale”, affirme Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank, évoquant une “ligne rouge” franchie, “une pression telle qu’elle est devenue insupportable – même pour Trump”.”Je surveillais le marché des obligations”, a lui-même reconnu le président américain, ajoutant avoir constaté que ses surtaxes douanières “effrayaient un peu” les investisseurs.De quoi parle-t-on ?Du marché des obligations, où s’échangent ces emprunts effectués par un pays ou un autre, sur un horizon de remboursement qui peut aller jusqu’à trente ans.Plus les obligations d’un pays sont recherchées par les investisseurs, plus leur taux d’intérêt va baisser. Ils cherchent en revanche à être mieux rémunérés lorsqu’ils jugent la dette d’un État plus risquée, ce qui fait monter le taux des obligations, appelé aussi “rendement”.Les bons du Trésor américain ont enregistré de grands mouvements dans les deux sens depuis l’annonce le mercredi 2 avril de l’offensive protectionniste de la Maison Blanche.Ils ont d’abord été plébiscités en pleine débâcle boursière, offrant la sécurité d’un rendement garanti pour les investisseurs.”Lors de telles périodes, il est courant que les investisseurs vendent des actions et achètent des obligations d’État, considérées comme des actifs refuges”, explique Hal Cook, analyste chez Hargreaves Lansdown.Les taux ont donc logiquement baissé les premiers jours, le rendement de l’emprunt public américain à 10 ans tombant jusqu’à 3,88% le 4 avril, et jusqu’à 4,30% pour celui à 30 ans.Mais ces derniers jours, le mouvement s’était inversé, les investisseurs se débarrassant au contraire de leurs emprunts publics américain.Le rendement du même emprunt à 10 ans a ainsi remonté mercredi jusqu’à près de 4,5%, une hausse extrêmement forte, et surprenante quand les investisseurs cherchent des couvertures contre le risque. Le taux à 30 ans, lui, a même dépassé les 4,9% mercredi.Pourquoi cette forte remontée?L’une des explications avancées par les analystes est celle de l’abandon de positions, les investisseurs vendant des obligations pour essuyer leurs pertes sur d’autres marchés.Les emprunts publics s’imposent comme premier choix de délestage “étant typiquement l’actif le plus liquide”, c’est-à-dire le plus facile à vendre rapidement, “que détiennent les grands investisseurs”, note Hal Cook.Mais il juge également “possible que l’incertitude concernant la future politique commerciale et de dépenses des États-Unis soit également une partie de la raison” de la fuite des investisseurs.Le spectre d’une récession américaine, en conséquence des droits de douane, vient aussi influencer la situation: les taux d’emprunts longs, comme les obligations à échéance 10 ou 30 ans, dépendent “des perspectives de croissance et d’inflation”, affirme Aurélien Buffault, gérant obligataire de Delubac AM.Les taux d’intérêt à court terme (pour les emprunts d’échéance deux ans ou moins) sont, eux, liés aux anticipations de baisse ou de hausse de taux de la Banque centrale américaine (Fed). Mais difficile aujourd’hui de prédire si la Fed va augmenter ses taux en raison du risque d’inflation lié aux droits de douane, ou les baisser en raison du risque de ralentissement économique dû à ces mêmes droits de douane.Qu’est ce que cela signifie ?Après la volte-face de Donald Trump mercredi, le taux d’emprunt américain à 10 ans a une nouvelle fois changé de direction: il est cette fois retombé autour des 4,3%.Mais pour plusieurs analystes, il y a une remise en question du statut traditionnel des titres de dette américaine comme valeur refuge en temps de crise.A l’heure où les experts économiques s’interrogent sur les vraies intentions de Donald Trump dans sa guerre commerciale, “le marché a perdu confiance dans les actifs américains”, qu’il “vend activement”, juge même George Saravelos, de la Deutsche Bank.Le dollar perdait d’ailleurs encore du terrain jeudi, notamment face à l’euro.Le ministre des Finances américain Scott Bessent a affirmé mercredi sur Fox Business que la tension des taux obligataires était certes “inconfortable”, mais n’avait “rien de systémique”.Phénomène technique et temporaire ou “vote de défiance plus large envers la dette souveraine américaine”? Pour Stephen Innes, de SPI AM, “peu importe” car la conclusion reste la même: l’ancien mode de fonctionnement consistant à acheter du dollar et des obligations en temps de crise “ne fonctionne plus”.

Comment le marché de la dette américaine a fait reculer Trump sur ses droits de douane

La guerre commerciale a fait trembler le marché de la dette publique américaine, jusqu’à faire reculer Donald Trump sur une partie des droits de douane colossaux qu’il imposait à beaucoup de ses partenaires commerciaux, selon des sources de marché interrogées par l’AFP.”C’est la vente éclair de bons du Trésor américain ces derniers jours qui a …

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Droits de douane: l’UE suspend sa riposte, la Chine appelle au compromis

L’Union européenne a suspendu jeudi sa riposte aux droits de douane américains après le revirement spectaculaire de Donald Trump, qui a gelé les surtaxes appliquées à une soixantaine de pays, à l’exception de la Chine, désormais isolée dans son bras de fer avec Washington.L’UE va geler sa riposte durant 90 jours pour “donner une chance aux négociations”, a annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. “Si les négociations ne sont pas satisfaisantes, nos contre-mesures entreront en vigueur”, a-t-elle cependant prévenu.Les 27 Etats membres de l’UE avaient adopté mercredi après plusieurs semaines de négociations ses premières mesures de représailles aux droits de douane de Donald Trump, portant sur plus de 20 milliards d’euros de marchandises, comme les motos, le soja ou la volaille.Ces surtaxes répondaient aux taxes de 25% imposées sur l’acier et l’aluminium par Washington mi-mars. La riposte aux droits de douane de 20%, décrétés par le président américain le 2 avril, devait quant à elle être présentée en début de semaine prochaine.La décision de Bruxelles survient après la volte-face du président Trump, qui a annoncé mercredi soir à la surprise générale un gel de 90 jours des surtaxes appliquées à 60 pays, ne maintenant à leur égard que le taux plancher de 10% en vigueur pour tous les pays depuis début avril.Les investisseurs étaient “un peu nerveux, un peu craintifs (…) Vous devez avoir de la flexibilité”, a justifié face à la presse l’ancien magnat de l’immobilier, qui n’a maintenu ses surtaxes que pour un seul pays, auquel il reproche un “manque de respect”: la Chine.- “Porte ouverte” -Désormais isolée dans son combat face à l’administration américaine, cette dernière a continué jeudi de tenir tête à Washington, promettant de “se battre jusqu’au bout”, tout en se montrant ouverte à la recherche d’un compromis.”La porte est ouverte pour des négociations, mais ce dialogue doit être mené sur un pied d’égalité et basé sur le respect mutuel”, a indiqué une porte-parole du ministère chinois du Commerce. Dans l’attente d’un éventuel accord, Pékin a annoncé réduire le nombre de films américains diffusés sur son territoire.Visée depuis mercredi par un taux douanier de 104% sur l’ensemble de ses produits, la Chine avait répliqué jeudi matin avec des droits de 84% sur l’ensemble des produits américains. Cette décision a poussé Washington à porter en retour à 125% le niveau de ses taxes sur les produits “made in China”.Cette nouvelle escalade n’a pas empêché les principales places boursières asiatiques et européennes de rebondir, les investisseurs pariant sur une accalmie dans la guerre commerciale mondiale.En Asie, la Bourse de Tokyo s’est envolée de 9% à la clôture, celle de Séoul de 6,6%. En Europe, les principaux indices à Paris, Francfort ou Londres gagnaient entre 4% et 6% à la mi-journée, dans l’attente de l’ouverture de Wall Street, où le Nasdaq a flambé mercredi de 12%.- “Répit” -Jeudi, les ministres de l’Economie de l’Asean, bloc régional regroupant dix pays d’Asie du sud-est, se sont engagés à “ne pas imposer de mesures de rétorsion” contre les Etats-Unis. Le Vietnam, visé par une surtaxe de 46%, a aussi assuré vouloir acheter davantage de produits américains en échange d’un accord.”La pause sur les tarifs douaniers réciproques annoncée par le président Trump est un répit”, a estimé de son côté le Premier ministre canadien Mark Carney, confirmant des négociations entre Ottawa et Washington après les élections fédérales canadiennes, prévues le 28 avril.Au total, “plus de 75 pays” se sont manifestés pour “négocier” avec les Etats-Unis, selon Donald Trump. Mardi soir, le président américain avait assuré, avec la vulgarité dont il est parfois capable, que de nombreux dirigeants étrangers lui “léchaient le cul” pour négocier des accords “sur mesure”.Ces dernières heures, plusieurs voix ont mis en cause son attitude lors de sa volte-face mercredi, évoquant un possible délit d’initié. Quelques heures avant ce revirement, qui a fait bondir les marchés, le milliardaire avait en effet encouragé à investir en Bourse: “C’EST LE MOMENT D’ACHETER”, avait-il écrit.Pour nombre d’observateurs, les risques liés à la politique commerciale américaine sont cependant loin d’être levés. Prédire la suite des événements est “quasiment impossible”, les Etats-Unis ayant totalement “dévié du scénario habituel”, note Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.Selon la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, le seul bras de fer entre Pékin et Washington pourrait réduire de “jusqu’à 80%” les échanges de marchandises entre les deux pays et effacer “près de 7%” du PIB mondial sur le long terme.burs-vab/mdm/rhl

Droits de douane: l’UE suspend sa riposte, la Chine appelle au compromis

L’Union européenne a suspendu jeudi sa riposte aux droits de douane américains après le revirement spectaculaire de Donald Trump, qui a gelé les surtaxes appliquées à une soixantaine de pays, à l’exception de la Chine, désormais isolée dans son bras de fer avec Washington.L’UE va geler sa riposte durant 90 jours pour “donner une chance aux négociations”, a annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. “Si les négociations ne sont pas satisfaisantes, nos contre-mesures entreront en vigueur”, a-t-elle cependant prévenu.Les 27 Etats membres de l’UE avaient adopté mercredi après plusieurs semaines de négociations ses premières mesures de représailles aux droits de douane de Donald Trump, portant sur plus de 20 milliards d’euros de marchandises, comme les motos, le soja ou la volaille.Ces surtaxes répondaient aux taxes de 25% imposées sur l’acier et l’aluminium par Washington mi-mars. La riposte aux droits de douane de 20%, décrétés par le président américain le 2 avril, devait quant à elle être présentée en début de semaine prochaine.La décision de Bruxelles survient après la volte-face du président Trump, qui a annoncé mercredi soir à la surprise générale un gel de 90 jours des surtaxes appliquées à 60 pays, ne maintenant à leur égard que le taux plancher de 10% en vigueur pour tous les pays depuis début avril.Les investisseurs étaient “un peu nerveux, un peu craintifs (…) Vous devez avoir de la flexibilité”, a justifié face à la presse l’ancien magnat de l’immobilier, qui n’a maintenu ses surtaxes que pour un seul pays, auquel il reproche un “manque de respect”: la Chine.- “Porte ouverte” -Désormais isolée dans son combat face à l’administration américaine, cette dernière a continué jeudi de tenir tête à Washington, promettant de “se battre jusqu’au bout”, tout en se montrant ouverte à la recherche d’un compromis.”La porte est ouverte pour des négociations, mais ce dialogue doit être mené sur un pied d’égalité et basé sur le respect mutuel”, a indiqué une porte-parole du ministère chinois du Commerce. Dans l’attente d’un éventuel accord, Pékin a annoncé réduire le nombre de films américains diffusés sur son territoire.Visée depuis mercredi par un taux douanier de 104% sur l’ensemble de ses produits, la Chine avait répliqué jeudi matin avec des droits de 84% sur l’ensemble des produits américains. Cette décision a poussé Washington à porter en retour à 125% le niveau de ses taxes sur les produits “made in China”.Cette nouvelle escalade n’a pas empêché les principales places boursières asiatiques et européennes de rebondir, les investisseurs pariant sur une accalmie dans la guerre commerciale mondiale.En Asie, la Bourse de Tokyo s’est envolée de 9% à la clôture, celle de Séoul de 6,6%. En Europe, les principaux indices à Paris, Francfort ou Londres gagnaient entre 4% et 6% à la mi-journée, dans l’attente de l’ouverture de Wall Street, où le Nasdaq a flambé mercredi de 12%.- “Répit” -Jeudi, les ministres de l’Economie de l’Asean, bloc régional regroupant dix pays d’Asie du sud-est, se sont engagés à “ne pas imposer de mesures de rétorsion” contre les Etats-Unis. Le Vietnam, visé par une surtaxe de 46%, a aussi assuré vouloir acheter davantage de produits américains en échange d’un accord.”La pause sur les tarifs douaniers réciproques annoncée par le président Trump est un répit”, a estimé de son côté le Premier ministre canadien Mark Carney, confirmant des négociations entre Ottawa et Washington après les élections fédérales canadiennes, prévues le 28 avril.Au total, “plus de 75 pays” se sont manifestés pour “négocier” avec les Etats-Unis, selon Donald Trump. Mardi soir, le président américain avait assuré, avec la vulgarité dont il est parfois capable, que de nombreux dirigeants étrangers lui “léchaient le cul” pour négocier des accords “sur mesure”.Ces dernières heures, plusieurs voix ont mis en cause son attitude lors de sa volte-face mercredi, évoquant un possible délit d’initié. Quelques heures avant ce revirement, qui a fait bondir les marchés, le milliardaire avait en effet encouragé à investir en Bourse: “C’EST LE MOMENT D’ACHETER”, avait-il écrit.Pour nombre d’observateurs, les risques liés à la politique commerciale américaine sont cependant loin d’être levés. Prédire la suite des événements est “quasiment impossible”, les Etats-Unis ayant totalement “dévié du scénario habituel”, note Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.Selon la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, le seul bras de fer entre Pékin et Washington pourrait réduire de “jusqu’à 80%” les échanges de marchandises entre les deux pays et effacer “près de 7%” du PIB mondial sur le long terme.burs-vab/mdm/rhl

C1: au PSG, une force mentale inédite

Impressionnant de cohésion, le Paris SG fait aussi preuve cette saison d’une force mentale nouvelle qui lui permet de rêver en Ligue des champions, après avoir de nouveau renversé un match, mercredi en quart de finale aller face à Aston Villa.Depuis son arrivée à l’été 2023, l’entraîneur espagnol Luis Enrique a non seulement bâti un collectif qui court et défend ensemble mais il a surtout transformé son équipe en “spécialiste du renversement des situations négatives”, selon ses propres mots.”Le résultat est le reflet du match, de notre combativité et de nos efforts. Nous avons trouvé les ressources pour retourner la situation”, a-t-il commenté à l’issue du succès face aux Villans (3-1), avant le match retour mardi à Villa Park.”On a encore bien réagi”, s’est aussi félicité le milieu de terrain portugais Vitinha.Mercredi, au Parc, les Parisiens ont été -contre le cours du jeu- menés sur la première occasion anglaise. Une vilaine habitude.Mais ils n’ont pas paniqué. Sans s’invectiver, ils ont patienté lors de la célébration des hommes d’Unai Emery, comme pour rassembler leurs forces et reprendre leurs esprits. Avoir récolté tant de bons résultats envers et contre tout, ces dernières semaines, semble avoir produit une sérénité à toute épreuve. Et, quatre minutes après le but de Rogers, la magie opéra une première fois avec l’un des nombreux dynamiteurs talentueux de l’effectif, Désiré Doué, qui surprit le gardien Emiliano Martinez d’un tir brossé subtil.- Renversements -Ce n’était pas la première fois cette saison en Ligue des champions, en Coupe de France ou en Ligue 1: le PSG a gagné mercredi son 7e match après avoir subi l’ouverture du score.L’un des renversements de situation les plus marquants s’est déroulé face à Manchester City, en janvier au Parc, où les Parisiens étaient menés de deux buts avant de tout changer sans trembler (4-2). Ils étaient alors mal embarqués en phase de ligue. Autre exploit: la qualification en quarts de finale à Anfield après avoir été battus au match aller, à domicile, par Liverpool (0-1, 1-0 4 t.a.b. à 1).On est loin du Paris qui avait tendance, durant des années en Ligue des champions, à avoir les jambes qui tremblent et à s’écrouler: lors de la “remontada” de 2017 face au FC Barcelone, en 2019 contre Manchester United et en 2022 face au Real Madrid.”En termes de personnalité, l’équipe a encore grandi”, avait expliqué fin février Luis Enrique après le scénario rocambolesque contre l’OL en championnat (3-2).- “Contrôler nos émotions” -Le technicien s’appuie sur les compétences de Joaquin Valdes, un psychologue sportif espagnol, depuis son passage au Barça en 2008.Cet ancien judoka, qui assiste à toutes les conférences de presse de son compatriote et ami, semble avoir une influence réelle sur cette sérénité nouvelle qui se dégage des joueurs, majoritairement très jeunes (24 ans en moyenne).”Le coeur sera là, les jambes aussi, cette énergie positive que l’on voit, il faut en tirer profit. Contrôler nos émotions, ce sera la clé”, avait d’ailleurs prévenu l’entraineur. Son intransigeance est à double tranchant mais force est de constater qu’elle est désormais bien vécue par les joueurs.Car elle s’appuie sur un changement de projet depuis deux ans, focalisé non pas sur le statut d’une poignée de stars mais sur un collectif façonné par l’entraîneur. Luis Enrique a d’une certaine manière pris la pression sur lui. En encourageant ses joueurs à produire du jeu, à se focaliser sur eux-mêmes et non sur l’adversaire, il les a libérés de la seule contrainte du résultat.”En s’imposant mercredi, les Français ont renforcé leur conviction d’être la meilleure équipe d’Europe”, a d’ailleurs écrit le Daily Telegraph. “Villa était le roi d’Europe en 1982. Le PSG le sera probablement en 2025”, a avancé The Independant. Suffisant pour gagner cette Ligue des champions qui file entre les doigts des Parisiens depuis l’arrivée du Qatar (QSI) en 2011? S’il se qualifie, le PSG devra relever des défis immenses, vu le niveau des meilleures équipes cette année. Arsenal (en demi-finale), puis le FC Barcelone ou l’Inter Milan (pas avant la finale), bien partis eux aussi, testeraient encore davantage la résistance d’Ousmane Dembélé et des siens.

Deuxième échange de prisonniers entre Moscou et Washington, nouveau signe de réchauffement

Washington et Moscou ont procédé jeudi à un deuxième échange de prisonniers depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, nouveau signe du réchauffement des relations entre les deux superpuissances amorcé par Washington.Cette libération intervient le jour d’une nouvelle réunion russo-américaine à Istanbul, autre signe du rapprochement russo-américain.La Russo-Américaine Ksenia Karelina, condamnée à 12 ans de prison pour “trahison” en Russie en 2024, a été échangée à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, contre le Germano-Russe Arthur Petrov. Il était accusé par la justice américaine d’avoir soutenu l’effort de guerre russe en Ukraine en exportant illégalement des composants électroniques.”L’Américaine Ksenia Karelina est dans l’avion qui la ramène aux Etats-Unis. Elle a été détenue injustement par la Russie pendant plus d’un an et le président Trump a obtenu sa libération”, a annoncé sur X le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.L’avocat de Ksenia Karelina, Mikhail Mouchaïlov, a affirmé qu’elle avait été “échangée”. Les services de sécurité russe FSB ont confirmé peu après, dans un communiqué cité par les agences russes, que “le citoyen russe Arthur Petrov est de retour à la maison” après avoir “été échangé contre la citoyenne américaine Ksenia Karelina”.Le FSB a diffusé une vidéo, publiée par les médias russes, montrant Ksenia Karelina sortant d’une camionnette escortée par une personne cagoulée et montant dans un avion, de nuit. On voit également Arthur Petrov sur un tarmac, de jour, entouré de personnes aux visages floutés. Il monte à bord d’un avion où une personne prend sa tension artérielle, se dit fatigué après ne pas “avoir dormi depuis deux jours”.Le ministère émirati des Affaires étrangères s’est félicité du choix d’Abou Dhabi, reflet de “l’amitié étroite” avec les deux superpuissances, formulant l’espoir de “contribuer à une désescalade des tensions”.- Réunion à Istanbul -Selon le Wall Street Journal, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, présent à Abou Dhabi, a négocié cet échange avec un haut responsable du renseignement russe. “Cet échange montre l’importance de maintenir la communication avec la Russie, malgré les profondes difficultés qui pèsent sur nos relations bilatérales”, a déclaré une porte-parole de la CIA au journal américain. “Nous considérons cet échange comme une avancée positive”.C’est le deuxième échange depuis le retour à la Maison Blanche en janvier de Donald Trump, qui a impulsé avec son homologue Vladimir Poutine un rapprochement spectaculaire.Les deux puissances ont convenu d’une remise à plat de leurs relations bilatérales, fortement dégradées par des années de tensions, que l’assaut russe contre l’Ukraine depuis 2022 a exacerbées.Plusieurs rencontres bilatérales ont déjà eu lieu et de nouveaux pourparlers entre Russes et Américains concernant leurs missions diplomatiques ont commencé jeudi à Istanbul dans le huis clos du consulat russe, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.”Les discussions seront approfondies et dureront plusieurs heures, mais il est peu probable qu’elles soient aussi longues” que celles du 27 février, a indiqué jeudi une source russe à l’agence Ria Novosti.- Une cinquantaine de dollars -Née en 1991, Ksenia Karelina avait été condamnée en 2024 à 12 ans de prison pour avoir fait notamment un don d’une cinquantaine de dollars à une organisation ukrainienne.Le tribunal russe avait affirmé que ces fonds avaient été “utilisés pour l’achat d’équipement médical, d’armes et de munitions par les forces armées ukrainiennes”.Vivant en Californie, celle qui se présentait comme esthéticienne sur son compte Instagram avait été arrêtée alors qu’elle rendait visite à sa famille en Russie. Elle a toujours rejeté les accusations de la justice russe.De son côté, Arthur Petrov, à la double nationalité allemande et russe, était accusé par la justice américaine d’avoir exporté illégalement vers la Russie des composants électroniques pour usage militaire, en violation des sanctions américaines contre Moscou liées au conflit en Ukraine.D’après Washington, M. Petrov possédait une société écran à Chypre, où il avait été interpellé en août 2023 avant d’être extradé aux Etats-Unis.Mi-février, après le premier appel entre Vladimir Poutine et Donald Trump depuis le retour du milliardaire au pouvoir, Kalob Wayne Byers, un Américain arrêté à un aéroport moscovite pour avoir transporté des friandises au cannabis, avait été libéré, apparemment sans contrepartie.Début février, Washington et Moscou avaient déjà échangé l’enseignant américain Marc Fogel contre un expert russe en informatique, Alexander Vinnik.Le 1er août 2024, les puissances rivales ont procédé au plus grand échange de prisonniers depuis la fin de la Guerre froide. Des journalistes, dont le reporter du Wall Street Journal Evan Gershkovich, et des opposants détenus en Russie ont été échangés contre des espions russes présumés détenus en Occident.Plusieurs Américains restent incarcérés dans des prisons russes, Washington dénonçant des “prises d’otages” pour obtenir la libération de Russes — dont des espions présumés — emprisonnés en Occident.